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Full text of "Zoonomie, ou lois de la vie organique. Traduit de l'anglais sur la 3e éd. et augm. d'observations et de notes"

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! 



ZOO NO MIE, 

ou 
LOIS 

DE LA VIE ORGANIQUE, 

» A a 
ERASME DARWIN, 

Doctear tn Médecine» Membre de là Société royale de Londres^ 
Auteur do Jtrdiu bouniqae, de la Phycologie, etc. 

Traduit de t anglais sur la troisième Édition, et 
augmenté d Observations et de Notes , 

par Josbph-Feangois KLUYSKENS, 

FrofSeit«nr àm Clûrarp* à l'École élémentaire de Médecine, et 'Cliinnr^ea 
•n chef dei Hdpitam dnlc de Gind, Membre <^>rretpoadant de U Seeiété 
de l'école àm Médecine de Puis , et de plosiean Soeiétéi Mr«nfef« 

TOMB SECOND. 



A G AND, * . 

Chez P. F. dû Coefin-Ferbaegbe^ roe Haute -porte, N.^ asj» 

1810. 



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TABLE DES SECTIONS ^. ^ 

contenues dans ce volume. *\ 

8SGTIOK XXX. De la paralysie du foie et dks reini% 
XXXL Des tempéramens. 
XXXU. Des maladies de Tirritatîon» 
XXXin. ■ de la sensation. 

XXXIV. ■ de la polition. 

XXXV. ■ de tassociationm 

XXXVI. Des périodes des maladies. 

XXXVII. De la digestion , de la sécrétion ei 

de la nutrition. 

XXXVIII. De loxigénation du sang dans les 
poumons et le placenta. 

XXXIX. De la génération. 

XL. Des spectres oculaires. ^^ 



TROISIÈME PARTIE. 

Articles de la Matière Médicale* 

AftTiCLB I. Nutrientia. 

n. Incitantia. 

III. Secernentia. 

IV. Sorbentia^ 
y* Jnvertentia. 

VI. Revertentia. 

VII. Torpentiaf 



iVî3G7204 "««--^^Goog^^ 



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zoo NO MIE. 



SECTION XXX- 



DE LA PARALYSIE DU FOIE ET DE;5 REIN$. 

I« I, hts canaux biliaires sont moins irri' 
tables , après avoir été fortement stimulés. 
a. L^ictêre produit par la paralysie des ca^ 
naux biliaires , se guérit par la commotion 
électrique. 3« Ictère causé pan des calculs 
biliaires. Expériences sur ces calculs. Vomi* 
tifs huileux. 4- Poraljsie du Joie. Deux ob^ 
serpalions à ce sujet. S. Skirrhosités du Joie. 
6* f^olume considérable du Joie des oies. 
II. Paralysie des reins. III. Prométhée. 



\. \. L^< 



r OR s QUE l'estomac et le duodénum 
contiennent une abondance ei^cessive de 
liqueurs spiritueuses , Textrémité du canal 
cholédoque qui aboutit à cet intestin , est 
stimulée et portée à une action extraordi- 
naire, et la sécrétion de la bile est augmen* 
fée dans tous les vaisseaux sécréteurs du foie ^ 
par Tassociation de leurs mouvemens avec ceux 
de leurs canaux excréteurs , comme nous 
Tarons démontré » sect- XXIV. et XXY ; mais 



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îa Paralysie du foie Sect.XXÎ. i. 2. 

comme toutes les parties du corps qui^ 
pendant un certain temps , ont ëté affectées 
par un stimulus trop yiolent , sont moins 
susceptibles de mouvement par leur stimu- 
lus naturel qui est plus faible, il s'ensuit 
que les mouvemens des vais'seaux sécréteurs, 
et en conséquence la sécrétion de la bile, 
8ont moindres que dans Tétat naturel et 
pendant les intervalles de sobriété. 

a. Si Ton continue à se gorger journelle- 
ment d'une, quantité considérable de liqueurs 
spiritùeuses , et quon cesse tout-à-coup d^en 
faire usage , il en résulte une inaction ou 
paralysie du* canal cbolédoqùe. La bile n est 
plus épanchée dans les intestins; et comme 
les absorbans biliaires sont stimulés et portés 
à une action plus forte par cette' accumulation^ 
et par l'acrimonie ou la viscosité que la bile 
-acquiert par cette stagnation^ elle est absor- 
bée et transportée dans le rc^ceptacle du 
cbyle ; ou bieii' les *vàisseaux sécréteurs du 
foie intervertissent leurs mouvemens par le 
stimulus dont il a été parlé, et font regor- 
ger leur contenu dans le sang, comme il 
arrive quelquefois aux larmes dans le sac 
lacrymal. Voyez section XXIV. ii. 7. ce qui 
donne lieu à une espèce d'ictère. 

On est assez fondé à croire que la bile 
entre le plus souvent dans la circulation 
par le mouvement rétrograde des glandes 



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Sect. XXX* I* 3. €t des reins. S 

hépatiquee, car la bile ne parait pas sus* 
eeptible d'être absorbée par les lymphati- 
ques^ attendu qu'elle transude à travers les 
canaux biliaires , et qu on la trouve souvent 
dans le tissu ceUulaire. Cette espèce de 
)aunisse n est pas , en général , accompagnée 
de douleurs , soit à TextréiAité du canal 
cholédoque où il pénètre dans le duodénum, 
soit à la région de la vé^cule dh fiel. 

Mr S« , Agé de quarante à cinquante ans ^ 
avait un ictère depuis environ six semai* 
nés, sans douleurs ^ sans nausées et sans 
fièvre. Il avait pris des émétiques , des 
cathartiques ^ des mercuriaux , des amers, 
des martiaux , des huiles essentielles et 
Téther, sans soulagement apparent; d'après 
la supposition que l'obstruction de la bile 
pouvait être due à la paralysie ou à la tor- 
peur du canal cholédoque^ et les stimulans 
pris par la bouche nayant produit aucun 
effet ^ )e lui fis communiquer le long du 
trajet du canal cholédoque et à travers le 
foie , du moins lâutant qu on put le conjec- 
turer^ des secousses d'une bouteille de Leyde 
chargée et de la capacité d'environ deux pin* 
tes. Ce même jour les selles devinrent jau<r 
nes^ on continua l'électricité pendant quelr 
ques jours , et la peau reprit peu-à-peu la 
couleur naturelle. 
3. Les vomissemens et le9 selles bilieuses 



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4 ParaljsU du foie Sect.XXX, i; 5. 

qui affectent certaiaies personnesi par inter-> 
vailes de quelques semaines , ne sont qu uno 
modification de cette maladie ; le canal eho-* 
lëdoque est moins irritable que dans Pétat 
naturel , d^où résulte une accumulation de 
bile dans la Tésicule et , dans les canaux 
hépatiques, jusqu'à ce que, par sa quantité^ 
6on acrimonie ou sa viscosité , il survienne 
un plus grand degré dUrritation, et que cette 
matière soit évacuée subitement; ou enfin 
par Tabsorption des parties les plus liquides 
de la bile , le résidu se concrète ^ se crjs- 
. tallise en masses trop grosses* pour être 
évacuées, et il survient une autre espèce 
d^ictère dans lequel le canal n'est pas entiè- 
rement paralytique , ou a repris son irri- 
tabilité. 

Cette maladie est accompagnée de beau- 
coup dé douleurs que V6n ressent dVbord 
vers le creux de Festomac ,. exactement au 
centre du corps 5 à l'endroit où le canal 
cholédoque entre dans le duodénuiii ; en- 
suite , lorsque le volume des calculs aug- 
mente , on ressent aussi la douleur vers la 
vésicule. du fiel ; celle au creux de Testo- 
mac revient par intervalles , à mesure que 
le calcul est poussé contre le col du canal; 
de même que celle que cause la pierre dans 
la vessie urinaire : Tautre . est une douleur 
plus soiirde et plus permanente. 



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Skcrr» XXX. i. 5. et de^ rems. S 

LfOrsque les calculs biliaires sont trop gros 
pcrar pouvoir passer et que les canaux bi- 
liaires ont toute leur sensibilité , la maladie 
derient très-douloureùse et désespérée. J^ài 
&it les expériences suiTàutes . pour connat* 
tre les mojens cbimiqués propres à les dis- 
soodre. 

- Je fis mettre quelques fragmens de ceà 
calculs Vlans une certaine quantité diacide 
muriatique affaibli, d^autres dans une solution 
alkaline faible, d^autrès encore dans une so* 
lution d'alkali caustique , et enfin quelques- 
uns dans de Thuile de tbérébentine , sans 
quHl en résultât de dissolution. Ces différens 
mélanges furent ensuite chauffés au degré de 
Teau bouillante : alors la solution des calculs 
s opéra dans Thuile de tbérébentine^ mais les 
autres liqueurs ny produisirent d^autre chan- 
gement quune légère altération de couleur. 

D^autres fragmens de ces mêmes calculs bi- 
liaires furent mis dans Tétber sulfurique , et 
ils y furent promptement dissous sans augmen- 
tation de chaleur/ Ne pourrait-bn pas, avec 
avantage , administrer Tëther mêlé avec un 
jaune d^œuf ou dumiel^ dans les' cas de 
calculs biliaires ? 

J'ai' TU deux fois rendre par les selles 
depuis trente juaqu'à cinquante calculs bi- 
liaires du Toliime de gros pois, après avoir 
pris six grains de^muriate de mercure doux 



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6 Parafysie du foie Segt. XXX. i. 4, 

le soir , et quatre (mces d^huîle d'amandes ou 
d^olÎ¥es le lendemain matin. J^ai aussi donné 
une demi -pinte de bonne huile d^olives ou 
d'amandes comme émétique pen4ant Paccès 
aes douleurs ^ et je faisais répéter la dose 
au bout d'une demi-heure , lorsque la pre- 
mière n'opérait pas ; j'en ai obtenu souyeut 
de bons effets. 

4* Une autre maladie du foie que j'ai sour 
Yent observée^ est la torpeur ou la paralysie 
de ses yaisseaux sécréteurs. Cette maladie 
est généralement produite par la même cause 
dont je ^iens de parler 5 savoir Pusage trop 
fréquent des liqueurs spiritueuses ou la ccst 
6ation ti^op subite de leur usage, lorsqu'on 
y est habitué : elle est plus ou moins forte 
selon que la totalité ou seulement une partie 
du fqie est affectée, et selon que la torpeur 
ou la paralysie est plus ou moins complète, 

On reconnaît cette paralysie du foie aux 
symptômes suiraus. Les malades ont oinlir 
nairement passé le moyen Age, ont fait uu 
usage journalier des liqueurs fermentées , 
mais n ont pas été des ivrognes décidés. Us 
perdent Tappétit, 'let par suite Fembonpoint, 
et les forces diminuent : leurs selles ne sont 
point bilieuses, non plus que leurs urines, 
et on uaperçoit ni dureté ni gonflement dans 
la région du foie; mais ce qui est particu- 
lier à cette maladie , et ce qui la (distingue 



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Sect. XXX. I. 5. et d^s reins. * 7 

de toutes les antres au premier coup d^œil, 
c est' la couleur sojèusé de la peau qui i 
comme celle du yer k soie , a un certain 
degpé de transparence ayec une teinte jaune 
qui n est pas plus forte que celle du sémm 
du sang dans Tétat naturek 

Mr Cf** et Mr B*f * étaient tous deux 
très-forts, âgés de cinquante à soixante ans:' 
ils avaient Fun et Tautre l'habitude de boire 
aux repas de Vale au lieu de bière ordi- 
naire 3 mais ils n*étaient point réputés bu- 
Teurs; toùt-à-coup ils devinrent faibles, per- 
dirent Tappétit, Femboixpoint et les forces,* 
et éprouvèrent tous les symptômes ci-desôus 
détaillés : ils moururent environ deux mois 
après l'invasion de la maladie. 

• Mr C * * * eut une anasarque quelques jours 
ayant sa mort, et Mr B*** eut dé fréquen- 
tes et fortes hémorrl^agies d^n cautère et de 
quelques parties de la bouche , avant de 
succomber. Dans ces deux cas on fit usage/ 
sans succès ^ du calomel , des amcjrs et des 
martiaux. 

Mr C*** l'un de ces deux malades était 
plombier. Ni Pun ni l'autre né pouvait digé- 
rer ses alimens .y et il parait quilj mouru- 
rent par défaut de sang. Là transfusion du 
sang n'aurait-elle pas . été avantageuse dans 
ce Cas ? 

5. Lorsque la paralysiç des glandes hépa- 



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s Paralysie du foie Se ct . XXX. r. 6. 

iilijués est moins complète ou moins générale i» 
il survient une sLirrhosité dans quelque par*^ 
tie du foie ; car les vaisseaux 8éci:éteurs , 
conservant une partie de leur force vitale, 
séparent un fluide du sang, sans être assez 
irritables pour le charrier plus avant vers les 
canaux excréteurs; ainsi le corps ou récep- 
tacle de chaque glande se gonfle^ et cette 
distension augmente jusqu'à ce que , par son 
trop grand stimulus, Finflammation ait lieu, 
ou que ces parties du viscère deviennent 
totalement paralytiques. Cette maladie diffère 
de la précédente par une dureté palpable et 
par le volume du foie; et comme les glandes 
hépatiques ne sont pas totalement paralyti* 
ques ou que le foie n'est pas affecté en 
entier^ il se fait toujours un peu de bile. 
Les inflammations de ce viscère qui sont une 
conséquence de la sLirrhosité , appartiennent 
aux maladies des mouvemens sensitifs; nous 
en parlerons dans la suite. 

6. On prétend que les anciens po6sé4aîent 
Tart d'augmenter le volume du foie des oies , 
^u point de le rendre plus gros que le reste de 
^animal. Martial > 1. i3. épigr. 58. — Cela se 
faisait, dit-on, au moyen de la graisse et des 
figues. Horace , 1. 2. sat. 8. — Juvénal place 
ces gros foies devant un épicurien, comme uner 
grande rareté. Sat. 5. t. ii4- et Perse, sat. 6. 
V. 71. — Pline dit que ces gros foies étaient 



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SscT. XXX. II. et des reins. 9 

trempés dans du lait mêlé atec du miel et 
du yin ; et il ajoute » qu il est incertain si 
c'est le consul Scîpion Metellus ou Maccus 
Sestius dieyalier romain, qui fit la découverte 
importante de cet excellent mets» • Un Toya-* 
geur moderne^ MrBrydone, je crois ^ assuré 
que Tart de faire grossir les foies des oies^ 
existe encore en Sicile , et c est dommage 
qu*il ne Tait pas importé dans son pays natal; 
car on aturait pu en induire quelque méthode 
d^affecter le foie de Thomme. » • 

On dit que nos meilleurs poulaillers, qui 
fournissent les marchés de Londres , possèdent 
Fart d^engraisser les oiseaux domestiques en 
mêlant dans leurs alimens du genièyre au 
lieu de figues ou de matières grasses : par 
ce moyen ils dorment beaucoup et engrais^» 
sent fort yite^ et sans doute que leurs foies 
en acquièrent plus de volume^ de même que 
Fou engraisse des porcs dans les distilleries 
STec la lie des tonneaux , et comme il arrive 
assez ordinairement à ceux qui se gorgent 
d'ofe, de Tin ou de liqueurs spiritueuses. 

II. Les maladies irritatives des reins ^ du 
pancréas 3 de la rate et des autres glandes* 
sont analogues à celles du /oie 9 et nen 
difi^rent que par les circonstances qui ac^* 
compagnent leur incapacité d'agir. Par 
exemple ^ lorsque les vaisseaux sécréteurs 



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lo Paràfysie dû/aie. SbcT. XXX. lj. 

des reins nobéissent plus au stimulus du 
sang qui y passe , ils ne séparent ou ne pro-* 
duisent plus dWine : leurs bouches sécré- 
foires, se remplissent d^un mucus ' concrète 
ou d^une matière calculeuse; et au bout de 
buit à dix jours , la stupeur et la inort sun* 
viennent par'* suite de la rétention de la 
partie féculente du sang. 
: Lorsque cette maladie est plus légère ou 
qu'il ny a qu'une partie du rein d'affectée, 
U survient une torpeur et par suite une 
inflammation partielle de ce viscère : dana 
ce cas il arrive que les vaisseaux sécré- 
teurs ont une action plus forte , et le 
noyau du calcul se forme par la membra- 
ne muqueuse enflammée dans la substance 
tubuleuse ^ comme nou^ Texpliquerons en 
son lieu. 

Cette torpeur ou {Paralysie des vaisseaux 
sécréteurs des reins, ainsi que celle du foie^ 
doit son origine à .ce qu'ils ont été auparar 
vaut habitués à un trop grand stimulus^ ccf 
qui en* Angleterre est dû généralement à 
Talcool contenu dans Y aie ou dans le vin ; 
et ainsi on peut la mettre au rang des ma- 
ladies causées par Fintempéraiice , quoiqu'elle 
puisse rêtre par tout ce qui, produit acci- 
dentellement rinflammation des reins : comme 
une course trop fatigante à cheval^ ou le froid 
d^un lit humide ; il en est de même lors- 



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S£Cf. XXX. Uîi et des rêini. ii 

ffOLOu se couche sur la terre froide , ou 
qu'on boit trop peu de fluides aqueux. 

III. Je finirai cette section sur les maladies 
du foie résultantes de Pusage des liqueurs 
spirituefuses ^ par l'histoire hied connue de 
Proméihée, fiction qui, selon toute apparence, 
doit son origine aux médecins de ces temps 
reculés, où tout était 'couvert du Toile de Thié- 
roglyphe et de la fable. Ils ont dépeint Pro- 
méthée. comme dérobant le feu du ciel^ ce 
qui semble être l'emblème de Tesprit inflam* 
mable produit par la fermentation, et qu'on 
peut considérer comme animant une statue 
du soufile de la yie : de4à les conquêtes de 
Bacchus et les réjouissances bruyantes et 
passagères de ses sectateurs ; mais le chàti* 
ment de ce\ix qui ont dérobé ce feu dévo- 
rant^ est d^être en proie à un y au tour qui 
leur ronge le foie. Cette allégorie exprime, 
avec une grande justesse, le sort des intem- 
pérans qui languissent pendant des années 
entières^ attaqués de maladies douloureuses 
du foie. Lorsqu'on proposa à la chambre des 
communes un bill tendant à augmenter la taxe 
sur les liqueurs spiritueuses extraites du 
grain ^ Fun des membres dit a\iec beaucoup 
de vérité, en parlant des distillateurs :.» Us 
prennent le pain du peuple et le convertis- 
sent en poison.» Cependant on a laissé sub- 
sister cette branche de commerce ou cette 



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12 Parai, du/oie et des reine. S.XXX.rm 

manufacture de maladies qui produit annuel^ 
lement au trésor public un million sterling^^ 
et ainsi ^ sous les noms de rhum , eau de 
TÎe , genièvre , wisky , escubac , vin , cidre f 
ah et porter i Talcool est devenu le flëait 
du monde chrétien , de même que ropiuna 
est celui des mahométans. 

Evoe ! parée , Liber , 
Parce , gravi metuende thyrso \ 

* itoKAT. 



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SMCf. XS:il. Des témpéramens. il 

SECTION XXXI. 

DSS TEMPiRAMBNS. 

I. Le tempérament dont PirriiabiHté est di* 
minttée^ se reconnaSt à lajaiblesse du pouls ^ 
â la dilatation des pvpiUes et au froid des ex- 
trémités. Ceux qui ont ce tempérament sont 
généralement tegardés comme étant trop irri^ 
tables : ils supportent la douleur mieux que le 
trauail. Contraste des naturels de V Amérique 
septentrionale açec ceux de la côte d* Afrique. 
Individus qui ont les épaules larges, d^ autres qui 
les ont étroites. Les constitutions irritables sup- 
portent le traitai! mieux que la douleur. II. Tem- 
pérament où la sensibilité est augmentée, sujet 
à VUfresse , à Vinflammation , à l'hémoptjysie , 
d la goutte sereine, à Venthousiasme ^ au dé- 
Ure^ d la réperie. Ces constitutions sont indo- 
lentes pour les. exertions volontaires et peu 
susceptibles dHrritation. Les naturels de V Amé- 
rique méridionale et les animaux sont dé/ ce 
tempérament. III. Tempérament où la volonta- 
riété est augmentée. Les personnes ainsi con- 
stituées sont sujettes au tétanos^ aux compul- 
sions , à Vépilepsie , à la manie : ils sont 
souvent tris -actifs , supportent le froid , ./a 
faim, la fatigue. Sont propres aux grands 
exercices. Ce tempérament distingue Vhomme 

Tome IL a 



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f^ D^f fempéramens. ^ Sbqt* XXXJL -!• 

des autres animaux. IV- De Vaugmentation 
d^ association. Ceux qui sont dans ce cas ont 
la mémoire ]bùTme\ sont sujets aux Jiêçres 
quartes et aux fortes sympathies des parties 
entr'elles* V. Changement d'un tempérament 
en un autre» 

£ $ anciens ont beanconp écrit • sur 1er 
tempéramens , mais dVne ni^nière yague» 
PSar tempérament du système, on doit en- 
tendre une prédisposition permanente. à_cer« 
tain es classes de maladies : et diaprés cette 
définition^ il serait inexact de nommer tem- 
pérament nne disposition momentanée à telle 
on telle maladie. II y a qnatre espèces de 
constitutions qui s'écartent dVne manière 
constante de Tétat de santé, et il existe^ 
sans doute, en tr elles des nuances assez pro-^ 
nonçéés pour qu on puisse les distinguer 
les unes des autres. Elles forment les temr 
péramens ou prédispositions aux' maladies 
irri ta tires, sensitives, volontaires et associées* 

I. Du iempirameni de Virritubilité diminaétr. 

lies maladies causées par irritation pro« 
Tiennent le plus souvent d^un défaut des 
facultés irritatives ; car les maladies qui sont 
dues immédiatement à Texcès d^irritation , 
tels que les paroxysmes de chaleur des 
lièvres « sont en général occasionnées par une 



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Ster. XXXI. i^ Des tempiramens. iS 

accumulation de puissance sensoriale^ résul* 
tant dVn défaut préalable d^irritation, comme 
dans Faccès du froid qui précède la fièrre; 
tandis que les maladies qui sont causées par 
la sensation et par la Tolition^ sont presque 
toujours dues à Texcés de ces puissances seu- 
soriales^ comme nous Pexpliquerons ci-après. 

Le tempérament où Tirritation est dimi- 
nuée ^ se reconnaît par les circonstances 6ui« 
Tantes^ qui prouvent que les fibres musculai-^ 
res ou organes du sentiment sont susceptibles 
de s'engourdir ou de lester dan« Tinaction^ 
par un défaut de stimulation moindre que 
c^elui qui produit la torpeur ou Tétat dlnac-^ 
tîon dans les autres constitutions. 

La première est la faiblesse du pouls qui « 
dans quelques constitutions, est en même 
temps accéléré. Le signe qui ensuite dénote 
le plus ce tempérament , est la dilatation de 
la pupille, que quelques*uns ont regardée 
connue une beauté dans les femmes et une 
preure de leur délicatesse; mais pour ua 
observateur expérimenté ^ c'est un indice de 
débilité 5 et par conséquent un défaut et non 
une perfection. La troisième circonstance, 
et qui est la plus prononcée dans ces con- 
stitutions , c'est que les extrémités , telles que 
les mains et les pieds, ou le nez et les oreilles, 
sont susceptibles de devenir pâles et froides 
dans des situations relatives à la cbaleur où 



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t6 Des tempérafnens. Sjuv. XXXL fé 

des constitutions plus fortes ne sont pas affec* 
tées. Les personnes de ce tempérament sont, 
sujettes aux affections hystériques^ aux fiè-^ 
yres nerveuses, à rhydrocéphale, aux scro- 
pbulos, à la phthisie pulmonaire et aux autrea 
mulaiiips de J^bîlité.i 

Geax qui oi^t une telle constitution sont 
regardés par te viilgalre comme étant plus 
irritables que dans Tétat naturel , cependant il 
es^ de fait qu'ils le sont moins. Cette erreur 
Tient de ce qu'en général leur pouls est phit 
accéléré , comme nous Pavons expliqué dana 
la section XII* i* 4- ^^ m* ^^ mais cette fré- 
quence du pouls n'accompagné pas aussi né* 
cessairement ce tempérament que le fait la 
fJEÛblesse* 

Les personnes de ce tempérament sont or- 
dinairement les femmes délicates et les hom^* 
mes dont les épaules sont étroites, lesquels t 
dit-on , supportent moins le travail et mieux 
la douleur que les autres. Qb croit que c^esi 
cette dernière circonstance qui a détourné 
les Européens de réduire en esclavage les 
naturels de rAmérique septentrionale. C^est 
une race d^hommes à épaules étroites qui 
expireraient plutôt sous le fouet que d^ètre 
forcés au travail. Quelques nations de TAsie 
ont lés mains petites, comme on peut le 
juger à la poignée de leurs cimeterres-, ce 
qui • avec le peu de largeur de leurs épau- 



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Sect. XXXI. u Des tempéramenê. 17 

les , prouve qu elles n ont p nnt été habituées 
aux rudes travaux des mains ou des bras^ 
conuue le sont les Européens daïis l'agri- 
culture, €t les faabitans de la ré e d^Afrli/ue 
dans la natation et TaçticHi de ramer. Lé 
Dr Manningham, célèbre accoucheur qni vi« 
wt au commencement de ce siècle^ observé 
dans ses aphurisaaes, que. les hommes k larges 
épaules procréent des enfans de la même 
confonw^on : or , comme le travail fortifie 
les muscles et augmente leur Tolume 3 il, 
semble que quelques .générations laborieusei 
ou indolentes peurent , sous ce rapport « 
changer la forme et le tempérament du ccHps* 
Cevx . an contraire^ qui sont heureusement 
doués d^nn grand degré d*irritabilité ^ sup« 
portent mieux le trayail que la douleur V 6t 
sont torts, actifs et mgénieux; mais à pro- 
preuioit parler , il n y a point de tempéra* 
ment où l'irritabilité est augmentée qui ait 
des dispositions aux maladies , parce ' que 
Paugmentation de la quantité de mouvemeni ■ 
irritatifs produit généralement une augmen* 
tation de plaisir ou de douleur, comme dans 
rirresse ou f inflammation ; et alors les nou* 
▼eaux mouTémetis sottt des conséquences 
immédiates de la sensation augmentée et non 
de l'irritation augmentée que> jusqulci^ OU 
/a tou]ouM 4xmfondue avec elle# 



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!r8 Destempiramens. Sect.XXXI. ii« 

II. Du tempérament où la sensibilité est 
augmentée. 

Il ny a point,- strictement parlant, de 
tempérament avec prédisposition aux mala* 
dies, par diminution de sensibilité; car. c'est 
rirritabilité et non la sensibilité qui est né- 
cessaire -au maintien de la santé/ Ainsi c'est 
Texoès de sensation «eul , comm^ c'est le 
défaut d'irritation qui produit le plus sou« 
Tent les maladies. Ce tempérament de seu't» 
aibilité augmentée se. reconnaît à l'àugmen* 
tation d'activité de tous l^s mouveineBS des 
organes du sentiment et des muscles^ qui sont 
Hiis^.^en .action par le; plaisir . ou la: douleur j^ 
cqmmjp au ; commencement de Pivor'esse, c^t 
4ans la fièvre inflammatoine ( d^où résulte que 
ce^x: ..de ce tempérament sônjt, ^Ufelà aux 
maladies inflammatoires, telle que ^hépatite, 
fdnsi qu'à cette espèce de consomption qui est 
l^erédit^iire et qi)i commence par une légère 
bémoptysie souvent répétée. Leurs^ lèvres 
6ont fortement . colorées : souvent ils ont les 
çhfsveux. et , les y eux noirs ctt les pupilles 
dils^tée^ , et ils sont, sujets à ^î.goutte se« 
ireine,, à Fenthousiasme , au déliire et à la 
rêverie ; dans cette df^mière ^ . circonstance 
ils sont susceptibles de tressaillir au moin-* 
dre bruit, paitqe que plus on /ait d^attention 
au cours de ses idées, et plus la surprise 



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SscT.XXXf. II. Hes tempitramehM. 19 

e^t grande lorsqu'elles sont désunies par quet 
que violence externe* Voyez se(^âon XIX suf 
la rêverie.' ^ ' 

Comme dans ces constitutions * il se fait 
une quantité plus qu ordinaire de tnouvenleni 
iseusîtifs^ par iVtrgmentation dié la qdaniité 
Hè sensation qui eliste dans le' système , il 
s'ensuit que les mbuvemens irritatifs s'exé- 
iHitent avec moins dMnergie , par'lraite de la 
jgirande consommation de puissance sensoriâle 
p'cJur produire les mouvemens sènàitif^ ; ainsi; 
ceux qui ont 'ce 'teMpérameilt lié font pas 
àtieiktion aux stiniulans faibfes / cofaûne nous 
râV6ns explique section XIX; mais liorsqu'uii 
stimulus est j^ssez'fôrt'poùr'exéitter une sen*- 
Vation , il produit de phis è^ande^ actions 
sensitives du système qùi^ d^n'i^'les autres 
teinpérameiT^^i^tçlle^ que le délire , et Tinflam* 
mation. De même ces personnes soot sujet- 
tes à être distraites en compagnie : elles 
conservent l6n^'iemps la nièinë ^ pâture , et 
dàûH ' ÏTiiver - la* ' peau de lèùrt ■ * jétdtibes est 
tachetée de diverses couleurs ^par le feu. 
Elfes cfaignèÉtta^S^i la douleur, 'aiment U 
musique et'le-'ftommeil, et fônk leurs 'délices 
de la poésie et des rom^n^i '^ - * 

Gonune les* mouvemens cau^sép par 'la sen^ 
sation sont pins forts que dané't^tat' naturel; 
il arrive aussi que par suite d^ufnë plus 
Ipnuc^ie consonàu^on de paiss4i^e éett^orialâ 



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pour les (e:i(çcuter, les mo^Temens Tolontai* 
res se font ayec moins de facilité, De-là rient 
qne ceux qui ont ce tempérament sont indô- 
lens* quant aux exertions volontaires, soit de* 
Fesprit, soit du corp^. 

11 parait que les Espag^ols ont découvert 
un peuple ainsi constitué dans les isles de 
TAmériique o^ ils ont abqrde les premiers^; 
pn dit qu^ dix -de ces hormnes ne co|»- 
Spmmaient . pas plus en nourriture qu'mi 
Espagnol, xqiAi^ qu*aussi ils ne pouvaient tra- 
vailler quen proportion. (^Rql^ertSQn») La plus 
grande partie des animaux passent leur vie 
4ans un çfat. analogue à ^celui de ces Amé* 
ricains^ partagé^, comme. eux ^ entre le som- 
meil et la réyerici^ excepté lorsqu*ils SQnt 
stimulés par., la faim* i ^ . 

III. Du tempérament où la volontariété est 
augmentée. 

Ce tem,périMnent diffère des. deux autres en 
ce que la doul^^r qui çefse graduellement 
dans le premier,, et produit Finflammatiqu 
ou le délir^jd^tis le seco94^ est, suivie dans 
celui-oi par* l!exer&ion de?, muscles ou des 
idées, qui le plus souvent sont liées avec 
la volitiop ; par conséquent ceux de ce tem- 
pérament spnt . susc^eptibles d'hêtre attaqués 
du tétanos,^ des convulsions > de Tépilepsie 
et de la çian^e» comme now le démontrerons 



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dans la seet. ^SXXJY .. II9 Aont émus par 1m p)ii« 
lëgèr^iï inrita^ns ou 8f ns^tûpn^^ 6ç ;piè(t|9ii$ 
îmmédijEitemfiiit ^^ i|ipi^lçi|ieiU>poutr ftai^ir oa 
^TÎter lea ip^jets' de cea^ irritations ou de. cet 
sensations f et .peuvent aussi supportai* le ^oid 
et la £iim mieux que les i^utrejs. Chaiies XIL 
Aoi de : Si^de en #tait n^ exemple, hefi , per* 
^sonnes de ce tempéramiçnl; sont, en gé^iéral^ 
aptes et naturellement portées à toutes. les 
grandes exertiqns ^u^^^^nie et du travail ^ 
parce que .leuJTS dédira., sçnt p][us violens et 
plus étendus, e|t leurs puissances d^attention 
et d^actioa plus grandes^ Ç"^^^ cette, facilité 
à produire des e^ errions . volontaires qpi 
distingue Thomme de la,.b^ute, et qui ea 
fait le Boi de lai créatiojpu j 

ty. JDu/ tempérament ôû T association est 
alimentée. 

Ce tempérament consii^ti^ dans la trop gra&r 
de facilita avec.laquelle le§ .mouvemens.^reux 
contractent des habitudes , d^association , ce 
qui fait que ^çj^s associations deviennent pro* 
portionneUement plus fortes que dans, les au* 
très tejqipéram^ns. Ceni^.qui ont ce tempe* 
ramenit sox^t lents dans lea, exertions volon* 
taires pu dans, celles ^-qui dépendent de la 
senpation ou de l'irritatipn* De-là vient que, 
depuis Aiistptç jusqu'à npus, on a toujours 
qp)k qa*ittiQ bonne mémoire est ordinairement 



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SI Destefnpitàmm$. Sndr. KXXI» ir, 

«ttcompdgnée de ïnoiaè^ jugement et d'ima^ 
ginadon ; car pàf^la i|iémoit*e* \éé' ahciens 
neit tendaient exprimer qtt'tme*i*épetitîon insi* 
gnifiante de ipo%8- ou de nombres "éaw Tordre 
où on les arait appris , sans aucun efibrt 
fk)lémaire de IVsprit. ''*' '• ' 

■ Qatfè' ce 'tempéi'a*àfent; les tisso^iaUons d<> 
mmttemens t(iie Tbn 'iioihiiie'^ o^dm'airement. 
By*mpà^hies, agissent tyee plùfif dt^' sûreté et 
d*énër^e; telles 'ë'oh€ celles qttî'exîstent entre 
imé Tue trouble èflcfs mouYém'ens-Interverr 
tîs| dé re^tomàc,' Côihnie le nlarde itier, et 
àusst^ la ^ douleur à 1^'paule pat ' SnVlàiiimatioa 
du foîè. Âjoutbns^'à Cela que les 'ceFcles de 
t^âténdtion d^âc^ibtis' sôi^t plus étendus dans 
ce tempérament que dans les autres: Ainsi; 
après ayoir donné k un suiet de cette cou- 
stitution un fort yomitif ou un calhartique , 
^i quelques semaines après ^ on lui en admir 
nislre* utie ptns pet>rte dose"; tfÙâ' produira 
le tnèhie effet; tandis que dans lefs' autres 
tempéraméns un né' peut TespÔrèr qu'en don* 
nantt cette 4ose sétïlênient à uhe '^distance de 
peu de jours. pcJà* résulte que ^léè person» 
lies qui ont ce tempérament sotlt plus sujet- 
tes aux fièvres ^juartés , comme nous TexpUw 
querons , section' XXXll. sur* les maladies 
de rirrltâtîon^* et qu'une cause légère peut 
Y^n^duire le t-etoui* des autres fiètres in ter- 
mi ttenf es • quelques -semaines après leur gui*- 
fison par le Lina* 



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SxffT. XXXï;v. Uet UmpérameM* a5 

Y. Le preinier de. ces temp^ramcns diffère 
de Vétat de santé par défaut, et les autres. en 
différent par n^^ de puissance «aensoriale ; 
inais il arrire quelquefois que le même indi- 
TÎdii passe delTun^de ces tempâràmens à un 
autre, à la suite des changemens introduits 
âtos le système > par les diffiirentes saisons 
de r^nnée, les, habitudes ^i les ^périodes de 
la Tie ,^ ou pfor des maladies accidentelles; 
Ainsi un l<ûig usage* de ^tl^p de boissonii 
S{^itu^uses produit le tempérament x)ù la 
sensibilité est angôientëe ^ la grande inacti* 
Tité et la solitude pifoduisent celui où nrri<f 
tabilité est dimiinuée'v èl le besoin des cho«* 
^es nécessaires àla vie, celui Oii U irolon<« 
tariété est augmentée. 



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14 MaêttdUs SiGT. xxxir. 

SECTIOir XXXIl. 

DKS 1IALA&IS8 Dlfr^L^rRRiTATIOU. 

. • ' . . î - ■ . • . .^: ■ 

1. Fiê^es iftitatwes avec éléiMUipn du pouls ^ 
m^ec Jàiblesse du pouls. Syrhpiémes de la fié^ 
vre^ IfiW cause» t\. i. Lafreffutnee dit pouls 
esit duc à la diminution de VirritabiUié. ié. Il 
n^em est p^ ainsi dsàs le' sorpmeil ni dans 
f apoplexie. 3* Par tnanitiqn^ Par défaut de 
puissance sensorialc. illl^t i*^Caùse de la JU^ 
yrè. Par d^auk d& chàleun. > > Chaleur produite 
p^fr les sécr4tiôM>Doukurphçnbdtepar le froid 
dans les lombes et au Jront.^ a» Grande con^ 
sommation âe puissance sensoriale dans les 
nwuçemens vitaux. Immersion dans Veaujroide. 
Chaleur qui y succède. Explication de la dif^ 
JicuUé de respirer dans le bainjroid. Pourquoi 
le hain froid fortifie, ha tension et le relâche* 
ment sont des termes empruntés de la méca^ 
niquCé 5. Usage du bainjroid. Usage de Pair 
froid dans les fSt^es. 4* ^ccês de feinte par 
Pair froid. De - là leurs retours périodiques. 
Vf. Le défoAU de distension est^ une cause de 
la fêlure. Quantité insuffisante de sang ^ tran-- 
fusion du sang* V. i. Défaut de force intpulr 
sU^e du sang par un stimulus mécaniq^e. a. In* 
eujfiation d^air'dans Us vaisseaux sanguins f 



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S«CT. XXXII« t. de rterkàtum. i5 

S. L'eas<^cice augmente la force d^ûnpulsicn du 
sang. Là saignée produit guehfu^is lé même 
^€t4 Yl. Influence du sokU et de la hme sur 
les maladies. Stimulus chinUque du sangt Lm 
menstruation suit les lunaisons^ Questions^ 
Yll. La torpeur des grosses glandes est une 
emise de la jiivre. Gonflement à la région 
précordiale. YUI. Autres causes de torpeur^ 
comme la faim , le mawnUs air , la peur ^ 
Panxiété. IX. i. Symptômes de Vaccês dm 
froid, a. Ûe l'accès de chaleur. 5. Pourquoi 
il surinent un second accès de froid. 4* Â-d« 
duction de Pinflammation. Du délire , de lm 
stupeur. X. Récapitulation» Lafài^re nest pas 
MM effort de la nature pour se soulager. Doc^ 
triiie du spasme* 



I. JL^ 



r ORS QUE les parois contractiles da 
cœur et des artères produisent un plus grand 
nombre de pulsations dans un temps donné t 
et se meurent dans un plus grand espace à 
cBàque pulsation ^ soit que ces mouTemens 
ayent pour cause le stimulus àfi Facrimonie 
ou de la quantité du sang , où leur associa^ 
tion ayéc d^autres mouTemens irritatifs , ou 
*fin Paugmentation d^rritabilité du système 
artériel^ c'est4i-dire Paugm^tation de la puis* 
sance sensoriale , il en résulte uùe espèce de 
fièTre qu on peut nommer synocha irritatipa ^ 
oufèlnisirriiatipapuisufartii fièvre irritatire 
avec élération du pouls. 



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^ r MaîadU^ SKét. XÏXIL ri 

-liOi'sqne les parois coûti^ctîles du cteaf e't^ 
des artères prodursent un |)las grand nombre 
de palsatioxis dans un temps donné , maisr 
quelles se meiivent dans un moiiidrè espace 
il chaque pulsation , soit que ces mouTemens 
proviennent du défaut de leur stimulus natu* 
rel, ou de celui des autres mouyemens irri-^ 
tatifs avec lesquels ils sont associés, ou de 
rinirritabilité du système artériel, cest-à-dîré, 
de la diminution de la quantité de puissance 
•ensoriale , il sùrrient une autre espèce de 
fièyre, qu'on peut nommer typhus irritatwus 
ou Jehris irritaiwa pubu debili , fièvre irrita** 
tire avec débilité du pouls. La pi-emière de 
ces fièvres est la synoque des nosologîstes , et 
Tautre le typhus miiior ou fièvre nerveuse. 
Dans la première , il parait qu'il y a une aug- 
mentation de puissance sensoriale, et dans la 
^ seconde un défaut de ce principe t deux 
causes inunédiates de la force et de la fai« 
blesse. Voyez section Xll< i. 5. 

11 est à propos d'ajouter quurie quantité 
de force ou de débilité momentané^ peut 
provenir du défaut ou de Texcès de stîmu* 
lus , et que dans la même Jièçre la déhihté 
existe toujours pendant VaccAs de froide qud$* 
que la force n existe pas toujours pendant 
racées de chaleur. 

Ces fièvres sont toujours liées au désor- 
dre des znouvemena. irritatifs des organes du 



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Sect.XKXH.-^ï^?4 de Virrktttion. «7 

•entiment^. du canal ia;te$|;îiial:, du tj!sbètne 
glanduleux ou du aystéme abforbant, état 
résultent ordinairement,, et par conséquent 
elles sont toujours co^pliq^e^ avec.quel^ues^ 
uns ou plnsieui^ de ces mouvemens déjran|i;é8i 
c est ce quon nomme I^. symptômes de Ja 
fièvre, et ce qui produit la grande Ttariëtë 
de ces maladies* 

Les fièvres irritatires ainsi que les sensi^i- 
tives ave.c élévation ou. débilité de pouls ^ 
dont nous parlerons dans la section suivante^ 
sont . sujettes à des rémissions périodiques ^ 
et alors eljes prennent le yip.m de fiè.vi:ei 
intermittentes 1 et sont distinguées pat les 
périodes de leurs accès* . >. 

II. Pour mieux faire comprendre les phër 
noménes des fiètres irritativ^s ,. je dois .rea« 
Yoyer le lecteur aux circonstances de Vïrti^ 
tation, expliquâmes dans, la seqtion XII; et 
{^entamerai ce sujet compliqué par quelques 
remarques s^ir Taccélératioi^i du pouls; puis 
je considérerai plusieurs* des causes, qui: se* 
parement ou combinées ,. produisent , If plut 
souvent, Tficcès de froid, des fièvres. , %' 

I. Si les artères ne sont dilatées que jus- 
qu'à la moitié de leurs diamètres , * quoir 
qu*elle$ se contractent avec unct. double frôr 
qnence dans un temps donné , elles ne font 
circuler que la moitié de la quantité ordir 
naire de sang ; car 9. comme leur form^ ,ti% 



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«yliii^qne 5 le sang qu*elles contiennent doit 
être égal au quaïré de leurs diamètres ; ainsi, 
lorsqu'il y a accélération et diminution du 
j^ouls dans la même proportion^ le bœur et 
les artères agissent avec moins d^énergie que 
dans leur état naturel. Voyez sect.XII. i. 4*' 

U paratt que Taccélération et la diminù'^ 
lion du pouls résultent dVn défaut d^irritahi^ 
lité^ d^abord parce que cet état du pouls 
•ccompagtie d^autres^ symptômes d^absence 
dHrrita^ilité, et ensuite parce que Fapplica- 
tion d^un stimulus plus fort qu'à l'ordinaire 
«1 diminue la fréquence et en augmente lef 
développement. Ainsi ^ dans les accès de 
froid des fièvres intermittentes, dans les pal- 
pitations hystériques du cœur, et lorsque le 
oerps est fort affaibli par des hémorrhagies 
ou par la fieitigue, de même que dans les 
fièvres nervçuses, il y à à là fois accéléra* 
tion et diminution du pouls; et si dans toué 
ces cas on y ajoute une augmentation de sxi* 
mi^us en donnant un peu de vin ou d^opiom, 
le pouls 1»e ralentit et devient plus plein , ce 
qu'on peut expérimenter sur soi -même en 
cmnptant lés battemens de son pouls apt*ès 
avoir bu «i ou deux verreS de vin, lorsqu'on 
a été afiaibli par la faim ou par la fatigue. 

Or, ce qui prouve incontestablement que 
ce pouls accéléré et diminué, est dû à un 
dé&ut d^irritabilité V c est que Taddition d'un 



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SsGT. XXXII ^ II. a. de Vi^ritatlon. ' ^ 

sUmulas plus fort que le naturel le ralentit 
et le rend tout-à-coup plus plein. Car > 
qu entend-on par défaut dUrritabilité , sinoa 
que les artères et le cœur ne sont plus exci^ 
tés à faire leurs exertions naturelles par leur 
quantité ordinaire de stimulus? Mais si on 
augmente le stimulus , et qu à Finstant ils 
agissent avec leur énergie ordinaire , cela 
prouve qu il y avait défaut préalable de leur 
degré naturels dUrritabilité : ainsi le stimulus 
habituel d^un Terre ou à^nx d^eau de Tie ^ 
produit cet effet che^ les ivrognes^ que leur$ 
mains cessent de trembler dans la matinée 
et qu'elles acquièrent assez de force pour 
remplir lem*s fonctions accoutumées. 

a. Dans le sommeil et dans Tapoplexie, le 
pouls se ralentît, ce qui ne résulte point d^un 
défaut d'irritabilité , puisqu'il est en même 
temps plus développé ; donc la quantité de 
la circulation est plutôt augmentée que 
diminuée. Les organes du sentiment sont 
alors dans Tinaction, et la puissance volon* 
taire est suspendue ; tandis que les mouve-^ 
mens qui dépendent des irritations internes^ 
comme sont ceux de la digestion et des 
sécrétions, s'exécutent avec plus de vigueur; 
ce qui a porté plusieurs obsei'vateurs super- 
ficiels à confondre cet état avec celui qnî 
survient par défaut d'irritabilité. Ainsi lors- 
quon relèv.e la paupière d'un apoplecti^e 

Tome IL 3 



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5o Maladies Sect. XXXH. ii« 3* 

qui n'est pas précisément mourant, Tiris se 
contracte comme à Tordinaire , parce que 
ce mouTement est associé avec le stimulus 
de la lumière ; mais il n en est pas de même 
dans le dernier degré des fièvres nerreuses 
où la pupille reste dilatée au grand jour* 
Dans le premier cas, il y a défaut de puis-» 
sance volontaire, et dans le second, il y a 
défaut dUrritabilité. 

Ainsi, toutes les constitutions qui ont un 
défaut dans la quantité d'irritabilité' et qui 
possèdent trop de sensibilité, comnM dans 
la faim ^ les spasmes hystériques ou les 
céphalalgies nerveuses , sont ordinairement 
considérées comme ayant trop dUrritabilité ; 
et Fopium qui, à une dose convenable, est 
un puissant stimulant, est qualifié mal-à-pro-^ 
pos de sédatif; parce quen augmentant les 
mouvemens irritatifs , il diminue les douleurs 
qui résultent du défaut de ces mouvemens « 

La raison pour laquelle le pouls devient 
plus accéléré par une augmentation d^irrita-» 
tion , comme dans la synoque irritative ou 
fièvre irritative avec élévation du pouls « 
ainsi que par une diminution de cette irrita- 
tion, comme dans le typhus irritatif ou fièvre 
irritative avec faiblesse du pouls , semble 
paradoxale. La première circonstance n*a' pas 
besoin d^explication; parce que si le stimu- 
lus du sang ou Pirritabilité du système san- 



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Sect. XXXII. ïi. 2. de l'irritation. 5i 

goifère est augmentée, et que les forces du 
malade ne soient pas diminuées, il est clair 
que les monyemens se feront a^ec plus de 
vitesse et plus d^énergie. 

Dans la dernière circonstance^ la faiblesse 
de la puissance musculaire du cœur est 
bientôt contrcrbalancée par Télasticité que les 
toniques artérielles possèdent indépendam- 
ment d^une contraction musculaire; d'où ré- 
sulte que les artères sont distendues moins 
que leur diamètre habituel ne Padmet. La 
contraction du cœur étant ainsi arrêtée lors- 
que cet organe n*est encore qu à moitié Tuidé , 
la dilatation a lieu plus promptement , et les 
artères n étant pas distendues à leur diamètre^ 
naturel , se contractent d^autant plus vite » 
au point que dans, le dernier degré des fiè- 
Tres par débilité , la fréquence des puisa* 
tions du cœur et des artères est doublée. 
Cependant , cela n a jamais lieu dans les 
fièvres par excès de force, où les pulsations 
Tont rarement au-delà de cent dix-huit ou 
cent vingt pulsations par minute. Ajoutons 
que dans ces cas , tandis que le pouls est 
très-petit et fort accéléré ^ le cœur commu- 
nique souvent à la main qui Texplore; un 
sentiment de dilatation complète ; ce qui 
coïncide avec l'explication ci-dessus, pour 
prouver que cet organe ne se désemplit pas 
entièrement. ' 



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S5 Maladies Sf^ct.XXXll. ii.S. 

S. Toutefois > dan$ les cas de débilité par 
. rareté de sang > comme dans les animaux 
que Ton égorge , Taccélération des battement 
du cœur et des artères peut provenir de ce 
que ces parties ne sont point distendues au-^ 
delà de la moitié de leur diastole ordinaire^ 
en conséquence ils doivent se contracter 
plutôt ou plus fréquemment dans un. temp» 
donné. De même les personnes faibles étant 
sujettes à avoir trop peu de sang, cette cause 
doit quelquefois contribuer à accélérer le poul» 
dans les fièvres avec débilité , ce qui peut ^ 
connaître en appliquant la main sur la régioxr 
du cœur, conamenous venons de le direv mai» 
je présume que la cause principale consiste 
dans la diminution de la' puissance senso- 
riale. Lorsquun muscle ne possède ou ne 
reçoit que peu de ce principe, sa contrac- 
tion cesse bientôt, et en conséquence elle 
peut revenir promptement> comme on le voit 
dans le tremblement des mains des personnes 
affaiblies par Fàge ou par Tivresse babitueile* 
Voyez section Xll. i. 4* ^^ 3lM- m* 4* 

11 peut^ néanmoins 5 arriver fréquemment 
que le défaut de stimulus , comme lorsque la 
quantité du sang est diminuée, ainsi qu'il est 
décrit au paragr. 4« àe cette section^ et le 
défaut de puissance sensoriale^ cbez ceux 
qui possèdent le tempérament d^inirritabilité 
\ décrit .section XXXI.) , ait lieu en même 



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SfCT.XXXIl. iiï. I. ds PirrUaiion. 55 

temps; ce qui ajoute encore k la yitesse du 
pouls et au danger de la maladie. 

111. 1. Un certain degré de chaleur est 
nécessaire aux mouTemens musculaires , et 
par conséquent essentiel à la ^ie. G^est ce 
qui s observe ckez les animaux jet les insectes 
qui passent Thiver dai^s un état de torpeur» 
d^où ils soldent dès qu'ils sentent la char 
leur. Ce stimulus nécessaire de la chaleur 
4a deux causes ; Tune est le cdorique de 
l'atmosphère dans lequel nagent tous les 
corps, Pautre est la eop^binaison interne des 
particules qui forment les divers fluides, pro^ 
duits dans l,e système très^étendu des glan* 
des. Lorsque la chaleur interne qui nous 
fenrironne, ou celle qui est produite intériei:i* 
rement, est diminuée jusquà un certain 
point, ou éprouye la douleur du firoid. 

Cette douleur du firoid est très-sensible dans 
les dents lorsqu'on tient de la glaee dans sa 
bouche; ou tout le système eu est affecté 
lorsque, précédemm^ent, on a été habitué à 
un excès de chaleur. U est probable que 
cjBtte douleur ne proTient point d^un effiet 
mécanique ou chimique du déû^ut de calor 
rique ; maicf dfs même que les organ^s du 
sentiukent par lesquels on perçoit la fiaim 
f»t la soif, ce sens de la chaleur " souffre , 
lorsque le stimulus qui lui est propre maur 
qtt4$ pour déterminer les mouTemens initii:' 



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54 Maladies Sect. XXXII. m, 3. 

tifs de Torgane , c'est-à-dire, lorsque la puis- 
sance sensoriale saccumule trop dans les 
fibres engourdies, Toyez section XII. v. 3. 
Car, ainsi que les mouvemens péristaltiques 
de Festomac sont diminués lorsque la dou- 
leur de la faim est grande, de même raction 
des^ capillaires cutanés est diminuée pendant 
la douleur du froid , comme on peut le remar- 
quer à la pâleur de la peau , ainsi que je 
Tai expliqué section XIV, vi , sur la produc- 
tion des! idée«. 

La douleur que Ton ressent aux lombes 
et au front dans l'accès de froid d*uhe fièvre , 
dans liiémicranie nerveuse et dans les pa- 
roxysmeis hystériques , lorsque tous les mou- 
vemens irritatifs sont dérangés , paraît pro- 
venir de cette cause; les vaisseaux de ces 
mehibranes ou dés muscles s'engourdissent 
par leurs associations irritatives avec d'autres 
parties du corps , et fournissent alors moins 
de leurs sécrétions habituelles ; par consé-^ 
quent il se dégage moins dé calorique , et 
ils éprouvent la douleur du froid ; on peut 
souvent sentir ce froid en appliquant la main 
sur les parties affectées. » 

a. L'importance d'une soustraction plus ou 
moins grande de caloi^rque du système sera 
plus aisée à concevoir. Si on considère d'abord 
la grande consommation de puissance senso- 
riale qui se fait pour entretenir l^fs mouvQ^ 



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SscT. XXXII. tlir 3. de Virritatîon. 55 

nens vitaux , 'c est-à-dire , pour faire circu* 
1er » absorber ^ sécréter , aérer et élaborer 
toute la masse des fluides avec une activité 
continuelle ; la puissance sensoriale ou esprit 
d'animation employé à donner un' mouvement 
énergique et continuel au cœur, qui surmonte 
Pelas tici té et la force dUnertie de tout le 
système artériel; la consommation de puis- 
sance sensoriale qui se fait pour mouvoir 
avec beaucoup de force et., de vélocité les 
troncs et les ramifications innombrables du 
système artériel; celle qui est nécessaire 
pour faire circuler toute là masse du saug 
dans les replis tortueux et étendus des petits- 
Taisseaux qui composent les glandes et les 
capillaires ; la puissance sen:soriale qui se 
dépense dans le$ exertions des extrémités 
absorbantes des vaisseaux lactés , et de tous 
les lymphatiques qui s'ouvrent à la surface 
extérieure de la peau et aux surfeces inté- 
rieures de chaque cellule ou interstice du 
corps ; celle quf est dépensée dans l'absorp- 
tion veineuse^ par laquelle le sang est reçu 
des vaisseaux capillaires ou glandes dans les- 
quels la puissance artérielle cesse , et est 
repris et reporté au cœur; ensuite la con- 
somn\ation de puissance sensoriale que font 
les musclea de la respiration en dilatant con- 
tinuellement les bronches ou vaisseaux aériens 
des poumons; et enfin celle qui a lieu 



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36 Maladies Sect.XXXII. hi. 2. 

par les monvemenç péristaltiqbes continuels 
de Testomac et des intestins , et dans toutes 
les sécrétions de la bile, du suc gastrique 4 
du mucus , de la matière de la transpira* 
tîou et^ dans les diverses excrétions du sys- 
t#ne. Si on considère U consommation con- 
tinuelle de puissance ctensori^iie qui se fait 
ainsi ^ on sentira queUe est beaucoup plu» 
grande en un seul jour que n'est celle de tou* 
tes. les exertiona volontaires des muscles et 
des organes du sentiment pendant une semai- 
ne.; et tout cela, sans quil y ait de fatigue 
sensible. Or , si seulement une partie de ces 
Sfiouvemens vitaux, est gênée, ou totalement 
ari^êtée > ne fut ce que pendant un temps fort 
court, on comprend qu'il y aijra une accu* 
xnulation de puissance sensoriale, puisque sa 
production dans ces organesf^, qui sont soumis 
à une activité sans relâche y se continue dans 
leur état de repos, et que, par conséquent, 
cette puissance s'y accumule. 

Lorsqu'au contraire les organes vitaux agis- 
sent avec trop de force par une augmentation 
de stimulus , sans qu'il y ait un accroisse- 
ment proportionné de puissance sensoriale 
dans le cerveau , il est évident qu'une tor- 
peur ou un grand défaut d'action doit bientôt 
s ensuivre, comme il arrive dans les fièvres; 
tandis que les muscles locomoteurs qui n agis- 
sent que par intervalles , ne sont asisç^pti- 



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SfiCT. XXXlî- ï«T> ^- deVifrîlaiioîu Zf 

hles ni d'une ausai grande accnmvilatâoii. de 
puissance sensoriale pendant leur étal d^inac^ 
tiyité ^ ni d'aune anssi grande oonsommatk)n 
dans le temps d^actirité. ^ 

Ainsi lorsqu'on entre dans utt l>ain trètt 
froid ^ par exemple au 33* degré; de ohaleiur 
de Fahrenheit, Tac ûbn dea^^andes ou capilt 
laires sous-cutànées et celle des bouches des 
^bsorbans cutanés est diminuée ou cesse pout 
quelque te^i^ps ; cela est.^ Cfinis^. (pxïl passe 
xnoins ou ^nénsie qu'il ne passe «polui de sang 
dans ces y aissea^ix capillaires , et q^ la pàleuv 
survient; mais |>eu après j^!(¥i .est sorti du 
bain , la peau prend une- oo^leiar plua Ter^ 
meille et il s'y déreloppe wie chaleur hébuir 
coup plus vive qu ayant ririamer6io»;'car les 
glandes capillaires, après atoir été dans cet 
état de repos , a<;iça$ion;né pa^i^ l absence dé 
stimulus , deyienudut plus CRj^sç^ptibles dirri^ 
tation quelles ne le sont par leiiçs sthaulans 
naturels , à cause de 1 accunmbktiaii de puis*" 
sance sensoriale : d^oii résume. <2^\\l y pasâe 
une plus grande quantité de safag , qu'il s'y 
{ait une plus grande sécrétiou de matière 
transpirable , et qu'ensuite il S y déyeloppe m 
plus grand degré de ohaleuv* Pendant qu^on 
est. dans le bain frioid» HiAleioe eat froide et 
la respiration cptirte et laborieuse ; ce qui a 
été :général^pl^llJt: attribué k l'obstruction d;^ 
ihiid^ pai^ im «paBme d%i& vaiâsftaux, oulapé* 



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$8 Maladies Segt. XXXIl. ni. %f 

et Paccumulation successive de sang dans les 
poumons, occasionnés par la pression et Is^ 
ÊTOideur de Teau. Cette explication d un phë* 
Bomène aussi curieux n'est pas satisfaisante. 
If ans Toyoâs que dans ce moment toute la^ 
eirculation est moindre , comme le prouvent 
la petitesse du pouls et le froid de l^ialeine^ 
qui indiquent qu'il passe moins de sang par 
les poumons dans un temps donné} mais la 
Même dilQculté de respirer a lieu quand la 
pâleur de la peau ^st produite par la peur^ 
où il n j à ni froid extérieur ni pression. 
^ Les petits vaisseaux des btonckes, à tra- 
rttê lesquels le sang passe du système arté-* 
riel dans le système veineux , et qui cor-r 
respondent avec les vaisseaux capillaires cu- 
tanés^ ont été fréquemnoent exposés à l'ai» 
froid et sont devenus inactifs en même temps 
que ceux de la peau ; ainsi' leurs mouvemens 
sont tellement associés entr etix , que lorsque 
les nns éprouvent un défaut ou un excès 
d^activité ^ les, autres réprouvent également 
par sympathie ^ conformément aux lois de 
Tassociation irritative. Voyez sect. XXVll. i . 
sur les hémorrhagies. 

'. Indépendamment de la torpeur des petite 
vaisseaux des poumons , il y a plusieurs au- 
tres systèmes de vaisseaux qui s'engourdissent 
par leurs associations irritatives avec ceux de 
la peau, comme^'les ^sorbans de^ ûfàtestina 



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Sect.XXXII.iii.2. de rirritation. 59 

et de la Tessie : de-là vient qu'il y a une 
éyacuation dWine pâle , lorsque la peau est 
exposée , à nud ^ au froid de Tatmosphère ; 
et on sait que les ablutions d^eau froide sui" 
le corps f guérissent des constipations opiniA^ 
très. Par Tinaction des systèmes Tasculaireà 
^Mssi étendus que le sont ceux des glandes 
et des capillaires de la peau et des petits 
vaisseaux des poumons^ avec leurs diverse^ 
séries de vaisseaux absorbans , il se fait une 
grande accumulation de puisfsance seiworia^e, 
dont tine partie est de nouveau employée à 
Taugmentation d'iaction de tous ces vaisseaux', 
ce qui produit un accroissement universel de 
chaleur ; le reste ajoute de là vigueur aux 
exercices vitaux et volontaires pendant le 
cours de la journée. 

Si Tactivité dés vaisseaux sous-cutanés et 
de ceux auxquels leurs actions sont associées'; 
était trop grande avaxit Timmersion dans Peau 
froide , cotome on Téprouve dans les grande^ 
chaleurs de Pété, et que la puissance «en- 
soriale ait déjà été diminuée par ce moyen, 
on voit la raisbil pourquoi le bain froid pro-» 
duit immédiatement une augmentation de 
forces : cest en arrêtant Tactivité inutile des 
vaisseaux sous-Cutanés et en empêchant ainsi 
une trop grande consommation de puissaiicè 
sensoriide; ce qui, dans le lattgage métapho- 
rique, se liomm^ Unsioii d«' système ; (jbracing 



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4o Maladies Sbct-XXXII.ih.S, 

ihe System') qui n e^t d ailleurs qu'un terme 
de mécanique applicable au tambour et aux 
cordes des instrumens de musique , comme 
au contraire le mot relâchement^ en tant qu ap^ 
pliqué au coi^ps animal yiyant , ne désigne 
qu'une trop petite quantité de stimulus ou de 
puissance ^sensoriale. yoye2 section XII. i« 

3. Cette expérience du bain froid nous 
représente l'état d'un simple accèjs de fièvre; 
car le pouls est faible, petit. et accéléré pen«r 
dant rimmersion , et devient fort , plein el 
Tif pendant la cbaleur quija suit : jusqu'il 
ce que quetqiaes minutes aprè$ , ces symp<* 
tftnnes disparaissent , et que là fièvre mor 
mentanée cessf. 

Dans les constitutions où le degré d'inirrita? 
t>ilité, ou de débilité, est plus graod que dans 
Tétat naturel , la froideur et la pÀleur de la 
peau 1 ainsi que l'accélération et la faiblesse 
4u pouls continuent long-temps après que le 
malade a quitté, le bain : la chaleur qui suc- 
cède a lieu par bouffées inégales , et le mar 
lade se sent incommodé pendant quelques 
heureS;. Il en résulte quun bain pris dans 
une source d'eaù froide ^ où la cfaaleui^ n est 
que dé /fi degrés de Fahrenheit , doit être 
très-.contrairç à) ceux qui sont d'une consti* 
tution faible ou peu irritable., chee lesquels 
la puissance sensoriale est. en; si, petite quan- 
Utë ^uUs ne peunf&t en supporter impuni 



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SBCt. ÎIXII. m. 3i de Virrltation. ^i 

ment la diminution , même pour un temps 
fort court; mais ils peuvent cependant sou- 
tenir un bain un peu plus chaud, comme 
celui des eaux de Bunton qui ont environ 
80 degrés; Tusàge de ces bains les fortifie ^ 
tt leur répétition fréquente rend ces consti^ 
tùtions moins susceptibles d'engourdissement 
par les légères variations dé froid , et en con<^ 
séquence moins sujettes à être affectées par 
les accidens inévitables quoffre le cours or*» 
dinaire de la vie. G^est la raison pourquoi 
ceux dont la constitution est peu irritable 
(ce qui nest qu'une autre manière d^expri^ 
taev le défaut de la puissance sensoriale ) 
«ont souvent fort incommodés en se baignant 
dans une eau de source froide, et pourquoi 
ils ne doivent rester que fort peu de temps 
dans un bain dont la température est plus 
froide que celle de leur corps , et doivent 
observer^ s'ils veulent obtenir de bons effets 
du bain froid, d^en diminuer graduellement 
la chaleur, et d'y rester chaque fois plus 
long-temps. Voyez sect. Xll. 11. i- 

D'un autre côtéj toutes les fois que la 
ehaleur de la surface exté^îeure du corps, 
ou celle de la surface . intérieure des pou- 
mons ^ est plus grande que dans l'état na* 
turel , on peufw s exposer utilement à l'air 
froid. Dans les accès de fièvre avec excès de 
^ce^ cest-à*dire avec une grande quantité 



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4a Maladies Sect. XXXII. m. 4. 

de puissance sensoriale^ Pair froid enlère le 
stimulus additionnel de la chaleur des surîa- 
ces dont nous venons de parler, et empêche 
ainsi un excès de mouvemens inutiles; et dans 
les accès de fièvre avec débilité , c'est-à-dire 
avec défaut de puissance sensoriale , il em- 
pêche Tépuisement considérable et dangereux 
de ce principe dans Taugmentation inutile de 
Faction des glandes et des vaisseaux capil- 
laires de la peau et des poumons. 

4* ^^ même, lorsqu*on est exposé long- 
temps à un air très -froid ^ il survient une 
torpeur des vaisseaux capillaires et absorbant 
cutanés et pulmonaires^ produite par le dé- 
faut de leur stimulus ordinaire de la cha-* 
leur ; ' et cette torpeur d^une aussi grande 
quantité de vaisseaux, affecte, par des asso* 
ciations irritatives , la totalité ' des systèmes 
glandulaire et absorbant, qui s'engourdissent 
plus ou moins ^ d^où il résulte un accès de 
froid de fièvre. 

Si le défaut de stimulus de la chaleur est 
très-grand^ la' torpeur devient générale au 
point d'éteindre le -principe de la vie, comme 
chez ceux qui «leurent de froid. 

Si ce défaut de chaleur est moins considé- 
rable, mais néanmoins assez fort pour déran- 
ger le système, et qu'il reviAne le jour sui- 
vant, il produit un plu& grand degré d^en« 
gourdissement'qu auparavant , parce qu il agit 



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SflCT. XXXII. III. 4. de Virritation. 4S 

Goncarremment avec lé période dû cercle 
diurne des actions , décrit dans la sect. XXXYI« 
Ainsi un engourdissement , d abord léger « 
peut devenir de plus en plus considérable « 
jusqu'à ce qu'il en résulte un accès de fièvre 
complet , qui continuera à revenir à la 
même époque où il a été produit, Yoyea 
sect. XVII. III. 6. 

Si le degré d'engourdissement occasionné, 
par le défaut de stimulus de la cbaleur,* est 
très-grand , il peut revenir une seconde fois , 
par une cause plus légère que celle qui la 
produit d'abordi Si la cause qui produit le 
second accès de torpeur, revient le jour sui- 
vant, il en résulte une fièvre quotidienne. 
Si ce retour n a lieu ^e le surlendemain , 
il produit une fièvre tierce ; et si ce n est 
qu après soixante-douze heures depuis le pre- 
mier accès de torpeur^ on lappelle fièvre 
quarte. Cette dernière espèce de fièvre se 
présente moins fréquemment que les autres, 
parce que c'est une maladie qui nattaque 
que les tempéramens d associabilité , comme 
je Tai dit dans la section XXXI. Car dans 
les autres constitutions ^ lac susceptibilité de 
• se faire une habitude , cesse avant que la nou- 
velle cause de lengourdissement revienne , 
ai eUe ne parait pas avant un laps de tcunps 
de soixante-douze heures. 

En conséquence les fièvres dont la cause 



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44 Maladies Sect. XXXII. m 

réside daiis lair froid de la nuit ou du matin, 
sont plus susceptibles d'observer le jour so- 
laire dans leurs périodes; tandis que celles 
qui reconnaissent dautres causes, observent 
firéquemment le jour lunaire , les paroxysmes 
rétardant dune heure ou à peu près tous les 
jours y comme je lexpliquerai dans la sec- 
tion XXXVl. 

lY* Une autre cause fréquente de laccès 
de froid de la fièvre , est le défaut du sti- 
jnulus de la distension. Il paraît , 4*ap^ès ^^^ 
expériences de Haller, que tout le système 
artériel n est irritable que par ce stimulus ; 
^t les mouvemens du cœur et du canal ali- 
mentaire dépendent certainement en partie 
de la même cause. Voyez section XIV. vu. 
Ainsi il ne faut pas être étonné si la dimi- 
nution de la distension produit souvent 
Tengourdissement , qui constitue le commen- 
cement des accès de fièvre. 

Lieutaud a compté avec raison le défaut 
de quantité de sang parmi, les causes des 
maladies, ce que, dit-il, on reconnaît sou- 
vent dans les dissections. Cest ainsi que les 
fièvres sont produites par de grandes bémor- 
fbagies , des diarrhées et d'autres évacuations , < 
ou par une diète trop long«temps continuée 
ou peu nutritive , ou bien par 1 épuisement 
occasionné par une fatigue violente, ou par 
des .maladies chroniques dans lesquelles la 



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SscT. TSXU. îiv^ dâJ^ir^àtion. 45 

digestion est fbiiexnenk ' - dérangée 4 . . -Q^nunt 
lorsque Testoiiiae^a été affèclé pendant Jtqng'* 
temps dq la goutte ou d un akinrhe v ou davyi 
la paralysie du fiDie, ainsi tpiott la dit daipi^ 
la sect. XXX; conséqueminenl; un parôxysoiiô 
de 1^ goutte est susceptible de revenir à j^ 
suite d'uoe saignée ou d^iin puiga|tif V de même 
^e rengouràissement de quelque* yiscèr.e qui 
précède rinflammalidn du pied y est produit 
par le défaut du vtimulus de la; distension. Cest 
encore ainsi que les extrémités, du corps > 
comme le nés et les doigts j sont jdus suscep^ 
tiUes de se refroidir lorsqu'on s est abstenu 
de nourriture pendant long'^temps , e|rque le 
pouls augiâfente éh force' et en vélocité au-* 
dessus de- son- type* naturel après un boa 
repas, par le stimulus de là distension. ' 
" Cependant V quoique ce stimulus de la dis- 
tension, comme celui de la.cbaleur^ non sei%* 
lement contribue beaucoup è^ faction naturelle 
-du cœur, deé artères et du cailal alimentaire, 
mais semble être nécessaire à la sécrétion 
qui se fait par ' les diverses glandes , néaur 
moins il n-^st peut-être pas lai seule cause 
d^aucun de ces nombreux mo4vemens; càic« 
ainsi que les vaisseaux lactés ., les' absorbana 
cutanés et les diverses glandes paraissenH^ 
être stimulés par Fàcreté particulière aux 
divers fluides qu ils abisorbent;.de même datas 
le canal intestinal « Tàcreté des alimens eii 
Tome II. 4 



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46 Maladies SectJ^XKXH. t- i i 

digestion, 6a Taccimonie dea matières féca^* 
les, parait coniribaer autant .qiae. leur toIu- 
tue, à proToqùér .tes mouTemeus péris^ki« 
ques; et dans le système artériel f la forctt 
impulsiTe des pariioules du sang en circula^ 
tion et leur acrimonie^ irritent les ai^tères 
aussi bien que la distension qui en est la 
suite» Lorsque le pouls est petite ce défaut 
de distension: a lieu, et contribue beaucoup 
tomme cause prédisposante . k produire la 
(ièrre irritative^ avec débilité du pouls , qu« 
les auteurs modernes nomment fièrre neiv 
▼euse» Voyez section XII. i« 4* La transfîi^ 
•ion du sang faite, par exemple, à raison de 
quatre onces par jour, tirées. d^iuii homme 
robuste où d'un animal en. santé,- tel quuu 
mouton ou un âne , ne pourrait-elle pas é[trer 
pratiquée aTCc une grande, probabilité de 
succès dans le principe des lièyres nerTei^- 
ses ou putrides T 

y, I. Le défaut de force impulsive dea 
particules du. sang en circulation, est une 
autre cause de Tengourdistilement par lequel 
commence Taccès de froid de la fièyre. Ce 
stimiAus de éa force d^impul&ion des parti- . 
cules progressives du sang , n'agit pas star 
tout le corps comme ceux de la cbaleui: et 
de la distension, mais il e&t borné au sys- 
tème artériel, et diffère du stimulus de là 
distension produit par le sang^ autant qu^ 



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Sect. XXXII, V. a. de Virritation. 4^ 

les Tibrations d6 Fair diffèrent de son cou*» 
rant. Cest ainsi que les diflfêrens organes du 
corps animal sont stimulés par' quatre diffé* 
rentes propriétés mécaniques du monde ex- 
térieur : saToir le sens du toucher par là 
pression des corps solides, de manière à dis« 
tinguer leurs formes ; le système musculaire 
par la distension que ces corps y occasion- 
nent ; la surface interne dés artères par' là 
force dlmpulsion de leurs particules mobi« 
les; et les nerfs auditifs par la Tibratioh dé 
l'air. Ces quatre propriétés mécaniques sont 
aussi différentes entrelles que les diverses 
propriétés chimiques^ adaptées aux nombreu- 
ses glandes et aux autres organes du sen- 
timent. 

a. La force impulsive deS' particules pro- 
gressives du sang est composée de leur vé- 
locité et de leur quantité de matière. Ainsi, 
toute circonstance qui diminue Tune sand 
augmenter Pautre en proportion , et sans ajou- 
ter , soit au stimulus général de la chaleur , 
soit à celui de la distension^ tendra à 
produire un engourdissement du système ar- 
tériel ^ et par suite de tous les autres mou- 
vemens irritatifs qui ont quelque connexion 
avec ce* système. 

Il en résulte que dans toutes les constitu- 
tions ou maladies où le sang contient une 
plus grande proportion de sérum ^ qui est la 



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48 Maiadief Sject. XXXII. v. 3- 

partie la plus légère de celle» qiii lé com-* 
posemt, les pulsations des artères sout plus 
faitlçs , commç ; dans les fièvres nêryeuses j 
la chlorose et Içs affections hystériques < cap 
dans ces cas la force d^im^ulsion des parti-» 
culçs^ successives du sang est moindre; d^oii 
il résulte que q^a^nd les parties les plus den- 
ses y abondent^ telles que 1$^ partie rouge ou 
la lymphe coagulable^. les pulsations artériel-» 
les sont plus fortes , comnae on l'ohaerve chez 
le$ hommes robustes ^ et dans les fièvrea 
inflammatoires. . 

Il parait diaprés les expériences quW a 
faites en injectant de Tair dans les vaisseaux 
sanguins , que pç Mimulus de la force d^im* 
pulsion des particules du sang est de la phid 
grande conséquenjCe poiïT TactiojB artérielle; 
en effets cette injection d^air détruit la vie 
animale par défaut de stimulus de la force 
impulsive > car la distension des artères n'en 
est pas diminuée : Tair ne possède point une 
acrimonie corrosive, et est moins susceptible 
de franchir 1^ valvules des veines que le sang 
même ; puisque toutes les valvules à air dont 
on se sert dans la mécanique ^ demandent 
bien moins d^exactitude dans leur con&truc* 
tion que celles quon oppose à Feau^ 
. 3. Un moyen d^augmenter la vélocité du 
sang et par conséquent la force impulsive 
de ses particules , est Texercice corporel 



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Sbct. XXXII. V. 4* rf^ rirrùation. 49 

ou le,8 frictîans. sur la peau ; mais au con* 
traire une trop grande indolence contribue à 
diminuer ce stimulus de la force impulsive ^ 
et tend ainsi à produire Pengourdissement ; 
comme on le roit dans les aflfections hystë- 
rique;s et la cUorose, ainsi que dans les au- 
tres maladies des personnes sédentaires. 

4* Dans certaines circonstances , la vélo- 
cité des particules du sang est augmentée 
par la saignée ; la quantité de sang étant 
moindre , la résistance au mouvement de 
Tautre partie de ce fluide est diminuée « ce 
ijui augmente la force d'impulsion des parti- 
cules. On pourra mieux comprendre ceci » 
en considérant la résistance au plus haut 
degré, puisque si elle était beaucoup aug- 
mentée , de manière à maîtriser la puissance 
impulsive , il ne pourrait point y avoir de 
vélocité , et par conséquent aucune impul- 
sion. On remarque à cet égard un phéno- 
mène curieuiK dont j'ai été témoin plusieurs 
fois , c'est que la saignée soulage souvent 
Bxur le champ les douleurs nerveuses qui 
accompagnent les accès de froid des maladies 
hystéricjues, asthmatiques où épîleptiques, et 
cela même lorsqu on a , sans succès ^ admi- 
nistré de fortes doses d'opium. Dans ces cas 
le poiUs devient plus fort après la saignée ; 
les extrémités reprennent leur chaleur natu- 
relle ^ et les opiacés , donnés alçrs agissent 
fjivec plus d'effet* 



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5o Maladies Sect.XXSLU.vu 

TI. Il 6$t une autre cause qui parait pro* 
duire quelquefois la torpeur de quelque 
partie du système: cest TinEuence du soleil 
et de la lune. LejS attractions de ces astres 
lumineux , en diminuant la gravité des par* 
ticules du sang^. ne peuvent pas affecter leur 
impulsion 3 attendu que leur force d^nertie 
restç la même ; mais elles peuvent , néan- 
moins j y produire quelques changemens chi« 
iniques , puisque tout ce qui affecte les attrac* 
tions générales des particules de la matiè;:e, 
peut être considéré , par analogie , comme 
affectant leurs attractions spécifiques ou affi- 
nités; et ainsi, le stimulus des particules an 
sang peut être diminué^ sans que leur force 
impulsive le soit. Comme les marées obéis- 
sent aux influences de la lune^ (abstraction 
faite du temps nécessaire à leurs mouvemens 
et des obstacles qui se trouvent sur le rivage) ^ 
il est probable qu^il y a aussi des flux et 
reflux atmosphériques sur les deu\ côtés de 
la terre ; et ce phénomène par la réflexion 
de la lumière , peut représenter aux habi*^ 
tans d^une autre planète la même figure que 
celle que nous ofire l'anneau de Saturne. Or, 
comme ces çourans d^eau ou dVir s^élèvent 
par la diminution de leur gravité, il s'ensuit 
que leur pression sur la surface de la terre 
nest pas plus grande que la pression des 
autres parties de TOcéau ou de Tatmosphère 



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Stcr. XSXïi. Tl . de Piniitation. 1$t 

sot, il neTLÎate' point de ^Mmhlablet. ûwl ^ 
reflux, et ea conséquence ils ne pexiTent 
point affecter le mercure dans le baromètre 
De la xnémç mistnièret la granité da tcms^ left 
autres corps terrestres est diminuée aux plii^ 
6es de la lune , mais dans un jplus grajnd de jré, 
lorsqu'eUes coïncident arec celles du soleil^ 
et Bur-tout -vers les équinoxes^ Cette dimî'* 
Aution de gruTité de tous les >corps dans lé 
temps que la lune passe 4 notre zénitl^ om 
h notre nadir, pourrait probablement se -"dé* 
montrer par les vibrations r plus lentes d^un 
pendule estimëea dVprès 'celles d^cine korr 
loge à ressorts ou d-après robserration astro- 
nomique , puisqu'un pendule d^une certaine 
longueur se meut plus lentement sous la ligne 
^e Ters lés pôles > parce) que la gravité étant 
diminuée et la force . dUnertie restant . la 
même, la force motrice est^ moindre « nmis'la 
résistance k surnu)nter ne.'çbange pas; Le 
célèbre Newton estime que les forces couk- 
binées de PattractiÀn du:«oLeil et dé la; lune 
n excédent pas la 75868-^850*^ «partie -de o la 
puissance de grayitation;^ ce' qui parattyià 
la vérité, n être- quune 'circonstance 'bien- fai- 
ble pour produire quelqu'efièt ioonsidérabfe 
sur le poids des corps sublunaîres \ et cépen^ 
dant elle est suffisante pour élever les niaréès 
de plus de dix pieds Ters l^ëquatetir; si on 
4Donsidère celles petites iinpulsions ^Jléê 



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5il ' OalacHe^ Sect. StXXII. vu 

«ufares àùrps produisent lei^rs * effets sur les 
organes du sentiment qui rsont pr^rçs k les 
|>erceToir \ comme celui de la Tibration- sur 
le ner£ auditif, pn cessera d'être éU)im# 
qu^^e si petite* dimiQUtiou. dans la. grayité 
des particules ^n sangt puisse influa $iir 
leurs changemens cbimiqùes ou sur leur$ 
qualités stimulantes, à tel point quêtant unie 
k d^autres causes, elle produise quelquefois 
le principe des midadies^. .. 

Afoutons à cela ^ que si Tinfluence lunaii?^ 
produit d?àbord im &ible. degré d-engourdis* 
sèment, et quelle reTienné à de certains 
-inteprallès , même avec inoins de fftculté^ 
que la première' fois pour produire; lengoui^- 
dissement , cependant celui-ci augmentera 
tous les jours par lliabitud^ acquise agissant 
en même temps , 'jusqu'à çé qu'à la fiia. il 
Surviendra un. degré de torpeur capaMe de 
-pà^odadre la plirénésie^ la^i^age canine , Tépi- 
iepsie^ les douleurs kystériques ou les accès 
de: froid de là fièrreV ce dont on peut voir 
^eS' exemples dans Toûvràge du D^ Mead-, 
iisur ce sujet» L influence solc^ire se manifeste 
aussi joumeUement dans plusieurs maladies; 
'mkrs bomme 1 obscurité, le silence, le som^ 
me^l^ et Thabitude de prendre nos repas & 
dès heures ftxes, sont des circonstances qui 
indiquent les diTerses parties du cercle sô* 
laire.des actions^ il est quelquefois doutetuç 



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S«CT. XXXlIm; ê» V&rriSation. {55^ 

à laquelle d«! ce^ causes on doit aUrilK!i(d^ 
le retour péiiodiqtie de ces maladies. 
. Autant que {ai pu le remarquer , les pé*** 
riodes des maladies inflammatoires suivent le 
)6ur solaire ; car la goutte et le rhumatisosM^ 
ont leur plus grand repos yeirs Tbeure de 
joaidî et celle de minuit, fat leurs exacerba* 
tioQS quelques heures après , puisque leurs 
causes immédiates sont plus souyent le firoid^ 
rioanition et la fatigué que les effets des 
lunaison^ ; tandis que les accès de froid dans 
les maladies hy^ériques^ et ceux des fièvres 
nerveuses, ont i lieu le plus souvent deu^ fois 
par )Our, et retardent de près d^une demir 
heure chaque fois, selon le jour lupaire; au 
lieu que quelques accès de fièvres intermit* 
tentes 5 dont le retour régulier n est point 
dérangé par dciS remèdes^ reyiennent à des 
périodes solaires réguliers^ et d'autres. aux 
périodes lunfiires^ ce qui doit probablement 
être attribué à la différience dans les pério^ 
des de ces* circonstlances extérieures du froid, 
de riiianition ou des lunaisons qui les ont 
causées immédiatement. 

Nous devons observer néanmoins que les 
périodes de calme et dVxacerbations, des ma- 
ladies ne commencent pas toujours au temps 
des sjzigies ou quadratures de la lune et 
^u soleil , ou au temps de leur passage au 
^nith ou au nadir; rm^is comme il est jpro- 



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54 Mlaladiei Sbct. ÏXXIl. Vîr 

fiable que le stimulas des particules du sang ' 
qui circideiit« est diminué gra^uellemcsl 
depuis le temps des quadratures jusqu'à celui 
des syzigies^ le calme peut commencer à une 
heure quelconque du jour^ lorsque, coopë'» 
Irantavec d^autres causes de torpeur, ce calme 
devient assez considérable pour produire une 
maladie; dans la suite il continuera à revci» 
nir à la même époque de Pinfluence lunaire 
ou solaire; puisque la même cause agit con^ 
jointement avec lliabitude acquise, c*est^* 
dire , avec la caténation qui existe entre ce 
nouveau mouvement et les chaînons désunis 
des cercles lunaire ou solaire de Taction 
animale. 

G^est de ôette manière que les périodes de 
la menstruation suivent les mois lunaires avec 
beaucoup; d^exactitude chez les personnes saif 
nés , et peut-être l'orgasme vénérien éprouve^ 
t-il la même influence dans les brutes : ce-* 
pendant ces périodes ne commencent pab 
soit avec les syzîgies ou les quadratures des 
lunaisons , mais quelle que soit l'époque des 
périodes lunaires lors de leur apparition^ 
elles les suivent constanunent dans leurs 
retours , k moins que quelque cause majeure 
ne vienne les déranger. 

Il arrive de4à que , quoique la meilleure 
manière de calculer Tépoque attendue dm 
retçur des paroxysmes des maladies ^lério-^ 



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Sect.XXXII. VI. de rirritation. 55 

diqnes^ soit de ^compter le ftombre dlieures/ 
écoulées entre les commencemens des deux 
accès précédens ^ cependant les observations 
suivantes méritent attention lorsqu'on cher« 
ch^ à empêcher le retour des maladies ma* 
niaques ou épileptiques ^ dont les périodes, 
particulièrement au commencement, suivent 
souvent les syzigîes de la lune et du soleil^ 
sur-tout yers les équinoxes. 

La plus grande des deux marées qui arri* 
rent à chaque révolution de la lune , est 
celle qui a lieu lorsque cet astre approche 
le plus près du zénith ou du nadir ; pour 
cette raison , lorsque le soleil est dans les 
signes du nord, cest-à-dire dans les mois 
de printemps et d'été , la plus grande des 
deux marées diurnes dans notre latitude, est 
celle qui a lieu lorsque la lune est au-dessous 
de rhorison ; et comme le soleil se rappro* 
che un peu plus de la terre dans lliiver que 
dans Tété, on a observé que les plus gran* 
des marées équinoxiales viennent un peu 
avant Téquinoxe de printemps et uu peu 
après celui d'automne. 

Lea accès de froid des maladies lunaires ne 
commencent-ils pas quelques heures avant la 
déclinaison, australe de la lune , pendant les 
mois de printemps et d'été^ et avant sa décli* 
naison boréale pendant les mois d'automne 
et dliiver? Les paralysies et les apoplexies 



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S6 Maladies Sbgt. KXXII. vu. 

qui ont lieii vêts les équinoxes, ii*arriTent-i' 
elles pas quelques jours avant la lunaison 
équinoxialè dû printemps et après celle 
d*automne f Les périodes de ces maladies 
diurnes ne sont-ils pas plus obstinés lors- 
qu'ils commencent plusieurs heures avant la 
déplinaison australe ou boréale de la lune « 
que lorsqu'ils commencent à ces époques ? 
Ces paralysies et ces apoplexies ne sont-elles 
pas plus dangereuses lorsqu'elles commen- 
cent plusieurs jours avant les syzigies de la 
lune , que lorsqu'elles viennent à ces époques? 
Voyez sect. XXXYI. sur les périodes des 
maladies. 

VII. Une autre cause très-fréquente de 
Faccès de froid de la fièvre , est la torpeur 
de quelques-uns de ces grands amas de glan- 
des qui composent le foie , la rate ou le 
pancréas; dans les fièvres intermittentes au- 
toipnales, une ou plusieurs de ces glandes 
sont souvent tellement tuméfiées qu on peut 
les sentir au toucher , et - on les appelle 
vulgairement ague - cakes ^ gAteaux à fièvres. 
Comme ces glandes sont stimulées par l'acri* 
xnonie spécifique des fluides qu''elles absor- 
bent, la cause générale de leur torpeur parait 
être la trop grande insipidité des fluides 
animaux qui coopère peut-être en même 
temps avec d'autres causes générales d'en-* 
gourdissement. 



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Sect. XXXIÎ. Viir. ûe VirrUation. Sjr 

De4à résulté la fréqu^ence^deK ces^ fièvret 
dans led P^y^ iharécageux', pendant les daî^t- 
sons froides qui ^liWent les grandes cihaleùrsi 
et chez les sujets qui se nourrissent d^âii-^ 
mens peu nutritifs et peu stîmulans. '•Lit 
tuméfaction de ces yiscères inacttfs et le 
gonflement à la région précordialedans boatt^ 
coup d'autres .fiivres^ sont; ttès«-pr^babléi 
ment 5 dus à la même cause*^ saToir*: i^ 
défaut général de production ^è 'puissance 
sensoriale et la diminution dé la «timulation 
des fltddes ; et lorsque la toi^ur d^un grand 
non^re de glandes qui forment un de^ ceé 
grands viscères « commence à exister^ tous 
les autres mouremens irritatifs sont affectés 
par leur connexion avec . lui , et Paccès de 
froid de la fièyre a lieu/ 

VIII. Il y a encore dVutreà causes q^i 
produisent la torpeur de quelque partie du 
système animal ; telles sont là fatigue , la 
faini , la âoif , la mauvaise nourriture , un 
amour malheureux ^ un air. mal sain , Tépui- 
sèment par des évacuations , et plusieurs 
autres ; mais la dernière cause ^ dont je ferai 
mention et qui produit souvent Paccès de 
froid de la fièvre, c'est la peur ou l'anxiété 
d'esprit. Les douleurs que nous connaissons 
les premières et le plus généralement, sont 
produites par un défaut de stimulus quel- 
conque : c*est ainsi que peu après notre 



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58 Maladie^ Sbct. 'XXXIt. vm.. 

i^aîstencei , nous connaissons la doaleùr cau- 
sée par Tair froid ^ par le besoin de respi^ 
ration et de nourriture» Or , toutes ces dou^ 
leurs occasionnées par défaut de stimulus 
sont accompagnées de Tinaction de Porgane > 
et en même temps d^un degré plus ou moint 
graûd de torpeiir d^autres parties du systèmes 
De même ^ si on souffre la douleur de la fatim 
par la priTatiou d'un fepas accoutumé , non 
seulement les mouyemens péristaltiqùes àtà 
l'estomac et des intestins sont diminués « 
mais on est encore plus sujet quén d^autres 
temps au froid des extrémités , comme au 
nez^ aux oreilles et aux piedsi 

Or,) comme la peur est primitiTément ex- 
citée par le souyenir de la douleur qu on a 
déjà éprouvée , et qu'elle est elle-même une 
affection douloureuse , la même inactivité des 
autres mouTcmens fibreux ' Paccompagne , 
parce quils ont été très-soutent liés à cette 
espèce de douleur , comme on Fa tu dans 
là section XYI. viii. i : tels sont le fix)id et 
la pâleur de la peau, le tremblement, la dif- 
ficulté de respirer, l'indigestion et d'autres 
symptômes qui contribuent à former l'accès 
de fi:'oid des fièvres. L*anxiété est la peur 
prolongée pendant un plus long temps , la- 
quelle produit un engourdissement chronique 
du système , qui éteint lentement la vie par 
l'effet de ce quqn nomme ordinairement le 
. chagrin. 



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$Eçr. XX!^Vt. IX. f ; de l'irrimtion, Bg 

les autre3 âyipaptâipes: ré^ul;ta^s de la tocpeuf 
fui iIldiq^e le comn^nc^mpAt deç accè^ d^ 
fièvres. Si ^ par une ded çauaes àéicp\tp$ 
ci-dessua on . pajr demx o^ pli^^ieurs eausje^s 
qai s^g^ssenît eikmém^ -t^mps^^il surrieiutrun 
grand degré d^ngourdjisâew^iit de qnelq]a^ 
partie conaidérable du cçrcla deiQ motiyem0ii$ 
irritatifs^ jtoptç la classe de. c^ mouTemeni 
tn est plas oa iBioiBS .démngée par leurf 
associations irritatiyes. Si cet engourdisse*- 
ment est occasionné par un défaut de pro- 
duction de puissance eensQiûale^^ ,^t qu'il affecte 
Tune ouTautre de ce^ paitiesdu système qiû 
sont habitudes k une actiyité continuelle « 
tels que le$ mouyemens vitaux ,.. Tengourdis*^ 
cernent. augn^ebte rapidement; à cause de }a 
grande conMjmmaition de puissance sensoriaje 
qui se fait pajr lactivité iopatiuuelle de- ten 
parties du sy,$têibe , ainsi que nous rayoi»^ 
démontré au paragrap. .m. a. de cett^' i^eçr 
tion ; d^oii il. résulte que. toutes les sécré* 
lions se £ont ineomplèteaient ; et comme .la 
chaleur animale est produite en proportion 
dé la quantité de ces sécrétions , la froideur 
de la peau est. la première circonstanoe à 
laquelle on fasse attention. Le Dr Martin 
assure que plusieurs parties de son corps 
étaient plus chaudes que: dans Tétat naturel, 
pendant Faccètde froid de. la fièvre ; mais 



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il ert ccttairt iÉfùè' '^lès- quî' 4cmt à'décJouTcirt, 
tèlli^s que les' dei^M V^l^ tiéz let leë oreillé^^ 
Bout beauccmj^^^«^ ttoideê au toucher et 
plus pâles en* apparence/ Il %iG(t possible que 
ces expérience» latent été faites ^u cdmmeâ- 
Optaient des «ccèç ''dé è^halMir "suivans , ïes-^ 
quieis coinuieiië^tit par de^ distributions par* 
tielles de calorique; ce qui proTient de c< 
que certaine^ ">pàkies du éo^ps' reprennent 
leut* irritabilité 'iiâiurelle pliM' pi^dmptemeiit 
que d auti^es. ' •' • ' ^ ' 

lia torpeur de6 kûàétomolses <^piUâires de 
la peau produit la pâleur de èettef partie ; 
«t une moindre >sécrétîôû de -tnàtîère trans«> 
pirable. La torpeur des tai^séau± capillaires 
des 'poumons occasionne une' difficulté de 
respirer; et celle des autreS^ glandes diminue 
la séciiétion de là bile, celles^ «des sucs gas- 
trique et pancréatique dans i^j&tèmac et les 
intestins , ainsi que celle de la saliye et du 
mucus danisr là ^buche : d*pù naissent la. 
sécheresse de la langue, la constipation ^l^s 
idcères sans suppuration, et la itareté des 
urines. Linactîtité du système absorbant pro- 
duit la grande soif, parce quil y a moins^ 
/d'humidité absorbée de Fatmosphère. Le 
J)!;* Lister a obserre que labsorption dliumi* 
dite atmosphérique était de d^x-huit onces 
dans une nuit, san^ compter ce quil avait 
perdu par la transpiration tnsensibler (Voyez 



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Sbct. XXXII. îx. I. de rirriiation. 6x: 

Langrish. y C'est pour la même cause que 
l'urine est pâle quoique en petite quantité , 
car la partie la plus fluide n en est point aB« 
sorbée ; et lorsque les accès de fièvre répétés 
durent long-temps , les jambes s enflent par 
Faction diminuée des absorbans cellulaires. 

La torpeur du canal intestinal occasionne 
la perte de Pappétit et des flatuosités. La 
torpeur partielle detf riscères glanduleux 
cause à la région précordiale un gonflement 
et une tension sensibles au toucher^ et qui 
sont occasionnés par le retard qu'apporte à 
la circulation des fluides le défaut d'absorp* 
tion yeineuse ou lymphatique. La douleur 
au front , dans les membres et aux lombes « 
proyiwit de Fengourdissement des cnrélop- 
pes membraneuses ou des muscles de ces 
parties , de la même manière que la peau 
devient douloureuse lorsque les vaisseaux 
qui la composent sont engourcfis par le froid. 
Le tremblement causé par la douleur dijL 
froid, l'inquiétude, les bâillemens et les pan^ 
diculations, ainsi que les frissons ou horri* 
pilations , sont des mouvcmens cbnvulsifs^ 
comme nous dirons dans' la section XXXI V, 
en traitant des maladies de la volition. 

Les nausées et le vomissement sont un 
symptôme fréquent dans le commencement 
des accès de fièvre ; les fibres musculaires 
de Festomac participent de Finactivité et de 

Tome IL 5 



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ôa Maladies Sect. XXXII. ix. i i 

la débilité générale du système; leurs mou-' 
remens commencent d^abord par se rall^ntir» 
puis s'arrêtent et enfin rétrogradent ; car 
Faction de romir , ainsi que le globe bys* 
térique et les borborigmes chez les hypo- 
condriaques , sont toujours un symptôme de 
débilité , soit par le besoia de stimulus , 
copime dans la faim^ ou par le manque de 
puissance sensoriale , comme après Fiyresse , 
ou. par sympathie avec d^autres mouvemens 
irritatifs engourdis r comme dans le froid d^un^ 
fièvre intermittente. Voyez sect. XII. Y. S,., 
XXIX. XI. et XXXV. I. 5. , où Pacte du 
.vomissement est expliqué plus en détail* 

Le petit pouls ^ que quelques écrivains 
ont dit être lent au commencement de Taccès 
d^une fièvre intermittente et qui souvent est 
tremblant et intermittent < provient de la 
torpeur du cœur et du' système artériel y 
ainsi que de la résistance opposée à la cir-* 
culation du fluide par le défaut d^action de 
toutes les glandes et capillaires. La grande 
faiblesse et Tinhabilité aux mouvemens vo-' 
lontaires et Tinsensibilité des extrémités sont 
dues à la torpeur générale de tout le sys- 
tême moteur, ou peut-être seidement à uu 
défaut de production de puissance sensoriale. 

Si tous ces symptômes sont encore aug«- 
mentes , l'inactivité de tous les muscles , y 
compris le cœur et les artères, devient comT* 



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SbCT. XXXtl. IX. a. *de Virritation. 65 

plèté « et là mort en est la suite. Il est très- 
probable que c'est )& le cas de ceux qui meu- 
rent de froid et , à ce qu on prétend , de ceux 
qui succombent en Hollande, pour avoir pa- 
tiné trop long^tèmps. 

2. Atissilôt que cette torpeur générale da 
•jstéme vient à cesser^ soit par la diminu- 
tion de la cause ^ soit par Faccumulation d# 
la puissance sensoriale > ( comme dans la S3rn« 
cope^ sect; XIL y il. i. ) ce qui est la consé-> 
quence naturelle de la torpeur précédente ^ 
Taccès de chaleur commence : chaque glande 
du corps est alors plus fortement stimulée 
qu'à l'ordinaire , parce que son irritabilité 
s'est accnie par Taccumulation de la puis* 
tance sensoriale pendant Tengourdissement 
qui a précédé'; il survient une sécrétion 
abondante et générale qui produit à son tour 
une augmentation de chaleur : la peau de- 
vient rouge et la transpiration est considé* 
rable , par l'augmentation d'action des* capil- 
laires pendant la chaleur du paroxysme. La 
sécrétion de la matière de la transpiration 
est 3 peut-être ^ plus grande pendant l'accès 
de chaleur que dans la sueur qui lui suc* 
cède; mais comme l'absorption en est aussi 
augmentée, elle ne reste pas visiblement sur 
la peau ; ajoutons à cela que son évapora- 
tion est aussi plus grande par raugmentatipn 
de la chaleur de la peau. Hais vers le 



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64 Maladies Sect. !2XKIL ix. :3« 

déclin de laccès de chaleur , comme les 
bouches des yaisseaux absorbans de la peau 
sont exposées à un air plu& frais ou touchent 
aux couTertui*es ., ces vaisseaux perdent plu* 
tôt leur augmentation. daotiiFité et cessent, 
d'absorber au-delà de leur quantité natu-* 
relie; cependant.le degré de chaleur des Tais* 
seaux sécréteurs étant conservé pendant un 
temps plus long par la circulation du sang^ 
ils continuent à verser une plus grande quan-* 
tité de matière transpirable qui , alors , reste 
sur la peau en grosses gouttes visibles. L eva-* 
poration de cette matière est encore dimiiiuée 
par une fraîcheur plus grande de la peau^ 
ainsi que Fabsorption Test par la diminu-* 
tion d^action des vaisseaux lymphatiques* 
Voyez classe 1. i* 2. 5. 

Laugmentation de la sécrétion de la bile 
et des autres fluides versés dans les intestins, 
produit souvent un dévoiement vers le déclin 
de Taccès de chaleur ; car , ainsi que je Tai 
dit plus haut , les bouches des absorbans 
externes étant exposées à Pair froid , cessent 
d^étre portées à une activité extraordinaire 
plus rapidement que les vaisseaux sécréteurs 
dont les bouches sont exposées à la chaleur 
du sang : or^ comme les absorbans internes 
sympathisent avec les externes , ceux-ci ayant, 
dans Paccès de la chaleur, absorbé les par- 
ties l6a plus tenues de ia bile ou des autres 



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Sect. XXXII. IX. 2. de rirritation. 65 

fluides sécrétés , perdent , avant qu'il soit 
épuisé dans les glandes , cet accroissement 
d'activité , lorsque le paroxysme de chaleuù 
commence à décliner ; et la diarrhée est 
produite par la même cause qui amène la 
matière de la transpiration sur la peau , c^est* 
Â-dire , parce que Taugmentation de l'absorp- 
tion cesse plutôt que celle de la sécrétion. 

Pendant Paccès de froid , Turine est en pe-^ 
tite quantité et pâle ^ tant par dé&ut de 
sécrétion que par défaut d'absorption. Pen- 
dit l'accès de chaleur elle .est en quantit^ 
naturelle , mais trouble et fortement colorée^ 
parce qu'il s'en était séparé une plus grande 
qiiantité , par l'action augmentée dans lesr 
reins et que par l'action augmentée des ab- 
sorbans une plus grande quantité de sa par- 
tie la plus aqueuse a été portée , dans la 
vessie ; enfin , au déclin de l'accès de cha- 
leur , elle est en grande quantité ^ moins 
colorée et moins trouble , parce que les vais- 
seaux absorbans de la vessie perdent leur 
augmentation d'action , par leur sympathie 
avec les absorbans cutanés , plus rapidement 
que les vaisseaux sécréteurs des reins ne 
perdent leur activité augmentée. Il suit de-là 
que la quantité du sédiment et la couleur de 
Turine dans les fièvres dépend en grande 
partie de la quantité séparée par les reins 
^t de celle quji est réabsorbée dans la vessie; 



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66 Maladies Sect. XXXII. ix* ^ 

Les elpèceftde sédimens tels que le purulent i 
le graveleux, le muqueux, et le sanguinolent, 
dépendent d^autres causes. Il faut observef; 
que si la sueur est augmentée par la chaleur 
de la chambre ou par les couvertures du lit, 
les urines continueront à être en petite quan* 
tité et troubles , parce que T^ctivît^ des ab* 
eorbans de la vessie sera augmentée par leur 
sympathie avec les vaisseaux de la peau , 
afin de fournir aux fluides rejetés par la 
transpiration. 

Le pouls devient fort et plein à cause de 
^augmentation de Tirritabilité du cœur et des 
artères par laccumulation de la puissance 
fiensoriale pendant leur état de torpeur et à 
cause de la rapidité dû rétour du sang des 
diverses glandes et des vaisseaux capillaires. 
Cette abtion augmentée dans tous les vais- 
seaux sécréteurs , n a pas lieu subitement ^ 
ni par-tout à la fois ; la chaleur parait com- 
mencer vers le centre et se répandre de-là 
irrégulièrement dans les autres parties du 
système. Cela peut provenir de la situation 
des parties qui, les premières , sont deve- 
nues engourdies et qui ont occasionné Taccès 
dé fièvre, sur-tout lorsque le toucher laisse 
apercevoir une dureté ^ou tumeur vers la 
région précordiale: ainsi ^ dans quelque vis- 
cère que cela ait lieu , cette partie doit être 
la première à regagner son irritabilité natu- 
reHe ou augmentée* 



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S£CT- XXXIL IX. 4. àt ^irritation. 67 

S. Il faut' encore observer ici que 'de Patig- 
mentatioB de la quantité de calorique et de 
l'impulsion du sang au eommetfcement dé 
l'accès de chaleur, résulte une augmentation 
considérable de stimulus qui est alors ajou- 
tée à Faugmentation d^irritabilité du système, 
occasionnée par la torpeur précédente. Ce 
stimulus additionnel de chaleur et de force 
impulsive du sang augmente la violence des 
mouvemens des systèmes artériel et glandu- 
laire en proportion croissante. Ces exertions 
violentes produisent toujours plus de chaleur 
et une plus grande impulsion dans les fluides 
en mouvement^ jusqu'à ce qu'enfin la puis- 
sance sensoriale est épuisée par cet excès 
de stimulas et réduite au-desscrus de sa quan- 
tité naturelle^ ce qui prédispose le système 
à un second accès *de froid. 

A la fin toutes ces exertions extraordinai- 
res cessent spontanément avec Faugmentation 
d'irritabilité qui les avait produites et qui 
était due ellcrméme h Pinactivité antécédente , 
de la même manière que l'œil , en passant 
de l'obscurité à la lumière, cesse en peu de 
temps d'être ébloui et fatigué , et recouvre , 
par degrés, son irritabilité naturelle. 

4* IVfais si l'augmentation d'irritabilité et 
l'augmentation du stimulus de chaleur et de 
force impulsive qui en résulte , produisent 
4^5 exertions plus violentes que celles qifcf 



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68 Maladies, Sect. XXXII. <• 

nous aTOns décrites , il survient de grandes 
douleurs dans quelques parties du système 
moteur^ comme dans les membranes du cer* 
veau 3 de la plèvre ou des articulations, et 
il s opère , par suite de cette douleur , de 
BOUT eaux mouvemens des vaisseaux , que Ton 
nomme inflanunation ^ ou. bien il en résulte 
le délire ou la stupeur, comme il est dit dans 
les sections XXI et XXXIII , car Peffet immé« 
diat est le même , soit que la grande énergie 
des organes moteurs naisse d^une augmenta* 
lion de stimulus ou dHmtabilité , quoique 
dans le premier cas , la consommation de puis* 
sance sensoriale mène à la débilité et dans 
le second à la santé. 

Récapitulation. 

X. Les muscles qui agissent le plus rare- 
m.ent et dont les actions sont interrompues 
par le sommeil , tels que ceux de la loco- 
motion^ éprouvent une moindre accumula- 
tion de puissance sensoriale pendant leur 
état d'inaction. Une grande exertion de ces 
muscles^ c est-à-dire, un grand épuisement 
de la puissance sensoriale ^ est suivi du mal- 
aise de la fatigue, et cette puissance revient 
à sa quantité naturelle par le repos ; mais 
êi ce repos musculaire est continué pendant 
long-temps , la puissance sensoriale s'accu'* 
mule au-delà de ce qui est nécessaire. 



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fi 
Sbct. XXXII. X. de Vitritàtion. 69 

comme on TëprouTe par la gêné q'uocca*. 
aîonne le défaut d^exercice, ce qUi dans les' 
jeunes animaux est une des causes qui les 
excitent à agir ; de-Ià les jeux des jeunes 
diiens et des jeunes chats. 

Mais lorsque les muscles qui sont habitués 
à des actions continuelles^ comme les fibres 
de restomac par le stimulus de la nourri* 
ture^ celles des vaisseaux cutanés par celui 
de la chaleur et celles qui constituent les 
artères et les glandes par le stimulus du 
sang , deviennent engourdis pour quelque 
temps par défaut de stimulans appropriés ou 
par leurs associations avec d^autres parties 
. engourdies du système, il se fait une plus 
grande accumulation de puissance sensoriale 
pendant cet état de torpeur , et il en résulte 
une consommation plus grande ou plus rapide 
pendant Taugmentation de leur action. 

Cette accumulation de puissance sensoriale 
par absence d^action , si elle a lieu dans 
Testomac par défaut d^alimens , occasionne 
la douleur de la faim ; si elle a lieu dans • 
les vaisseaux de la peau par défaut de cha^ 
leur ^ on éprouve la douleur du froid ; et 
SI c'est dans le système artériel, par défaut 
de ses stimulans nécessaires^ on est affecté 
de diverses sensations désagréables^ comme 
dans les accès de froid d'une fièvre, inter- 
mittente ^ et elles sont aussi variées qu il y 



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^à Maladies Sëct. SLXXII. xi 

a de glandes ou de membranes dans le sys- 
tème : on les exprime communément par le 
nom de mal-aise universel. 

Lorsque là torpeur du système artériel ne 
provient pas d^un défiant de stimulus mais 
d^un défaut de quantité de puissance senso- 
riale , comme dans le principe des fièvres 
nerveuses ou irritatives , avec débilité du 
pouls , il survient promptement une grande 
torpeur de ce système , parce que Pirritation 
provenant du stimulus du sang et Passocia** 
tion des mouvemens vasculaires entr eux , 
continuent de mettre les artères en action, 
et par là épuisent en peu 'de temps les 
muscles vasculaires mal remplis , car la ces- • 
sa tion d^action constitue la mort ; et pour 
cette raison ces muscles vasculaires conti- 
nuent d^agir , quoique plus faiblement^ jusqu à 
lextrème lassitude ou la défaillance, tandis 
qu'il n'arrive rien de semblable aux muscles 
locomoteurs dont les actions sont générale-; 
ment causées par la volition et sont peu 
sujettes soit à Pirritation, soit aux diverses 
espèces d^associations , autres que volontaires^ 
excepté toutefois lorsqu'elles sont excitées 
par la verge de fer du despotisme. 

11 se fait une graiïde augmentation d^acti- 
vité dans les muscles vasculaires qui sont 
soumis à une action continuelle et qui par- 
là sont très-susceptibles d^une accumulation- 



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Sect. XXXIt. X. iô Pirriéaiiort. jt 

considérable de puissance sensoriale pendant 
leur inactmtë par défaut de stimulus ; et cela 
a lieu soit p^r le retour du stimulus accour 
tumé , ou mèmç par lane quantité de 8timu-> 
lus beaucoup moindre que celle ordinaire. 
Cette augmentation d^action constitue Faccès 
de chaleur de la fièvre qui est accompagné de 
diverses sécrétions augmentées , d^une grande 
chaleur concomitante > ainsi que dVu mal- 
aise général. Ce mal-aise qui accompagne le 
paroxysme d^ chaleur de la fièvre ou Paccèa 
d^exertion ^ est très-différent de celui qui acr 
compagnç Paccès de froid qui précède la 
fièvre ou Paccès de torpeur. Souvent il est 
la cause de Pinflarniviation , comme dans la 
pleurésie dont nous parlerons dans la sec** 
tion suivante. 

Un effet semblable a lieu après la torpeur 
des organes du sentiment. Ceux qui ne sont 
point su)ets k une action continuelle , conune 
les organes du goût et de Todorat, sont moins, 
susceptibles d^une trop grande accumulation 
de puissance sensoriale , lorsqu'ils ont été 
dans rinaction pendant un certain temps.; 
mais Tœil qui est continuellement en activité 
pendant le )Our , est ébloui et exposé à Ym^ 
flammatioa ^après. un repos momentané. 

Lorsque Tengourdissemeint préalable est dû 
à un défaut de puissance sen/soriale eX non 
à un défaut de stimulus ^ comme dans «la 



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j^ Maladies Sect. XXXIL x^ 

fièvre irrîtatÎTe arec faiblesse du .pouls ^ il 
en résulte une semblable augmentation d^ae* 
tiyité du système artériel, soit par le stimu-* 
lus ordinaire du sang ou par un stimulus 
moindre que dans Tétat naturel ; mais comme 
il y a généralement dans ces cas de fièvre 
avec faiblesse du pouls , une diminution dans 
la quantité du sang^ le pouls est plus faible 
pendant Faccès de cbaleur que dans Tétat 
de santé , comme je Tai eiipliqué au parag. a^ 
de cette section ; mais , en même temps j 
dans les fièvres où le défaut d^irritation est 
dû à une moindre quantité de puissance 
sensoriale ainsi quau défaut de stimulus , 
une autre circonstance a lieu : il s'opère une 
distribution partielle de cette puissance ^ 
comme on l'observe dans les rougeurs loca-»- 
les, soit au visage, soit à la poitrine^ tandis 
que les extrémités restent froides. 11 se fait 
aussi une augmentation de certaines sécré^ 
tions , telles que celles de la bile ^ de la 
salive ^ de la transpiration insensible avec 
une grande chaleur à la peau ou des sueurs 
partielles ou la diarrhée. 

Plusieurs autres sensations incommodes 
accompagnent également cette augmentation 
d'action^ et ainsi que celles qui appartien 
nént au paroxysme de chaleur des fièvres 
avec force du pouls , elles sont suivies sou-r 
Tent dlnflammation ^ çonune dan3 la fièvre 



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Sbct. XXXII. X. de Virritation. 75 

scarlatine : cette inflammation est néanmoins 
accompagnée d^un ponls plus faible , quoique 
plus fréquent, que celui qui a lieu pendant 
les rémissions ou intermissions des paroiLjs*^ 
mes , et cependant il est plus fort que cUns 
Faccès 4^ froid qui Fa précédé. 

Je conclus donc de tout ceci que Taccès 
de froid et celui de chaleur de la fièvre sont 
des conséqumices nécessaires de Faction con* 
tinuelle des systèmes artériel et glanduleux^ 
puisque les fibres .musculaires et les organes 
du sentiment qui sont le plus souvent en 
action, sont nécessairement les plus affectés 
par le défaut ou Faccumulation de la puis-^ 
éance sensoriale ; il en résulte que les accès 
de Jièçre ne sont point un effort de la nature 
pour se soulager , et que pom* cette raison 
il faut toujours les prévenir ou les arrêter 
par tous les moyens qui peuvent diminuer 
Taction vasculaire générale ou partielle , lors- 
qu'elle est plus grande , ou Faugmenter lors- 
quelle est moindre que dans letat de santé, 
comme nous Favons expliqué dans la sec- 
tion Xll. VI. I. 

C est ainsi que j ai tâché d'expliquer ( et 
je crois lavoir fait de manière à satisfaire 
tout lecteur impartial et de bonne foi) les 
principaux symptômes ou circonstances de 
la fièvre , sans y introduire là puissance 
surnaturelle du spasme. 11 suiBra de repli* 



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^4 Malàdieè Sect. XXÎIl. xU 

qner aux ârgumens produits eu faveur de 
la doctrine du spasme dans le développe-* 
ment de la catastrophe médicale , ainsi que 
de celles dramatiques. 

Nec t>ev(s iùtërsit^ ùisl dignus vindice nodusS 
Incideriti HôRAi*.* 

XI; Dépùié q^e j^ai &it iniprimér cet arti-J 
cle dans la premif&re édition de la Zoonomie^ 
{^apprends que la doctrine du spasme dan^ 
les fièrres a encore ses partisans qui croient 
que le froid î au i^oumiencèment des fièvres 
intermittentes^ est dû au spasme des vais** 
seaux cutanés ; mais comme la peau est alor9 
douce et relâchée , les fibres musculaires de 
ces vaisseaux cutanés ne peuvent pas être 
en action ni en contraction , ce qui con- 
stitue le spasme. Ainsi là vue et le toii^ 
cher se réunissent pour prouver le peu de 
fondement de cette hypothèse. 

D^utres ont avaucé que cette contraction 
spasmodique des vaisseaux cutanés ou des 
pores, confiné la chaleur ou la porte vers 
le cœur qui ^ par sa' réaction dans^ Faccès 
de chaleur de la fièvre , là reporte S la peau. 
Ceux qui ont adopté cette doctrine paraissent 
croiï*é que les particules de chaleur sont 
aussi grosses que les globules du sang, et 
oublier que c'est un fluide éthéré dans lequel 
tous les corps sont plongés , et qui les pénè* 



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Sbct. XXXII. XI. (U iHrfUailbrii 9Ô 

jtre tous. Cette opinion due à Galien est fon** 
dée sur une ignorance totale de la chimie 
et de la physique^ J'^apprends que d^autre^ 
supposent que le froid est un stimulant, ne 
conceyant pas qu'il n'est simplement que 
Fabsence du calorique ^ et que Tobscurité 
pourrait avec autant de raison être regardée 
pomme un stimulant pour Fœil , pu la faim 
un stimulant pour l'estomac que le serait le 
froid pour le seiis qui perçoit en nous la dut"" 
leur , et que Ton confond ordinairement avec 
celui du toucher qui perçoit les formes. La 
doideur quon éprouye lorsqu'on est exposé 
au manque de chaleur, (sensation qui a reçu 
le nom de frisson ou de froid,) et celle que 
Ton ressent dans les organes de la digestion 
par la pritation de nourriture et que Ton 
ïiomme faim, proviennent toutes deux de. 
Tinactitité des vaisseaux qui doivent être en 
action continuelle ou à des époques pério- 
diques, voyez sect^ XIII. m. 2.; et les fris- 
sons otL actions des muscles sous-cutanés 
lorsqtion a froid, soilt produits par la dou- 
leur ou Texertion volontaire pour Calmer 
cette douleur, et ils proviennent dVn défaut 
et non d^un excès de stimulus. 

l)ans ce siècle de lumières ^ ce ne sont 
point les opinions des autres , mais les phé- 
nomènes naturels sur lesquels ces opinions 
sont basées ^ qui méritent d'être discutés ; 



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76 Maladies de tlrrîtation. S. XXXIT, xi. 

et ainsi que Texistence supposée des esprits 
pu des apparitions^ des sorciers, des yam* 
pires \ de T^strologie^ du magnétisme animal 
et du traitement métallique de Perkins^.ces 
sortes de théories doivent disparaître comme 
les illusions d\in rêve à Tinstant du réveil^ 
car elles consistent en des combinaisons 
d^idées telles qu elles n^ont point de proto- 
types ou 4® combinaisons correspondantes 
dans Tordre matériel de la nature. 



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s. XXXIII. Maladies de la sensation. .77 

SECTION XXXIII. 

DES MALADIES DE LA SENSATION», 

I. Des moui^emens excités par la sensation. 
Digestion. Génération. Plaisir de Inexistence • 
^Hypocondrie. 2. Origine de la douleur. Les 
Jiè\rres sensUiçes sont de deux espèces. 5, Deux 
'puissances sensoriales sont mises en action dans 
les Jiêi^res sensitipes. Couenne du sang. Dijffë^ 
rence entre les Jièi^res nen^euses et putrides. 
Théorie des septiques et des anti-septiques^ 
4. Deux espèces de délire. 5. Les animaux sont 
moins sujets que nous au délire ainsi qu*à la 
Jolie ^^ et ne contractent point nos maladies 
contagieuses. II. i* Origine des moui^emens 
sensitifs. tx. Explication de V inflammation. 
3. Ses causes éloignées par excès d'irritation 
ou dHrritabilité et non par les douleurs qui 
proifiennent du défaut dHrritation. Production , 
de noui^eaux vaisseaux et déi^eloppement de 
beaucoup de chaleur. 4- Sécrétion de la matière 
purulente. 5. Explication de la contagion. 6. On 
ne la contracte qu^une Jbis. 7. Le pus ordi^ 
noire est-il contagieux ? 8. Pourquoi certain- 
nés contagions ne se contractent qu^une fois. 
9. Pourquoi d*autres peuvent être prises Jré* 
quemment. La contagion de la petite ^vérole 
et celle de la rougeole n'agissent pas en- 
Tome IL 6 



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78 Maladies Sect. XXXIIT. i. i. 

semble dans le même temps. Deux obsen^a" 
fions à ce sujet. lo. Le sang des varioleux 
ne communique pas Vinfection à d'autres su^ 
jets. Obsen^ation sur des enfans inoculés de 
cette manière. La contagion varioleuse n'est 
pas transmise au sang. Elle agit par une asso' 
dation sensitiue entre Vestomac et la peau. 
111. I. Absorption des solides et des fluides. 
2. Méthode curatii^e des ulcères. 3. La mortifie ac- 
tion est moins douloureuse chez les sujets faibles. 

\. \. V.>^OMME plusieurs mou-vemens da 
corps sont ei:cîtés et se continuent par irri- 
tation , de même d'autres , pour être pro- 
duits avec une énergie conTcnable , exigent 
des sensations agréables ou douloureuses sé- 
parées de l'irritation ou unies avec elle. La 
digestion nous en fournit un exemple* Si 
Taliment qu'on avale ne produit pas une seu- 
sation agréable , il se digère moins bien, et si 
cette sensation est fort désagréable, comme la 
produit une idée nauséabonde ou une saveur 
répugnante, la digestion est arrêtée , ou il 
s'opère des mouvemens rétrogrades de Testo- 
nuic et de Toesophage , et Paliment est rejeté, 
L'^acte de la génération dépend d une sensa- 
tion agréable , au point que quand Fobjet est 
répugnant , ni les efforts volontaires ni l'irri- 
tation ne peuvent l'accomplir : il peut encore 
être entravé par la peur ou par la timidité. 



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I 

Sect* XXXIII. I. a* de la sensation. 7g 

Indépendamment du plaisir qui accompa- 
gne les irritations produites par la concu- 
piscence ou la faim, il parait qu'il y a une 
somme d^affections agréables inhérentes aux 
diverses sécrétions des glandes , ce qui con- 
stitue le plaisir d^exister qui est contraire au 
dégoût de la vie. Cette quantité ou somme 
d^affections agréables parait contribuer à 
l'énergie et à Tactivité couTcnables de toutes 
les fonctions du système moteur , ainsi quà 
celles du cœur et des artères ^. de la diges* 
tion et de Fabsorption, car, sans une quan-» 
tité suffisante de sensation agréable , les in- 
testins sont sujets aux flatuosités et Pbypo* 
condrie a lieu : les pulsations artérielles et 
les sécrétions se font avec lenteur , conune 
il arrive dans les agitations de Pâme lors- 
qu'elles sont violentes et prolongées. 

3. Indépendamment des mouvemens fébri- 
les occasionnés par Tirritation , décrits dans 
la section XXXI 1 : et que Ton nomme fièvre 
irritative , il arrive souvent que la douleur 
est produite par la violence des contractions 
fibreuses , et alors il s'y joint de nouveaux 
mouvemens résultants des sensations. Nous 
donnerons à ces mouvemens le nom de fièvre 
sensitive. 11 faut observer que la plupart des 
fièvres irritativei commencent par une exer- 
tîon diminuée dé Tirritation , due au défaut 
de stimulus , et quau contraire les fièvres 



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8o Maladies Sect. XXXIII. i. S. 

sensîtives ou inflammations commencent par 
une augmentation d^exertion de la sensation y 
ainsi que je Fai fait voir dans la sect. XXXI. 
sur les tempéramens. Car , quoique Paccès 
de froid de la fièvre qui amène Tinflamma- 
tion , commence par un décroissement d'irri- 
tation^ rependant Pinflammation elle-même 
commence dans Texcès de chaleur durant 
Taugmentation de sensation. Ainsi une pustule 
ordinaire ou une tumeur phlegmoneuse dans 
une partie peu sensible , ne détermina pas 
une fièvre inflammatoire ; mais si Pestomac , 
les intestins ou la substance tendre qui est 
sous les ongles y sont lésés « il en résulte 
une grande sensation ^ et tout le système 
est mis dans une espèce daction qui con- 
stitue l'inflammation. 

Les fièvres sensitives ainsi que les irrita- 
tives se convertissent en fièvres avec force 
ou débilité artérielle , c'est-à-dire avec excès 
ou défaut de puissance sensoriale. On peut 
les nommer fièvre sensitive avec force du. 
pouls qui est la synoque ou fièvre in^an^ 
matoire, et fièvre sensitive avec débilité du. 
pouls qui est le typhus grapior ou la fièvre 
putride de quelques auteurs. 

3. Les fièvres inflammatoires que je nommée 
ici fièvres sensitives avep force du pouls, sont 
en général accompagnées de quelque inflam- 
mation locale , telle que la pleurésie , la 



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Sect^ XXXIIT. I. 5, delà sensation* 81 

péripneumonie et le rhumatisme , ce qui les 
distingue de la fièvre irritalive avec force 
du pouls. 'Dans celle-ci , le pouls est fort 
fréquent et plein ^ car il y a beaucoup d'ir- 
ritation et une égale quantité de sensation 
employée aux mouvemisns du système arté- 
riel. La coyeune ou lymphe coagulable qui 
se voit sur le sang, est probablement une 
augmentation de sécrétion des parois enflam- 
mées de tout le système artériel , la partie 
la plus tenue étant enlevée par laugmenta- 
tion d'absorption des lymphatiques qui sont 
aussi dans un état inflammatoire. 

Les fièvres sensitives avec pouls faible , que 
Ton nomme fièvres malignf^s ou putrides, sont 
distinguées des fièvres irritatives avec fai- 
blesse du pouls, nommées fièvres nerveuses 
et décrites dans la section précédente , en ce 
que les premières consistent dans l'inflam- 
mation jointe à la débilité, et les autres dans 
la débilité seule. Ainsi dans les premières 
il y a plus de chaleur et de coloration de la 
peau avec des pétéchies ou taches pourprées 
et des aphtes o^ escharres dans la gorge, 
et généralement une contagion préalable. 

Lorsque ta matière animale meurt , comme 
on l'observe à une escbarre dans la gorge ou 
aux parties gangrenées d'un anthrax , si on 
Fentretient chaude et humide comme durant 
son adhésion au corps rivant^ elle se putré^ 



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83 Maladies Sect. XX1L1II. i. 3. 

fie bîéntÀt. Ce phénomène et Porigine de la 
contagion par des substances animales putri- 
des paraissent avoir donné naissance à la 
théorie des septiques et des anti-septiques 
dans ces fièvres. 

C'est ainsi que la matière des pustules et 
des ulcères est susceptible de devenir pu- 
tride et de produire des animalcules micros- 
copiques. Si Turine est retenue trop long- 
temps dans la vessie , elle peut acquérir une 
odeur' putride comme les déjections alvines. 
Plusieurs auteurs ont même été jusqu'à croire 
que Ib sang 3 dans ces maladies, avait une 
odeur putride , lorsqu'on en tirait par la 
saignée ; mais cette opinion parait sans fon- 
dement, car, puisqu'une simple particule de 
matière putride introduite dans le sang peut 
produire la fièvre, est-il concevable que toute 
«a masse puisse être une seule minute dans 
.un état de putridité sans causer la mort ? 
Ajoutons à cela que la matière animale en 
putréfaction laisse dégager des gaz comme 
dans la gangrène , et que par conséquent si 
le sang était .putride , il s en dégagerait des 
fluides élastiques qui , comme on sait , cau- 
6ent immédiatement la mort « lorsqu'il en 
pénètre dans les vaisseaux sanguins. 

Dans les fièvres sensitives avec débilité du 
pouls ( ou inflammations ) , il y a deux puis- 
sances sensoriales employées à produire la 



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Sect.XXXIII. I. 4* d^ '^ sensation. 83 

maladie , savoir : Tirritation et la sensation. 
Alors , comme leur action combinée est plus 
yiolente^ la quantité générale de puissance 
sensoriale est plus épuisée pendant les exa- 
cerbations, et le système s'affaiblit plus rite 
que dans la fièvre irritatire avec force du 
pouls y où Tesprit d^animation n est affaibli 
que par un seul mode de ses exertions, de 
sorte que cette fièvre sensitive avec force 
du pouls (ou fièvre inflammatoire), peut 
être considérée comme fièvre irritative avec 
force du pouls et addition dHnflammation ; 
et la fièvre sensitive avec faiblesse du pouls 
(ou fièvre maligne), peut êti^e considérée 
comme fièvre irritative avec faiblesse dti 
pouls (ou fièvre nerveuse) également avec 
addition d^inflammation. 

4* Dans ces fièvres putrides ou malignes, 
un défaut d^irritabilité accompagne Faugmen- 
tation de sensibilité , et de cet épuisement 
de puissance sensoriale par excès de sensa* 
tiens (ce qui en avait déjà diminué la quantité) 
provient le délire et la stupeur qui accom^ 
pagnent si continuellement les fièvres inflam* 
matoires avec débilité artérielle. Dans ces 
cas y la puissance volontaire cesse d^abo'rd 
d^agir par défaut de puissance sensoriale; 
les stimulans des corps extérieurs n ont plus 
d^éffet sur ce principe épuisé^ et il en ré- 
ralte un délire qui ressemble à un rêve ; à 



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64 Maladies Skct. XXXllI. i. 4. 

la fin , les stîmulans internes cessent d^exciter 
une irritation suffisante , et les sécrétions ne 
se font plus du tout, ou ont lieu en trop 
petite quantité : parmi celles-ci , la sécrétion 
qui s'opère par le cerveau ou la production 
de la puissance sensoriale^ devient ipsuffi- 
6ante , jusqu'à ce que finalement toute puis- 
sance sensoriale cesse ^ excepté ce qui est 
précisément nécessaire pour aider aux .mou* 
vemens vitaux , et il en résulte une stupeur 
qui est due à la même cause que le délire pré- 
cédent , lequel est porté à un plus haut degré. 
C^tte espèce de délire est due à la sus- 
pension de la volition et à ce que les sens , 
nobéissent plus aux stimulans externes. Ce 
délire est toujours occasionné par une grande 
débilité ou rareté de puissance sensoriale. 
CVst donc un mauvais signe lorsqu'il survient 
à la fin des fièvres inflammatoires qui , au 
cotamencement , étaient accompagnées de 
force artérielle ; comme le rhumatisme ou 
la pleurésie , parce qu il indique un grand 
épuisement de puissance sensoriale dans un 
système qui , venant d^ètre exposé à un 
grand excitement^ nest plus aussi suscep- 
tible d^ètre ramené à son action naturelle, 
8oit par le stimulus additionnel des alimens 
et des médicamens ^ soit par raccumulation 
de la puissance sensoriale pendant son état 
actuel de torpeur. Dans les fièvres inflam* 



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Sect. XXXllI. I. 4- àe la sensation. 85 

matoires ayec débilité , telles que celles que 
l'on nomme fièvres putrides , le délire ainsi 
que la stupeur est quelquefois un signe fa- 
vorable , parce que y pendant la durée de cet 
état, il se consomme moins de puissance 
sensoriale. (Voyez classe II. i. 6. 8. ) Et la 
constitution , n'ayant pas été exposée précé- 
demment à un excès de stimulation ^ est plus 
susceptible d'être excitée après qu'il y a eu 
une torpeur. 

Lorsque la somme de sensations agréables 
devient excessive , il survient une autre es- 
pèce de délire , et les idées qui sont ainsi 
excitées sont prises pour les irritations des 
objets extérieurs. Un délire de cette nature 
est produit momentanément par des drogues 
enivrantes , telles que les liqueurs fermentées 
ou Topium. Un délire permanent de ce genre 
est quelquefois produit par les plaisirs d'une 
vanité excessive ou par les espérances exta- 
tiques des félicités célestes. Dans ces cas ^ 
Id puissance de volition est incapable d'agir , 
€it les sens extérieurs deviennent presqu en- 
tièrement incapables de percevoir les stimu- 
lons qui leur sont propres , parce que toute 
la puissance fi(^nsoriale est employée ou 
épuisée par les idées excitées à la suite des 
sensations agréables. 

On distingue ce délire de celui qui a lieu 
dans les fièvres décrites plus haut , en ce 



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86 Maladies Sect. XXXIII. i. 5. 

qu'il nest pas accompagné de débilité géné- 
rale y mais seulement d^un excès de sensa- 
tion agréable. 11 a , par conséquent , du rap- 
port avec la folie ou la rêverie. 11 diffère du 
délire des rêves en ce que, dans celui dont 
je viens de parler, la puissance de la voli- 
tion nest pas totalement suspendue et que 
les sens ne sont pas exempts des stimula- 
tions produites par les objets extérieurs. 11 
se trouve donc une certaine cohérence dans 
cette espèce de délire et une certaine atten- 
tion aux objets extérieurs , ce qui nu pas 
lieu dans celui des fièvres ou des rêves. 

5. 11 semblerait que les systèmes rasculaires 
des autres animaux sont moins susceptibles 
d^être mis en action par la somme générale 
de sensations agréables ou douloureuses , et 
que les séries de leurs idées et les mouvemens 
musculaires qui j sont ordinairement asso- 
ciés , sont moins intimement enchaînés que 
dans Fespèce humaine ; car les autres ani- 
maux ne pleurent ni ne rient, et sont, par 
conséquent, peu sujets au délire^ comme 
nous Pavons vu dans la section XYl. sur 
rinstinct. Or, comme nos maladies épidémi- 
ques et contagieuses sont pifobablement pro- 
duites par des sensations désagréables et non 
par une simple irritation , cela parait expli- 
quer pourquoi les brutes sont moins expo- 
sées à contracter des maladies contagieuses 



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Sect. XXXIII. II. I. de la sensation. 87 

ou épidémiqties y et enfin pourquoi aucune 
de nos contagions , telles que la petite-vérole 
ou la rougeole ne pevit leur être communi- 
quée, tandis qu'une de celles qui leur sont 
particulières , savoir rbydrophotie , ainsi que 
beaucoup de leurs venins y comme ceux des 
serpens et des insectes , communiquent à 
rbomme leurs effets délétères, ou douloureux. 

Quand la quantité générale de sensation 
douloureuse est trop grande dans le système, 
il se fait des exertions volontaires désordon- 
nées , soit de nos idées , comme dans la folie 
et la mélancolie , ou de nos muscles , comme 
dans les convulsions. Les animaux brutes 
sont aussi moins sujets à ces maladies que 
l'homme , à cause de leur moindre aptitude 
aux exertions volontaires , comme il est ex- 
pliqué dans la section XVI. sur Tinstinct. 

11. I. Lorsqu'un organe moteur quelconque 
est excité assez fortement poui^ que les mou- 
Temens produisent une quantité de sensation 
agréable ou douloureuse , il arrive souvent 
qu'il s opère dans l'organe affecté de nouveaux 
mouvemens occasionnés par la douleur ou le 
plaisir: c^est ce qu'on nomme inflammation. 

Ces nouveaux mouvemens soht d^un genre 
« particulier. Ils ont pour objet de distendre 
les anciennes fibres et d'en produire de nou- 
velles, ainsi que d'^allonger les muscles droits 
^ servent à la locomotion, et de former 



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88 Maladies Sect. XXXIlI.ii.a, 

de^ nouveaux vaisseaux aux extrémités ou 
aux côh5s des muscles yasculaires. 

2. Ainsi, les sensations agréables produi- 
sent un développement des mamelons des 
nourrices y des papilles de la langae et du 
gland , et probablement raccroissement du 
corps depuis son état d'embryon jusqua sa 
maturité ; tandis que les nouveaux mou- 
vemens qui produisent raccroissement des 
fibres ou des vaissôaux et qui sont occa- 
sionnés par des sensations désagréables, 
jïortent le nom d'inflammation. 

Par conséquent, quand des muscles droits 
sont enflammés , une partie de leurs tendons 
à chaque extrémité acquiert une nouvelle 
vie et une nouvelle sensibilité , et le muscle 
se trouve ainsi allongé pendant un certain 
temps ; les os enflammés deviennent mous, 
vasculaîres et sensibles. C'est ainsi qu'il se 
forme de nouveaux vaisseaux sur la cornée 
dans l'inflammation de l'œil et dans les 
tumeurs skirrbeuses lorsqu'elles sont -enflam- 
mées^ et que les parties enflammées se 
confondent par le mélange et l'anastomose 
des anciens et des nouveaux vaisseaux. 

La chaleur est causée par l'augmentation 
des sécrétions, soit de mucus soit de fibres 
qui produisent ou allongent les vaisseaux. 
La couleur rouge est due à la transparence 
des vaisseaux nouvel],$meat produits , çt à ce 



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Sect.XXXIII. II. 5. de la sensation. 89 

que leur partie artérielle est formée proba- 
blement avant leurs parties veineuses cor- 
respondantes. 

5. Ces nouveaux mouvemens sont excités 
soit par la plus grande quantité de sensation 
résultante des plus grandes contractions 
fibreuses , soit par Faugmentation de sensi- 
bilité , c'esl-à-dire , par l'augmentation de la 
quantité de puissance sensoriale dans Torgane 
moteui\ Cest ainsi quils sont' produits par 
de forts stimulans externes^ comme sont les 
plaies et les fractures ^ et «les matières acres 
et iofectes , ou seulement par Inapplication 
d^un stimulus ordinaire sur les organes qui 
ont été pendant quelque temps dans un état 
de torpeur. C'est de cette manière que la 
lumière du jour éblouit et enflamme les yeux 
de ceux qui ont été long-temps renfermés 
dans un cachot, et que la chaleur d\in feu 
ordinaire enflamme les parties qui viennent 
d'être exposées à un grand froid. 

Mais ces nouveaux mouvemens ne sont 
jamais produits par la douleur qui provient 
d'un défaut de stimulus, comme la faim, la 
soif ^ le froid ou l'inanition , ainsi que toutes 
les douleurs que l'on nomme nerveuses. Là 
où cette douleur existe , il y a diminution 
dans les mouvemens de la partie affectée ; 
et si l'inflanunation survient ^ c'est dans une 
partie éloignée^ de même que la toux est 



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go Maladies Sect. XXXIII. il. 5. 

causée par Texposition prolongée deç pieds 
au froid et à rhumidité, ou par un renou- 
yellement de stimulus , comme celui de la 
chaleur ou des alimens , qui excite les orga- 
nes et leur donne une action plus forte après 
leur torpeur momentanée. Telles sont les 
engelures aux talons après qu*on a marché 
dans la neige. 

4* Mais quand les nouyeaux mouremens 
des muscles vasculaires se font avec une plus 
grande yiolence , et que les Taisseaux sont 
trop fortement et trop promptement allongés, 
leurs extrémités sécrètent une nouvelle ma- 
tière^ qui est de diverses espèces selon les 
mouvemens animaux particuliers de cette 
nouvelle glande qui la fournit; tels sont le 
pus louable 'ou pus ordinaire , la matière 
Tarioleuse , la vénérienne , la catharrale et 
beaucoup dautres. 

5. Ces matières sont le résultat dun pro- 
cédé animal; elles sont séparées du sang ou 
produites par certains mouvemens maladifs 
des extrémités des vaisseaux sanguins , et 
sous ce rapport elles sont toutes contagieu- 
ses ; car si yne particule de ces matières est 
introduite dans la circulation^ ou seulement 
insérée dans la peau ou an-dessous de Tépi- 
derme d une personne saine , ^ son stimulus 
produit la même maladie dans un certain 
espace de temps. Voyez sect. XXXIX. yi. i* 



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S£CT. XXXIII. II. 7« de la sensation. gi 

6. Il est assez singulier que plusieurs de 
ces matières contagieuses ne soient capables 
de produire leur maladie spécifique qu*une 
seule fois chez le même individu ^ comme 
la petite-Térole et la rougeole; et je croîs 
que la même chose a lieu pour toutes les 
maladies contagieuses qui se guérissent par 
les seuls efforts de la nature au bout dun 
certain temps ; car si le corps était suscep- 
tible de recevoir la maladie une seconde 
fois , le malade devrait s'infecter continuelle- 
ment lui-même par la matière qu il produit 
et avec laquelle il est toujours en contact ; 
par conséquent il ne pourrait jamais être 
délivré de la maladie. On voit quelque chose 
danalogue à ceci dans la fièvre secondaire 
de la petite-vérole confluente , où il y a une 
grande absorption de matière varioleuse dont 
une très -petite particule serait capable de 
donner la maladie à un autre individu, tan- 
dis quelle ne détermine dans le système 
qu*iine fièvre ordinaire , telle que celle que 
produirait du pus ordinaire ou une autre 
matière acrimonieuse. 

7» Dans la phihisie pulmonaire où tous les 
jours la matière commune est absorbée , il 
ne survient généralement quune fièvre irri- 
tative , sans inflammation nouvelle ^ et elle 
se termine comqie les autres fièvres de cette 
espèce 9 par des sueurs ou des selles abon- 



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g3 Maiadies Sect. XXXII1« ii. 7* 

dantes ; ainsi il ne parait pas que cette ma- 
tière absorbée agisse toujours comme conta- 
gieuse , en produisant une nouvelle inflam- 
mation ou de nouveaux abcès ; cependant il 
y a tout lieu de croire que la matière ordi- 
naire produit cet effet , la première fois 
quelle est absorbée, mais point la seconde 
fois, cQmme on le remarque à Tégard de la 
matière varioleuse dont nous venons de parler. 
Voilà la source de l'opinion où Ton est 
que la consomption pulmonaire est quelque- 
fois contagieuse. Cette opinion était celle des 
, anciens et règne encore aujourd'hui en Italie. 
J'ai vu moi-même trois ou quatre exemples 
que deux époux couchant ensemble et res- 
pirant l'haleine l'un de l'autre , se sont com- 
muniqué la maladie et sont morts tous deux 
par suite de la prédisposition originelle qui 
n'existait que chez l'un des deux; ceci expli- 
que en outre la cause des abcès qui se dé- 
clarent dans différentes parties du corps et 
qui surviennent quelquefois après que la 
petite-vérole inoculée a paixouru ses divers 
périodes ; car cette seconde absorption de 
matière varioleuse agit comme du pus ordi- 
naire, et ne produit qu'une fièvre irritatîve 
chez les enfans dont la constitution a dé)à 
subi l'absorption de la matière ordinaire , 
et l'inflammation avec tendance à la suppu- 
ration chez ceux dont la constitution n'a 



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Skct. XXXIII. n. 8. dé la sensation* 95 

pmnt ëprouTé rabsorption de cette médie 
matière. 

Il est TraisembliJïle que si Ton avait fait 
plus d'attention à ce sujet, on aurait pu 
trouyer des preUTCS plus certaines pour dé* 
montrer que la matière ordinaire est conta"^ 
gieose la première fois quelle est absoi^ëe 
et qu elle tend à produire des abcès de même 
nature ^ mais qu'elle ne Test pas à une se^ 
conde absorption. 

8. Ces maladies contagieuses sont en fort 
grand nombre ; telles sont la peste , la petite** 
vérole proprement dite, la petite-vérole vo- 
lante, la rougeole^ la scarlatine, le pempkî« 
gùs, le catarrhe, la coqueluche, la maladie 
vénérienne , la gale ^ le trichoma et la tei^^ 
gne. Il ne parait pas que la matière conta*» 
gieuse soit dissoute par Fair; elle y est seule- 
ment mêlée y et peut-être sous la forme d'une 
poudre fine qui se précipite bientôt ; car il 
y a beaucoup de ces contagions qui ne peu* 
vent être transmises que par un contact im- 
médiat , et d'autres qui ne peuvent se com- 
muniquer qu'à une petite distance de la 
personne infectée : ce que prouve évidem- 
ment l'exemple de plusieurs personnes qui 
se sont approchées des varioleux sans con- 
tracter la maladie. 

On ne aait pas bien pom^quoi plusieurs de 
ces maladies ne peuvent se communiquer 

Tome IL 7 



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^ Mflladiâs Sect. 33LXI1I. ii. 8; 

-quune fois^ et d'autres à plusieurs reprises: 
quant à moi , je pense que la constitution 
s'habitue tellement aux stimulans de ces prin* 
cipes contagieux^ pour les arcôr :éprouvés une 
fois , que quoique les roouTemens irritatifs^ 
comme les fièTres hectiques, ptiîssent s y dé« 
^elqpper encore., il n*en réisrulte cependant 
|i^ ^ de sensation , et par conséquent point 
dUnflammation ^énéralie ; c*est ainsi que Tha* 
bitude fait qu on ne s aperçoit plus des goûts 
pu des odeurs désagréables V il esterai quils 
continuent d^exciter des idées irritatives sur 
les organes des sens , mais elles ne sont pas 
suivies de sensation. 

Il y a beaucoup de. m^UTetaeni? irritatifs 
qui , dans le principes , sont s^iyis de sensa- 
tions^ mais qui, par des répétitions fréquen- 
tes , cessent de les exciter, comme il est 
démontré dans la section XX. sur le veiiige ; 
(et il parait, diaprés un fait bien connu, que 
cette circonstance a lieu relativement à la 
matière contagieuse s les nourrices qui ont 
eu la petite-vérole sont sujettes.^ avoir des 
petits abcès sur les bras par le contact de 
la matière varioleuse des enfans qu elles 
soignent ; et lorsqu'on inocule un individu 
qui a déjà eu la petite-vérole par inoculation 
au bras , il n en résulte qu un phlegmon ou 
ulcère enflanmié sans fièvre: ce qui prouve 
que la matière contagieuse de la petite-vérole 



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SfiCT. SiXXIIi. II. g. de la sensation. ^S 

n a pas perdu 8a> faculté de stimuler la par* 
tie sur laquelle ou Fapplique , mais qu'il 
nen résulte pas une affection générale du 
système. Voyez sections XII, vu. 6. XlX. X* 
9* D'après les .faits quou a rapportés tou** 
<^ant la peste ^ le catarrhe Virulent et: là 
djssenterie. putride^ il parajU iw^ertain si ces 
itialddies peuvent se contracter i.plus d^unè 
fois ;. mais la syphilis et la gale* • sont indur 
bitableinênt coiîJËEigieuses à Tinfini ; et comme 
elles ne se guérissent jamais $pontanémeut> 
inais eiLigent des remèdes qui agirent sansi 
opération appare^ate ^ quelquestuiis ont cru 
que la matière'CK^tagieu3e prpduit un prin- 
cipe semblable., plutôt par . |]n..changemjeixt 
chimique des fluides que . par ^HMi,. procédé 
afuîmal , et que les remèdes sp4<!^iiS(|ues dér 
truisent leurs yiilas en s"y Combinant chîi- 
Biiquemexkt. Cette opinion est.tictorieusemeptt 
combattue par Mjr ;J. Hunier, datis son traité 
sur la maladie' véiitériep ne i àrft. L chap. i. 
D'ailleurs V Cbtte • opinion a bi^soin d'être 
appuyée sur l'analogie , car il n'y a point 
de procédé; connu dans le cQrps : animal, qiai 
aoit puremfsnt chimique ^ pas même la diges- 
tion « et aucune de ces matières ne peut 
être produite par des procédés. chimiques..: 
ajoutez ^: ci^la qu'il est probable qu^ les 
insectes que l'on observe dans les pustnlets 
de la gale et dans les déjections de ceux 



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95 Maladies Sect. iSLÎXllt. il. g^ 

qui ont la dyssenterie , ne 8on( que de» 
effets et non des causes de la maladie; les 
remèdes spécifiques qui guérissent la gale 
et la maladie Ténérienne, comme le soufre 
et le mercure f n agissent qu-en augmentant 
^absorption de la matière dans les petits ulcè* 
res qui accompagnent ces affections , et en 
les disposant ainsi à se guérir : sans cela ils 
continueraient à s étendre. 

La raison pour laquelle la maladie Téné«> 
rienne^ la gale et la teigne peuvent se con« 
tracter plusieurs fois , tandis que les ma- 
ladies qui sont accompagnées de £étre ne 
peuvent être contractées qu'une fois , parait 
consister en' ce que ce sont de^ maladies 
plutôt locales que générales , et que par con- 
séquent elles ne sont point accompagnées de 
fièvre, excepté de celle de la suppuration dan^ 
leur dernier degré, lorsque la maladie est 
mortelle ; de cette manière le système en 
entier ne s'habitue pas à ces actions mor- 
bides au point de cesser d'être affecté de 
sensation , par un retour de la contagion. 
Ainsi les matières contagieuses de la mala- 
die vénérienne et. de la teigne affectent les 
glandes lymphatiques , telles que celles des 
aines , de la racine des cheveux et du col , 
où la dernière s'arrête ; mais on ne voit pas 
quelles affectent les' vaisseaux sanguins, 
puisqu'il ne survient pas de fièvre. 



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Sect. XXXIII. II. 9* de la sensation. 97 

II parait donc que ces espèces de con- 
ta^ons ne sont pas propagées par le moyen 
de la circulation , mais par la sympathie 
des parties éloignées entr*elLes ; car si une 
partie éloignée, telle que le palais, est mise 
en mouTcment par association sensitiTC, et 
que ce mouTcment soit le même que celui 
des parties primitivement affectées par la 
matière contagieuse, cette partie éloignée 
produira une matière de la même espèce > 
puisque toutes les sécrétions du sang sont 
produites par le sang même au moyen des 
mouvemens particuliers des extrémités déliées 
de la glande sécrétoire ; car les divers flui* 
des séparés , tels que la hile , la salive , le 
8UC gastrique , etc* n existent pas tous^ ainsi 
formés , dans les vaisseaux sanguins. 

Cette sympathie particulière quil.y a entre 
la gorge et les parties génitales , et qui pro«- 
Tient d'une association sensitive ^ est suffi-^ 
samment prouvée , non seulement par la pré- 
sence des ulcères vénériens à la gorge , mais 
par un grand nombre d'autres, circonstances» 
telles que Tesquinancie , Thydrophobie , cer^ 
tçdns rhumes, la strangulation, la croissance 
de la barbe, et la mue de la. voix, dont nous 
donnerons plus de détail dan$ la classe lYt 
I. a. 7, 

Pour être convaincu que la production 
à^nne aussi grande quantité de matière con* 



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98 Maladies Sect. XXXIII. ii. 9, 

tagieuse que celle quon roît chez quelques 
Tarîoleux dont le corps, est. souvent couvert 
de pustules^ n'est due à aucune fermentation 
chimique dans le sang , mais aux mouvemens 
morbifiques des extrémités déliées des Tais- 
seaux capillaires ou des glandes , soit rom* 
pues ou entières, on n'a qu'à remarquer que 
la quantité de matière correspond toujours 
au degré de Pintensité de la fièvre, c'est-à- 
dire aux exertions violentes des glandes et 
des vaisseaux capillaires qui tei^inent les 
extrémités du système artériel. 

L'^évidence de cette théorie est encore ap- 
puyée sur une circonstance observée par 
Mr Huntcr dans son traité dès maladies vé- 
nériennes : c'est quun individu à qui on 
inocula la petite-vérole , et qui parut ensuite 
être déjà affecté dé la rougeole, n'eut la pre- 
mière maladie que lorsque la dernière eut 
fini son cours : alors la petite-vérole suivit 
sa marche ordinaire. 

J'ai observé deux cas semblables que je 
vais rapporter ici y parce qu'ils confirment 
l'observation de Mr Hunter, et quils contri- 
bueront à éclaircir cette partie de la théorie 
des maladies contagieuses : j^en ai transcrit les 
particularités dhme lettre de Mr Lîgthwood^ 
chirurgien à Yoxal, qui a traité les deux 
malades, et qui, à ma demande après que 
je les eus vues , tint unç espèce de journs^ 

de leurs mialadies. 

* 1 

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Sbct. XXXni. it. 9* de la sensation. 99^ 

Miss H. et miss L. , deux sœurs, dont* 
l'une était âgée d'environ quati'e aiis et l'autre 
de trois ^ furent inoculées le 7 Février 1791. 
Le 10, il y arait une rougeur visible à la loupe 
sur le bras de chacune d'elles ; le 11 les bra& 
étaient enflammés au point de ne plus lais- 
ser douter que l'inoculation eût pris : le i!i, 
il y avait moins dlnflammation; le soir miss L, 
eut une éruption qui ressemblait à la rou- 
geole ; le i3, elle était considérable sur la 
figure et la poitrine, avec beaucoup de fiè- 
vre y en tout de même que dans la rougeole ; 
on apprit alors que cette demièrcN affection 
régnait dans une ferme du voisinage ; le 
bras de miss H. était moins enflammé que 
la veille. Le 14 1 l'éruption de miss L. était 
universelle et la fièvre considérable ; le bras 
paraissait guéri ; celui de miss H. était un 
peu plus rouge ; on mit les malades dans 
devL% chambres séparées. Le i5, le bras de 
jniss L. était comme la veille y l'éruption 
continua ; l'état du bras de miss H. avait peu 
varié; le 16, l'éruption de miss L. touchait 
à son terme et la fièvre avait cessé ; il com- 
mençait à y avoir un peu de rougeur au 
bras inoculé ; le bras de miss H. devenait' 
plus rouge , mais elle n'avait aucun signe 
de maladie ; le :20 ^ il y avait encore peu 
de changement au bras de miss L. ^ mais 
on y voyait quelques pustules ; l'état 



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loo Maûdieii Sect. XXXIII. ïl. 9. 

de celui de miss^ H. a^ait fait peu de pro* 
grès : depuis le 16 jusquà ce jour^ elle a eu 
un peu de fièvre; le 21 , miss L. était comme 
la veille; miss H. avait beaucoup d^inflam- 
luation et un cercle rouge de la largeur dVn 
écu sur le bras inoculé ; le soir elle eut 
beaucoup de fièvre et l'haleine fétide ; le 22^ 
les pustules de miss L. faisaient des progrès ; 
le cercle inflammatoire du bras de sa sœur 
augmentait, il paraissait quelques taches rou- 
ges sur différentes parties; et ce matin elle 
a eu un peu de fièvre; le aS, miss L. avait 
des pustules *en plus grande abondance, elles 
étaient plus petites chez sa sœur où il 
y avait une inflammation considérable aux 
deux bras avec une seule pustule qui ten- 
dait à la suppuration : depuis cette époque 
ces deux enfans allèrent de mieux en mieuXj 
et les pustules disparurent. « 

Chez Tune de ces deux malades, la rou- 
geole suivit son cours sous une forme plus 
bénigne que Tordinaire , et chez loutre la 
contagion parut être précisément suffisante 
pour arrêter les progrès de la contagion va- 
rioleuse , u^ais sans qu elle produisit elle- 
même quelque maladie générale. Il parait 
que la petite-vérole et la rougeole se rendi- 
rent mutuellement plus bénignes. Gela ne 
menerait-il pas à croire que si on les inocu- 
lait toutes deux en même temps , aucune 
B affecterait Pinoculé ? 



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SECT.XXXIII.n.g. de îa sensation. tôt 

Diaprés ces observations , je soutiens que 
dans ces maladies la matière contagieuse 
naffecte pas la constitution par une fermen- 
tation, ou un changement chimique dans le 
9ang , parce qu'alors les deux maladies au« 
raient eu lieu en même temps et auraient 
produit une troisième affection qui neut 
pas ëté exactement semblable à Tune ou à 
l'autre déciles ; mais qu'elles produisent de 
nouveaux mouvemens aux extrémités cuta* 
nées des vaisseaux sanguins y mouvemens 
qui ^ pendant quelque temps , se font tous 
les jours avec une augmentation d^activité 
comme les paroxysmes de certaines fièvres , 
jusqu'à ce qu'enfin elles sécrètent ou produi- 
sent j par ces mouvemens extraordinaires » 
une matière contagieuse semblable. 

Or, comme dans la rougeole il y a une 
espèce de mouvement non naturel, différent 
de celui qui a lieu dans la petite-vérole, il 
est aisé de concevoir , que ces différentes 
espèces de mouvemens morbifiques ne peuvent 
pas exister ensemble , et par conséquent le 
mouvement qui a commencé le premier doit 
continuer jusqu'à ce que le système soit ha« 
bitué au stimulus qu'il occasionne^ et qu'il 
cesse d'être mis en action par lui ; ensuite 
l'autre espèce de stimulus produira à son 
tour la fièvre^ ainsi que de nouveaux mou* 
Temens qui lui sont particuliers» 



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los Maladies SzcT. XXXIII. ii. io« 

xo. En considérant plus soigneusement Tac- 
lion de la matière contagieuse , depuis que 
la première partie de cet ouvragfe fut enyoyée. 
k la presse, et ayant déjà affirmé dans la 
se^t. XXII. IV. 3. 9 quil est probable que la* 
matière yarioleuse est répandue, dans le sang, 
je priai mon ami Mr Power , chirurgien à 
Bosworth dans le comté de Leicester, d'es- 
sayer si Ton pourrait inoculer la petite-yérole 
au moyen du sang d'un yarioleux au lieu 
de la matière des pustules t je pensai qu une 
expérience de cette nature pourrait au moins 
jeter quelque jour sur ce sujet intéressante 
Toici un extrait de sa lettre s nLe 1 1 Mars 1793 j ' 
» j'ai inoculé deux enfans qui n avaient pas 
» encore eu la petite -vérole, avec du sang 
» tiré d'un malade qui était au second jour 
» de l'éruption et avant qu elle ne fût com- 
» plète. Je m'inoculai en même temps moi-*^ 
» même avec du sang du même individu^ 
» afin de pouvoir comparer les phénomènes 
» qui ont lieu chez un individu susceptible 
3» de prendre la contagion et chez un autre 
» qui ne l'est plus. Le même jour, j'inoculai 
» quatre autres enfans susceptibles de prea- 
X) dre l'infection , avec du sang pris d'un autre 
3» individu: au quatrième jour de l'éruption « 
» les malades de qui le sang fut tiré avaient 
» une petite -vérole bénigne , mais c'étaient 
» ceux d^entre au moins vingt .malades qui 



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Sect. XXXIII. II. lo. de la sensation. loS 

» avaient le plus de boutons ; jHnséraî autant 
» que je pus , du sang sous Tépiderme , et 
» )e fis trois ou quatre piqûres à chaque 
» bras. Le sang fut inocidé dans son état 
2> de fluidité. 

» Comme tous les phénomènes furent ana* 
3» lognes chez tous les inoculés , ainsi que 
)» sur moi-même , j^en donnerai seulement un 
» exposé général. Le i5 Mars, on aperçut chez 
D tous, et aussi sur ma main^ une légère dé^ 
j^ coloration sous-cutanée qui avait une ap- 
3» parence tant soit peu livide ^ sans cuisson 
» ni douleur. Le 1 5 , la décoloration était ua 
» peu moindre ^ également sans cuisson ni 
9 douleur. Chez les malades inoculés le même 
» jour avec de la matière varioleuse , il y avait 
X une inflammation considérable ; le 17 , la 
9 décoloration était presque passée chez tous, 
j> et il ne restait quune cicatrice sur ma 
» main : ces individus furent tous réinoculés 
» le 18 avec de la matière variolique , et 
» eurent tous la maladie. ^ 

Mr Power observe ensuite, que* comme la 
maladie était bénigne chez ceux de qui ou 
prit le sang 9 on peut supposer que^ quoique la 
matière contagieuse puisse être répandue dans 
la masse du sang , elle pourrait être néan- 
moins dans un tel état de division qu elle fàt 
incapable de communiquer la contagion ; mais 
U ajoute en même temps qu'il a délayé do 



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î 



\ 



to4 Maladies Sect. XXXIII. ii. lo, 

}a matière Tariolique récente , dans cinq fois 
son Tolume d^eau au moins , et qu elle a 
néanmoins communiqué Pinfection, quoique 
quelquefois , à la Térité , il Tait délayée au 
point qu elle ne produisait plus aucun effet. 

Les expériences suivantes furent faites à 
ma demande^ par Mr Hadley chirurgien à 
Derby , pour s assurer encore si le sang d'un 
individu atteint de la petite- vérole , est capable 
de communiquer Finfection. v Première expé- 
rience. Le i8 Octobre lygS, )e tirai du sang 
de la veine du bras d'un sujet varioleux , 
au second jour de l'éruption , et en introduisis 
une petite quantité avec la pointe d'une lan* 
cette entre l'épiderme et la peau du bras 
droit d'un garçon Agé de neuf ans ; j'y fia 
deux ou trois piqûres ; cette opération fîit 
répétée le même jour avec de 1^ matière va-»' 
riolique sur l'autre bras.. 

dLc 19^ les piqûres ^n bras droit étaient 
entourées dhine légèrç inflamniation cutanée ; 
le :20, l'inflammation était plus considérable 
avec un léger degré de prurit , mais point 
de douleur; le 21 « ayant examiné le bras k 
la loupe f j'y trouvai Tinflammation moins 
étendue^ et la rougeur se changeant en un 
rouge foncé ou orangé ; le aa , l'inflammation 
était presque passée; le aS^ il ne restait plua 
rien qu une légère décoloration et une petite 
croûte çur les piqûres. L'inflaœmatioi;! d^ 



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Sbct. XXXni. II. 10. de la sensation. loS 

bras inoculé arec la matière Tarioleuse an$* 
mentait rapidement et la maladie qui était 
d\ine nature bénigne, parcourut ses périodes 
ordinaires. 

» !i* expérience i j^inoculai un autre enfuit 
dans le même temps et de la même manière 
avec du sang pris aU premier jour de Férup- 
tion ; mais comme les circonstances furent 
les mêmes que celles de Pexpérience précé- 
dente , je n en donnerai pas le détaih 

» 3* et^périence : le ao Octobre , je tirai du 
sang dHm inditidu qui était au troisième jour 
de réruption yarioleuse, et au sixième depuis 
le conmiencement de la fiétre éruptire; et 
tandis qu^il était encore dans son état de 
fluidité , j^en introduisis dans les deux bras 
A^nn enfant de sept ans'^ le J2i , il paraissait 
y avoir un peu d^inflammation sous la peau 
à l'endroit des piqûres ; le ao, ^ Tinfiamma- 
tion était considérable; le !33, elle était un 
peti plus forte et Fépideitae un peu éléré. 

»Le 249nuflammation était beaucoup moin- 
dre y et il ne restait qu une tache brune ou 
oratngée ; le a5 4 la décoloration était à peine 
▼isible; ce jour-^là il fat inoculé arec de la 
Hiatière Tariolique ; les progrès de Tinfection 
suivirent le cours ordinaire, et il eut une 
petite-vérole très-bénignè. 

»Vers cette époque, je fus prié d'inoculer 
xuûL jeune homme qu'on croyait avoir eu la 



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to6 Maladies Sbct.XXXUI. ii. léf. 

petite-yérole , mais les parens n'en étaient pa$ 
bien certains : j^introduisis dans un bras de 
la matière Tariolique , et dans Fautre du sang 
comme dans la 3* expérience : le second )Our 
uprès Topération , les points de Tinoculation 
étaient enflammLés , mais je crois que le bras 
où. j'arais. inséré de la matière varioleuse 
rétait un p^u plus, que Fautre ; le 5* jour , 
rinflammation était augmentée et paraissait 
comme dans Pexpértence précédente; le 4*^ 
rinflammation était beaucoup diminuée et le 
5* presque disparue : ce jeune homme fut 
exposé en même temps à Tinfection naturelle ^ 
mais ne prit polat la contagion, 

i>J'ai observé fréquemment (et je crois quil 
en est arrivé autant à la plupart des prati- 
ciens ) que si on insère de la matière . vario- 
leuse dans le bras d^un individu qui a déjà 
eu la petite -vérole; Tinflaramation est beau- 
coup plus considérable au second ou troisième 
jour> que s'il n avait pas eu la maladie, mais 
qu elle disparaît le quatrième ou le cinquième 
jour. 

s>Le a5> j'introduisis dans la* peau du bras 
de trois antres enfans ^ du^.^ang pris aux 
troisième et quatrième jours de.Vfâruption : 
les circonstances furent , à trèa-p^u >de chose 
près 3 les mêmes que dans la première et la 
troisième éxpériepçes.: ces enfans furent en- 
suite inoculés avec de la matière varioleuse , 



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Sbgt. XXXIII. n. to. de la sensation. 107 

et eurent la maladie suirant le cours ordl*- 
naire. 

' 2>Les expériences ci-dessus furent faites atec 
du sang pris- d*ane petite .veine de la maia 
tm du pied de- trois à quatre. malades diffe*- 
tens que j-arais inoculés à- cette époque* Je 
les avais choisis sur cent soiicante individus', 
comme ayant le plus grand nombre de bou«- 
tons; la partie' fut lavée avec de Feau cltaude 
avaut d*eu tirer du sang^ afin de. prévenir la 
possibilité qu'il sy mêlât aucune des matière$ 
étrangères qui se trouvent sur. la> peau, j** -. 
Goncluerons^nous de^là ï^pie ^ matière va- 
rioleuse n'entre jamais dans les vaisseaux 
«anguitts; mais que le mouvement morbifique 
des vaisseaux cutanés autour du point de 
rinsertiob^ continue à augmenter circulaire^ 
ment pendant six ou sept jours; qu alors la 
quantité d'action -morbifique de ces vaisseaux 
devient assez forte pour produire un accès 
de fièvre et afiecter Festomac par des înoU'- 
▼emens associés, et enfin quil se forme 
entre Festomac et les autres parties de . la 
peau une seconde association dé mouvement « 
qui produit dans ces parties des mouvemens 
morbîfiques analogues à ceux qui se font 
dans le cercle autour du point de l'insertion 
de la matière varioleuse? Il nous manque 
encore beaucoup d'expériences et d'obserVa- 
tions , avant que cette importante question 



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io8 Maladies Sect. XXXIII. il. lo. 

puisse être résolue dune manière satisfais 
aante. 

On pourrait dire que comiiie la matière 
insérée dans la peau du b^as , fait souvent 
gonfler les vaisseaux lymphatiques de lait* 
selle , il parait dans cette circonstance que 
la nature borne - là ses progrès ; et on ne 
peut pas s'imaginer qu'elle puisse entrer dans ^ 
le sang par cette glande lymphatique , avant 
que sa tuméfaction ne soit dissipée i d autres 
phénomènes de la maladie peutent plus aisé^ 
ment se concilier avec cette théorie des 
mouvemens sympathiques, quavec celle de 
Tabsorption; par exemple, celui du temps 
qui s'écoule entre le moment où se fait l'in- 
sertion de la matière et son opération sur le 
système, comme nous lavons dit plus haut; 
car on voit le cercle autour de l'insertion aug- 
menter et s'enflammer, et je crois qu'il subit 
une espèce de paroxysme diurne de torpeur 
et de pâleur avec une augmentation subsé- 
quente d'action et de rougeur , comme dans 
un accès de fièvre , tandis que si on sup- 
posé que la matière circule pendant six ou 
sept jours avec le sang sans produire de 
maladie, elle devrait alors devenir moins 
active , ou les vaisseaux devraient se fami- 
liariser avec son acrimonie. 

Il est beaucoup plus aisé de concevoir par 
cette doctrine des mouvemens associés où 



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SêcT. iXXIlI. lî. 10* de la sensation^ Î09 

sympathiques des parties éloignées , commeikt 
il se fait que Tinfection varioleuse ne peut 
être reçue quUne fois, ainsi ^ue nous l'avons 
expliqué , que de supposer qu'il se fait un 
fchangement dans la masse du sang par une 
fermentaliou quelconque. 

Cette circonstance curieuse des deujc coti-^ 
tagions de la petite-vérolé et de la rougeole 
qui n agissent pas en même temps , mais dont 
Tune suspend son action jusqu'à ce que celle 
de Tautré ait cessé, s'explique plus facilement 
par la sympathie ou l'association d^actions 
de la partie infectée avec d'autres parties 
du système , qu'en supposant qiie les deux 
contagions entrent dans la circulation. 

La peau du visage est sujette à dé plus 
fréquentes vicissitudes dai froid et du chaud^ 
en ce qu'elle est éltposée à Pair, et en con- 
séquence , elle est plus susceptible d'associa- 
tions sènsitives avec Festbmac que les autres 
parties de la surface du corps ^ paroe que 
leurs actions ont été plus fréquemment as- 
sociées de cette manière j ainsi dans Tin- 
commodité occasionnée par Teau froide prise 
intérieurement lorsqu'on est échauffé et fati- 
gué , il peut survenir une éruption au visage 
produite par , cette sympathie ; de même 
l'éruption rosacée qu'on remarque à la figure 
des grands Buveurs vient prohahlement de 
la sympathie de la peau du visage avec l'es- 

Tome II. 8 



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iio Maladies Sect- XXXIÏI. ir. lo. 

tomae, plutôt que de celle qui existe entre 
la première de ces parties ttle foie , comme 
on le croit communément. 

Cette sympathie entre Testomac et la peau 
du Tisage est évidente dans Téruption de la 
petite-vérole ; car , lorsque la maladie est 
considérable , Péruption à la figure succède 
imïnédiatement aux maux d^estomac. ï)ans la 
maladie naturelle il parait que souvent Pes^ 
tomâc est primitivement affecté ^ soit seul , 
soit en même temps que les amygdales , 
puisque la matière existe seulement dans 
Tair , et que mêlée avec la salive ou le mu- 
cus des amygdales , elle est avalée et intro- 
duite ainsi dans Pestomac. 

Au bout de quelques jours, le cercle des 
mouvemens irritatifs est dérangé par ce non- 
veau stimulus , qui agit sur le mucus qui 
lubrifie Pestomac, et il en résulte des nau- 
sées, des vertiges et une fièvre diurne. Ces 
mouvemens irritatifs dérangés augmentent 
oXasï pendant deux ou trois jours, et alors 
leur action augmentée produit certains mou«^ 
vemens sensitifs qui constituent Pinflamma- 
tion, et à Paccès suivant de froid, lorsque 
Pestomac reprend son activité , il survient , 
par association sensitive, des pustules inflam- 
matoires à la peau , (lesquelles suppurent 
ensuite ) , de là même manière qu une toux 
résulte du froid aux pieds , comme nous 



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^tCT. XJDLlll. lii. i. deïa sensation. \îi 

Pavons vu dans la sect. XXV. i. i.^ et €0*01010 
où le verra dans la classe tV. 2. i. 7. Sî 
avant le commencement dé la fièvre , par 
exemple^ le quatrième jour, on cautérisait la 
|>eau du bras à Tendroit des piqûres de 
rinoculation dans toute retendue de riiiflara-' 
mation, ou qu'on l'emportât par Fins trUment 
tranchant^ cela pourrait-il prévenir la mala- 
die, comme on ci^oit que cette opération pré- 
vient rhydrophobie ? 

m. I. Lorsque lés nouveaux Vaisseaux, et 
les anciens qui sont augmentés et qui con- 
stituent l'inflammation, ne sont paS dis-' 
tendus asse2 brusquement pour se rompre 
et former une noutelle espèce de glande 
jiour sécréter de la matière, comme nous 
l'avons dit plus haut, si une circônstûface 
quelconque diminue la sensation doulou- 
reuse , la tendance à l'accroissement cesse , 
et peu après commence l'absorption, non 
seulement de la quantité surabondante de 
fluides déposés daris la partie enflammée ^ 
mais aussi des solides même les plus durs. 

Ainsi pendant la seconde dentition des 
enfans , les racines des premières dents » 
sont totalement absorbées ^usqu à ce qu'enfin 
il n'en reste pliis que la couronne, quoiquen 
les ôtant quelques semaines auparavant on 
trouve leurs racines entière*. Mt- pCuiiter â ob- 
servé quelque chose d'analogue à ceci-, savoir^ 



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ai) Maladies Sect. XXXIIL m. i^ 

que lorsqu une parlie osseuse morte est prête 
à S'exfolier ou à se séparer d^une partie ti* 
Tante y elle ne se putréfie pas , mais reste 
parfaitement saine, tandis que la surface de 
la pa^rtie, intacte de Tos qui touche à la 
partie morte , se trouve absorbée ; et c'est 
ainsi que s'effectue la séparation. ( Medic. 
commentai Edinb. 5. i. 4^5.) C^est de la 
même manière que sont absorbés la matière^ 
calcaire des concrétions arthritiques , la 
lymphe coagulable déposée sur les membra- 
nes enflammées dans le rhumatisme , et le 
oang extravasé ; matières solides et aussi 
indissolubles que les nouveaux vaisseaux 
produits dans rinflammation. 

Cette absorption des nouveaux vaisseaux 
et des fluides déposés dans les parties en- 
flammées se nomme résolution : on la pro- 
voque en faisant dabord usage des moyens 
internes qui peuvent diminuer la douleur de 
la partie^ et par conséquent ses nouveaux 
mouvemens, tels sont les saignées répétées, 
les cathartiques , les boissons délayantes et 
le bain chaud. 

Lorsque les, vaisseaux sont ainsi désemplis 
et que l'absorption des nouveaux vaisseaux 
et des fluides déposés est évidemment com- 
mencée ^ on la détermine avec succès en 
stimulant la partie extérieurement par des 
solutions de plomb ou d autres métaux , et 



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Sect. XXXIII. III. :i. de la sensation» 1 13 

intérieurement par le kina et de petites doseif 
dopium ; ainsi lorsque dans une ophthalmie 
Fœil commence à pâlir, un fort collyre tel 
quune solution de six grains de sulfate de 
zinc dans une once d'eau, hâte rabsor|>tioix 
et guérit la maladie en trè6-peu de temps s 
au lieu que la même application faite quel* 
ques jours plutôt a\irait augmenté Tinflam* 
mation. De la même manière encore, après 
les évacuations , Popium à petites doses peut 
contribuer à provoquer Tabsorption des flui- 
des déposés sur le cerveau , comme Ta ob- 
servé Mr Bromfield dans son traité de chi* 



rurgie. 



2. Lorsquun abcès est formé par la rup« 
tnre de ces nouveaux vaisseaux, la violence 
de rinflammation cesse , et une nouvelle 
glande sépare une matière nommée pus; en 
même temps un moindre degré d^infiamma- 
tion produit de nouveaux vaisseaux , que 
l*ôn nomme granulations; si un bandage serré 
n^en arrêtait pas Faccrois^ement , ou si toute 
autre circonstance n'en provoquait pas Pab- 
sorption dans la playe , ces granulations 
s'élèveraient de beaucoup aurdelà du niveau 
de la peau« 

Ainsi Part de guérir les ulcères consiste 
à produire dans la partie affectée une ten- 
dance à Tabsorption qui soit plus grande que 
Taccumulation de la matière. Lors donc qu*uii 



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IH4 Maladies S.RCT- XXXIII. in. ;?• 

liiUère de mauvais caractère sépare xinq 
gi^an,4fï quantité 4ç no^atière sanieuse , oi^ 
p^ut QTX. diminuer la sécrétion par Pusagq 
d'un stimijLlus quellconque^ tels que les pré- 
fiarations de pl.Qmh^* de mercure ou de cuir 
\re appliquées extérieurement : alors Fécou- 
l^mept d-ç la ma^tière diminue et elle s épais* 
^t , parce quç sçs p^irties lea plus tenues, 
aont absorbées le% prémices.. 

, On a recommandé d|ins ces affections ains^ 
q\ie dans les ulcéra^tipns des poumons et dans^ 
quelques catarrKeSt W^^i abstinence prolongée^ 
de fiuides , de miême qufe dans Thydropisie 
et le diabètes ; dans tous ces cas , cette absti- 
nence peut avoir une tendance à augmenter 
Vabsorplion des parties affectées ; et ains^ 
eniployée avec modération , elle peut pro- 
duire dç bons effets.; mais elle peut devenir 
dangereuse si on en usé avec excès , en pro- 
duisant une soif ardente et conséquemment 
la fièvre ou Finflammation. Lower de catar- 
rhis; Davidson. « on pulmonary System; RoUo^ 
on diabètes. - 

Mais rien ne contribue autant à augmenter 
l'absorption danfi u^n ulcère que d^envelop- 
per. le membre entier d'iun bandage enduit 
de quelqu emplâtre , tel que celui de mi- 
nium , afin de l'empêcher de clisser. A\\ 
jïkoyen de cette compression artificielle de 
la peaa , Les pulsations artécielles agissent 



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8ect. XXXîïI. îii. 5. de la sensation. 1 15 

ayec une force redoublée pour provoquer le 
cours ascendant des fluides dans les lym* 
pbatiques à valTules. 

Intérieurement pour provoquer Tabsorp- 
tion des ulcères ^ U faut commencer par des 
évacuans, puis donner ropium, le kina^ le 
mercure et les' martiaux. 

3. Lorsque le cours àe rinflammation a lieu 
avec plus de violence et de rapidité, c*est-à* 
dire ^ lorsque la sensation douloureuse occa- 
sioiine une action désordonnée de l'organe , 
et que de cette grande activité naît une aug- 
mentation proportionnelle de sensation dpu^ 
ioureuse, qui continue jusqu'à ce (pie toutç la 
puissance sensoriale ou Tesprit d^animatio^ 
soit épuisé dans la partie^ il survient une mor- 
tification comme dans Fanthrax , rinflamma- 
tîon des intestins , dans les extrémités des 
vieillards, ou dans les membres de ceux qui 
s approchent du feu apr^s avoir été engourdis 
par le froid. On voit par là pourquoi les 
personnes faibles sont plus sujettes à la mor»* 
tification que les personnes robustes , et pour- 
quoi chez les premiers une moindre douleur 
peut produire la mortification , parce que la 
puissance sensoriale est plutôt épuisée en eux 
par un excès quelconque d'activité. Je me 
rappelle avoir vu un hbmme qui , le jour 
précédent, avair fait deux postes dans une 
chaise ouverte , étant attaqua d'une colique 
«ju'il disait très-supportî^ble : lorsque Jeie vis^ 



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ii6 Maladies Sect. XXXIll. iv. 

ellç ayait cesçé prescjue subitement -et san^ 
aucune évacuation ; le pouls était faible et 
pas trop fréquent; mais çoi^ime son estomac 
rejettait tout , je jugeai (pie les intestins 
étaient gangrenés ; il mouri^t le jour suivant. 
Il est assez ordinair<e aux malfides qui sucr 
çombent à 1^ petite-yérole avjBc des bouto^xs 
gangrené^ , et des tacbes pourprées dans les 
interTalle^ , de n'éprouver aucune douleur , 
xnais de se trouver assez bien jusqùa^ der- 
nier moment. 

Récapitulation. 

ly. Xiorsque, à la suite d'une torpeur préa- 
lable^ les mouvemens d'une partie qraelconr 
que du système , se font avec plus d'énergie 
que dans les fièvres irritativçs , il survient 
une sensation désagréable qui , conjointement 
avcfi Pirritation, donne naissance à des actions 
Xiouvelles dan§ quelque partie du système : 
ces mouvemens constituent l'inflammation. Si 
la fièvre est accompagnée, d'un pouls fort , 
comme 4^ns la pleurésie ou le rhumatisme, 
on la nomme syno.què sensitiye , ou fièvre 
çensitive avec forcç du pouls ; c'est ce qu on 
nomme communément fièvre inflammatoire. 
Si eU^ est accompagnée d'un pouls faible , 
on la nonune typhuç sensitif^ ou fièvre sen- 
sitive avec débilité du pouls ou enfin typhus 
gV^iviory ou fièvre putride maligne. 

La synoque sensitive , ou fièvre sensitivç; 



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Sect. XXXIII. IV. de la sensatlonp 117 

avec force du pouls ^ est généralement accom* 
pagnée d^inflammation locale comme dans la 
péripneumonie et Thépatite, ainsi que de 
beaujcoup de lymphe coagulable ou couenne 
qui s'élève à la surface du sang à mesure 
qu'il se refroidit dians le vase où on l'a reçu^ 
et que Ton croit provenir d'une augmentation 
de la sécrétion muqueuse des parois des ar-, 
tères épaissie par une plus grande absorption 
de ses parties saline et aqueuse et qui est 
peut- être changée par son séjour daus la 
circulation. 

Le typhus sensitîf ou fièvre sensitive avec 
débilité du pouls est souvent accompagné de 
délire qui est occasionné par une diminution 
dans la quantité de puissance sensoriale^ ainsi 
que de diverses éruptions cutanées. 

C'est la douleur produite par l'excès, et 
non par le défaut d'action qui occasionne 
Pinflammation. Les actions morbides qui sont 
ainsi produites par deux puissances sensor 
riales , savoir Firritation et la sensation , sé- 
crètent de nouvelles fibres vivantes qui allour 
gent les anciens vaisseaux ou en forment de 
nouveaux; en même temps ces nouvelles comr 
binaisons laissent dégager beaucoup de calq- 
rique. La rupture de ces vaisseaux ou leurs 
nouvelles ouvertures causent une sécrétion 
de matière purulente de diiBFérentes espèces, 
toutes contagieuses, la première fois quelles 
sont insérées dans la peau ou avalées avec 



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Îi8 Maladies. Sect. XXXIII. iTt 

la salive. Cette contagion n'agit pas au moyen 
de la circulation , mais par des sympathies 
ou actiqns associées , entre les parties pri* 
mitivement stimulées par la matière conta* 
gieuse et les autres parties du système. Ainsi 
dans la petite-vérole naturelle , la contagion 
est avalée avec la salive et enflamme Testo-r 
mac par son stimulus ; Tinflammation vario* 
leuse de ce viscère augmente tous les jours, 
comme le cercle que Ton voit autour des 
piqûres de Tinoculation , jusqu a ce qu'elle 
devienne assez considérable pour déranger 
le cercle des mouvemens irritatifs et sensi- 
tifsj et produire ainsi àes accès de fièvre 
accompagnés de nausées et de vomi^semens; 
enfin , après que le paroxysme de froid ou 
l'état de torpeur de Pe&tomac a augmenté suc- 
cessivement pendant deux ou trois jours, il 
8e manifeste une inflammation pustuleuse à 
Ja peau qui communément commence au 
visage, parce que les actions associées exis- 
tantes entre la peau du visage et celles de 
Testomac se sont plus souvent faites ensem- 
ble que ceHes des autres parties de la sur- 
face du corps. 

Les matières contagieuses telles que celles 
de la petite-vérole et de la rougeole , n agis- 
sent pas simultanément sur le système, mais 
les progrès du virus qui est reçu le dernier, 
s'arrêtent jusqua ce que Faction du premier 
jii,t cessé. Toute espèce de matière , mêmiç 



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$?CT. XXXIU. IV. ds la sensation. i»^ 

celle des ulcères simples^ est probablement 
contagieuse la première fois qu elle est ^ntro? 
duite sous Tëpiderme ou d^^s Testomac , 
parce quêtant formée par certaines actions 
morbides des extrémitéis des yaisseaux, elle 
a la jpropriété dVn^çitar des jetions morbide^ 
analogues dans Içs extrémités des autre^ 
Tàisseaux avec lesquelles çUe ^s^t en con* 
\sict ; et cQux-ci , p^r sjmpatbie pu par asso- 
ciation de mouyemens , produi$ent dea action^ 
morbifiques $eml;>lables dan3 les parties éloir 
gnéesi dii système , aai^s entrer dans la cir? 
çulation* AinsjL riuocijlatiipnL, du sang d'un 
yarioleux ne cpnunu^iquq point ^ petite- 
yérole à un autre individu^ 

Lorsque. , par l'absorption , les nouveaux 
yaissçaux ou fibr^ sont reportés dans Iç 
torrent de la circvlatioii , rinÇammation cesse. 
On obtient cet effet après Içs éyacuations^ 
nécessaires , au moyen, des stiipulans exter- 
nes et des b.andageç ; mais lor^qu^ r^ctioi^ 
des yaisseai^ix e^t très-grajnde , il peut en 
résulter une mortification de la partie par 
suite de Vépt^iseine.nt de la puissance seu- 
soriale^ ce qui, néanmoins, afriye aux per- 
sonnes faibles san^ qu elles éprou^vent beau- 
coup de doule\:^r et si^ns que Tinflammation^ 
préalable soit très-forte; et seinblable k la 
paralysie parti ejle, on peut la regarder commet 
une espèce de mort naturelle cbez le^ TieîU 
lards en qui une pa^rtie^ meurt avant le tout. 



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120 Maladies, Sect. XXXIV* 

SECTION XXXIV. 

MALADIES DE LA VOLITION. 

I. I. Définition de la volition* Les moupe^ 
mens que Von nomme involontaires sont causés 
par la volition. Désirs opposés les uns aux 
autres. Délibération. Uâne de Buridan ou 
Vâne de Vécole ^ entre deux hottes de foin. 
Déglutition de la salii^e contre la volonté. 
Distinction des moui/^mens volontaires d^ai^ec 
ceux qui sont associés aux mout^emens sensi-- 
tifs. 2. Douleurs par excès et par défaut de 
moui/emerU. On n^eprouçe point de douleurs 
pendant un exercice volontaire violent ^ par 
exemple dans Vaccês de Jroid d^une Jièvre ùi' 
iermittente , le travail de ^enfantement , la 
strangurie , le ténesme , le vomissement , 
Vanxiété dans les fièvres , et dans la convuU 
sion d^un muscle blessé. 5. De* la rétention 
de la respiration et de celle des cris dans la 
douleur. Pourquoi les cochons et les chiens 
crient lorsqu'ils souffrent^ et non les moutons 
et les chevaux. Du grincement des dents et 
de Vaction de mordre pendant la douleur. Powr» 
quoi les animaux enragés mordent les autres^ 
4. Explication- des convulsions épileptiques ; 
pourquoi les accès commencent par un trem* 
blement de la mâchoire inférieure} action de 
se mordre la langue et grincement des dents j 



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Sect. XXXIV. de la polition. lat 

pourqtioi les imouçemens compulsifs se telâchpnt 
alternativement. Explication du phénomène du 
rire. Pourquoi les enfans ne peuvent pas se 
chatouiller eux-mêmes. Comment quelques per- 
sonnes meurent d'un rire inextinguible. 5. Des 
spasmes cataleptiques ^ du tétanos ^ des crampes 
douloureuses. 6. , Explication de la syncope. 
Pourquoi^ dansla syncope ^ on n'aperçoit aucun 
des objets extérieurs. 7. De la paralysie^et de 
V apoplexie à la suite des exercices violens. 
Maladie de mistriss Scot. De la paralysie et 
de Papoplexie produites par l'exercice de la 
danse , du patin et dé la natation. Maladie de 
Mr Naim. Pourquoi les paralysies ne sont pas 
toujours précédées immédiatement par des exér- 
tions piolentes^ Paralysie et épilepsie par niala^ 
die du Joie. Pourquoi le bras droit est plus 
souvent paralysé que le gauche ; comment les 
membres paralytiques recouvrent leurs mouve- 
mens sensuels. II. i. Maladies de mouvemens 
sensuels par excès ou défaut d'exertions vo- 
lontaires, a. De la manie. Différence entre 
elle et le délire. 5. Pourquoi l'homme est plus 
sujet à l'aliénation mentale que la brute. 4* -^u 
soupçon^ du manque de honte et de propreté. 

5. Les insensés supportent le froid ^ la faim 
et la fatigue. Charles XII. Roi de Suéde. 

6. Délire agréable et folie. Enfant chevau^ 
chant sur un bâton ; insensibilité du martyr 
aux douleurs. 7. Dfi l'hydropisie. 8. Inflamrna^ 



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tài Maiàdiès Sect. JdCXlV. i. li 

tion guérie par Valiénatwh mentàk. 111. i. Dou^ 
leur^ appaisées par la rêverie; la rêverie est 
ime eàcertion des ràouvemèhs volontaires et sen^ 
sitifs. a. OhserPatioh d'une rêverie. 5. D^unè 
dame supposée avoir deux dmes. 4* Méthode 
de calnier les douleurs. 



!.,.A 



VANT dé commencer cette section 
sur les maladies dtls mouVemèns volontaires^ 
il est nécessaire de prévenir que dans cet 
ouvragé le mot volition n est pas exactement 
pris dans son acception ordinai^è ; j^ai dit 
dans la section V, que la volition a avec le 
désir et Taversion la même ànalbgie ^ qu a la 
sensation avec le plaisir et la douleur , et 
quainsi lorsque le désir ou l'aversion pro- 
duit une action quelconque des fibres mus- 
culaires ou des organes du sentiment , on la 
nomme volition^ et les actions qui ont lieu 
en conséquence se nomment actions volon- 
taires. 11 parait résulter de-là que les mou- 
vemens de nos muscles ou nos idées peuvent 
être produits par suite du désir ou de Taver^ 
sîon , sans que nous ayons la faculté de les 
empêcher ; et cependant ces mouvemens 
peuvent être nommés volontaires , selon ma 
définition du mot volition , quoiqu en langage 
vulgaire on pût les nommer involontaires. 

Les objets dit désir et de Paversion sont en 
général éloignés de nous ^ tandiis que ceux 



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Sect. XXXlVé !• I • delà volition. \ rA 

du plaisir et de la douleur agissent immé- 
diatement sur nos organes; ainsi ^ avant que 
le désir ou Tayersion agisse au point de pro- 
duire des actions , on a généralement le temps 
de délibérer ; cette délibération consiste à 
découvrir les moyens d^obtenir l'objet désiré, 
ou* d'éviter celui qui répugne > ou à eiami* 
ner les conséquences qui peuvent en résulter 
en bien ou en mal. Dans ce cas, il est évi- 
dent que nous avons la faculté d'ajourner 
l'action proposée ^ ou de nous y livrer 5 et 
cette faculté de choisir, soit que Inaction ait 
lieu ou non , se nomme en langage or4inaire 
PoliUon ou volonté^ au lieu que dans cet 
ouvrage le mot volition signifie simplement 
Tétat actif de la faculté sensoriale de pro- 
duire des mouvemens par suite du désir ou 
de laversion , soit qu oh ait la faculté de 
8 abstenir de cette action, soit qu'on ne l'ait 
pas, c'est'À-dire, soit que nous fassions quel- 
ques actions en conséquence des désirs ou 
des aversions contraires^ ou que nous ne 
les fassions pas« 

Si les objets du désir ou de l'aversion sont 
présens,, il n'est pas nécessaire de recher- 
cher ni de comparer les moyens de les 
obtenir, et on ne délibère pas toujours sur 
leurs conséquences , c'est*à-dire qu'aucune 
délibération ne survient nécessairement , et 
conséquemment la faculté de préférer d'agir 



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t!4 Maladies Sèct. XXXlV. 1. 1^ 

ou de né pas agir , n'est pas mise en jeu. 
11 est probable que ce double usage du mot 
volition dlans toutes les langues , à embar- 
rassé les métaphysiciens « qui ont disputé 
sur le libre arbitre et le fatalisme ^ tandis 
que d'après lanalyse ci-dessus , il parait que 
pendant le sommeil ^ nous n*employons au- 
cune exertion yolon taire , et que , pendant la 
teille, cette exertion est lé résultat dû. désir 
ou de Favcrsion. 

Vouloir est agir en conséquence du désir; 
mais le mot désirer s'applique à quelqu objet, 
quand ce ne serait que de se délivrer de la 
peine que cause le désir; car désirer sans 
but ou sans objet n'est point désirer; donc 
Texpression désirer , renferme Faction et 
l'objet ou le motif; puisque l'objet et le motif 
du désir ne sont qu'une même chose , d'où 
il suit que désirer sans objets c'est-à-dire, 
sans motif, est un solécisme contré la lan- 
gue ; c'est demander si Ton pourrait manger 
sans alimens ou respirer sans air. 

D après cette définition de la volition, il 
parait que les convulsions des muscles, comme 
dai7j les accès depilepsie, peuvent être regar- 
dées comme involontaires dans l'acîception 
vulgaire du mot, parce qu'il n'y a point de 
délibération entre le désir ou l'aversion et 
l'action subséquente ; mais dans le sens du 
mot) comme je l'ai défini^ ces convulsions 



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SfiCT. XXXIY. ï. i. de fa paUtian^ jaS 

apl^artiérinent à la classe des mouVemens 
Tolontaires , comme on le yerra dans la 
classe m. Si cette acception du mot cho« 
que les idées du lecteur,! il peut y substi* 
tuer les termes d'actions volontaires morbi* 
dest ou ceux de nîouYemens rësultains de 
Faversion. 

Si quelqu tin désire être guéri de la fièrre ^ 
et qull ait en même temps une aversion (ou 
désir contraire) d'àvalér une once de kina y 
il balance désir contre désir ^ ou aversion 
contre aversion ; et de cette manière il ac- 
quiert la facidté de choisir , qui est Taccep- 
tion commune du mot vouloir } mais dans 
Faccès de frc^id de la fièvre^ après avoir 
reconnu que le tremblement ou Texertion 
des muscles sous-cutanés , soulage les dou- 
lenrs du froid , il exerce immédiatement 
cette action de la volition, et tremble aussitôt 
que la douleur et Faversion qui en sont la 
suite, reviennent, sans quil intervienne au- 
cune délibération ; cependant cette action ^ 
aussi* bien que celle d'avaler une once de 
kina, est causée par la volition, et cela niéme 
quand il tâcherait vainement d'empêcher 
cette volition , par une volition contraire 
plus faible/ Ceci nous rappelle la fable de 
ràne entre deux bottes de foin, où on sup- 
pose que les deux désirs se contre-balancent 
tellement l'un l'autre qu'il ne touche à au- 
Tome IL 9 



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i26 Maladies SicT. XXXIT. t. i; 

cane des deax bottes et meurt de faim. Ot^ 
comme on suppose ainsi que deux désir» 
ëgaux et opposés se balancent mutuellement 
et empécbent toute action , il s'ensuit que 
ai Ton 6tait tout^à-coup une de ces bottea 
de foin , FAne se porterait irrésistiblement 
Ters Tautre , ce qu on pourrait , dans Faccep* 
tion vulgaire du mot^ appeler un acte invo- 
lontaire, mais qui y dans notre acception de 
ce nM>t, serait classé parmi les^ actions ro* 
lontaires^ comme je Tai expliqué plus haut. 
Par conséquent 5 délibérer c'est comparer des 
désirs ou des aversions opposées ^ et le désir 
ou Taversion qui intéresse le plus prévaut 
enfin et détermine Faction ; c'est ainsi que^ 
lorsque deux douleurs sont opposées Fune 
& Fautre , la plus forte ou la plus intense 
produit Faction ; de même que dans la pieu* 
résie> la douleur de la aufibcation produirait 
Texpansion des poumons, mais la douleur 
occasionnée par Fextension de la membrane 
enflanunée qui tapisse la poitrine, s^oppose 
à cette expansion , et Fune ou Fautré de ce» 
douleurs prédomine alternativement. 

Lorsqu'une personne meut rapidement m 
main à peu de distance des jeux d'une autre, 
cette dernière ferme les paupières sur le 
cbamp ; cette action se nomme vulgairement 
involontaire , parce qu on n a pas le temps 
^e délibérer ou d'exercer un désir ou une 



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^ 



^BÊT. XXXIY. I. I. delà voUtion. t^ 

àTersioii contraire ; mais dans cet oUTrage y 
je la nommerai Tolontaire ^ puisqn^cUe est 
«causée par une faculté de la volition , et 
qu^après quelques essais on peut éviter ces 
clignotemens par une yolition contraire ùvl 
résistante. 

La puissance dés Tolitions résistantes est 
lien évidente dans laction de Mutins Scas- 
irola^ qui^ dit<^n, mit sa main sur un brasier 
devant Porsenna ^ et Yj laissa consumer pour 
)a punir davoir trahi son dessein de tuer 
ce monarque. Dans cette circonstance laver- 
^ion pour la perte de la renommée , ou le 
désir non-satisfait de servir son pays^ deuit 
passions alors d'une prodigieuse énergie , 
remportèrent eii lui sur le désir de retirer 
sa main^ désir que devait lui inspirer la dou- 
leur. A ces volitions opposées on peut ap- 
pliquer ce vers du poëte : 

VlirGIT AMOR PATRIJI, LAUDUMQXTB IMMBK8A CXTFIDO* 

Si on prescrivait à un homme de rester 
une minute sans araler sa salive^ il Favale* 
rait bientôt contre sa voLQNxi , selon lac- 
ception du mot; mais cette action aussi est 
volontaire , parce qu'elle se fait en rerttt de 
la &culté de la volition , et c'est ainsi qu'il 
Ceiut l'entendre* Lorsque la puissance de la 
volition s'exerce sur quelqu'un de nos 8ens> 
ildevient plus pénétrant, comme dans Tatten^ 



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jlqR Maladies Sect. XXXIY. i. f • 

lion qu0 nous prêtons à des bruits faiblei 
pendant la nuit. Voyez sect. XIX. 6. Ainsi 
notre attention se portant sur larrière-bouche' 
par le désir de ne pas avaler la salive^ rend 
cette partie plu» sensible ; et le stimulus de 
la salive est suivi d'une plus grande sensa« 
tion ^ et eoBséquemment du désir de lavaler. 
De sorte , que le désir ou la voUtion qxd 
suit la sensation augmentée de la salive a 
plus de force que le désir préalable de ne 
pas lavaler. Voyez larticle : deglutitio invita. 
De même , si un bchnme qui a de la pudeur 
désire n avoir point envie d'uriner , lorsqu'il 
est avec des dames , soit às^ns une voiture « 
soit dans une assemblée « cet ac^e. de voli' 
tion même amènera circonstance qu'il cber- 
cbe à éviter, comme je viens d« Vexpliquerf 
au. point que ).'ai vu une fois une aliénation 
partielle d'esprit que Ion aurait pu nommer 
diabètes volontaire^ qui fut occasionnée par 
la peur, (et par l'aversion subséquente) de 
ne plus pouvoir uriner du tout. 

11 est encore à propos d'observer» ici^ pour 
prévenir toute confusion entre les môuve- 
mens volontaires et les mouvemens sensitifs 
ou associés^ que dans tous les cas où il se 
fait de violens efforts , pour soulager la dou- 
leur , ces efforts sont d'abord des actions 
volontaires ; mais après qu ils ont été répétés' 
fréquemment afin de soulager certaines dou- 



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Sect. XXXIV. I. I. de la voUtton. lag 

leurs, ils deyiennent associés avec elles, et* 
cessent alors d'obéir à la Tolonté : comme 
dans la toux , Tétemueinent et la strangurie. 
^rmi ces mouvemens , ceux qui contribuent • 
k éloigner la cause du mal , comme les ac«o 
fions des muscles abdominaux dans lenfan* 
tement, ou le vomissement, quoique origi«^ 
nairement excités par la Tolition, sont défi- 
nis ici sous le nom dç mouyemens sensitifs; 
mais les actions des 'muscles ou des organes 
du sentiment qui ne contribuent pas à éloi- 
gner la cause du mal , comme dans les 
conrulsions générales ou dans la manie ^ 
sont nommées mouvemens volontaires , ou 
mouvemens^ produits par aversion, quoique 
vulgairement on les nomme mouvemens invo- 
lontaires. Ces actions sensitives irréprima* 
bles , qui contribuent à écarter la cause* de 
la douleur ^ se font uniformément et invaria^» 
blement^ comme dans la toux, ou rétemùe- 
ment ; mais les mouvemens déterminés par 
Taversion, non pour éloigner^la cause de la 
douleur , mais pour en prévenir la sensation » 
comme dans les accès d'épilepsie ou de ca- 
talepsie , n'oàt pas lieu uniformément et 
invariablement, mi^is passent dune série dé 
muscles à une autre , comme \e Texpliqueral 
plus bas , et d après cette remarque , elleg 
peuvent aussi se distinguer des premières. ' 
fjfi même temps « lès mouvçmeos <|ui sont ' 



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|3o MalcuUes SscT. XX^iy. i. iï. 

excit^a par un stynulus continuel ^ ou par 
association réciproque ^ ou immédiatement 
par des sensations agréables ou doulourea^ 
ses^ peuvent être nommés avec raison mou-* 
yemens involontaires . tels que ceux du cœu|; 
et fies artères , parce que la faculté de 1» 
Tolition les affecte rarement , à moins qu elle 
ne soit en trop grande quantité , comme dans 
Les maniaques. 

tx. lïous avons observé dans la sect. XIY^ 
çur la production des idées ^ que les partiesi 
^u système que Von nomme ordinairement 
organes 4n sentiment sont susceptibles d^éprouT 
ver de la douleur par Texcès du stimulus 
des objets qui par leur nature sont propres 
Il les affecter , tels qu\me lumière trop vive , 
un son trop fort^ ou une trop grande com-* 
pression ; mais que ces organes n'éprouvent 
pas de douleur, par )e défaut ou Tabsence 
de ce stimulus , comme dans l'obscurité ou 
le silence , tandis que les. autres organes de 
perception que l'on nomme en général ap* 
petits, comme ceux de la faim 3 de la soif^ 
du défaut de cbaleur ou d^air pur > sont sus- 
ceptibles d'éprouver de la douleur par le 
manque aussi biea que par Fexcès de leurs 
étimolans appropriés. 

; Cet excès ou manque de stimulus ne doit 
cependant être considéré que comme \^ 
/cause éloignée de la douleur^ la cause im- 



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Sect. XXSXy» I* 2. de la voUtion. >f 5r 

^nédiate étâaat Fexcès ou Tabsence At l-àctio& 
aaturelle de la partie affectée « conformément 
k la sect» lY^ t> Il en résulte quon peut 
diTÎser toutes ies douleurs physiques e^L 
douleurs pair excès ^ et par défaut de mou«- 
Tement; cett£ distinction est dune grande 
importance^ pour la connaissance et le trair 
tement de beauccHip de maladies. Car de 
même que les douleurs par excès de mouf- 
Tement, sappaisent graduellement^ ou sont 
4en général suivies d'inflammation , de même 
celles par défaut de mouyement, disparais»- 
8ent par degrés, ou sont suivies en général 
de convulsions ou de manie. On peut aisé* 
.ment distinguer ces douleurs les unes des 
autres par cette circonstance, que les pre- 
mières sont accompagnées de chalem* à la 
partie douloureuse, ou par tout le corps, 
tandis que les dernières existent sans aug- 
mentation de cbaleur , et sont même générale* 
ment accompagnées de froid aux extrémi);és, 
ce qui est le vrai signe caractéristique de ce 
quon a nommé douleurs nerveuses» 

Ainsi^lorquune matière acrimonieuse, telle 
que du tabac pu de la chaux j^ tombe dan$ 
Toeil; la douleur ^ Tinflammation et la cha* 
leur ^ont le résultat de FeiLcès du stimulus; 
mais la faim excessive , la migraine ou le 
clou hystérique, sont accompagnés de froid 
4es extréqutés ^t de défaut de circulation. 



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l3a J^aladies Se<5T. XXXÏ^. I. :j. 

Lorsqaon est exposé au grand froid^ la doub- 
leur que Ton éprouve par 1^ défaut de cha- 
leur est ^cc^ompâgnée d'une suspension deg 
mouvemens du- système vaâculàiré / de sorte 
î|ull né Survient poiht d'inflammatitfti , inaîs 
bien une grande appétence de chaleur et 
ùii tremblement des mUscles sous- cutanés '^ 
qui n'est proprement quunë conirtUsibn oc«- 
casîonnée par la douleur que produit le dé- 
faut du stimulus de la chaleur. 

Nous avons déjà dit que comme la sen- 
aation consiste dans <^ertaiiis înôuvémeus du 
sensoriuïil^ qui commencent à quelqu'une de 
ses extrémités et se dirigent vers son centre» 
de même la vôlition consiste dans certains 
autres mouvemens du sensotium/ qui côm- 
ihencent à son centre et se propagent vers 
quelqu'une de ses extrémités. Cette opinicni 
qu il existe deu:ic grands agens dû mouve- 
ment dans la machine animale , est confirme 
par le fait que jamais' ils n existent en même 
temps universellement où à un grand degté; 
car tandis que^ nous déployons fortement nos 
niouvemens volontaires , nous ce'ssons dé 
ressentir la douleur ou le malaise* qui nouai 
a induits à exécuter ces mouvemens. 

Ainsi) pendant le combat du pugilat « ou 
de lesorime , les combattans ne ressentent 
âe la* douleur que lorsqu'ils ont cesse i Tas- 
saut; de même au' cémmencemeat des acc^s 



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Sect. XXXIY. I. 9. delà voUtion. iSÏ 

de fièvre^ la sensation douloureuse du &oid 
diminue pendant que le malade frissonne et 
claque des dents; s^il cesse ces mouvemens, 
le froid ' reVient , et il est ainsi continuelle* 
ment porté à réitérer ces frissonneniens , qui 
lui ont procuré un soulagement momentaiïé. 
La niéme chose arrive dans les douleurs de 
lenfantement : les efforts d^ la . femme en 
travail modèrent la violeuce des douleurs 
pour un certain temps , mais elles rerien* 
nent bientôt après quelle a cçssé de faire 
ces efibrts; il en est de même dans plusieurs 
autres maladies douloureuses , conune dand 
la strangurie , le ténesme et les efforts dti 
Tomissement: toutes ces sensations désagréa* 
blés sont diminuées bu calmées pouv' un 
certain lemp^ par les dÎTcrsés e^certions 
qu'elles occasionnent, et reyiennqnt alterna* 
tiTement avec elles* 

Dans quelques fièvres lanxiété est une^ 
êxertfon presque continuelle de cette nature ^ 
excitée pour modérer quelques sensations 
désagréables ; )es efforts réciproques et oppou 
ses dun' ver blessé , Teinprosthotonos e.t 
l'opisthofonos alternatifs de quelques ma^- 
dies spasmodiques , et les intc^rralles de tou- 
tes les conyulsionsV quelles q^e soient leurjS 
causes, semblent; être dus à cette circon*^ 
étance des lois de lanimation , qu une exer- 
tiqu grande et universelle ne pçut pat 



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ï^ Maladies Sect; XX21Y; i. 5, 

exister en même temps quune sensation 
grande et nnÎTerseUe, quoiqu'elles paissent 
exister alternativement; ce qui piBut, pro-r 
/ baUement « s expliquer par cette loi plus 
générale^ qne toute 1^ puissance sensoriale 
étant épuisée dans un mode dexertion ^ il 
n'en reste plus pour aucun a^tre t de-l& ré^ 
suite que la syncope ou lapoplexie tempor 
ratre succède aux convulsions épilept^ques* 
5. Ainsi) lorsqu'on est affligé par une douleur 
Tiolente dont on ne peut éviter ou éloigner 
la cause ^ on apprend bientôt à trouver les 
moyens de la calmer en faisant quelques 
efforts volontaires et violens , comme ceux que 
nous venons d'indiquer, et on est porté na- 
turellement à faire à cet effet usage des 
inuscles qui, depuis TenCance^ sont habitués 
à être le plus fortemient et le plus fr^quemr 
pient exercés. 

' Or les muscles que les enfians employent 
le plus fréquemment^ dès le nioment de leur 
naissance^ sont ceux de la respiration, et c'est 
pour cette raison que nous prenofis Thabi? 
tude de retenir notre haleine en même temps 
que nous faisons de grands efforts poixr Tex- 
piration, afin de mitiger une douleur inévi- 
table ; ou bien nous laissons échapper Pair 
seulement par une petite ouverture du larynx ^ 
et nous crions avec force , lorsque la doUT 
|trar est trop forte pour être soulagée p^» 



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$tc7.SXXIV. u i. delà poUtiof. iSS 

le premier mode d^exertion; ainsi Içs eufaxis 
jettent des cris pour diminuer les^ peines soit 
àxjL corps ou de l-esprit, telles que celles qui 
proyi^nnënt de" la colère ou de la peur d'être 
ImiUus. 

On peqt fiure obseryer à c« sii}et que les 
animaux chez qui les muscles de la respira^- 
tion ont été }e plus souvent et le plus Tio^ 
lemment exercés , comme dans Faction de 
parler, d'aboyer ou de grognc^r, tels q^e les 
enfans , les c)xiens et les cochons , crient 
beaucoup plus, lorsqu*ils souffî^çnt, que les 
autres animaux , qui n ont que peu où poiut 
de langage dans Içur manière ordinaire de 
▼ivre 5 comme sont les chevaux , Içs moutons 
et les Taches. 

Les efforts les plus fréqu^ns et les plus 
actifs auxquels les enfans se livrent ensuite 
le plus yolontiers , sont ceux des muscles 
qui servent à mordre; les substances dures ; 
en effet les efforts dç cçs musclas sont 
très-puissans d^us la mastication ordinaire^ 
comme on peut lei remarquer par la dour- 
leur quon éprouve lorsqu'un morceau d'os 
se rencontre fortuitement parmi les ali- 
mens ; cela est plus évident encore par ce 
que ces muscles agissent avec tant de. désa- 
vantage mécanique, particulièrement lorsque 
nous mordons avec les dents incisives ou 
canines , qui sont les premières formées , ^ 



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i56 Maladies Sbct- XXXIV. i. 5, 

qui 9 par conséquent , sont les premières 
hi^bituées à une exertion violente. 

C^est ce qui fait que lorsqu'un indÎTidu 
souffire une grande douleur, dont il ne peut 
éloigner la cause , il serre fortement les dents» 
ou mord quelque substance avec beaucoup 
de force , ce qui est un autre mode d^exer* 
tion violente pour produire un soulagement 
niomentané : de-là vient notre proverbe que 
lorsqu il n y a point de remède au mal , il 
ne reste qu*à grincer les dents et à souffrir, 
et qu'on dit que les peines de Penfer sont 
accompagnées de grincement des dents. 

Dans des douleurs spasmodiques violentes, 
jVi vu plusieurs personnes , mordre non seu* 
îement leur langue , mais même leurs bras 
ou leurs doigts , ou ceux des assistons , ou 
quelqu autre objet qui se trouvait près d^ellesi 
j^en ai vu frapper , pincer ou déchirer les 
autres ou eux-mêmes , particulièrement la 
partie de leur corps qui était souffrante dans 
te moment. Homère dit que les soldats qui 
meurent sur le champ de bataille par des 
blessures douloureuses, mordent la ^poussier 
re. C^est encore ainsi que dans la colique de 
plomb , on dit que les malades se mordent , 
et que les chiens attaqua de cette maladie 
mordent la terre sur laquelle ils sont cou- 
chés. Il est probable que les tentatives de 
mqrdre chez les chiens enragés , et la fur^Wi 



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Sect. 'XXÉIV. 1. 4. delà voUtàoju 15/ 

des autres animaux hydrophobes prorieniieiit 
de la même cause. 

4* Si les efforts de lios mouvemeiis toIou^ 
taires se fout ayec plus d'énergie encore pour 
te soulagement de quelque sensation désa- 
gréable , il surrient des convulsions ; telles 
sont les diverses espèces d'épilepsie , et quel- 
ques paroxysmes hystériques. Dans toutes 
-ces maladies il y a production de douleur 
ou de sensation désagréable , souvent causées 
par des vers ou des acidités dans les intes^ 
tins y quelquefois par Taffection ^^vol nerf 
dans le cèté^ ou dans la tête, et d^autrefois 
par les douleurs que cause une maladie du 
foie. 

Chez quelques individus , il survient un 
degré de douleur plus insupportable dans una 
partie éloignée de la cause , par Teffet d^une 
association sensitive , comme nous Pavons 
déjà dit ; dans ces cas les douleurs sont por* 
tées au point que je crois fermement qu'il 
n^est pas de tortures artificielles qui puissent 
égaler quelques-unes de ces douleurs dont 
j^ai été témoin; et. je suis fondé à penser que 
la vie n aurait pas duré long-temps , si ces 
douleurs n eussent pas été allégées 'ou sup- 
primées par la convulsion générale des mou- 
vemens volontaires , ou par une démence 
momentanée. ^ . "« 

Chez quelques-uns de ces malheureux^ j'ai 



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fis ' Maladies Sect; XXXIV. i. 4« 

*a la douleur portée à un degré inéxprima* 
ble, avant que lés convulsioné n eussent lieù^ 
et elles étaient précédées de cris et de grifi* 
cismens dés dents ; chet dWtres comme dans 
Tépilépsie ordinaire , la contulsioii surTénait 
imniédiatemënt après le commencement de5 
sensations désagréables ; et comme la stupeur 
6ùit fréquemment les convulsions, lès mala- 
des né paraissaient 6ë rappeler que d^une 
douleur à Testomac , qui précédait Taccès « 
oU dé quélqu autre sensation désagréable , ou 
le plus iouTént ils ne se souvenaient aucu- 
nement de la causé immédiate du paroiiysme^ 
Mais même dans Péspèce d^épilepsie où lé 
malade ne sé rappelle pas de la douleur qui 
a précédé , lés paroxysmes sont généralement 
devancés par un inouvemelit tremblotant de là 
mâchoire inférieui'e dans lequel on se mord 
la langue f ensuite lés dents sé serrent avec 
violence , , et lés yeux soùt convulsifs avant 
le commencement de la convuléion générale : 
toutes ces actions sont autant d^èfifortà pour 
calmer la douleur. 

Nous avons dit plus haut séct. Xll. i. 3.» 
pourquoi ces mouvemens convulsifs sont al- 
ternativement détetminés et absens. Lorsque 
les efforts sont tels qu*ils procurent un sou- 
lagement passager à la douleur qui les ex- 
tite^ ils cessent pendant un certain temps > 
jusqu'à ce que la douleur sé renouvelle , et 



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^Cr.XSXVt.ié4* itlavoUtion. 1S9 

alors il sd fait encore de nourelles élertioiii 
pour la sotilager.' Nous en Toj^ons tous le« 
jours des exemples dans le rire fort eft réitéré 
de certaines personnes ; la sensation agréa* 
ble qui excité à rire s'élève momentanément 
ail point de changer de nom et de devenir 
douloureuse; les mouTemens couTulsifs dea 
muscles de la respiration appaisent le mal 
pour un temps ; cependant on ne teut point 
renoncer au plaisir, et aussitôt on met ua 
terme à cet effort ; alors le plaisir revient et 
presqu'à Finstant se cliange encore en dou-^ 
leur. U n est personne qui n'ait ressenti 1* 
douleur dun rire immodéré s on a vu des 
enfans qu'on chatouillait , tomber dans des 
convulsions générales et d'autres qui sont 
tnorts à force de rire; il est probable que 
^ela provenait d'une paralysie qui succédait 
à l'action long-temps continuée des muscles 
de la respiration. Ceci explique la raison 
pour laquelle les enfans qu'on elcite si aisé- 
ment à rire en les chatouillant, ne peuvent 
pas se chatouiller eut-mémes jusqu'au rire; 
laction de krurs mains dans cette tentative 
pour se chatouiller, empéx^he qu'aucun effort 
des muscles de la respiration soit nécessaire 
pour diminuer l'excès de l'affection du plat- 
wp. Voyez sect. XVII. m. 5. 

L'histoire nous apprend que Chrysippe est 
mort à force de rire , de ce qu'on avait invité 



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j4o Maladies Sect: XXXIV; i. 4« 

un Ane à souper avec lui^ On dit la même 
clbose d*un Pape qui, étant malade au litj 
aperçut ua èingé qùi^ à côté de sotk lit, se 
coiffait de hi tiare. Haller , phys. t; III; 
p; 5o6. Van Swieten donne quelques exem.-^ 
pies d'épilepsie produite par le rire, (t. llli 
p. 3o9 et 4<^3. ) . et tout le nkonde sait qite 
plusieurs personnes sont mortes subitement, 
par Pexcès douloureux de la joie , ce qui » 
peut-être, am^ait été prévenu par. des exer- 
tions du rire. 

Chaque combinaison d^idées qui devient 
Tobjet de notre attention , produit dû plai- 
sir ou de la douleur; celles qui causent du 
plaisir produisent un plaisir soit social ou. 
personnel^ soit malicieux ou amical, suit laa- 
cif ^ soit sublime ; c!est-à-dire qu*elles nous 
procurent un plaisir mélangé d'autres émo- 
tions^ ou quelles nous procurent un plaisir 
pur sans occasionner en même temps d^autr^g 
émotions ou exértions. Ce plaisir pur, s'il 
est grand , devient douloureux comme tous 
les autres mouvemens animaux provenaus 
de stimulans quelconques ; et si occasionnel- 
lement il ne survient point en même temps 
d^autres exertioa$« on se sert du rire pour 
calmer cette douleul*. Ainsi le rire est occa* 
sionné par un trait d^esprit qui excite seule • 
ment le plaisir , indépendamment de toute 
autre émotion^ telles que la pitié, Tamour 



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AsGT. XXXlV. 1.5. delà voUtion* f 4r. 

et le respecta Car les idées sublimes s allient 
4 radmiration ^ comme celles qui sont belles ^ 
à Pamour , et celles qui sont nouvelles , à la 
surprise; ces exertions de nos idées rendent 
inutile la nécessité de Taction du rire; pour 
mitiger le plaisir douloureux décrit plus haut. 
Ainsi Tesprit de plaisanterie ne consiste que 
dans des idées frivoles sans aucune liaison 
entr elles t tels sont les calembourgs , les 
équivoques et les jeux-de-mots qui sont si 
souvent Tobjet du rire chez lies enfans. 

Le plaisir pur ou sans mélange, moindre 
que celui qui produit le rire , occasionne le 
sommeil , comme lorsqu'on endort les enfans 
en chantant) ou qu'on s'enivre légèrement, par 
le vin ou les alimens. Voyez sect. XVIII. 13. 

5. Si les douleurs ou les sensations désa- 
gréables décrites plus haut , ne sont point 
momentanément appaisées par les mouvemen» 
çonvulsifs des muscles , ceux-ci continuent 
sans interruption , et il en résulte une espèce 
de catalepsie. Ainsi, lorsqu'un nerf. ou un 
tendon est très -douloureux par suite d'une 
inflammation ou d'une blessure , le malade 
serre et grince fortement les dents , pour 
diminuer la douleur; et si la douleur n*est 
pas calmée par cet effort, les muscles de la 
mâchoire ne se relâchent point comme dans 
les convulsions que je viens dé décrire, mais 
les mâchoires restent fixement serrées Pune 

Tome IL 10 ^ 



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^4^ Maladies Sect. XXXÏV. i. 5é 

contre Tautre : ce trisme est Pexemple le plus 
fréquent du spasme cataleptique^ à raison dei 
ce que nous sommes plus enclins à faire 
usage des muscles qui servent à la mastica- 
tion^ lesquels sont habitués de bonne heure 
à obéii" aux e£forts violents de la volition. 

Mais dans le cas dont il est fait mention 
dans la section XIX. sur la réfverie , la dame 
cataleptique avait des douleurs dans les dents 
supérieures ; et pressant avec véhémence une 
de ses main» contre Tos de la pommette ^ 
pour calmer cette douleur , la main restait 
dans cette' attitude pendant plus d^une demi- 
heure^ deux fois par )Our, jusqu'à ce que 
le paroxysme douloureux fût passé. 

Je viens de voir une jeune dame attaquée 
de cette maladie ^ ( qu elle a déjà eue fréquem- 
ment); elle s est déclarée de nouveau aujour- 
d'hui par des douleurs violentes qui se por- 
taient d^un des côtés du front vers Tocciput , 
et après plusieurs contorsions , la malade 
s'est jetée sur son lit , ayant les doigts et les 
poignets fortement contractés et roides pen- 
dant environ deux heures ; elle paraissait 
d^ailleurs être dans une syncope , le pouls 
restant dans son état naturel; elle a eu en- 
suite des intervalles de douleurs et de spas- 
mes^ et a pris trois grains d'opium toutes 
les heures jusqu'à ce qu'elle en eût pris neuf 
grains ; alors l^s douleurs et les spasmes 
ont cessé* 



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Sect. XXXIY. 1. 6. delà volition. i^% 

11 y a , cependant , une autre espèce de 
spasme fixe qui diffère du précédent en ce 
que la douleur existe dans le muscle con- 
tracté et parait être plut6t TefTet que la cailse 
de la contraction , comme dans la crampe 
qui affecte le gras de la jambe et plusieurs 
autres parties du corps. 

Dans ces spasmes , on croirait que le mus- 
cle lui-même est d^abord mis en contraction 
par quelque sensation désagréable , telle que 
cdle du froid ; et qu alors la douleur yiolente 
survient par la grande contraction des fibres 
musculaires qui étendent leurs propres ten- 
dons , lesquels , dit-on , ne sont sensibles 
qu à Textension ; ce qui est plus détaillé ^ 
«ect. XVlll. i5. 

6. Nous avons cité dans cet ouvrage beau- 
coup d^exemples qui prouvent qu après des 
mouvemens violens excités par l'irritation , 
Forgane est devenu inactif malgré une moindre 
irritation , ou même malgré la grande irritation 
qui d^abord avait fait naître ce mouvement 
violent; comme après qu'on a regardé fixe- 
ment et pendant long-temps le soleil ou une 
couleur éclatante , on cesse de les voir , et 
qu'en passant du grand jour dans une cbam- 
bre peu éclairée , Toeil ne jpeut d'abord aper- 
cevoir les objets qui le stimulent moiQ«. De 
ce genre est laT syncope qui succède à des 
^xertions violentes de nos mouvemens volon- 



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i44 Maladies Sect. XXXIV. i. 6* 

taires ^ comme des attaques dVpilepsie , car 
dans ce cas la puissance de la volition agit 
comme le stimulus dans le cas précédent. 
Cette syncope est une paralysie ou apoplexie 
momentanée , qui cesse après un certain 
temps ^lorsque les muscles reprennent le pou^ 
voir d'être mis en action par les efforts de. 
la Yolition; de même que Poeil dans le cas 
ci-dessus recouvre en peu de temps la faculté 
d^apercCToir les objets dans un lieu obscur 
où ils étaient invisibles, un moment après 
avoir quitté une lumière plus forte ; cet effet 
résulte de Paccumulation de la puissance sen-* 
soriale pendant Tinaction des fibres qui an** 
térieurement ont été habituées à des exer-» 
tions continuelles , comme on Fa expliqué 
sect. XÏI. viï. I. On éprouve celte mala* 
die à un moindre degré après une grande 
fatigue , lorsque les muscles sont tellement 
incapables de prolonger leur action que nous 
sommes obligés de nous reposer pendant un 
' certain temps , ou d'appeler une plus grande 
quantité de puissance de volition pour en 
continuer les mouvemens. 

Dans toutes les syncopes que fai vues sur- 
venir après des accès de convulsions , le 
pouls est resté naturel , quoique les organe^ 
du sentiment ainsi que les muscles locomo* 
teurs, ayent cessé de remplir leurs fonctions; 
car il est nécessaire pour la perception des 



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Sect. XXXiy. I. 7, de la volitionp 145 

objets que les orgames extérieurs du âentî* 
ment soient convenablement excités par lit 
puissance volontaire , puisque les paupières 
doivent être ouvertes et peut-être les mus-* 
clés de Toeil mis en action pour distendre et 
donner par^là plus de transparence à la 
cornée^ cpaà ^ dans la syncope comme dans 
Tétat de mort, parait applatie et moins trans-- 
parente ; le tympau de Toreille Semble aussi 
exiger une exertion volontaire de ses mus^ 
clés pour être suffisamment tendu , et il est 
probable que les autres organes extérieurs 
du sentin&ent demandent un ^ort volontaire 
de la même nature^ pour les adapter à la 
perception distincte des objets. Ainsi, dan^ 
la syncope comme dans le sommeil, la puis« 
sance de la volition étant suspendue , ou 
n aperçoit aiicun objet extérieur. Voyez sec* 
tion XV 111. 5, Pend^ant tout le temps que le 
malade est dans Tétat d^vanouissement, Pesf 
prit d^animation saccumnle \ ensuite les 
muscles deviennent irritables par leur stimu'^ 
latîon ' ordinaire , et la syncope cesse. Voy e;i 
sect. XXI; vir. 1, 

7. Si Pexertion des mouveméns volontaires 
a été encore plus énergique , l'inaction qui 
succède est si complète que ces mouveméns 
ne peuvent plus être mip en action par les 
effi>rts de la volonté ; c'cfst de cette manière 
fjXM U paralysie et |r'a|>aplexi$ (<|ui est uua 



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j^ Maladies Sect. XXXIV. i. 7- 

paralysie universelle) sont souvent produites 
à la suite des convulsions ou d^autres efforts 
violens ; je vais en rapporter quelcjues exem- 
ples. 

Platner fSait niention d^individus qui sont 
morts d^apoplexie par les efforts violens qu'ils 
ont faits dans Faction de ia danse ; et le 
Dr Mead , dans son essai 6\ir les poisops , 
parle d'un hydrophobe qui, d^un seul effort, 
rompit les cordes qui le liaient et mourut au 
même instant; il est probable que ceux qui 
sont morts d^un rire immodéré ont succombé 
par cette paralysie qui succède à une exertion 
violente. Mistriss Scott de Stafford, étant bien 
portante, se promenait dans son jardin avec 
sa voisine Mistriss * * *. Celle-ci tomba par 
hazard dans un fossé bourbeux , et fit de vains 
efforts pour se dégager à l'aide de la main 
de Mistriss Scott qui fit tout son possible 
pendant plusieurs minutes , d^abord pour aider 
son amie qui lui tenait toujours la main, et 
ensuite pour empêcher qu elle ne Pentrainât 
dans le fossé : on vint au secours de ces 
dames aussitôt qu'on les entendit criçr : eu- 
suite Mistriss Scott alla s'asseoir sur une chaise 
qui se trouvait à quelques pas de-là, et fut 
tout'àcoup frappée d^une attaque d'iapoplexie , 
qui dura pendant plusieurs jours et se ter* 
mina par la perte totale de Pusage; du bras 
droit, et de la parole > quelle nt^ recoi:|vra 
jamais parfaitement dans la suite. 



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S£CT. XXXIY. 1. 7. de la voUtion* 147 

On dit qu'en Hollande beaucoup de per- 
sonnes sont mortes pour avoir patiné 4:rop 
long^temps ou avec ti*op d^ardeur sur les ca*. 
naux glacés ; il est probable que la mort de 
ces iudiyidus et celle dVutres qui ont péri 
subitement en nageant, était due à la grande 
torpeur ou à la paralysie qui succédait aux 
exertioo.s tirès-violentes jointes au froid con-* 
comitant, qui a eu doutant plus d^effet que 
les victimes s'étaient échauffées et épuiséea 
par r.exercice précédente 

Je xœ rappelle d^un jeune homme nommd 
It^airn qui , se promenant à Cambridge sur 
le bord d^un bateau , tomba dans la rivière ; 
son cousin du même nom 1 instruit qu il ne 
savait pas nager^ se jetta à Peau après lui , 
le saisit par ses habits , puis s approchant de 
la rive , par un effort violent ^ il le poussa 
i terre sain et sauf^ mai3 au même instant 
il fut saisie à ce quon croit ^ d^une crampe 
ou paralysie , et disparut pour toujours. La 
raison pour laquelle les muscles qui forment 
le gras de la jambe sont si susceptibles d^être 
attaqués de la crampe chez les nageurjs, est 
que ces muscles ont des antagonistes très* 
faibles , et que dans la marche ils sont g^né^ 
ralement réallongés, après leur contraction, 
par le poids du corps sur la base du gros 
orteil , poids qui est beaucoup plus fort que 
la résistance de Teiiu dans U natation» Yoyej^ 
wct. XVIU. i5. 



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14* Maladies Sect.XXXIV. i. 7. 

11 né s'ensuit pas que toutes les attaques 
d^apoplexie ou de paralysie soient précédées 
immédiatement d'un eâbrt violent. La torpeur 
qui survient après Texertion et qui n'est pas 
assez grande pour mériter le nom de para- 
lysie, reyiént souvent dans la suite par in- 
tervalles et par d autres causes de torpeur qui 
se présentent dans ces intervalles^ ainsi que 
nous Ta vous expliqué en traitant des paroxys- 
mes des fièvres intermittentes ; à la fin cette 
torpeur devient si grande qu'elle ne peut plus 
être éloignée par les efforts de la volition , 
et quil en résulte une paralysie complète. 
.Voyez sect. XXXIl. m. a. 

Chez plusieurs paralytiques que j ai vus ^ 
il y avait évidemment maladie du. foie , eau-' 
sée par l'usage trop fréquent des liqueurs 
spiritueuses; quelques-uns avaient la goutte- 
rose sur la figure et la poiirine , qui s était 
dissipa, soit spontanément 3 soit par lusage 
de remèdes extérieurs , et a été suivie d une 
attaque de paralysie; et comme j avais ob- 
servé chez divers individus qui faisaient trop 
d'usage des boissons alcoolisées^ que les accès 
depilepsie avaient lieu ver* ï'^g® de qua- 
rantSk ou cinquante ans^ sans dis{tosition hé- 
réditaire , ce qui selon moi résultait du sti- 
mulus d une maladie du foie , ) -étais disposé 
à attribuer beaucoup de cas de paralysie à 
la même. causée lorsque ce n'était point évi» 



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Sncté XXXIV. I. 7. de la voUtion* 14^ 

demment ieffet de TAge ou de la débilite 
Bon contractée. Ce que j'ai rapporté plus hauÉ 
àes îiydropisies qui sont dtaes très-sourent 
à une paralysie du systéiïie absorbant et qui 
attaquent Â^équ^mÉiei^t lea ivrognes , ma 
confirmé dans mon opinion. 

L-îrritation désagréable causée par une 
maladie du foie , produit des exertions et 
par suite une torpeur; la concurrence for- 
tuite d'autres causes de toipeur, telles qud 
le froid ^ les influences sdiairè et lunaire , 
l'inanition et le besoin de6 boissons spiritueux 
6es ordinaires , amènent enfin la paralysie. 

Ce qui achèye de le prouver, c'est quon 
observe que les muscles qui agissent le plus 
fréquemment et le plus énergi(Juement , sont 
les plus sujets à ]a paralysie ; tels sont ceux; 
de \^ voix et de l'articulation ; et parmi les! 
paralytiques que j'ai vus, le plUs grand nom- 
bre avaient perdu l'usage du bras droit, plus 
généralement employé que le gauche. 

Je ne puis quitter ce sitjet sans faire ob- 
server que si après une attaque de paraly- 
aie les facultés vitales ne sont pas fortement 
lésées 3 le malade doit r apprendre à faire les 
mouvemens du membre affecté, comme dans 
l'enfance : le membre est d'abord mu par 
l'irritation de ses muscles , comme dans l'ex- 
tension (ce dont un exemple a été rapporté 
4ans la sect. VU. i. 3*) ou par la commo- 



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i5q Maladies Sect. XXXIT. ii. i. 

tion éleclFiq^e ; ensuite il obéit à la sensa-^ 
tion^ ainsi qu^il ^rrÎTe d^s un grand danger 
ou dans 1^ fray^eur; et enfin les muscles se 
réassocient avec la yolition , et reprennent 
graduellement Tbabitude d^agir simultané'* 
ment. 

Un autre pbénomène quoffrent les para- 
lysies , est , que quand les membres d^un 
côté sont sans mouTement , ceux de Tautre 
côté sont continuelleni^nt eu action ; on ne 
peut expliquer ceci quen admettant que la 
force motrice, quelle quelle soit, ou quelquen 
soit le siège , étant susceptible de s'épuiscF 
par la fatigue et de s accumuler par le repos , 
est alors uioins dépensée , parce qu uue moi<!> 
tié du corps est hors d^état d^en recevoir la 
quantité ordinaire^ d^où résulte quelle afflue 
pins facilement et plus abondamment ver^ 
les membres qui ne sont poiut affectés. 

11. I. L'excès ou le défaut d^exertion tot 
lontaire , produit sur les mouvemens sen-? 
suels ou idées de Tesprit.des effets sembla- 
bles k ceux dont nous avons parlé en traitant 
des fibres musculaires : ainsi lorsqu une dou- 
leur violente causée par le défaut d'un sti-r 
mulus particulier , se fait sentir dans le 
système musculaire ou sensuel des fibres et 
qu elle ne peut pas être éloignée par le re« 
nouvellement du stimulus , comme dans cer-r 
^iu!$s constitutions oti les cQnvul3iou3 de« 



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Sect. XXXIY. II. 2. delà voUHan. i5i 

nmscles ont lieu à Teffet de procuver un 
80ulagemetit passager ; de menue dans dVu- 
tres constitutions , des efforts yiolens et yo* 
lontaires des idées de Tesprit ont lieu pour 
le même objet , car durant cette exertion ^ 
comme pendant celle des muscles ^ la dou- 
leur ou cesse ou diminue. Cette exertion 
violente constitue la manie ^ et dans plusieurs 
cas, j-ai tu la manie survenir et les convulr 
sions cesser, et réciproquement la manie ces^ 
«er et les convulsions revenir. Voyez sec? 
tion 111. V. a. 

2. La manie se distingue dWec le délire , eu 
ce que dans ce dernier état le malade ne sait 
pas où il est, et ne connaît ni ses amis ni 
eeui^ qui l^ntourent ; il reste même étranger 
à Fimpression des objets extérieurs , excepté 
lorsqu on lui parle k baute voix ou qu on le 
stimule fortentent, et alors iiiéme il retombe 
bientôt dan6 son état dUnsensibilité pour tout 
ce qui Tenviromie ; au lieu que dans la ma-i 
nie^ le malade a lesctntiment parfait de tous 
les objets extérieurs; mai^ la, puissance vo^ 
Ion taire de son esprit agit forte'mejit sur uu 
objet particuliçr de désir ou d^aversiou ; tous 
les hommes lui. sont su^p^ect^^ il craint quon^ 
ne traverse ses desseins^ et tandis quil fait 
Tin secret profond de ses intentions et dea 
motifs d« sf;s actions , il é^u^e sans cesser 
les moyens d^ob.tenir l'objet ^e, .%es désirs ow 
de prévenir ou venger les torts qu il suppose. 



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i5i Maladies Sect. XXXIV. u. ^^ 

5* Un philosophe lÊLodeme finançais , Mr 
Heltetius , rapporte le principe de presque 
tontes nos actions au désir d^ëritér Tennui 
ou iœdiurh pitœ , et il est Trai que nos désirs 
et nos ayersions sont les motifd de tontea 
90S actions yolontaires ; et Thomme .parait 
surpasser tous les autres animaux dans Pusage 
si facile de cette puissance volontaire , et 
par cette ràdson est plus, sujet qu'eux i| 
Faliënation ; mais dans la manie , cette exer« 
tion violente de la volition s'attache à des 
objets faux, et ne serait pas soulagée quand 
}>ien même oh obtiendrait^ bu parviendrait à 
fuir les objets qui déterminent celle exertion } 
c'est ainsi que j^ai vu deux exeiJiples de ma-r 
niaques qui s'iiriagfnaietit avoir la gale , et 
plusieurs autres se sont crus attaqués de la ma- 
ladie vénérienne, qùoiquen e>ffet ils n eussent 
aucun symptôme de Turié ni de l'autre : leur 
imagination restait constamment occupée de 
cette idée 5 et pour les désabuser , ce fut 
envain qu on provoqua clie« quelques - uns 
d'entreux la salivation , pi>ur essayer de lea 
convaincre de leur erreur. 

4- Il n existe dans res][)frit des lùaniaques 
que les volitions qui ne sont point mêlées 
de sensation ; le jït^eniier sy'ftitftÂiâè est ordi- 
nairement un |>6iichaxtt eittréme à la liiéfiance, 
ainsi que le manqiiè de bonté otk de délica- 
fesse rektivement à la pf^dj^^té^ Le soupçon 



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Sèct. XXXI V. n. 5* ife la voUtioiu i55 

est un efibrt volontaire de Tesprît qnî natt 
de Tétat pénible de la peun dont il chercke 
à se délivrer : la honte est une sensation 
désagréable particulière : voyez la fable des 
abeilles. La délicatesse sur la propreté résulte 
d^une autre sensation désagréable. Voilà pour^ 
quoi on ne les trouve pas chez les maniaques 
qni ne s'occupent que d^efforts volontaires i 
ainsi dans cette nmladie, les femmes les plus 
modestes se promènent nues parmi les kam^ 
mes avec une parfaite indifférence, tiennent 
des discours obscènes, et nWt aucun senti* 
ment de décence relativement à leurs éva* 
cuations naturelles. 

5. Les maniaques ne font pas plus d^atten* 
tion à leurs appétits naturels, ou aux stimu- 
lans des objets extérieurs , excepté dans ce 
qui se rapporte à leurs soupçons ou à leurs 
vues ; car les efforts vîolens et perpétuels de 
la puissance volontaire de leur esprit^ em^ 
pèchent en eux la perception de presque tous 
les autres objets, soitd^irritation, soit de sen* 
sation. C'est pour cela qu'ils supportent le 
froid , la faim et la fatigue avec beaucoup 
plus de courage, que dans leurs instans lu- 
cides, et que leur santé en est moins alté* 
rée : les historiens assurent que Charles Xll , 
Roi de Suède , dormait sur la neige au sicge 
de Frederikstadt , n'ayant pour lit tjue soti 
manteau, et qu'il supportait les extrêmes du 



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i54 Maladies Se CT. XXXIV.. ii. 6. 

froid , de la faim et de la fatigue , qui fSai- 
aaient périr un grand nombre de 8es soldats, 
parce que ce Roi était fou d^ambition , au lieu 
que le soldat n'avait pas un stimulus aussi 
puissant pour le préserver de la débilité et 
de la mort. 

6. Indépendamment de l'aliénation mentale 
causée par des e^ertions résultantes de la 
douleur, il y a aussi une démence agréable, 
ainsi qu uû délire agréable , tels que la folie 
de la vanité personnelle et celle du fanatisme 
religieux. Lorsque des idées agréables met- 
tent en mouvement la puissance sensoriale de 
la sensation^ et que celle-ci produit à son 
tour d'autres séries d'idées agréables , il en 
résulte une succession constante d'idées agréa- 
bles ^ qui produit un délire plein d'agrément : 
ainsi lorsque la puissance sensoriale de la 
Tolition excite des idées agréables , et que 
le plaisir qui en est la suite produit à son 
tour une plus grande yolition, il en résulte 
un flux continuel d'idées agréables Yolontai- 
res , lesquelles étant ainsi portées à l'extrê- 
me^ constituent l'aliénation mentale. 

Lors donc que nos actions musculaires 
sont excitées par nos sensations de plaisir , 
on leur donne le nom de jeu , et lors- 
qu'elles sont excitées par la yolition y on 
les appelle travail ; le premier est accom- 
pagné de moins de fatigue > parce que les 



L 



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Sect. XXXlV. If. 7. de lavoUtîon. i55 

actions musculaires qui accompagnent le jeu^ 
produisent dans leur succession plus de sen- 
sations agréables , et ces sensations ont la 
faculté de produire plus d^action musculaire : 
î^en ai tu ce matin un exemple intéressant. 
TJn petit garçon fatigué de marcher , priait 
son père de le porter; n tiens, (lui a répondu 
celui-ci , ) prends ma canne à pomme d'or et 
xnets-toi à chcTal sur cette canne ; » Penfant 
charmé s'est mis la canne entre les jambes 
et a couru gaiement y sans se plaindre de 
lassitude. Dans cette circonstance, Paide d'une 
autre puissance sensoriale , celle d'une sen- 
sation agréable, a donné une nouvelle vigueur 
à lexertion de la volition épuisée qui , d'ail- 
leurs, n aurait pas pu être excitée par une 
douleur additionnelle ^ telle que celle de la 
contrainte. C'est ce qui explique comment 
toute la puissance sensoriale étant employée 
à la contemplation de la félicité céleste , 
les saints de toutes les religions nouvelles 
ont supporté les tortures du martyre avec 
un courage dont autrement on ne pourrait 
rendre raison. 

7* Il y a quelques maladies qui reçoivent 
au moins un soulagement passager des exer- 
lions de la démence : on a plusieurs exem- 
ples d'hydropisies qui ont été guéries de cette 
manière pour un certain temps. J'ai vu deux 
fois une femme âgée attaquée d une ascite , 



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i56 Maladies SecT. XXXIV, ii. 7. 

en être délirree pendant quelques semaines 
par un accès de démence ; Tliydropisiè dis- 
paraissait pendant quelque temps et revenait 
ensuite ^en alternant avec raliénation mentale. 
J ai TU aujourd'hui un homme attaqué d*une 
difficulté de respirer lorsqu'il était couthé^ 
ayant le pouls très-irrégulier et les jambes 
œdémateuses 5 qui avait été « pendant plus 
dune semaine , considérablement soulagé de 
tous ces symptômes par un accès de folié 
qui setait déclaré à la suite de soupçons 
mal fondés et d une colère violente. 

Dans les cas de colère ordinaire et momen<> 
tanée , l'augmentation daction du système 
artériel' se reconnaît à la rougeur de la peau^ 
à Taccélération du pouls et à l'accroissement 
immédiat de la force musculaire. Un de mes 
amis avait coutume, lorsqu'il était trop fati^ 
gué par l'exercice de léquitation^ de se rap- 
peler des idées qui excitaient sa colère ou 
son indignation , et de cette manière il se 
soulageait , du moins pour quelque temps , 
de sa fatigue : par cette démence passagère, 
TefTet de la puissance volontaire sur tout le 
système était augmentée ; comme dans le 
cas d'hydropisie dont je viens de parler^ il 
paraîtrait que l'augmentation d'action de la 
faculté volontaire du sensorium affectait le 
système absorbant ainsi que le système se- 
crétoire. 



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Seot. XXXIV. II. 8. delà voUtion. i Sjc 

8. A 1 égard du soulagement des douleurs 
inflammatoires et de la guërison de la fièvre, 
j'en ai vu plusieurs exemples que j'ai rap- 
portés dans la sect. XII. ii. 4* Upe damé 
que î'al traitée , eut deux fois , à des inter- 
valles de plusieurs années , un tétanos quî 
la soulagea d^une douleur au sternum^ accom« 
pagnée de péripjieumonie. J^ai vu deux au- 
tres dames qui, vers la fin d'aune péripneu- 
monie violente dans laquelle elles avaient été 
saignées plusieurs fois , furent guéries pac 
la démence qui survint. Chez la première , 
Faugmentation de l'exertion volontaire des 
muscles de la mâchoire^ et chez les autres^^ 
celle des organes du sentiment, fit disparaître 
la maladie: c'est-à-dire que la sensation désa- 
gréable qui avait produit Tinflammation , ex-* 
citait alors la puissance volontaire ; et ces 
nouveaux efforts volontaires employaient ou 
dépensaient la puissance sensoriale surabon- 
dante qui s'exerçait auparavant sur le sys- 
tème artériel et qui avait causé Pinflammation. 

Un autre cas que Je crois digne d*être rap- 
porté , est celui d'un îeune homiiie d'environ 
vingt ans, qui avait été .attaqué d'une fièvre 
irritative avec débilité {)erdant trois ou qua- 
tre semaines , avec un pouls très -faible et 
très-accéléré et les autres symptômes ordi- 
naires de cette espèce de typhus, mais qui, 
k cette époque , se plaignait beaucoup et 

Tome IL II 



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iBé Maladies Sect.XXXIV. lï. 8^ 

souvent de douleurs aux jambes et aux pieds^ 
Tandis que ceui qui le traitaient d^sespé-' 
raient presque de ça guérison , je ris avec 
plaisir survenir' une démence qui était tota-» 
îement différente du délire,- en ce qu'il re-* 
connaissait ses amis ^ les appellant par leurs 
npms et distinguant parfaitement la cliambre 
où il <^ouctiait ;, mà^îs il devînt extrêmement 
soupçonneux à l'égard des personnes qui le 
soignaient, et injuriait en termes grossiers sa 
tendre mère qui . pleiirait à côté de son lit t 
alors son pouls se ralentit et devint plus fort^ 
mais sa fréquence dura encore quelque temps; 
enfin il guérit insensiblement. Dans ce cas , 
Tintroduction d'une plus grande quantité dé 
puissance de la volition donna . de la vi- 
gueur avix mouvemens du s'yst^riie i qui ne 
sont ordinairement excités que par la puis- 
sance de rirrîtation et de Fassociation. * 

Je me rappelle d*uîa autre jeune homme 
de vingt-cinq ans, qui avait une fièvre scar- 
latine , avec un pouls très-fréquent et une 
éruption générale a la peau et qu'on croyait, 
non sans raison , être en grand danger de la 
vie. Quelques jours après, il fut attaqiié d'une 
aliénation d'esprit que ses amis prireiit pour 
un délire : il guérit peu à peu et Pépiderme 
subit une desquamation totale. D'après ces 
cas et quelques autres , j'ai toujours regardé 
l'aliénation mentale comme un signe favora- 



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Sbct, XXXIV. jii. i. de la voUtion. ï5g 

ble dans les fièvres, et Fai totijotix*s>soigâeu-^ 
«ement distinguée du délire» 

111. Un autre mode d'exertîon mentale pour 
soulager la douleur , est de produire une séw 
rie d^idées non seulement par les efforts dé 
la Yolition, comme dans la folie, mais encore 
par ceux de la sensation , comme dans le 
délire et le sommeil. Cet efibrt de Tesprit se 
nomme rérerie ou somnambulisme-, et e^% 
décrit plus au long dans la secte «XIX. qui» 
traite de ce sujet ; mais je citerai; encore ici 
un autre cas de* cette maladie- étonnante ^ 
que ]'eus occasion de voir récemment , et j^en kî 
Yu plusieurs cas analogues dans la fc>tie^ quoi* 
que toutes ïes circonstances tt^^n fussent pas 
exactement semblables. Mais coirttae toutes 
ces affections se tei^minèrent ou cotiimencê^ 
rent par des douleurs ou des convulsions , il 
n'est pas douteUït qu'elles ne ' fussent d'orî-^ 
gine épileptique et ne constituassent un aû-^ 
tre mode d'efroi*ts de resprîl pour mitigër^; 
quelque sensation douloureuse. 

1. tJn jeune garçon de neuf ans atait été' 
attaqué tous les" matins à sept heuï'es , depuis 
dix jours , d'accès' extracrrdinait'es ^ avec de' 
légers retours dans raprès-niîdî. On crut que 
cette affection ^tait causée par des^ Vers, et* 
on lui fit prendre eii vain des purjgàtifs ver-' 
mifuges. Comme son accès deVait venir vers' 
les sept heures du matin, j'allaî le voir avant' 
cet instant; îl dormait, me pai*ut exempt de* 



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i6o Maladies Séct.XXXIV. m. i. 

douleur et le pouls était naturel. Vers sept 
heures , il commença à se plaindre de dou-' 
.leurs vers Pombilic ou plus du côté gauche , 
efc quelques minutes après ^ il fit des efforts 
des bras et des jambes comme pour nager; 
ensuite « pendant une demi-heure , il suivit 
une meute de chiens^ comme on le comprit 
diaprés ses cri» et les noms des chiens quil 
appelait ^ et par sa conrersation avec les 
compagnons de sa chaise, décriTant' exacte- 
ment une partie de chasse dont , à ce que 
j^appris y il avait été témoin un an aupara^ 
vaut , et dont il rapportait les plus légères 
circonstance»^ parlant à ceux qui y avaient 
assisté et regrettant Tabsence de ceux qui 
ne s'y trouvaient pas : après cette scène , il 
imita dans son lit quelques jeux de jeunes 
garçons, tels que la natation et le saut; en- 
suite il chanta une chanscm anglaise , puis 
un air italien : pendant ce temps , il avait les 
yeux tantôt ouverts et tantôt fermés , mais 
on ne put l'éveiller ou Texciter par aucune 
violence quon crut convenable d'employer. 
Environ une heure après , il revint à lui* 
même ; il était étonné et ne se ressouvenait 
de rien : après avoir été assez bien pendant 
une demi-heure, il tomba subitement dans une 
grande stupeur , avec un potils moins accéléré 
que dans Tétat jiaturel et une respiration lente 
et gémissante; il resta dans cet état environ, 
une demi-heure, après quoi il reprit ses sens. 



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SfiCT. XXXIY. m. 2. de la voUtion. i6i 

Jjvssne de cette maladie fut farorable; je 
loi ordonnai de 8e lever tous les matins à 
six heures , après avoir pris un grain d'opium; 
^ six heures et demie , il devait prendre 
quinze gouttes de laudanum dans un verre 
d'eau et de vin. Le premier jour le paroxjs-^ 
me fut plus court et moins violent. La dose 
d'opium fut augimentëe de moitié , et au bout 
de trois ou quatre jours , les accès le quitté'^ 
rent. Il prit ensuite le quinquina et la 
limaille de fer deux fois par jour^ et ja 
^iois que la maladie ne reparut plus. 

2. 11 est bon de faire observer que ces 
paroxysmes commençaient par une douleur 
et se terminaient par une stupeur,^ en quoi 
ils ressemblaient à un accès d'épilepsie. Ainsi 
donc les exertions du corps et de Tesprit 
tant volontaires quêxcitées immédiatement 
par la sensation agréable , étaient des exer* 
tions pour calmer la douleur. 

Il parait que la scène de chasse était plu^ 
tôt un acte de la mémoire que de Fimagina-^ 
tion, et que c'était, ainsi, en quelque sorte, 
une exertion volontaire , quoique accompa- 
gnée d'une activité agréable , qui était la 
suite des idées rappelées par le souveair « 
mais qui nen était pas la cause. 

Les idées rappelées ainsi volontairement , 
étaient suivies de sensations agréables^ quoi^ 
que ses sens ne fussent pas affectés par 
le stipiulus des objets visibles.^ ou tper-' 



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i6a Maladies Sect. XXXIV. m. 3. 

ceptibles par Porgane de l'ouïe , ou qu ils 
fussent si faiblement excités par ces objets 
quil TL^iL résultait ni sensation ni atten* 
tton; le plaisir ainsi excité par la Tolition ^ 
produirait d'autres idées et d'autres mouve- 
mens , résultans de la\ puissance sensoriale 
de la sensation ; de-là proviennent les caté- 
nations mixtes dldées volontaires et sensiti* 
ves et des mouvemens musculaires dans la 
jrêverie, qui, comme toutes les autres espè- 
ces d'exertions violentes , contribuent à cal- 
mer la douleur , en dépensant une grande 
quantité de puissance sensoriale. 

Ces accès commencent généralement pen- 
dant le sommeil^ doù je crois quçst venue 
lopinion qu ils avaient des rapports avec cet 
état , ce qui les a fait, nommer somnambu- 
lisme ; mais leur commencement pendant 1^ 
sommeil est dû à laugmentation d'excitabilité^ 
par des sensations internes à cette époque , 
ainsi que je lai dit dans la sect. XVIII. i4* 
et i5.^ et non à une analogie entre la rêve- 
rie et le somtneil. 

5. J'ai traité une demoiselle jeune et très- 
spirituelle , affectée d une rêverie qui revenait 
de jour à autre et durait presque tout^ la 
journée ; comme elle conservait pendant ses 
accès des idées de la même espèce que celles 
qu elle avait eues le jour précédent y et 
qu'elle ne s'en rappelait plus, le jour suivant;, 
quaiid il y avait absence d accès , ses parens 



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Sect. XXXIV. III.4. de la volUion. t&i 

m 

• imaginaient quelle avait deux âmes. Cette 
maladie participait aussi de la nature de 
} epilepsie et fut guérie nonobstant quelques 
jecfaûtes , par lopium administré avant le 
coi^mencement du paroxysme. 

4* Il s'ensuit de Jà , que le moyen de cal- 
mer les douleurs inflammatoires , consiste k 
supprimer tout stimulus , ce qu on obtient 
par la saignée , lair frais ^ Jes alimens mu^ 
cilagineux , les boissons aqueuses^ le silence 
et 1 obscurité. 

Les moyens de soulager les douleurs qui 
proyiennent d'un défaut de stimulus, consis^ 
lent à ajouter le stimulus particulier nécessai^ 
re, comme ceux des alimens et de la chaleur. 

La méthode générale de calmer la doub- 
leur, est d'exciter Faction de quelque grande 
partie du système , afin de consommer une 
partie de la puissance sensoriale , ce qui 
se fait, soit par Texertion des idées volon- 
taires , comme dans la démence et les con- 
vulsions^ soit par Texertion des mouvemens 
volontaires et sençitifs , comme dans la rêveur 
rie, ou en excitant les mouvemens irritatifs 
par le vin ou lopiun^ pris intérieurement^ 
^t par le bain chaud et les vésicatoires à 
Textéiieur , ou enfin , en excitant les idées 
sensitives par des nouvelles agréables , de$ 
répits toi^cUans 019. des passions délicieuses» 



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1^4 . Maladies Sect. XXXT. 

' ^' ■>;■). . . ..-j ^ ^ 

SECTION XXXV. 

DES MALADIES DE L^ASSOCI ATIOlf. 

I. I. Sympathie ou harmonie des parties; 
les parties primaires et secondaires d^une série 
associée de moui/emens , s'affectent réciproque'^ 
ment. Les parties des séries irritatiçes de 
mouuemeriSy s'affectent réciproquement de quatre, 
manières ; sympathies de la peau et de Vesto^ 
mac. Rougeur du visage après le repas , éruph 
iion de la petite-vérole sur le visage\ Jrissons 
après le repas. 2. Vertiges par iyrèsse. 5. Ab' 
sorption dans les poumons et le péricarde , cau^ 
sée par les émétiques ; dans le vomissement j 
les actions de Vestomdc sont diminuées et non 
augmentées. La digestion est fortifiée après un 
émètique ; vomissement ^ par défaut de puissance 
sensoriale. 4- ï)jspnée par le bain froid. Len^ 
ieur du pouls occasionnée par la digitale ; mort 
causée par la goutte de Vestqmac. II. î. Les 
parties primaires et secondaires des associa- 
fions sensitiues , s'affectent réciproquement. Dour 
leur causée par un calcul biliaire\ ou par une 
pierre dans la vessie. Migraine y épilepsie dou- 
loureuse. 2. Goutte et rougeur du visage ^ caji- 
sées par Viriflammation du foie. Herpès par 
injflammation d^s reins. 3. Coryza par le froid: 



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Stcr. XXXV. I. 1. de rassociation. ï65 

appliqué aux pieds. Pleurésie ; hépatite» 4* Dou- 
leur aux épaules pcfr inflammation du Joie. 
IIL Maladies par association d^idées. 

I. I. I^N grand' nombre de mouyemeni 
isochrones et successifs des fibres musculai- 
res et des organes du sentiment ^ou idées ^ 
«-associent, au point de former des familles 
on séries indissolubles d^actions ^ ainsi que 
je Fai démontré dans la section X. sur les 
mouTCmeiis associés. Il y a des constitutions 
qui établissent plus aisément ces association^^ 
par des répétitions yolontc^ires , sensiti^es ou 
irritatives , et d-autres les perdent plus aisé- 
ment, comme on Ta tu dans la sect. XXXI. <| 
sur les tempéramens. 

Lorsque lé commencement dHine telle série 
d^ctioi^s est dérangé par un moyen quelcon- 
que, la partie qui suit est susceptible d^étre 
dérangée en conséquence^ et c'est ce quon 
nomme ordinairement dans les ouvrages d^ 
médecine , sympathie ou harmonie des parties. 
Afin de mieux comprendre ces sympathies^ 
nous devons considérer une famille ou série 
d^actions comme divisée en deux parties, et 
nommer Tune d^elles comme appartenante 
aux mouvemens primaires ou origrnels y ejt 
Tautre aux mouvemens secondaires ou sym* 
pathiques. 

Les pfurties primaires ou, secondaire^s d.^uoe 

•» • _„Goog,c 



ï66 Maladies Seot. XXXV. 1. 1^ 

série d'actions irritatives , peuvent s affecter 
|i>éciproquement de quatre n^nières différent» 
tes : i"* elles peuvent toutes deux agir avec 
plus d^énergie que dans Tétat naturel, d^ 1^ 
première peut ^gir avec plu$ d^énçrgie et la 
seconde avec moins, 3"^ la première peut agir 
avec moins d'énergie et la seconde avec plus, 
4'' elles peuvent agir toutes deux avec moiny 
d'énergie que dans Fétat naturel. Je vais 
donner un exemple de chacun de ces mode9 
d'action et tâcher de démontrer que^ quoi* 
que les parties primaires et secondaires d^ 
ces familles ou séries de mouvemens, soient 
liées par une association irritative^ ou par 
leur habitude d'agir ensemble , comme je l'ai 
dit dans la sect. XX. sur le vertige ^ cette 
manière d''agir avec des degrés semblables ou 
diflerens d^énergie , dépend de la plus ou 
moins grande quantité de puissance senso- 
riale que la partie primaire de |a série em? 
ployé dans ses exertions. 

Les actions de l'estomac constituent une 
partie tellement essentielle des associations 
àes mouvemens irritatifs et sensitifs , que 
Ton croit qu elles sympathisent avec presque 
toutes les parties de Téconomie animale. Le 
premier exemple par lequel je démontrerai que 
les parties primaires et secondaires d'une 
série d'associations irritatives du mouvement 
agissent avec augmentiitioiçi: d'énergie , est 



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Sect. XXXV. I. !• de V association. 167 

tiré de la sympathie de la peau aTec ce vis* 
cère. Quand Taction des fibres de Testomac 
est augmentée f comme par le stimulus d^un 
bon repas ^ les exertions des artères cuta- 
nées du visage , augmentent par leur açsor 
dation irritative avec celles de Testomac ; 
et il en résulte une rougeur à la face; car 
les pej;its vaisseaux de la pçau de cette par^ 
tie ayant été habitués aux variations d^action 
par leur exposition\ fréquente aux divers 
degrés de température > leur action augmente 
plus facilement que celle des parties qui 
sont recouvertes par les vétemens; et ainsi 
ils agissent avec plus d^énçrgie par leurs 
associations irritatives ou sensitives avec 
Festomac ; c*est pour cette raison que dans 
la petite -vérole , Féruption qui succède à 
Fafiection préalable de Festomac , se mani- 
feste sur le visage un jour plutôt que sur 
les mains , et deux jours ^ plutôt que sur le 
tronc , et qu'elle disparaît à des intervalles 
semblables, après que les pustules ont atteint 
leur maturité. 

Mais ensuite^ dans les constitutions faibles, 
c'est-à-dire dans celles qui possèdent moins 
de puissance, sensoriale y il s*en fait une si 
grande consommation dans les actions aug- 
naentées des fibres de Festomac excitées par 
le stimulus d^un repas ^ quil survient un. 
Irisson au lieu de la rougeur générale dont 



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f68 Maladies Sect. XXXV. I. 5. 

nous avons parlé ; et ainsi la partie secon* 
daîre de la série associée de mouyemens , 
diminue d^énergie par Paagmentation dWti<» 
Tite de sa partie primaire. 

a. Un autre exemple d'un genre analogue, 
où. la partie secondaire de la série agit avec 
tBoins d'énergie, en conséquence des exer- 
tions plus fortes de la partie primaire, est le 
▼ertige qui accompagne Tirresse ; dans cette 
circonstance , 1 estomac consomme une telle 
quantité de puissance sensoriale par ses as- 
sociations les plus proches et les plus fortes , 
(comme celle des vaisseaux sous-cutanés et 
sans doute aussi celles des membranes de 
quelque viscère interne ,) que les moûvemens 
îrritatifs de la rétine se font imparfaitement 
par le défaut de puissance sensoriale, comme 
je lai expliqué dans les sections XX. et 
XXI. 5. sur le .vertige et Tivresse : c'est 
de cette manière que lliomme ivre ne peut 
pas conserver son équilibre , par le défaut 
dexactitude dans la vision. 

5. Un exemple de la troisième circonstann 
ce , où la partie primaire d une série de 
moûvemens irritatifs agit avec moins deneiv 
gie et la partie secondaire avec plus , peat 
se démontrer par l'expérience suivante. Si on 
se couche avec les bras et les épaules hora 
• du lit jusqu'avec qu'ils deviennent froids , il 
pn résulta ui^ coryza ou catarrhe momentané ^ 



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Sect. XXXV. ï. 5. de l'association. 169 

de sorte que le canal nasal edt totalennenfc 
obstrué ; €*est du nioins ce qui airrive à 
beaucoup de personnes : ensuite^ en se cou* 
Trant les bras et les épaules , jusqu'à ce 
qulls deTÎennent cbauds , le conduit nasal 
cesse d'être obstrué et il en sort une ^ande 
quantité de mucus. Dans ce cas, la torpeur 
des Taisseaux de la peau des bras et des 
épaules f occasionnée par îexposition à Tair 
firoid , produit « au moyen des associations 
irritatiyes , une augmentation daction des 
Taisseaux de la membrane des narines ; et 
Taccumulation de puissance sensoriale pen- 
dant la torpeur des bras et des épaules, est 
ainsi consommée par la production d'un co- 
ryza ou catarrhe momentauié. , 

On pourrait encore citer un autre exemple 
de la sympathie (les mouyemens de Vestomac 
avec d'autres cbàlnons plus éloignés des fa- 
milles ou séries très-étendues des mouyemens 
irritatifs qui leur sont associés , comme on 
l'a dit dans la sect. XX« sur le yertige. Lors- 
que des actions des fibres de l'estomac sont 
diminuées ou fnteryerties , celles des vais- 
seaux absorbans qui enlèvent le mucus des 
poYimons et du péi^icarde, et des autres cel- 
lules du corps , sont augmentées et absorbent 
avec plus d avidité les fluides qui y sont con- 
tenus , comme on le voit par Fusage de la 
digitale^ de lantimoine ou d'autres émétiques. 



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tyà Maladies Sect* XXXV. i. 5. 

dans lé cas d'anasarque qui est accompagnée 
d'inégalité du pouls et de dif&ctilté de res- 
pirer. 

On peut eïi conclure que la nausée et le vo- 
missement proviennent d'une exertion dimi- 
nuée des fibres de- lestomac; lorsquon prend 
tin Tomitif il produit la douleur de Tenvie de 
Tomir, de même qu*un goût désagréable dans 
la bouche, produit la douleur de la nausée; ces 
douleurs, ainsi que celles de la faim ou du 
froid, ott celles que Ion nomme ordinairement 
neryeuses , telles que la céphalalgie ou la mi- 
graine, ces douleurs, dis-je, n'augmentent pas 
Faction de Torgabe { mais je crois que dans ce 
Cas les douleurs de Tenyie d^ vomir ou de 
la nausée, contre-balancent ou détruisent la 
sensation agréable qui parait nécessaire à la 
digestion , ainsi qu'on Fa vu dans la sec- 
tion XXXIl. I. t. Les mouTcmens péristaN 
tiques des fibres de l'estomac safPaiblissent 
par le manque de ce stimulus de sensation 
agréable et s'arrêtent en conséquence potrr 
un certain temps, puis s'intervertissent, car 
ils ne peuvent pas rétrograder sans s'arrêter 
auparavant; or ce qui prouve que cette in- 
terversion des séries de mouvemens des fibres 
dé Festomac est due au défaut de sensation 
agréable , c'est que des idées ùaùséabondes 
produites par des paroles , causent le vomis- 
sement presque aussi efficacement qu'un émé- 
fique. 



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â£CT. XXXV. i. 5. de Vassociation. ijt 

II parait donc que l^acte de la nausée et 
du vomiasement^ dépense moins de puissance 
sensoriale que le mouveiment péristaltiquf! 
ordinaire dé Testottac dans Facte de la di- 
gestion , et qu ainsi ^ il s accun^ule une plud 
grande quantité de puissance sensoriale dand 
les fibres de l'estomac i qu'il en reste tonié-^ 
quemment davantage pour Tat^tion des parties 
de Péconomie animale qui sont ainsi associée!^ 
ateti restotnat,' tel' que' tout ïe système des 
absorbaus> et qui sont excitées en mêm« 
temps par' leurs stimulans ordinaires. 

D'après cela on' peut comprendre com-^ 
ment après l'opératâon 'd'un-^émétique ,' Pès- 
tomac devient plvts 'iii^itable et 'pliT^^^ensible 
au stimulus des alimëns et àu'plalsir qu'ils 
causent; car domme la puissance" •iensdrîale 
est accumulée pendant la nausée ' et le vo* 
missement , là puîé^ancè dlgë'sUf e s'eierce 
ensuite avec plus dVnergîe |)Ctt<!fcant^ un cer* 
tain temps. 11 faut néanmoins reiivarquer ici 
que, quoique le 'voUfiisseraéiït soit, en géné- 
ral, produit par le défaut de ce stimulus de 
sensation agréable , comme lorsqu'on prend 
un médicament nauséabond ', cependant 
quand le vomissement dure long- temps , 
comme dans le mal de mer^ ou dans- l'ivro- 
gnerie habituelle, il provient d^un défaut de 
puissance sensoriale , qui dans le premier 
cas est épuisée par PexertioB augmentée des 



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i7% Maladies SecT. XXXT. ii. i* 

idées îrritatiyes de la vision y et dans le 
second par Tapplication firéqueute d*un sti^ 
mulus trop énergiqueé 

4« La dyspnée qui stirvienit îorsqiie ron. 
entre dans un bain trèS'froid> et que nous 
aTons décrite dans la sect* XXXII. m. a., 
est un exemple de la quatrièml) circonstance 
où les parties primaires et secondaires de 
la série de mouvemens se font arec moinft 
diénergie que dans letat naturel. On remar- 
que la même chose dans le cas d'augmenta- 
tion dé débilité des pulsations 4^ cœur e% 
des artères pendant Topération d'un vomitif; 
secondement, .dans la lecteur et Tintérmit-i» 
tencë dès pulsations du coaur « résultantes 
des efforts continuels pour vomir ^ occasion- 
nés par une trop forte dose de digitale ; et 
troisièmement^ dans la cessation totale des 
mouvemens du cœur^ ou la mort^ suite de 
la torpelir de Testomac , lorsqu'il est affecté 
par le commencement du paroxysme du froid 
de la goutte. Voyez sect. XXV. 17. 

II. I. Les parties primaires et secondaires 
des séries dassociation sensitive , s affectent 
réciproquement de différentes manières : i"* la 
sensation augmentée dans la partie primaire 
peut cesser , lorsque celle de la partie secon- 
daire commence^ p? Faction augmentée de 
la partie primaire peut cesser, lorsque celle 
de la partie secondaire conmieacc , 5"" la par- 



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Sbct. XXÎV. II. I. de rassociation. 17? 

lie primaire peut avoir la sensation augmen^ 
tée , et là partie secondaire une augmenta- 
tion d'action , 4"* ^^ partie primaire peut avoir 
une augmentation d'action, et la partie secon- 
daire une augmentation de sensation. 

11 n'est pas rare de voir des exemples de 
la première espèce , où une augmentation de 
sensation dans la partie primaire d'une série 
d'associations sensitives vient à cesser, lors- 
que celle de la partie secondaire commence^ 
puisque c'est ^ en général , Forigine des dou- 
leurs qui durent pendant un certain temps 
sans être accompagnées d'inflammation : telle 
est la douleur au creux de Testomac ^ causée 
par un calcul fixé au col de la vésicule du 
fiel, et la douleur de la strangurie dans le 
gland, causée par un calciil logé au col de 
la vessie; dans ces deux cas, la partie qui 
est secondairement affectée , parait beaucoup 
plus sensible que celle qui est affectée pri- 
mitivement, comme il est dît dans le cata- 
logue des maladies, classe II. i. i. ii. et 
IV. 2. 2. 3. IV. 2. 2. 4* 

La migraine ou céphalalgie nerveuse , ainsi 
qu^on la nomme , lorsqu'elle est le résultat 
d^une dent cariée, est une autre maladie de 
cette espèce , car la douleur de la dent ce^sc 
toujours lorsque celle de l'orbite ou de la 
tempe commence ; et il est probable que les 
douleurs violentes qui occasionnent les con* 

Tome II. 12 * 



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174 Maladies Sect. XXXV. ii^ i. 

Tulsions dans les épilepsies douloureuses, sont 
produites def la même manière, c est-à-dire 
parce qu une partie sensilile sympathise avec 
une partie malade dont la sensibilité est 
moindre. Toyez le catalogue des maladies , 
classe IV. 2. 2. 8. et 111. i. 1. 6. 

La dernière dent ou dent de sagesse de la 
mâchoire supérieure se détériore souvent la 
première, et il en peut .résulter une douleur 
à l'oeil et à la tempe du même côté. La der- 
tiière molaire de la mâchoire inférieure est 
aussi susceptible de produite une migraine 
semblable , lorsqu'elle commence à se gâter. 
Quand une dent de la mâchoire supérieure , 
est la cause de la (céphalalgie^ on éprouve 
souvent une douleur plus légère dans Tos 
maxillaire , et lorsque c'est une dent de la 
mâchoire inférieure qui la produit, on éprouve 
quelquefois de la douleur dans les tendons 
des muscles du cou , qui s'attachent au^ mâ- 
choires ; mais f ai vu la carie de la seconde 
molaire de la mâchoire inférieure , produire 
le clou hystérique, ou cette douleur qui a 
lieu yers la partie moyenne de Tun des os 
pariétaux , et j*en rapporterai l'observation 
"suivante. Voyez classe IV. 2. 2. 8. 

Une dame ^ âgée de 3o ans, fut attaquée d'une 
grande douleur vers le milieu du pariétal 
droit , laquelle durait depuis 24 heures avant 
que je fusse appelé , et cette douleur était 



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^ECt.XTLt. il. i. de VàssbciatioH. iyS 

tellement Viblcntë qu'il y avait à craindre 
des convulsibns *, ne pouvant découvrir de 
dén* cariée bû sënâiblé par Fiiispectidn ocii* 
laire ni en leS frappant àiëc lin corps dur , et 
traigndtit' de inttuvtiises coliséqueficës de da 
disposition éna cpnvulsiotis , je lui conseillai 
de se faire extraire là dernière inolaire de 
la mâchoire inféHeurë du côté affecté , bè 
tjui fut pratiqué saiià Succès. Ensuite je la 
fis saigner et lui fis prendre 'un purgatif 
tt*ès<^actif j et Après qii'il eut opéré, je lui 
prescrivis enviroil sôixahte gouttes de httida- 
num avec dé fortes dosés dé quinquina; ces 
moyeifs firent cesser la douleur. Quinze jours 
aprèà elle prit imprudemment ùti nôuVéau 
tathartique> et la douleur revint dVéc plus 
de violence au même endroit; comihe elle 
demeurait à 5o milles ( lo lieués ) de chefe 
moi), elle eut Une attaque de paralysie avant 
que je pusse arriver près d'elle; cette atta- 
que afecta le6 membres d'un côté et la moi* 
tié de la face^ /et soulagea sa douleur de 
tête. 

Environ un àti après , je fus encore mandé, 
sa douleur étant revenue avec autant de vio- 
lence qu'auparavant et exactement sur la 
même partie du pariétal opposé. Ayant exa- 
miné ^n bouche , je^ trouxai que la seconde 
molaire de la mâchoire inférieure du côt.é 
affecté primitivement i était cariée ^ et j'en 



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:i!j6 Maladies Sect.XXXV, ij. !• 

conclus que cette dent avait été la cause de 
Tattaque de paralysie , par la douleur et 
Tex^rtioB qui en avaient été les suites. En 
x^nséquence je lui recomi;nandai fortement 
de se faire extraire la molaire saine de la 
puême m^âchoiref correspondante à celle qui 
^talt cariée ^ ce qui fut £ait à Tinstant , et sa 
dpuleur k la tête cessa immédiatement^ au 
^and étonnement de tous ceux qui étaient 
présens « 

Dans les cas décrits plus haut où la dan- 
ieur existait dans une partie éloignée du siège 
;d,e la maladie > cette douleur était due au dé- 
/aut. de mo^uvemens ordinaires.de la partie 
douloureuse. Cela se reconnaît à la froideur ^ 
À la pâleur et à la vacuité des vaisseaux affec^ 
«tés 9 ou des extrémités du corps en général « 
«t à» ce qu'il ny a point de tendance à rinflam- 
;Snation. L^augmefitation d^action de la partie 
primaire de ces mouvemens associés , comme 
jde. la terminaison hépatique du canal biliaire 
.parole stimulus d^un calcul biliaire/ ou de 
la terminaison intérieure de Turèthre par le 
stimulus d^un calcul dans la vessie « oii enfin 
d^une dent cariée dans la migraine ; cette 
avigmentation d^action , dis-je , prive la par- 
tie secondaire de ce>s mouvemens associés , 
nommément les terminaisons extérieures du 
canal biliaire ou de TurèthrCi ou les mem- 
branes douloureuses de la tête dans la mi* 



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^£CT. XXXV. II. I. de Vassociation* t^*j 

graine , de leur portion naturelle de puissance 
éensoriale : et ainsi les parties secondaires 
de ces séries sensitives d'associations , de- 
viennent douloureuses par défaut de leurs 
mouyemens ordinaires « lequel est accompa- 
gné de défaut de sécrétions et de chaleur. 
Voyez sections IV. v. XII. v, 5. XXXIV. i. 
Pourquoi la douleur de la partie primaire 
de TassQciation cesse-t-elle lorsque celle de 
!a partie secondaire commence? Cette ques- 
tion est embarrassante , mais elle n'est peut- 
être pas insoluble^ La douleur de la partie 
primaire de ces séries associées de mouve- 
mens , était l'efiFet d'un trop grand stimulus ^ 
tel que celui que produit un calcul au col 
de la vessie , et était par conséquent cau- 
sée par une trop grande action de la partie 
douloureuse. Cette action excessive de la 
partie primaire de ces mouvemens associés « 
occasionnait un engourdissement et consé- 
quemment une douleur dans la partie secon- 
daire de la série associée , en employant ou 
dépensant la puissance sensoriale de Firrita-r 
tion qui appartenait à toute la série associée 
de mouvemens , parce que cette partie avait 
plus de sensibilité que la partie primaire^ 
Or aussitôt que commence la grande douleur 
de la partie secondaire de la série , elle 
employé ou épuise la puissance sensoriale 
de sensation qui appartient à toute la série 



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179 / Maladies Sect. XXXV. ii. |. 

associée des mouyemens , et en conséquence 
les mouveinens de la partie primaire « quoiT 
quaujgmentés par le stimulus d'up Pprp^ 
étr£^nger, cessent d^étre ^ccoinpagnjés de dou? 
leur ou de sensation. 

Si ce raisoï^nemeut est juste , il explique 
ce fait curieux « pourquoi quand deux parties 
flu corps sont fortement stimulées , la dou- 
leur ne ^e fait sentir que danç une seule y 
quoiqu'il sqit possible que , par une attention 
volontaire, y on la ressente altern^tiyement 
dans toutes les den:;:. Dp même encore « lorsr 
que deux nouyelles idées se présentent à Tes- 
prit par le stiiuulus des corps extérieurs, on 
ne fait attention qu à une ^eule à ^ fois ; ou 
en d^autres termes ;, lorsqu'une série dç fibres, 
soit des piuscles , &ioit des organes du senti- 
xnent^ se contracte assez fortement pour exr 
citer beaucoup de sensation , une autre séri^ 
de fibres, se contractant plus faiblement, n ex- 
eite aucune sensation quelconque, parce que 
)a puissance sensoriale àç sensation est pré- 
occupée par la prewère série de. fibres. Ainsi 
9n ne peut pas vouloir plus d'uue chose à 
la foiSj^ quoique par des associations préa^- 
l>Ieinent formées, nous puissions mettrç en 
activité })eaucoup de fibres en même temp^. 

Ainsi, daps les ei^çmple^ que j^ai cités ^ la 
terminaison du canal biliaire d^ns le duodé- 
num, et Textrémité extérieure de Furèthrei 



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Sect. X3CXV. II. a. de r association. 479 

6ont plus sensibles que leurs autres terminai- 
sons. Quand ces parties sont privées de leurs 
mouTemens ordinaires par défaut de puis- 
sance sensoriale , ainsi que je Fai déjà expli* 
que , ces parties deviennent douloureuses > 
conformément à la cinquième loi rapportée 
dans la section IV. et la douleur plus légère 
excitée primitivement par le stimulus de la 
bile concrétée , on d^un calcul aux autres 
extrémités^ cesse d^étre sentie. Cependant, 
quand par la suite y ces concrétions bilieuses 
ou urînaires , deviennent plus nombreuses ou 
plus grosses , la douleur que cause leur aug- 
mentation de stimulus^ devient plus forte que 
la douleur associée; et alors on la sent au 
col de la vessie ou de la vésicule du fiel, 
et on cesse de la ressentir au gland , ou 
au creux de Testomac. 

2. Il s offre aussi assez communément des 
exemples du second mode où il arrive que 
Taugmentation d*action de la partie primaire 
d*une série d^association sensitive cesse , lors- 
que celle de la partie secondaire commence. 
C^est de cette manière que se font les trans- 
positions des inflammations internes vers les 
parties externes , comme quand une inflam* 
mation du foie ou de Pestomac se porte aux 
membranes du pied , et produit la goutte ; 
ou à la peau du visage , et forme la goutte- 
rose î ou lorsque Tinflammation des membra- 



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i8o . ^ Maladies Sect.XSXY. 11. IR. 

nés des reins se porte à la peau des lombes » 
et y forme une espèce d^herpes ; dans ces 
cas , quelle que soit la cause qui ait produit 
riuflammation primitite ^ comme la partie 
secondaire ile la série d^association sensitive 
est plus sensible , elle s*exerce ayec plus de 
violence que sa première partie ; et par sa 
douleur augmentée « et le mouvement aug-» 
xnenté de ses fibres , la puissance sensoriale 
de sensation diminue et s*épuise an point 
que la partie primaire de la série étant moins 
sensible , cesse de ressentir de la douleur , 
et d'agir avec trop d'énergie. 

5. 11 n'est pas rare non plus que la pçirtie 
primaire d'une série d'association sensitive 
de mouvemens, ait sa sensation augmentée, 
et que la partie secondaire ait également son 
action augmentée ; car ^ c'est ainsi que la 
plupart des inflammations commencent. Ainsi^ 
lorsqu'on reste quelque temps dans la neige ^ 
les pieds sont affecté^ de la douleur du froide 
et il en résulte un coryza simple ou une 
inflammation de la membrane des narines. 11 
est probable que les inflammations internes, 
telles que la pleurésie ou l'hépatite qui ont 
lieu dans le paroxysme de froid de la fièvre , 
ont la même origine par la sympathie de ces 
parties avec quelques autres , qui soufi*raient 
auparavant par la torpeur ; comme il arrive 
à diverses pai^ties du système pendant Titcçès 



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Sect. XXXY. II. 4* ^ Vassoeioftum» i8i 

de firoid de la fièvre. Il semblerait que dans 
ces cas, la puissance sensoriale de sensatioù 
«accumule pendant la durée de la douleur 
du froide de même que Tengourdissement 
des vaisseaux occasionné par le défaut de 
chaleur , contribue à Faccroissement ou à 
Taccumulation de la puissance sensoriale de 
l'irritation^ et que Tune et l'autre s'exercent 
sur quelque partie interne , qui n avait pas 
été engourdie par le froid dont les parties 
externes étaient affectées, ni par son asso- 
ciation avec elles; ou sur celles qui ont re- 
couvré plutôt leur sensibilité. Ceci demande 
plud de développement. 

4* Un exemple de la quatrième espèce , 
c'est-à-dire, où la partie primaire d^une as- 
sociation sensitive de mouvemens peut avoir 
son action augmentée et la partie secondaire 
avoir une augmentation de sensation , peut 
se déduire de la douleur de Tépaule qui 
accompagne Tinflammation des membranes 
du foie , voyez classe IV. a. 3. g. ; dans cette 
circonstance, il parait quil se dépense une 
telle quantité de puissance sensoriale dans 
les actions violentes et les sensations des 
membranes enflammées du foie, que les mem- 
branes qui leur sont associées s engourdissent 
pour leur stimulus naturel , et deviennent 
par conséquent dotdoureuses. 
U peut y VfQSiX d'autres modes par les- 



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i8^ Malaâ.de Vassociat SiCT. XXXV. iij* 

quels les parties primaire et secondaire des 
séries de mouTemens sensitifs associas « peu- 
Tent s'affecter réciproquement , comme on 
peut le voir classe IV. dans le catalogue des* 
maladies, qui toutes peuvent probablement 
se réduire au plus ou au moins de puissance 
sensoriale; mais )usqu*à préseiit nous narons 
pas fait a9sez d^expériences pour éclaircir 
cette doctrine. 

' m. Les séries associées de nos idées peu- 
▼ent avoir des sympathies , et leurs parties 
primaire et secondaire s'affecter mutuelle- 
ment d'une manière en quelque sorte sem- 
blable à celles que nous venons de décrire, et 
peuvent ainsi occasionner divers phénomè- 
nes curieux qui n'ont pas encore été obser- 
vés , sans parler de ceux que nous avons 
expliqués dans les sections sur les rêves , la 
rêverie , le vertige et Fivresse ; elles peuvent 
ainsi déranger les conséquences de nos rai- 
sonnemens , aussi bien que le cours de nos 
idées, nous présenter de faux motifs de peur^ 
attacher une valeur imaginaire à des^ circon- 
stances indifférentes, donner Heu à des pré«* 
Tentions et à des antipathies , et ainsi nuire 
au bonheur de la vie. On pourrait faire une 
moisson abondante et curieuse dans cette'par- 
tie de la science, mais cependant je me dis- 
|>en$erai de traiter ce sujet en ce mont|ent« 



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Segt.XXXVL Des périodes des malad/ i85 
SECTION XXXVI- 

DSS FiRIOD£9 D£S MALADIES, 

I. Les muscles excités par la, volitiony par la 
sensation ou par rirritation^ cessent bientôt de 
^e contracter , d cause de Vépuisement de la 
puissance sensoriale. Les muscles qui sont sujets 
à moins de stimulus , ont une accumulation de 
puissance sensoriale- De^là les périodes de cer» 
taines Jiêçres i défaut dHrritabilité après IHin-es- 
^•11. I. Les actions naturelles sont liées aux 
habitudes joi^maliéres de la vie. 2. ^ux péri(h 
des solaires. Périodes du sommeil. Des éça^ 
ouations aJçines. 5. Caténation des actions na^ 
turelles ai^ec les périodes lunaires. Menstruation. 
Orgasme vénérien des animaux. Stérilité. III. JP^ 
riodes des actions animales morbides par Iç 
retour réglé du Jroid nocturne ^ par Vinfluence 
Solaire et lunaire. Périodes de lajièçre diumC'^ 
de la Jièyre hectique , quotidienne , tierce et 
quarte. Périodes de la goutte ^ de la pleurésie^ 
des Jièifres avec débilité artérielle ^ et auec force 
çrtériellcé Périodes de la raphania , de la toux 
nert^euse y de la migraine , des hémorrJiagies 
artérielles , des hémorrhoïdes ^ de Vhémopthy^ 
fie 9 de répilepsicy de la paralysie y de t\apo^ 
^leofie , de Ifi marde. IV. Les jourf critiquesç 



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1 84 Des périodes Sect . XXXVI, r . 

dépendent des périodes lunaires. Des périodes 
lunaires dans la petite-vérole. 



I. OI 



quelques-uns de nos muscles se con- 
tractent avec Yiolence par la puissance de la 
Tolîtion , comme ceux des doigts lorsqu*on 
6e pend par les mains ^ on se fatigue bien? 
tôt et les muscles cessent d'agir par Tépui- 
5ement momentané de Fesprit d'animation ( 
aubsitàt que celui-ci y est de rechef accu- 
mulé ^ les muscles sont disposés à se con- 
tracter de nouveau par ks efiforts de la vo- 
lition. 

C'est de cette manière qiie les violentes 
actions musculaires produites par la douleur^ 
deviennent intermittentes , comme dans les 
douleurs de Tenfantement ^ le vomissement, 
le ténesme et la strangurie; lesquels sont dus 
également à Fépuisement momentané de l'es- 
prit d'animation , comme je viens de le dire» 

Quand un stimulus quelconque continue à 
agir long-temps avec trop de violence , au 
point de produire des actions trop énergi- 
ques de quelques-uns de nos organes mo- 
teurs y ces mouvemens cessent bientôt^ quoi^ 
que le stimulus continue d'agir , comme 
quand on regarde long-temps un corps bril- 
lant, tel qu'un, pouce quarré de soie rouge, 
placé sur du papier blanc exposé au soleil. 
Voyez fig. 1. scct. 111. i. 



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Sect. XXXTI. I.- des maladies. t85 

Lorsquau contraire ^ il y a ea une quantité 
moindre qu^ordinaire de stimulus de la yoli- 
tien 9 de la sensation ou de Tirritation appli- 
quée à un muscle , il parait j avoir une ac« 
cumulation de Tesprit d^animation dans Por- 
gane moteur^ qui le rend susceptible d^agir 
avec plus d^énergie par une quantité de sti- 
mulua moindre que celle qui était aupara- 
vant nécessaire pour le déterminer à une 
action aussi considérable \ c'est ainsi qu après 
avoir été plongés dans la neige , les vaisseaux 
cutané» de la main éprouvent une action 
plus forte par le stimulus d'un moindre «degré 
de chaleur que celui qui^ auparavant, aurait 
été nécessaire pour produire le même effet. 

11 «résulte de4à que les périodes de quel- 
ques accès de fièvre peuvent avoir leur ori- 
gine, aoit virtuellement, soit par leur coïn- 
cidence accidentelle avec les périodes solaires 
et lunaires ou avec les périodes diurnes du 
chaud et du froid, dont nous traiterons plus 
bas ; car pendant Paccès dé froid du com- 
mencement d'une fièvre, quelle que soit la 
jcause qui ait produit le froid , il s'ensuit : 
1° que Tesprit d'animation doit s*accumuler 
dans les parties qui, pendant cet accès de 
froid, s'eneroent moins que dans Tétat naturel: 
^<» que si la cause qui produit cet accès de 
froid n augmente pas ou est diminuée , les 
parties i|ui étaient auparavant engourdies ou 



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186 ifes périodes .SECt. XXXVI. U 

inactires ^ deviennent alors excitables par iiri 
moindre stimulus , et sont ainsi mises pliii 
violemment en action que dans Tëtat natu-^ 
rel^ c est-à-dire que Faccès de chaleur suc* 
cède à celui du froid : S"" que par Faction 
énergique du système pendant laccès de dur-*- 
leur, s'il dure long-temps, il en résulte- un 
épuisement de lesprit d animation; et il peut 
être suivi d'un nouvel accès de froid, le sjs^ 
tème moteur n étant point suffisamment exci^ 
table par le stimtdus ordinaire. Cette inirri^ 
tabilité du système par un trop grand stimu* 
lus préalable^ et Tépuisement delà puissance 
sensoriale qui en est la conséquence , sont les 
causes de la débilité générale, du ntal-aise 
et de la céphalalgie que nous éprouvons 
quelques heures après Tétât d^ivresse; Nous 
connaissons par là une des causes des pé* 
riodes defs accès de fièvre , qui cependant 
sont souvent Combinées avec les périodes de 
nos habitudes journalières où du chaud et 
du froid , ou des période^ solaires ou lunaires; 
Lorsqu indépendamment de la tendance à 
la torpeur, occasionnée par Fépuisement d^ 
la puisisance sensoriale pendant Faccès de 
chaleur de la fièvre, qiielqu autre cause «de 
torpeur , telle que les périodes solaires ou 
lunaires , ^est nécessaire au retour d^un second 
accès de froid, la fièvre devient intermit- 
tente; c est-à-dire qu'il se passe un certain 



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SscT. XXXVI. n. I. des maladies. i8f 

laps de temps entre la terminaison de Taccès 
de chaleur et le commencement de Taccès 
de froid s^ulvant. Mais lorsqu'une cause ex«* 
terne nest pas nécessaire à la production du 
second accès de froid, il ne survient point 
d^interralle semblable de santé ^ mais le se-» 
cond accès de froid commence aussitôt que 
la puissance sensoriale est suffisamment épui^ 
sée par Paccès de chaleur , et la fièvre devient 
continue. 

!!• I. Les actions animales naturelles sui-^ 
vantes y sont fréquemment liées à nos habi- 
tudes journalières de la vîe^ et déterminées 
par leurs irritations naturelles* Les périodes 
de la faim et de la soif se lient à certaines 
portions du temps, ou degrés d'épuisement ^ 
ou à d'autres habitudes diurnes de la vie ; 
et si la douleur de la faim n*est pas soulagée^ 
en prenant de^ alimens à Fépoque accou<> 
tumée , elle peut être, suspendue jusquau 
retour du temps fixé ou jusquà ce que d'au- 
tres habitudes reviennent; ceci est non seu- 
lement vrai quant à notre appétence géné- 
rale pour les alimens , m^is leurs différentes 
' espèces sont encore gouvernées par cette ha- 
bitude périodique; au point que de la bière 
prise à déjeûner dérange la digestion de ceux 
qui sont habitués à prendre du thé ; et le 
thé pris à dlner^ incommode ceux qui sont 
habitués à Tusage de la bière. U s ensuit de-li, 



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188 Des périodes SecT- XXXVI. ii. i . 

que ceux dont Festomac est faible ^ seront 
capables de digérer plus dalimens, s*ils pren- 
nent leur repas à des heures rèjglées , parce 
qu'ils ont le stimulus de Paliment qu'ils pren« 
lient et celui de lliabitudé périodique , pour 
aider à la digestion. 

Les périodes d'évacuation des urines dépen- 
dent non seulement de lacrimonie ou de la 
distension causée par le liquide qui est con-- 
tenu dans la vessie, mais ils sont souvent 
lies avec le froid appliqué à réxtérieur , 
comme lorsqu'on prend un bain froid ou qu on 
se lave les mains ; ou ils le sont avec d autres 
habitudes de la vie , puisque bien des gens 
sont habitués duriner atant de se mettre au 
lit, ou après avoir fait une course, ce qui 
se fait^ soit que la vessie soit pleine ou non. 

Nos périodes de respiration sont non seu- 
lement gouvernées par le stimulus du sang 
dans les poumons , ou par le désir de res- 
pirer l'air frais , mais encore par notre atten- 
tion aux objets qui s'offrent continuellement 
à nos yeux: ainsi, lorsqu'on est fortement 
pccupé d une idée chagrine , on oublie de 
respirer, jusqu'à ce que la sensation produite 
dans les poumons en rende le besoin urgent; 
alors cela est suivi d'un soupir, afin de chas- 
ser avec plus de force le sang qui est accu- 
mulé dans les poumons. 

Les périodes de la respiration sont souvent 



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Sect. X%Xtl. II. !à. des maladies. ^89 

déterminées en partie par le besoin d une sta- 
bilité assurée pbur les actions des bras ou 
dés mains, éommé lorsqu'on veut enfiler Un6 
aiguille, tailler du bois ou nager; quand on. 
s'occupe de ces objets avec attention , on res- 
piré pendant les întervàlléè dé lexertion des 
muscles de la poitrine. ' 

2. Les actions animales natttrelles ci-après, 
sont influencées par les périodes solaires. Les 
périodes du sommeil et de la veille dépen- 
dent beaucoup des périodes solaires , car 
nous sommes ' enclins au' sommeil à certaine 
heure du jour, èiiiisi qiià nous reveiller, soit 
^e nous ajrons plus ou moin'S fatigué le jour 
précédent, pourvu qu'il n'y ait pks eu d'excès i 
et de même on est susceptible de s'éveiller 
à une heure réglée, soit qu^on se soit couché 
un peu plus tôt 6u un peu plus tard quand on 
n excède pas les bornes ordiriaires. 11 s'ensuit 
que ceux qiil se plaignerié tfùii défaut de 
sotnmeil , feront susceptible^ dé dormir mieux 
et plus long- temps s'ils s habituent à se cou* 
cher et à se lever à des heures réglées. 

Les périodes pour évacuer ïe^'ïiitestins sont 
généralement liées à quejqùe partie du jour 
solaire, de même qu'à laci^mohié ou à la 
distension occasionnée par les lùatîères féca- 
les. Ainsi pour prévenir la constipation , 
on doit tâcher de contracter une habitude 
d'évacuation à une certaine heure du jour. 

Tome IL i3 



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190 . Des périodes Sbct. XXXVI. iu S^. 

comme Fa recommanilé Mr Locke, ce qui 
peut 8 obtenir en se présentant régulièrement 
k la garde-i:obe à des heures fixes correa* 
pondantes au stimulus ordinaire des matières 
à évacuer. 

3. Les actions animales naturelles qui sui- 
Tent, sont liées aux périodes lunaires : i® les 
périodes de la menstruation du sexe sont 
liées très-|exactement à celles de; la lune, et 
dans- quelques cas, ne diffèrent que de peu 
d'heures. Cette évacuation ne commence ni 
ne finit à aucune période fixe de la lunai* 
aon^ mais lorsquelle a commencé, à une 
époque quelconque ; elle continue à repa- 
raître au même temps avec beaucoup de ré- 
gularité , à moins quune circonstance vio- 
lente ne vienne y mettre obstacle , comme 
}e Fai expliqué dans la section XXXIL vi. : 
son retour est causé immédiatement par le 
défaut de Tabsorption veineuse qui est dû 
à Tabsence du stimulus désigné par la na- 
ture , à la privfition de la copulation amou- 
reuse, ou à Paccroissement du fétus. Quand 
les règles reviennent avant le retour de la 
période lunaire ^ cela indique une tefadance de 
^a constitution à llrritabilité , c*est-à-dire à 
la débilité^ ou au défaut de puissance sen- 
soriale , et il faut la combattre par de petites 
doses d'^opium et de martiaux. 

LWgasme vénérien des oiseaux et des qua- 



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6ect. X'S^yi. ïu. des rkàladics. rgï 

ârùpèdes parait commencer et revenir Vers 
les Imiaisons les plu^ prononcées des éqùi* 
hoxes du printemps et de Tautomnè ; mais 
Hi ranimai h'oBtîent point la jouissance dèsi- 
irêe , on dît que Forgasme observe un retoui^ 
mensuel, qui sous ce rapport ressemble à 
la nienëtruatlon des femmes. Ce qui porte à 
icroirè que célleë-ci sont plus susceptibles dé 
{concevoir â Tépoque ou vers le temps de leurd 
Règles que dans les temps intërmëdiairés ; et 
sur ce fondement elles se trompeni ràreitienC 
de beaucouip dans leur calcul sur la concep- 
tion , en comptant neuf pétiodes lunaires 
dépuiè là dernière menstruation; faute d^at- 
tention à cette circonstance ,*"on à quelquefois 
iu^jposé la Stérilité , et par conséqueîit elle 
est digne d'être rémarquée par celles qui dé- 
sirent aVoir des enfans* 

III. Nous passons maintenant aux pério- 
des de maladies des actions animales. Celles 
des accès de fièvre, qui dépendent des retours 
fixe^ du froid ndcturiie , ont été décrites dans 
la sect. XXXtI. iil. Celles qui ont leur ori- 
gine ou qui reviennent à des périodes solai- 
res ou lunaires , sont également expliquées 
dans la même éeîction, paragr. Vi. CVst de 
ces dernières que nous allons parler ; obser- 
vant toutefois qu'il n est pas plus surprenant 
que l'influence des attractions variables du 
soleil et de la lune^ puisse transformer Tocéaii 



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iQa Des périodes Sect. XXXVI. m. x* 

en montagnes d^eau, qu*il n*est possible que 
cette influence soit capable d'affecter la sen^ 
sibilité délicate des corps animaux 5 quoique 
son mode d^opération. sur eux soit difficile 
^ comprendre. Cependant il est probable que 
comme cette influence diminue graduellement 
dans le courant de 1^ journée , ou de la hx* 
paison ou de Tannée , quelques actions de 
Féconomie animale s'affaiblissent aussi }usqu'ii 
ce qu'enfin il surrient une torpeur totale de 
quelque partie ; ce qui constitue le com^ 
mencement des paroxysmes de la fièvre , de 
)a menstruation , de la douleur aVec décrois* 
sèment d^action de Torgane affecté , et des 
convulsions qui en sont la suite. 

I. On observe distinctement chez les gens 
faibles , une fièvre diui^ne qui se manifeste 
Ters le soir et qui se termine par une moi- 
teur de la peau vers le matin , obéissant ainsi 
aux périodes solaires. Les individus d^une 
faible constitution se trouvent ordinairement 
plus dispos dans Taccès de chaleur de cette 
fièvre du soir, ce qui les engage à retarder le 
moment du coucher; cette coirduite, en les 
affaiblissant davantage , augmente la maladie , 
d'où résulte la perte de leurs forces et de 
leurs couleurs. 

On observé que les dames délicates qui ne 
mettent pas de rouge , deviennent plus pâles 
vers le soir, ce qui est dû probablement à 



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Sect. XXXVI. III. 2. des maladies. 19$ 

ce que la circulation dans tonte Fëconomie 
animale se fait moins fréquemment dans un 
temps donnée quoique le pouls soit plus ac<^ 
eéléré; d'où suit que la masse du sang est 
moins souvent oxygénée dans les poumons « 
et en conséquence sa couleur moins tcp- 
meille. Ainsi donc cette pâle couleur vient 
de débilité , lorsqu'elle a lieu chez les per- 
sonnes faibles^ vers le soir, par Fépuisement 
de la puissance sensoriale pendant le jour, 
et en général elle est accompagnée de tvé^ 
quence dans le pouls; cette circonstance peut « 
en quelque sorte y servir à mesurer le degré 
de débilité. 

Une autre cause de la couleur de la peau 
peut quelquefois dépendre de l'augmentation 
d'action des vaisseaux capillaires cutanés j 
comme dans Taccès de chaleur de la fièvre ; 
ou provenir de la production de nouveaux 
vaisseaux sanguins^ comme dans les inflamma- 
tions locales ; là pâleur peut résulter d*une 
situation contraire , comme de Tinaction deç 
vaisseaux capillaires cutanés dans laccès de 
froid de la fièvre, et des concrétions qui se 
forment sur les parois des petites artères cu*^ 
tanées , comme cela arrive dans la vieillesse, 

3. Les périodes de la fièvre hectique , quon 
suppose provenir de l'absorption ^de» la ma- 
tière y obéissent aux périodes diurnes comma 
cellei» çhI^ssus , ayant leurs exacerbations vers 



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• 

194 Des périodes Sect.XXXVLiii.4* 

le $oir et ]es rémissions de gr^nd matîa « 
avec sueurs' ou diarrl^ées, ou ufine sé4i-: 
tuent euse. 

3. Les périodfEjs de la fièyre quotidienne 
sont liées aux époques solaires^et reviennexit 
à des interralies de vingt-quatre heures , o\\ 
elles le sont apix périodes lunaires et revien- 
nent i^ des intervaPes d'environ vingt-cinq 
heure^s. \\ est très -utile de copnaitre avec 
quelle^ circonstances sont joipts, les retour^ 
périodiqvies dune nouvelle action maladive ^ 
parce qu elles sçrvçnt le plus efficacement % 
déterminer le temps le plus propre à admi- 
nistrer les médicamens convenables. Ains^ 
si la (orpeur qui donne lieu à yai succès de 
fièvre , est liée à ^n jour lunaire , o^ sait 
quand on doit ^administrer 1^ q^inquina oi^ 
ropiuni;^ pour que rçfifet principal ait liei^ 
vers le temps présumé du reitoui^* de Taccès. 
t3n à,o\% donner Topium solide environ une 
heure ayant Fépoque du paroxysme de froid; 
Topium liquide et le vin à peu près une demi- 
heure aups^avant ; le quinquina doit êtrç 
donné à plusieurs reprises pendant six ou huit 
heures avant le retour attendu du paroxysme» 

4. Les périodes des fièvres tierces , à comp- 
ter du commencement d^un accès de froid à 
celui de Tautre accès de froid 1 reviennent 
à des intervalles solaires de quarante-hui^ 
heures ou à des intervalles lunaires d^environ 

•- » • • ' • • • • • . # . • ^ t , * . » . - • • , \ •• ' ^ . \ *. ♦ fi 



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focT. XXXVI. m. 5. des maladtes. igS 

cinquante heures. Lorsque le retour de ces 
paroxysmes a lieu une heure ou deux plutôt 
que la période solaire , cela indique que la 
torpeur ou accès de froid est produite par 
moins d^fluence externe ^ et par consé- 
quent plus suBceptible de dégénérer en fié» 
▼re qui n a que rémissions ; de même lors- 
que la menstruation revient plutôt que la 
période lunaire, cela indique une tendance 
de la constitution à la torpeur ou à Tirrita* 
bUité. 

5. Les périodes des fièvres quartes revîen* 
nent à des intervalles solaires de soixante*- 
douze heures^ ou à des intervalles lunaires 
de soixante-quatorze heures et demie. Cette 
espèce de fièvre règne le plus dans les au* 
tomnfs froids et humides, et dans les pays 
froids et marécageux. Elle est accompagnée 
de plu9 de débilité ; et il est plus difficile 
dy prévenir l'accès de froid. Car, lorsqu^il 
y a préalablement un défistut de puissance 
sensoriale , la constitltition est exposée h subir 
une plus grande torpeur par la diminution 
ultérieure de cette puissance; il convient dans 
ce cas de donner deux onces de quinquina 
avec des martiaux la veille du retour du 
paroxysme de froid , et par degrés une pinte 
de vin, peu d^heures avant Taccès, pui« trente 
gouttes de laudanum une heure avant Tépo» 
(jue présiuné^ de T^ccè^ de froid» 



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I9O Des périodes, Secx. XXXVL m. 9. ! 

6. Les périodes de la goutter commencent 
généralement environ, une heure avant 1^ 
lever du soleil, ce qui est ordinairement le 
temps le plus froid des vingt-quatre heures 
4u jour* Les plus grandes périodes de la 
gotitte semblent aussi observer Tinfluence so^ 
laire , .puisqu'elles reviennent k pi^u près aux 
xnéimes saisons de Tannée* ' 

7. Les périodes de la pleurésie se renou- 
vellent avec des exaçerbatious de douleu.r$ 
et de lièvre vers le coucher du soleil , et 
c est à cette époque que la saignée est le 
plus utile. On obserye la mén^e chose à 
regard du rhumatisme inflammatoire « et des 
autras fièvres avec force artérielle qui par 
iraissent obéir aux périodes solaires ; tandis 
que celles avec débilité , paraissent obéir aux 
périodes lunaires. 

8. Les périodes, des fièyres avec 4^.bilité 
artérielle par^is.sj^nit; être réglé/es par le jour 
lunaire , leurs acoè^f) retardant d'ei^Tiron une 
heure par jour; q^elqttefois ce§ fièyres ont 
deux accès dans nu |our , ressemblant ^^ 
cela a^x effets de la lune sur le^ marées. 

9* Les périodes de la raphania > o\\ con«: 
yulsion des membres par des doyleujs rhu- 
matismales ^ paraissent soumises; à' rinfluence 
solaire ^ car ell^s reviennent à peu près à la 
même heure pendant des semaines entières j» 
à moins quelles ne . soient dérangées par dç 
fortes doses d opium. " ' 



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SscT. ZSJSyfl. III. I a* des maladies. tgy 

C'est encore ainsi que les période^ de 1^ 
toux £érine on toiix yiolfdnte avec débilité du 
pouls, que Ton nomme aussi toux nerrense, 
reviennent à dles périodes solaires. Cinq 
grains d opium donnés au oommencement de 
laccès de toux, firent retarder la période 
de sept heures du soir jusqu'à onze , époque 
^ laquelle elle retint ensuite régulièrement 
pendant qui^lques purs ; on supprima lopium 
graduellement , alors on donna cent vingt 
gouttes de laudanum une heure ayant laccès 
de toux^ et elle cessa totalement. On con* 
tinuil à donner le laudanum pendant quinze 
jours encore, ensuite on le supprima insen« 
sihlement. 

10. Les périodes de la migraine et de Tépt* 
lepsie douloureuse , sopt susceptibles d^obéir 
aux période^ lunaires , dans leurs retours 
diurnes et dans leurs grandes périodes heb- 
domadaires <, mais elles soi^t encore produi- 
tes par dautres causes excitantes. 

1 1 . Les périodes deé hémorrbagies artériel* 
les paraissent revenir aux époques solaire$ 
vers les mêmes heures du matin et du soir^ 
Feut*étre les faémorrhagies reineuses obéis* 
sent-elles aux périodes lunaires, comme le$ 
inenatrues et les hémorrhoïdes. 

12. Les périodes des hémorrhoïdes revîen-, 
pent tous les mois chez les nus , et seulement 
à répoquQ des grandes influences lunairç^ 
Ters les équinoxes , chez les autrçs. 



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f 98 Des périodes Skct. XXXVI* iTr 

iS. Les périodes de Thémoptysie obéissent 
quelquefois à Tinfluence solaire^ et revien^r 
lient de grand matin pendant plusieurs jours { 
et d^autres fois aux périodes lunaires^ en 
revenant tous les mois ; d'autres fois elles dé- 
pendent des heures du sommeil. Voyez classe 
I. 3. I. 9. 

i4* Plusieurs des premières périodes des 
accès dVpilepsie obéissent aux lunaisons 
inensuelles avec une certaine exactitude ; 
dVutres ne reviennent quaux fortes lunai- 
sons avant Téquinoxe du printemps et après 
celui d^automnç ; mais lorsque la constitution 
s>st habituée àjcalmer des sensations désa^ 
gréables par cette espèce d'^exertion , Taccès 
se reproduit par la cause la plus légère. 

i5. On sait que les attaques de paralysie 
et d^apoplexie y reviennent le plus souvent 
rers les équtuoxes. 

i^. U y a beaucoup d'exemples des effets 
des lunaisons sur les périodes de la démence; 
de-là dérive; le nom de lunatiques donné à 
ceux qui sont attaqués de cette maladie. 

IV. Le jours critiques , où Ton croit que les 
fièvres se terminent^ ont fixé. Tattention des 
médecins pl^ilosophes depuis Hippocrate just 
qu*à nous. Dans quelque partie dVne lunai« 
spn que commence une fièvre , dont Tuliique 
ç^use réside dans Tinfluence solaire ou Iut 
{ifiire , ou dans cette influence jointe k ^9l^9 



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Sect. XXXYI, IV. des maladies. 199 

très causas , il semblerait que Teffet dAt être 
au plus haut degré à la nouvelle et à la 
pleine lune^ puisque c'est à c^s époques que 
les marées sont les plus hautes^ çt qu^il 
dût être au plus bas degré vers les quar 
dratures ; si donc un- accès de fièvre corn? 
menée à la nouvelle ou à la pleine June , et 
quil ait pour cause la diminution de quelques.T 
pnes des affinités chimiques des particules du 
sang, produite par Fattraction solaire ou lu* 
paire , Qt que cela diminue leur stimulus sur 
)e système sanguifère^ comme )e Fai expliqué 
pQct. XXXIl. VI ; cet efifet doit déci*oltre jour? 
neUement pendant la première semaiiie , pui^ 
\\ doit i^ugmenter jusques vers le quatorzième 
jdur , puis décroître jusqu'environ le vingtr 
vpième et augmenter encore jusquà la fin de 
la lunaison. Si un accès de fièvre produit par 
la cause décrite plus haut , commençait au 
septième jour après Fune ou Fautre lunaison, 
il arriverait le contraire de ce que je viens 
de dire* Or, il est probable que les fièvres 
dont la crise ou terminaison est influencée 
par les lunaisons^ peuvent commencer à lune 
ou à Fautre des époques que j'ai citées , c'est- 
à-^re aux phases ou i^ux quadratures; cepen- 
dant oi;i n'a pas encore fait assez dobserva- 
tioqs pour sassurer. de ce. fait. Je conclus^ 
de-là que la petite-vérole et la rougeole oi^l 
Jieurs îours critiquas , qui ne sont point gou« 



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Despéridd.deê maJad. S. XXXVI. rv, 

cernes par lé$ temps rexjuis pour, opérer cer« 
tain changemeat chimique dans le sang, qui 
puisse altérer pu affecter le stimulus de la 
matière contagieuse , mais que ces jours cri'» 
tiques dépendent de leffet journalier crois* 
aant et décroissant de cette caténation lunaii» 
re, comme je Tai expliqué dans la sect. XYII^ 
III. 3. Et comme dautres fièvres se termi»- 
uent le plus fréquemment vers le septième, 
le quatorzième, le vingt-unième jour ou yers 
la fin de la quatrième semaine, lorsqu aucun 
accours médical n a dérangé leur cours , j'eu 
conclus que ces crises ou terminaisons sont 
l^ouyernées par les périodes lunaires ^ quoi» 
que nous ignorions encore leur manière 
dopérer. 

Dans la petite^vérole discrète , les vestiges 
des lunaisons sont très-apparens ; après ïïno^ 
culation , le quart d'une lunaison précède le 
commencement de la fièvre , un autre quart 
se termine avec l'éruption complète , un troi^r 
sième avec la maturité parfaite, et le der* 
pier termine labsorption totale de la matière 
tçpi n perdu alors sa qualité délétèret 



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SscT.XXXTiLi. De la digestion ^e(â. ^t 



SECÏION XX3ÇV11. 

IXE LA DIGKSTlOli, i)E LA sicRiTlOn ET 6E 
LA . NUTRITION.' ' 

I. Les . cristal^ fitx>iss^tU par une plus 
grande attraction de leurs côtés^ agrégation 
par des pfécipitations chimiques^ par jonction^ 
par compression)^ par agglutination. \!L. De la 

Jaîm. De la digestion. Pourquoi cette fonctiim 
ne peut être imitée hors du corps. > Xfi^ ^vaisseiau^ 
lactés absorbent par cho,i:t ou. par ^ppétancf 
animalcé lll. . Jl^s .glandes, et le^ .pores absmy 
bent les particules niiftritii>eS'p4r instinùt Oui- 
mal. Des particules organiques^ 4^sBi0in^ JLt^ 
-nutrition appliquée lors de , Vallpngenient. des 

Jibres ^ de la même manière , que dans Vinfism^ 
motion. iy# llsepible qu^il eut été plf^s -aiéié de 
conseri^er la. santé, et la vie des animau^c. quç 
de les reproduira. J^ieillesse et, mqrt par inir^ 
ritabUitéf Celaest dû à trqis çoiusesé Lesjfihres 
originelles des prganes du sentiment et des 
muscles ne .subissent point de changement* 
V. Art de prolonger la vie%. ; :. >' 



I. JLi 



rss plus grois cristaux des corps salins 
peuvent être considérés comme provenant 
d^une combinaison de cristaux plus petits dé 
la même forme, ilùe à ce quedef attrac4ipn6 



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d*â DtladjgeHiànietc. Ssef .XXXVIL t* 

de leurs côtés sont plus grandes que celles 
de leurs angles* Ainsi , supposons huit cubes 
âottans dans un fluide^ dont lé frottement 
ou la résistance serait nulle , il est certaia 
que les côtés de ces cubes s'attireraient ré- 
ciproquement avec plus de forcé que leurs 
aiigles^ et qu ainsi tés* huit cubés s*àrrange- 
raient de manière à eo^ former un plus 
gros; 

Il y a dVutres moyen^ d^àgré^ation chi- 
mique. Telle sont les dépositions àes par* 
ticules calcaires ou siliceuses dissoutes « 
comme le ptotite lit formatiotï dés stàlacti^ 
tes de chaux dans lé Derbyshire , ou de 
calcédoine^ dans le c;ômté de ComwàlL 
D-autres moyens d^adhésion sont le résultat 
de la chaleur et de la pression , comme dans 
la jonction de deux barres de fer par la forge; 
d^autres moyens sont pi'odtiits pai' la simple 
pression , comme lôràqu on forcé deux moi^ 
ceaux dé caout-chouc d^adhérer ensemble , 
et enfin par Fâgglutinatiôn dhmé troisième 
substance qui pénètre lés pores des deux 
autres , comme lorsqu'on coUe deux mor- 
ceaux de bois au moyen dtf gldtén animal. 
Quoique les dernières particules des corps 
animaux soient unies pendant la yie et après 
la mort par leur attraction spécifique de co- 
hésion , comme toutes les autres matières ; 
il parait cependant que leur organisation pri- 



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SecT« XXXyiI. n.ï)âia digestion^ été. mS 

mitive n est pas le résultat des lois chimiques « 
et qu'ainsi il ne faut cherciier Texplicatioa 
de leur production et de leur accroissement 
que dans les lois de la Tie animale. 

11* Quand la douleur de la faim demande 
à être appaisée, certaines parties du monde 
matériel qui nous environne, étant appliquées 
au palais^ excitent Tactioii des muscles de 
la déglutition , et la inatiére est avalée et 
passe dans Testomàc; là^ le nouvel aliment 
se mêle avec certains fluides animaux et subit 
un procédé chimique que Ton nomme diges- 
tion 3 et que cependant la chimie n a pas 
encore pu parvenir à imiter hors du corps 
animal ou végétal vivans* Ce procédé parait 
fort analogue à la fermentation saccharine 
dans les lobes des semences farineuses , teU 
les que celles de Forge loràqu*il commence 
à germer ; excepté cependant qu avec la ma- 
tière sucrée^ il se produit aussi de Thuile 
et du mucilage qui forment le chyle des 
animaux , lequel ressemble . beaucoup à leur 
lait. 

Je croia que ce procédé chylifère ou cette 
fermentation saccharine n a encore pu être imi- 
tée par aucune opération de la chimie , parce 
que les matériaux sont dans une telle situa- 
tion, quant à la chaleur, à Thumidité et au 
mouvement , qu ils passent immédiatement à 
la fermentation irineuse ou acéteuse ; à moins 



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4à4 Dé^digesthfi.etc.SEoi.XXXXll.uu 

que là nourelle matière saccharine ne soit ab* 
sorbée par les nombreux vaisseaux lâctës ou 
lymphatiques, aussitôt quelle est formée; ce 
qu il n est pas aisé d'imiter dan^ un labo<» 
ratoire. 

Ces vaisseaux lactés ont des bouches qui 
sont mises en action par le stimulus dvL 
fluide qui les entoure; et par un choix ou 
appétence animale , elles absorbent les parties 
du fluide qui leur, sont les plus -agréables ; 
celles « par exemple ^ î qui se conrertissent 
aisément en chyle « avant qu'elles n'ajent eu 
le temps de subir un autrie chati^elnent par 
une fermentation vineuse ou acéteufe. Cette 
absorption animale, des fluides est presque 
visible sans le secours de la loupe y dans Fac- 
tion des points lacrymauit qui absorbent les 
larmes de Tœil^ ^t les reversent dans les 
narines. 

111. Les artères sont tm • autre réservoir 
d^un fluide susceptible de changement : ce 
fluide, après son oxygénation récente dans 
les poumons , produit divers autres fluides 
qui sont absorbés par un gmnd nombre de 
glandes, qui choisissent leurs fluides res* 
pectifs dans le sang, lequel subit perpétuel^ 
lement un changement chimique { mais le 
choix que font ces glandes, comme celui des 
vaisseaux lactés qui ouvrent ; leurs bouches 
à Talimént digestif que contient Festomac , 
est le résultat d^une appétence animale et 



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Sect- XXXVIÏ. ni. De la digestion] etc. ^S 

non d^une affinité chimique ; or on ne saurait 
imiteir les sécrétions dans un laboratoire ^ 
puîsquelles consistent dans le choix d^une 
partie d^un fluide , pendant que ce fluide subit 
un changement chimique. 

Les bouches des yaisseaux lactés et lym- 
phatiques et les dernières terminaisons des 
glandes , sont beaucoup plus déliées quoa 
ne peut se Fimaginer ; cependant il est pro- 
bable que les pores ou interstices des parties 
ou parois qui constituent ces derniers Taia- 
seaux , peuvent avoir encore plus de ténuité ; 
et que d'après Panalogie ci-dessus^ ces pores 
doivent posséder une irritabilité semblable 
et absorber par leur énergie titale les par- 
ticules des fluides qui leur conviennent le 
mieux ^ soit pour remplacer lôft parties ex- 
coriées ou dissoutes , soit pour s'allonger et 
saggrandir eux-mêmes. Non seulement cha- 
que espèce de glande est ainsi douée de sort 
appétit particulier , et choisit dans le Sang 
la matière qui est agréable à sorp goût;* mais 
chaque pore en particulier ptend par choix 
la matière dont il a besoin ; et ainsi il parait 
que la nutrition se fait d'une (.manière telle- 
ment conforme à la sécrétion y quelles' ne 
différent qu'en ce que Tune retient ses par- 
ticules choisies dans le sang , et que l'autre 
s'en séparé: 
11 est vrai, néanmoins, quelles peuvent 
Tome lié i4 



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aoô Delà digestion, tic. Sxcr.XXXtlt.itï. 

différer par une autre circonstaace ; c est 
que dans lat nutrition, certaines particules du 
-sang en circulation qui n ont pas préalable-' 
ment servi dans le système^ sont conserrée» 
et forment une partie solide dû corps, tan^ 
dis que dans certaines sécrétions ^ il parait 
que ces particules qui ont déjà été employées 
dans le système, sont Reprises par les glan- 
des , et probablement e^tra^ites ou détachéea 
d'elles dans le cours de la circulation ; 
celles-ci sont déposées dans des réservoirs 
pour un usage futur ; tels sont la bile et le 
mucus ; ou elles en sont exclues pour d^au^ 
très usages , tels que la semence et les lar^ 
mes *, ou elles sont directement évacuées 
comme les matières fécales et Purine. Il faut 
observer que toutes ces sécrétions sortent de 
leurs glandes dans un grand état de fluidité^ 
mêlées , à ce que je crois , avec du mucus 
dissout dans de Feau et qui est ensuite 
i'éabs^rbé et porté dans les réservoirs des 
glandes ou dans les cellules de la surface du 
corps ^ afin q&'il ne se fasse pas une con- 
sommation fnutile de matière animale ; voilà 
pourquoi les poissons ont une vessie urinaire, 
•qui , sans cda , semblerait inutile , d'après 
les observations du Dr Monro. 

Cette manière d'expliquer la nutrition par 
un stimulus et par le choix animal des particu- 
les^ qui en est le résultat^ est beaucoup plus 



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Sect. XXXVIt . III. De la digestion^ etc. ^07 

Unalogue bjxx autres phénomènes du mictocos^ 
me animal que si on aTait recours aux animal- 
cules microscopiques ou aux particules orga- 
niques de Buffbn et dé Needhatn ; car celles-ci 
étant elles-mêmes composées , exigent des par- 
ticules nutritives pour consterner leur propre 
existence. Elles doivent être susceptibles dé 
subir dés changeméns dans lés organes diges- 
tifs ou sécréteurs; autrement^ si Ton adop- 
tait cette théorie , Thommé ressemblerait 
bientôt aux animaux dont il se nourrit : celui 
qui se nourrit dé viande de boeuf ou de 
venaison, deviendrait enfin cornu, et celui 
qui fait sa nourriture de viande de porc, ac- 
querrait un grouin propre à retoui*ner la terre 
pour y chercher des racines , aussi-bien que 
pour percevoir les odeurs. 

Tout le système animal peut être consi- 
déré comme étant composé des extrémités des 
nerfs, ou comme ayant été produit par eux; 
si on en excepte, peut-être, la partie médul- 
laire du cerveau logée dans la tête et le canal 
vertébral , et dans les troncs des nerfs. Ces 
extrémités nerveuses sont ou celles de la 
loco-motion que Ton nomme fibres muscu- 
laires , ou celles de la sentsation qui consti- 
tuent les organes immédiats du sentiment , 
et qui ont aussi leurs mouvemen s particuliers. 
Or , comme les fibres qui constituent les os 
et les membranes , ont été douées primitive- 



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^o8 De ta digestion^ etc. Se c T . XXXVlI . iir. 

mçnt de mouTement et de sensation^ et qu elles 
sont susceptil^ljes de les récupérer lorsqu^il y 
survient de , nnflammation , il s'ensuit ' que ^ 
lors de leur première formation ^ ces fibres^ 
étaient des appendices des nerfs de la sen- 
sation et de la locomotion , ou qu elles en 
ont été ibrmées, et qu ainsi toutes les par- 
ties solides du corps qui^ dans le princî^pe^ 
n'étaient que les extrémités des nerfs ^ exigent 
rapposfition de particules nutritives d^une 
espèce semblable , ce qui est contraire à 
Topinion de BufTon et à celle de Needham 
dont j.^ai parlé. 

Enfin ^ comme tous- ces filament ont pos^ 
sédé ou possèdent la faculté de se contrac^ 
ter, et conséquemment celle de rester inertes 
ou de s allonger^ il parait probable que les 
particules nutritives sont appliquées pendant 
rinstant de leur allongement^ lorsque leurs 
parties constituantes et originelles sont plus 
éloignées les unes des autres ; car chaque 
fibre nifusculaire ou sensuelle peut être con- 
sidérée comme une rangée ou cordon de 
grains de chapelet , qui se rapprochent pen- 
dant la contraction et s'éloignent durant le 
repos ou rallongement; et Texpérience jour- 
nalière nous prouve que les grands mouve- 
mens produisent la maigreur du système et 
que le repos le rétablit. 

Quelque chose de semblable se remarque 



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Sbct . X3CXVI1. «I. De la digestion , etc. io^ 

hors du corps , car si on trempe dans Peau un 
cheyeu ou un brin de lin ou de soie non 
torse , Teau qui a pénétré* dans ses pores le 
rend plus long et plus gros ^ or , si on pou- 
Tait snpposer quun cheveu îkl trempé dans 
une solution de particules analogues à celles 
dont il est composé , on peut croire qu'il 
serait augmenté en poids et en volume , 
comme les particules de Fécorce de chêne 
augmentent la substance des peaux de bêtes 
dans Tart du tanneur. Je» ne donne point ces 
raisonnemens comme des analogies philpso* 
phiques , mais seulement comme des com- 
paraisons pour faciliter le moyen de com- 
prendre comment Pagrégation des parties 
peut se faire par des appétences ou par des 
choix animaux , d^une manière en quelque 
sorte semblable aux attractions mécaniques 
ou chimiques. 

Si ces nouvelles particules de matières 
préalablement préparées par la digestion et 
la sanguification ^ ne font que remplacer cel- 
les qui ont été consommées par les actions 
du système , c'est ce qu'on nomme propre- 
ment nutrition. Si elles sont appliquées aux 
extrémités des fibrilles nerveuses , ou eii 
assez grande quantité pour augmenter leur 
longueur ou leur épaisseur, le corps en même 
temps s'agrandit^ sa croissance est augmeii* 
(ée et ses pertes se trouvent réparées. 



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»îù De la digestion, etc. SECT4XXXyiI.iif. 

Dans ce dernier cas , il parait qu il fiauf 
quelque chose de plus quune simple appo^ 
sition ou choix de particules ; car pendant 
raccroissement du corps , pliisieurs partie^ 
se séparent de celles avec lesquelles elles 
étaient auparavant en conti^ct -, thalles sont 
les extrémités des os ou des cartilages qui 
s éloignent l^s unes de^ ai^tres k mesure quç 
leur accroissement ayance ; c0 procédé res- 
semble à riuflammation , comme il parait 
dans rophthalmie , cm dans la production dç 
nouvelles chairs dans les ^lcèr€;s ^ où le^ 
anciens vaisseaux grandissent et où il s*eii 
forme de nouveaux;, et comme Pin^ammation^ 
ce procédé est fiussi accompagné de sensa- 
tion : dans cet état de choses, les vaisseaux 
sont distendus par le sang et acquièrent une 
plus grande sensibilité ; oi> peut ainsi les 
comparer à rérection de la verge ou des 
mamelons du sein des femmes ; il se fait en 
même temps une addition de nouvelles par* 
ticules , comme dans le procédé de la nutri- 
tion que je viens de décrire. 

Lorsque raccroissement des diverses par- 
ties du corps se fait seulement dans Tordre 
naturel , il est accompagné d^ne sensation 
agréable, comme dans la jeunesse ^ et peut- 
être chez ceux qui prennent de Tembonpoint. 
Lorsqu'un accroissement non naturel a lieu« 
comme dans les maladies inflammatoires , 



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Sect. XXÎVII. IV. De la digestion , etc. % 1 1 

£ette augmentation de Tolume du système 
/est accompagnée d^un^ sensation douloureuse. 
lY. Gette apposition de nouvelles parties^ 
k mesure que les anciennes disparaissent , 
absorbées de nos alimens , dTéTcloppe et for- 
tifie ^otre corps pendant vingt ans , cette 
apposition de nouvelles parties entretient la 
, santé et la vigueur pendant vingt autres an-» 
nées« et ajoute de la force et de la solidité 
au système ; ensuite la nutrition cesse par 
degrés^ et pendant les vingt années suivan- 
tes on dépérit insensiblement, et enfin on 
cesse d^agir et d^exister. 

Lorsqu'on réfléchit sur ce sujet, on serait 

d^abord tenté de croire , qu*il aurait été plus 

facile à la nature de conserver sa progéniture 

ëternellement en santé et en être , que de 

la reproduire perpétuellement par le procédé 

étoiinant et mystérieux de la génération ; mais 

. il semble qu une longue habitude fait que nos 

corps cessent d*obéir a^ stimulus des alimens^ 

qui devraient nous conserver. Lorsque nous 

avons acquis notre entier accroissement, il 

ne se (ait plus de nouvelles parties , et le 

système obéit aut irritations , aux sensations , 

aux Tolitions et aux associations, avec une 

énergie qui va toujours en décroissant ^ jus-r 

€[u'à ce que toutç la |luichiue tombe dans 

rinaction. 

Tipoi^ causes peuvent contribuer à rendre 



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2 1 2 De la digestion , etc, SpCT , X3ÇXYII • ÏT. 

nos nerfs moins excita]3^es, et nous les ayons 
déjà indiquée^, i*" Si un stimulus est plu& 
grand que dans Pétat naturel , il produit une 
trop grande exertion dans Forgane stimulé^ 
et en conséquéhcp il épuise Tesprit d'ani- 
mation; l'organe moteur cesse d'agir, mêmq 
quand le stimulus continue ; et quoique 
le repos puisse réparer cet épuisement , il 
se conserve cependant quelque degré .d'uiot 
dérangemei^t permanent^ con^me il devient 
évident lorsque les yeux ont été exposés trop 
long-temps k nne forte lumière. 2° Si on appli-r 
que des excitans plus faibles que ceux qui sont 
naturel^ , au point q^ils n'excitent pas Tac* 
tion de. Porgane^ (comme q\\and on prend 
de petites doses d'aloès ou de rliuWrbe , ) 
on peut les augmenter graduellement sans 
exciter Faction de Torgane, qui de cette ma- 
nière doit iicquérir Phabitude de ne plus obéir 
au stimulus ; ain^i en augmentant la dose 
par degrés, on peut prendre de fort grande3 
quantités d'opium ou de vin sans éprouver 
d'ivresse; voyez sect. XII. m. i. 5* Une 
autre cause qui mine graduellement le prin- 
cipe de la Tie , c'est lorsque les mouvemens 
irritatifs continuent à être produits par un 
stimulus , mais qu'ils ne sont pas suivis de 
sensations ; d'où il résulte que le stimulus 
d'une matière contagieuse n'est pas capablç 
de produire la fièvre une seconde fois, parce 



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Sbct. XXXVII. r. Delà digestion ; etc. ji 5 

qu'elle n'est plus suivie de sensations. Voyez 
sect. XII. III. 6. Et par conséquent le man- 
que de sensation agréable générale qui doit 
accompagner la digestion et les sécrétions 
glandulaires , produit un dégoût de la vie ; 
et lorsque cet état est porté à un plus haut 
point , il en résulte la mélancolie de la vieil- 
lesse, avec torpeur et débilité. 

Je conclus de-là q\A\ est probable que les 
fibrilles ou iilamens moteurs aux extrémités 
des nerfs du sentiment^ et le^ fibres qui cour 
stituent les muscles (lesquels sont peutrètre 
les seules parties du système animal qui 
soient douées de la vie contractile^ ) ne sont 
point changés à mesure quon avange en âge^ 
comme les autres parties du corps ; mais 
seulement agrandis et allongés à mesure que 
nous croissons , et qu'en conséquence ils de- 
viennent de moins en moins excitables. Ainsi^ 
au lieu de changer continuellement Pancien 
animal , il devient Jiécessaire hju il en soit eur 
gendre un autre eBièrement nouveau et don( 
Pexcitabilité n'est point encore diminuée 2 
celui-ci continue plusieurs années à acquérir 
de nouvelles parties ou une nouvelle soli-r 
dite , puis perdant. ^ son excitabilité avec le 
temps , il périt comme ses auteurs. 

V. D'après cette idée , l'art de conserver I9, 
santé et de prolonger la vie , doit consister 
à ne pas faire usage, soit relativemfint k ^ 



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ûi4 JDe la digestion, etc. Sect.XXXVII. t, 

quantité ou à 1^ qualité de nos alimens oxj^ 
jde nos boissons ou des circpiistances extér 
rieur^s « telles que la chaleur , Fexercice et 
la Teille, d^une plus grande quantité de sti- 
mulus qu'il n est nécessaire pour entretenir 
la Tigueur, et d^augmenter graduellement le 
stimulus de noç alimens à mesure quon 
avance en âge, et ei^ proportion que Tirrir 
tabilité du système dt^inue. 

Les effets débilitans attribués par le poète 
Martial k Tusage excessif des bains chauds 
en Italie , peut également s appliquer aux 
chambres trop chauffées en Angleterre , ce 
qui joint ^u stimulus excessif des liqueurs 
6piri tueuses ou fermentées , et q^elquefois à 
Fusage immodéré des plaisirs de Tamour , 
contribue à abréger notre existence. 

Balnea, vina. Venus,' corrumpont corpora nostr^ ; 
iVt faciuQt yitam balnea , vioa , Venus f . 



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SEcr.XSS.Wlll.i. De l*03e)rgénat. du sang. a^Ç 



SECTION XXXVIII. 

PE L^CXToéKATION QU SA^O DANS LES 
POUMONS ET PANS LE. PLACENTA* 

I. Le sang absorbe Vo:ipygêne de Vair^ de-l^ 
l^acide phosphorique i U change de couleur , 
laisse dégager du calorique et quelques matiér 
res phlogistiques ^ et acquiert un esprit éthéré^ 
qui se dissipe dans les mouvement fibreux. 

II. he placenta est un organe pulmonaire , 
comme le^ ouïes d^s poissons. Oxygénation du 
sang par Vair , par Veau ,. par les poumons ^ 
par les ouies , par le placentas JUicessité de 
cette oxygénation chez les quadrupèdes^ chez 
les poissons > chez le fétus dans la matrice. 
Les vaisseaux du placenta sont insérés dans 
les artères de la mère* Usage des cotylédons 
dans les vaches. Pourquoi les quadrupèdes 
n^ont point de lochies sanguinolentes. Oxygé- 
nation du poulet dons Vœuf^ des semences. 

III. La liqueur de Vawnios n^est pas excré-* 
mentitieUe } elle est nutritii/e : on la trouve dans 
rœspphage et dons Vestomac , et elle forme le 
méconium. Naissances monstrueuse^ acéphales. 
Questions du Dr Haruey. 



,D'. 



APRES les découvertes récentes de 
plusieurs savant philosophes , il parait que 



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2|6 De Poxygénation Sect. XXXVllI, f* 

pendant la respiration , le sang absorbe la 
partie vitale de Pair, que l'on nomme oxy- 
gène^ à travers les membranes des poumons; 
et quainsi on peut raisonnablement compa-r 
rçr la respiration à une combustion lente ; 
car dans la combustion ^ Foxygène de Tat- 
mosphère se combine avec quelque corps 
pblogistique ou inflammable et forme un 
acide, (comme dans la production de Pacide 
sulfurique par le soufre , ou de Tacide car- 
bonique par le charbon , ) laissant dégager 
en même temps une certaine quantité de 
calorique ; ainsi dans la respiration , Poxy- 
gène de Vfkiv s'unit avec la partie pblogistique 
du sang et produit probablement Pacide phos- 
phorique ou animal , qui change la couleur 
du sang, de foncée quelle était en rouge ver-r 
meil ; et il est probable qu'il se dégage en 
même temps une certaine quantité de calo- 
rique , selon la théorie du Dr Crawford. 
Mais comme le dégagement du calorique acr 
compagne presque toutes les combinaisons 
chimiques , il est probable qu il accompagne 
aussi les sécrétions des divers fluides sépa- 
rés du sang; et que les combinaisons con? 
étantes ou les productions de nouveaux flui« 
des par le moyen des glandes^ constituent 
particulièrement la source de ]a chaleur ani- 
male : . cela parait prouvé par le développer 
inent universel du calorique ^ lorsqu om tou^i( 



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se6t. xxxvin. I. au songé ^i^ 

de honte ou de colère ; et il se &it en inéin« 
temps une sécrétion plus forte de matière 
transpirable ; tin déTcloppement partiel de 
chaleur a. lieu aitissi dans \t% inflammations 
locales^ comme dans la, goutte et le rhuma^ 
tisme ^ dans lesquels il y à formation de 
nouTeaux vaisseaux. Quelques médecins phi* 
losophes ont. attribué la chaleur des corps' 
animaux aniï frottemens de^ particules du 
sang contre lés parois des vaisseaux ; ^lais 
on n'a jamais pu produire de chaleur per- 
ceptible par Tagitation de. Teau , de Thuile, 
du mercure ou de tout autre fluide ^ si ce 
n*est de ceux qui subissent en même temps 
un changement' chimique ^ comme lorsqu^on 
agite du lait ou du vin jusqu'à ce quils de- 
viennent acjfdés. 

Indépendamment de la production jup*- 
posée de Tacide phosphorique , du change- 
ment de couleur du sang et de la production 
de Tacide carbonique , il parait, qu'il y a quel- 
que chose d\ine nature plus subtile^ que 
Tatmosphère fournit continuellement ; cette 
matière étant trop déliée pour rester longr 
temps contenue dans les vaisseaux animaux, 
doit^ par conséquent, être contintiellement 
renouvelée ; qàr sans elle la vie parfaite ne 
pourrait durer plus d'une ou deux minutes. 
Il est probable que ce fluide éthéré est séparé 
du sang par le cerveau, et quil'se dissipe 



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âî8 tte Voxygériatiàn SÉCT.XlXVÏÎI, r. 

tDOntînuellement dans les mourémens de^ 
muscles et des organes du sentiment^ niai^ 
il peut hëanmoins y rester plus long-temps, 
lorsqu'il ne se fait que peu où point d'exer- 
tion des fibres animales , cotnme dans la 
Syncopé, et chez les insectes et les autres 
animaux qui passent Thiver dans uli état dé 
torpeur : il peut ne pas s évaporer entière- 
tnent par le défaut de chaleur, d^humidité où 
de quelqu autre circonstance; car on dit que 
des limaçons qui avaient été ^ëcbés et gai^^ 
dés plusieurs années dans un cabinet, ont 
été tendus à la vié^ ainsi que dés moucher 
qui avaient été long-temps dans du vin , et 
d^autres insectes^ qui avaient été gelés. 

11 parait d'après les expériences du Dr Haré , 
( abrégé des transactions philosophiques ^ 
tom. m. p. 259, ) que Pair communiqué 'au 
sang un certain principe qui est immédiate- 
ment nécessaire à la vie. Il a trouvé que 
des oiseaux , des souris , etc. mis dans des 
vases où il avait renfermé, au moyen d'un 
condensateur, le double de la quantité d'air 
que ces vases contiennent communément , 
pouvaient vivre deux fois autant que lors- 
qu'ils étaient plongés dans un air d'une den- 
sité ordinaire , tandis que s il ne se faisait 
quune exhalaison de quelque espèce de va- 
peur délétère séparée du sang dans la res- 
piration, l'air, étant condensé à la moitié de 



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Sect. iXitlll. ti. du sang. ûig 

son Tolumei ne pourrait pas être supj^osé ea 
recevoir autant. 

II. Sir Edward Hulse, médecin eïï répu- 
tation au commencement de ce siècle ^ était 
d^opinion que le placenta était un organe 
respiratoire • comme les ouïes des poissons i 
et noii tm mojren de fournir de la nourri- 
ture^ au fétus> coi^me lé tlit Derham dans sa 
phisico-théologie. Beaucoup d^autres niéde* 
cins semblent avoir adopté la même opinion, 
comme le dit Haller dans ses élémens de 
physiologie, tome 1*'. Lé Dr Gibson publia 
une défense de cette théorie dans le médical 
essays d'Edimbourg , yol. I. et II. , où cette 
doctrine est combattue dans tous ses points 
par le Dr Alexandre Monro. Depuis lors , 
l'opinion générale a été que le placenta nest 
quun organe de nutrition y opinion fondée 
sans doute sur Fautorité d'un aussi grand 
nom 5 plutôt que sur la solidité des argu*- 
mens avancés en sa faveur. Cette matière 
a encore été récemment traitée par les Drs Ja^ 
mes Jeffray et Forester French , dans leurs 
dissertations inaugurales à Edimbourg et k 
"Cambridge ; ils ont défendu l'opinion con- 
traire d'une manière aussi savante quingé- 
nieuse*; et c est de leurs thèses que jai exti'ait 
plusieurs des remarques suivantes. 

D'après les dernières découvertes du Doc- 
teur . Priestley ^ de Mr Lavoisier et autres 



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pso De Voaygéndtion Sect.XXXVIII. ii. 

philosophes 9 il paraît d abord que ce qui 
forme la base de lair atmosphérique et que 
Ton nomme oxygène , pénètre dans le sang 
à travers les membranes des poumons , et 
que^ par cette addition /la cotdeur du*sang 
passe d'un rouge foncé à un rouge vermeil. 
Ensuite , que l'eau contient aussi de Touygène 
comme ume de ses parties constituantes , et 
quelle contient de plus de lair dans ses 
pores; d'où résulte que le sang des poissons 
reçoit au moyen des ouïes , de ToTtygène de 
Teau ou de lair quelle contient, de la même 
manière que le sang est oxygéné dans les 
poumons des animaux qui respirent de lair ; 
que sa couleur se change en ntême temps duu 
rouge foncé en un rouge vermeil dans les 
vaisseaux des ouïes qui constituent un organe 
pulmonaire adapté à la température * dans 
laquelle vivent les poisso(ns ; enfin , que le 
placenta est formé dartères qui conduisent 
le sang à ses extrémités « et dune veine qui 
le rapporte, ressemblant exactement dans sa 
structure aux poumons et aux ouïes ci-dessus 
mentionnés ; et que le sang change sa cou- 
leur foncée en couleur vermeille , en passant 
par ces vaisseaux. 

Cette analogie entre les poumons et les 
ouïea des animaux et le placenta du fétu« , 
s'étend à une grande variété d'autres circon- 
stances ; ainsi les animaux qui respirent Tair^ 



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-^ECT. XXXVlll. II. du spirfff. ^ a^i 

ainsi qtie les paissons ne peuvent vîyre qtle 
quelques minutés privés d'air ou deau, ou 
lorsqu'ils sont renfermés dans une masse 
d'air oU d'eau -corrompue pat* leur prôpte 
respiration; la lâénie chose cirriTe au fétu6: 
' aussitôt ' que le placenta est sépa'ré de ^la 
inatrice^ il fattt 4pl^\\ dilate ses poutnons p^Sur 
-respirer Pair, sans quoi il mourrait. Ainsi, 
d'après la structure et les usages- du placenta , 
il paratt que c'est Un orgarnè .respiratoire , 
<;omtne les ouïes des poissons , au moyeu 
duquel le sang est orygéné. ' v > -û 

Puisqu'on -observe que les «xtrém-ités ' des 
Taisseaux du placenta ne saignefnt pas, lors* 
qu'on les sépare de la matrice , tandis ^ae 
ceux de ce dernier organe laissent échapper 
une grande quantité de sang artériel- vermeil^ 
il semblerait que les terminaisons des vaisseaux 
du placenta sont insérées dans lies vaisseaux 
artériels de la mère , et reçoivent l'oxygène du 
sang de celle-ci à travers leurs parois ; cette 
* oxygénation est prouvée parle ciiangement de 
couleur que subit- le san^ à son passage des 
artères du placenta dans $es veines, dcnrenant 
rouge clair , de rouge foncé qu'il tétait. 

La structure curieuse des cavités bur lacu- 
nes du placenta , démontrée par Mr Jobu 
Hunter^ explique cette circonstance. Ce sa-* 
vaut auatomiste a prouvé que la face du 
placenta qui tient à la matrice ,. confient un 

Tome IL i5 



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aM De VooygifuaUm Sect.XXXTIII. in* 

grand ûombre de cavités on de lacunes qui 

. 5oivt remplies de sang par les artères de la 
mère qui sj 09Trentr ce sang, repris par 
les yeines de la mère , est ainsi eontinnelle- 
ment renonTelé ; tandis qne d'un autre cÂlé 
les terminaisons des artères et des yeines du 
placenta sont épanouies eii réseaux très^déliés 
sur les parois de ces cellules ; de cette ma- 
nière, comnue le fétus dans son accroissement, 

, exige une plus grande oxygénation ^ il se 
forme un appareil qui ressemble eiacten^enl 
aux cellules aériennes des poumons. 

Dans les Taches et autres animaux rumi^ 
naus , la face interne de la matrice est iné^ 
.gale et présente des enfoncemens que l'on a 

jdommés cotylédons; cest dans ces cayitésque 
ismsèreut les proéminences des nombreux 
placentas dont le fétus de ces animaux est 
pourvu j et elles y adhèrent fortement ^ 
:quoiqu*diles puissent en être extraites sans 

• effusion de sang. Ces inégalités de la matrice 
et les nomboreux placentas qui y correspon- 
dent, paraissent être destinés k présenter 
une plus grande surface aux extrémités des 
vaisseaux des placentas, afin quils puissent 
recevoir Toxygène des vaisseaux utérins ; 
parce que les fétus de ces classes d^animaux 

' sont plus complètement formés avant de 
nattre , que ceux des carnivores , et que par 
conséquent dans les derniers temps de la 



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3ect- XXXVIII, If. du s^ng. «5 

gestation' ils doivent avoir besoia de plu$ 
d^oxygénation. Les veaux et les agneaux peu- 
vent niarcher quelques minutes après leur 
naissance^ tandis que les jeunes chats et les 
jeunes chiens sont plusieurs jours sans pou'^- 
voir même ouvrir les yeux. Quoiqu'il ne se 
fasse point d^effusion de sang lof's de la sé^ 
paration des cotylédons chez les animaux ru* 
minans^ il est clair néanmoins que cela pro*^ 
vient de la graAde puissance de contractioa 
de leurs lacunes ou alvéoles utérines. Voyez 
médical essays » vol. V. page 144. Et c'est 
pour cette même cause quils he sont point 
sujets à une menstruation sanguinolente. 

La nécessité de Toxygénation du sang du 
fétus est encore prouvée par analogie avec 
Tétat du poulet dans Toeuf, dont le sang 
parait oxygéné aux extrémités des, vaisseaux 
qui entourent le jaune , et se répandent sur 
le sac aérien qui est à la partie obtuse 
de Toeuf : ils peuvent absorber à travers cette 
membrane humide l'oxygène de Tair contenu 
derrière elle , et Fexpérience de la machine 
pneumatique , a prouvé que cet air pouvait 
se renouveler à travers la coque. Voyez 
Phytologia, sect. III. 

Cette analogie peut même s^étendre aux 
semences des végétaux en état de germination; 
Mr Scheele a prouvé quelles ont besoin d'un 
renouvellement d'air sur la sur&ce de Peau 



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324 ^^ l'oxygénation Se<îT. ÎXXVltl, m. i* 

dans laquelle elles sont plongées. Un grand 
nombre de semences végétales sont entourées 
d'air dans leurs capsules ou réceptacles, tel* 
les qfue les pois, le frûh du stapkiléa et du 
lichnis Tesicèiria ; mais il est probable qae ces 
semences, lorsqu'elles sont répandues sur ou 
ai}prés de la surface humide et aërée de la 
terre , de même que les frais des poissons 
dans une eau toujours Uiouvante et aërée , 
peuvent ne pas avoir besoin d'un appareil 
pour l'oicygénation de leur premier sang » 
avant que; les feuilles des unes et les ouïes 
des autres ne soient formées pour remplir 
cette fonction. Voyez Phytologia, sect. 111. 

m. I. Indépendamment de la grande ana-* 
logie qui existe entre la liqueur de Pamnios 
et le blanc d'œuf , il y a encore un grand 
nombre de raisonnemens qui prouvent que 
cette première liqueur est un fluide nour- 
ricier, que le fétus avale dans les derniers 
-mois de la gestation, et qu'en conséquence 
le placenta est destiné à quelquautre usage 
importante 

D'abord il est prouvé que la liqueur de 
i'amnios n'est pas un fluide excrémentitiel , 
puisqu'on en trouve une plus grande quantité 
quand le fétus est jeune , et quil diminue 
après une çei^taine époque jusqu'au moment 
de la naissance. Haller assure, Dque dans 
^certains animaux, il n'existe que fort peu 



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Sbct. XXXVIIÏ. III. a. du sang. a^S 

de ce fluide au moment de la naissance* 
Dans l'œuf de poule ^ il est épuisé au dix- 
huitième jour, de sorte quà la sortie du 
poulet, il n€n reste presque plus. Dans les 
lapins, il ny en a point avant la naissance. » 
Elém. physioL Si ce fluide était excrémenti* 
tiel, le contraire aurait probablement eu lieu. 
D^un autre côté , la peau du fétus est recou* 
verte d^un induit ou pellicule blanchâtre , ce 
qui semble exclure toute idée que la liqueur 
de Pamnios serait produite par une exsuda* 
tion d^ la matière perspirable. Cette liqueur 
ne peut pas être formée par Furine, car dans 
%es animaux , Touraque passe de la vçssie à 
Fallantoïde à Peffet d'évacuer ce fluide , qui , . 
4ans le fétus humain, parait cependant rester 
4ans lia vessie qu il dilate , comme les matiè- 
res fécales sont accumulées dans les intestins 
de tous les animaux. 

a. La qualité nutritive du liquide qui en* 
'vironne le fétus se fait remarquer par les 
iaits suivans. i"" Il est coagulable par la cha- 
J^eur , par Tacidje nitrique y et par Palcool » 
ainsi quç le l^it , le sérum du sang et les 
autres fluides que Pexpérience prouve être 
nourriciers, a® D'après TexpérienciB de Hall^r# 
il a un goût saum4tre , qui ressemble asses^ à 
celui du petit lait , dont il a même Todeur, 
3* L'expérience journalière prouve -qu^ le 
Waup d'ceuf qui cpnsûtue la »oumturô du 



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fi26 De roTf^génation Sect. XXXVllI. m. 3. 

poulet, est de qualité nutritive ; indépendam- 
ment des expériences sur ses effets nutritifs , 
mentionnés pjar le Dr Fordyce dans son traite 
sur la digestion , p. 178. C^t auteur ajoute 
quç cette substance ressemble beaucoup à la 
partie essentielle; du sérum du ^ang. 

3. On trouve dans Kestomac du fét^s , uri 
fluide semblable à. celui dans lequel il 
nage , excepté une légère altération qui peut 
avoir élé produite par un commencement dç 
digestion ; de la même manière on rencon- ' 
tre 1^ blanc de Vœuî danç Fçstomac du 
poulet. 

On trouve constamment dans l'estomac de? 
veaux nouveaux -nés une quantité de poils 
semblables à ceux dont ils ^ont couverts ; il 
faut donc qu ils se lèchent avant de naître. 
Blasii anatom. Voyez sect. XVI. ij. sui! 
rinstinct. 

On voit le poulet dans V^^^ ^^ mopvoio 
doucement ^ans le ^uide qui Fentoure' et 
ouvrir et fermer alternativement le bec; on 
a observé la même chose dans les jeunes 
chiens. Haller, clem. phys. I. 8. p. ^01. 

On a remarqué une colonne de glace s*é ten- 
dre depuis la bouche par lœsophage jusquà 
lestomac d*un fétus gelé ; e|t cette glace était 
formée par la congélation de la liqueur de 
lamnios. 

Le méqo^ium ou les premières matières 



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Sect. XXXVIll. II!, 5. du sang. 337 

fécales qui se troaTeat dans les intestine des 
enfans nouveaux-nés^ prouvent que quelque 
chose a été digéré ; et que ponrraît-ce être 
sinon la liqueur de lamnios jointe au * sac 
gastrique et à la bile , qui étaient nécessaires 
pour sa digestion ? 

Le foie nous offre un autre fait qui 
prouve que le fétus se nourrit par des ali- 
mens qui passent par la bouche dans Testo- 
mac et les intestins durant les derniers moia 
de la gestation: Haller observe qu'il est fort 
gros ; ce qui est le contraire des poumona 
qui ne sont destinés à servir quaprès la 
naissance. Physiol. voL VI. p. 6i8. Ainsi il 
•doit déjà s'être fait une sécréllon de bile qui 
ne peut avoir eu dautre usage que d'êtr« 
mêlée aux matières de la di^^estion. 

Nous avons quelques histoires de monstres 
nés acéphales et par conséquent sans bou'* 
che : ces histoires paraissent avoir éré rap* 
portées par des autorités douteuses ou diaprés 
une observation superficielle ; il y a cependant 
deux de ces monstruosités qui sont bien at^ 
testées ; Pune est un fétus humain men- 
tionné par Oipson dans les essais de méde* 
cine d^cosse ; chez celui-ci FiBsophage étant 
oblitéré ^ il y avait une ouverture danô la 
trachée-artère qui communiquait avec Toeso- 
pliage; et par ce moyen la liqueur de Pam^ 
nios pouvait passer dans Pestomac sans àatik» 



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oad De Voxygénation Sect* XXXyill. ni. % 

ger de suf&cation , puisque ayan); la nais'-f 
sance , le fétus n*était pas dans le cas de respi- 
rer. ITaulre fétus monstruevix çst 4éerit paç 
Vander Wiel , qui assure avoir vu uij agneaif 
qui n'avait pas de bouche^ mais qui en sa 
place avait une ouverture à la partie inférieure 
du cou, laquelle conduisait dans Testomac. fCes 
deux exemples sont éyideihment ei^ faveuç 
de la doctrine ici avancée que Je fétus sie 
nourrit par la bouche ; car autrement ï\ 
ii'aùrait pas été nécessaire quil y .eût unç 
ouverture nouvelle ou extraordinaire pour 
conduire à Pestomitc , lorsque Touverturç 
Naturelle manquait. 

. D'après ces ^its et ces observations, nouç, 
pouvons conclure avec certitude, q^e le fétuç 
dans la matrice se nourrit a^x dépens du 
0uide qui l?environne ; que cç fluide est ab- 
sorbé au commencement de la grossesse par 
les vaisseaux lactés qui sont à nud^ et que par 
la suite il est avalé et introduit dans Testo- 
mac et )es intestins , lorsque ces organes 
ont atteint leur perfection ; et enfin que le 
placenta est un organe destiné ^ transmet* 
trè Toxygène au sang du fétus ^ ce qui est 
plus nécessaire , ou du moins Test plus souvent 
que la matière même qui sert à la nutrition» 
De cette manière il est aisé de répondre 
à la question du grand Jlarvey. >> Pourquoi 
>) le fétus 4âns la matrice n est-il pas sufiq« 



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5»CT. XXXVIII. ni. 5. du sangi aag 

» que par défaut d*air , lorsqull y reste jus- 
» qu au dixième mois sans respirer^ taudis 
9 que s il i^alt au septième pu aiji huitième 
»mois, et qu*il ait, respiré une seule fois ^ 
V il est immédiatement suffoqué par le man« 
s> que d^air , si on arrête sa respif ation ? 

Pour plus amples informations sur cet objet, 
je renvoyé Je lecteur au Tentamen medicumi 
^n Dr Jefiray^ Edimbourg 1786, et il est k 
espérer que le Dr Forest^r publiera un [pur 
les thèmes quil a fâiit^s aur ce sujet. 



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*5i> Dà la génération. Sect.XXXïX* 

SECTION XXXIX. 

DE, l*k, ^lÊMéRATION. 

Felîr, qui causa» alla câligîae mersas • 
Pandit , et e?olvit teouissima vincula rerufb. 

ANOK. 

I. Leà habitudes d^agir et de sentir dans les 
individus ^ accompagnent Vdme dans une vie 
future , ainsi que Vembrion au moment de sa 
formation. Le premier rudiment de Vétre absorbe 
de la nourriture et reçoit de Voaygène: ildéphye 
les extrémités de ses vaisseaux sur des cellules 
gui communiquent auec les artères de la ma^ 
trice et quelquefois ai>ec celles du péritoine ; 
ensuite il at^ale la liqueur de Vamnios , qui est 
produite par V irritation ^que lejetus cause à Ut 
matrice ^ ou au péritoine ^ dest de la même ma* 
rdêre que les insectes naissent dans la tête des 
moutons et des veaux. Pourquoi le blanc d*(Bif 
a deux consistances. Pourquoi on ne trout^e rien 
dans les quadrupèdes qui soit analogue aujaun^ 
de Vœiify non plus que dans la plupart des se-* 
menées végétales. II, i . Les œufs des grenouilles 
et des poissons sont fécondés hors de leurs 
corps. Les œufs des oiseaux ^ non fécondés ^ no 
contiennent que la nourriture propre à Vembrion. 
Çclui-^i est produit par le mdle^ e( la nourriture 



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Sect. XXXIX. De la génération. a5i 

par la femelle. Animalcules dans la liqueur 
spermatique. Profusion de la nature dans la 
génération. 3. Végétaux vivipares. Les rejetons 
et les bulbes ont chacun leur père , nmis poini 
de rnère. Les vaisseaux de lajeuitte et du bou' 
ton s^ anastomosent. Le descendant paternel res^ 
semble exactement au pare. 3. Les insectes sont 
Jécondés pour six générations. Les polypes jet* 
tent des branches comme les rejetons. Des ra* 
cines rampantes. Fleurs vii^ipares. Du tœnia. 
Du vohox. Eçe Jormée d*une côte d^ Adam. Le 
sperme n^ est pas unstiniuluspour Vosuf. III. \.Les 
embrions ne sont pas origim^rement créés dans 
d*auires embrions. La matière organisée n'est 
pas si déliée, a. Toutes les parties de Vembryon ne 
sont point formées dans le générateur mâle. Les 
crabes reproduisent leurs pattes ^ les ii^rs repro* 
duisent leur tête et leur queue: il se forme de nou^ 
Idéaux vaisseaux dans les loupes ^ le cancer et les 
inflammations. Les mulets participera des for^ 
mes de leurs père et mère. Les chei^eux et les 
ongles croissent par allongement et Jiçn par dis^ 
tension. 5, Des particules organiques de Buffbn. 
IV. i. Le rudiment de Vembrion est un simple 
Jïlament vitrant ^ il devient un cercle^ puis un 
tube viê^ant. a. // acquiert de nouvelles irrita^ 
biUtés et sensibilités at^ee une nouvelle organir 
sation , comme dans les limaçons blessés , le^ 
volipes ^ les teignes^ les cousine ^ les têtards • 
Ainsi les noupclles parties sont produites pof 



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a5a Dà la génération. Sect. XXXIX; 

éuldkion et non par distension. 5. Toutes les 
parties du corps croissent tant qu* elles ne sont 
' point comprimées. 4- J^es fétus ai^ec des mem^ 
bres de moins ou de plus. Des monstres. Parties 
doubles des Végétaux. 5. Les mulets ne peuvent 
pas être formés par la distension du rudiment 
séminal. 6. Familles d^animaux produites par 
un mélange de leurs ordres naturels. Mulets 
imparfaits, j. U appétit animal ressemble aux 
qffinités chimiques. Force productii^e et médi" 
eatrice de la nature. 8. Changemens dans les 
animaux aidant et après la naissance, analogie 
de leurs structures. Leurs changemens par la 
concupiscence^ la faim et le danger. Tous les 
animaux à sang chaud proviennent d^un flor- 
ment vivant. Des animaux 4 sang froid : les 
insectes , les vers et les végétaux dérit^ent aussi 
d^un filament vitrant. Les rnâles des animaux 
ont des mamelles. Le pigeon mâle donne du 
lait. Le monde lui-même a été engendré. Cause 
des causes. État d^épreut^e et de responsabilité. 
Y. i. Cause efficiente de la couleur des œufs 
des oiseaux ^ ainsi que des poils et des plumes 
qui blanchissent dans les pays neigeux. Uim,at 
gination de la femelle communique la couleur 
à Vœiif. Les idées ou mou^emens de la rétine 
sont imités par les extrémités des nerfs du 
toucher ou le réseau muqueux. 3, La npurriture 
que produit la femelle est de trois espèces. Son 
in^^pnatiçn ne peiit Jamais (0ecper qi4e h pr^ 



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5bctXXX1X. Dt là gén^dUon. !^i 

miére. Comment se formefit les mu1et$\ et fes 
mulâtres. Pourquoi les organes dé la réproduc^ 
tion sont dtfectueux dans les miilets. Des teufs 
à double jaune. VI. i. Diverses sécrétions sont 
formées par les extrémités des vaisseaux , 
comme dans les glandes. De la matière conta- 
gieuse» Beaucoup de glandes sont affectées par 
des idées agréables i telles sont celles qui prch- 
duisent le sperme, tx^ Les limaces et les vers 
sont hermaphrodites et ne peuvent cependant 
pas se reproduire seuls: quelle en est la cause 
^finale* 5. L'imagination du mâle forme le sexe. 
Les idées ou mouvetnens des nerfs de la vision 
ou du toucher sont imités 'par les dernières 
eMrémités des glandes des testicules., qui cu^ 
ractérisent le sexe. Cet effet de VimaginatioH 
rtappcnrtient ifu'au mâle. Le sexe de Venibrydti 
tCest pas dû au hazard. 4* Causes des chan- 
gemens dans les ahimaux ^ par l'imagination^ 
comme il arriifê ddns la production des monsf 
très., JRelatipement du mâle. Ou d lafomelle. 
5. Aportemens par la peur. 6^ Puissance tilp 
Vimagination du mâle sur la couleur., la forme 
et le sexe de \Vamh7yon4 Exemple, j. L'acte 
de la génération accompagné d^ idées des forr 
mes mâles ou fomelles. L'art de procréer de 
beaux enfans de Vun et de Vautre sexe. Vil. Ré- 
capitulation. VIII. i.Appendix. Les bourgeons 
sont des inditndus. Ib consistent en une plu- 
mule , une, tige et une radicule* Chaque par^ 



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^ De la génération. Sect. XJSXllC. 

tie de ta tige peut germer, ^rbre triplé par la 

greffe. Mulet latéral végétal produit par trois 

pères. Confenfa fontinaUs. a. Propagation lor 

téraU du polype et dé Vhydra etentorea. Réu^ 

nion des deux moitiés d'un pofype. De Ut 

greffe des végétaux* , Mulet latéral. 3. he nour- 

peau bourgeon d'un arbre doublement greffe a 

trois espèces de tiges ^ Mulet triple produit par 

diverses parties de Varbre pore; 4* ^^ ^^^^ de 

• terre coupés en morceaux s'engendrent une nou- 

pelle tête et une noupelle queue, ^insijbnt les 

tiges des bourgeons des arbres. Tout rembryon 

n*ést pas formjé en même temps. 5, Les parties 

de tx longue tige du noupeau bourgeon sont 

Jbrmées par des parties correspondantes du 

bourgeon père « et s'unissent soifS Vépiderme. 

Chaque partie de cette tige peut germer. Ces 

noupeaux bourgeons ressemblent à là partie dé 

la branche d'où ils s^élêpent. Mulet latéral pro-^ 

duit par plusieurs pères. Peut^il se former un 

mulet à triple sexe? 6. De la grapitationy de 

Vqfffinité chimique ^ de l'électricité ^ du magné* 

tisme^ de la puissance d'attraction ^ de Vapti* 

tude à être attiré. L'aimant possède la pro* 

prié té d'attirer, et le fer celle d'être attiré. Il 

en est de même des corps électriques et des 

€iffinités chimiques. Deux corpe peupent s'atti- 

rer réciproquement. 7. Union de la matière 

animale apec la matière inanimée. Union de 

deux particules vipantes. Le sens possède une 



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5bct. XXXÎÏ. I>e U génératiôHé , 3^6 

ûppétence à Vunion , lor md^tiêr^ inanùnée p0s^ 
sàde Paptilude â être wùe. f^itaiité du sang , 
JîbriUes ayant des appétits , molécules douées 
de penchants^ 8« Les JîbriUjSS ont des appétits 
de Jbrmation* Moléculesf at^ec des penchants à 
laJbrmaUon* De même que -dans les affinités 
simples et doubles. Passions de la Jaim et de 
Vamout. De la soif. De ralaitement des er^ans. 
Manière dorU se Jait la propagation latérale. 
9* Particules vitales superflues formées dans le 
sang. Séparées par les glandes sexuelles. Com- 
binées sous l^épiderme des arbres. EJlfis ac- 
quièrent de TWuçeoMX appétits , et Jorment les 
parties secondçdres de Vembryon. Il en est de 
mémje de la passion pûur la générqLtion^ du 
désir de la nourriture animale ^ et des nouçel- 
les attractions des^ corps combinées chimique- 
ment^ De nouvelles molécules sont formées par 
les glandes sexuelles à Vâge de puberté^ ainsi 
0pjfe dans îes glandes pectorales, lo. D^feren-- 
tes fibrilles et dit^erses molécules sont détachées 
des dUf erses parties du tronc père p&ur f&rmer 
le tronc fis. Il en est de même dans la pro- 
pagation sexuelle des végétaux; leurs combi' 
nuisons produisent un embryon; acquièrent de 
nouveaux appétits ^ et forment des parties se^ 
eondaires ^ comme dans les fleurs de la classe 
dioïque. 1 1 . Mulet latéral triple. Ainsi les mu- 
lets sexuels ressemblent aux parties de leurs 
parens selon la combiruiison des f brilles et 



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^6 De la génétatioH. STect. ÎXXlX. 

àèÉ molécules « et pi^oduisent des parties secùn^ 
•Maires ^ autrement ils ne ressembleraient qu^â 
Jeur père. Epigrammè dà MartiaL IX. i. Di- 
PèféeS parties dû noiH^l erhbryon produites en 
même temp^. Leè corps organisés stmt tfxfp 
volumineux pour étte iécrifés^ Formation pri^ 
mitii^e et secondaite des parties du fétus. La 
théorie de Mf de Buffofi diffère de celle-ci. Dès 
moles et des moristreè^ Vn émbfyon h* est pas 
un indii^idu tant que lès nerfs ne s'uhisSent pas 
au àeri^éau. 2. Lé cerpeAu et le ôœur sontfor^ 
ifiés en même temps. Les partiel àtgàniquès 
'^sont trop pohmiiheuses pour passer par lès glafi^ 
des et les vaisseaux capillaires. Il n^en est pas 
Mnsi des particule^ fofmatiçes. . De-là les d^r- 
niêreS ne peUueM pas se combiner dànéi le sang. 
4. Les particules forfnatii^es ne se combinent 
pas dans les réceptaeles des glandes sexuelles , 
yarce que celles du mdle diffèrent de celles de 
la fenielle. Il n^eh est pas de même dans la 
• théorie de Buffon. 5. L^embryon entier n^est pas 
produit en m^me terhps. Parties primitîifes et 
secondaires. Formation secondaire de la tige 
des bourgeons y dès vers coupés en deux^ des 
pattes des crabes , des dents humaines et d'un 
pouce reproduit. X. i. Génération latérale ^o- 
litaire i et génération interne solitaire. Les par-^ 
ticules animalisées de la combinaison primitive 
sont sécrétées , se combinent et forment des 
organisations primitives. La tige d*un bcurgeon 



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Sect. XXXIX* De la génération. aZy 

produit des parties . secondaires , et commence 

sa formation dans différens endroits à la 

fois. Il ressemble à son père mieux qu'une 

progéniture sexuelle. Du polype et de l^hydre* 

a. La génération interne solitaire de Vaphis , 

du ténia ^ de Vactinia et du volçox y produit 

une progéniture' vit^ipare et non ouipare. Diffe^- 

rence entre la génération latérale et celle in^ 

ieme. 3. Génération sexuelle hermaphrodite 

dans la plupart des fleurs y et dans quelques 

insectes. Les sommités bulbeuses de certain^ 

végétaux sont une progéniture sexuelle. Les 

organes sexuels des hermaphrodites sont sépa^ 

rés y mais sécrètent les particules formatiçes 

mâles et fomeUes de la même masse de sang. 

Pourquoi un pommier semé ressemble quelque^ 

fois à son père et d'autrefois ne lui ressemble 

point. Le nombre des espèces augmente par 

une génération réciproque. 4* Dans la généra^ 

tion sexuelle simple ^^ les sécrétions masculines et 

fominines proviennent de différentes masses de 

sang. Ces animaux étaient primitù^ement her- 

maphrodites. Manière dont s'opère la produc^ 

tion d'un nout^el embryon. La sécrétion diffère 

de la nutrition. Le noui^el embryon commence 

dans plus d^une de ses parties. Il acquiert de 

nom^eaux appétits et forme des parties secon* 

daires. Les organes sexuels sont des parties 

secondaires et non primaires* De4d vient la 

Tome II. i6 



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âS8 De la génération. SEct. XXXlJf. 

différence des formes masculines et féminines é 
Productions secondaires animales et végétales. 
5. Semence , œufs. Le frai diff<ire dès œufs 
en ce quHl grossit ai^ec Vèmbryon , comme les 
membranes du fétus dans la matrice. XI. i . Cris- 
taux inanimés. Organisation animée^ Animal- 
cules microscopiques par la stagnation des 
Jtuides végétaux et animaux. Ils ne se régé^ 
nèrenJt point. 2. La secoftde espèce des produc^ 
tions animales commence en plus d'un point. 
Elles différent des animaux microscopiques ; 
telles sont les truffes , les champignons^ les 
polypes et les hydres. 5, D^autres t^égétaux 
sont hermaphrodites , mais leurs glandes sexuel^ 
les respectives exercent leurs sécrétions sur la 
même masse de sang. 4- D'autres végétaux ont 
acquis des seXes séparés , et sécrètent leurs 
fluides prolifiques de différentes masses de sang. 
Vèmbryon commence par un plus grand nom^ 
bre de points dans les animaux plus compU-- 
qués. Les parties primaires forment les parties 
secondaires , comme dans la classe dioïque des 
végétaux , et dans tes animaux sexuels. La 
nature est encore dans son enfance. 5* Pro- 
duction spontanée des animalcules microsca-- 
piques. Elle est analogue à la génération effec-^ 
tii^e. Les premiers animalcules en engendrent 
d^autres , et se perfectionnent. Bulbe de tulipe 
par semence.' jéphis. La matière est soumise 



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Sbct. XXXIX. I. De ta génération. oSg 

d des lois immuables. XII. Conclusion. / De 
la cause et de Veffèt. La philosophie des ato- 
mes mène à la cause première. 



\. Li 



^E sarant Dr Hariley , dans son onyrage 
sur rhomm^^ et quelques autres philoso- 
phes^ pensent- que- la partie de nous qui est 
immortelle , acquiert pendant cette Tie cer- 
taines hahitudes d^action ou de sentiment, 
qui deviennent à jamais iH4is8olubl£s , et 
continuent aprèa la mort dans Pétat que noua 
appelions Peu^tence future \ et ils ajoutent 
^e si ces habitudes sont Ticieùses , elles doi- 
.Te&t rendre malheureux celui qui les pos- 
sède, même dans le cid. J'appliquerais va- 
lontiers cetts^idée ingénieuse -à la génération 
ou. production de Tembryon, ou nduyel ani* 
*mal , qui participe, tant des formes et des 
kiclinations dé l'auteur de ses jours. 

Par suite de Pimperfection du langage , ou 
•donne à la progéniture ; le nom de nouTâl 
animal; mais ce niest dans le fait qu une braù- 
che ou un allongement de son générateur; 
car ;utte partie de Fembi^on animal est, ou a 
été une partie de celui dont il procède ; ainsi 
à parler strictement , on ne peut pas dire qu il 
soit entièrement nouveau au moment de sa 
formation ; et il peut par conséquent conser- 
Ter quelques-unes des habitudes du système 
producteur. 



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34o Dehgéniration^ Skct.XXXlX.f. 

^ Jl parait que dès le moment même de sa 
formation , Tembryon , en tant qu il est sé*^ 
crété du sang du mâle , ccmsiste en un 
filament vivant ayant une certaine suscep- 
tibilité d^irritation , de Sensation , de vo- 
lition et d^açsociation , ainsi que quelques 
habitudes acquises ou propensions particu- 
lières au père : les premières sont communes 
aux autres animaux ; les demiètes paraissent 
distinguer ou produire Tespèce. de Tanimal > 
soit homme soit quadrupède « avec une res- 
:semhlance de traits ou de formes à celles 
de Fauteur. 11 est difficile de concevoir qu un. 
être vivant puisse être séparé ou produit par 
le sang au moyen de Faction: d'une glandes 
et qu'il puisse ensuite devenir un animal 
semblable à celui dans les vaisseaux duquel 
il a été formé ; quand même on supposerait 
avec quelques théoristes modernes « que le 
sang est vivant; cependant toutes les autres 
hypothèses sur la génération >, reposent siu* 
des principes encore moins à la portée de 
notre intelligence. 

Au moment de la procréation , ce point 
d'entité est reçu dans un nid approprié, oii 
il doit acquérir deux choses nécessaires à sa 
vie et à son accroissement; Tune est la nour- 
riture ou substance , qui doit être reçue par 
les bouches absorbantes de ses vaisseaux ; et 
Fautive est la partie de l'air atmosphérique ^ 



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Sect. XXXIX. I. De la génération. ^i^i 

ou de Peau qoe la chimie moderne a nommée 
oxygène , et qui affecte le sang en passant 
à trayers les parois des vaisseaux qui le con« 
tiennent. Le fluide qui environne Pembryon 
dans sa nouvelle habitation , etqueTon nomme 
liqueur de Tamnios , lui fournit sa nourriture; 
et comme un peu d^air doit infailliblement 
s^introduire dans la matrice en même temps 
que Fembryon y entre , il parait que ce même 
fluide doit^ quand ce ne serait que pendant 
quelques heures , fournir aussi une quantité 
suffisante d^oxygène pour son existence im^ 
médiate. 

Diaprés ce principe , la fécondation des 
plantes aquatiques se fait dans Pair ; et il 
est probable quil est nécessaire que le nec* 
taire des végétaux soit ouvert à Pair^ afin que 
les anthères et les stigmates de la fleur puis- 
sent recevoir une nourriture plus oxygénée 
que li| sève ordinaire. 

Lors de Fintroduction de ce principe d^en* 
tité dans la matrice , l'irritation de la liqueur 
de Tamnios qui l'entoure , met les bouches 
absorbantes des nouveaux vaisseaux en ac- 
tion; elles en boivent une partie, et une 
sensation agréable accompagne cette nouvelle 
action ; en même temps Paifinité chimique 
de l'oxygène agit à travers les parois des 
Taisseaux du sang rougissant; et ce procédé 
soulage un besoin ou une sensation défa* 
Çréable qui existait auparavant* 



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343 De la génération. Sbct* XXXIX. i» 

Gamme le besoin de cette oxygénation du 
sang est continuel^ (ainsi que le proure la 
nécessité constante de respirer , soit par des 
poumons^ soit par des ouïes j) les yaisseaux 
se distendent par les efforts de la douleur 
ou du désir de chercher cette oxygénation 
nécessaire / et pour éloigner la sensation désa- 
gréable que ce besoin occasionne ; en même 
temps , de nouvelles particules de matière sont 
'^absorbées ou appliquées à ces Taisseaux dis- 
tendus^ et ils se trouvent allongés dune ma- 
nière permanente , parce que le fluide qui 
est en contact avec eux , perd bientôt la par- 
tie oxygénée qu'il possédait d'abord et qu'il 
devait à l'introduction de Tair avec l'embryon. 
Ces nouveaux vaisseaux sanguins s'approchent 
des parois de la matrice et pénètrent par les, 
extrémités de leurs ramifications dans les vais- 
seaux de la mère , ou y adhérent^ recevant 
de l'oxygène à travers leurs tuniques , par le 
courant dû sang artériel de la mère. Voyez 
sect. XXXVill. II. 

Cette insertion des vaisseaux du placent-, 
à la face interne de la matrice, produite par 
leurs propres efforts , parait encore mieux 
prouvée par les nombreux exemples de fétus 
extrà-utérins , qui ont leurs vaisseaux atta- 
chés ou insérés dans le péritoine ou lés vis- 
cères du bas-yentre , exactement de la même 
manière qu'ils adhèrent où s attachent natu- 
rellement à la matrice. 



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SscT. XXXIX. I. De la génération. 245 

Les Taisseaux absorbans de lembryon con* 
tinuent à pomper la nourriture qui fournit 
le fluide ou liqueur fie Famnios dans lequel ils 
nagent; et qui, dans le principe^ n exige point 
de préparation digestive préalable , mais qui , 
lorsque Fappareil de la digestion se ^complète ^ 
est avalé par la bouche et introduit dans 
Testomac , où étant mêlé ayec la salive y le 
suc gastrique , la bile ^ le suc pancréatique 9 
et le mucus des intestins , il est digéré , et « 
laisse un résidu qui constitue les premler9 
excrémens de Tenfant y que Ton nomme 
xnéconium. 

La liqueur de Famnios est sécrétée dans 
la matrice à mesure qu elle est nécessaire au 
fétus , et il est probable qu elle est produite 
par Firritation de celui-ci qui agit comme 
corps étranger; car le péritoine produit un 
fluide semblable dans les grossesses extra- 
utérines. jLes chrysalides du taon^ placées dans 
la peau des vaches , et les larves de li^ mour 
che ichneumon nichées dans le dos des che- 
nilles que Ton trouve sur les choux ^ paraisf- 
sent se procurer leur nourriture en irritant 
les parois de leur nid* Une sécrétion et con* 
crétton végétale se forme de cette manière 
sur les feuÛles du chêne par le gallerins/e;cte, 
et par le cynips dans le calice de la rose ^ 
ainsi que par la jeune sauterelle sur un grand 
^ofobre d$ plantes , et par ce inoyeii F^nim^} 



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^44 ^^ la génération. SscT* XXXIX. i. 

s'entoure d'écume. Mais rien ne ressemble 
mieux à la gestation extrà-utérine que les œufs 
de mouches qui sont déposés dans les sinus 
frontaux des moutons et des veaux : ces 
œufs nagent dans quelques onces de fluide 
amassé dahs une pellicule mince ou hydatide. 
Ce sac comprime le nerf optique d'un côté, 
ce qui fait que la vision étant moins dis* 
tincte dans cet œil , Taniraal se tourne con- 
tinuellement du côté affecté , afin de mieux 
apercevoir les objets ; c'est par la même 
raison que dans le strabisme , Toèil se 
tourne du côté opposé à l'objet quil regarde. 
Dans les temps de chaleur, les moutons se 
tiennent le nez contre terre pour empêcher 
cette mouche de pénétrer dans leurs narines. 
La liqueur de l'amnios est sécrétée dans 
la matrice en raison des besoins ^ non seu^ 
lement quant à la quantité , mais encore 
quant à la qualité et à la consistance, qui se; 
modifient à mesure que se développent les 
facultés digestives du fétus , jusqu'à ce que 
cette liqueur soit remplacée par le lait après 
la naissance. Haller, pbysiol. vol. 1. Dans 
Toeuf , le blanc qui est analogue à la liqueur 
de l'amnios des quadrupèdes , consiste ea 
deux parties distinctes, dont Tune est plus 
visqueuse , et probablement plus difficile à. 
digérer et plus nutritive que l'autre ; et c'est 
celle-ci qui se consomme dans la dernière 



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Sbct. XXXCC. I. De la génération. 24^ 

semahie de Tincabation. Le jaune de Fœuf 
est un fluide encore plus fort et plus nutri- 
tif, qui passe dans les intestins du poulet 
avant sa sortie de la coque , et qui sert à sa 
nourriture pendant un jour ou deux, jusqu'à 
ce qu'il soit capable de digérer , et qu'il ait 
appris à choisir les -semences ou graines plus 
dures qui doirent le nourrir. On ne trouve 
rien de semblable à ce jaune de Toeuf dans 
les fétus des mammifères , parce que le lait 
est un autre fluide nutritif déjà préparé pour > 
le jeune animal ; il est encore très-remarqua- 
ble, que le premier lait des animaux femel- 
les^ après Taccouchement, est beaucoup plus 
ëpais comme le jaune de l'œuf, et beaucoup 
plus coagulable que celui qui est sécrété 
quelques jours après , lorsque les facultés 
digestiyes de Fanimal sont plus énergiques. 
Ainsi le jaune n'est pas nécessaire au frai 
de poisson , aux œufs dUn sectes ou aux se- 
mences végétales ; parce qu'il est probable 
que leurs embryons trouvent leur nourriture 
aussitôt qu'ils sont sortit» de la coque ou qu ils 
ont poussé des racines. De-là il arrive que 
quelques insectes produisent une progéniture 
vivante au printemps et en été^ et des œufs 
en automne; et que certains végétaux pro* 
duisent des racines ou des bourgeons vivans 
au lieu de semences ; tels sont le polygonum 
viviparum, et Toignon magique. Voyez Jardin 
botanique f part. II. art. Anthoxantum. 



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a46 De là génération. Sbct. XXXI3L il. i« 

II parait néamnoins qu'il y a uik rëserroir 
^e nourriture préparée pour certaines semen- 
ces , indépendamment de leurs cotylédons 
ou feuilles séminales ^ et on peut supposer 
qu'elle est en quelque sorte analogue au 
jaune d'oeuf. Tels sont les sucs saccharins 
des pommes , des raisins et autres fruits qui 
donnent de la nourriture aux semences, lorsr 
qu elles sont tombées à terre. Tel est encore 
le suc laiteux que IW trouve au centre de 
la noix de coco^ et une partie dé son amande; 
je crois qu il en est de même de toutes les 
semences monocotylédones , telles que celles 
des palmiers^ des graminées et des lys. L^ 
suc laiteux qui est au centre de la noix d^ 
coco parait ressembler au chyle àes animaux^ 
car il contient une bqile mêlée à du mucilage 
et à du sucre , d'oii provient sa couleur 
blanche ; tandis que le chyle ou la sève des 
végétaux qui s'écoule des blessures faites axM. 
bouleau ou à Térahle dans les mois de prin- 
temps , est transparent et ne consiste qu'en 
sucre et en mucilage y circonsts^ice qui la. 
fait différer du chyle des animaux. 

II* I. Le procédé de la génération est en- 
core enveloppé d'un voile impénétrable ; on. 
peut cependant bazarder quelques conjectu-* 
res concernant plusieurs de ses cirçonstan- 
ces. i^ Les œufs des poissons et des gre- 
nouilles sont fécondéfi après qu'ils sont sortra^ 



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Sbct. XXXIX. II. i*. BeUginénahn. h^j 

An corps Ae la femelle , * parce qu^iki 66at 
déposés d^D^s un fliii<le et ne sont, par con- 
séquent pas recouTerts d'une coque dure. 
Il est cependant remarquable que ni les pois^ 
sons ni les grenouilles ne déposent leur frai 
hors de la présence du mâle ; et c'est pourquoi 
les carpes femelles dans les petits viviers où 
il n j a pas de mâles ^ meurent fréquemment 
par la distension de leurs œufs près d^éclore« 
2"" Les œufs d^oiseaux qui sont pondus «ans 
être fécondés, ne contiennent que le blanc 
et le jaune qui sont évidemment la nourri- 
ture destinée au fétus. 5"". Gomme la cica« 
tricnle de ces œufs est fournie par le mâle 
et quelle est évidemment le rudiment de 
ranimai , nous pouvons en conclure que 
Tembryon est produit par celui-ci et la nour- 
riture appropriée , ainsi que le nid , par 1^ 
femelle. Car si on supposait que la femelle 
contribue pour moitié à la formation de 
Tembryon, pourquoi formerait-elle tout l'ap- 
pareil de la nutrition e.t de Foxygénation ? 
Dans un grand nombre d^animaux, le mâle 
est plus grand , plus fort « et digère plus 
d'alimens que la femelle ^ et par con- 
ééquent il doit contribuer autant et plus 
quelle à la réproduction de l'espèce ; mais 
s'^il ny contribue que de moitié pour l'em- 
bryon et point pour Pappareîl de la nutri- 
tion et de, Voxygénation^ le partage est ine- 



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34S DtlagéniraUofL Sbct • XXXIX. iKi. 

gai; la force du n^àle, et la consommation 
de «loarriture quil fait sont trop grandes 
pour leffet qui en résulte , comparativement 
À la femelle ; ce qui est contraire à la mar« 
che ordinaire de la nature. 

On a supposé dans quelques ouvrages sur 
le procédé de la génération, que la semence 
du mâle ne pouvait pas se mettre en con» 
tact avec Tovaire de la femelle dans beau-^ 
coup d animaux « et on en a conclu qu^une 
émanation aérienne ou élhérée provenant de 
la semence du mâle , pouvait produire le 
•principe de la vie ds^ns lœuf de la femelle , 
parce que dans le stigmate végétal de quel- 
ques fleurs , on ne voit point de vais-» 
seaux qui reçoivent et qui transmettent le 
pollen , et parce qu'il n est pas possible que 
lejaculation de la semence dans les qua<r 
drupèdes puisse la faire parvenir à travers 
les trompes de Fallope dans les vésicules 
-de Tovaire. 

Quant aux analogies prises des autres ani* 
maux , on peut observer i"* que dans la gé- 
nération des grenouilles , on sait très - bien 
que le sperme du mAle est mis en contact 
avec le frai de la femelle , à mesure qu elle 
Tévacue, et que dans les poissons^ c^ sperme 
est répandu de même sur le frai^ après que 
Ja femelle la déposé, a* Quant aux végétaux, 
^il faut faire attention que leurs vaisseaux 



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Sect. XXXIX. II. I. De la^ginératiàk. a49 

sont 81 petits quen général on n'estf t^pomt 
encore parrenu à les injecter ayec wi iluide 
coloré , et que par-là il8> sont nu)ins visibles 
an microscope que ceux Am animaux^ >^t<quil 
est probable que ceux dies stigmates ou pîs«- 
tils des fleurs qui sont destinés à absorber 
la solution du pollen qni>«dbère aux stigma- 
tes bumides , peuvent être toujours .vides oa 
avoir leurs ; orifices fermés v excepté lorsquils 
sont mis en action par .le stimulas du pol- 
len, ce qui fait quils peuvent échapper à 
nos recherches* Je ne sache pas non plus que 
personne ait cherché à ^ reconnaître oes^yais- 
seaux par des expériences , avec des liqueurs 
colorées appliquées en même temps, que le 
pollen sur le stigmate pour y être absorbé « 
ou en disséquant le pistil, 6oit dans son état 
de^ vitalité^ soit dans son état de dessèche- 
ment, ou en robservant dans celui de car- 
bonisation « 

Quant aux quadrupèdes^ le Dr Haighton 
a démontré par un grand nombre d^expérien- 
ces curieuses sur des lapins , publiées dans les 
Transactions philosophiques pour Tannée 1797^ 
que la semence du mâle ne passe pas par 
les trompes de Fallope , et n'arrive par con- 
séquent pas à l'œuf femelle , dans un état 
liquide ou aéré ^ mais que c'est par le ^ sti- 
mulus de la semence dans le col de la ma- 
trice ; que les vésicules de Tovaire se gon- 



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dSa Dèla génération. Sect. XXXIX. ii* t . 

fient ^ et laissent échapper la substance que 
Ton nomme œuf, quoiqu il n^it point de 
forme distincte , et que ce corps soit conduit 
dans la matrice par le mouTement péristal- 
tique des trompes de Fallope , quelques beur- 
res après la copulation. Je présume que là 
il rencontre la semence du màle^ et qu*aînsi 
ie noÛTel animal produit par la. sécrétion 
du mâle trouve, dans toutes les productions 
sexuelles^ une nomritnre appropriée et une 
situation commode dans la femelle. *Mais je 
crois quun appareil femelle est inutile pour 
la production des bourgeons, des arlure^^ du 
fétus adhérent des pol^jr^pes, et des coraux. 

On pouiTait faire à cette théorie de la 
génération, robjection suivante. Si les ani-. 
malcules spermatiques que Ton découvre au 
moyen du microscope , sont tous des rudi- 
mens d^homoncules, lorsqu'il ny en a. quun 
seul qui puisse trouver un nid ^quelle pro- 
digalité .la nature- ne met-elle pas dans ses 
productions? Je n assure pas que ces parti* 
cules mouvantes , visibles au microscope ^ 
soient des hopaoncules; peut-être «ont elles 
les produits de la stagnation ou de la putri- 
dité, etpeut-é^e ne sont-elles point des êtres 
vivans; mais si on suppose quelles sont des 
rudimens d^homoncules , ou d^embryons , 
cette grande profusion est en proportion avec 
les efforts généraux de la nature pour pour- 



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SlECT. XXXIX. II. 2. De la génératioû. aSi 

Toir A la perpétuation des difféi^ntes espè* 
ces d^animaux. Chaque arbre produit une 
4]uantité innombrable de semences^ et çha- 
^e poisson dépose une quantité, non moins 
grande d^œufs , et cela avec une abondance 
si inconccTable que si tout venait à bieq ^ 
la terre et la mer seraient bientôt: cncomr 
brées d'habitans ; cependant ces* semences 
et ces œufs sont bien plus parfaits : que les 
animalcules* spermatiques ne peuvent l'être, 
et ils périssent par millions. Cet argument 
prouve seulement que les productiojis de la 
i:iatnre sont régies par des lois générales , et 
que par une sage superfluité^ elle assure la 
reproduction continuelle des êtres. 

2. Il parait diaprés Tanalogie des semences 
végétales, cpie Tembryon est sécrété ou pitJ- 
duit par le màle , et non par un concours 
4le fluides provenants du mâle et de la 
femelle. Dans les grandes fleurs telles que 
les tulipes , il n y a point d analogie d ap- 
pareil entre les antbères et les stigmates : 
daprès les observations de Spallanzani , les 
semences sont produites long -temps avant 
que la fleur ne soit épanouie et par consé- 
quent bien avant la fécondation ^ comme 
Toeuf dans la poule. Lorsque le pollen est 
répandu sur le stigmate , la semence se coa- 
gule d abord sur un points comme k cica- 
tricule dun œuf iecoiidé. (Voyez Jardin bo- 



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:fi53 Dé la génération. Sect. XXXIX. ii. a. 

tanique, part. I. note additionnelle 58t.) Or 
dans ces productions simples de la nature , 
si la femelle contribuait à la formation de 
lembryon autant que le màle^ il y aurait 
probablement quelqu analogie yisible dans 
Içs parties pour remplir ce but « indëpen- 
damnient de celui .de fournir le nid et la 
subsistance pour la nouvelle progéniture. 
D^ailleors^ dans l>eaucoup de fleurs, les ni^- 
les sont plus nombreux que les femelles^ ou 
que les cellules utérines séparées dans leurs 
germes , ce qui tendrait à prouver -que la 
fonction du mâle était au moins ausai impor- 
tante que celle de la femelle ^ tandis que si 
le mâle ^ après avoir produit sa partie de 
Tembryon , devait encore produire 1 OQuf ou 
la semence « lacté de la réproduction serait 
inégalement distribué, entrent. 

Ajoutons à cela que dans la réproduction 
Tëgëtale la plus simple , comme dans les bour- 
geons des arbres, qui sont des descendans 
vivipares , la feuille est évidemment le père 
du bourgeon , qui se développe dans son 
sein , selon l'observation de Linné. Cette 
feuille consiste en vaisseaux absorbans et en 
vaisseaux pulmonaires, destinés à lui 'pro- 
curer la nourriture et à lui fournir de Toxy- 
gène. Cette partie simple de lorganisation 
vivante est pourvue aussi d^une puissance 
reproductrice ; et comme le nouveau rejeton 



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Sbct. XXXIX. U. 2. Delà généroHiOu d55 

est ainsi nourri en adhérant à son père : il 
ne loi faut pas de mère pour lui fournir un 
nid, la nourriture et Toxygénation ; ainsi il 
n'existe pas de feuille femelle. 

Je croyais d^abord que les Vaisseaux qui 
se trouTent entre le bourgeon et la feuille 
8 anastomosaient ou conununiquaient entr'eux^ 
et que le premier était ainsi fourni de sang 
végétale» c est-à-dire de nourriture et d'oxy- 
génation jusquà la mort de la feuille père 
en automne; et que sous ce rapport il y avait 
une différence dWec le. fétus des animaux 
vivipares. Mais depuis la publication des 
premières éditions de cet ouvrage , j'^ai cru 
devoir changer d'opinion < parce qu en dissé«* 
quant le bourgeon du châtaignier , œsculus 
hyppocastanum y de la manière décrite plus 
bas , je ne pus apercevoir aucune communi- 
cation entre les Taisseaux de la feuille et ceux 
du bourgeon produit dans son sein , de sorte 
qu*il est plus probable quil se nourrit en 
absorbant le fluide qui Tentoure , comme le 
fétus des animaux , ainsi que je Tai démontré 
dans mon ouvrage sur la végétation , intitulé 
Phytologie, sect. VII. i. 2* Je crois en se- 
cond lieu que les vaisseaux de Técorce qui 
appartiennent à la feuille morte « et dans 
lesquels je soupçonne quil se dépose une 
espèce de manne, deviennent alors ^ si je puis 
m'exprimer ainsi « des vaisseaux placentaux 

Tome IL 17 



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s54 De la génération. Sect>XX7CIX> ii, s. 

du nouveau bourgeon. On peut retirer an* 
nuellement de la sève priptanière ainsi pro* 
duite par un érable à sucre de New-York 
et de la Pensylvanie , cinq ou six livres de 
bon sucre sans détruire l'arbre. Account of 
xnaple sugar, by B. Rush. ( Voyez Jardin bo- 
tanique , part. I. , note additionnelle sur le 
placenta végétal. ) 

Lorsque la chaleur du printemps fait éclore 
le jeune bourgeon^ ces vaisseaux lui fournis->^ 
sent un aliment de nature saccharine jus* 
qu'à ce qu'il ait acquis des feuilles , et qu il 
ait produit un nouveau système absorbant 
dans Pécorce et la racine de Farbre^ de la 
même manière que la matière farineuse ou 
huileuse des semences et la matière sac- 
charine des fruits^ fournissent la nourriture 
à leurs embryons, jusqu'à l'époque où ils 
prennent des feuilles et des racines. Cette 
analogie dans un sujet si obscur est ausai 
évidente quelle est curieuse ; et dans les 
gros bourgeons comme ceux du ch&taignier, 
on peut presque l'apercevoir à Foeil nud ♦ 
si avec un canif on coupe par tranches le 
reste du rudiment de la feuille de Tannée 
précédente et du nouveau bourgeon qu'il 
renferme. On verra alors que les sept ner- 
vures de la feuille ancienne se sont éle- 
vées de la moelle" en sept points bien dis- 
tincts , qui forment une courbe « et que le 



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Segt. XXXtX. II- n. De la génération. 255 

nouyeau bourgeon a été produit dans leur 
centre, €[o^il a percé Taubier et Féçorce et 
a crû sans Fassistance de sa mère. On peut 
obserrer un procédé semblable en disséquant 
une bulbe de tulipe en biv^r ; les feuilles 
qui enveloppaient la tige de la fleut de Fan- 
née précédente n'étaient point nécessaires à 
la fleur ; mais chacune déciles était le père 
d'un nouveau bourgeon, que Fou peut alor^ 
trouver à sa base , et qui étaint adhérent à 
son^père, nappas besoin de mère. 

Cette génération paternelle des végétaux, 
telle que les bourgeons et les bulbes , offre 
une circonstance très-curieuse , c'est qu'elle 
ressemble exactenient à ses pères > comme 
on peut Fobserver dans, la greffe des arbres 
fruitiers , et dans la propagation des racines 
bulbeuses ; tandis que les descendans sémi* 
naux des plantes^ recevant leur nourriture de 
la mère> sont susceptibles de variations con- 
tinuelles. Ainsi dans la classe diœcie oii les 
fleurs mâles «pnt produites sur un arbre et les 
fleurs femelles sur un autre , les bourgeons 
de Farbre mâle produisent constamment des 
fleurs mâles ou d'autres bourgeons qui leur 
ressemblent exactement , et les bourgeons 
de Farbre femelle produisent indifféremment 
ou des fleurs femelles ou d'autres bourgeons 
semblables à eux ; tandis que la semence de 
ces ai^bres produit tantôt des individus mâles 



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aSfi De la génération. Sect.XXÎÏX.M.^* 

et tantôt des indiyidus femelles. Diaprés cette 
analogie de I)a production des bourgeons Té« 
gétaux sans une mère^ je soutiens que la 
mère ne contribue pas à la formation de 
Tétre Tirant dans' la génération animale , 
mais quelle n*est nécessaire que pour lui 
fournir «Ifa nourriture et son oi^ygénation. 

Les TégétatEx présentent un autre fait qui 
a été publié par Mr Koelreuter , et qu'il 
nomme » une métamorphose complète d^une 
espèce naturelle de plantes en une autre.» 
Ce fait prouve que dans les semences aussi 
bien que dans les bourgeons , Tembryon pro- 
cède du mâle , quoique la forme de la plante 
future dépende en partie de la femelle. 
Mr Koelreuter imprégna un stigmate de la 
nicotiana rustica^ avec le pollen de la nico* 
tiana paniculata « et en obtint des semences 
prolifiques. Avec les plantes que produisirent 
ces semences, il répéta Texpérience, en les 
imprégnant arec le pollen de la nicotiana 
paniculata. Comme les plantes Jijbrides ainsi 
produites étaient prolifiques , il continua à 
les imprégner pendant plusieurs générations 
avec la poussière de la nicotiana paniculata^ 
et elles ressemblèrent de plus* en plus au 
père mâle^ tant qu*à la fin il obtint six plan- 
tes parfaitement semblables sous tous les 
rapports à la nicotiana paniculata , et qui ne 
ressemblaient en aucune manière à leur mère 



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Sect. XXXIX. If. 5. De la génération* aSj 

la nicotiana rustiea» Blunueobachj sur la gé« 
nëration. 

3. Il e9t probable que les insectes quoa 
dit pouvoir être fécondés pour six généra* 
tions , tel que l'aphis , ( voyez Amoenit. acad. ) 
produisent leurs descendans de la manière 
ci-dessus décrite , cVst-à-dire sans mère mais 
non sans .père , et ainsi donnent un exemple 
de lucina sine conciibitu. Ceux qui ont étu«> 
dié rhistoire des pol^rpes que Ton trouve 
dans Teau stagnante de nos fossés au mois 
de Juillet^ assurent que les jeunes polype^ 
sortent et ramifient des côtés de leur père» 
comme les bourgeons des arbres, et quau 
bout d'un certain temps ils s en séparent d'eux* 
mêmes. Cela est tellement analogue à la ma* 
mère dont paraissent se produire les bour« 
geons des arbres , que Fou peut considérer 
ces polypes comme étant tous mâles ^ et pro^ 
duisant des embrypns qui n ont pas besoiu 
de mère pour leur fournir un nid , non plus 
que la nourriture et Toxygénation* 

Cette génération latérale ou linéaire des 
plantes^ non seulement a lieu dans les bour* 
geons des arbres qui continuent à y adhérer» 
mais elle est admirablement visible dans les. 
iilets du pplj-gonum apiculare et dans ceux 
du fraisier, Jragaria vesoa. De ces plantea 
sort un bourgeon allongé et rampant , el 
14 oi» il (ottcbe la terre il prend, racine i^ 



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55$ De la génération. Sect. XXXIX. ii. 5. 

^t produit une nouvelle plante provenant de 
son père , dont elle tire la nourriture et 
Toxygénation : par conséquent il pie faut point 
pour cçla d'appareil maternel. Dans les fleurs 
jrivlpares , telles que celles de VaUium magU 
cum , et du polygcnum vwiparum\ les anthè- 
res et les stigmates se flétrissent et meurent ; 
et au lieu de semence, il survient un descen- 
dant latéral ou paternel, qui adhère jus- 
qu'à ce que sa maturité soit suffisamment 
avancée , et alors il tombe à tefre où il prend 
racine comme les autres bulbes. 

La production latérale des plantes par de$ 
filets, tandis que chaque nouvelle plante est 
ainsi enchaînée à son père , et continue à en 
produire un autre ^ puis un autre encore, à 
mesure que le filet s'étend sur la terre , est 
{>arfaitement semblable au tœnia que Voi\ 
trouve si souvent dans les intestins et qui 
«'étend en forme de chaîne depuis Pestomac 
jusqu'au rectum. Linné assure » qu'il vieillit 
à une de ses extrémités , tandis qu'il continue 
à produii^e de jeunes anneaux à Px^utre , se 
procréant à/1 infini comme unç racine d'herbe^ 
les articulations séparées sont nommées verg 
de gourde ^ et produisent à Uinfini de nou- 
Veaui^ aîineaux * semblables k leur père , et 
dont chacun est pourvu d'une bouche appro- 
priée et dV)rganes de la digestion.» Systtmn 
naturœ. Vermes tœnia. Il parait évidemment 



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Sbct.XXXIX. ÏÏ.5. De la génération. aSg 

qu'il y a dans cet animal une faculté repro- 
ductrice , sans aucun appareil maternel pro- 
pre à fournir la nourriture et Foicygënation 
à Tembryon , parce qu^il reste attaché à sou 
père jusqu'à sa maturité. Le poli^ox ghbator 
qui est un animal transparent , porte en Itd* 
méme^ dit Linné, ses fils et ses petits«-fils 
jusqu'à la cinquième génération. Ce sont sans 
doute des fétus ^i^aas , à différens degrés de 
maturité et produits par le père : ils doivent 
être eiLpulsés à des périodes différentes , comme 
les œufs non fécondés de différens yolumes 
que Ton trouve dans le corps des poules ; 
et comme ils sont produits sans aucune co* 
pulation connue , cela contribué à prouver 
que l'embryon vivant est formé dans les au«> 
très ordres d^animaux, par le mâle seul, et 
non par la femelle, puisquun seul a le pou^* 
voir de le produire. 

Cette idée de la reproduction des animaux 
par un seul filament vivant provenu du père; 
paraît avoir été employée allégoriquement dans 
le récit curieux que nous donne Pécritûre 
sainte^ comment Eve fut formée d'une côtie 
d'Adam. 

D'après toutes ces analogies.^ je conclus 
que l'embryon est produit par le mâle seul ^ 
et que la femelle lui fournit un nid conve- 
nable , de la nourriture et l'oxygénation ; et 
^u§ l'idée ^e la ^omeuce du m&le n^^tait 



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260 De la génération* SscT.XXXlX. m. â« 

quun slimulus pour Pœuf de la femelle , 
(ainsi que Pont ayancé plusieurs philosophes) 
n'est . aucunement appuyée sur rexpérience 
ou l'analogie. 

m. I. Quelques sayans philosophes ont 
éprouvé une si grande difficulté à concevoir 
comment sopère la reproduction des ani- 
maux , qu'ils ont supposé que toutes les nomr 
breuses générations ont f^xisté en miniature 
^ans le premier animal qui a été créé ; ef; 
que ces infiniment petits ne font que s*étenr 
dre ou se développer k mesure que l'em-r 
bryon croit dans la matrice. Indépendamment 
de ce que cette théorie n est uppuyée sur. 
mticune analogie que. Ton connaisse , elle atr 
tribue en outre à la matière organique un€t 
ténuité beaucoup trop considérable pour 
qu ou. puisse Pi^dmettre sans difficulté. ; car 
si Ion veut supposer quct chacun de ces em* 
bryohs ainsi renfermés, est composé des parT 
ties variées et compliquées d^s corps animaux, 
en ce cas^ ils devraient avoir une petitesse^ 
inférieure à celle que Ton a attribuée aux 
diables qui tentèrent St. Antoine , dopt o^ 
assure que 20,000 pouvaient danser, une sa* 
rabande sur la pointe de la plus fine ^içuille^ 
sans se gêner les xips les autres. 

a. D'autres ont supposé que toute;s le(\ 
parties de Tembryou sont formées dans Iq 
Jtnâle avant quil soit déposé dans Tœuf o^ 



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Sect. XXXIX. III. a. De la génération. sQi 

la matrice; et que c est après cette épôqUe 
seulement quil doit receyôir Fel^tepsion ou 
le déyeloppement de ses pi^rties ^ comme il 
a été dit ci-des9us ; mai$ cette explication 
ne lève une difficulté que pour en substituer 
|ine autre également incompréhensible : ils 
ont trouvé difficile de concevoir comment 
Tembryon pouvait être formé dans la matrice 
ou dans^ Foeuf^ et en conséquence ils ont 
préféré de le forfner avant quil fàt arrivé. 
On peut observer « pour répondre k ces deux 
théories : i^ qu0 quelques animaux , tels que 
les crabes , peuvent reproduire tout un mem? 
bre ^ par exfsmple une patte qui aurait été 
arrachée ; que d^autres , tels que les vers et 
les limaçons « peuvent reprodi|ir.e une tète 
ou une queue lorsqu'on a coupé Tune ou 
Tautre ; et qu ainsi dans ces animaux une 
partie au moins peut être formée de non* 
veau , sans quon puisse dire qu'elle ait 
existé préalablement en miniature* a"" Il se 
forme de nouvelles parties et de nouveaui^ 
vaisseaux dans beaucoup de maladies , pas 
^xeniple sur la cornée de Pceil dans rophlbal*» 
|nie , dan^ )ea loupes et les cancers ; et on 
ne peut pas supposer que ces parties ayent 
eu un prototype ou une exist^noç en petit 
dans Tembryon. 3^ Comment pourrait-il naî- 
tre des animaui^ métis qui tiennent des for^ 
ip^es de leur pèrç çt leur mère i si 1- embryon 



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503 De la génération. Sect. XXXIX. in. a» 

originel existait en miniature dans la semence 
du mâle? Si Fembryon d^un ^e se déyelop* 
paît seul, le mulet ne ressemblerait en au- 
cune manière à la jument. 

Il parait que cette fausse idée de Teicten-r 
sion des parties vient de ce que lliomme fait 
ressemble généralement au fétus quant à la 
forme ; et on a cru de-là que les parties du 
fetus^ se développaient pour former un hom« 
me , tandis quelles ont été centuplées en 
poids et en volume ; or , il n*est personne 
qui voulût appeler la quantité additionnelle 
de 99 parties , une distension de la partie 
originelle , relativement au poids. Ainsi la 
matrice ^rend beaucoup d'épaisseur dans la 
grossesse et elle augmente en solidité et en 
volume : il faut donc quelle ait acquis ce 
volume additionnel par un accroissement de 
nouvelles parties, et non par un développe-r 
ment des anciennes ; l'acte simple et com* 
mun de souffler la vessie dun animal nou-» 
vellement tué , à porté Timagination à appli-» 
quer cette idée de la distension à laugmen^ 
tation de volume par accroissement naturel; 
cependant ce dernier état doit venir dune 
apposition 4^ nouvelles parties , comme le 
prouve rangmentation de poids qui acoom^ 
pagne celle de dimension ; et comme Tceil 
peut en juger daprès rallongement des cbe-r 
ifei^x par la couleur de leurs çxtrémité^ pu 



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Sect. XXXIX. ni. 5. Be la génération. «63 

lorsqu'ils ont été teints sur la tête ^ ainsi 
que dans la croissance des ongles par les 
taches qui s y fpnt remarquer quelquefois, et 
par Télargissement du croissant blanc qui 
parait à leur racine , ainsi que par Taccrois-» 
sèment des nouveUes chairs dans les plaies 
où il se forme de nouveaux nerfs et de nou* 
Teaux yais^eaux sanguins. 

5. Enfin , Mr de Buffon a imaginé avec 
beaucoup de sagacité\ l'existence de certaines 
particule^ organiques , qu'il suppx>se être en 
partie vivantes et en partie des ressort^ 
méchaniques. Ces derniers ont été décou- 
verts par Mr Needham^, dans l'organe mâle 
du calmar ^ espèce de poisson ; et les pre-* 
miers ou animalcules vivans se trouvent dans 
les sécrétions mâles ou femelles , dans les 
infusions de semences telles que celles du 
poivre, dans la gelée de veau rôti et dans 
toutes les autres substances animales et vé- 
^él:ales. 11 suppose que ces particules orga- 
niques existent dans le fluide spermàtique 
des deux sexes, qu'elles sy rendent de toutes 
les parties du corps ; et elles doivent par 
conséquent, à ce qu il croit, ressen^bler .à la 
partie d où elles proviennent. 11 pense que 
ces particules organiques sont dans une acti- 
vité constante , jusqu'à ce qu'elles viennent 
à se mêler dans la matrice ; alors elles sç 
joignent sur le chalnip et produisent un em- 
bryon ou fétus semblable aux deux auteurs^ 



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s64 Oé la génératiefu Sect. XXXIX* TV. i ^ 

On pourrait faire beaucoup d^objections 
contre cette théorie ingénieuse ; mais je n ea 
proposerai que deux. La première , c*est 
qu'elle n'a d^analogie avec aucune loi animale 
connue; et la seconde, que comme ces flui- 
des remplis de particules organiques prove-^ 
nant des orgalies mâles et femelles sont sup^ 
posés être semblables, il n j a pas de rai^ 
son qui empêchât la mère ' de produire un 
embryon femelle sans Paide du mâle , et de 
réaliser le luoina sine concubitu. Voyez para-<^ 
graphes viii. et ix. de cette section et la 
éect. XXXVU. III. 

IV. i^ Je crois que Je principe ou rudiment 
de Tembryon, en tant que séparé du sang 
du père , consiste en un simple filament Ti^ 
Tant, comme une fibre musculaire* Je crois 
en outre que ce filament est Textrémité d'un 
nerf de la loco-motion , comme une fibre d^ 
la rétine est une extrémité d^un nerf de la 
sensation , par exemple une des fibrilles qui 
composent Torifice d^un vaisseau absorbant. 
Je présume que ce filament vivant , quelle 
que soit sa forme , sphérique , cubique ou 
cylindrique , est doué de la faculté d^étre 
mis en action par de certaines espèces 
de stimulus. Celui du fluide environnant 
dans lequel il est i;eçu en sortant du mAle^ 
peut le faire replier sur lui-même en forme 
4'ftnneau^ çt poduire ainsi I^ commence* 



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SfiCT. XXXIX. iY. H. J)e ta génération. â6S 

ment d^un tube. Ceux qui ont observé lés anU 
malculed microscopiques, décriyènt de s*em« 
blables filamens et de semblables anneaux» 
Cet anneau vivant peut alors embrasser où. 
absorber les particules nutritives du fluide 
dans lequel il nage, et en les attirant dari|. 
«es pores , ou en s'y joignant par la com« 
pression de ses extrémités^ il peut augmen-> 
ter sa longueur ou son tolume, et d^anneau 
vivant devenir ainsi par degrés un tube vivant* 
3. De nouveaux genres dHrritabilité peu*- 
vent commencer avec cette nouvelle organi- 
sation ou cet accroissement des parties; car 
tant qu'il n'y avait qu'un seul organe vivant^ 
on ne pouvait le supposer doué que d'irri- 
tabilité 4 puisqu'on conçoit bien que la sen- 
sibilité est une extension de Fefiet de l'irri- 
tabîlité sur le reste du système; ces nouvelles 
espèces d'irritabilité et de sensibilité résul- 
tantes d'une nouvelle organisation , sont évi- 
dentes d'après un grand nombre de faits qui 
ont lieu dans les animaux plus formés ; ainsi 
la formation des testicules , et la sécrétion 
de la semence qui en est la suite , occasion- 
nent la concupiscence; les poumons doivent 
être formés avant que leurs efforts pour ob- 
tenir de l'air, puissent avoir lieu; le gosier 
ou œsophage doit être formé avant qu'on 
éprouve la sensation ou les appétits de la 
SsLVta et de la soif, dont l'une parait avoir 



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*i66 De lagénéràtioit. Sect. XX3CIX. i\r. A 

son siège à rextrémité supérieure et Fautre. 
à iTsxtrémité inférieure de ce canal. 

C'est encore ainsi que lorsque, la verge esl 
distendue par le sang ^ elle acquiert une nou^- 
Telle sensibilité et une nOurelle appétence. 
La même chose arrive aux matnelons des 
femelles des animaux : lorsqu'ils sont dis- 
tendus par le sang , ils acquièrent une 
nouvelle tendance à fournir du lait; Ainsi 
les tendons et les membranes> et même les 
os lorsqu'ils sont enflammés , acquièrent dé 
nouvelles sensations ; et les parties des anr- 
maux mutilés, telles que celles des limaçons 
blessés/ des polypes et des crabes, se repro* 
duisent , et acquièrent en tnême temps des 
sensations appropriées à leur situation. C^est 
ainsi que lorsque la tête dVn limaçon est 
réproduite après avoir été coupée arec un 
rasoir -tranchant^ on voit Se reproduire aussi 
ces yeux télcscopiques si curieux ^ et qui 
acquièrent leur sensibilité pour la lumière , 
ainsi que les muscles nécessaires à leur ré- 
traction à rapproche du danger^ 

Je crois en conséquence, qu'avec chaque 
nouveau changement de formes organiques 
ou chaque addition de parties organiques , 
il survient une nouvelle espèce d^irritabilité 
ou de sensibilité ; ces variétés d'irritabilité 
ou de sensibilité existent dans les glandes, 
chez les adultes ; chacune de ces glandes est 



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SfiCT. XXXIX. IV. 2. De la généràtiorL iAj 

douée d'une irrîtabilitë , d^un goût ou d'unt 
appétence^ et par conséquent d^un mode 
d*action qui lui est propre. 

Cest de cette manière que je conçois qu« 
les vaisseaux des mâchoires produisent les 
dents ^ que ceux des doigts produisent les 
ongles et que ceux de la peau produisent 
les cheyeux et les poils ; de même que par 
la suite ^ Tcrs Tâge de puberté ^ la croissance 
de la barbe et les autres changemens consi- 
dérables dans les formes du corps et dans la 
disposition de lesprit, ont lieu en conséquence 
de la nouyelle sécrétion de la semence ; car 
si on priye lanimal de cette sécrétion , ces 
changemens ne sunriennent point. Je crois 
qu'ils sont occasionnés, non par lelongation 
ou la distension des étamines primordiales^ 
mais par la juxta-position d^s parties ,. de la 
même manière que le crabe peut, au bout 
d'un certain temps , regénérer un membre 
dont il aurait été privé ; le têtard ne pro- 
duit ses pieds que long-temps après quil 
est sorti du frai ; et la chenille , en se trans- 
formant en papillon^ acquiert une nouvelle 
forme , avec de nouvelles facultés ^ de nou- 
velles sensations et de nouveaux désirs. 

L*histoire naturelle des papillons, des chry- 
salides ^ des scarabées et des cousins ^ est 
remplie de faits curieux ; quelques-uns de 
ces insectes passent plusieurs u^ois et dau- 



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ji68 Delà génération. Szcr. XXtlX. tv. n. 

très même des années dans 1 état de chenilles 
ou de vers ; ensuite ils restent plusieurs se^ 
maines sans nourriture, suspendus en lair, 
cnserelis sous terre, ou plongés dans leaat 
pendant ce temps ils se changent en un. 
animal qui parait être dune nature différente: 
chez quelques-uns lestomac qui auparavant 
digérait des feuilles ou des racines végétales, 
ne digère alors que du miel ; ils ont acquis 
des ailes à Teffet de chercher cette nouvelle 
uourriture et une longue trompe pour là 
recueillir sur les fleurs ; et je présume qu ils 
ont en outre un sens de Todorat pour dé- 
couvrir dans les fleurs les endroits secrets 
où le miel est formé. Les teignes qui volent 
la nuit, ont une trompe beaucoup plus lon- 
gue , roulée sous leur menton en forme de 
ressort de montre^ et quelles allongent pour 
recueillir le miel des fleurs dans leur état 
de sommeil , temps où elles sont fermées 5 
et où il est ^ par conséquent , plus difficile 
de butiner dans leurs nectaires. Le scarabée 
est couvert dune cuirasse dure qui garantit 
ftes atles^ afin que cet insecte puisse encore 
an besoin creuser des trous dans la terre 
où il a déjà passé la première période de 
son existence. 

Mais ce qui , plus que tout le reste^ distin- 
gue ces nouveaux animaux , c'est qu'ils sont 
alors doués* de- la faculté de se reproduire; 



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Sect. XXXÏX. IV. 2. Delà généràtioiu ^ 

€t qu ils difTèrent entr^eux par les sexes , ce 
qui ne parait point aToir lieu dans leur état 
de chenille ou de Ter. Chez quelques-uns de 
ces insectes , ce changement de chenille ea 
papillon ou en teigne semble n'avoir dVutré 
but que de servir à la reproduction de l'es^ 
pèce , puisqu'ils meurent inunédiatement après 
qu^elle est accomplie , et qu'ils ne prennent 
point de nourritui;e dans Finteryalle ; tel est le 
Ter à soye dans nos climats , quoiqu'il p&t 
probablement se nourrir de miel , si on lui en 
présentait. Car en général il parait yraisem-* 
blable qu'une nourriture d^une nature plus 
stimulante que les feuilles, telle que le miel 
des végétaux , était nécessaire pour la repro* 
duction séminale de ces animaux, ce qui est 
exactement semblable à ce qui arrivé aux 
végétaux ; dans ceux-ci les sucs de la terre 
sont suffisans à leur reproduction par le moyen 
des bourgeons ou des bulbes, dans lesquels 
il parait que la nouvelle plante est formée 
par des mouvemens irritatifs , comme Tac- 
croissement de leurs autres parties , telles 
que leurs feuilles ou leurs racines; mais lors- 
qu'il s'agit d'une reproduction séminale ou 
amoureuse où la sensation est nécessaire, il 
faut une nourriture plus stimulante pour les 
anthères et les stigmates; et cette nourriture^ 
c'est le miel , comme je Tai expliqué dans la 
sect. XIII. sur Tanimation végétale. 
Tome II. i8 



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97Û JDc la génération. Sect. XXXIX. iv. 2» 

Le moucheron et le têtard se ressemblent 
dans leur métamorpliose d^aniraaux aquati- 
ques avec des ouïes , en animaux aériens 
avec des poumons , et par le changement 
de Tél^ment dans lequel ils TÎTcnt ; et pro- 
bablement aussi par le changement de leur 
nourriture , et enfin en ce qu'avec un nou- 
vel état, ils acquièrent la différence des sexes, 
et les organes de la reproduction séminale 
ou amoureuse ; tandis que le polype qui 
partage leur premier état d^existence , ne 
pouvant changer ni de forme ni d'élément^ 
ne peut se reproduire que comme les bour- 
geons des végétaux par la même espèce de 
:gxouvemens irritatifs ^ qui produit Taccrois- 
seinent de son propre corps , sans propaga- 
tion séminale ou amoureuse^ laquelle exige 
sensation , et qui , dans le moucheron et le 
têtard, parait exiger un changement dans la 
nourriture et dans la manière de respirer. 

De -là je conclus , qu avec Facquisition de 
nouvelles parties , ils obtiennent de nouvelles 
sensations, de nouveaux désirs et de nouvel- 
les facultés ; ce qui se fait par juxta-position 
sur les anciennes parties et non par leur dis- 
tension ; et enfin que les parties les plus essen- 
tielles du système , telles que le cerveau pour 
la distribution de la puissance vitale^ le pla- 
centa pour i^oxygénation du sang , et les vais- 
seaux absorbans additionnels pour recevoir la 



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r 



Sfi-CT. XXXIX. IV. 5. De la génération. Ofjt 

nourriture, sont les premières formées par 
les irritations mentionnées ci-dessus^ et par 
les sensations agréables qui accompagnent ces 
irritations, ainsi^que par les exertions qui ont 
lieu en conséquence des sensations désagréa* < 
blés , telles que celles de la faim et de la 
suffocation. Après ces parties , vient un ap- 
pareil de membres pour les usages à yenir^ 
ou pour mouToir le corps dans son état 
actuel de natation, puis de poumons pour 
la respiration future, et de testicules pour 
la reprodudtion de l'espèce ; ces parties se 
forment par les irritations et les sensations « 
ainsi que par les exertions ultérieures des 
parties qui existaient dans Porigine, et aux- 
quelles les parties nouvelles doivent être 
attachées. 

5. Pour confirmer cette théorie , , on peut 
faire observer que toutes les parties du corps 
cherchent à croître^ ou à se faire des parties 
additionnelles pendant tout le cours de notre 
vie , mais qu elles sont arrêtées par les parties 
qui les contiennent immédiatement ; ainsi 
quand la peau est enlevée , les parties char- 
nues qui sont au-dessous , poussent bientôt 
de nouvelles granulations nommées vulgaire- 
ment chair fongueuse. Si le périoste d'un 
os est enlevé, Taccroissement de cet os se fait 
de la même manière. Or , lorsque l'embryon 
est imparfait, on suppose que les parties 



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^7^ De la génération. Skct. XXXIX. iv. 4* 

contenantes ou limitatives ne sont pas encore 
formées , et que par conséquent il n y a 
rien qui soppose à son accroissement. 

4^ Cette production des parties de Tem* 
bryon par de nouvelles appositions, sert à 
expliquer plusieurs phénomènes des produc- 
tions animales et végétales ; par exemple ^ 
comment un assez grand nombre d'enfans 
naissent avec un défaut de conformation des 
extrémités^ comme le manque dun doigt ou 
d'un orteil , on du bout de la langue , ou bien 
encore ce qu'on nomme bec de lièvre avec 
absence de palais. S'il y a un défaut dans 
la quantité des particules nutritives primor^ 
diales dans l'œûf pour la réception du pre« 
mier filament vivant , les parties extrêmes , 
étant formées les dernières, doivent indiquer 
ce défaut par leur imperfection. 

Cette idée de l'accroissement de l'embryon 
aVccorde aussi avec la production de quel* 
ques êtres monstrueux qui ont une rédu- 
plîcation de nuembres: tels sont des poulets 
à quatre pattes ; ce qui ne pourrait arriver 
si le fétus était formé par le développement 
d'un germe originel ou d'une miniature. Car 
s'il existait un superflu des premières parti- 
cules nutritives déposées dans Fœuf pour le 
premier filament vivant, il est aisé de con- 
cevoir qu'il en résulterait une réduplication 
de quelques parties.^ Ce qui prouve que cette 



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Sect XXXIX. IV. 5. De la génération^ àyi 

superfluité de nourriture existe quelquefois,, 
c est quil y a des œufs qui ont deux jaune& 
lesquels , je crois , ont été ainsi formés ayant 
d'être fécondés , par une nourriture trop 
abondante donnée à la poule^ 

Cette théorie est confirmée encore par l'ana- 
logie des monstres du règne yégétal, où on 
observé quelquefois une production double 
ou triple des différentes parties de la fleur^ 
comme un triple nectaire dans quelques co* 
Jombos, et une triple pétale dans quelques 
primevères , ce que l'on suppose provenir 
d'une surabondance de nourriture. 

5. Si l'embryon est reçu dans un fluide 
dont le stimulus diffère ml quelque sorte 
du stimulus naturel , comme dans la pro* 
duction des animaux métis , les nouvelles 
irritabilités ou sensif)ilités acquises p^t* les 
parties organisées croissantes, peuvent diffé^ 
rer entrelles et produire ainsi des parties 
qui ne sont point conformes à celles du père« 
mais qui appartiennent partiellement à celles 
de la mère; et ainsi, quoique le germe primitif 
ou l'entité vivante vienne totalement du père, 
comme il se fait de nouvelles irritabilités oh 
sensibilités, il en résulte un changement de 
formes qui leur correspond. I^a production 
des mulets ne saurait avoir lieu si le germ^ 
primordial ou miniature de toutes les parties 
dç Vfijnbrjon ^tf^t fonné dans la semçnpç da 



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^74 De la génération. Sect. XXXIX. iv. 5. 

xnàle et simplement déyeloppé par la noar<* 
riture dans la matrice de la femelle, au lieu 
que cette difficulté est leyée si on suppose 
que Tembryon consiste en un filament Tivant^ 
qui acquiert en se forme de nouyelles par** 
lies , avec de nouvelles irritabilités , à me- 
iure qui] prend de Taccroissement. 

La forme , la solidité et la couleur des par- 
ticules nutritives déposées pour la réception 
du premier filament vivant , ainsi que leur 
espèce particulière de stimulus , peuvent 
contribuer à produire une différence dans la 
forme , la solidité et la couleur du fétus , au 
point de le faire ressembler à sa mère , à 
mesure quil avance en âge. Cela peut aussi 
avoir lieu sur^tout pendcmt le premier état 
d^existence de Fembryon , avant qu'il ait 
acquis des organes qui peuvent changer ces 
premières particules nutritives , comme je 
Texpliquerai au paragr. v. a. de cette sec- 
tion. Et comme on présume que ces parti- 
cules nutritives sont conformes à celles qui 
aervent à la nutrition dé la mère, il s'en* 
suit que le fétus doit lui ressembler jus* 
ques-là. 

Cela explique pourquoi les maladies héré- 
ditaires peuvent provenir du mâle ou de la 
femelle , ainsi que la forme particulière du 
corps de l'un ou de Pautre. Quelquesrunes 
{de ces maladies héréditaires proviennent Am^ 



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SfiCT. XXXIX. IV. 5. De la génération. 278 / 

plement dVn défaut d'actiyité d^une partie 
du système, comme par exemple des Vàîs^ 
seaux absorbans , qui s'auyrent daus les cél^ 
Iules ou cavités du corps , et occasionnent 
ainsi les hydropisies. D^autres sont dues en 
même temps à une augmentation de sensa* 
tion , comme dans les scrofules et la con* 
somption , où Fobstruction des fluides esl 
causée d^abord par Tinirritabilité des Tais* 
seaux ; et Finflammation et les idcères qui 
surriennent^ sont causés par Taugmentatioii 
de sensation dans la partie obstruée ^ qui en 
est le résultat. D^autres maladies héréditaires ^^ 
telles que Tépilepsie et les autres convulsiona, 
consistent en de trop grandes exertions volon-^ 
taires, en conséquence d^une sensation désa** 
gréable dans quelque partie morbide. Or « 
comme les douleurs qui occasionnent ces con^ 
Tulsions , sont dues au défaut d^action de cette 
partie morbide , ainsi qu*il est dit dans là 
section XXXIV , il • est clair que toutes cei 
maladies héréditaires peuvent avoir leur ori* 
gine , soit dans le défaut d'irritabilité , prove-^ 
nant du père , soit dans le défaut du stiiÉiu^ 
lus de la nourriture, provenant de la mère* 
Dans les deux cas, Veïïet doit être le même, 
car on voit souvent parmi les pauvres une 
&mille devenir scrofuleu&e par un défkut dé 
stimulus des alimens ou parla faim; et parmi 
les riches 9 par un défaut d^irritabilité dû à cS 



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37^ De la génération. Sect.XXXIX.it. 6. 

qa*ils ont «été habitués pendant long-temps 
à un trop grand stimulus ^ t^l que celui des 
liqueurs a}cooli3ée$. 

6. On yoit par cet exposé du système de 
la reproduction, que tous les apimaux ont 
une origine semblable^ c'est-à-dire qu'ils pro^ 
Tiennent ^us d^un simple filament yiyant^ 
et que la différence daps Içurs Cormes et leur^ 
qualités n est résultée que des irritabilités « 
sensibilités, yolontariétés ou assoçiabilités di- 
verses de ce filament -virant primordial , et 
peut- être aussi en quelque degré des diffé- 
rentes formes des particules des fluides par 
lesquels il ^ è\é mis ep activité pour la 
première fois; et qu'il en résulte qu'il n'esf; 
pas impossible , comme Favait déjà conjecturé 
Linpé relatiyement au règne végétal , que 
la grande variété d^espèces d^animaux qui 
habitent aujourd'hui le globe terrestre , peu- 
Yent tirer leur origin^ du mélange d'un petit 
nombre d'ordres naturels , et que les métis 
animaui^ ou végétaux qui purent perpétuer 
leur espèce^ Pont fc^it, çt ont donné naissance 
aux nombreuse&i familles d'animaux et de 
végétaux qui existent actuellement, tandis que 
les métis qui étaient nés avec des organes 
de la reproduction imparfaits, ont péri sans 
postérité, selon l'observation d'Aristote , et que 
ce sont ces animaux qu'aujourd'hui on nomme 
, mulets. Voyez Jardin botanique, part. II* | 
note sm* le Dianthus. 



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Sect. XXXIX. |V. 7. De la générattaf%^ >jj. 

Le capitaine Huuter ^\i qife 4^iis la nou- 
velle Galles méridionale , il $e fait encore 
aujourd'hui un mélange semblable de^ races 
d'animaux ; et cela non seulement parmi 
les quadrupède; et le$ oisec^ux de différen- 
tes espèce; , mais ip4ime parmi les pois- 
sons^ et, à ce quil croit^ P^i*^i 1^$ végétaux. 
11 fait mention d'un animal qui tient de 
lopossum et du kanguroo depuis la taille 
d'un mouton jusqu'à celle d*un rat. Plusieurs 
poissons paraissent tenir du requin , quel- 
ques-uns ayant la t^te et l^s épaules dune 
raye et la partie postérieure d'un requin ; 
d'autres ont la tête de la raye et le corps 
du mulet ; d'fiutres enfin ont la tête d'uA 
requin et le corps applati d une raye épineuse» 
Plusieurs oiseaux tiennent du perroquet^ 
quelques-uns ayant la tête., le cou et le bec 
du perroquet, ayec des pieds çt des ji^mbes 
longues et droites ; d'autres ont les jambes et 
les pieds à,\i perroquet , avec la tête et le col 
de la mauve de mer. ( Voyage à 1^ nouvelle 
Galles méridionale^ par le capitaine John 
Hûnter, p. 68. ) 

7. Je soutiens, en conséquence, que tous; 
les animaux doivent leur organi9ation à une 
causé semblable j| prenant leur origine d^ns ui)l 
simple filament vivant , qui est doué^ à la 
vérité^ de différentes espèces d'irritabilités 
çt de sensibilités ou d appétences animales ^^ 



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^7^ De îa génération. Sect. XXXIX, iv.y, 

lesquelles existent dans chaque glande et dans 
chaque organe motieur du corps, et qui sont 
aussi essentielles à lorganisation yitale , que 
les affinités chimiques le sont à de certaines 
combinaisons de la matière inanimée. 

S*il m'était permis de . faire une comparai- 
son dans un ouvrage philosophique^ je dirais, 
que les petits-animaux sont peut-être non seu- 
lement moins nombreux originellement que les 
affinités chimiques ; mais que comme celles-ci, 
ils changent à chaque nouvelle combinaison; 
ainsi lair vital et lazote combinés , produi- 
sent lacide nitrique , qui acquiert alors la 
^propriété de dissoudre l'argent ; de même 
chaque nouvelle partie ajoutée à lembryon, 
telle que le gosier ou les poumons, doit pro- 
duire , si je ne me trompe , une nouvelle 
appétence animale. 

11 est assez difficile de supposer que la 
faculté de la volition puisse prendre nais- 
sance à cette première époque où l'em- 
bryon se forme par les irritabilités , les 
sensibilités , les associabilités et les appé^ 
lits qui en sont la suite. Car sur quoi le 
fétus pourrait-il délibérer ^ lorsqu'il na pas 
le choix des ol^ets? Mais dans l'état plus 
avancé du fétus , il est évident qu'il possède 
la volition, puisqu'il changé souvent de posi- 
tion, quoiqu'il paraisse dormir la majeure 
|>artie du temps; et dans la suite, la puis* 



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Sect. XXXIX. IV. 8. De la génération. iy^ 

sance de la Yolition contribue & changer oa 
altérer plusieurs parties du corps, à mesurd 
qu'il avance vers la virilité , et cela par noi 
premiers modes d^exertîon dans les diverses 
occupations de la vie. Toutes ces facultés 
constituent donc lés forces créatrice , con- 
servatrice et médicatrice de la nature^ dont 
on parle tant , mais que les philosophes 
comprennent si peu. 

8* Lorsque nous repassons dans notre es^ 
prit, premièrement, les grands changemens 
que nous voyons s*opérer naturellement dtins 
les animaux après leur naissance , comme 
dans la production du papillon aux ailes 
brillantes par une chenille rampante , ou de 
la grenouille qui respire, par un têtard sous- 
aquatique, du petit garçon imberbe à Phom- 
me barbu, et de la jeune fille non nubile 
à la femme qui allaite , tous changemens 
qui peuvent être empêchés pat» les mutila- 
tions de certaines glandes nécessaires à là 
reproduction. 

Secondement, lorsque nous nous rappelons 
les grands changemens que subissent di-^ 
vers animaux par une éducation artificielle 
ou accidentelle , comme dans les chevaux 
que nous dressons pour la force ou pour la 
vitesse, pour porter des fardeaux ou pour 
disputer le prix de la course; ou dans leâ 
cl|i^?is que Ton élève poiu* la force çt |^oui^ 



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â8d Ve la génération. Sect. XXXIX. iv. 8. 

le courage « tel que le dogue (^buU-dog;^ 
ou pour la fînesse de son odorat comme le 
chien de chasse et Tépagueuï^ ou pour sa 
légèreté à la course ^ comme le lévrier ; ou 
pour nager , ou pour tirer des traîneaux 
sur la peige , comme le3 chiens du Nord à 
poils durs ; ou enfin comité les petits chiens 
des dames ; les ch^ngemens de formes dans 
le bétail en état de domesticité depuis la 
plus haute antiquité , tels que les chameaux 
et les moutons^ qui ont subi une transfor-r 
ipaation si entière et si absolue que nous 
ignorons aujourdliui à quelles espèces d^api* 
maux sauvages i}s doiyei>t leur prigine. 
Ajoutons à cela les grands changempns de 
formas et de couleur^ que nous voyons tous 
]e^ jours arriver aux petits animaux que nous 
apprivoisons , tels que ^es lapins et les pigeons , 
ou ceux qui sont les suites des changemens 
de climats et même de saisons ; c'est ainsi 
que les mouton^ des pays cl^auds sont cou- 
verts de poils au lieu de laine ; et que lesi 
lièvres et les perdrix des pays qui sont pen- 
dant long-temps couverts de neigç, devien-s 
^ent blancs pendant Fl^i^^^ \ ajoutons encore 
les divers changemens produits dans les formes 
humaines^, par les habitudes que contractent; 
les enfans y ou par les maladies qu'à occasion^ 
^ées leur manière de vivre ^ lesquelles sont^ 
4eyçnuç$ également ^éréditç^rçs pen4a^t i^« 



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Sec*. XXXIX. IV* 8. De la génération. tAt 

longue suite de générations. Ceux qui tra-^ 
Taillent à la forge , à la rame pu au métier 
àfi tisserand , ainsi que les porteurs de chaise 
et les danseurs de corde , sotit tous recoii- 
naissables à la configuration de leurs mem-^ 
bres ; et les maladies occasionnées par Tivro* 
gnerie défigurent lllabitude du corps par de$ 
éruptions lépreuses^ ou le corps lui-même 
par la tuméfaction des Tiscères , ou les arti- 
culations par des tumeurs et des distorsions* 
Troisièmement , lorsque nous passons en 
reTue les grands changemens produits dans 
les espèces des animaux avant leur naissance, 
ces changemens sont tels qu ils les font res- 
sembler à leurs auteurs , dont les formes ont 
été altérées par Téducation ou par les ac- 
cidens ci -dessus décrits « et ils se trans- 
mettent ainsi à leur postérité. Ou ce sont 
des changemens produits par le mélange des 
races ^ comme dans les mulets ; ou ce sont 
des changemens produits probablement par 
Fexcès de nourriture fournie au fétus, coinme 
dans les monstres nés avec des membres su- 
perflus; plusieurs de ces formes monstrueu- 
ses se propagent f et ont continué au moins 
comme une variété , sinon comme unenou- 
TcUe espèce d^animal. J'ai vu une portée en- 
tière de chats avec une griffe de plus à 
cJiaque patte , et des poulets éclorre avec 
on doigt de plus et des ailes aux pattes, et 



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98a De la génération. Sect.XXXIX.iv.8. 

d^autres sans croupions. Mr de BufTon fait 
mention d^une famille de chiens sans queue 
qui sont communs à Rome et à Tiaples ^ et il 
croit que cela Tient d'une coutume établie 
depuis long-temps de leur couper la queue 
près du tronc. Il y a plusieurs espèces d^ 
pigeons qu on admire pour certaines particu- 
larités, et qui sont des monstres ainsi produits 
et propagés. A cela il faut encore ajouter les 
changemens produits par Fimagination du 
père, et dont nous parlerons plus en détail 
au paragr. YI. de cette section. 

Quand nous considérons tous ces change- 
jnens des formes animales et un grand nom* 
bre d'autres que l'on trouve décrits dans les 
ouvrages d'histoire -naturelle, nous ne pou- 
vons quêtre convaincus que le fétus ou em- 
bryon est formé par juxta-position de nou- 
velles parties , et non par le développement 
des germes ou des nids primordiaux emboî- 
tés les uns dans les autres, comme les 
gobelets d'un escamoteur. 
. Quatrièmement , lorsque nous repassons 
dans notre esprit la grande ressemblance de 
structure qui a lieu dans tous les animaux 
& sang chaud, soit quadrupèdes , soit oiseaux^ 
soit amphibies , ainsi que dans l'espèce humai- 
ne y et depuis la souris et la chauve-souris 
jusqu'à l'éléphant et la baleine; on ne peut 
«empêcher d'en conclure qu'ils ont tous été 



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Skçt. XXXIX. ïY. 8. Pe la génération. a85 

formés d'un pareil filament viva^nt. Dans 
les uns ce filament acquiert des mains et 
des doigts à mesure qu'il approche de la 
miaturité , avec un sens exquis du toucher , 
comme dans Thomme. Dans d'autres , il i^c* 
quiert des griffes ou des serres., comme dans 
les tigres et les aigles ; dans d'autres , il 
survient des doigts avec une membrane inter- 
médiaire^ comme dans les veaux marins^ et . 
dans les oies. Dans d'autre$ , c'est un pied 
fourchu , comme dans les vaches et les co- 
chons , ou dans d'autres un sabot entier , 
comme dans le cheval. Da^s les oiseaux ^ 
ce filament vijiran^t originel produit des ailes 
au lieu de bras, et des plumes au lieu de 
poils. Dans quelques-uns , il projette des 
cornes sur le front au lieu de dents à 1^ 
partie de devant de la mâchoire supé- 
rieure ; dans d'autres , des défenses au lieu 
de cornes, et dans d'autres^ des becs au lieu 
de Tun ou de l'autre. Tout cela se fait exac- 
tement comme nous le voyons tous les jours 
dans les métamorphoses du têtard , qui ac- 
quiert des jambes et des poumons lorsqu'il 
en a besoin , et qui perd sa queue lorsqu'elle 
lui est devenue inutile. 

Cinquièmement , depuis leur premier rudi- 
ment ou germe primitif jusqu a la fin de leur 
Tie, tous les animaux subissent des transfor» 
mations continuelles^ qui sont produites en 



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a84 De la génération. Sbct.XXXIX.iv.8. 

partie par leurs propres exertions en consé- 
quence de leurs désirs ou aversions, de leurs 
plaisirs ou de leurs douleurs , de leurs irri- 
tations ou associations ; et un grand nombre 
de ces formes oU dé ces propensions acqui- 
ses se transmettent à leur postérîté. Voyez 
sect* XXXI. I. 

Gomme les animaux sont pourtus d^air et 
d^eau en quantité suffisante , les trois grands 
objets des désirs qui ont changé les formes 
d^un grand nombre d'animaux , par leurs 
exertions pour les satisfaire^ sont ceux de 
la concupiscence , de la faim^ et de leur con- 
servation. Un grand besoin dkine partie du 
règne animal a consisté dans le désir de la 
possession exclusive des femelles ; les ani- 
maux de cette classe ont acquis des armes 
pour se combattre à cette fin ; car la peau 
très -épaisse , écailleuse et presque cornée 
qui se trouve sur les épaules du sanglier en. 
forme de bouclier , n'est une défense que 
contre les animaux de son espèce, qui frap- 
pent obliquement de bas en haut, et ses 
dents ou défenses ne lui servent qu'à repous- 
ser son ennemi^ puisque de sa nature cet 
animal nest pas Carnivore. Ainsi le bois du 
cerf est pointu pour attaquer son adversaire , 
mais il est branchu pour pouvoir parer ou 
Recevoir les coups d'une arme semblable à 
celle qu'il employé : en conséquence son bois 
est formé pour lui servir à combattre les 



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Seçt. XXXIX. IV. 8. Dé la génération. a83 

Éutred cerfs pour la possession des féipelles ^ 
qu'on Toit, à Pinstar des dames des siècles 
de la cheTalerié , accompagner le char da 
tainquéui*. - 

Les oiseaux qtii n'apportent point eux* 
mêmes la noùrrittire à leurs petits ^ et qui 
par coiiséqtient nliabitént pas ensemble > sont 
armes d^éperoiis destinés à se battre polir la 
possession exclusive des femelles ; tels sont 
les co<]s et les caillés. ïl est certain que ces 
armes ne leur sont pas données pour se dé- 
fendre contre d^autres adversaires que ceux 
dé leur eëpèce, puisque les femelles n'en sont 
point potirvués. Lé but que semblé s'être pro- 
posé la nature en* établissant ce conflit entre 
les mAlésj est que Panimal le plus fort et le 
plus actif soit emplojré à perpétiier lespèce 
qui, par ce moyen , do*t se perfectionner. 

Un autre grand besoin consiste dans les 
moyens de se procurer de la nourfiture, et 
c'est ce qui a diversifié les formes de toutes 
les espèces danimaux. Ainsi , le groin du 
porc s'est endurci, à l'effet de pouvoir fouil- 
ler dans la terre pour y trouver des insectes 
et des racines é La trompe de Téléphant est un 
prolongement du nez , afin qull puisse attirer 
à lui les branches d'arbres pour s en nourrir, 
et puiser leau sans fléchir les genoux. Les 
animaux de proye ont acquis des griffes ou 
lies serres. Les bestiaux ont acquis une lan*' 

Tome IL 19 



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a86 De la génération. Sect. XXXIX. iv. 8* 

gue et un palais remplis daspérités pour ar* 
racher Therbe ; tels^ sont les Taches et les 
ipoutons. Quelques oiseaux ont acquit ua 
l)ec plus dur pour casser les noix ^ comme les 
perroquets ; d^autres > des becs adaptés à bri-^ 
Ber les semences encore plus dures , tels que 
les moineaux ; d^autres Font propre à enle^ 
yer les semences tendres des fleurs ou les 
bourgeons des arbres ^ comme les bouvreuils^ 
D^autres oiseaux ont un long bec pour péné- 
trer dans les terres • hunaides et y chercher 
des insectes et des racines > comnoe la bé-^ 
fiasse ; d^autres enfin ont des becs larges pour 
attraper les insectes aquatiques , dans le 
fluide où ils nagent ; tels sont les canards^ 
Tous ces moyens paraissent avoir été acquis 
graduellement pendant une longue suite de^ 
générations , par les* efforts continuels de ces 
animaux pour se procurer leur nourriture , 
et avoir été transmis à leurs descendans avec 
une amélioration constante de ces parties à 
Teffet d'atteindre le but désiré. 

Un dernier besoin impérieux parmi les 
animaux » c'est celui de leur conservation , * 
ce qui parait avoir beaucoup diversifié les for** 
mes et les couleurs de leurs corps; ces pro- 
priétés leur donnent les moyens de se sous- 
traire . aux poursuites d^autres animaux plus 
puissans queux : c'est ainsi que plusieurs 
ont acquis des ailes au lieu de jainbes pour 



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Sect. XXXIX. IV. 8. De la génération. 287 

pouToif s'échapper ; tels sont les oiseaux de 
la petite espèce. D^'autres ont des nageoires 
ou de longues membranes , tels que le pois- 
son volant et la chauve-souris ; d'autres sont 
agiles à la course , comme le lièvre ; et d'au- 
tres ont acquis des écailles dures ou armées , 
tels que les tortues et Téchinus marinus. 

Mr Osbeck , élève de Linné , fait mention 
du poisson-grenouille de l'Amérique, lophius 
histrio^ qui habite les grandes îles flottantes 
de plantes marines, vers le cap de Bonne- 
Espérance, et qui a des taches ressemblan- 
tes à des feuilles , afin que les poissons de 
proye le prennent pour une des herbes ma- 
rines parmi lesquelles il vit. Voyage à la 
Chine y p. 11 3. 

Les ruses pour parvenir à la conservation 
de soi-même s'étendent jusques aux végé- 
taux , comme on le voit dans les moyens 
ëtonnans et variés qu'ils employent pour ca- 
cher leur miel et le défendre contre les atta- 
ques des insectes , ainsi que leurs semences 
contre celles des oiseaux. D'un autre côté , les 
milans et les hirondelles ont le vol rapide 
pour poursuivre leur proie ; et l'abeille , la 
teigne et le colibri ont acquis une trompe 
d'une structure admirable , pour les mettre 
en état de butiner les nectaires des fleurs. Tous 
ces moyens paraissent avoir été formés par 
le filament vivant primordial , et être mis en 



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s68 De la génétûthn. Sbct. XXXIX. iv. 8« 

action par ks besoins des animaux qui \e9 
possèdent et dont Telisteïice repose sur etix^ 

En méditant ainsi sur la grande ressem- 
blance dé structure des animaux à sang chaud, 
et en même temps sur les grands changemens 
qu' ils subissent avant et après leur naissance ; 
et en considérant en quel petit espace de' 
telnps m sont opérés plusieurs de ces change-' 
mens dans tes animaux ci-dessus décrks f 
serait-^e une témérité d'imaginé]^ .» qn,e dans 
la longue suite de siècles écoulés depuis la 
eréiKton du monde;^ peut-être plusieurs mil-' 
Jions^ de siècles avant Thistoire du genre 
bumain , serait -^ ce , dis- je > une témérité 
d'imaginer que tous les airimaul à sang chaud 
sont provenus d^un filament vivant que LA 
GRANDE CAUSE PREMIERE » doué de Tanima- 
litë, avec la faculté d'acquérir de nouvelles 
parties accompagnées* de nouveaux peuchans 
dirigés par des irritations , des sensations > des 
Tolitions et des associations , et ainsi possé- 
dant la faculté de coiltinuer à se perfection*' 
ner par sa propre activité inhérente , et de 
transmettre ce» perfectionnemens de généra-* 
tion en génération k sa postérité et dans le» 
siècles dés siècles ? 

Sixièmement, les animaux k sang froid ^els 
que les familles de poissons, qui ne sont doués 
c|ue dun seul ventricule du cœur, de bran- 
chies au lieu' de poumons ^ et de nageoires 



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ftscT. XXXIX. IV. 8, De la génération. ^89 

au lieu de pieds ou d^Ues , ont une grande 
analogie entreux ; mais ils diffèrent néan* 
inoins tellement, dans leur structure gënë<» 
raie, des animaux à sang chaud , qull né 
parait pas probable au premier coup d^oeil 
que le niême filament Tirant ait pu donner 
naissance à cette section du règne animal, 
/comme k la première. Cependant il y a 
quelques créatures qui réunissent ou parta^ 
gent ces deux ordres de Tanimation ; tels sont 
les baleines et les 3reaux marins , et plus 
particulièrement 1^ grenouiHe qui , d'*animal 
aquatique fourni de branchies^ se change eu 
un être respirant Fair et pourvu de ponnoions» 
Les nombreuses tribus dUnsectes non allés; 
depuis Paraîgnée jusqu'au scorpion et 4e» 
puis la puce jusqu'à l'éçreyisse de mer, ou 
ailés , depuis le moucheron et la fourmi , 
jusqu'à la guêpe et la moucherdragon , diffè*» 
Vent si complètement entrelles et d'avec JeS 
classes d'animaux à sang rouge ci-dessus 
décrites , tant dans les formes du corps que 
dans leurs modes d'existence , indépendam« 
inent de Porgane du sentiment que ces insecr 
tes paraissent posséder dans leurs antennes 
pu cornes, qui, suivant lopînion de quelques 
naturalistes , n'o0rent aucune so):te d'analogie 
^vec ce que possèdent les autres créatures ; 
tous ces êtres , dis-je , digèrent tellen^ent qu'il 
fist 4iffi<^^ ^9 <:oncevoir que ces cl^ssçs ^\^i^ 



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^QO De la génération. Sect. XXX13JL. iv. 8» 

maux ayent pu être produites par la même 
espèce de filament vivant que les animaux 
à sang rouge dont il vient d'être parlé; .et 
cependant les changemens que beaucoup 
d'ençr'^ux éprouvent depuis leur naissancç 
jusqu'à leur maturité , sont aussi différens 
qu un animal puisse Fêtre d'un autre ; par 
exemple , ceux du moucheron qui passe 
son enfance dans Teau , et qui, ensuite, 
déployant ses nouvelles ailes et dilatant ses 
iioi;veaux pounxons , s'élève dans Fair ; ou 
ceux de la chenille . et des nymphes des 
^beijiles,' qui se noi;ijrrissent des feuilles vé- 
gé^ajes ou de farine , et qui , ensuite , bri- 
6ftqj^,le to.mbeau quelles s'étaient fait, devien- 
nent, de, magnifiques habitans allés des airs, 
Toltigeans de fleur en fleur, et se nourrissans 
de l'ambroisie du miel. 

11 y ia encore une autre classe d'animaux 
que Linné nomme vers : ils n'ont tii pied» 
ni cerveau et sont hermap^irodites :. tels sont 
les vers proprement dits , les sangsues , les 
limaçons, les poi&sons à coquilles^ Içs insec- 
tes de la coraline et des éponges ; ils ont la 
structure animale la plus simple, et paraissent 
totalement diflerens de peux qni ont déjà été 
décrits. Jja simplicité de. cette 'structure ne 
peut. cependant fournir aucun argument con- 
tre Iq système que j'ai mis en avant , qu'ils 
qjxi^ çté produits, par un seul fil^qn^ yi?an(^ 



r 

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SEtr. XKXIX. rv. 8* 3èla génération^ agt 

En dernier lien , les ;^diter«es classes ée% 
"Végétaux doiy^it être comptées parmi les 
ordres inférieurs des animaux. Nous aVont 
déjà Yu <|ue' leurs anthères et leurs stigma^ 
tes possèdent quelques organes du sentiment « 
«se nourrissent de miel ,' et ont la faculté de 
se reproduire conmie les insectes ; c'est pour 
cette raison que nous les avons rangées dans 
le règne animal, section XIII , à quoi il faut 
encore ajoilter les bourgeons et les bulbes 
iqui eonstituent les descendans vivipares de 
ia végétation! Mon opinion est que les pré^ 
tuiers proviennent d^un simple filament vi*- 
vant par une proci:éation séminale et amon^ 
reuse t et que It^s dernières doivent à un^ 
-cause semblable :leur génération latérale oa 
branchue , qu^elles possèdent en commun 
avec les polypes, le tsemià et le volvox, et 
Tiont la sîmplicité'^'est im>argitlnent en fdVétiï* 
de Tanalogie de^la tause. -^ • . 

Linné suppos^^ dand f introdufetiont à scfs 
Trtrdres naturels ^ que fort peu de végétaux 
furent créés dans lorigine , ^M que leur -nom- 
bre s*est accru par leui^ 'mkfiiages entr eux ; 
il ajoute, suadent keec '€reài0ris leg€s à sim^ 
plicibus adoorAposHa. U parait qu un grand 
nombre d^autres changemens c^e sont faits eu 
eux par leurs efforts perpétuels pour obtei» 
nir de la chaleur et de la lumière hdrs de 
terre , eit dte la nourriture ou de Thumidité 



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^^ Df la gjénérâtHon. $bct. XXXIXr fT* 8« 

au-des9ons da sol , cot|iixie je Fai observe 
Jans le Jardin botanique , partie II , note 
sur le cuscuta. D^aulres çhapgémens produite 
dans les Yégétaux , paB lé climat et d^autre|( 
causes, sont indiqués dans le même ouTraget 
note sur le curcùma. "D'après ces cbiEin|;émeliSt 
on serait porté à croire que chaque planté 
$k consisté dans le principe en une seule bulbe 
ou fleur pour chaque racine î comme It 
gentiane et la marc4erite ; et que dans U 
résistance qù elle allait à Vaincre pour attein«» 
4re Tàir et la lumière, de noUyeaux 'bour- 
geons se sont développés sur la vieille ti^t 
languissante 9 poussant leurs longues racines 
jusqu a terre , et qu ainsi dans la suite dei 
siècles, il s'est fortné de grands arbres^ et 
qu'une bulbe individuelle est devenue un 
essaim de végétaux. PVutrès plantes qui dans 
cette lutte pour Tàir et la lumière se trou* 
Tèrent trop débiles pour s élever par leurs 
propres forces , apjfirirent par dèfiirés à s atta* 
cher à leurs Voi^iniéfc , sôit eh produisant auV 
dehors des racines, comme le lierre/ ou des 
cirrhes^ conui^^.ïa: vigne, ou des coiivolutions* 
spirales , c^omv^^ le chèvrefeuille ; ou en 
croissant siir eux comme le gui de chêne et 
tirant leur nourriture de son écorce; 6ù seu* 
lenient en ^ y logeant du y adhérant et tirant 
leur nourriture de Fair, comme le tillandsia. 
. .^rons-xioiis donc €[ue le filjnqictiit vivant 



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S2çr. XXXIX. |T« 8. De 'h génération. dgS 

▼égétal était originairement différent de celui 
de chaque classe des animaux décrits ci^dessus^ 
et que ie filament Tirant^ producteur de cha^ 
çune de ces classes, était origipairement dif* 
fièrent de l'autre ? Ou , comme la terre et 
Tocéan étaient probablqmi^nt peuplés de pro* 
ductions Tégétales long-temps avant re:!^istence 
des animaux , et que plusieurs familles d^ani*- 
maux existaient long -temps avant d autres ^ 
en concluerons-nous qu'une seule ^t mémç 
espèce de filamens viyans est et a été la cause 
de toute vie organique T 

Si nous admettons cette production graduel;^ 
des espèces et des genres d^^nimaux , on peut 
supposer qu*une circonstance contraire a eu 
lieu, savoir qu€( par de grands chi^ngemens 
arrivés dans les élémenSt plusieurs espècei 
ont pu être détruites. Cette idée se, présente 
k nos sens y lorsque nous contemplons les 
pétrifications de coquillages et de végétaux, 
qui, comme d!anciens bustes o^ d^anciennes 
médailles, nous enseignent Fblstoire des temps 
reculés. Des myriades dç béleAinites « de 
cornes d^ammon , et de beaucoup d'autres 
coquilles pétrifiées que lV)n trouve dans les 
masses de pierres calcaires, quelles ont for* 
^ées «^ aucune ne se trouve k présent dans 
^os mers, ni dans celles dçs autres parties 
du monde , selon les observationis d^an grand 
jaombre de naturalistes. U j ^o a qiii ont 



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A94 De la génération. Sect. XXXlli. iv. 8; 

imaginé que la plupart des habitans dà 
la Hier et de la terre dans des époques très* 
reculées , sont maintenant anéantis ; à peine 
•dmettent-ils qu un seul coquillage fossile ait 
une ressemblance parfaite avec un des co- 
quillages modernes; et ils pensent que les 
impressions ou pétrifications végétales que 
l'on trouve dans la mine de fer , dans Tar- 
gile et dans la pierre à sable, et dont beau-* 
coup sont de la classe des fougères , ne sont 
point exactement semblables à aucune des 
plantes de notre pays , ni à celles des au- 
tres climats , ce qui appuyé fortement Popi- 
nion du changement perpétuel des formes 
des animaux et des végétaux , pendant la 
formation progressisme du globe que nous 
Itabitons. Voyez Townson^ Minéralogie phi* 
losophique, p. iio. 

Cette idée de la formation graduelle et du 
perfectionnement dçi règne animal^ s'accorde 
avec les observations de quelques philoso- 
phes modernes ^ui ont cru que le continent 
de rAmérique est sorti de Pocéan plus tard 
que les trois autres parties de notre globe, 
ce qu'ils infèrent des hauteurs comparative- 
ment plus gr$indes de ses montagnes , du 
froid plus intense de ses climats respectifs, 
et de rinfé'riorité de ses anihiaux en taille et 
en force, tels que les tigres et les^ ïilligatofs; 
compâf é» k^ cefix de PAsie ou ^de PAfrique^ 



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Segt. XXXIX. IV. 8. De la génération. agS 

et enfin du moindre progrès dans la culture 
de Tesprit de ses habitans en ce qui a rapr 
port aux exertions volontaires. 

11 paraît que cette idée de la formation et 
du perfectionnement graduels du règne ani« 
mfil , n'était pas étrangère aux philosophes 
anciens. Platon ayant probablement observé 
la génération réciproque des dernières clas* 
ses d^animaux , tels que les limaçons et le^ 
vers , conjecturait que le genre humain e^ 
tous les autres animaux étaient orimnellement 
hermaphrodites dans Tenfance du monde , et 
que par suite des temps ils se séparèrent en 
mâles et en femelles. Les mamelles des qua* 
drupèdes m^es auxquelles on ne peut attri- 
buer a^cun usage ^ ajoutent peut-être une 
ombre de probabilité à cette opinion. Linné 
excepte le cheval des quadrupèdes mâles qui 
ont des mamelles , ce qui pourrait établir 
^ancienneté de son origine \ mais Mr John 
Hunter assure quil en a découvert des ves- 
tiges sur le fourreau , et il a enrichi This^ 
toire naturelle d'un fait très-curieux concer* 
nant le pigeon mâle ; pendant Tincubation s 
le mâle et la femelle éprouvent un change'*- 
ment considérable dans le jabot qui se gonfle 
et devient ridé, et sécrète une espèce de 
flui(}^é laiteux qui se coagule , et avec lequel 
ils nourrissent leurs petits pendant plusieurs 
ÎQUrs ; ensuite ils les nourrissent d^un më^ 



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9^6 De la génération. Sect.XXXIX.it. 8» 

lange de ce flaîde coagulé avec daatre$ 
alimens. Gombieu ceci ne re$$emble-t-il pas 
anx mamelles des femelles des quadrupèdes 
après la naissance de leurs petits ! Et com* 
bien n*est-il pas extraordinaire que le mâle 
fournisse alors du lait aussi-bien qu^ la fe<<* 
melle ! Voyez Jardin botaniques j partie II y 
note sur le curcuma. 

Feu Mr David Hume , dans ses ouvrages 
postbfimes^ place les puissances de la gêné* 
ration beaucoup au-dessus de celles de la 
raison dont nous nous yantons si fort; et il 
ajoute que la raison ne peut produire quune 
macbine^ telle quune montre ou un navire, 
mais que le pouvoir dç la 'génération fait le 
faiseur de la machine ; et ayant probable- 
ment observé que la plus grande partie dé 
la terre a été formée de récrémens organi- 
ques « tels que les couchf^s immenses de pier^ 
res calcaires^ de «^raie et de marbre formées 
par des coquillages de poissons; et les graur 
des couches d'^argile , de pierres sablonneu- 
ses 5 ocreuses , et de houille « formées des 
débris du règne végétal qui tous ont été pro- 
duits d^abord par la génération, ou par des 
sécrétions de la vie organique, il conclut qu9 
le monde lui-même peut ayoir été procréé plu- 
%àt que créé ; c'est-à-dire qu il peut avoir été 
produit graduellement par de très-petits prinr 
^pes , augmentant par Tacûvité de S9S princir 



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iktt. tSXIX. f. I. Jbc là géhitdiUm. ^ 

pes inhérents , plutôt que par une évolution 
sabite dû tout causée par la tolonté du Tout'' 
|)ui8âant4 — > Quelle idée sublime de la puis-" 
sancé infinie du GRAND ARCHITECTE ! la 

CAUS£ DESr causer! le PERE DES P^RES ! 
L^ÊTRS DES ÊTRES ! 

Car s*il nous est permis de comparer lés 
infinis i il parait quil faudrait une plusgramder 
infinité de puissance pour produire la cause 
des efiers^ que pour causer lés effets êux^ 
mêmes. Cette idée est analogue au perfec^ 
tionnement admirable que l'on remarque dani 
toutes les parties de la création ; comme dani 
l'augmentation progressive de la partie solide 
et habitable de la terre slvljl dépeus du do- 
maine des eaux ; et dans raùgmentartioù {^6« 
gressiye de la sagesse et du bontieur de ses 
kabitans ; ce qui s accorde eticore avec Fidée 
que notre état est un état d*épreute suscep* 
tîble d'être perfectionné par nos etforts » 
et que par conséquent nous sommes respon* 
sables de nos actions. 

T^ I. La cause efficiente de la diversité 
des couleurs des œufs d'oiseau:t , et des poils 
et des plumes des animaux, est Un objet 
tellemetit curieux quou me permettra d'en 
parler ici# Les couleurs d'un grand nombre 
d'animaux paraisent adaptées k leur but de 
se cacher pour étîtèr les dangers , ou de 
a élancer sur leur proye. Ainsi la vipère, le 



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998 Dé la génération. Sect. XXXïX. V* i . 

chat sauvage et le léopard , sont .colorés de 
manière à ressembler à des feuilles foncées 
et à leurs interstices plus clairs ; les oiseaux 
ont la couleur brune du sol on la couleur 
terte des haies qu'ils fréquentent ; et les 
teignes et les papillons sont colorés comme 
les fleurs quils dépouillent de leur miel. 
J^en ai rapporté beaucoup d'exemples dan^ 
le Jardin botanique^ partie II , note sur le 
rubia. 

Cependant^ ces couleurs ont un autre usage 
dans certaines circonstances : telle est Paire 
divergente noire des yeux du cigne qui , vu 
que ses yeux sont moins proéminents que 
ceux des autres oiseaux , pour qu'il puisse 
mettre sa tête sous Peau , empêche les rayons 
lumineux dé se réfléchir dans son œil et de 
Téblouir, soit dans Tair^ soit sous Teau^ ce 
qui n'aurait pu manquer d'arriver si cette 
surface eût été de couleur blanche commQ 
le reste de son corps. 

Il y a une chose encore plus merveilleuse 
relativement à ces couleurs appropriées au 
but de cacher l'animal; c'est que les œufs 
des oiseaux sont colorés de manière à res- 
sembler aux objets adjacens et à leurs intersti- 
ces. Les œufs des oiseaux de haies sont verdâ- 
très avec des taches obscures ; ceux des cor- 
beaux et des pies que Ton voit par-dessous 
au travers de leurs nids d'osier sont blancs 



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S€GT. XXXIX. V. i . JD^ fa gétténâioh. âg^ 

avec des taches noires; et ceux des alouet^ 
tes et dés perdrix sont rotix ou bruns comme 
leurs nids ou comme le terrein sur lequel 
ils reposent. 

Une cbose encore plus surprenante, c'est, 
que dans les pays qui sont couverts de neige^ 
beaucoup d'animaux deyiennent blancs en 
hirer^ et reprennent, à ce quon dit, leur 
couleur en été ; tels sont les ours , les lié* 
Très et les perdrix. Nos animaux domesti^ 
que s perdent leurs couleurs naturelles et 
forment jde grandes .yariétés : tels sont les 
chevaux^ les chiens et les pigeons. La cause 
finale de ces couleurs est facile à saisir « 
parce qu'elles servent toutes à quelque but 
de ranimai ; mais la cause efficiente parait 
presque hors de la portée des conjectures» 

D'abord, la membrane choroïde de l'œil, 
sur laquelle la rétine demi-transparente est 
étendue , est de différentes couleurs dans les 
ilifférens animaux : elle est verte chez ceux 
qui vivent d'herbages ; de-là il paraîtrait y 
avoir quelque rapport entre la couleur de la 
choroïde et celle qui est continuellement re- 
présentée sur la*rétine par l'herbe verte. Or, 
lorsque la terre est couverte de neige , il 
semblerait que Faction de la rétine que Ton 
nomme éblouissement, étant continuellement 
excitée dans' Toeil, peut être graduellement 
imitée par les extrémités des nerfs du tou- 



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{Soo Delaginiràihn. Sttu.XXXXX.r.f. 
cher, OVL lé réseau muquçiix de la péga. Et, 
si Ton suppose que Faction de la rétine, en 
produisant la perception d^une couleur cpiel^ 
conqùé^ consiste à* disposer ses fibres ou sa 
surface , de telle sorte qu elle ne réfléchisse 
que ces rajrons colorés seulement, et qu'elle 
transmette les autres comme des bulles de 
saton ; alors cette partie de la rétine qui 
nous donne la perception de la neige, doit 
dans ce motnent être blanche ; et celle qui 
nous donné celle de Fherbe j doit être Terte« 

Si donc par les lois dé Timitation que jVi 
etpliquées dans les sections XIL m. 5. et 
XXXIX. VI , lés extrémités des Uerfs du 
toucher dans le réseau muqueux sont mises 
ftn une action semblable , la peau et left poils 
ou les plumes peuvent de la même manière 
disposer leurs dernières fibres au point de 
réfléchir le blanc , car il est évident que ton* 
tes ces parties obéissaient dans le principe et 
lors de leur accroissement à dés moutemens 
irritatifs , et qu elles continuent probablement 
de le faire ; que ces mouvemens irritatifs ne 
sont pas susceptibles 9 dans Pétat de santé, 
d^être suivis de sensation , ce qui néanmoins 
n est pas rare dans leur état de maladie ou- 
dans leur état d*enfance , comme dans la pli* 
que polonaise , et dans les très-jeunes plumeà 
des ailes qui sont encore pleines de sang. 

Nous avons vu dans la sect. XV>. sur la 



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J^rodlitrtiotl ' des iâéeë , ^}tii$ Vàt^ané mùiént 
*^ aeneiihetit resis«iiâ>le da^^ certaines: cii<- 
consttfnées à Tobjét qui a t>t'odiiît le mottte^ 
meut. De-là on peut comprendre que le réseau 
iftuquenx' qm est leiitrénM^ dâF nérf du tttti^«- 
cber« peut se ëolorer en'^ifiiltm&leé iifto^tèl- 
ttiens de la rétinev que comme 4tftis là &ble 
du caméléoii^ tous^ les aiiimaux peuvent a^oii» 
uiïe tendance à prendre à peu près la c^û^letà^ 
des objeta qu'ils regardent >e<«p)ti9 80titeiit*> 
et finalement, que la couleuif^p^Vétre tFfrtfè^ 
teise de cett^ manière A* la k^oqtie de Vétijtt 
par rimagibation de la fi^nielloi e<ftie eoqtfi 
netant d^abord qu^une membratfë ïnùqifêtiéè 
douée d'irritabilité saiis laquelle les Quidei 
«e sauraient y cireuler^ ni sôti Volume aUgî* 
tnenter. Cela nest pas plus éto^riant que ^è 
voir qu*uhe simple idée -de Pîmaginatîon *, 
puisse en un instant cèloret' liMite la surface 
du corps en vif écarlate , comme lorsqrioii 
rougit de bonte , quoiqtie ceÏÈî felt lieii j)ar 
UA procédé tout^à-fait dîflfiérent. Dans ce sujet 
enveloppé de6 voiles duî mystère , on ne 
peut obtenir que. des cônjèctlirëè analogues 
vagues , mais elleS' peuvettt' Uténet à dé ilbii- 
velles découvef»tes5 il est iiéannlôins c€?^tàîtt 
que le changement de Cotlleûr des aninlâux 
qui détiennent blancs dans le* t>alys neigeii* 
et les taches des œufs deS oiseaux, dbirent 
avoir une cause efficiente} puisque Furfifôir- 
Tome II. ao 



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^9 Pe l0 géiéfftkf^^ SEeT. XltXlX. y. 7. 
mU'ii dans leur producdion proiUTç que cela 
lle^ peut proTeuir. d-un concours fortuit de 
^rqonst^ùc^a } et comment peut-on décou- 
Tirir. cette cau6e efficiente, ou Texpliquer 
autrQndent que^ par son analogie a^ec à^ur 
Xv^8 faits de la vie animale ? 
;) .3;. lia. ,naumture que la femelle des ani- 
ftiaiix vivipares fournit à ses petits, peut se 
^ifi^r eb trois espèces^ qui cotrespondeot 
^ Tâge du i[\qu^l être, i** La ùoturriture con*- 
ianue dan^iJ^^cpif et préparée d*avance dans 
Xojaiire patiiv rembiyoû. a"* La liqueur de 
IVpnios prépan^e. pour le fétus dans la ma«* 
Irioe, liqueur daps laquelle il nage. Et 3** le 
l^tt préparé dans les glandes pectoirales pour 
Penfant pouveau-né» 11 y a tout lieu de croire 
que ces divers changemens peuvent être pro« 
dfiits dans le nouvel animal par toutes ces 
sources de nourriture et sur-tout par la pre- 
mière. 

Les organes de la digestion et de la san- 
guification dans Içs adultes, ,et ensuite ceux 
de la sécrétion V préparent^ ou séparent les 
particules propres, à la nourriture , par de 
nouvelles combinaisons de matière, ou les 
l^ecombinent eu nouvelles espèces de ma- 
tière propres à mettre en action les fila- 
mens qui les absorbent , ou les attirent par 
une appétence animale. Dans ce procédé 
nous devons faire attention non seulement 



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SECT.XKXTXé Y. ^. Delà généradm^ StoS 

à Factioii du -filament yivaiit qui reçoit une 
particule nutritive dans son sein , mais en*- 
«ore à Vesfèee de particule, relativement à la 
forme , au volkittie , à la couleur et à la du*- 
retév pai^ûcttlei<|ui est d^arance ainsi prépa- 
Irée pour, ce filament par) la digestion, la 
éaoguificaiion et la sécrétion. Or, comme 
le preipier - filament de Tentitë ne peut pas 
^e doué des organes préiparatoires dont 
fai parlé, les particules' nu^itives quil doit 
ï«çeToir- au commeneenvent) sont préparées 
par la mère , et déposées dans ToeuC destiné 
à le redevoir. On doit creire que ces parti- 
cules nutritives diffèrent à quelques égards^ 
lorsqu elles sont ainsi pi^parées par différens 
animauic. Elles ' peuvent différer en volume;^ 
en solidité, en couleur et en former let 
néanmoins être. assez congéniales avec le 'fila- 
ment vivant auquel elles sont appliquées/^ 
pour exciter son action par leur stimulus « 
et son appétence animale à les recevoir et 
à les combiner dans . son organisation. 

Par cette première nourriture ainsi prépa- 
^rée pour Fembryon, on n entend point par- 
ler de la liqueur de Tamnios qui n*est foiw 
mée que dans la suite, ni des grandes par- 
ties extérieures du blanc de Toeuf; mais je 
parle du fluide préparé, à ce que je crois, 
dans Tovaire des animaux^ et de celui qui 
environne immédiatement la cicatricule de 



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So4 DcïagtniràHon. SfiCT.XXXIX.r.:?* 

roeu£ féconde > et qui est visible à Fœil dans 
un œaf cuit dur« 

Or , ces dernières particules je mattène 
«nimale. préparées parles glaadeade la mère^ 
peuvent être «considérées cosime ressemblant 
aux dernières. ' particules ..semblables qui 
étaient préparées: pour sa propre naurrituret$ 
cest«àr4îre aujL dertiières particules qui conî- 
Stituent ^A prOipi*f^ organisation; et quainsiii 
lorsqu'elles se combinent ayeo un nouv/âji 
.^mbrjout ^o^.» Jxo. icommenceniient^ B*est pas 
pourru d^estomac ni de glandes pout - 1^ 
altérer, cet embrjon doit atoir quelque te^r 
sémblance avec sa mère. 

Telle parait être Torigine des formes comr 
posées des mulets 5 qui ressemblent évidera- 
jment à leurs deux auteurs « mais sur^tout à 
leur père. Les anciens semblent aToir donné 
xax Hbre essor à leur imagination dans ces 
productions chimériques; «ie^là les sphinx;, 
les griffons, 1^6 drsgons , les centaures et les 
minotaurea., qui n'existent plus pour les 
nnodemes crédules^ 

.11 semblerait que dmis ces copulations con- 
tre-nature^ lorsque la nourriture déposée par 
la femelle était mal adaptée à stimuler et 
mettre en aetion le filament yiTaitt prorenant 
du mâle , et à être reçue ou embrassée par 
lui et combinée pour s'organiser arec lui^ au 
point de ne pouvoir produire les organes 



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SccT XX3BX. t:\^ Delu généraitan. Soi 

nécen^SLËTés M hi Tie, tels 'que le cerveau, le 
eœar oîkiTestaniiite ^ il na s'engendrait point 
deim^let^iMais lipaaad la formation de tontet 
les parties nécessaires à la vie de ces animaux 
^ontposés '4tait Mjffîsammtot pai^faite, eiccepté 
«elles de la génération , il' en résultait dea 
unimaar que noua Tiommons^ mulets ou métis. 
' La formatiol^ Aéé organes de la générartioa 
seiLuelle , en ooniradiëtinction à celle qui 
s*opère par des bourgeons latéraux dans les 
végétaux et dans qu^lqu^s aniiinauit , tels que 
jles polypes, lé taenia et le vol vox;, parait être 
)e chef-d^oeuTre de' la 'nature^, comme on le 
remarque dans un grand' nombre d'insectea 
allés, tels que les teignes et les papillons, qui 
paraissent sul)ir'^ùn changement général de 
leviers formes p^iïr* le but unique de la repro- 
duction seiuellej et dans tous les autres ani*^ 
maux, cet organe' n'est cdtnplet que lorsque 
l'animal a* atteint^ sa maturité. 11 arrive de-là,' 
que dans la cépnlalicm des* animaux dV^pèceé 
différentes, les parties-' nécessaires k la vie $oni 
souvent formées complètement; mais que cel* 
les qui doivent. )seît*lrir^à Ift génération sont dé- 
fectueuses ; parce quelles exigent une organi- 
sation pltisf'dëiîcîsrfei ou une coïncfidence plus 
exacte des particules 'nutritives avec les irri^ 
habilités orj apbét^tttfes du fiUm0nt tivaut prit 
mordrai ; tandis que les mulets, oii toutes le* 
parties ont -^ix 'être ^ p^rfaitémet^t IbniP^te ^ 



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SoS De ta génénation. Sbct. XX3L1X. v. a^ 

if>euvent avoir été exijgendrés daits les temps 
recalés et ayoir ainsi aÎQUié. amx différente» 
espèces des animaux connus , .comme je IVd 
déjà dit. 

Puisque cette production des: mulets est ua 
effet constant de la conjonction de différente* 
espèces d^animaux , et que ceui provenant 
d'un cheval et d'une Anesse ressemblent plus 
au cheval qu'à l^&nei tandis que ceuip au con-; 
traire qui proriennent dkmâne et d%ne jumeni 
ressemblent toujours plus k FAne qu'à la jument , 
cela ne saurait être attribué à Timagination 
du mâle qui ne peut é%re , Supposé agir avec 
cette uniformité ^ niai? è ^ forme des pre* 
mièreç particule^ nutritives t çt ij^ leur stimur 
lus pi^rticulie.r qui excite }e filament vivant 
à les chpisir et à les combiner avec lui* 11 y e 
une uniforniité semblable dans lea effets qnan( 
à la conleur des epfans provenant 4Vn blenc 
et d^une négresse , qui , ^i je s^if bi$n informé, 
sont toujours n^ul^tres .» çectt^^Mlwe un mé* 
lange des d^nx ; ce <iui peut-^tre doit s'im- 
puter à la ibnne particulière à^ particules 
nutritives fonrnies à Teçabryon par. la, mère 
au commencement de son ^existence , e^ M 
leur sti^iulus particulier; puisque cet effet « 
comme dans 1^ progéniture des mulets « dont 
]^ai parlé plus haut , e^t uniforme et constant, 
et ne peut par conséquent être attribué k 
ViflM^ini^tipn du père ou de li^ mèçe. 



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BfiCT . XXXIX. y. 3. De la génération. iùf 

Le Dr Tfaunberg observe , dans son Toyage 
au Cap de Bonne-Eapiéranee^ qu*il s'y trouTO 
des familles qui sont descendues de nègres 
dans la ligne maternelle depuis trois géné-^ 
rations. La première génération qui provient 
d'un Européen par le mariage avec une es* 
clave bazanée, reste bazanée, mais approche 
du blanc; tandis que les enfans de la troisième 
génération mêlée ayec des Européens , ''de* 
viennent entièrement blancs , et sont sou» 
vent* très «-beaux, vol. I. p. 112. 

Quand Fembryon s^est formé un placenta 
et s est pourvu de vaisseaux pour choisir les 
particules nutritives, et les oxygéner^ celles 
qu il tire alors du fluide dans lequel il est 
plongé ^ ne sont probablement point capa* 
blés de produire de grands cbangemens dans 
sa forme ou sa couleur, parce qu'il possède 
alors des organes pour les altérer et les com^ 
biner de nouveau avec lui. Voilà pourquoi il 
continue à croître^ soit que le fluide dans 
lequel il nage soit séparé par la matrice , ou 
par les parois de toute autre cavité du corpf» 
comme dans la grossesse extra -utérine ; ce 
fluide semble être produit par le stimulus du 
fétus sur les parois de la cavité où il se troiu 
ve, oomme je Pai dit plus haut.* Enfin, il y a 
encore moins de raison de sattendre k un 
changement non-naturel . dans Tenfant après 
'^^il e9t Bé, par la 4iff<^ence du lait quîl 



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prebdalorf, parcç qu'il a acquis nn estoi^^c, 
des potimons e\ d^A g)a4des ^ d-unç^ forciil 
•uijîsante pour décomposer et reçomblner 1^ 
lait, el le cban^r iiiusi en diyerses parUcu? 
les nutriÛTes , que les appéteuc^ps des fibrU? 
les et des nerfs peuvent eiiiger. 
. De tous ces raisonnemeps je çonclptraif 
que quoique rimagination de la (^meUo puissq 
être supposée affréter Tembryon em produi-^ 
aant une différence dans sa première nour« 
riturc, une telle p^iiss^ince ne peut ec^pendant 
plas Faffecter après quil a ohienu ^n pUcenta 
et d^a^tres organes^ qui peuvent cl^oisir pu 
changer les alimena q^i lui sont, présentés^ 
soit dans la liqueur dé KamniosY aoit dans le 
lait. Or , comme les œ^fs de poules , ainsi 
que les semences des végétaux; soi|Lt formés 
graduellement long-temps avant d'être fécon- 
dés , on ne voit pas coanuptSEUt un effet subit 
de Vimagination de la mère au moment de la 
fécondation peut produire quelque cbang^meni 
considérable dans la nourriture déjà déposée 
de cette manière pour rjemhryon attendu ou 
désiré; et qu ainsi tous les cnangemens qui 
surviennent danslpembryoUt excepté ceux qui 
ent lieu unifocmémeat dans I4 production dei 
mulâtres et des mulets,, dépendent plus pro- 
bablement de rimâgination du père. Il parais 
évident en même temps que les naissances 
snopstàpueus^s qui offrant seul<me»t quelques 



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SsQT. XXXIX. t; it\ De Ta ^inérdiiùn: S<^ 

pèrtiet de wom^ 19U àé j^bs^ ont lëui* caii^ê^ 
dans l'ab^jence <m dl^ns la snperflulté de l£ 
wmnière nonmtHrë préparée dans PoTaîre i 
ôa ^Tk% là pat»ti0 d6 Tâsuf ^qui entoure imr 
média tement la cicatricule 9 comme je IVi 
déjà 4ît: et qne c« fluide continue pendant un 
oertain temps à exciter en action le premier' 
Hament Virant, après cjue ranihistl simple esè 
complété; oiï qu'il cesse de Teiciter ayané 
que ia forme complète n'^n goit achevée, ta 
premièr^e de ces circonstances est démontrée 
par les œufs qui ont deux jaunes , et qu'on 
rencontre souvent dftns la volaille domesti* 
que , jaunes que jt crois étrç formés ainsi 
avant la fécondation ; maiç c'est un fait qui 
vaudrait bien la peine d^^tre obseryé ayant 
et après la fécondation , car il est probable 
qu'on pourrait apprendre par-là quelque chose 
de précieux; Là dernière circonstance ou le 
défaut de nourriturçi primitive , peut se dé-^ 
duire d'une analogie ck>ntraire. 

'Cependant il y a d autres espèces de nais- 
suncet monstrueuses qui ne présentent poini 
nn défaut ni une surabondancei de parties, 
et qui ne sont pomt le produit dç là copu- 
lation de deun animaux d^espèces différentes; 
mais qui paraissent étr^ de nouvelles con- 
formations ou de nouveaux arrangemen s des 
pafTtîee IVsine *pit Rapport à l^ufre , et qui , 
lis TtriMiMa de couleurs et de for- 



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%lo D& h génération. Sect- XXXIX. Vi. k 

|A6S. de nos animaux domeatiquM « el pro* 
l^bliement comme les parUes sexuelles, de 
fouaces animaux, peurent dépeùdre de rima« 
ginatiôn du père, ce que nous allons main«» 
tiçiiant examiner. 

, yi. 1 • Les actions délicates des extrémités 
de pos 4^verses glandes se laissent aperceroir 
dans le^rs productions variées que Ton croit 
être formées par la glaude et ne pas existev 
préalablement comme telles dans le sang^ 
Ainsi la bile est formée p4r les glandes qui 
constituent le foie, le suc gastrique par celles 
de Testomac^ la salive par les glandes sous* 
maxjlUaires , le cérumen par celles des oreil^ 
les et ain^ de suite. Chaque espèce de glande 
doit posséder une irritabilité^ et probablement 
une sensibilité, particulière , au commencement 
même de son existence , et doit èl4*e fournie 
d^un nerf du sentiment ou du mouvement ^ 
pour percevoir, choisir et combiner les par-» 
ticules qui composent le fluide qu elle sépare. 
Ce nerf sensitif qui perçoit les différentes 
parties qui composent le sang, doit, au moins « 
se coucevoir comme étant un organe aussi fin 
et aussi subtil que celui de la vue ou celui 
de louïe qui perçoit la lumière qu les tons* 
Voyez sect, XIV. ix. , . 

Mais cette action délioate des extrémités 
des vaisseaux sanguins > na riei^ d*aussi m^r^ 
vfiillçBx qiie di^iis. 1% |iroduiràoii de k «M» 



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S«CT. XXXIX. ri. I. De iÊgMrêtwn. Sir 

^ère cQntftgieu&e. Une petite goutte de cqn^ 
f^on T^riolease mtro4ilH^ dans le ^ng , 
oa peat-ètre seulement insérée sous Tépir^ 
dern^e , excite au bput dHxn certain temps 
(il peu prè^ le quart d^^pe lunaison) dans 
les petits rai^egux cutanés certains mouye- 
qieqs qui produisent une matière contagieuse 
analogue, laquelle contre la. pçau d'un nom* 
|>re infini de pusttil^s : de sorte que par inrir 
tatipn , ou pi^r sepsfitipii çn conséquence 
d'irritation , ou d^association de mouTemens , 
il se forme aux extrémités de quelques Tais« 
seauf cutanés U|iç matière çxactçment sem<v 
blable à 1% matière stimulante , qui avfdt 
causé Firritfition « de inéme que la sensation 
ou Tassociation subséquentes. 

Les mouyemens dune grande quantité de 
glandcis et par conséquent les fluides qu eUef 
sécrètent , peuyent être affectés par des idée$ 
agréables ou douloureuses j puisque dans bien 
dçs cas elles sont influencées par dçs asso^ 
ciations sensitives , ainsi que par les irritar 
tipns dès partictdes du sang qui j pa^se» 
Ainsi Vidéç dçs lumens çxcitéç dans le cerr 
yeau d'un cbien affan^é , par le sens de la 
vue ou par cçlui de Todorat^ augmente la 
sécrétion de la saliye^ en qufintité et en yis* 
cosité , comme on peut le yoir par récpulq^» 
ment qui s en. fait de sa gueule , lorsque cet 
fu^mal se trpuye auprès d^une tflJ>le oi^ TcHpi 



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%ii ihtIigénérMion. 8E4t. ÎKSIK. Vlv ty 
mange. Les ^ensatidns du {>lai8ir ou de la 
d(mléui^ portées k Uti certain degré, excitent 
de ' la même manière une abondance de 
^àrthe^, qui semblent aussi être plus aciritno-» 
nieuses au môtnéiift de leur Sécrétion , parce 
qu'elles enfljEimment les jetxx et les paupiè-^ 
t'es. Xa pâleur que cause la peur et la rouT 
gêur de la bonté et de la foie , sont d autres 
exemples des effets des sensations agréables 
bu- désagréables sur les exlré^nilés du sjSt 
téme artériel. 

' 11 est probable que la sensation agréable' 
ncitée dans Testomac par 'tes alimens ^ 
ainsi que les irritations de ce viscèrcv, • con-? 
tribuent à mettre en action les glandes gas^ 
triques et à produire une plus grande sécré- 
tion de leurs fluides. La même cbose a pro- 
bablement lieu dans la sécrétion de la bile; 
c'est-à-dire que la sensatiob agréable excitée 
dans Festomac , affecte cette sécrétion par 
association sensitiye, itinsi que par associa- 
tion irritatÎT^. 

Enfin « iï semble qtae toutes les glandes du 
corps sont affectées dans leurs fluides sécré- 
tés, tant en quantité qu'en qualité, par les 
sensations agréables ou douloureuses qui 
produisent ou accompagnent ees sécrétions ; 
ft que lés sensations provenant de ces sé- 
crétions peuvent constituer le plaisir non 
défixn on anonyme de Texistence , qui est 



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Lopposé de'*eè «pieii appelle: /ori/tom iùm ou 
ennui; 'Ces y c g p»y my nous- rendent qQelqae^ 
fois Iimreux/ i^ans qtie ûo» pûiâions Tatirb* 
imer à anckinei cMi^e'^in0iilftla,:OOflBDmeraprài 
un repM' fl9rëid>l0^f > on 'att^commeneement ridé 
Viyresêe* rr.rp .■ .^r- • !i . ., . ..,..».; 

Or> il parait, qu ancimejffiâorétioti o«i eitcféi- 
t«an de fiùide'n'Sest' aboompagnée dTaatani^de 
^Cttsation :ajgréa:hle:^. que celle d 19 la acnlencie]; 
et* il doit;lften^nuTre de^làji^^qti^ l^s pandas 
^i aooompliisseinb ' celte a^^rétofo •« * aimi plus 
susceptibies^' )d^eitie jaffiactéea. foctemeiu. >par 
leors catéàat3oiii< ayeo « lea ^ii^aitiona 4iu f)lc)i«- 
tir. Un ùàï cetttâxk \ ) c e$t ^'il. ae . pn»Ittil; 
wie plna gi^aii4^ ^pantité^de ce^^nide :dana 
un temps donné , lorsque Pali)«i deaon émis^ 
aion est a^ëable k' FespHl. • ; - 

7. Un avgtinftfiitsoUdeqiu motitre la.DécesH 
aité d'une aemation agrëaUe pont la, coftA^ 
lation y c esrt qire cet aete ne peut s'accom* 
plir sans elle; il est aisément interrompu pair 
la douleur de la peur du de la konte ; et 
aucun effort de la' rolition 'ou de rirritation 
ne peut pMduire cet acte 5 sinon ceux qui 
suggèrent ^es idées ou des sjmaations agrëar 
blés. Voyecaèct^ XXXIII. i* i. 

Une circonstance analogique curieuse qui 
a lieu dans les insectes hermaphrodites , tels 
que les limaçons et les vers , donne encore 
plua de poids àr^ cette théorie; si ee$ animaux 



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5l4 DéUgénérktim..^eT.XXXVLyi.à. 
muaient eu le poiurpir de t6te féconder epiL^ 
mêmes t on aurait pu épargner un grand 
«ppareil mAle^ binais coiiinix) la nature en a 
ordonné autrement ^ et que les limaoona . et 
lés irerst reçoivent 'eè donnent réciproquement 
Fimprégnation , il parait qu une sensation 
agràable était nécessaire^ 
t Cette- circonstance miraculeuse de lllerma^ 
pfaroditisme d'un grand nombre d'insectes qui 
u'ont pas là &culté de je féconder eua^mémess 
a été remarquée 'par le Di< Lister^ dans ses 
£xercitationes anàtom^ de limacibus^ p. 145-; 
après avoir cité plusieurs causes finales qu il 
lui attribue^ ilâ^ute : UtidmtristWuèetftigidk 
animalihiismajorivum ^ohiptate perfioiaiur venus. 
. 11 j a cependaùt une autre cause finale. à. 
laquelle on peut attribuer cette circonstance*: 
nous avons fait observer plus haut que les 
bourgeons et les bulbes: des végétaux qui nais- 
sent sans mère , ressemblent toujours exac- 
tement à leur père ; comme le prouvent la 
greffe des arbres et les bourgeons des fleurs 
des plantes de la diœcie qui sont toujours 
du même sexe sur le même arbre ; or si œs 
insectes hermaphrodites avaient pu produire 
des petits sans mères , ils nauraient point 
été suspeotibles de ce changenijent.ou de ce 
perfectionneinent que Ton remanquc' dans 
tous les autres animaux, et dans les. végétaux 
qui sont procréés par une copulation sexuelle 



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itxcT.XXXIX.Ti/S. De U g^ékéràtloH. SiS 

rfh Tembiyon du mâle est reçu «t «ooiri pair 
la Mhelle, 11 est donc probable que si lé^ 
Tëg^tatiX tiaTaîent pu se reproduire cpxe par 
bourgeons ou par bulbes et ndn par la géné- 
ration sexuelle , il n'elisterait pas aujourd%^ 
ia millième partie des espèces que nôils coii- 
osaissons , et qui dans Forigine oflt probable* 
ment été des mulets ; et il n aui^it pu sj 
fiiire d^auitreè changemens ou perfectionne^ 
mena, que ceux produits par le( diffërenceB 
du sol et du climat* 

.3* Je conèlus que Timagination du mftle 
au moment de la copulation ; ou lors de 
l'ëmission de la semence^ peut affecter cette 
sécrétion par des associations irrîtatives ou 
sensitiTes , décrites au paragr. v.. i » de cette 
section 3 au point "de causer la ressemblance 
de forme ou des traits^ ainsi que la différence 
des sexes;, de même que les mouvemens du 
ciseau du tourneur imitent les idées de Tar^ 
tiste ou leur correspondent. On ne doit pas 
entendre par-là que la première fibre vivante 
qui doit former un animal ^ soit produite avec 
quelque ressemblance des formes de Tanimal 
à naître; mais avec des propensions ou des 
appétences, qui par Taccroissement des par- 
ties, produiront la ressemblance des formes., 
des traits ou de^ sexe ^ correspondantes à 
rimagination du père. 

STos idées sont des mouvemens des nerfs 



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3i^ Dà hgén^nUhh. Sëct. XXXIX. n. S» 

'du intiment 4. tels que cemu du serf o(>liqita 
lorsqu'on se ra|>pelle des idées tisuMIess 
-colbme par ' «liemple d^un morceau d^ivolre 
lait eu triangle. Les .petites fii>res motrices de 
la rétine agissc^uld^uiie mai^ièrè k laquelle je 
donne le ^om d^ blanc ; et cette action est 
bornée à une veriaîae partie de cet organ^'^ 
k laquelle je«ddnne le nom de triangle^ Ëfc 
cest une sensation agréable précédente exi»- 
tant dans rt^oix esprit qui me porte à produira 
ce mouTcment particulier de la rétine^ lorsque 
je ne Vois point de triangle. Or il est pro- 
bable que les fibres agissantes des dernières 
terminaisons des ou'irertures sécrétantes des 
vaisseaux dés testicules sont aussi fines que 
celles de la rétine ; et quelles sont sus- 
ceptibles d^entrer dans cette ' action parti* 
culière, qui marque le sexe de Tembryon. 
sécrété ^ par sympatbie ayéo les mouyemens 
agréables 'des nerfs de la yision ou du tou^ 
cher , c'est-à-dire avec certaines idées de 
rimagînation< 11 résulterait donc de-là que 
ron s est toujours mépris lorsque Ton a ai* 
tribué une si grande puissance à Timagina^ 
tion de la femelle , tandis que diaprés ce 
que nous venons de voir^ la puissance réelle 
de rimagination dans Tacte de la génération 
appartient tout entière au mâle. Voyez 
sect. XIL III. 3. 

On pourrait objecter à cette théorie qiiun 



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SicT. XXXlX. VI. 5* i>e ta génération. Zif 

homme peut être préstnné avoir dans Tésprii 
Fidée dés formes et des traits de* la femme , 
plutôt que dé ceux de son sexe , et qu ainsi il 
derrait naître plus de filles que de garçons % 
mais au contraire nous sommes presque conti* 
tiuellement occupés de Tidée générale de notre 
propre conformation , ce qu on nomme sen-> 
timent de notre existence ; et c*est ce qui^ 
|>eut-être , fait que le nombre des mâleâ 
turpasse celui des femelles. Voyez sect. XV#. 
fti. 4* ^t XVlll. Xîii. Ce qui confirme encore 
plus cette idée , c'est qUe les enfans mâles 
ressemblent plus souvent à leur père ea 
forme et en traits ainsi quen sexe^ et que 
tes filles ressemblent le plus souvent à leurs 
mères en traits et en forme , aussi-bien qtL*en 
sexe. 

On pourrait objecter encore que si une 
fille ressemble quelquefois à son père et ua 
garçon à sa mère , les idées du père au mo- 
ment de la procréation^ doivent passer subi- 
tement de lui à la mère à Tinstant même oii 
Tembryon est sécrété ou formé. Cette diffi- 
culté cesse, lorsqu'on considère qu'il est aussi 
aisé de se faire une idée des traits de la 
femme avec des organes mâles de reproduc- 
tion, ou des traits masculins avec des orga- 
iles féminins « que le contraire; de même que 
nous concevons aussi aisément et aussi dis- 
tkictement l'idée d'un sphinx ou dVne sirène 

Tome IL ai 



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Si8 Delà génération. Sect. XXXIX. VI. 4< 

que celle d'une femme. Ajoutons à cela quaa 
moment 4e*la procréation , Tidée des oi^anes 
mâles et des traits féminins est souTent exci- 
tée en même temps , soit par le contact , 
Soit par la vue. 

Je demanderai à mon tour si le sexe de 
Tembiyon est un effet du hazard ? 11 est 
très-certain que tout ce qui est produit re- 
connaît une causé ; n^is quand cette cause 
est trop petite pour notre intelligence , oik 
dît vulgairement que la chose est arrivé^ par 
Lazard « comme lorsqu en jetant des dés on 
amène un nombre quelconque. Or , quelle 
cause peut produire le caractère mâle ou 
femelle de l'embryon ^ sinon les actions par- 
ticulières des glandes qui le forment? Et qui 
est-ce qui peut influencer ou gouverner ces 
actions de la glande , si ce ne sont %es as- 
sociations ou ses caténations avec d'autres 
mouvemens sensitîfs ? Cela, n est pas plus 
eiLtraordinaire que de voir produire des nau- 
sées par les caténations des mouvemens irri- 
tatifs joints aux vibrations apparentes des 
objets, en mer; ou de voir un récit dégoûtant 
faire l'effet d'un vomitif. 

4* On peut tirer de la procréation de quel- 
ques monstres particuliers un argument qui 
pVonve l'effet de l'imagination sur le premier 
rudiment .de l'embryon ; tels sont par eicem- 
ple ceux qui ont deux têtes jointes à un 



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Sèct.XÎXIX. VI.4' De la génération. 5ig 
seul corps , et ceux qui ont deux troncs joints 
à une seule téte^ ce qui nest |)as rare parmi 
nos quadrupèdes domestiques et notre yo« 
taille. Il serait absurde de supposer que de 
telles formes existaient dans les germes pri» 
mordiaux^ comme je Tai dit au paragr. ly. 4^ 
de cette section. 11 n est pas possible non. 
plus que de telles difformités soient produites 
par Taccroissement de deux embryons ou 
filamens yiyans qui yiendraient à sunir par 
la suite « comme on dit que le font la tête et 
la queue de différents polypes. (Blumenbach sur 
la génération ) ; car dans ce cas un embryon 
ou filament yiyant , aurait dû commencer par 
former d'abord une partie, et l'autre aussi 
une première partie. Mais il deyient moins 
difficile d'expliquer ces monstruosités , si » 
( comme je lai expliqué ci^^essus ) on les 
considère comme un effet de Pimaginatiou 
sur le filament yiyant , au moment où il est 
sécrété; et que Ion admette qu'une telle 
réduplication de membres a été produite par 
Tadjonction de nouvelles parties , en consé-* 
quence des propensions ou appétences, ani- 
males 5 acquises ainsi du père. 

Par exemple^ je conçois que si un dindoa 
regardait un lapin ou une grenouille au mo- 
ment de la procréation ^ il pourrait arriver 
qu une idée forcée ou même agréable de la 
forme du quadrupède , occuperait son imagi<- 



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foa S)e la génération. SSCT.XXXIX. Vl.5^ 

nation au point de causer dans le filament 
naissant une tendance à ressembler à cettef 
forme, par Tapposition d^une réduplication 
de membres^ Les expériences sur la produc 
tion des mulets et des monstres mériteraient 
bien qn un Spallanzani s'en occupât : il pour-' 
yatt jeter de grandes lumières sur ce sujet 
qui maintenant ne peut être expliqué que 
par des analogiea conjecturales. 

L^effet étonnant de Timaginattoii dans le 
mâle et la femelle^ est démontré par la pro-^ 
duction d^une espèce de lait dans le jabot 
des pigeons mâles et femelles après la nais-» 
sance de leurs petits, ainsi que Ta observé 
Mr Hunter, et comme je Pai rapporté plus 
haut. A cda on pourrait ajouter qu on a tu de» 
l^omi^ies avoir du lait dans leurs mamelles et 
donner le sein à des enfans , comme le dit 
MrDeBufibn; cet effet de l'imagination du mâle 
et de la femelle parait avoir été observé dè& 
les premiers siècles, car îL est dit que Jacob 
plaça non seulement des perches en partie 
dépouillées de leurs écorces^ pour les faire 
paraître mouchetées « mais encore des agneaux 
tachetés devant ses troupeaux au moment de 
la copulation. Genèse cap« xxx. ver. 40. 

5. Quant à Fimagination de lar mère, il est 
difficile de concevoir comment elle peut pro- 
duire quelque changement dans le fétus , 
ainon en affectant la nourriture qui est pré- 



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Sbct. XXXIX. Ti. 5. De la génération^ 5« 

parée pour le recevoir , comme je Tai dît au 
paragr, t. a. de cette section^ ou en affec»- 
tant la nourriture ou l'oxygénation quelle lui 
fournit dans la suite. Une anxiété continuelle 
d'esprit peut probablement affecter la sécré- 
tion de la liqueur de Pamnios dans la ma* 
trice , puisqu'elle affaiblit tout le système « 
et que la frayeur subite est souvent la cause* 
de Tavortement; car la peur difi^re de la 
joie en ce que la première diminue , pour 
un certain temps , l'action des extrémités da 
système artériel ; d^où résultent la pâleur sttV 
bite et les frissons ou contractions des vaîs^ 
seaux de la peau et des autres mémbranecr^ 
Je crois que par cette circonstance > les btê^. 
trémités des vaisseaux du placenta se dét^ 
chent de leurs adhésions ou insertion« dans 
la membrane de la matrice , ce qui est cause 
de la mort de l'enfant et conséquemm^ent de 
lîavortement. 

Je m'en rappelle un exemple remarquable 
qu*on[ ne pouvait attribuer k aucune autre 
cause ^ et que je rapporterai ici en peu de 
mots. Une jeune femme bien- pointante i âgée 
d'environ vingt ans^ était enceinte de près de 
cinq mois; et étant descendue dans sa cave 
pour y tirer de la bière , elle fut e0rayée 
par un jeune garçon domestique qui sortit 
tout à coup de derrière le toni^eau , où il 
if'^tait caché pour faire peur h la eervautir ^ 



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5^3 De la génération. Sect. XXXIX. vi. 6L 

pour laquelle il prit sa maitreàse. Celle-oi 
remonta les degrés ayec dilËculté ; il lui 
^Burrint sur le champ une perte , et elle fi^ 
une fausse couche quelques heures après. 
Depuis ce temps elle devint enceinte plusieurs 
fois^ et tous ses accouchemens se firent à 
J;erme. 

6. Quant au pouvoir de Pimagination du 
xnAle sur la forme ^ la couleur et le sexe de 
^^enfant ^ j ai observé les circonstances suiV'an- 
tes, et peut-être ne les trouverait-on pas rares, 
•ai IWy faisait attention. Je connais un gentil- 
Jbiomme qui a un enfant dont les yeux et les 
icheveux sont noirs , quoique sa fehune et lui 
soient blonds et aient les yeux bleus ; ils ont 
quatre autres enfans qui ressemblent à leurs 
père et mère. En observant cette différence 
de cet enfant d^avec les autres « il m'assura 
qui! croyait que c*é.tait son imagination , qui 
en avait été la cause , et il me fit le récit 
suivant. Lorsque sa femme était en couche 
de son troisième enfant , me dit-il , il devint 
amoureux de la fille dVn de ses fermiers, et 
lui offrit en vain ce qu il crut propre à la 
décider à condescendre à ses désirs, et en- 
suite il lui fit de plus grandes offres , sans 
pouvoir rien obtenir; il ajouta que la figure 
de cette fille fut toujours présente à son es- 
prit pendant plusieurs semaines, et que l'en- 
fant qu'ail eut ensuite de sa femm* et qui 



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Sect. XXXIX. VI. 7» De la génération. 5a5 
ëtait celui aux yeux et aux cheveux noirs, 
ressemblait exactenxent^ en traits et en cou- 
leur, à la jeune fille qui avait résisté à la 
séduction. 

A cet exemple Rajouterai que j'ai connu 
deux familles , dans lesquelles y en raisoni 
d'une substitution de biens ^ le père désirait 
ardemment un héritier m&le ^ mais au con- 
traire, dans Tune il vint. sept filles de suite 
et neuf dans Fautre : alors chacune d^elles 
eut un fils. Je conclus de cela que Fardent 
désir du père d^avoir un héritier mâle,* pro- 
duisit une sensation plutôt désagréable qu'a^ 
^éable, et que ses idées Tarrétèrent davan« 
tage sur la crainte d'avoir une fille que sut^ 
la sensation agréable de ses propres formes 
ou organes mâles ; au moment du coït ou de 
la sécrétion de la' semence r et quà cause dé- 
cela , ridée des formés féminines était plu-* 
tôt présente à son esprit que celle des for-" 
mes mâles ; de sorte qu à la fin désespéranîF 
d'avoir un fils , ces idées s'évanouirent , et* 
celles du caractèr/e mâle présidèrent à Facte 
de la génération. * . , ^^ 

7. Je conclus, donc de tout ce qui vient 
d'être di|; que la génération "ne peut poipt. 
fl[voir lieu sans être accompagnée d'idées, et' 
que Fhomme , dans cet instant , doit avoir, 
ou une idée générale de ses propres fôrines 
m^es OU de celles de ses organes sexuels^ 



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Sd4 Vela génération. Seqt. XXXIX. vu. i^ 

ou une idée <1es formçs de la femme , ou d^ 
ges organes sexuels ; pt que cette idée déter? 
^ine le sexe et la ressemblance particulière 
'de Fenfant ayec Tun ou Tautre de ses auteurs, 
U en résulterait alors , qu^ le phallus qui 
pendait au cou des danses romaines ou qu el-r 
les portaient dans leurs cheyeux , pouvait 
avoir Feffet de produire des enfans mâles 
d^ins une plus grande proportion , et que l^ 
callipédie ou Tart d^engendrer de beaux en? 
fans et de procréer les sexes à volonté ^ 
pourrait s'enseignejr, ei^ afileictapt Vimaginatioi^ 
du père , c*est'à-dire çp fés^i>t que les der? 
vières extrémités dçs glandes, séminale^ imi-^ 
teAt les actions d^s orgauips des sens^ soit 
de la vue^ $oit d^ toucher. Mais lit maniera 
de paprenir à ce but ne peut pfts Âtre déver 
loppée avec ass^z dîç délicatesse pour être 
ii^ise sous les yenj. du publip ; elle mérite^ 
cependant Ta^ttention 4? ceux qui sont se-; 
Jcfieusement intéressés à la procréation d^ui^ 
eAfant mâle . qu femelle» 

Récapitulation. 

^ Vil. 1. Une certaine quantité de particules 
Siutritives est produite par la femelle avant 
la fécondation ; elle n exige plus d'élaboration^ 
de sécrétion ni d'oxygénation ultérieures. 
Oest ce quon voit dans les œufs d^oiseaux, 
et 'dans les réceptacles des semences des^ 
végétaux, non fécondés. 



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8seT. XXXIX; vu. Z. De la génértHion. Sai 

3. Le mâle fournît un fiJaxnent vivant, qui, 
létant introduit parmi te^ premières particu«- 
\es nutritives, est par elles niis en action ; eu 
conséquence de cette action y quelques-unes 
4e« parues nutritives sont assimilées et ajou<«r 
tées à ce filameiit yiyant , de la même ma« 
KÛère que la nutrition ordinaire se fait dans 
l'animal adulte. 

3. Cette nouvelle organisation ou addition 
à^s parties , est stimulée par les particules 
nutritives qui sont dans son voisinage , et 
alors la sensation est ajoutée à ^irritation; et 
^^autres particules sont ^i conséquence asai* 
milées et ajoutées au filament rivant ; comme 
on le voit dans les nouTellos ^anulatdons 
cbamues des ulcères ^ 

Les parties déjà formées . continuent leurs' 
mouvemens, par la puissance de Virritatioi^ 
ou de Fassociation , auxquels la sensation eu 
ajoute de nouveaux^ comme )e Tai dit plus 
baut; et enfin par la yolitioft, cpie j^^i prouré 
exister dans le fétus yers sa maturHé, parce 
qu'il a éyidemment des périodes d^activité et 
de sommeil ; et cette derni^ne n est qu'une 
âuspension momentanée de- la yolition. 

On peut considérer le filament primordial 
vivant, coninie^ ayant là^ fiiculté de repousser 
les particules qui sont appliquées sur cer* 
taines de ses parties , de «îéme que . celle de 
l>il asi^imilejt 4Vutres qui ttimulçmt 4W 



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526 De la génération. Sect.XXXIX. vii.5, 

très parties : et ces facultés existent dans 
diiTérentes parties de lanimal adulte; ainsi 
iorîfice de chaque glande embrasse les par- 
ticules xlu fluide qui conviennent à son ap* 
pétence ; et son canal excréteur repousse 
celles^ qui lui sont désagréables. 

4* Ainsi Fesquisse ou miniature \du nouvel . 
animal est produite graduellement , mais en 
peu de temps ; parce que les particules nutri« 
tives originelles nont pas besoin de prépara* 
tion préalable de digestion^ de sé(^rétion ni 
d'oxygénation ultérieures , et exigent seule* 
ynent le choix et lassimilalion qui se font 
par le filament vivant. Mr Blumenbacb dit 
qu*il possède un fétus humain , âgé de cinq 
Semaines , qui n'a que le volume d'une 
abeille ordinaire, et où tous les traits de la 
figure, tous les doigts et tous les orteils sont 
complets, et chez qui on distingue très-net- 
tement les organes de la génération^ p. 76. 
I>ans un autre fétus dont la tête n était pas 
plus grosse qu un pois, toute la base du crâne, 
avec tous ses trous , ses dépressions et ses 
apophyses étaient marqués de la manière la 
plus distincte, quoiqu'il n j eût point encore 
d ossification. Ibid* 

5. Dans certaines circonstances, an moyen 
de la nourriture déposée primitivement par 
la mère , le filament acquiert des parties qui 
lie sont point «xaclçment semblables à cellei 



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Sect. XXXIX. vu* 6. De la génération. S37 

dit père , comme dans la génération des 
mulâtres et des mulets; d autres fois le 
manque de cette nourriture première , cause 
des défauts des extrémités du fétus qui sont 
les dernières formées, telles que les doigts^ 
les orteils et les lèvres. Dans d autres cirr 
constances une réduplication de membres est 
causée par la surabondance der ce fluide ori* 
ginel nourricier ^ comme dans les doubles 
jaunes d'œufs , et les poulets qui en provien- 
nent et qui ont quatre pattes et quatre ailes. 
Mais la production des autres monstres tels 
que ceux à deux tètes ^ ou dont les parties 
sont mal situées , parait provenir de ce que 
l'imagination du père est en quelque sorte 
imitée par les derniers vaisseaux des glandes 
séminales; comme la couleur des taches des 
œtifs, et le changement de couleur des poils 
et des plumes des animaux par letat de do^ 
mesticité, peuvent être causés de la même 
manière par'Timagination de la mère. 

6. Le filament vivant est une partie du 
père, et a par conséquent certaines propen» 
siens ou appétences qui lui appartiennent '^ 
et peuvent avoir été acquises graduelle^r 
ment pendant un ibillion de générations, et 
même depuis, l'enfance du monde habité] 
possédant aujourdliui des propriétés qui ,_ 
au moyen de lassimilation de nouvelles par^ 
^c^lçs^ rendraient le fétus exactement sem« 



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Ba8 De la génération. Sect.XXXIX.tii.6. 

blable à son père , comme cela arrive dans 
les bourgeons et les bulbes des végétaux , 
ainsi que dans le polype, le ténia et le ver; 
mais comme la première nourriture est fournie 
par la mère, et ressemble par conséquent aux 
particules nutritives qui ont servi à sa propre 
nourriture ou à son accroissement , la pro- 
géniture prends en partie^ la ressemblance 
de la mère. 

D^autres analogies de Texcitabilité ou de la 
forme du père , telles que les épaules larges 
ou étroites , ou celles qui constituent certai- 
nes maladies héréditaires/ comme les scro- 
pbules f répilepsie , Taliénation mentale , ont 
leur origine produite dans une ou peut-être 
dans deu^c v générations ; tels sont les des- 
cendans de ceux qui prennent beaucoup de 
boissons alcoolisées : et ces propensions hé- 
réditaires cessent à leur tour , ainsi que je 
Tai vu , s'il survient une ou deux générations 
jsobres ; autrement la famille s'éteint» 

Le filament vivant est susceptible aussi 
d'avoir ses propensions ou appétences alté- 
rées au moment de sa formation , par lUma* 
gination du père, les extrémités des glandes 
séminales imitant les mouvemens des organes 
du sentiment. C'est ainsi qu est produit le 
sexe dé Pembryon, qui peut être ainsi mâle 
ou femelle , selon que rimaginàtion du père 
est affectée au moment de la fiécoadatioxû 
yojez sect. XXX1!2(» vi. 5. et 7^ . ^ 



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Sect. !SCXXlX. Vli. 7. J)e ta génération. Znf^ 

7* Après ^que le fétus est ainsi formé comr 
l^lètement , arec ses vaisseaux ombilicaux et 
son placenta, il reçoit une autre espèce de 
nourriture, comme il parait par la différence 
de la consistance des différentes parties du 
blanc de Foeuf , et de la liqueur, de ram*» 
nios , car il a acquis alors des organes pour 
la digestion , la sécrétion et Toxygénation , 
quoiqu^ila soient encore faibles; ces organes 
{meuvent en quelque scorie changer aussi-bien 
que choisir les particules nutritives qui leur 
tout présentées ; mais cependant ils peuvent 
encore être affectés par le défaut de quantité 
de la nourriture fournie par la mère, ou 
par le degré d^oxygénation fourni à son pla^ 
eenta par le sang matemeh 

L'^accroissement du fétus complet par Tad* 
dition des particules nutritives, ne se fait pas 
par distension seulement, mais par apposition 
à • chaque partie tant interne qu'externe , et 
dont chacune acquiert par de nouvelles ap* 
pétences les particules dont elle a besoin. 
De -là les parties agrandies conservent les 
fermes de leurs prototypes, et on peut dire 
alors quelles s'étendent; mais ce développe^ 
ment ne doit être considéré que comme la 
suite nécessaire de Tagrandissement de tou- 
tes leurs parties par Tapposi^ion de nouvelles 
particules. 

Il s'ensuit que cette nouvelle apposition de 



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55o De la génêraiiori. SbcT. XXXÏX. viï* S^ 

parties n est point due à une attraction ca- 
pillaire , parce que le tout s'étend, au lieu 
que Tattraction capillaire tendrait plutôt à 
réunir les parois des tubes flexibles, quà les 
distendre. Elle n'est point produite non plus 
par des affinités chimiques , car alors il - en 
résulterait une solution de continuité, comme 
quand le sucre se dissottt dans Peau; mais 
elle est produite par un procédé animal, qui 
est une conséquence de jl*irritation ou de la 
sensation ^ et que Ton peut nommer appé-* 
tence animales 

Ceci est encore mieux expliqué par les 
expériences que Ton a faites pour démontrer 
quun muscle vivant dans un corps animal 
vivant^ exigeait plus de force pour se rom<* 
pre , que le même muscle dans le cadavre ; 
ce qui prouve qu'indépendamment de Tattrac- 
tion de cohésion dont toute matière est douée, 
et outre les attractions des affinités chimiques 
qui lient plusieurs corps ensemble , il y a 
une adhésion animale qui ajoute de la vigueur 
à ces lois ordinaires de la matière inerte. 

8. Lorsque Tenfant nait , il quitte son pla- 
centa ou ses branchies^ et en dilatant ses 
poumons , il reçoit beaucoup plus d'oxygène 
des courans d'air quil doit alors continuer 
de respircfr sans cesse jusqu'à la fin de sa 
vie ; car il vient de quitter. Télément liquide 
dans lequel il a été produit; et, semblable 



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Sect . XXXtX. vni .i. De lagénéraHotté 55* 

au têtard lorsqu'il se change en grenouille^- 
il devient un animal propre à respirer Pair» 

9. Comme les parties habitables du globe 
terrestre ont toujours été en augmentant et 
augmentent encore perj^étuellement par la 
production* des coquilles de mer et des co- 
raux^ ou par les récremena d^autres animaux 
et des végétaux; de même, depuis Torigine 
de notre planète , les animaux c|ui Thabitent, 
se sont constamment perfectionnés , et se per- 
fectionnent encore tous les jours. 

Cette idée de la génération graduelle de 
toutes choses , parait avoir été aussi familière 
aux philosophes anciens quaux philosophes* 
modernes , et avoir donné lieu à la belle 
figure hiéroglyphique du «-f^w^ft , ou premier 
grand œuf produit par la nuit , c'est-à-dire 
dont Torigine est enveloppée dans l'obscu* 
rite , et qui est animé par '^t^ c'est-à-dire par 
L^AMOua Divin, d'où sont provenues toutes 
les choses qui existent., «^ 

^ppendix. 

VIll. I, Dépuis que la section quW vient 
délire sur la génération a p^ru pour la pre- 
mière fois, fai été porté dans mon traité sur la 
phytologie^ à faire plus d'attention aux gcné- 
i*ations latérales ou solitaires des végétaux dana 
la production de leurs bourgeons , espérant 
par-là pouToir jeter quelque lumière sur leuç 



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S5a ^tagéttéroHon. Sect.XîXIÎ.viim* 

génëratîon sexuelle dans la production des se«^ 
xnencés ; et par consëqucfnt sur la propagation 
d^animaux plus parfaits. Je Tais rendre compté 
ici de. mes travaux , qui ^ j'ose lé croire , in-» 
tëresseront le lecteur philosophe; j'observerai 
aeulemeilt que d'après les faits relatifs à la 
Tégétation^ dont il est ici question, îe suis 
aujourdliui enclin à croire que les embryons 
des corps animaux et végétaux compliqués ^ 
ne sont point formés par un seul filament 
yivantf comme je lai availcé ci-dessus, mais 
que leur structure commence sur plusieurs 
points à la fois > quoiqu'il soit probable *qué 
la partie la plus simple ou le premier rudi- 
ment de lauimation ait commencé par tin 
seul filament , et continue à le faire dans 
toutes les productions spontanées des plus 
petits animalcules microscopiques , qui ne 
paraissent pas avoir été engendrés par dau- 
tres animalcules semblables à eux , comme 
il sera dit plus ^n détail au paragr. %i. 5* 
de cette section. 

J'ai su()isamment prouvé dan» l'ouvrage que 
je viens de citer, que chaque î>ourgeoit d'un 
arbre est un individu végétal , et consiste en 
tuie plumule ou feuille à son sommet , en 
une longue queue qui s'étend depuis son 
sommet jusqu'à terre ^ formant un filament de 
l'écorce , et enfin en radicules qui pénètrent 
dans la terre ; j*ai encore démontré que chaque 



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I Sect^XXXIX. Viii. 1* De la génération. 555 

' iKmrgeon possède la faculté de la germinatiou 

ou de 1% reproduction > non seulement à lais^ 
selle de la feuille « ce qui est le plus ordi* 
nàire ^ mais . à une partie quelconque de la 
longue queue (i) du bourgeon , comme il se 
Toit d après lés nouyeaulL bourgeons qui pou6^ 
sent de toutes les parties de Técorce, lorsque 
le sommet d une branche en a été retranché* 

Or , si Ion greffe un rejeton de pommes 
de nonpareilles sur le tronc dun pommieir 
sauyage , ou qu on greffe une rainette sur la 
nonpareille , qii arriyera-t-il ? La queue du 
bourgeon de la rainette consiste en ses pro«« 
près vaisseaux absorbans , ses artères et ses 
Teines ^ jusqu à ce qu elle ait joint lé tronc de 
la nonpareille; alors la continuation de sa 
queue yers le bas consiste en des vaisseaux 
semblables à ceux de la nonpareille^ et quand 
cette queue est descendue encore plus ))as , 
elle consiste en vaisseaux qui ressemblent à 
ceux du pommier sauyage. 

Cette vérité est démontrée par deux cir- 
constances ; premièrement , parce que les par** 
ties inférieures de cet arbre composé pous- 
sent de temps en temps des bourgeons de 
la même nature que ceux du troue primitif; 
et secondement, parce que dans certains ar- 

<i) L*Aiittiir M ifxi iâ et dan* la fuite da mot Causas qoi signifie qneae» 
«Ege ou trône. Conine d^ns ce cas il s'agit da rapport da booigeon, noot 
STooi adopté la premièN figaifioatioa. 

Torw II* a2 



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s S54 D^ la génération. Sect. XXXIX. VIII. i • 
bres greffés , où on a inséré un rejeton yi- 
yace sur un tronc plus tardif en croissance^ 
comme on le voit sourent sur les yieux 
cerisiers , la partie supérieure du tronc de 
l'arbre est devenue presque double en gros- 
seur de la partie inférieure. Ces deux cir- 
constances prouvent que la partie inférieure 

- du tronc de Tarbre continue à être de la même 
espèce » quoiqu'il ait dû être recouvert sou- 
vent par de nouveaux cercles concentriques 
de bois , par Técorce et par l'épiderme. 

Donc , comme la queue de chaque bourgeon 
qui passe dans toute la longueur du tronc 
de Tarbre , et forme une conununication 
entre la partie supérieure ou plumule et la 
partie inférieure ou radicule ^^ doit consister 
dans ces arbres doublement greffés , en troia 
différentes espèces de queues^ ressemblantes 
à celles des différens rejetons \ nous connais- 
sons de cette manière , ce qu'on peut nom- 
mer un mulet latéral ou paternel^ par oppo- 
sition à un mulet sexuel. Car comme dans 
ces arbres ainsi combinés par la greffe , la 
partie supérieure de la queue de chaque 
bourgeon est celle dVne rainette , la partie 
moyenne celle d^une nonpareille et la partie 
inférieure celle du sauvageon; si ces queues, 
qui constituent les filamens de Técorce , 
pouvaient être séparées entières de Tarbre 
avec leurs plumules et leurs radicules, elles 
offriraient autant de mulets latéraux ou pa- 



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Sbct, XXXIX. VIII. a. De la génération. 555 

temels , formés par les parties réunies de 
leurs trois auteurs; la plumule appartiendrait 
au supérieur « la radicule à Finférieur et la 
triple queue à tous les trois. 

On dit que Mr Blumenbacli a observé une 
séparation de ces bourgeons de la plante 
mère dans la confenra fontinalis , végétal qui 
consiste en petite filets courts et déliés et 
qui croit dans les fontaines et fixe ses racines 
dans la vase. 11 observa à l'aide du micros* 
cope que les extrémités des fils se gonflent 
et forment des tubercules ou têtes , qui se 
séparent graduellement des filets pères ^ s*at- 
tacbent à la terre et deviennent des végétaux 
parfaits; on peut suivre tous les progrès de 
leur formation dans l'espace de quarante-buit 
heures. Observ. sur les plantes , par Von Uslar. 

a. La propagation latérale des polypes qu'où 
trouve dans les fossés au mois de Juillet^ et 
plus particulièrement celle de l'espèce nommée 
bydra > stentorea , est absolument analogue à 
l'opinion qu'on vient d'émettre sur la généra- 
tion latérale des végétaux. D'après le récit de 
Mr Trembley , l'hydra stentorea se multiplie 
en se fendant en long; et au bout de vingt- 
quatre heures, ces divisions qui adhèrent à 
un pédicule commun , se fendent encore et 
forment quatre animaux distincts. Après uu 
même espace de temps, ces quatre se fendent 
encore et doublent ainsi leur nombre journel- 
lement , jusqu à ce quils ayent acquis une 



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556 De la génération. Sect.XXXIX^viii.^ï^ 

figure assez ressemblante à un bouquet. Les 
jeunes animaux se séparent ensuite de leur 
père ^ s attachent à des plantes aquatiques « 
et donnent naissance à de nouTelles colonies. . 

Blumenbach, dans son traité sur la géné- 
ration des polypes d'eau douce, raconte un 
autre fait curieux relatif à ces insectes ; il 
en coupa par moitié deux qui étaient de 
couleurs différentes , et appliquant la partie 
supérieure de Fun à la partie iiiférieure de 
Fautre, au moyen d'un tube de verre, et les 
tenant uii certain temps en contact^ les deux 
extrémités divisées se réunirent et ne firent 
plus qu'un animal. La facilité qu^ont à s*unîr 
des moitiés séparées de différens polypes, est 
aussi affirmée par Mr Adams , dans son traité 
sur les microscopes. 

Le lecteur intelligent m'a déjà devancé ^ en 
faisant Tapplication de ces modes étonnans 
de reproduction animale , à la propagation 
latérale et à la greffe des végétaux. La jonc- 
tion de la tête d*un polype avec la queue d'un 
autre est exactement représentée dans la greffe 
d'un rejeton sur le tronc d'un autre arbre ; la 
plumule ou sommet de chaque bourgeon avec 
la partie supérieure de sa queue ^ se joint au. 
long tronc de l'arbre^ et descendant le long, 
du tronc, se termine dans ses radicules. Si 
co végétal composé pouvait être séparé lon- 
gltudinalement des autres longs filamens de 
récorce qui sont dans son voisinage, comme 



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Sect. XXXlX. viir. 5. Se la génération. 55^ 

les fibres de Técorce du mûrier préparées à 
Otaheite , ou comme Técorce du chanrre et 
du lin sont préparées dans notre isle y ou 
comme les petits de Thydra stentorea se sépa- 
rent de leurs auteurs , il pourrait porter le 
nom de mulet latéral ou paternel , comme 
je Tai dit ci-dessus. 

5. 11 résulte de-là, que chaque nouTeau 
boui^eon d'un arbre où deux rejetons ont 
été entés Pun au-dessus de Tautre sur un 
même tronc, s'il pouvait être séparé depuis 
la plumtde jusqu'à la radicule^ consisterait 
en trois espèces de queues , et qu'on pour- 
rait par conséquent le nommer mulet latéral 
triple. 11 s'ensuit encore que chaque partie 
de cette nouvelle queue Jriple doit avoir été 
séparée ou sécrétée latéralement de la par- 
tie voisine du tronc de Tarbre, et qu'elle ne 
pouvait pas être formée, comme je Pavais 
cru d'abord, des racines de la plumule du 
bourgeon qui des.oendent de la partie supé- 
rieure de sa queue jusqu'à terre. Cette cir- 
constance est d'une très-grande in^portance 
dans les recherches à faire sur le sujet cu^^ 
rieux de la génération latérale des végétaux 
et des insectes. 

On peut, en conséquence, soupçonner, que 
si Blumenbach avait fait attention à la pro- 
pagation du polype qu'il avait composé de 
4§ux moitiés de ces ètr^s^ il aurait vu que 



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55S Delà génération. SECT.XXXîX,vni.4. 

la nouyelle génération aurait eu les couleurs 
des deux auteurs réunis , comme les différens 
troncs des arbres greffés ; expérience qui mé' 
rite assurément d'être répétée. 

4- Je dois aussi £aire mention d'un autrç 
fait relatif aux animaux ^ c'est qu*un grand 
nombre d'insectes , tels que les vers de terre 
ordinaires, aussi-bien que les polypes, possè- 
dent, à ce quon assure, une telle quantité 
de vie dan6 une grande partie de leur sys- 
tème , qu'on peut les couper ça dçux ou 
plusieurs niorceaux sans les tuer, parce quç 
chaque tronçon acquiert i:^ne . nouTjelle tête 
ou une nouvelle queue, ou les deux parties 
ensemble, et que Tinsçcte peut ainsi, se mul- 
tiplier ! Cela est exactenaent imité par la lon- 
gue queue des bourgeons des arbres, laquelle 
possède une si grande quantité de vie végétale 
d'une extrémité à 1 -autrç , que quand la tête 
ou plumule est retranchée^ elle peut en for- 
mer une autre , et que quand on coupe la 
partie inférieure , elle peut produire d'au- 
tres radicules , et multiplier ainsi d'une ma- 
nière étonnante. 

Ce phénomène végétal singulier çst digne 
de toute notre attention; car conune chaque 
filament de la nouvelle écorce de l'arbre 
constitue la queue d'un bourgeon embryon , 
lorsqu'on a coupé le sommet d'un jet qui 
contenait les plumules ou feuilles embryonis». 



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Sect. XXXIX. VIII. 5. De la génération. 539 

de plusieurs bourgeons , chaque queue emr 
brjon peut régénérer de nouvelles plumuleg 
ou feuilles embryons ; et lorsque la partie 
inférieure d'un jet est retranchée , et quoi^ 
pUinte la partie supérieure^ chaque queue 
embryon peut produire dé nouvelles radicur 
les; ce qui prouve que les parties primaires 
dun embryon végétal peuvent produire dep 
parties, secondaires ; et qu ainsi il nest pa$ 
nécessaire que toutes les parties du fétu$ 
animal soient produites en même temps. 

5. Nous acquérons de-là sur la génératioin 
latérale des végétaux quelques idées neuves 
et importantes ^ qui pourront probablement; 
contribuer k éclaircir leur génération sexuelle» 
C^est, i», que les parties de la longue queuç 
de chaque nouveau bourgeon d'un arbre greffa 
et par conséquent de tous les arbres^ sont 
séparées ou sécrétées des parties voisines cor* 
respôndantes de la longue queue du bourgeon 
de Tannée précédente qui était son père , et 
non quisUe est formée des racines de chaque 
nouveau bourgeon qui poussent en descendant 
depuis sa plumule ou son commet « comme 
je lavais supposé. Ces diverses molécules ou 
fibrilles sécrétées de la queue du bourgeon 
de Tannée précédente, se joignent et croissent 
ensemble aii-dessous de Tépiderme du tronc de 
Tarbre ; les fibrilles supérieures constituent la 
plumiil^ du nouieau bourgeon^ qui est sa feuilla 



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54o De la génération. Sb<>T. XXXIX. vîii; 5* 

ou ses poumons pour reccToir de loxygène 
de latmosplière ; et les fibrilles inférieures 
forment les radicules ^ qui sont des vaisseaux 
absorbans pour tirer la nourriture de la terre. 

a° Que chaque partie du tronc d'un arbrç 
greffé 'et par conséquent de tous les arbres , 
peut produire une nouvelle plumule lorsque 
6a partie supérieure est étratigléé par un fil 
de fer, ou coupée; ou bien lorsqu'elle est plu* 
abondamment pourvue de nourriture, de ven- 
tilation et de lumière; et que, chacun de ces 
nouveaux bourgeons produits de la sorte , 
ressemble à la partie de la branche où il prend 
naissance dans les arbres composés. Ainsi, 
dans 1 arbre triple ci-dessus mentionné , un 
bourgeon de la partie supérieure des longues 
queues qui forment les filamens de lecorce, 
doit devenir une branche de rainette ; un 
bourgeon de la partie moyenne deviendrait 
une branchie de nonpareille , et un bourgeon 
de la partie inférieure serait une branche 
de sauvageoii. ^ . 

5® Une autre propriété étonnante de cette 
progéniture latérale métis des arbres com- 
posés par la greffe , c*est que le nouveau niu- 
let peut consister en parties provenantes de 
trois ou quatre auteurs ou plusv, selon 
lé nombre de rejetons qui sont entés les 
uns sur les autres; ce qui peut donner lieu 
à la questipn de savoir si un mélange d^ 



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Sbct XXXïX. vnr. 6. De la génération. 54i 

éeux espèces de pollen « fait ayant son applî* 
cation au stigmate des fleurs , ne pourrait 
pas produire un mul^t triple qui aurait de 
la ressemblance avec les deux mâles? 

6. Le lecteur indulgent voudra bien me 
pardonner une* investigation plus prolixe^ sur 
ce sujet délicat «de la reproduction, sujet si 
fort au-dessus de rintèlligencë ordinaire. 
Ij*attraction de toute matière Tcrs les centres 
des planètes ou du soleil, est nommée gra- 
vitation , celle des corps particuliers Tun vers 
lautre, se nomme en généfal affinité chimi- 
que : à cette dernière paraissent se rapporter 
les attractions qui appartiennent à lélectrir 
cité et au magnétisme* 

Dans ces dernières espèces d'attractions , 
le concours de deux circonstances paratt né- 
cessaire ; dabord la puissance dattirer que 
possède Fun des corps , puis l'aptitude à 
être' attiré qui existe dans lautre», Ainilt 
quand un aimant attire le fbr, on peut dire 
qu'il possède une tendance spécifique à s unir 
au fer, et que celui-ci possède une aptitude 
spécifique à s unir' à laimant. La première 
propriété paratt résider dans laimant, parce 
<{uon peut le prjver de sa puissance attrac- 
tive et qu on peut aussi la lui rendre ; et le 
1er semble posséder une a)^titude spécifique 
à s'unir à Paimant , parce qu aucun autre 
métal ne s'en approchée On peut dire de ^ 



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i4j De la génération. SBCT,XXXlX.vni.6. 

même manière qa*un tube de verre où un 
Morceau de cire à cacheter^ frotté^ possède 
une tendance spécifique à s unir à un brin 
de paille ou à un cheveu, et que ces sub*» 
stances possèdent une aptitude spécifique à 
s unir au morceau .de verre ou de cire « 
parce que lattraction spécifique de ces der- 
niers corps peut leur être ôtée et restituée; 
à quoi nous pouvons ajouter que certaines 
combinaisons chimiques peuvent provenir de 
la simple attraction dun seul corps , et de 
] aptitude d un autre à être attiré ; ou bien 
elles peuvent être dues aux attractions réci* 
proques des deux corps , conime dans ce que 
Ion nomme en chimie affinité double^ que 
Ion sait être assez forte pour séparer les 
corps qui sont unis ensemble, probablement 
par la simple attraction de Tun des deux vers 
lautre qui^ lui-même, ne possède quune 
aptitude à être attiré par le premier. 

Il est probable que dans quelques-unes 
des combinaisons les plus simples des par* 
ticules de la matière inanimée ^ deux de 
celles-ci peuvent être fortement unies par 
des attractions réciproques lune vers lautre; 
que dans d autres combinaisons simples deux 
particules peuvent tenir ensemble^ quoique 
moins solidement, par lattraction de Tune et 
Taptitude de lautre à être attirée. C'est ainsi 
que je sonpçonnç qne le carbone et Toxy^ 



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r 



Sect. XXXIX. VIII. 7- Delagénération. 543 

gène s'unissent ensemble par leurs attrac-^ 
lions réciproques jusqu'à produire une explo^ 
^ipn , et qu'il n est plus facile de les séparer 
dans la suite; tandis que Tazote est moins soli-* 
dément uni ayec loxygèue par lattraction de 
Tun des deux et la seule aptitude de lautre 
à être attiré. Si on pouvait déterminer cette 
circonstance avec précision, la théorie des 
affinités chimiques ferait probablement un 
pas de plus dans Texplication de quelques 
phénomènes obscurs, tels que celmi du ca- 
lorique qui est dégagé dans l'explosion de 
diverse^ matières^ avec lesquelles loxygène 
est plus faiblement uni , lorsqu'on y appli- 
que un charbon ardent ; tçls encore l'acide 
nitrique et différens oxydes métalliques , ainsr^ 
que les circonstances générales de la combus- 
tion et de l'inflammation , comme celle du 
phosphore dans l'atmosphère , et de l'huile 
de girofle combinée avec l'acide nitrique* 

7. L'explication que je viens de donner des 
tendances à l'union dans les matières inorga- 
niques ou inanimées , n'est point présentée 
ici comme une analogie philosophique, mais 
conmie propre à fSstire concevoir plus aisément 
les adjonctions ou concrétions qu'on peut 
observer dans )es corps organisés ou ani- 
més, et qui constituent leur formation, leur 
nutrition et leur accroissement. On peut les 
diviser en 4eux espèces; la preoiière est le^ 



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844 De la génération. Sect. XXXIX. Vif f.y, 

jonction ou Toiiion des corps animes avec 
)a matière inanimée , comme qnand on fait 
entrer des fruits ou des viandes dans l'estomac 
ou ils sont absorbés par leis vaisseaux lactés; 
et la seconde, lorsque les particules vîvan^ 
tes s'unissent ou se concrèlent ensemble^ 
comme dans la formation, la nutrition ou la 
conjonction des parties des animaux vivans. 

Quant à la première espèce , les parties 
animales, telles que les narines et le palais, 
ont des Apétences , lorsqu'elles sont stimU'* 
lées par 1 odeur et la savçur d'alimens agréa- 
bles^ à s'unir avec eux; et la matière inani^ 
mée possède une aptitude 'à sunir ainsi avec 
Torgane animal. La même chose arrive ^ lors* 
^e la nourriture est descendue dans Testo-» 
mac ; les orifices des vaisseaux lactés étant 
stimulés agréablement , possc'dent une appé- 
tence à absorber les particules de la masse 
en digestion , qui est dans le cas de subir 
des changemens chimiques , et possède à une 
certaine époque de ces changemens , une 
aptitude à stimuler , et à s*unir aux orifi^^ 
ces des vaisseaux absorbans^ 

Mais quand ces particules absorbées de la 
matière inanimée ont passé dans le sang par 
)a circulation, elles semblent acquérir gra- 
duellement une espèce de vitalité; c'eSt sur 
ce fondement que Mr John Htm ter, ainsi que 
quelques pbilosqphes ancieps eirle divin: Moise^ 



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Sect. XXXlX.TiïK 8. De la génération. 545 

ont assuré que le sang est Tivant^ cest-à-dîre 
quil possède un certain degré dWganisation, 
ou d'^autres propriétés différentes de celles 
de la matière inanimée , propriétés qu aucua 
procédé chimique ne peut lui communiquer, 
et qui cessent d^exister ayec la vie de Fani- 
'maL II y a donc tout lieu de supposer que 
pour opérer la nutrition^ deux circonstances 
sont nécessaires , et qu elles dépendent tou- 
tes les deux de la yie et de Pactivité qui ea 
est une suite; la première est Pappétence des 
fibrilles de Inorganisation fixe qui ont besoià 
de nutrition, et^ la! seconde la propensioa 
des molécules fluides existantes dans le sang^ 
ou qui en sont séparées > pour a unir avec 
lorgane qui vient d^ètre mis en action. De 
sorte quon peut dire que la nutrition est 
effectuée par Punion intime des fibrilles qui 
possèdent des appétences nutritives avec les 
molécules qui possèdent des propensions nu- 
tritives s ou en d^autres termes , des particu- 
les qui possèdent des appétences réciproques 
pour se lier les unes aux autres* 

8. Si le philosophe qui veut réfléchir sur 
ce sujet ne se sentait pas porté à croire que 
toute la masse du sang est vivante , il ne 
peut au moins contester la vie à la partie 
de ce fluide qui est sécrétée par les organes. 
de la génération et qui transmet la vitalité 
au nouvel embryon quelle produit. 11 s'en- 



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546 De la génération. Sect.XXXIX.viiî.S. 
mît que , quoique dans le procédé de la 
nutrition on puisse mettre en doute Pacti- 
'vité des deux espèces de fibrilles ou molécli- 
les, cependant, dans celui de la génération 
d^un nouvel être animal oU végétal , il parait 
qu on est très-fondé à croire , que les parti- 
cules combinantes et combinées sont douées 
de vitalité ; c'est-à-dire , d'un certain degré 
d'organisation ou d'autres propriétés qui 
n'existent point dans la matière inanimée, et 
que je me hasarderai à nommer fibrilles ayant 
des appétences formatives , et molécules avec 
des propensions formatives ; parce que les 
premières semblent posséder un plus grand 
degré d'organisation que les dernières. 

11 parait donc que quoique la nutrition 
puisse se concevoir comme résultante de 
ce que les fibrilles animées d'une partie 
organisée sont stimulées et mises en action 
par des molécules inanimées, avec lesquelles 
elles sont intimement unies, et qu'en langage 
vulgaire on puisse ainsi la comparer aux 
attractions chimiques simples ; cependant il 
est constant que dans la production d'un non* 
vel embryon , soit animal soit végétal , les 
fibrilles avec des appétences formatives et les 
molécules avec des propensions de même na- 
ture se stimulent réciproquement, s unissent 
entr'elles et s'identifient aussitôt ; ce qu'on 
peut comparer aux attractions réciproques 



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SKCT.XXXIX.vni.8* Delagénéraéion. «47 

de quelques-uns des atomes de la matière 
inanimée , ou aux afiGinites chitiniques doubles* 
Mais il 7 a dans la yie animale des circon-* 
stances que Ton peut comparer aux unes et 
aux autres , et qui par -'là leur sont plu» 
philosophiquement analogues s savoir les deux 
grands conservateurs de la nature animée s, 
la passion de la faim et celle de Famour. 
Bans la prenûère^ Pappétence ne réside que 
dans Testomac^ ou peut-être au cardia, mais 
Tobjet consiste en matière inanimée ; dans 
la dernière, il existe des appétences et des 
propensions réciproques dans le mâle et dans 
la femelle , qui les portent à s embrasser 
mutuellement. Deux autres circonstances qui 
appartiennent également au règne animal 
leur sont encore analogues; la première qui 
est la soif^ a son siège à la partie supé* 
rieure de Toesophage^ et quoique cette partie 
possède une appétence qui lui est propre , 
son objet n'est qu une matière inanimée ; mais 
dans les femelles mammifères , lorsqu'elles 
allaitent leurs petits , il existe une appétence 
réciproque ^ de la part de la mère pour don- 
ner son lait^ et de la part des petits pour 
le recevoir. 

Telle est donc en définitif la manière dont 
je conçois que s'opère la production de la 
progéniture latérale des végétaux, La longue 
queue d^un bourgeon vivi^t d^un arbre qui 



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5^ Delà génération. Sect.XXXIX. vili.g* 

constitue un simple filament de Pécorce ac« 
luelte , est pourvue de glandes aussi nom* 
breusès que les glandes perspiratoires ou 
muqueuses des corps animaux ; elles sont 
de deux espèces : les unes sécrètent de la 
masse du sang végétal les fibrilles avec ap^ 
pétences formativès , correspondantes à la 
sécrétion masculine des animaux ; et les 
autres, séparent de ce mémç sang végétal les 
molécules avec propensions formativès, cor- 
respondantes à la sécrétion féminine des 
animaux: alors ces deux espèces de particu^ 
les formativès sont déposées sous Pépiderme 
de l'écorcè dans toute sa longueui^, où elles 
te joignent et s'identifient à Finstant à côté du 
générateur^ formant une nouvelle queue qui 
possède une vie végétale , ainsi que les puis-* 
sances additionnelles de nutrition et d^ac- 
croissement. 

g. Cest donc là le grand secret de la na- 
ture. Les puissances de la vitalité produisent 
dans la formation du sapg végétal plus de par-^ 
ticules vivantes y les unes avec des appéten-^ 
ces et les autres avec des propensions^ qu'il 
n en faut pour la nutrition ou pour la répa-^ 
ration des organes qui servent à la décompo- 
sition. Ces. particules sont séparées par diffe- 
rentes glandes et portées à Textérieur , et leur 
combinaison produit une nouvelle organisa- 
tion vitale sous Tépiderme des arbres et sur 



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^CT. liXXlX. Vni. 9. JDe lagénémtton. ^ 

Tancienne écorce. Ces nouvelles combinai'* 
sons de fibrilles et de molécuLes Titales4 ac« 
quièrent de nouT elles appétencds et forment 
des molécules àyec de nourëlles propensions; 
et possèdent ainsi la faculté de former les 
feuilles ou- poumons à Tune des extrémités 
de la nouvelle queue ; et les radicules ou 
Taisseaux absorbans à raûtrie extrémité ; et 
quelques-unes déciles , comme dans Icfs bour- 
geons du centre qui terminent les branches ^ 
forment enfin les organes sexuels de la 
reproduction , qui constituent la fleur ; tou- 
tes sont des parties secondaires du nouvel 
embryon ou fétus ^ comme je Tai prouvé aa 
paragr. IX. 4* ^^ cette section. 

L*attrait de la génération qui se fait sentir 
aussitôt que les organes de cette fonction sont 
complets^ aîn^î que les variations des goûts 
ou des désirs pour certains alimens à mesure 
que Ton avance en âge , comme le passage 
du lait à la viande, prouvent aâsez que les, 
nouvelles organisations du système croissant 
acquièrent de nouvelles appétences ; ainsi 
par une allusion populaire et non par une 
analogie philosophique , nous sommes encore 
autorisés à recourir aux combinaisons chi- 
miques. Lorsque deux diffërentes espèces 
de particules s unissent , comme des acides 
et des alcalis , il en résulte quelquefois une 

Tome IL 2I 



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95o De la génération. Sbgt. XXXIX. Vift.idv 

troisième qui possède des attractions difie*' 
rentes de celles de Tune ou de Tautre de» 
deunt premières. 

Les sécrétions des glandes séminales ^t até<' 
rines ^ lorsqn ell^s ont acquis leur maturité , 
et celles des- glandes pectorales dails les^ 
femelles» nourrices , prouvent que de nou-«^ 
relies organisation» produisent de noutelles 
molécùlesv - 

* io.r Dans la propagation latérale des kour-«^ 
geon» végétaux , comme les fibrille» super- 
flues ou les moîé<îùles qui ont été formée» 
dans le sang, ou détacbées des organes vi- 
Tan» , et douée» d'appétences ou de propension» 
nutritives ou formative», et qui ont été trop 
abondantes pour la nutrition du bourgeon 
végétal père , lorsqu'il est parvenu à son plu» 
tiaut degré d^accroissement > sont sécrétée» 
par le» glande» innombrables répandues sur 
les diverses parties de sa surface sous Pépi-' 
derme générale de^Parbre^ oà s unissant et 
s identifiant, elles forment une nouvelle queue 
embryon, qui produit graduellement une nou-* 
velle plumule et des radicules. Et conmie le» 
différentes parties de la nouvelle ^xxeneÇcaudexy 
d^un arbre composé ressemblent aux parties de 
la queue pèi^e auxquelles elles adbèrent, cette 
circonstance importante ne permet pas de 
douter^. ^e diiEérente» fibrilles ou molécules, 
nayept été détachées des différentes parties 
de la queue père pour former la queue filiale. 



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Séct. iXXlX. ntt. io. ï>e la génération. 55r 

Ain^i dans la propagation seicuellë des 
tégétaui , lés fibrilles ou molécules vivantes 
huperflués détachées des diverses parties du 
système , et flottantes dans le sang^ parais- 
sent en être séparées par deux espèces de . 
glandes seulement , savoir : celles qui con- 
stituent les anthères et cell(3s qui constituent 
le péricarpe des fleurs. Je crois que les pre- 
mières sécrètent les fibrilles ay^nt dés appé- 
tences formàtires et nutritives , et que les^ 
dernières sécrètent les molécules ayant des 
Jpropensions formëtives et nutritives ; qu'en- 
suite ces fibrilles se mêlent dans le péricarpe 
de la fleur, avec des molécules correspon- 
dantes douééd dé propensions^ formatives et 
nutritives, et qu aussitôt un nouvel embryon 
prend naissance par leurs embrassemens ré- 
ciproques et leur union < 

Je crois aussi que les parties de cette nou- 
tellé organisation acquièrent ensuite de nou- 
Telles appétences et fortiient de nouvelles 
molécules, et produisent ainsi graduellement 
d'autres parties de- la semence germante qui 
ne paraissent pas au commencement , telles 
que la plumule , les radicules ^ l'épiderme et 
les glandes delà réproduction dans le péricarpe 
et les anthères, qui, dans le fétus animal ^ 
correspondent aux poumons , aux intestins , 
à l'épiderme et aux organes qui distinguent 
les sexes , et qui sont leurs parties de for- 
mation secondaire. 



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SStk Delaginiratum. Sl&CT.XXXlX. ^in. t i^ 

Si les parties secondaires d^^un embryon vé- 
gétal n'étaient pas fomtées de ses- parties pri-» 
maires , ou de ses premiers radiraens ^ les 
fleors de la classe diœcie de Linné ne 
pourraient point produire des semences mâ- 
les et femelles , puisque les organes- mâle» 
et femeOes de la réproduction résident sur 
des individus différens^ Car comme les plan«« 
tes mâles produisent des bourgeons sembla^ 
blés à elles-mêmes et quon pourrait nom- 
mer bourgeons mâles ; et que les plantes 
femelles produisent aussi des bourgeons qui 
leur ressemblent, et qu'on pourrait nommer 
bourgeons femelles , il paraîtrait impossible 
que les flieurs produisissent des semences fe- 
melles > selon la théorie de la reproduction ex- 
pliquée plus haut. En effet, le mâle ^n étant 
pas hermaphrodite , on ne saurait supposer 
qu il sécrète des fibrilles ayec des appétences 
propres à produire des organes femelles f 
puisqu'il n'en peut exister de telles dans son 
sang, d^où suit qu'elles doivent être formées 
ensuite par les nouyelles appétences qu'ont 
acquises les nouTcUes organisations de Tem- 
bryon dans son accroissement. 

II. D'après cette nouvelle doctrine d'un 
mulet végétal triple par propagation latérale» 
tel que le nouveau bourgeon d'un arbre, sur 
lequel our a enté deux rejetons Tun sur Tau- 
ire i doctrine par laquelle il est prouvé incon- 



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Sect. XXXIX. yni« ii.De la génération. S53 

le&tablemeHt , que diffiérentes fibrilles ou 
molécules sont détachées de différentes par- 
ties de la queue père pour former la ^eue 
filiale qui y adhère ; nous pouYons conclure 
hardiment, autant qu'ion peut le déduire de 
la plus forte analogie, que dans la produc- 
tion des mulets sexuels j quelques parties dUt 
nouvel embr^ron ont été formées de par- 
ties analogues au père, auxquelles elles res-* 
seniblent, ou quelles en ont été détachées ; 
et comme ces fibrilles ou molécules flottaient 
dans le sang de leurs auteur^ dans l!état 
de circulation , elles ont été recueillies sé^ 
parement par les glandes appropriées du 
mâle ou de la femelle ; et que finalement , à 
rinstant de leur mélange dans^la matrice , a 
été produit Tembryon qui ressembl)e dans 
quelques parties à la fo^me du père et dans 
d^autres parties à celle de la mère, selon 
la quantité ou Factitité des fibrilles ou molé- 
cules respectives , au moment de leur {onction^ 

Et qu enfin , diverses parties des ' nou- 
velles organisations , ont acquis ensuite de 
nouvelles appétences , et formé des molécu« 
les avec de nouvelles propensions , et ont 
ainsi graduellement produit dVutres parties 
secondaires du fétus en croissance , telles que 
la peau^ les ongles, les ^c^heveux et les ot^^ 
ganes qui distinguent les sexes. 

Si p« supposait que Içs molécules fourniet 



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554 De^la génération. S|;cT. XXfKlX. ix.i^ 

par les organes femelles dans le péricarpe 
des fleurs , ou dans loyairp des animaux , 
ne consistassent quen matière inorganique 
0]i inanimée ; et que les fibrilles sécrétées 
par les organes m&les né possédassent quç des 
àppétfçnces formatives pour }es choisir et sq 
les assimiler; Fembr^oa aurait dû probable- 
ment ressembler toujours au père, et il ny 
aurait jamais eu de mulets. 

Mais d'après la théorie ci--dessus , il parait 
que le nouveau descendant végétal o|i ani- 
jtnal^ mulet ou non , doit quelquefois ressem- 
bler davantage au mAle et quelquefois davan^ 
tage à la femelle ; et d^autr^s fois être unjf 
combinaison des deux • comme dans cette 
épigramme dç Marti^. 

Dam dubitat natura gravis poeruni faceretnfi piielUm » 
Facius es , o pulcher, peue puella ^ puer. 

IX. I., Les ^ema^qiieç précédentes sur li^ 
génération végétale sont en partie; tirées d^ 
mon ouvrage sur la phytologie , sect. VII. , 
et on peut les appliquer à la reproduction 
animale ; car par cette analogie avec la pr07 
pagation latérale des bourgeons yégétaux , si 
on suppose que les fibrilles superflues douées 
d'appétences formatives , sont produites par 
les diverses parties du m^le ou eu ^ont dé- 
tachées^ et que^ circulant dans son sang , 
elle^ en sont séparées par 46s glandes adap: 



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Sect. XXXIX. IX. {. De Ugé^a^iùm. 555 

tées eJt constituent la liqueur séminale ; si 
on suppose encore , que les n^IécuLes su- 
perflues ayJ!nt des aptitudes ou des propen* 
«ions fonnatiTes , sont produites par diyerses 
parties de la femelle ou en sont détachées^ 
et que , circulant dans son sang , elles sont 
séparées par des glandes adaptées , et for«> 
ment un réservoir dans Tovaire ; et enfin que 
quand ces fibrilles et ces molécules formati* 
Tes , se mêlent dans la matrice ^ elles s unis* 
sent ou s'embrassent mutuellement ^ et for- 
ment différentes parties du nouvel embryon , 
comme dans la cicatricule de IVeuf fécondé ^ 
on comprendra beaucoup plus aisément. queU 
ques circonstances qui sont difficiles à con^ 
cevoir en admettant tout autre système suit 
la génération^ 

Il convient d'observer que cette tbéorie 
difi<ère de celle de Mr de Buffon , en ce qu'il 
suppose que les mêmes particules organisées 
existent dans les sécrétion^ çéminales ^du 
mâle et de la femelle ; tandis que dans la 
mienne je suppose , que des particules com- 
plètement organisées sont trop volumineuses 
pour pouvoir passer à travers les glandes de 
Tun ou de l'autre sexe , et que celles que 
le microscope fait apercevoir dans le sperme t "^ 
sont Teffet de la stagnation de ce fluide ^ ^ 
comme dans les pustules p.soriqi;es , et dans les 
4éjectio9s liquides des malades de la dysseiif 



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S5d De U génération. Sect. XXXIX. ix. i ^ 

terie. Il résulte de-là que les fibrilles a^eo 
des appétences formatiTes , et les mplécules 
aTec dés aptitudes ou des propensions de 
même natui^e^ doivent se réunir poxir pror 
duire la première organisation. 

Secondement 9 la théorie de Mr de Buffbn 
fiuppose que le fétus est formé en un seul 
instant tout entier ; tandis que dans la mienne, 
j^admets Pexistence d^me formation primaire 
et dune formation secondaire ; cVst-à-dire 
que plusieurs parties essentielles , telles que 
le cerveau et le cœur, sont engendrées pri-r 
mitivement par le concours des fibrilles avec 
des appétences formatives et des molécules 
avec des aptitudes ou propensions de niême 
nature ; et que ces combinaisons acquièrent 
de nouvelles appétences , qu*elles produisent 
ou s^unissent des molécules ayant de nour 
Telles aptitudes, et engendrent ainsi d'autres 
parties de formation secondaire , telles que 
les côtiss, les doigts, les intestins, ainsi que 
la fonne extérieure et les glandes qui 
constituent la différence des sexes. 

Une des grandes objections (kites à la théorie 
avancée sur la génération^ dans la première 
partie de cette secl;ion , est écartée par cette 
idée de Fexîstence des fibrilles formatives et 
des molécules formatives , qui , par leur jonc-* 
tion , produisent diverses parties de Tembryon 
an même temps ; cette objection coasistç ^t\ 



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Sect. XSXIX. IX. I « De îa génération. 55:^ 

ce que dans certains fétus monstrueux ou 
imparfaits, il ny a que certaines parties de 
formées ^ au lieu du tout ^ et que ces parties 
sont celles qui ne paraissent pas devoir être 
les parties primaires : telles sont les dents et 
les cheveux qu on a trouvés dans les môles ou 
faux-germes^ et qui existent naturellement j| 
une certaine distance du cerveau et du cqeuv 
que Ton regarde comme le centre de la vita^ 
lité , et qui sont les premiers yisibles dans 
Fembryon du poulet. On assure qu on a vu quelr 
quefbis des monstres oii plusieurs autres par- 
lies' étaient complètement formées et oii il 
n'existait ni cerveau ni cœur ; on ne saurait 
rendre raison de ces productions par d^autres 
idées sur la génération , à ipoins de supposer 
que l'embryon a dVbord été formé en entier^ 
et que tout a péri et a été absorbé , excepté 
les parties qui constituent le fétus monstrueux 
ou imparfait à sa naissance^ ce qui serais 
difficile k expliquer. * 

Mr J. J. Sue, dans ses recherches suv 
la vitalité, rapporte beaucoup d^exemples de 
fétus très<imparfaits , et on en trouve aussi 
plusieurs dans les commentaires de Leipsio^ 
I. 17. p. SaS. Mr Sue a disséqué un fétus 
de cinq mois qui n'avait ni tête , ni poitrine , 
ni estomac , ni gros intestins , et cependant 
la moitié inférieure du bas-ventre était par^ 
^ite^ avec )e cordoii ombilica}^ l^s organof 



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558 ^ De la génération. SfiCT.XXXiX.ix. u 

mâles de la géntération , et une exti^émiU 
inférieure complète ; on en a donné une gra* 
Ture dans le mj^gasin encyclopédique^ année 
1797. Ce fétus monstrueux, qui n était formé 
qu*à moitié , prouye que Tembryon n est paft 
jtoujours produit par nn principe unicpe , mais 
probablement par plusieurs; conune il nj avait 
pi cerveau ni cœur , la connexion d«s nerfs 
dans la partie inférieure de la colonne Tertéi» 
brale doit avoir tenu lieu du premier , et 
une jonction des grandes artères et veines a 
dû suppléer i^u cœur^ produisant une circu<> 
lation* comme celle qui a lieu dans le foie, 
ou dans Taorte et la veine cave des poissons» 
£n effet , la formation préalable et la réabsorpr 
tion des autres parties plus essentielles du 
fétus ^ telles que le cerveau et le cœur avec 
toutes les parties supérieures du corps ^t 
les intestins , semblerait présenter encore 
plus de difficultés. 

Cette erreur de croire que Fembryon comr 
inence à se fonder dans un seul point , a 
pu provenir sans doute de ce que nous avons 
été habitués à considérer un animal comme 
un être individuel ; ce qui semble n*étre pas 
vrai , jusqu'à ce quune union de tous les nerfs 
soit formée de toutes les parties du senso- 
rium commun , et produise une sensibilité 
générale j que l'on distingue ainsi de Tirri-» 
^bilité, qui peut avoir sqd siège 4w6 4^A 



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8ect. ItXXlX. ij. 3. De la génération. iig 

parties même détachées du système , comme 
on le voit dans les contractions du cœur 
de la Tipèrç lorsqu'il est retiré du corps, 
ou dans les membres que Ton vient dVm- 
pu ter. 

3. Une autre chose difficile à concevoir dan9 
ces théories qui si«f>posent que le premier 
rudiment de l'embryon consiste en une seule 
phtité « serait de pouvoir répondre à la ques- 
tion curieuse lequel du cerveau , du cœur oii 
des artères a été formé le premier fcar il parait 
que pour que la sécrétion de la puissance 
aensoriale dans le cerveau ait pu se faire , 
il a fallu que les mouvemens du système 
artériel fussent p^réalablement exercés ; et en 
sens inverse , ces mpuyemens du système 
artériel paraissent avoir eu besoin de la puis- 
sance sensoriale dont le cerveau est le siège. 

Cette difficulté n ei^iste plus , si Ton ^dmet 
que plusieurs parties du nouvel embryon 
peuvent commencer en même temps , parce 
que différentes fibrilles fomiatîyes et diffé- 
rentes molécules de même nature se réunis- 
sent au moment où elles se mettent ^n con- 
tact Tune avec Tautre; et ainsi les rudimensf 
du cerv<eau et du cqeur peuvent être produit^ 
^n même temps. 

3. Si les fibrilles et les molécules ci-dessu^ 
Récrites, existent dans la circulation du màlq 
^t dq 1^ femelle ^ pourquoi ne, s^upisseut-* 



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56o Delà génération. Sect.XX3lIX.ix.4, 

^Ues pas là ? Ceci parait être une objection 
gan3 réplique à la théorie de Mr de Buffbn , qui 
dit, quele8 particules organiques existent dans 
la circulation ; mais dans le système que j^éta- 
blis , il n'existe point de particules organiques 
dans le sang , dans leur état de combinaison ; 
et ainsi on naperçoit point dVnimalcules 
microscopiques dans .le sang récemment tiré, 
quoiqu'on puisse y en apercevoir après quel* 
ques heures de stagnation ; mais on croit que 
les fibrilles forma tives seulement et les molér 
cules formatives existent dans la circulation ; 
et queljies n'y forment point de combinai- 
sons ^ parce qu elles ne peuvent point sy 
reposer; et comme de telles combinaisons 
seraient trop volumineuses pour passer dans 
les vaisseaux capillaires de laorte et de Tarr 
tère pulmonaire , ainsi que de toutes les 
glandes 3 si elles pouvaient se former préa- 
lablement dans les gros vaisseaux ^ elles y 
seraient continuellement désunies» 

4* Si les glandes sexuelles du mâle et de la 
femelle sécrètent des parties organiques simir 
laires , pourquoi ne produisent-elles pas des 
parties ou rudimens d'un embryon dans les 
^réservoirs mâles ou fen^elles sans un mélange 
réciproque ? Ceci est encore une autre objecT 
tion irréfutable à la théorie de Mr deBuffon^ 
mai^ i^on à celle que j^ai avancée , et oii je sup-* 
posç qu il ^ y ^ point de particules orga4i»éç$ 



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SiLCT.TSXîX.tx.S. De la génération. 56t 

sécrétées par les glandes soit du mAle soit de 
la femelle ; mais que les fibrilles ayant des 
appétences formatiyes sont sécrétées par les 
glandes du mâle, et que les molécules aTec 
des aptitudes ou propensions formatives le 
sont par celles de la femelle , et que lorsqu el*^ 
les se combinent, l'organisation commence. 

S. Si on suppose que tout Fembryon est 
formé simultanément , comme on dit que cela 
est presque visible dans la cicatricule de Toeuf, 
même avant lincubatiôn , comment cela peut- 
il se faire par \xa mélange d^une espèce quel- 
conque de particules provenantes du m&Ie et 
de la femelle , si ces particules sont préalable* 
ment détachées des diverses parties de leurs 
corps respectifs; puisqn aucune partie sembla- 
ble aux organes femelles ne peut exister aupa- 
ravant dans le m&le , ni aucune des parties 
des organes du mâle exister dans la femelle? 
Cette production simultanée de toutes les 
parties de Fembryon , mise en avant par Mr 
de Buffon , milite contre sa théorie ; et si 
elle était vraie, elle militerait aussi contre celle 
que )'ai établie plus baut; mais diaprés tou- 
tes les descriptions données du fétus par les 
anatomistes , tant dans Tétat de sa formation 
primitive que dans celui de son développe- 
ment ultérieur, il y a des parties de forma- 
tion secondaire , de même que lies parties de 
formation primaire; ainsi li^ tête et |a co^ 



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5Ba De la génération. Sect. XXXIX. li. ^. 

lonne vertébrale s aperçoivent les premières 
dans les embryons Tivipares et ovipares ; en* 
Éuite paraissent lés potimons , les côtes , les 
membres « les ongles , lés poils et les plumes , 
et en demie/-' lieu peut être lès glandes qui 
différencient les sexes; car celles-ci sont léé 
dernières parties qui an^ivènt à leur maturité. 

Cette formation seéondaire des pstrties est 
prouvée par les longues queues des bour- 
geons des arbres qui forment un filament dé 
Fécorce , puisque de toutes les parties dé 
celle-ci il peut être produit une nouvelle 
plumule ou feuille qui est le poumon du 
bourgeoil embryon , lorsqu'on à coupé lé 
sommet d^uùe branche , comme je Tai fait 
voir au paragr. ix. 4* ^^ cette section. Celai 
est encore prouvé dans certains animaux ^ 
comme lorsqu'on cotipé eu deux un vèr dé 
terré 4 la partie postérieure ou caudale peut 
reproduire la partie à tête, et la partie anté- 
rieure petit reproduire la partie à queue; enfin 
cela est prouvé par la faculté qu'ont les 
crabes dé reproduire une nouvelle patte lors- 
qu'elle a été rompue par accident. L'homme 
possède aussi cette faculté, dans la pousse 
des secondes dents , et on cite quelques 
exemples d^une troisième pousse survenue 
aux m&cboires des vieillards. 

La puissance de la formation des parties 
secondaires dans le corps humain^ est dé- 



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8l*cfT.l3dïX.X. t)e ïqgéniration. â6? 

Aiiiontrée d'une manière étonnante dans Tôb- 
servation snivante , rapportéer par Mr White 
dans les mémoires de Manchester , roi. !• 
I». 3r38. » Il y à quelques années , dit-il ^ 
» j'^accouchai une dame de qnalité d^nn beau 
» garçon , qui avait deux pouces k une main , 
y> ou plutôt un pouce dout)le depuis la pre« 
» miëre ^articulation ; Texteme était un peu 
» plus petit que Finterné , e^ cbacun at^it utà 
9 ongle parfait. Lorsqu'il eut atteint Page 
» d'enviroH trois ans , on me pria dVitirper 
j» le pouce le plus petit, ce que je fis ; mais à 
1^ mon grand étonnemrent il en repoussa un autre 
» avec son ongle. La famille alla, ensuite de« 
» meurer à Londres , où le père fit voir ce 
1» pouce ht Mr Bromfield , qui dit qu'il sUp- 
» posait que par crainte de blesser Tarticu- 
«latiouy î'e ne Tatais pas totalement extirpé^ 
3* mais. qU^il le disséquerait entièrement , et 
3) quailors il ne retiendrait plus. Il exécuta 
» son plan et fit sortit la tèle de la pbalange 
» de sa catilé , mais malgré cela le pouce 
^ revint encore; il se forma un nouvel ongle 
y> et la partie resta dan« cet état. " 

Récapitulation . 

X. Eu considérant la re^productîon des 
bourgeons végétaux et des semences , celle 
de quelques insectes et d^autres animaux 
plus parfaits , les modes de génération peu* 
vent se diviser en solitaire et en sexuel.' 



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j564 De la génération. Sect . XXXIX. x. 4 r 

I. Le premier consiste , ^oit en une gêné'» 
ration latérale solitaire « comme dans la re^^ 
production des bourgeons ou dés bulbes des 
•végétaux^ des petits dés polypes et de Thydra 
stentorea ^ soit en iine génération solitaire 
interne , comme celle de Taphis > de Fané- 
mone de mer ^' du ténia ^ du toItox, etc* ton-» 
tes ces générations sont proprement ritipa- 
Tes, car elles ne sont précédées ni par des 
semences, ni par du frai^ ni par des œufs. 

Dans ces modes de reproduction, je sup- 
pose que des fibrilles ayant des appétences 
fonnatives , et diCs molécules avec des apti- 
tudes ou des propensions de même nature^ 
produites par diverses parties esrsentielles de 
leurs systèmes respectifs ou détachées d'eux « 
flottent dans le sang du régétal ou de Tin* 
secte. On peut nonuner ces fibrilles et ces 
molécules , des particules animalisées de com- 
binaison primaire^ consistantes en une par-> 
ticule solide jointe à une appétence el à une 
propension particulières ; cette dernière peut 
être considérée comme sa partie éthérée ^ 
puisqu'on peut communiquer le magnétisme 
ou Télectriéité au fer ou à d^autres substan- 
ces inanimées. 

Ces fibrilles ayant des appétences formati- 
ires et des molécules avec des aptitudes oa 
des propehsions semblables^ ne peuvent 
8\inîr , ou ^rester unies dans le sang en cir- 



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SfecT . XXXIX. X . I . Delà généradon. 56^ 

culation , parce qu'elles ne sont point eii 
repos y et qu'elles seraient trop Tolumineuses 
pour passer dans les vaisseaux capillaires de 
l*aorte, de Tartère pulmonaire et des glan<- 
des , quand même elles pourraient s'unir dans 
les gros Taisseaux : elles sont donc choisie^ 
ou sécrétées séparément par des glandes 
appropriées f et, mêlées ensemble, elles se 
combinent et forment les parties primaires 
de la nouvelle organisation d'un embryon. 

Celles qui sont sécrétées des longues 
queues dés bourgeons végétaux sont déposées 
sous Tépiderme de Pécbrce des arbres et , s'y 
unissant, elles forment un nouveau caudex 
pour les bourgeons à côté du caudex père, 
qui a la faculté de produire des organisations: 
secondaires par les nouvelles puissances qu'il 
a acquises j de manière à former les feuilles 
ou poumons soit à son sommet dans l'aisselle 
de la feuille-père , soit dans toute autre par* 
tie de sa longueur ; et aussi à former des 
radicules à la partie inférfçure , ou à une 
partie amputée quelconque. 

11 est prouvé que cette nouvelle queue du 
bourgeon prend sa formation originelle en 
diiTérens. endroits en même temps , du triple 
caudex du bourgeon d'un arbre qui a été greffé 
deux fois successivement et que j'ai nommé 
mulet triple; mais comme le nouveau végétal 
consiste en général en une combinaison de 

Tonie 11. 24 



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S66 Delà génération. Skct. XXXIX. X. ié 

parties provenues d^ua seul père , il ressem*^ 
ble plus exactement à ce père , dans sea 
formes ^ son accroissement et ses maladies # 
que le descendant qui provient d'une généra- 
tion séminale ou sexuelle. Les mêmes circon-' 
stances se présentent dans les végétaux qui 
ont le caudex court et plat entre les radicules 
^t les feuilles radicales « comme dana les bulbea 
des tulipes et des oignons , que Ton pourrait 
peut-être greffer les uns sur les autres^ comme 
les bourgeons de différens arbres, et former 
des bulbes mulets fort curieux. 

Ce mode de propagation latérale ou soli" 
taire appartient aussi aux polypes de nos 
fossés et à Tbjdra stentorea, et probablement 
à plusieurs autres insectes. 

!x. 11 j a aussi un mode de génération se-' 
litaire interne, qui a lieu dans les produc* 
lions vivipares de Taphis qui ae succèdent, 
comme on sait, pendant huit ou neuf généra- 
tions sans le concours des sexes; mais ce qui 
est extraordinaire y c'est qu'il parait queFunion 
des sexes est nécessaire pour la production 
d^une postérité ovipare dans Pautomne pour 
la conservation de Tespèce pendant Thiver; 
d^où il paraîtrait que la génération solitaire 
produit toujours une' progéniture vivipare. 
Pour avoir un détail plus particulier sur cet 
étonnant insecte , voyez la Phy tologie , sec- 
tions IX. et XIY. On peut y ajouter 



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^ECT. XXXIX. X. 2. De la génération. 56/ 

qu*un mode semblable de reproduction soli- 
taire et intérieur a lieu sans doute dans le 
ténia ou Ter solitaire, qui attaque difTériens 
animaux^ ainsi que dans Pactinie ou anémone 
marine et le voItox^ décrits dans le Systema 
Baturee de Linné. 

La différence essentielle qu^il y a entre la 
génération solitaire latérale et la génération 
solitaire interne semble consister ^ en ce que 
dans la première il y a plusieurs glandes qui 
sécrètent ou produisent les fibrilles avec des 
appétences formatiTCs; et beaucoup d^autres 
qui sécrètent ou produisent les molécules 
ayant des aptitudes formatives ou propen* 
sions ; que ces nombreuses sécrétions sont 
mêlées et se combinent dans un grand ré- 
ceptacle sous répiderme des arbres et de 
quelques insectes ^ et qu*en s y combinant 
elles donnent naissance aux particules orga* 
nisées qui constituent le rudiment du nou- 
vel embryon , et produisent à la fois plusieurs 
de ses parties essentielles ; tandis que dans la 
dernière , il n^existe probablement quune 
classe de glandes, qui sécrètent les fibrilles 
avec des appétences formatives ; et une autre 
classe de celles qui sécrètent les molécules 
qui ont des propensions formatives ; et que 
ces particules primaires sont reçues et se 
combinent dans un réservoir moins étendu, 
parce que Texistence universelle de glandes 



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568 De la génération. Sect.XXXIX.X.5-. 

productrices, comme dans les longues queues 
des bourgeons végétaux, aurait pu être inconi-* 
mode pour des animaux doués de la faculté 
de la locomotion. Ce sont par conséquent 
ces générations qui me paraissent former un 
chaînon de la chaîne de la nature entre la 
production latérale des bourgeons et les her- 
maphrodites sexuels , ces derniers tont être 
le su^et de notre attention. 

3. Le mode sexuel de propagation peut 
être divisé d^abord en génération hermaphro" 
dite ou génération sexuelle réciproque, comme 
dans les fleurs de la pluparl des végétaux , 
et dans quelques grands insectes ^ tels que 
les escargots^ et sans doute d^autres insectes 
plus petits; et en génération sexuelle simple^ 
laquelle a lieu dans les grands animaux. 

Les modes sexuels de génération peuvent 
aussi se diviser en un mode séminal et un 
mode ovipare , comme les graines des végé« 
taux, le frai des poissons et des insectes et 
les œufs d'oiseaux ; et secondement en modes 
vivipares , tels que les sommités bulbeuses de 
quelques végétaux^ comnae celles du polygo- 
num viviparum , de Fallium magicum , parce 
que ces sommités des bulbes viennent à la 
suite du congrès «exuel des organes mâles 
et femelles des fleurs , et ne sont point des 
bourgeons, puisque leurs racines ou queues 
ne passent jfoint au bas de la tige de la plante 



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f 

Sect. XXXIX. X. 5. De la génération. S69 

pour gagner la terre \ et sont par conséquent 
des descendans vivipares sexuels de végé- 
taux; mais les principales productions vivi- 
pares sexuelles sont celles des quadrupèdes 
et de Phomme. 

Après le mode de propagation interne et 
solitaire , la nature semble avoir produit le 
système hermapHrodite de reproduction , 
comme dans la plupeurt des fleurs^ et dans 
les escargots ou limaçons ; dans ceux-ci les 
organes m&les et femelles sont généralement 
extérieurs et totalement séparés les uns des au- 
tres ; ils sont composés de glandes qui sécrè- 
tent de la même masse de sang les fibrilles 
avec des appétences formatives, et les molé- 
cules avec des propensions de même naitiire. 

Ainsi dans les productions végétales, les 
arbres qui proviennent de semence , tels que les 
pommiers y ressemblent quelquefois exacte* 
ment à leur père, comme les bourgeons et les 
bulbes y qui SQnt produits sans le concourt 
des sexes ; d^autrefois ils ne ressemblent pas 
précisément à leur père, ce qui paraît provenir 
de ce que le pollen de là même fleur ou 
d^autres fleurs du voisinage ^ féconde le stig- 
mate. Mais dans les insectes hermaphrodites, 
comme les escargots et les limaçons , j'ai ob-» 
serve fréquemn^ent qu^ils se fécondent ihu- 
tuellement^ quoique cet acte soit accomp^igné 
^e beaucoup de danger et d'incommodité pour 



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5'jo De la génération. Sect. XXXIX* x. 4* 

ces animaux ; je conclus de-là qu^ils n o|it pas 
la faculté de se féconder eux-mêmes par la 
conjonction de leurs propres organes de la 
reproduction , car si cela a^ait eu lieu , le$ 
descendans , de même que les bourgeons des 
arbres , seraient plus ressemblans au père j 
et Tespèce n aurait jamais pu s'améliorer, ou 
de nouvelles espèces du même genre nau* 
raient pu. être procréées; cette dernière cir- 
constance a probablement augmenté beaucoup 
le nombre des productions animales et vé- 
gétales. 

4* Enfin le mode simple de génération 
sexuelle difiFère du mode réciproque ou her- 
maphrodite de génération ; en ce que les 
glandes qui constituent les organes ipascu- 
lins ejt féminins^ sécrètent les fibrilles avec 
des appétences formatives et les molécules 
avec des propensions de même nature « de 
différentes masses de sang; pai*ce quun dou- 
ble système d^organes aurait pu être embar- 
rassant , sH^s avaient existé ensemble dans 
les animaux plus grands et plus actifs : quoi- 
qu'il ne soit pas hors de vraissemblance , 
d'ap\*ès Topinion de Platon relativement au 
genre humain /que tous les animaux ont été 
primitivement hermaphrodites, comme sem- 
bleraient le prouver les mamelles, ainsi que 
les glandes pectorales qui sont encore visi- 
bles chez les hommes et tous les quadrupè- 
des mâles. 



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Sect.XSXIX.X.^. De la génération. ^yt 

Dans ce mode de propagation^ les fibrilles 
ayant des appétences formatiyes , détachées 
de plusieurs parties essentielles du màle^ ou 
qui ont été formées du sang analogue à ces 
parties essentielles, sont déposées par Tor* 
gane mâle dans un réservoir appro|^rié ; et 
les molécules ayec des propensions formati* 
Tes détachées de plusieurs parties essentielle» 
de la femelle , ou qui sont formées d^n sang 
analogue à ces parties essentielles « sont égale- 
ment déposées par Forgane femelle dans un 
réservoir approprié; et dans cette circonstance 
Ul sécrétion diffère de la nutrition ; dans la 
dernière , certaines particules du sang , qui 
n avaient point été employées préalablement 
dans le système « sont assimilées et deviennent 
des parties solides de Tanimal ; et dans la sé- 
crétion certaines particules qui avaient déjà été' 
employées dans le système et qui en avaient été 
détachées sont absorbées par certaines glandes 
adaptées , puis déposées dans des réservoirs 
ou portées ailleurs, Voyez sect. XXXVII. m. 

Enfin, lorsque ces fibrilles et ces molécu- 
les sont mélangées dans l'action du coït, elles - 
s'unissent et se lient ensemble et forment les 
parties essentielles du nouvel embryon , dont - 
la formation commence dans j^lus d^un point; 
car le cerveau et le cœur avec quelques* 
nerfs ^ des artères, des veines et des vai?- * 
seaux absorbans, sont probablement formés 
on même temps et presquau même instant» 



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Zy2 De la généraîiçn* Sect. XXXIK. x.4i 

Ces nouvelles combinaisons fibreuses ac- 
quièrent de nouvelles appétences , et produi- 
sent par leur activité vitale des molécules 
avec de nouvelles aptit^des ou propensions; 
et forment ainsi graduellement d'autres par-, 
ties secondaires soit simultanées soit succes- 
sives , tjsllçs que les côtes , les poumons , les 
wembres et enfin les organes qui distinguent 
les sexes , avec l£t différence générale des 
formes mâles et femelles dans tov)t le. sys- 
tème^ selon l'activité prépondérante ou la 
quantité des fibrilles avec appétences fournies 
par le mâle ou des molécules avec propen- 
sions fournies par la femelle. Cette idé^ dif- 
fère de la théorie de Mr de Buffon qui sup- 
pose que tout l'embryon fist/ormé ^ la foi$ 
ou que les organes sexuels sont produits lefi 
J>remiers, comme étant le centre de l'animali- 
sation ; mais les observations que. l'on a faites 
sur le poulçt dans Tipcubation, ont démon- 
tré que \^ formation de ces organes n'e.st que 
secondaire , et cela est ' çncore rçndu plus 
proba}>le paf Pacçroi^sement lent de ces par- 
ties £^près la naissance/ f lesquelles ne sont com- 
plètes^ qu'à la maturité de l'animal , époquQ 
que Ton nomme puberté. 

La faculté qu\iut les parties primaires ou 
essentielles de Tembryon, de former des par- 
ties secondaires ou moins essentielles, est ana- 
logue à la production de la nouvelle plumulci 



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Sect XXXIX. X. 5. De la génération, ijS 

ou des nouyeUes radicules p^r Pembrjon Ter 
gétal, ou tronc germinal mentionné au pa- 
ragr. vili. 4* ^^ cette section; et à la faculté 
qu'ont les crabes de produire un nouveai^ 
membre et la place de celui qui est enleyé 
par accident ; et à celle qu ont les rers de 
terre d^acquérir une nouvelle tête ou une 
nouv^llfs qi^eue lorsqu'on les a coupés en 
deux; ainsi qu^à la faculté qu avait Tenfant, 
dont î^ai parlée de régénérer un pouce 'sur- 
numéraire ; cette faculté est encore analogue 
à la seconde pousse des dents et au dévelop- 
pement des glandes sexuelles à Tâge de pu- 
l>erté. Voyez paragr* ix. 5. de cette section. 
5. Quelques-unes dç ces reproductions 
sexuelles consistent en semences ou en œufs , 
dans lesquels les parties essentielles du yégé-? 
tal ou du poulet sont déjà formées , comme on 
peut le voir au cœur de plusieurs semences ^ 
et dans la cicatricule ou le germe le l'œuf, 
aussitôt qu^il sort de la poule et avant Fin* 
cubation. Dans cet état Tembryon ne conti- 
nue pas à croître, ^\\ est seulement exposé 
à la température et à l'humidité ordinaires 
de Ta^osphère , mais il peut rester long- 
temps dans cet état de vie insensible , quoi- 
qu'il fermente^ ou se putrifie bientôt lorsqu'il 
est priyé de vitalité. 

Ces reproductiotis sexuelles consistent 
ans^i en frai^ qui diffère des oeufs en cet 



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574 De la génération. SecT- XXXIX* xi. i , 

que Tembryon n est pas renfermé dans une 
coquille dure ; de sorte que le réceptacle S9 
distend à mesure que le fétus augmente en 
Tolume; ce quon obserre dans le frai des 
poissons et des grenouilles , et dans les œufs 
d'ariaignées , de limaçons et de beaucoup 
d^autres insectes. Diaprés cette distensibilité 
du sac qui contîeiit Tembryon des poissons 
et des insectes , il parait avoir plus d'analo** 
^e avec la matrice des quadrupèdes quavec 
les œufs d'oiseaux ; car chez les premiers , 
le réceptacle augmente en volume eu même 
temps que le fétus, et fournit la liqueur de 
Famnios k fur-et-mesure des besoins; mais il 
en diffère en ce quil ne reste point dans le 
sein de la mère , jusqu'à ce que Fanimal entre 
dana une atmosphère froide et sèche. 

XI. I. Enfin je conclus « que comme les 
particules inorganiques ou les atomes d^ la 
matière s'unissent en cristaux de diverses for- 
mes par les diverses puissances d^attraction, 
que quelques-unes d'elles possèdent; et les 
diverses aptitudes à être attirées dont d'autres 
espèces sont douées, et que Ton peut nom- 
mer propriétés éthérées de la matière inanimée; 
de même les fibrilles animées ou' molécules , 
qui ont des appétences pour recevoir et des 
propensions à être reçues, et que Ton peut 
aussi nommer leurs propriétés éthérées , se 
confondent, lorsqu'elles sapprocl^ent^ et for-? 
ment des corps organisés* 



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Sect. XXXIX. XI. I. De la génération. S75 

Lorsque cette organisation ne commence 
que dans un seul point, et qu'elle augmente 
seulement à mesure qu elle acquiert des nou«' 
Telles sortes d'appétence^ , comme je Fai 
expliqué dans un' autre endroit de cette set-< 
tion , je suppose que le commencement d^uu 
être animé a pri^ naissance; tels sont les ani* 
malcules que Ton découyre à Taide du micros*- 
çope solaire dans différens fluides , après qu^ils 
ont stagné pendant quelque temps ; comme 
dans les infusions des semences des plantes « 
dans le sperme des animaux , et dans tous 
|es autres i^écrémens animaux et yégétaux 
répandus dans Peau. 

Je crois que ces animaux microscopiques 
sont produits par la stagnation de la semence 
dans le^ vésicules séminales, par la stagna- 
tion de la matière psorique dans les pustu- 
les de la gale j et par celle des e:i^crémen9 
dans les intestins ; mais je ne crois pas qu ils 
existent dans le sang ^ ni dans les fluides 
récemment sécrétés. Ce sont ces animalcules 
microscopiques qui constituept le primordium 
vitse, ou premier ordre de la yie animale j^ 
et il est probable qu ils ne sont pas propagés 
originellenient mais sont le résultat de la 
dissolution de toutes les matières animales 
ou végétales. 

La formation spontanée de ces animalcu- 
les microscopiques paratt vraisemblable en ce 
qu'on en découvre en un court espace de 

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576? De la génération. Sect. XXXTX. xi. k 

temps dans toutes les dissolutioÂs ou décom^ 
positions des matières animales et végétales , 
aussi-bien après quayant d^avoir subi Tébul*- 
lition, Mr Reaumur mit du bouillon de yeau, 
et Mr Baker des pommes de terre bacbées, 
•t à Fétat d^buUition , dans des flacons échauf- 
fés qui furent fermés avec des bouchons de 
verre ; au bout de trois jours l*un et Tautre 
étaient aus^i pleins d^animalcules que les ma-^ 
tières contenues dans d^autres flacons qui 
n'avaient point éprouvé d^ébullition. Voyea 
Baker, sur le microscope. 

Il est probable quUl existe des productions 
microscopiques dans le règne végétal , aussi- 
liien que dans le règne animal , et auxquelles 
on n aura pas fait attention , vu la prompte 
évaporation d^ne goutte d'eau dans le microS'? 
eope ; et qu elles sont d'abord formées spour 
tanément par les récrémens décomposants des 
corps animaux et végétaux ; et qu'ensuite elles 
en forment d'autres un peu plus parfaits 
qu elles-mêmes par une reproduction latérale. 
D'après cette espèce de végétation microsco* 
pique spontanée , je crois que la matière verte 
observée, par le Dr Priestley^ et qui laisse 
dégager une si grande quantité d'air vital à la 
chaleur du soleil , provient de cette espèce 
de production microscopique spontanée; et 
qu ensuite elle donne une autre progéniture; 
car au commencement elle n'est produite que 
lentement dans Feau , quelle que soit sa aitua^ 



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SecT- XXXIX. XI. t. Delà génération. ^ 877 

tion , puis elle se propage avec beaucoup d^ 
rapidité; et diaprés les obseryations de Sene- 
bier, elle se développe très-\lte dans Teau 
où il y a des substances végétales ou animales 
en dissolution ; ce qui a déterminé dernière^ 
ment plusieurs philosophes a supposer que 
cette matière verte est dWigine animale « 
parce qu'elle change sa forme globulaire en 
celle d'un fil; et cest ce qui a donné lieu 
aux recherches de Fontana ^ Ingenhou;^ et 
Senebier. Journal de physique > par Delà* 
metherie , tom. 5. 

C^est ainsi que la moisissure qui vient sur 
toutes les substances animales ou végétales 
en décomposition , et en repos dans un en- 
droit convenablement chaud et humide, et 
qui semble par-là n'avoir point de père , est 
probablement produite en preniier lieu par 
les appétences spontanées et les aptitudes ou 
propensions des particules décomposées des 
corps organiques ; et il est probable que ces 
nouvelles combinaisons sont d^abord des ani-- 
malcules microscopiques , qui en engendrent 
d'autfes par une génération latérale ou soli- 
taire , lesquels deviennent de plus ^en plus 
parfaits et d'un volume plus grand que les 
premiers , mais qui n'acquièrent jamais l'orga- 
nisation nécessaire à la reproduction sexuelle. 
Les champignons qui ne croissent que sur 
des parties d'arbres ou de substances végétales 
en état de dépérissement , ainsi que ceux 



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578 De la génération. Sect. XXXIX. il. a. 

qui Tiennent sur le fumier, et commencent 
par des racines capillaires , et qui probable- 
ment ne produisent jamais de semence, pa- 
raissent provenir dé même d^une organisation 
microscopique spontanée , qui grandit et se 
perfectioùe par des générations solitaires suc-* 
cessivés. 

s. La seconde espèce de production ani- 
male , qui est une génération proprement 
dite j commence dans plusieurs points > comme 
dans la production des longues queues des 
bourgeons des arbres ; les fibrilles et les 
molécules animées commencent par se com- 
biner et forment des corps organisés! ceux-ci 
sunissent encore à Fendroit où ils sont en 
contact^ et ainsi le nouvel embryon prend 
naissance dans plusieurs points à la fois. Le 
mode solitaire de génération est secondaire 
à la production des animalcules microscopi- 
ques les plus petits, dont je suppose que 
Fexistence ne commence qu en un seul point, 
c'est-à-dire, d'abord par la production d'un 
simple filament vivant , que je croyais autre- 
fois être le nrode général de propagatioA. Ce 
mode solitaire de génération a lieu dans la 
production des bourgeons de tous les végé- 
taux; et peut-être que les végétaux les plus 
imparfaits tels que les tnrlflfes et les autres 
fongus, nont été propagés jusqu'à nos jours 
cpie par des bourgeons , n ayant point encore 



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StCT.'SXXlX.tt.^. ÙelaginératUmi 579 

acquis d Wganes* sexuels ^ ce qui paraît aussi 
aToir lieu dans plusieurs animaux imparfaits, 
tels que les polypes, l'hydre et le ténia. 

3. Quelques tégétatix ont acquis Un étal 
dliermaphroditisme et possèdent des organes 
sexuels extérieurs, comme on le voit dans 
la plupart des fleurs ; mais les organes mâles 
et femelles acquièrent ou produisent chacun 
leurs fluides appropriés^ de la même masse 
de sang, et par-là ressemblent aux insectes 
hei*maphrodites , tels que les limaçons et les 
Ycrs. 

4* Dautrés yégétaux ont acquis une sépa* 
ration des sexes > soit sur la même plante j 
comme dans la classe nommée monoécie par 
Linné, soit sur des plantes différentes^ comme 
dans la dioécie^ dont les bourgeons peuvent 
être nommés avec raison végétaux mâles ou 
femelles^ et diffèrent à un certain degré par 
leur forme et leur couleur^ comme les ani- 
maux mâles et femelles; ils ressemblent ici 
aux animaux plus gros , en ce que leurs 
glandes sexuelles acquièrent ou produisent 
leurs fluides prolificpies de deux différentes 
masses de sang; ce qui probablement est moins 
embarrassant pour lindividu que lorsque les 
glandes des deux sexes existent dans un 
même système d*organisation. 

Je suppose que dans tous ces modes de 
reproduction 9 animales et yégélales^ le nou- 



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585 Be la génération. SkcT.ÏXXIX.Xi.^. 

▼el embryon commence dans plusieurs pointa 
à la fois , et sans doute dans un plus graiiid 
nombre de points, dans les animaux compli^ 
qués que dans les animaux plus simples ; et 
finalement que comnie ces parties nouvellement 
organisées ou ces rudiments de lembryon^ 
acquièrent de nouvelles appétences , et pro- 
duisent ou trouvent des molécules ayant de 
nouvelles propensions , plusieurs parties se- 
condaires sont ensuite fabriquées. 

Ainsi il semblerait donc que toute la na- 
ture existe dans un état de perfectionne-^ 
ment perpétuel diaprés des lois imposées aux 
atomes de la matière par la grande cause 
DES CAUSES ; et que le monde pourrait bien 
être encore dans son enfance^ et continuera 
8 améliorer dans la progression des siècles. 

5. Quant à la production spontanée des 
animalcules microscopiques, qu*il me soit per- 
mis de répéter, premièrement, que je crois 
que les plus petits sont formés par la jonc- 
tion ou l'union des fibrilles animales qui ont 
des appétences, avec les molécules animales, 
lesquels possèdent des propensions qui leur 
correspondent; et que ces fibrilles ou molé- 
cules se trouvent dans toutes les substances 
animales et végétales , lorsque leur organisa- 
tion se décompose; s'il y a en même temps 
une humidité suffisante et une chaleur con- 
venable. 



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Skct.XXXIX.xi.5. De ta génération. 58 1! 

Secondement, que cette espèce de repro- 
duction spontanée ressemble à la génératiou 
eflfective , en ce qu'elle' consiste dans la jonc* 
tion de fibrilles animales ayant des appéten- 
cea, avec des ^molécules qui possèdent des 
propensions analoguies ; que dans la repro* 
duction spontanée elles se rencontrent dans 
la dissolution de matières animales^ lorsque 
celles-ci se décomposent par la stagnation ; 
tandis que dans la génération^ ces fibrilles et 
ces molécules fiprmatrices sont séparées par 
différentes glandes du sang de Pauteur. 

Troisièmement, que les premiers animal- 
cules en produisent d^autres par une géné- 
ration effective, mais sans sexes, comme les 
bourgeons des arbres , et que comme plu- 
sieurs générations peuvent se succéder dans 
un jour ou même dans une heure, je conçois, 
quelles peuvent acquérir graduellement de 
nouvelles organisations, et se perfectionner 
par Paddition de nojiveltes parties, telles que 
des nageoires^ une bouche, des intestins, et 
finalement peut-être, des organes sexuels de 
reproduction. Ainsi la semence de tulipe 
produit , le premier été , une petite racine 
de la grosseur d^un pois ^. avec un som- 
met comme un brin d'herbe^ cela périt ea 
automne^ après avoir produit un successeur 
plus grand que lui^ et avec une feuille ou 
un sommet plus fort; celui-ci périt aussi 

Tome IL ^5 



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iSà De la génération. Sect- XXXIX. xi. 5. 

Tautomne suivante , et il en résulte une troi- 
sième génération, qui est encore plus grande 
et plus parfaite ; jusqu'à ce que la cinquième 
génération par la semence devient si parfaite 
qu'elle produit des organes seiuels de repro- 
duction , telle que la fleur avec ses anthè* 
res et ses stigmates. » 

Cette analogie curieuse est non seulement 
démontrée par les bourgeons des arbres a 
semences , et qui se succèdent pendant dix ou 
douze générations , et où les 4>ourgeons pères 
périssent en automne , avant qu'ils deviennent 
assez parfaits pour former les organes se:xuels 
de reproduction dans leurs fleurs , comme 
on le remarque dans les pommiers ; mais on 
peut encore Fobserver dans un insecte com- 
plet tel que Taphis , qui se reproduit sans 
sexe pendant neuf générations^ à partir de 
Foeuf , et -qui alors devient assez parfait pour 
former des organes sexuels et produire une 
postérité ovipare. D'autrq^ insectes , tels que 
les teignes et les papillons , subissent un 
grand changement de formes ^ avant d'acqué- 
rir la faculté de la reproduction sexuelle ; 
et il est probable qu'un grand nombre d'au- 
tres espèces d'insectes sont sujets aux mêmes 
lois. 

Cette idée de la production et des chanr 
gemens de forme des animalcules microsco- 
piques , reçoit de la force de ce qu'on n a 



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Sect. XXXIX. XII. 1. Delà génération. 58S 

jamais pu TOÎr^ à ce que je crois , les espèces 
les plus petites dans leur œuf ou dans leur 
état d'enfance; et de ce que plusieurs sont 
susceptibles d^être rappelées à la vie au bout 
de quelques beures par la chaleur et Thu- 
midité , après avoir été sçcs et immobiles 
pendant des mois entiers , comme Tinsecte 
nommé vorticella. Et enfin par les formes 
variées que plusieurs de ces animalcules 
subissent , . comme dans celui que Vôn 
nomme protée. Voyez Baker et Adams sur 
le microscope. 

Or^ comme par les attractions et les aptî* 
tudes à être attiré « qui existent dans la 
matière inanimée , divers corps nouveaux 
doivent leur existence à la décomposition de 
ceux qui existaient auparavant; ainsi par les 
appétences, pour embrasser, et les propen- 
sions à être embrassé dans la matière anima* 
le, divers animalcules nouveaux sont formés 
par la décomposition de ceux qui existaient 
auparavant; ce qui dans les deux cas est le 
résultat de ces lois immuables imposées tant 
à la matière^ inanimée qu a celle organisée , 
par la grande cause première. 

XII. I. La cause et l'effet peuvent 
être considérés comme la progression ou les 
jnouvemens successifs des parties du grand 
système de la nature. L'état actuel des cbo- 
aes est l'effet de l'état de choses qui existait 



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384 ^^ la génération. Sbct. XXXIX. xii. i. 

Pinstant d'auparavant; et est la cause de 
Tétat de choses qui existera le moment d'après. 

Ces causes et ces effets pourront mieux se 
comprendre si Fon opnsidère le mouvement, 
comme un changement de la figure d'un 
groupe de corps, comme je Tai proposé dans 
la sect. XIY. ii. n.^ d'autant que nos idées 
des corps visibles ou palpables sonjt plus 
distinctes 2 que les idées abstraites que nous 
avons de leurs mouvemens. Or, le change- 
ment de la configuration du système de la 
nature dans ce moment doit être un effet de 
la configuration précédente; car un change- 
ment de configuration ne saurait avoir lieu 
sans une configuration préalable ; de même 
la cause prochaine de tout effet doit précé- 
der immédiatement cet effet. Par exemple 
une boule d'ivoire en mouvement ne pour- 
rait pas avancer si elle n'avait déjà commencé 
à aller en avant, ou si on ne lui avait pas 
donné préalablement une impulsion ; et ce 
mouvement préalable ou impulsion constitue 
une partie de la dernière situation de choses * 

Puisque les effets produits dans Tinstant 
actuel deviennent causes Tinstant d après , 
nous pouvons considérer les mouvemens pro- 
gressifs des corps uniquement comme un en- 
chaînement de causes; dont le premier chaînon 
est provenu du créateur, et qui ont existé 
depuis le commencement de la création de 
l'univers, et contiuuent sans cesse. 



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SïCT. XXXÏX. Xif . a. De la génération. 385 

2. On peuy très -judicieusement diviser 
ces causes en, deux espèces ^ en causes 
efficientes et inertes^ conformément aux deux 
espèces d^entités quon suppose exister dans 
le inonde matériel ^ et qu*on peut nommer 
matière et esprit , ainsi que je l'ai ayancé 
dans la section I. et traité plus en détail dans 
la section XIV. Les causes efficientes du 
mouvement ou de la nouvelle configuration 
consistent,* soit dans le principç de la gra« 
yitation générale , qui fait mouvoir le soleil 
et les planâtes; soit dans celui de la gravi- 
. tation particulière , comme dans Téliectricité « 
le magnétisme , ou la chaleur ; Ai dans le 
principe des affinités chimiques, comme dans 
la combustion , la fermentation et la combi- 
naison; soit enfin dans celui de la vie orga* 
nique , comme dans la contraction des fibres 
animales et végétales. Les causes inertes du 
mouvement, ou de la nouvelle configuration 
consistent dans 1|BS pitiés de la matière qui 
sont introd^ites dans les sphères d'activité 
des principes ci-dessus décrits^. Ainsi quand 
une pomme tombe k tierre, le principe de 
la gravitation est la cause efficieiite , et la 
matière du pommier est la cause inerte. Si 
on approche une barre de fer d'un aimant^ 
OA peut la nommer 1^ cause inerte du mou- 
Tjement, qui met ces deux corps en contact; 
tandi» qu^ le principe magnétique peut être 



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586 De la génération. Sect.XXXIX. xii.5. 

appelé la cause efficiente. G^est encore ainsi 
que les fibres qui constituent la rétine, peu- 
Tent être nommées la cause inerte des mou- 
Temens de cet organe dans la vision, tandis 
que la puissance sensoriale peut être consi* 
dérée comme la cause efficiente. 

5. Une autre distribution plus commune 
de la^cbatne perpétuelle des causes et des 
effets^ qui constituent les mouvemens, ou les 
cbangemens jies configurations du monde ma- 
tériel, c'est de les distinguer en actifs et en 
passifs. Ainsi si une boule en mouTcment 
en cboque une autre qui soit en repos et lui 
communique son mouvement ^ on dit que la 
première est active et la seconde passive. 
Dans cette acception des mots on dit que 
Taimant attire le fer , et que la piqûre de 
Téperon stimule le cheval et le met en action ; 
de sorte que dans cette manière de considé- 
rer les œuvres de la nature on peut dijce que 
toutes cb%ses existent» simplement^ ou qu*eL 
les existent comme causes, ou qu^elles exis- 
tent comme effets; c'est-à-dire quelles sont 
dans un état actif ou passif. 

Cette division des objets et de leurs mou- 
vemens ou cbangemens de position , a été 
trouvé tellement commode pour les besoins 
ordinaires de la vie, que c'est sur ce fon- 
dement que repose toute la construction ou 
la théorie des langues. Les noms des chose» 



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Sect. XXXIX. XII. 4. De la génération. 587 

elles-mêmes sont désignés par les grammaî* 
riens par le mot noms y et leurs modes d^exis- 
tence sont appelés verbes « les noms sont 
divisés en substantifs^ qui dénotent la chose 
principale dont on parle; et en adjectifs ^ qui 
désignent certaines circonstances ou moin** 
dres espèces de choses qui appartiennent 
aux premiers. Les verbes sont divisés en 
trois espèces^ ceux qui dénotent simplement 
Texistence des choses » comme être ; ou leur 
existence dans un état actifs comme manger} 
ou leur existence dans un état passif, comme 
être mangé. Il s'ensuit de-là\, que toutes les 
langues ne consistent qu en noms et en ver- 
bes avec leurs abréviations ^ afin que nous 
puissions plus promptement ' communiquer 
nos penséiss ; ainsi que cela est expliqué dans 
le savant ouvrage de Mr Horne Tooke^ qui 
d^un seul trait de lumière a dévoilé toute la 
théorie du langage , qui pendant si long-temps 
avait été enterrée sous le fatras pédantesque 
des écoles. * 

4. ' On a fait une troisième division des 
causer , en prochaines et éloignées , les écri«> 
vains en médecine se sont beaucoup évertués 
sur celles-ci^ mais il ny ont pas mis assez 
de précision. Si aux causes prochaines et 
éloignées , nous ajoutons les effets prochains 
et éloignés , nous aurons lié ensemble quatre 
chaînons d^ la chaîne perpétuelle de la eau-» 



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588 Delà génération. Sect. XXXIX. xii. 5. 

sation ; ce qui sera beaucoup plus commode , 
pour la discussion d^un grand nombre de 
sujets philosophiques. 

Ainsi , lorsqu'une particule de cbyle est. 
appliquée à Porifice d^un vaisseau lacté , on 
îpeut la considérer comme la cause éloignée 
des mouvemens des fibres y qui composent 
cet orifice ; la puissance sensoriale est la 
cause prochaine ; la contraction des fibres 
de Porifice du vaisseau lacté est PeflFet pro- 
chain; et leur union avec la particule chy* 
leuse est Tefifet éloigné; ces quatre chaînons 
de la causation constituent l'absorption. 

De même, lorsqu'on regarde le soleil levant, 
d'abord les rayons dorés de la lumière sti-^ 
mulent la puissance sensoriale qui réside dans 
les extrémités du nerf optique; ils consti- 
tuent la cause éloignée, a'' La puissance sen- 
soriale qui est excitée à agir, est la cause 
prochaine. 3^ La contraction des extrémités 
fibreuses . du nerf optique constitue Teffet 
prochain. 4'' La sensation agréable ou dou-' 
loureuse qui résulte de la contraction de ces 
fibres du nerf optique , est Tefifet éloigné. Ces 
quatre chaînons de la chaîne de la causation 
constituent Tidée sensitiye , ou ce qu'on 
tiomme ordinairement la sensation du soleil 
levant. 

5. Les écrivains en médecine ont encore 
cités d'autres causes, sous les dénominations 



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SbctXXXIX.xii.6. De la génération. S89 

de causa procatarctica , et causa proegumîna, 
et causa sine quâ non. Toutes sont des an- 
neaux plus ou moins distants de la chaîne 
des causes éloignées. 

A celles-ci il fieiut ajouter la cause finale « 
ainsi nommée par plusieurs auteurs ^ et qui 
signifie le' motif ^ pour Faccomplissement 
duquel la chaîne précédente de causes a été 
mise en activité. Ainsi donc , Fidée d^une 
cause finale renferme celle d'un esprit rai- 
sonnable qui employé des moyens pour par- 
venir à ses fins ; ainsi le désir de se préser- 
ver de la douleur du froid, qu'il a souvent 
éprouvée, porte le sauvage à se construire 
une hutte ; ficher des pieux en terre pour 
servir de murailles , arranger des branches 
d'arbres en forme de chevrons, et du gazon 
pour faire un toit, sont une série d'efforts 
volontaires successifs, qui offrent autant de 
moyens de' produire un certain effet. Cet 
effet de se préserver du froid est ce qu on 
nomme la cause finale ; la construction de la 
hutte est l'effet éloigné ; l'action des fibres 
musculaires de l'homme est Teffet prochain ; 
la Tolition ou l'activité du désir de se garan- 
tir du froid est la cause prochaine ; et la 
douleur du froid qui a excité ce désir est 
la cause éloignée. 

6. Cette chaîne perpétuelle de causes et 
d'effets, dont le premier chaînon est rivé au 



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590 De la génération. SBCT.XXXlX.xn.6. 

tr6tie de Dieu , se diyise en branches diver- 
gentes sans nombre, qui, comme les nerfs 
qui partent du ceryeau , pénètrent les extré- 
mités, les plus ténues et les plus éloignées 
do système^ répandant par tout le mouyement 
et la sensation. Comme toute cause est supé* 
rieure en puissance à Tefifet qu elle a pro- 
duit, de même Tidée^que nous nous formons 
de. la puissance du créateur détient plus 
éléyée et plus sublime à mesure que nous 
suÎTons les opérations de la nature d^une 
cause à Tautre^ en remontant le long des 
anneaux de c^tte chaîne de Texistence jus- 
qu'à ce que nous soyons arrivés à la Grande 
Source de toutes choses. . 

C'est ainsi que les découvertes modernes en 
chimie et en géologie^ ayant suivi les cau- 
ses des combinaisons des corps jusques dans 
leurs origines les plus éloignées , de même 
que les découvertes en astronomie, qui illus- 
trent notre siècle , contribuent à agrandir et 
à élever nos idées de la puissance de la 
Grande Cause Première. Et si ces philosophes 
de l'antiquité qui soutenaient que le monde 
était formé d^atômes , avaient assigné à leurs 
combinaisons de certaines propriétés immua- 
bles reçues des mains du Créateur y telles 
que la gravitation générale , les affinités chi- 
miques^ ou les appétences animales^ au lieu 
de les attribuer à im hazard aveugle ; la 



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SscT. XXXIX. XII. 6. De la génération. Sgr 

doctrine des atomes y comme composans le 
monde matériel par la variété de leurs corn* 
binaisons , loin de porter Tesprit à Fathiisme, 
fortifierait la démonstration de F^xistence 
d^un Dieu , comme la première cause de tou- 
tes choses; parce que l'analogie résultante 
de notre expérience continuelle de la cause 
et de Peffet, aurait ainsi été rendu évidente 
dans la nature entière. 

Les cieux déclarent la gloire de Dieu , et le 
firmament publie Vœuvre de ses mains j un 
jour en annonce un autre y et une nuit certifie 
Vexistence d'une autre nuit ,* ils n'ont point de 
langage , et cependant leur voix s'est répandue 
dans toutes les contrées^ et leurs paroles ont 
pénétré Jusqu'aux extrémités de la terre. Oh 
Dieu! Tes œuvres sont immenses! Tu les a 
toutes Jaites dans ta sagesse. Pseaumes XVill. 
et civ. 



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Sga Des spectres oculaires. Sect. XL. 

SECTION XL. 

DES SPECTRES OCULAIRES , DE LA LUMIERE 
ET DES COULEURS. 

Par le Dr R. W. Darwin , de Shrewsbury. 

Répris des Transacriont Philosophiques, vol. uucvi, pag. 313. 

Les spectres oculaires sont de quatre espi^ 
ces. I. udctwité de la rétine dans la vision. 
II. Spectres par défaut de sensibilité. 111. Spec* 
ires par excès de sensibilité. IV. Des spectres 
oculaires directs. V. Un trop grand stimulus 
excite une action spasmodique de la rétine. 
VI. Des spectres oculaires renversés, VII. Un 
plus grand stimulus excite dit^erses actions 
spasmodiques successives de la rétine. VIll. Et 
une action spasmodique Jixe. IX. Produit une 
paralysie momentanée. X. Dii^erses remarques} 
I. spectres directs et reni^ersés paraissant à la 
Jois. Halo spectral. Règle, pour déterminer 
d^apance les couleurs des spectres. 3. J^ariation 
des spectres par Veffet d'aune lumière étrangère. 
5. Variation des spectres en nombre , Jigure et 
rémission. 4- ^^ circulation du sang dans 
l'œil est visible. 5. Nouvelle méthode de gros- 
sir les objets. Conclusion. 

\^UAND on a regardé attentiYement et long» 
temps un objet lumineux ^ par exemple au 
soleil couchant et cpensuite on ferme les 



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SeCT. XL. Des spectres ùcuUdreSé 5g5 

yeux 3 ou qu'oB détourne la Tue^ une image « 
qui ressemble par sa forme « à Fobjet qu on 
▼ient de fixer, reste visible pendant quelques 
instans; cest cette apparence dails Toeil que 
nous nommerons le spectre oculaire de 
Tobjet. 

Ces spectresv oculaires sont de, quatre es* 
pèces : 1° ceux qui sont dus à une moindre 
^ sensibilité d'une partie déterminée de la rétine; 
ou spectres par défaut de sensibilité, a^ Ceux 
causés par une trop grande sensibilité d'une 
partie déterminée de la rétine ; ou spectres pccr 
excès de sensibilité* 3" Ceux qui ressemblent 
à leur objet en couleur et en figure et que 
Ton peut nommer spectres oculaires directs. 
4*» Ceux qui. sont d'une couleur contraire à 
celle de leur objet, et qu'on peut appeler 
spectres oculaires renversés. 

Les lois de la lumière ont été expliq^ée8 
de Ik manière la plus satisfaisante par le 
grand Newton^ et la perception des objets 
visibles a été très-savamment traité par le 
Dr Berklej et par le père Mallebranche ; 
mais ees petits phénomènes de la vision ont 
été just[uMci considérés comme nétant point 
susceptibles d'être réduits en théorie, quoi- 
que plusieurs philosophes y ayent apporté 
un degré considérable d'attention : de ce 
nombre sont le Dr Jurin^ à la fin de l'ou- 
vrage du Dr Smith sur Foptique. Mr Œpinus, 



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S94 ^^^ spectres oculaires. Sbct. XL. i. 

dans le Not. Corn. Petropol., toL io. Mr Be* 
guelin^ dans les mémoires de Berlin, toL 2. 
1771. Mr d*Arcy^ dans l'histoire de Pacadé- 
mie des sciences. 1765. Mr De la Hire, et 
enfin le célèbre Mr de Buffon, dans les mé- 
moires de i 'académie des sciences , qui les a 
nommés couleurs accidentelles, comme s^ils 
notaient assujetis a aucune loi fixe. Acad. 
Paris., 1745» M. p. ai5. 

Je dois ici prévenir le lecteur qu^il est très- 
difficile pour différentes* personnes de don- 
ner les mêmes noms aux diverses nuances 
des couleurs ; c*est pourquoi dans ce qu on 
▼a lire, il faut nous passer quelque chose, 
si en répétant les expériences, les couleurs 
dont il y est fait mention ne correspondent 
pas exactement aux noms que le lecteur leur 
aura donnés. 

I. Actwité de la rétine dans la vision. 

Diaprés les expériences suivantes, il parait 
que la rétine est dans un état actif et non 
dans un état passif durant Texistence des 
spectres oculaires; il faut conclure de-là^ que 
toute vision est due à Tactivité de cet organe. 

I. Placée un morceau de soie rouge d^en« 
viron un pouce de diamètre^ comme dan9 la 
fig. I. sect. III. I. sur une feuille de papier 
blanc , au grand jour, regardez le fixement sans 
relâche à la distance d'un pied et demi pen-r 



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Sect. XL. f « Des spectres oculaires. ^ SgS 

dant une minute } alors fermant les yeux 
couvrea^les avec les mains; tous verrez ua 
spectre vert de la même forme que le mor- 
ceau de soie rouge : quelques instans après 
ce spectre disparaîtra , puis reparaîtra aussi^ 
tôt, et cela tour^à-tour jusqu^à trois ou quatre 
fois , si Texpérience est bien faite , jusqu'à ce 
qu'enfin il s'éyanouira -entièrenlent. 

a. Placez sur une feuille de papier blanc « 
et au soleil , un morceau circulaire de soie 
bleue, d'environ quatre pouces de diamètre^ 
couvrez en le centre' d^un morceau circulaire 
de soie jaune d'environ trois pouces de dia* 
mètre ; dans le centre de celui-ci mettez un 
autre morceau ^de soie rouge de deux pou- 
ces de diamètre^ puis remplissez le centre 
de ce dernier d^uu morceau de soie verte 
d^environ un pouce de diamètre , et finale- 
ment placez au centre de ce dernier un petit 
rond de couleur bleue indigo d'environ un 
demi-pouce de diamètre , faites une petite 
tacbe d^encre au centre du tout, comme dans 
la planche 3. sect. III. m. 6., regardez fixe- 
ment pendant une minute le point central, 
puis fermez les yeux et tenez votre main 
au-devant à environ un pouce de distance^ 
et de manière à ce qu'il ne passe ni trop 
ni trop-peu de lumière à travers les paupiè- 
res;, vous verrez les plus beaux cercles de 
couleur que Timagination puisse concevoir. 



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596 Des ipectresoeûlaires. SscfT. XL. té 

et qui ressembleront beaucoup à celles pro-^ 
duites par une ou deux gouttes d^buile ver* 
sées sur un lac tran<|iuille dans un beau jour; 
mais ces iris circulaires non seulement sont 
différens des couleurs des morceaux de soie 
ci*dessus décrits , mais encore changent con^ 
tinuellement tant qu^ils existent.* 

5. Lorsque dans Fobscurité op se comprime 
le coin de Tœil ayec le doigt, et qu'on 
tourne le globe du cdté opposé ^ on Toit un 
cercle de couleurs , çonune celles de la queue 
d^un paon: et lorsqu^on* reçoit un coup sur 
Tceil on y aperçoit un rayon lumineux» 
Newton, optic* q. 16. 

4« Lorsqu'on tourûe rapidement sur un pied 
au point de s'étourdir et de tomber, lea 
spectres des objets ambians continuent , aprèa 
la cbûfe, à paraître tourner ou se balancer, 
et pendant un certain temps il semble qu'on 
les Toit toujours en mouvement. 

D après toutes ces expériences^ il parait 
que les spectres dans Tœil ne sont point dus 
à rimpulsion mécanique de la lumière impri-^ 
mée sur la rétine , ni à sa combinaison chi- 
mique avec cet organe , ni à Fabsorption et à 
rémission de la lumière , comme on Tobserye 
dans plusieurs corps; car dans tous ces cas, 
les spectres doivent rester dans une forme 
constante , où diminuer graduellement ; et il 
nexisterait point d^apparition et disparition 



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Sect. XL. I. Des spectres oculaires. 897 

alternatives comme dans la première eipé- 
rience , ni des changemens continuels de cou- 
leurs comme dans la s^econde^ ni les étin- 
celles de lumière ou de couleurs dans V6d\\ 
froissé comme dans la troisième^ ni la rota* 
tion oa le balancement des spectres comme 
dans la quatrième. 

Il ny a pas d'absurdité à imaginer que 
la rétine peut être stimulée et mise en mou*» 
Tement aussi-bien que les muscles rouges et 
blancs de nos membres et de nos vaisseaux; 
puisqu'elle est^ ainsi qu^eux, composée de 
fibres entremêlées avec sa substance médul^ 
laire. Pour démontrer cette structure^ la 
rétine de Tœil d'un bœuf fut suspendue dana 
un Terre d'eau cbaude, et décbiréë avec force 
en plusieurs endroits ; les bords de ces dé^ 
cbirures paraissaient dentelés et yelus^ ils ne 
se contractèrent, point , et ne devinrent point 
unis comdie le mucus simple , lorsqu'il est 
distendu jusqu'à se rompre, et qui prouve 
que la rétine est formée de fibres : cette 
construction fibreuse devint encore plus évi- 
dente à la vue , en ajoutant à Teau un peu 
d^alcali caustique^ car ;ilors le mucus adhé- 
rent se trouva bientôt corrodé, et les fibres 
capillaires restèrent à découvert , et flottè- 
rent au haut du vase. Le degré de transpa- 
rence de la rétine ne détruit point la preuve 
qu'elle est d^une structure fibreuse, puisque 
Tome IL 26 



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Zq9 Des spectre^ oculaires.^ S^cr. XL. !• 

Leeuwenhoek - a dqmontré que Fliumeur cris- 
talline même eat.con^poçée, de fibres;., ( Arcana^ 
naturae, vol. I. p. 79* ) . î * : 

Il parait donc vquej. comme les mtuscles ont» 
de grandes âbres entremêlées d^une plu« pe- 
tite., quantité de. substance médullaire ner^ 
Teuse, Torgane de la vîsioii.a une »plu s grandes 
^anttfé de cette substance . nerveuse entre- 
mêlée avec des fibres plus petites; et il est 
jMTobable . qut les, muscles locoibôteurs, ainsi 
que les muscles vasculeux des animalcules 
microscopiques, ont beaucoup plus de ténui-^ 
té que ceux dé la rétine^^ 

* Indépendamment des lois analogues , que 
nous démon.liierons plus bas gouverner éga- 
lement les àct^ns de la rétine et des mus-* 
des, il y a encore plusieurs autres' analogies' 
entreux. Tous deux» sont mis en action par 
irritation, ils agissent à- peu-près dans le 
même espace de temps, ils soùt pareillement 
fortifiés ou fatigués, par Texercice , Fun et 
lautre deviennent douloureux si on* les met 
en mouvement pendant Tétat d^inflammation 
et ils sont également susceptibles de paralysie 
et de torpeur causées par la vieillesse. 



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feficF.XL^ lu Des sp0Ctres oculaires. S99 

II. ï>^S SPEGTRJSS PAR DEFAUT DB SENâjIBlt^l^^ 

Une irritation moindre excite moins aisément 
Inaction de Ta Htihe^ lorsqu'elle à été depuis 
peu southise à une irritation plusjbrte. 

. I. Quand on passe du grand jour dajgtS) 
t^i appart(eme^t obscur ,: Firis âe dilate a^tfint 
qu'il est ^possible .au bout de ^quelqucjs ^3^7. 
. condés ; ma^s il se passe long-temps avant, 
que le nerf, optique , après afoir été stimulé, 
par la grande lumière du ÎpuTv.deTienne sen-* 
sible à un moindre degré de. lumière dans, 
une cb^mbre; et , si la cbap^bre n'est pas, 
trop obscure •, Tiris se coipi^triicte. derechef eo^ 
quelqiae A^fffiè', à jnesurc; q;ife la sensibi^té, 
de U rétine rçvieut. .^ ^ ^ 

3. Met^€|^ , ;U^ morcc^au . de, . papier bl^nc. 
d'environ un demi -pouce en carré sur un, 
chapeau noir et regardez fixement sur le ce^ti^i^^ 
pendant une*mtuu,te, détournez lesy.euxensuite- 
pour regarder, upe feuille de papier blaqc^^ 
et au bout d^i àe^x. secondes, vous verrez sur^ 
le papier bl$u^o,iu;L carré olfisçur, cpii y re^-. 
tera quelques , inst^n^. Un sen^blable carrjé; 
obçcur se verra dans l'oeil' fermç\ si la lu- 
mière pénètre, à traverser les paupières. 

Lorsqu'on a regardé. tixémen^t un bbjet lumi- 
neux tel que Jp j^oleil, ^enàant quelque^, 
înstans, sans, cependant trop se, fatiguer 1|Ç8^ 
yeux , cette partie ,de la ^éti^e , qui Ta. iîpçéj 



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4oo jHes spectres oculaires. Sect. XL. ii. 

derient moins sensible à de moindres quan- 
tités de lumière; ainsi lorsquon regarde une 
autre partie moins lumineusç du ciel ^ on y 
aperçoit un point obscur de la grandeur du 
soleil, ou de tout autre corps lumineux que 
Ton tient de regarder attentiTcment. C est par 
la même cause que Ion toit une espèce de 
muscae tolitantes de couleur noire. Si ce point 
obscur git au-dessus du centre de Toeil, on 
tourne les .yeux, de ce côté dans Tespoir de le 
ramener au centre dé Forgane , afin de le toir 
plus distinctement, et dans ce cas ce spectre 
obscur parait remonter. S'il se troute au- 
dessous du centre de Tœil^ on le suit par le 
même motif et il semble se moutoir en des- 
cendant. Cela a donné lieu à dîterses con- 
jectures sur quelque chose qui flotterait dans 
iliumeur aqueuse des yeux ; mais quiconque 
en Voyant ces taches , tient ses yeux immo- 
biles en regardant fixement le coin d'un 
nuage en même temps qu'il bbserte ces spec- 
tres obscurs , sera pleinement containcu , 
qu^ls n ont d^autre moutemént que celui qui 
leur est imprimé par le moutemént des yeux 
pour les suître. Quelquefois la forme du 
spectre , quand il a été reçu d'un corps 
lumineux , détient oblongue , et d'autres fois 
il se ditise en deux spectres circulaires; 
cela ne protient point de ce qu*on change 
Tangle formé par les deux axes des nerfs 



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Sect. XL. II. Des spectres oculaires. l^ot 

optiques , reUtivèment à la distance des nua- 
ges ou des autres corps avec Ies(|uels le 
spectre est supposé cqntigu ^ mais cela est dû 
' à d^autres causes dont nous parlerons au pa- 
ragraphe X, 5. de cette section. Le volume ap- 
parent du spectre peut aussi varier en raison 
de la distance supposée. 

Goname ces spectres sont plus» aisés à ob- 
server lorsque les yeux sont un peu affaiblis 
par la fatigue , il est souvent arrivé que def 
personnes délicates en ont été fortement allar* < 
mées , et s'imaginant que leur vue commçnçai^ 
à s affaiblir^ elles se sont livrées aux main$ 
d^oculistes ignorans; mais je crois que.jan^ai^ 
ces apparences ne sont les avant -coureurs 
d^aucune autre maladie des yeux , et que c'est 
lliabitude seule ou le défaut d^attentipip^ q\ii 
fait qu on ne les voit pas sur tous les objetf 
et à chaque instant de la yi^. Mais comme 
les nerfs des gens très-faibles perdent leur 
sensibilité de la même manière que leurf 
muscles perdent leur activité par de faibles 
exertions, il arrive souvent que les malades 9 
dans Textréme débilité des fièvres^ sont con- 
tinuellement occupés il ramasser quelque 
chose sur les couvertures de leur lit parce 
qu'ils se méprennent. Benvenuto Celini , ar- 
tiste italien, homme d'un grand talents dit 
qu'ayant p^ssé toute ,up.e nuit, sur une mon^ 
tagne éloignée 1 avec qiielquef compagnons ^t 



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4<53 Des spectres oculaires. SÈCT. XL. ij. 

im $6i- disant sorcier, et y ayoir pratiqua 
plusieurs cérémonies pour évoquer le diahie, 
ils revinrent à Rome le lendemain matin, et 
en- regardant en Pair au moment du lever du 
soleil , ils virent un grand nombre de diables 
qui couraient sur les toitis , tant les spectres 
formés dans leurs yeux afiaiblis , étaieiit gros- 
sis, pair la peur, et devenus esclaves ou com- 
plices de la fraude et de la superstition. (Vie 
dè'Benv. Celini. ) ' 

5*. Mettez un morceau de papier blanc d'ui^ 
^puce en carré ' sur un grand morceau dq 
soie cotileur de paille; fixez les yeux pendant 
Quelques instans sur le papier blanc , puis 
porter le centre du rayon visuel sur la soie, 
vous y vert^ez tm spectre de la forme du mor- 
teau de papier ^ qui sera d^un jaune plus 
fotïcé que le teste : car la partie centrale de 
là' rétine ayant été exposée quelque temps au 
stimulus d^une pins grande quantité de lu- 
inîêre ïlanche , est devenue moins sensible 
à une plus petite quantité de lumiti^e, et par 
conséquent rie .Voit 'que les rayons jaubes 
dans cette partie de la soie couleur de paille. 

On peut observer des faits analogues à 
ceux-ci sur d'autres parties de notre système: 
ainsi lorsqu'on se cbauffe une main, et qu'on 
expose Fautre au froid, et puis qu on les trempe 
toutes deux dans Peau tiède , une main éprouve 
la sensation de la cliakur de Teau, çt Tautre 



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Sect, XL. iiî. Des spectres oculaires. 4^5 

telle du froid ; on ne saurait entendre des 
sons fafbles pendant quelque temps après qu*ôn 
Tient d'en entendre de forts ; et on éprouve 
des frissons quand oii entré dans une atmos- 
phère tempérée ^ après avoir été enfermé dand 
une chamhrè bien échauffée : c'est encore 
ainsi que Testomac et les t/rganes digestifs 
de ceux qui ' s'ont habitués au grand stimu* 
lus des liqueurs spiritueuses , ne sont plus 
excités par celui des seuls alimens ordinai^ 
res ; et il en résulte des indigestions et 
rhypochondrie, 

. m. DES SPECTRES PAR EXCÈS DE.SENSIBIUXé» 

La rétine est plus JacHemertt mise en action 
par une irritation plus grande y quand elle 
vient d^étre assi^ttie à une irritation moùidre, 

I. Si les yeux sont fermés et parfaitement 
recouverts avec un chapeau^ pendant une ou 
deux minutes dans un jour bien clair , lors- 
qu'on retire le chapeau, on aperçoit une lu- 
mière rouge ou cramoisie à travers les pau- 
pières. Dans cette expérience la rétine, après 
avoir été quelque temps dans l'obscurité, de- 
vient s! sensible à une petite quantité dé 
lumière, quelle peut voir distinctement une 
plus grande quantité des rayons rouges que 
des autres qui passent à travers les paupiè- 
res. On voit une pareille lumière colorée 
passer entre les côtés des doigts, lorsqu'on 
liçiit la main étendue devant i:!Lne ch^dellet 



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4o4 Des spectres oculaires. Sect. XL. m. 

3. Si on regarde fixement une fenêtre pen- 
dant quelques minutes au commencement du 
crépuscule du soir^ ou dans un jour sombre, 
et quW remue un peu les yeux^ de sorte 
que les parties de la rétine sur lesquelles 
était empreinte la couleur obscure des chas- 
sis tombe sut la partie yitrée , on y verra 
plusieurs caies lumineuses qui représente- 
ront ces châssis ; parce que les parties de la 
rétine qui , auparavant , étaient les moins sti- 
mulées par les châssis obscurs , sont alors 
plus sensibles à la lumière que les autres 
parties de cet organe, qui étaient exposées 
aux parties les plus lumineuses de la fenêtre. 

3. Faites aveô de Pencre sur du papier 
blanc une tache fort noire d'environ un demi- 
pouce de -diamètre^ et faites -y ime queue 
d^un pouce ou environ de longueur « de ma- 
nière à représenter un têtard, comme dans 
la figure 3. sect. III. VIJI. 5.; regardez fixe- 
ment ce pointf pendant une minute , et en 
fésant un mouvement de Foeil , vous verrez la 
Çgure du têtard sur la partie blanche du 
papier^ laquelle figure paraîtra plus blanche 
et plus lumineuse que les autres parties du 
papier blanc ; parce que la partie de la rétine 
sur laquelle est empreinte la figure du têtard, 
est devenue plus sensible à la lumière que^ 
les. autres parties de cet organe qui étaient 
fixées sur le papier l^lanc. Le Dr Irwin Uxl 



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SccT. XL. III. Des spectres oculaires. 4^S 

nientian de cette expérience i mais il ne lui 
assigne pas sa Traie cause, qui est Ti^iigiiien* 
talion de sensibilité de la partie de la rétine 
qui rient de fixer le point obscur^ sensibi- 
lité qui est plus grande <](ue celle des parties 
qui araient obserré fixement le papier blanc, 
et c'est ce qui est mis bors de 'doute par 
^expérience suivante.* 

4« Si on ferme les jeux^ après ayoir regardé 
attentivement le point obscur sur le papier 
blanc y comme dans Vexpérience précédente ^ 
on voit une tache rouge de Ifi même forme 
que le point noir , parce que la partie de la 
rétine sur laquelle le point obscur était des* 
sine, étant alors plus sensible à la lumière 
que les autres parties de cet organe qui 
étaient fixées sur le papier blanc, elle^ est 
capable de percevoir les rayons rouges qui 
pénètrent à travers les paupières. Si on fait 
cette expérience à la lumière d^une chandelle 
de suif, le point sera jaune au lieu d'être 
rouge , parce que la châudelle produit; beau- 
coup de rayons^ jaunes ^ qui passent en plus 
grande quantité et avec plus de (brce à tra* 
vers les paupières que' la lumière bleue ; de- 
là natt la difficulté àfi pou,voir distinguter li^ 
couleur bleue d'avec le vert, à la chandelle. 
La couleur du sp^tre peut .varier à la lu- 
mière, du jour, en raison des différenites cou- 
leurs de la, lumière da matin. « du midi 01% 
du soir. 



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Xioogk 



4o6 Des spectres aciilairer. SÉCT; XL. m, 

Mr Beguelîn , dans les mémoii'es de Berlin ; 
tom. V. ir. 1771 > observe que (}uand.il tenait 
un litre de telle manière que lès rayons so* 
laires tombaient sur ses paupières demi-closes, 
lés lettres noires qu'il )ayait regardëeslong-temps 
devenaient rouget , ce qui a dû provenir de 
ce que les parties de la rétine, qui avaient 
reçu pendant quelque 'temps les lettres noi* 
res , étaient plus sensibles que celles qu'il 
avait observées sur le papier blanc ^ parce 
que dans les premières , les rayons rouges 
qui passaient à travers les paupières , étaient 
perceptibles. Oti trouve, je crois, dans les 
ouvrages historiques de Mr de Voltaire, un 
fait semblable d'un Duc de Toscane qui , étant 
à jouer aux dés avec le Général d'une armée 
étrangère, et croyant apercevoir des tâches 
rouges sur les dés, en tira le présage d'évé- 
nemens funestes . et se retira tout troublé. 
Un observateur qui regarderait fixement pen- 
dant une minute les points noirs d'un dé , et 
qui fermerait ensuite les yeux., verrait l'image 
des dés dans ses yeux avec des points rouges, 
comme je viens de l'expliquer. 

5. Quand on sort d'un lieu obscur où on 
a été long-temps , la lumière du jour devient 
insupportable pendant un temps assez long, 
k cause de l'excès de sensibilité de l'œil , 
qui n'a reçu alors que peu' ou point de sti* 
mulus. Cela fait que Tiris M contracte jusqu'il 



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Skct. XL. III* Des spectres oculaires. 4^7 

9on ouverture la plus petite, et qu* elle se dilate 
ensuite graduellement^ à mesure que la rétine 
s'habitue à un stimulus plus fort de la clarté 
du jour. 

Le yacillement d'aune étoile brillante , ou 
d^une chandelle éloignée dans la nuit, pro- 
Tient peut-être de la même cause. Tandis 
quon continue à regarder ces objets lumi« 
neux^ leurs parties centrales semblent pâlir 
graduellement^ à cause de la diminution de 
sensibilité de la partie de la rétine exposée 
à . leur éclat ; en même temps la mobilité 
de l'œil feit que les bords de ces objets 
tombent perpétuellement sur les» parties de la 
rétine qui Tenaient de se fixer sur l'obscu- 
rité de la nuit , et sont par conséquent dix 
fois plus sensibles à la lumière que la partie 
sur laquelle l^étoile ou là lumière de la 
chandelle arait été dessinée pendant quelque 
temps. Cela affecte Toeil de la même manière 
que quand on passe subitement d^un lieu 
obscur au grand ^our , où Von Toit des scin- 
tillations lumineuses. Yoilà pourquoi les étoi- 
les brillent daTahtage quand la nuit est plus 
obscure, et quelles pe scintillent pas dans 
les télescopes , comme Ta obserTé Musschen^ 
broeck ; nous Terrons plus bas pourquoi 
cette scintillation est quelquefois de différen- 
tes couleurs, loi^que Tobjet est très-brillant, 
comme Mr Melyill V^ obserré çn regardant 



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4oS * Des spectres oculaires^ Sect. XL. iir» 

rëtoîle Sirins : quant aux autres opinions 
aur ce sujets Toyez Texcellente histoire de 
la iumière et des couleurs par le Ih Priest* 
ley, p. 494- 

11 est beaucoup de circonstances analogues 
à celles-ci et qu on peut observer dans le 
système «nimal; telles sont la sensation de 
ijialeur occasionnée par la température ordi* 
Baire de l'atmosphère , et la chaleur de nos 
jl^emens en sortant d^un bain froid ; la dou- 
leur que Ton ressent aux doigts en les ap« 
prochant du feu après ayoir manié de la 
neige; et Finflammation aux talons pour j 
aToir marché» C est de4à qua suivi la mort 
de ceux quon a approchés trop brusque- 
ment du feu lorsqu'ils ayaient été exposés 
au grand froid , ou que leurs membres se 
•ont enflammés au point de se gangrener : 
e est par la même cause quune nourriture 
ou du yin donnés tout-à-coup en abondance , 
ont fait périr ceux qui ont souffert la famine ; 
car tous les organes du corps affamé sont 
devenus tellement irritables pour le stimulus 
des alimens et du vin , dont ils ont été pri- 
vés depuis si long^temps, qu^il survient une 
inflammation qui se termine par la gangrène 
ou par la fièTre. 



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Sbct. XL. ïv. Des spectres oculaires. fy^ 

Vf. DBSf SI^ECTRSS OCULAIRES DIRECTS* , 

Un stimulus un peu plus Jort que le stimulai 
naturel^ exciie la rétine à des actions spas-^ 
modiques^ qui cessent au bout de quelques 
secondés. 

Une certaine durée et une certaine éner- 
gie du stimulus de la lumière et des couleurs , 
produit Faction parfaite de la rétine dans la 
▼ision; car les mouyemens très-rapides, comme 
ceux qui sont très^lents> sont imperceptibles 
pour nous; tels sont les mouvemens de ro- 
tation d^une toiapie , et ceux de Tombre d^uii 
cadran solaire. Ainsi Tobscurité parfaite 
n affecte aucunement l'oeil ^ et Texcès de là 
lumière excite de la douleur , au lieu de 
produire la vision. 

I. Quand on fait tourner un tison allumé « 
dans Tobscurité ^ il reste pendant assez long^ 
temps un cercle lumineux dans l'œil, et avec 
une telle Tiyacité de lumière qu on le prend 
pour la continuation de l'irritation causé^ par 
Tobjet. De même quand un météore igné tra- 
verse Pair dans la nuit, on dirait quil laisse 
après lui une longue queue lumineuse ^ dont' 
une partie et peut-être quelquefois le tout, est 
dû à la continuation de Faction de la rétine , 
après avoir été ainsi Tivement excitée. Ceci 
est heureusement démontré par Fexpérience 
suivante : prenez un morceau de papier de 



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'4io Des spectres oculaîreFi SpcT; XL. it; 

trois ou quatre pouces -de diamètre , donnez 
lui la forme dVn moulinet que Toô met aux 
fenêtres pour donYier 4ssue à la fumée ^ et 
fixez-le dans un tube de cartoa ; en regardant 
dans ce tube à une certaine distance^ on peut 
en voir quelques parties désunies k traTcrs 
les espaces étroits que laissent les ailes ; mais 
dès que la pièce commence à tourner , tous 
ces intervalles paraissent plus grands , et 
quand elle tourne vite , on voit alors tout le 
cercle aussi distinctement, que s'il n'y avait 
aucune continuité dé papier entre les inter- 
Taïles , seulement il est moins clair. 

; ' ' -«■' * .1-1 , • . _ 

:ié Regardez pendant trente secondes à tra- 
vers uii tube obscur d^un pied et demi dé 
longueur, un cercle jaune dun demi pouce, 
de diamètre > posé isur un cercle bleu dW 
diamètre double; en fermant les yeux, les* 
couleurs du spectre paraîtront ressembler aux 
deux cercles , de la! fig. 5 ; mais si ïes yeux^ 
y restent fixés trop • long-temps , Jes couleurs 
du spectre sei'ont inverses de celles qui sont 
sur le papier j c*est-à-aire que le cercle ip- 
teme sera bleu, et l^extérieur jaune , ainsi 
cette expérience exige queïqu'attention. 

5. Placez dans Tobscurité la flamme bien 
claire d'une chandelle de blanc de baleine , 
devait un corps noir ; regardez-le fixement 
pendant quelques instans , jusqu'à ce que 
vous la voyiez pâlir un peu, en fermant alors 



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JLViiilt AA> 



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S^CTé XL. IV. Des spectres oculdireê. • 4** 

les yeux et en les. couvrant soigneusement, 
mais* de manière à ne pas les comprimer 9 
Timage de la chandelle continuera à être très- 
distinctement visible. 

Regardez tixénient. à une fenéti^e par un jour 
8ombre j comme dans Texpérijence 3. sect. 4IÎ., 
puis fermez les yeux et couvrqz4es avec la 
main , vous aiire^ pendant, quelque tempï 
dans les yeux une image exacte de la f^nê- 
tre; ftiais. il faUt que cette expérience soit 
souvent pratiquée pour quelle réussisse pien; 

car si les yeux sont fatmuës d'avpir resardé 

•r''*i» a"' ''•'•j^*' ' ^ •''Ji'fc ■• 

la fenêtre trop long-temps , eu si le jour est 

irop clair, les parties lumineuses de la 
fenêtre paraîtront obscures dans le spectre l^ 
et les parties ooscures deà châssis paraîtront 
lumjineuses , comme dans la deuxième expé- 
rience» sect./ 111. Il est même diilicilé pour 
plusieurs personnes qui font Cette expérience 
pour la première fois , dé voir la moindre 
chose du spectre; car une contention d'es- 
prit ou même une trop grande attention au 
spectre , peut les faire échouer , jusqu'à ce 
quelles ayent acquis lliabittide de faire 
attention à ces , légères sensatioiis. 

•Les spectres décrits dans cette section , et 
que je nomme spectres oculaires directs , 
sont produits sans beaucoup fatiguer Toeil ; 
Virritation de l'objet lumineux cessant aussi- 
tôt, ou la quantité de lumière n étant pas 



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4i2 i^^s spectres oculaires. SlKCT. XL. iv. 

assez grande pour produire aucun mal-aise 
dans Torgane dé la Tue , ce qui les distingue 
de la classe suiyànte des spectres oculaires^ 
qui sont l'effet de la fatigue. On observe le 
mieux ces specti*es directs, lorsqu^il ne peut 
tomber sur Foeil d^autres rayons que ceux 
qu cnToye l'objet ; comme quand on regarde à 
traders un tube d*un pied et demi de longueur 
et d*un pouce de diamètre^ sur un papier 
jaune qui tapisse une cbambre^ le spectre 
direct se présente facilement si an fermé 
Toeil sans le retirer du tube; mais si la Iu« 
mière latérale pénètre par les paupières^ ou 
si on porte le spectre sur dû papier blanc, 
il devient inverse^ comme je lexpliquerai 
plus bas. 

Les autres sens conserrent aussi pendant 
un certain temps les impressions qu'ils ont 
reçues, ou les actions quon y a excitées. 
Ainsi , qu^un corps dur soit pressé contre la 
paume de la main, comme on le pratique 
dans les tours d*adresse , il n*est pas facile 
de distinguer pendant plusieurs secondes si 
le corps est présent ou non; et les saveurs 
se font sentir vivement dans la bouche lopg- 
temps après que les parties sapides en sont 
rétirées ; telle est celle de la fumée de tabac 
ou le goût de la racine de gentiane. 



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Sect. XL. T« D^s spectres oculaires^ ^iS 

V. 27/14? certaine quantité de stimulus tant soit 
peu plus grande que celle dont on vient de 
parler 9 excite des actions spasmodiques , de Ic^ 
rétine , qui cessent et retiennent alternatii^ement. 

I • Si on regarde quelques instants le soleil 
couchant , de manière à ne pas trop se fati- 
guer la vue, on voit un spectre jaune quand 
les yeux sont fermés et couverts; ce spectre 
reste quelques instans et disparaît , pour 
reparaître ensuite plusieurs fois jusquà ce 
qu'il s'évanouisse entièrement. Ce spectre 
jaune du soleil devient bleu quand on ouvre 
les yeux; et si on regarde l'herbe verte, ou 
tout autre objet coloré , sa couleur varie par 
son mélange avec les leurs, comme je lexpli- 
querai dans un autre lieu. 

a. Prenez une lumière de blanc de baleine 
et placez4a« dans l'obscurité à environ ua 
pied de distance de l'œil; regardez fixement 
le centre de la flamme , jusqu'à ce que l'œil 
soit beaucoup plus fatigué que dans la troi- 
sième expérience du paragr. lY. : en fermant 
les yeux vous verrez un spectre rougeâtre , 
qui paraîtra et disparaîtra alternativement. 

L'action du vomissement cesse , et re- 
vient par intervalles , quoique le vomitif 
soit rejeté dès les premiers efforts : de même 
il reste des arrière-douleurs après raecou- 
chement ; et les pulsations du cœur de li|. 

Tome IL 37 



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4t4 J^^s spectres ocuIaireSé Sbct. XL. Vf* 

iripère ont encore lieu quelques instans après 
q\Le ce^ organe est priTé de son sang. 

YI. DISS SPECTRES OCULAIRES INVERSES* 

Quand la rétine a été mise en action par un 
stimulus un peu plus fort que celui dont je 
viens de parler ^ elle entre dans des actions 
spasmodiques opposées. 

Les actions de toutes les parties des corps 
animaux ^ peuvent être comparées avan^ 
tageusement en tr elles. Cette stricte ana- 
logie contribue beaucoup à la découverte de 
la vérité , tandis que ces analogies plus dis^ 
parâtes qui comparent les phénomiènes de la 
vie animale avec ceux de la cKiibie ou de la 
mécanique , ne servent qu'à égarer Fesprit 
dans ses recherches. ' 

Quand quelques-uns de nos grands muscles 
ont été long-temps en action ^ et^juen même 
temps leurs antagonistes ont été en exten- 
sion^ aussitôt que Faction des premiers cesse^ 
le membre s'étewd en sens contraire pour se 
soulager , et il survient des pandicnlations 
ou des baillemens. 

11 parait diaprés les observations suivantes 
qu'il arrive la même chose dans Torgane de 
la vision ; après qu'il a été fatigué par une 
action quelconque , il prend sur le champ 
un mouvement contraire. 

1. Mettez un morceau de soie colorée d'^en* 



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6e(!:t. ÎL. VI. Des spectres oculaîres* J^iS 

tiron uii poiicè dé disimètré , sur une feuille 
de papier blanc, et tenez-TOUS à uil pied et 
demi de distance; regardez-le attentiTement 
pendant nne minute^ puis regardez une autre 
partie du papier ^ vous verrez un spectre de 
la même figure que le morceau de soie, mais 
dVne couleur opposée. M)n Terra un spectra 
à-peu-près semblable si on ferme les jeut: et; 
quon les couvre avec la main, dé nlanière 
à ce qu^il puisse, y pénétrer un peu , mais 
pas trop de lumière. 

Le rouge produit un spectre vért# 

Le vert en produit un rouge. 

L'orangé en produit un bleu* 

Lé bleu en produit un orangé* 

Le jaune produit du violet. 

Et le violet produit du jaune. . 

Dans ces eicpériences , les couleurs des spec- 
tres sont rinverse de celles qui les ont occa- 
èionnées , ce dont on peut se convaincre en 
eicaminant la fig. 3. de Foptique de Newton, 
L. II. p. I., où les. lames d^air minces qui 
renvoyaient le jaune, transmettaient le violet; 
celles qui donnaient le rouge, transmettaient 
un bleu verdâtre; et ainsi du reste, en tout ana- 
logue aux expériences mentionnées plus haut. 
2. Ces spectres inverses ressemblent à 
une couleur formée par une combinaison de 
toutes les couleurs primaires , excepté de 
«elle qui a latigué l'oeil en faisant Texpé- 



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4 1 6 Des Spectres oculaires. Sbct* XL. vté 

rience : ainsi le spectre inverse du rouge doit 
être un yert tel que le produirait une combi- 
naison de toutes les autres couleurs prisma^ 
tiques. Pour éclaircir ce fait, on a procédé 
arec succès à Texpérience suirante. Les cou- 
leurs du prisme furent peintes sur une roue 
circulaire de carton d^ênviron quatre ponces 
de diamètre^ et dans les proportions données 
par )e Dr Priestley, dans son histoire de la 
luniière et des couleurs, pi. in. fig. 83 , excepté 
que la partie rouge fut omise entièrement ^ 
et que les autres couleurs s'étendaient prO' 
portiounellement de manière à compléter le 
cercle. Alors ^ comme l'orangé est un mé- 
lange de rouge et de jaune, et que le violet 
est un mélange de rouge et de bleu indigo ^ 
il devint nécessaire de mettre du )aune sur 
la roue au lieu de Porangé , et de remplacer 
le violet par le bleu indigo , afin que Tex- 
périence pût mieux cadrer avec la théorie que 
Ton voulait établir ou réfuter; parce quen 
obtenant un spectre ve^^t d'un o)>)et rouge, 
Toeil est supposé être; devenu insensible aux 
rayons rouges. Au moyen d'un axe on fit 
tourner cette roue conime une toupie , et ce 
mouvement fit paraître une couleur verte , 
qui correspondait très -exactement au spec- 
tre inverse du rouge. 

5, Lorsqu'on contemple un de ces spec- 
tres inverses dans Fœil fermé et couvert ^ 



I 

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Sect. XL. VII. Des spectres oculaires» 4^7 

il disparaît et reparaît plusieurs fois de suite 5 
et enfin il s*éTanouit entièrement comme le 
spectre direct du paragr. Y. ; mais il y a 
cette circonstance à ajouter^ que lorsqu'il 
6'affaiblit, on peut le rendre plus yif en étant 
là main de devant les yexxx^ pour admettre 
plus de lumière : parce qu alors nôti seulement 
la partie de la rétine qui est fatiguée est inoli^ 
née spontanément à éprouver des mouTemenê 
en sens contraire , mais étant encore sensi* 
ble à tous les autres rayons lumineux , ex^ 
cepté à celui qui vient de la fatiguer , ceux-ci 
la stimulent encore et produisent le mouve- 
ment d'où résulte le spectre inverse. - « 
D'après ces expériences il y a lieu de con- 
clure , que la partie de la rétine qui est fa* 
liguée , prend un mode d^action contraire , 
comme Faction de bâillement ou de paii<- 
diculation», aussitôt que le stimulus qui Ta 
fatiguée est retiré^ et quelle reste sensible ^ 
€ ést-à-dire capable d'être misé en action par 
les autres couleurs à la fois , hormis celle qui 
vient de lui causer de la lassitude^ 

VII. Quand la rétine a été mise en action par 
un stimulus un peu plus cçnsidérable que celui 
qui est mentionné plus haut , elle tombe succès* 
{sii^ement dans divers moupemens spasmodiquçSf 

I. Si Ton regarde le soleil en plein jour 
j^ossi lon^^emps que les Yeu:;^ peuvent ais^ 



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4i9 Des specirts ocidaires. Sect* XIj. vu* 

xncfut supporter «on éclat ^ le disque devient 
d:'abor4l pàle^ et on voit un croissant Inmit- 
I9641X qui parait Be balancer de côté et d'autr« 
]sur ses bords , c^ qui doit être attribué à 
rinunobilité de Toeil ; alors tout le disque sot 
laire devient bleu, entouré, d^un halo blanc;; 
ei Vùti ferme ensuite les yeux et quon lef 
i^ouyre avec la main^ on ne tarde pas k aper- 
cevoir un spectre jaune ^ qui au bout de quel* 
iques instans se change en bien. 
. l^lr de la Hire a observé , qià après avoir 
f f^ardé le soleil , rimpressiôn dans Fceil pa- 
raît dVbord jaune, puis verte, puis bleue; il 
aime à attribuer ces apparences à quelques 
affections des nerfs, Voye^ jPorterfield on the 
lye, vol. I. p, 545. 

. n» Après avoir regardé fixement à la dis- 
lance d'un pied de mes yeux, un monceau 
jdjB soie rouge d'environ un pouce carré, placé 
SMT du papier blanc et exposé au soleil, et 
pi'être couvert les yeux après lés avoir fer- 
més , le spectre de ce morceau de soie me 
parut d'abord d'un vert foncé , et celui du 
papier blanc devint rouge. Les dçux spectres 
disparurent ensuite; puis Fin terne reparut bleu; 
puis après une seconde disparition il devint 
jaune et enfin rouge , tandis que le spectre 
du papier varia en rouge et en vert. 

Ces successions de spectres différemment 
<6alorés , ne furent pas exactemjent les mémea 



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$ECT.XL.yiH. Des spectres oculaires. 4191 

dans le$ différentes expériences, quoique j^ 
les aye observés autant que pos^blo avec, la 
même quantité de lumière,, et dans les m&me»| 
circonstances ; je crois que c'est parce que 
je tentai trop d^exipériences à 1^ fois, de sorte 
que Foeil netait pas entièreçient libre def 
spectres des couleurs auiLquelbBs je venais de 
faire attention. 

Les exerûoiis altemativçs de]a rétine, meur 
tionnées dans le paragraplie précédent ^ res- 
semblaient aux oscitations pu papdicul^tioris 
des muscles 5 en ce qu ellei^ s^ Cuisaient alter- 
nativement dans des directions contraires le^ 
unes aux autres^ et étaient Teffet de 1^ fatigua 
plutôt que de la douleur. Elles différent) eu 
cela des exertions successives dissimilaires d^ 
la rétine y dont j^ai p^irlé dap3 cette section., et 
qui ressemblent en mini^i^ure. a.i^x actions les 
plus violentes des muscle^ dai^s les maladies 
convulsives , telles que Pépilepsie ^ 1^ dfinse 
de St. Yit^, et Topisthotopos , maladiesr qui 
sont probablement toutes ai^ commencement 
Teffet de la douleur^ et dont les périodes 
setablissent ensuite par Thabitude, 

VIII. Quand la rétine a été mise en action par 

un stimulus plus fort encbre que celui dont 

je viens de parler , elle éprou{;e une action 

spasmodique qui dure pendant quelques jourS. 

!• Quand dans le cour^ des expériences 



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î^30 Dei spèôlrèè oculaire^. SfitT. XL. vilï^ 

jirécédentes , je regardais fixement et loog-* 
temps le soleil du midi juscjuà ce que soii 
disrc^ue me parût d-un bleu pâle^ j^ai souTent 
ôbtfervé un spefctfe du soleil^ d^un bleu yïî^ 
isùf tous les autres coi^s pendant ce jour-là 
et -le sùitant, ce qui avait lieu constamment 
qttartd j'y faisais attention , et souvent même 
quand je n*en étais pas préoccupé. Lorsque 
jë'fôrmàis lès^yeûiret que je les recouvrais^ ce 
èpéctre paraissait être d'un jaune foncé; et 
d'autres fois ce spectre se mêlait aux cou- 
lè^iirs dWtres objets sur lesquels- il paraissait. 
On peut croire que cette partie dé la rétine 
était dévenue insensible à la lumière blan- 
che ; et avait pi^oduît ainsi un spectre bleuâtre 
sur tous lej objet» lumineux ; mais comme 
^è voyais aussi Utt spectre j^une dans l'œil 
fiètnié' et c6uvèi*t,' il ny a pas àe doute que 
ce né fût te ^pecta*e dû soleil. Mr OËpinus 
a observé une semblable appa'rence , mais il 
avoue qu'il ne pouvait en rendre raison. Nov. 
Corn. Petrop. v; lo. p. 2. et 6. 

'Le tétanos et certains spasmes catalepti- 
ques sont analogues à ce phénomène , et 
ae-là nous pouvons juger du danger que court 
l'œil eu regardant fixement des objets très- 
lumineux pendant un trop long espace de 
temps. 



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Sbct.XL.ix. Des sjs^eeires oculaires* 4^t 

IX. Une {pumtité de stimulus plus grande que 
IfL précédente produit une paralysie momen- 
tanée de t* organe de ht vue. 

I. Mettez un morceau circulaire de saie - 
écarlate d^un demi pouce de diamètre , sur 
Je milieu d*une feuille de papier blanc; posez- 
les à terre et au soleil , en regardant alors 
fixement le centre du cercle rouge pendant 
trois ou quatre mimâtes , à la distance de 
quatre à ^ix pieds, la couleur ro^ge de la 
soie deviendra graduellement plus pâle , et 
enfin s'évanouira entièrement. 

2., Ceci est parfaitement analogiie à plu- 
sieurs circonstances* de la Tie animale ; les 
purgatifs y lopium et même les poisons ces- 
sent df5 stimuler le système dès qu'on est 
habitué à leur usage. Ainsi il est des per- 
sonnes qui dorment tranquillement au bruit 
des cloches ou même à celui du marteau 
d'un forgeron de leur voisinage ; et non-seu- 
lement des irritations continuées , mais aussi 
des exertions violentes quelconques , sont 
suivies de paralysie momentanée. Les bras 
tomhent après un grand exercice et sont 
incapables d'agir pendant un certain temps ; 
et il est. probable que ceux qui périssent 
subitement en nageant ou^ en patinant^ doi- 
vent leur mort à la paralysie ou à la grande 
fatigue qui succède à tous les efforts violens 
çt long-temps continués, ^ 



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Hm Des spectres ceulaires. S£CT« XL. x. i • 

* X. Remarques diverses. 

En {kisant ces expériences^ il est survenu 
quelques circonstances qui semblaient tendre à 
en altérer les résultats ^ et dont je parlerai ici 
pour satisfaire ceux qui voudraient les répéter. 

1. Des spectres directs et inversés existants en 
même temps ; des spectres directs récipro^ 
ques ; de la combinaison des spectres directs 
et int^erses ; du halo spectral; régies pour 
déterminer d^apance les couleurs dès spectres. 

a Quand on avait regardé une aire de 
))eau. papier rouge des indes , de six. pouces 
en carré ^ sur une autre^ aire de papier blanc 
dun pied carrée le spectre interne vu dans 
Toeil fermé était vert^ couleur ijtfi est l'in- 
verse du rouge , et rexterné était rouge , ce 
qui était le spectre direct du papier rouge. 
La même cbose arrivait lorsque Tairey inté- 
rieure était, blanche et rêxtérieure rouge , 
c'est-à-dire que le spectre interne était rouge 
-et lexterne vert. Toutes les mêmes apparen- 
ces eurent lieu quand le papier rouge était 
posé sur un cbapeau noir. 

b Quand on regardait sur un papier vio- 
let lisse de six pouces en carré , placé sur un 
morceau de papier blanc d'un pied carre» le 
spectre interne était jaune y ce qui est Tin* 
verse du violet, et l'externe était viplet ,. ce 
qui est le. spectre direct du papier violet. 



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^ECT. XL; X. t. Dés spectres ocûlmires. 4^ 

c Quand on regardait un morcean de pa- 
pier rou^e de «ix pouces carrëâ , appliqué sur 
«n autre morceau de papier bleu de la gcaitr 
deur d'un pied carré , le spectre interne était 
Jbleu et Telteme rouge; cest-à-dire que Tin- 
terne était le spectre direct de lobjet externe 
et que Texterne était Le spectre direct de 
} objet interne ^ au lieu d'être réciproquement 
le spectre inverse des objets auxquels ils 
eorrespondaient. 

d ^uand on regardait un carré de papier 
bleu de six pouces, sur un autre carré de 
papier jaune dun piedj le spectre interne 
était dun jaune éclatant et lexteme d un 
bleu brillant* La yiTacité des spectres était 
due à ce qu ils étaient excités tous deux par 
le stimulus des objets interne . et externe ; 
■àe sorte que le spectre jaune interne était à 
la fois le spectre inverse du papier bleu^ et 
ie spectre direct du papier jaune ; et que le 
spectre bleu externe était le spectre inverse 
4u papier jaunie et le spectre direct du pa« 
pier bleu. 

s Quand Faire interne n'était qu un carré 
d un demi pouce de papier ronge ^ posé 
sur un pied carré de papier violet foncé « Ils 
spectre interne était vert avec un halo dnn 
bleu rougeAtre. Lorsque ce papier rouge 
interne était de denx pouces carrés , le spec^ 
^e interne était d'un vert plus foncé, et 



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i$^ Des spectres oculaires. Sect, !SlL. x.i. 

1 externe était plus rouge. Quand le papier 
interne avait Tétendue de six pouces carrés , 
son spectre devenait bleu', et celui du pa- 
pier externe était rouge. 

y* Quand on mettait un carré d'un demi 
pouce de papier bleu sur un autre carré de 
six pouces de papier jaune , le s|>ectre du 
papier central présentait aux yeux fermés 
tine couleur yaune entourée dun halo bleu. 
Lorsqu'on regarde long-temps le soleil du 
midi, son disque devient dun blei^ p&le, 
entouré dun halo blanchâtre. 

Ces circonstances, quoiqu'elles embarassas* 
sent fortement les expériences avant qu*on en 
eût • découvert les causes , admettent cepen- 
dant une explication satisfaisante ; car, tandis 
que les rayons de l'objet interne de l'expé- 
rience ay tombent avec toute leur force sur 
le centre de la rétine , et qu'en fatiguant cette 
partie^ ils produisent le spectre inverse, plu- 
sieurs rayons divergens tombent de ce même 
-papier rouge interne sur les parties extérieu- 
res de la rétine , mais non en assez grandç 
quantité pour causer beaucoup de lassitude , 
et de là résulte le spectre direct de la cou*- 
leur rouge dans ces parties de Toeil. Les 
mêmes spectres inverses et directs ont lieu 
«dans le papier violet de Texpérience bz et 
•dans Pexpérience c\ les rayons divergens Au 
papier rouge central^ produisent un spectri) 



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Sect. XL. T. I. Des spectres oculaires. 4^5 

direct de cette couleur sur les parties exter-* 
nés de Foeil; tandis que les rayons divergens 
du papier bleu extérieur , produisent ua 
spectre direct de cette couleur sur la partie 
centrale de Pœil, au lieu de produire réci* 
proquement les specties inverses sur ces dif- 
férentes parties de la rétine. Dans Texpé- 
rience d , les couleurs étant inverses Fune 
de Tautre , les rayons divergens de Fobjet ex- 
térieur tombent sur la partie centrale de Tœilt 
et y «iicitant leur spectre direct, en même 
temps que la rétine était excitée par Tobjet 
central à représenter le spectre inrerse , et 
ces spectres direct et inverse étant de cou- 
leurs semblables y il en résultait une vivacité 
extrême de ces spectres. Dans Texpérience e 
leffet des diverses quantités de stimulus sur la 
rétine^ par les diverses grandeurs respectives 
des aires interne et externe , produisait un 
spectre de Faire interne dans le centre de 
l'œil, combiné du spectre inverse de cette 
aire interne et du spectre direct de Faire 
externe^ avec diverses nuances de couleurs , 
depuis le vert pâle jusqu au bleu foncé ,* avec 
des cbangemens analogues dans le spectre de 
Faire externe. C^est pour la même raison que 
quand un objet éclatant interne était petite 
comme dans Fexpériencey, au lieu que le spec- 
tre entier de Fobjet externe fût Finverse de la 
couleur de Fobjet intérieur^ il n*y avait qu un 



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J^tS Bes spectres oculaires* Sect* XL* x. i^ 

kalo 4 on rayonnement de cotllear analogue 
à celle de Fobjet interne « et qui s étendait 
vn peu sur le spectre extérieur; car Faire 
Ueue interne étant si petite , les rayons direr-i 
gens^ qui en émanaient , ne s étendaient pas 
loin sur Pimage de Taire externe du papiez^ 
jaune, et ne pouraient par conséquent pro- 
duire qu un halo bleu autour du spectre jaune^ 
dans I0 centre. 

Si l*on soupçonnait que les rayona diver- 
gens de Tobjet externe coloré ne se mêlent 
pas avec ceux de Fobjet coloré interne , pouf 
affecter ainsi la partie centrale de Tœil , on 
lia qua regarder à ti^arers un tube obscui' 
d^environ deux pieds de longueur et d^un 
pouce de diamètre^ sur une muraille peinte^ 
en portant un œil au tube et laissant Fautre 
ouTert; on verra quen excluant la lumière 
latérale, Faire de la muraille vue à travers 
le tube , paraîtra comme si elle était écla»^- 
rée par le soleil , comparativement au reste ; 
de«là provient Favantage de regarder les ta-* 
bleaux qui sont un peu trop éloignés, à tra* 
vers un tube obscur. 

De tout ceci nous pouvons hardiment dé- 
duire les règles suivantes pour déterminer 
d avance les couleurs de tous les spectres* 
j"* Le spectre direct sans aucune lumière la- 
térale , offre une représentation faible de son 
objet h, Fœil qui n'est point fe^tigué. a^ Avec 



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SEcf^XL.x.aé t>es spectres ùûulaires^ 4^7 

une certaine quantité de lumière latérale ^ il 
devient d'une couleur combinée du spectre 
direct de- Fobjet central , et des objets cir-» 
con voisin s , en proportion de leur quantité 
et de leur éclat respectifs^ 3^ Le spectre in*» 
Terse sans lumière latérale , est une représen- 
tation dans Tœil fatigué y de la forme de ses 
objets, avec une couleur telle quelle serait 
produite par toutes le9 couleurs primaires ^ 
excepté celle de lobjet^ ^^ Avec de la lumière 
latérale, la couleur est composée du spectre 
inverse de Tobjet central , et du spectre di- 
rect des objets circonvoisins , en proportion 
de leur quantité et de leur éclat respectifs. 

a. Variation et vii^acité des spectres occasion^ 
nées par une lumière étrangère. 

Le spectre inverse , comme nous venons 
de le dire , est analogue à une couleur for- 
mée par la combinaison de toutes les couleur^ 
primitives , bbrs celle par laquelle Toeil a été 
fatigué en faisant Texpériencè : ainsi le spec- 
tre ii^verse du rouge est un vert comme celui 
qui serait produit par une combinaison de 
toutes les autres couleurs du prisme. Or, il 
faut remai^uer que ce spectre inverse du 
rouge est par conséquent le spectre direct 
dune combinaison de toutes les autres cou- 
leurs du prisme, excepté le rouge; doù il 
résulte qu en portant la vue d un morceau de 



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4^8 Bes spectres oculaires. SE<rr. XL. r. ^4 

soie ronge sur une feuille de papier blanc ^ 
le spectre Tert que Ton aperçoit , peut être 
considéré ou conune le spectre inyerse de la 
soie rouge 5 ou comme le spectre direct de 
tous les rayons émanés du papier blanc , bor9 
le rouge; car dans le fait il est Tun et l'autre; 
Nous Yoyons par-là la raison pourquoi il n est 
pas facile d'obtenir un spectre direct d'un 
objet coloré quelconque pendant le }our, où 
il y a beaucoup de lumière latérale, à. moins 
que ce ne soit d'objets bien éclataris , tel que 
le soleil coucbant, ou en regardant à trayerst 
un tube obscur; parce que la lumière laté-» 
raie externe tombant aussi sur la partie cen- 
trale de la rétine ^ contribue à produire le 
spectre inverse , qui est en même temps lé 
spectre direct de cette lumière latérale , dé- 
duction faite seulement de la couleur de 
l'objet central que Itin vient de regarder. Et 
par la même raison, il est difficile d^obtenir 
le spectre inverse lorsqu'il n y a point de lu- 
mière latérale pour contribuer à sa formation. 
Ainsi en regardant à travers un tube opaque, 
sur une muraille jaune, et en fermant Vautre 
oeil pour empêcher ladmission de la lumière 
latérale, tous les spectres étaient d abord jau- 
nes; mais enfin ils se changeaient en bleu. 
£t en regardant^ de la même manière sur du 
papier rouge , j'ai enfin obtenu un spectre 
vert ; mais au commencement tous étaient 



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SÉct. ^« %. 3. Des spectres ocutair^i 4^ 

Jauges i leffet fut lé méniè après avoir regardé^ 
îpendant la nuit , une chandelle allumée. 

Le spectre inTérse se forma avise plus âû 
£Eioilité lorsque Tœil se porta de rob)et sur 
une feuillue de papiier blane , ou lorsque la 
lumière fut admise à travers les paupières 
fermées ; parce que tion seulement la partie 
fatiguée de la rétine était inclinée à subir uu 
mouvement spontané contraire à cette direc-. 
tion, mais étant encore sensible à tou^ le» 
autres rayons lumilieux , hors celui qui lavait 
fatiguée en dernier lieu , elle était en mém^e 
temps stimulée par ces rayons et prenait cesr 
xnouvemens qui forment le spectre inverse. 
Ainsi quand le spectre inverse d'une couleuç 
quelconque commençait à s'affaiblir \ on Iq 
revivifiait singulièrement en admettant pluis 
de lumière à travers les paupières, en tetiraiît 
la main qui les couvrait : et de même en 
<K)Uvrant les paupières fermées, le spectre 
disparaissait souvent pendant quelques in- 
stants , ]usqu à ce que la rétine devînt sensi-* 
ble au stimulus d'une petite quantité de lu- 
mière > et alors il reparut. Non seulement ce 
spectre changeait en vivacité et en degré par 
Fadmission de la lumière à travers les pau- 
pières ; mais il firrivait fréquemment^ qu'après 
avoir regardé des objets éclatans , le spectre 
dans Tœil fermé et couvert fut changé en un 
troisième spectre, lorsque la lumière put pas^ 
Tome IL 2S 



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43q Des spectres oculaires. Skct* XL. x. s. 

^r par les paupières: et ce troisième spectre 
était composé de couleurs qui / pouyaient y 
pénétrer i sans celles de Pobjet. Ainsi quand 
une aire d^un demi-pouce de diamètre de 
papier rouge était vue sur une feuille de pa- 
pier blanc et au soleil , les yeux étant fermés 
et couverts , le spectre , était vert ; mais en 
retirant les mains , il devint jaune , et re- 
prit sur le champ sa couleur verte , et cela 
continua aussi souvent que les mains étaient 
alternativement appliquées sur les paupières 
et. en étaient retirées : car la rétine étant 
pour lors insensible aux rayons rouges , les 
rayons jaunes passant par les paupières en 
plus grande quantité que les autres couleurs , 
produisaient un spectre jaune; tandis que 
si le spectre était porté sur du papier blanc y 
les yeux étant ouverts , il devenait seulement 
d'un vert pâle* 

^ Quoiqu'une certaine quantité de lumière 
facilite la formation du spectre inverse « une 
trop grande quantité Pempéche {d^avoir lieu ; 
parce quun stimulus plus puissant .excite 
raction des parties mêmes qui sont fatiguées ; 
s'il en était autrement on verrait le spectre 
de Pobjet le dernier vu , aussi souvent 
quon tournerait les yeux. Ainsi les spectres 
inverses sont plus visibles en approchant gra- 
duellement la main des paupières fermées et 
seulement jusqu'à une certaine distance^ qui 



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&5CT. XL. X. 34 Des spectres ocutaîres* 4^%] 

doit varier en raison de la clarl)é du jour > 
ou de rénergie du spectre. Ajoutons à cela^ 
que tous les spectres obscurs tels que les 
noirs ^ les bleus ou les terts , donnent des 
spectres rougeâtres , si on admet le passage dé 
la lumière à travers les paupières , ap/ès 
quelles ont été couvertes pendant quelque 
temps ; ce dont j^ai donné les raisons dans la 
Section 111. expérience !'•* 

JPuisqûe la lumière étrangère coïncide avec 
les efforts spontanés de la rétine fatiguée pour 
produira un spectre inverse , comme je Tai 
fait observer , il n'est pas aisé d^obtenir ua 
spectre direct, excepté d^objets qui ont plus 
de splendeur que la lumière ambiante , tels 
quune chandelle le soir, le soleil couchant^ 
ou un objet éclatant vu à travers un tube 
obscur ; et alors le spectre inverse est produit 
sur le champ par Padmission d\ine lumière 
extérieure , de même on le convertit de 
suite en spectre direct, en interceptant cette 
lumière. Ainsi en regardant le soleil couchant 
tt en se couvrant les yeux après les avoir 
fermés * on voit un spectre jaune , qui est le 
spectre direct du soleil couchant ; mais si im- 
médiatement après on regarde le ciel , le spec- 
tre jaune se change aussitôt en bleu , qui est 
iHnverse du soleil jaune, ou le spectre direct du 
ârmamentbleu, ou une combinaison des deux. 
Ce spectre se change encore en jaune lors- 



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43i Pes spectres oculaires. Sect. XL. X. a» 

^'on ferme'les yeux, et ainsi réciproquement, 
aussi TÎte quon peut ouvrir et fermer les 
yeux. Ceci explique pourquoi Mr Meïvill 
a obseryé que les scintillations de Pétoile 
Sirius étaient quelquefois colorées; ces scin- 
tillations étaient probablement le spectre di- 
rect du bleu du ciel sur les parties de la 
rétine fatiguées par la lumière blanche^ de 
rétoile. (Ëssays physical and literary^ p. 8i. 

Lorsquun spectre direct est porté sur des 
couleurs plus foncées que lui, il fie mêle 
avec elles; tel est le spectre jaune du soleil 
couchant porté sur Therbe verte , et qui 
devient dVn jaune verdàtre. Mais quand un 
spectre direct est jette sur des couleurs plus 
vives que lui „ il se change sur le champ en 
spectre inverse, qui se mêle avec ces cou^ 
leurs plus vives. Ainsi le spectre jaune du 
soleil couchant porté sur le ciel lumineux 
devient bleu, et change avec la. couleur ou 
l'éclat des nuages sur lesquels il parait. 
Mais le spectre ^inverse se mêle avec toutes 
les espèces de couleurs sur lesquelles il a 
lieu, soit quelles soient plus vives ou plus 
obscures que lui : ainsi le spectre inverse 
que Ton a obtenu en regardant un morceau de 
soie jaune , étant porté sur un papier blanc , 
était d^un bleu verdàtre brillant; et lorsqu^il 
fut jette sur un morceau de maroquin noir 



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Tom. II. p. a* 45?. 



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Sect. XL. X. 5* Des spectres oculaires. 455 

il est devenu dVn violet foncé. Le spectre de 
la soie bleue pris sur du papier blanc , était 
d^ùn jaune pâle ^ et sur de la soie noire il était 

* dVne couleur orangée obscure ; et le spectre 
bleu, obtenu d'un morceau de soie orangée^ 
jette sur une couleur jaune , est devenu vert. 

Dans ces cas la rétine est mise en activité 
par le stimulus des couleurs extérieures en 
même temps qu elle conserve son activité ou 
sa sensation (jui produit les spectres ; de la 
même manière que les couleurs du prisme 
peintes sur la tête d^une toupie sont suppo* 
sées être mêlées ensemble* Quand les cou- 
leurs des objets extérieurs sont plus vives 
que le spectre direct qui est porté sur elles ^ 
elles le changent en spectre inverse v comme 
Tadmission de la lumière externe sur le spec- 
tre direct , ainsi que je Tai expliqué plus haut. 
Lorsqu'elles sont plus foncées que le spectre 
direct f elles s y mêlent, leur faible stimulus 

* étant insuffisant pour produire le spectre 
inverse. 

5. Variation des spectres rele^tii^ement au norn^ 
bres , à la forme ^ et à la rémission. 

Quand on regarde long-temps et attentive* 
ment un objet quelconque , Foeil ne peut pas 
toujours rester entièrement immobile; ainsi en 
regardant fixement un morceau circulaire de 
soie rouge placé sur une feuille de papier blanc « 



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5^54 Ues spectres oculaires. Sect. XL. x. 5, 

on Toit un croissant lucide qui se balance sur 
Tun ou l'autre côté du cercle rouge : parce que 
les parties externes de la rétine tombant quel* 
quefois sur le bord du morceau de soie du 
centre et quelquefois sur le papier blanc , 
sont moins fatiguées par les rayons rou- 
ges que la partie centrale d^ la rétine j 
qui y est èonstamment exposée , et par con-^ 
séquent lorsqu'elles tombent sur les bords 
de la soie rouge, elles les perçoivent plus 
Tivement. Lorsqu'ensuite Fœil cammencc à se 
fatiguer , on voit un spectre yert sous la forme 
d'un croissant^ qui se balance d'un côté ou de 
l'autre du cercle central^ parce que la mo- 
bilité de l'œil fait quune partie de la rétine 
fatiguée tombe' sur le papier bjanc , et parce 
que la fatigue de l'œil augmentant , la par- 
tie centrale de la soie parait plus pâle : alors 
le bord sur lequel la partie non fati[guée de 
îa rétine se porte , parait d'un rouge plus 
foncé que la soie type ^ parce qu'elle est com- 
parée à sa partie interne qui est pâle. Mr de 
Buffbn , en faisant cette expérience , observa 
que }e bord rouge de la soie était non seule- 
ment plus coloré que la soie originale , mais 
en se reculant un peu y elle lui parut oblongue 
et enfin se diviser en deux ^ ce qui sans doute 
provenait de ce qu'il l'observait soit en-deçà 
ou au-delà du point d'intersection des deux 
axes optiques. Ainsi, ^and on tient un^ 



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Sect. XL. X. 3. Des spectres oculaîres. t^B 

plume à écrire deyant une chandelle éloignée 
et qu'on regarde fixement la plume , oi» yoit 
deux chandelles derrière la plume ; et fli Ton re» 
garde attentivement la chandi&lle, on voit deux 
plumes. Si la vue jiesl pas fixe quand on 
regarde le soleïl, même en ne faisant usage 
que d'un œil, on Toit plusieurs images du 
, soleil , ou des signes lumineux lorsque l'œil 
est fermé. Comme certaines parties de ces 
images sont plus yives que d^autres , et que 
plusieurs parties sont produites plus près du 
centre de l'œil , ces dernières disparaissent 
plutôt que les autres ; et ainsi le nombre et 
la forme de ces spectres du soleil Tarient con- 
tinuellement aussi long-temps quUls existent. 
La cause du plus d'éclat de quelques-uns 
consiste dans là mobilité del^œil , qui fait que 
plusieurs parties de la rétine sont exposées 
plus long-temps aux rayons du soleil. L'ex- 
périence suivante prouve que certaines par-' 
ties d'un spectre compliqué s'évanouissent et 
reviennent avant d'autres parties* Dessinez 
trois cercles concentriques ^ dont l'externe 
ait un pouce et demi de diamètre , celui du 
milieu un pouce et l'interne un demi-pouce; 
colore^ les cercles externe et interne en bleu 
et celui du milieu en jaune ^ comme dans la 
fig^ 4- V 'dprès avoir fixé les yeux pendant une 
minute sur le centre de ces cercles au grand 
^opr ^ le spectre du cercle externe parait 



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456 Des spectres oculaires. Sect. XL. x. 4» 

d^abord dans Poeil fermé , puis celui du mi« 
lieu et enfin celui du centre ; ensuite ce 
dernier disparait et les autres suivent dans 
un ordre inverse : si ou ajoute des cercles 
concentriques d^un plus grand nombre de cou* 
leurs , on obtient un beau spectre toujours 
changeant^ comme dans le paragr. I. expér. 2. 
Il paraîtrait donc de*là que le centre de Poeil 
produit des rémissions plus promptes de 
spectres , peut*ètre à cause de sa plus grande 
sensibilité^ ou de ses exertions plus éner- 
giques. Ces rémissions de spectres ont une 
certaine analogie avec le tremblement des 
mains et les palpitations du cœur chez les 
personnes faibles ; et peut-être en mesurant 
exactement la durée de l'exertion d'un mus- 
cle ou d'un nerf, pourrait-on obtenir une 
règle certaine pour juger de sa force. 

4» J^ariaiions des spectres relatwement à Véclat ; 
visibilité de la circulation du sang dans Vœil. 

i . La lumière du midi ou celle du soir pro- 
duit une différence dans les couleurs de cer* 
tains spectres ; car à mesure que le soleil 
descend , les rayons rouges , qui sont moins ré- 
frangiblés par la convexité de Tatmospbère, se 
présentent en grande quantité ; de^'là le spec* 
tre des parties éclairées d'une fenêtre , vers 
le soir x>u le watin de bonne-heure, est rouge ^ 
et devient bku uu peu plutôt ou un peu 



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SecT* XL. X. 4* P^^ spectres oculaires^ 4^7 

pins tard ^ et blanc au milieu du jour s il 
Tarie aussi en raison de la couleur des nua^ 
ges ou du ciel qui sont en iace de cette 
fenêtre. 

3. Toutes ces expériences sont susceptibles 
de se confondre si on les fait à tf op peu de dis- 
tance les unes des autres , parce que le der**> 
nier spectre se mêle avec les nouyeaux. Cette 
circonstance est très -désagréable pour les 
peintres qui sont obligés de fixer long-temps 
les yeux sur une même couleur , et particu* 
lièrement pour ceux dont les yeux « vu leur 
débilité naturelle^ ne peuvent pas continuer 
long-temps le même mode d^exertion. Voilà 
pourquoi en faisant ces expériences les résul- 
tats sont fort variés si les yeux , après s'être 
fixés sur un objet quelconque ^ se portent sur 
un autre y ne fût-ce que pour un seul instant ^ 
avant de les fermer pour voir le spectre ; 
car la lumière qui vient de Pobjet , quon n a 
Vu que rapidement dans le mouvement même 
où on ferme les yeux , agit comme un stimu- 
lus sur la rétine fatiguée , et empêche pen-» 
dant quelque temps que le spectre attendu 
ne paraisse, ou il mêle avec lui son propre 
spectre ; ainsi quand les yeux sont (ermés « 
on voit un fond obscur ou des couleurs 
inattendues , pendant plusieurs instans avant 
que le spectre désiré ne soit distiîictemenk 
Tisibk, 



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458 Des spectres heulaires. Sect. XL. x. 4* 

3« Le temps qui se passe à considérer un 
objet dont on Tcut observer le spectre , fait 
une grande différence dans son apparence , 
non seulement quant à, la vivacité , mais 
encore quant à la couleur ; parce que le spec- 
tre direct de Tobjet central ou de ceux 
environnans , aussi-bien que le spectre inverse 
de l'un et des autres , avec leurs diverses 
combinaisons, ainsi qUe leur durée dans Toeil^ 
et leur rémissions et altérations dépendent 
. du degré de fatigue auquel la rétine est 
assujettie. Le chevalier d^Arcy a construit 
une machine au moyen de laquelle un char* 
bon ardent était mu circulairement dans 
l'obscurité , et il trouva que quand un corps 
lumineux fait une révolution en huit tierces « 
il présente à Fœil un cercle complet de feu; 
d'où il conclut que Pimpression reste sur 
l'organe pendant environ un septième de 
seconde. ( Mémoires de Tacadémie des scien- 
ces, année 1765 )• Il faut néanmoins consi-^ 
dérer ceci comme la durée la plus courte de 
ces spectres directs ; car dans l'œil fatigué les 
spectres direct et inverse avec leurs inter- 
missions , semblent durer plusieurs secondes 
et paraissent très-variables en proportion des 
circonstances de façigue ou d'énergie. 

4^ 11 arrive quelquefois ^ quand Içs globes des 
yeux ont été frottés rudement avec les doigts, 
Çue Ton voit des étincelles brillantes ^i 



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Sect. XL. X. 4i Des spectres oculaires. t^Z^ 

ont un moiiyement très-rapide dans le spéc* 
tre auquel on fait attention. Ceci est analo* 
^ue aux étincelles que produit un coup de 
poing sur Tœil dans le pugilat , et ressemble 
à la rougeur et à la chaleur qui parait sur 
la peau après une friction , ce qui provient 
probablement de Faccëlération du sang arté- 
riel dans les vaisseaux vidés par la j^ression 
qu^ils ont éprouvée. En s^abituant à obser- 
ver ces légères sensations dans l'œil, il est 
aisé de voir la circulation du sang dans 
cet organe. Je l'ai souvent remarqué lorsque 
j'ai vu que mes yeux étaient extrêmement 
sensibles aux autres spectres. On peut voir 
la circulation soit dans les deux yeux à Ift 
fois , soit dans un çeul ; car comme une cer. 
taine quantité de lumière est nécessaire pour 
produire ce phénomène curieux , si on ap- 
proche une mafin plus que l'autre' des pau* 
pières , la circulation ne se^ voit plus dans 
cet œil pendant quelque temps. Afin de 
mieux observer la circulation , il est quelque- 
fois nécessaire de se frotter les yeux aveo 
une certaine force après les avoir fermés y 
^t de retenir* son haleine autant qu'on peut^ 
ce qui ^ en ï^ccumulant plus de sang dans les 
yeux , facilite l'expérience ; mais en général 
on peut la voir distinctement après avoir 
examiné d^autres spectres en ayant le dos 
%owpié au jouir ^ jusqu*à cç qvu^ les yçux soient 



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44^ •Z'^^ ^p^ctres oculaires. Sect. XL. x. 5. 

fatiguée ; puis ayant couvert les paupières 
fermées pendant une demî-^minute jusqu^à. ce 
que le spectre qu^on observait soit évanoui ; 
tournez-vous vers le jour et retirez les 
mains de dessus les paupières ^ ensuite re- 
couvrez-les encore un peu, et la circula- 
tion deviendra très-distincte. On voit en géné«- 
ral que les courans du sang s'unissent , ce 
qui prouve que cette circulation est veineuse » 
et doit être attribuée je crois , à la plus 
grande opacité de la couleur du sang dans 
ces vaisseaux; t%T cette circulation veineuse 
est aussi beaucoup plus aisément apperçue 
au microscope.^ dans la queue d^un têtard. 

5. f^ariation des spectres relatwement à Vap^ 
parence et au volume } ai^ec une nouçèUe 
manière de grossir les objets. 

I. Nous avons observé plus haut , que » 
quand les deux couleurs vues ensemble sont 
opposées Pune à l'autre comme le jaune et le 
bleu , le rouge et le v«rt^ etc, conformément 
à la table des réflexions et des transmissions 
de la lumière dans . le traité d^optiquq de 
Sir Isaac Newton , liv. 2. fig. 3. , les spectres 
de ces couleurs sont les plus brillans de tous 
et les mieux définis « parce quUls sont com- 
posés du jspectre inverse dVne couleur et 
du spectre direct de Tautre. De4à» dans les 
livras imprimés en petits caractères 9 ov. àênt 



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SECir. XL. X. 5. Des speâtres oculaires. 44^ 

les petites graduations du thermomètre ou 
des cadrans , que Ton doit Toir d^une cer- 
taine distance , si les lettres ou chiffi*es sont 
colorés en orange et le fond en bleu indigo j 
ou si les lettres sont rouges et le fond vert ^ 
ou enfin si on fait usage pour les lettres de* 
toute autre couleur lucide, dont le spectre 
soit analogue à la couleur du fond, ces let-« 
très seront bien plus visibles et moins con- 
fuses^ que si elles étaient noires ou blanches: 
parce que le spectre de la lettre étant de la 
même couleur que le fond sur lequel on la 
Toit , la mobilité de Toeil en j' regardant 
long'temps ne produira point des lignes co- 
lorées sur les bords de la lettre, ce qui est 
la cause principale de la confusion. La beauté 
des couleurs qui sont Toisines lune de Tautre ^ 
et dont les spectres sont réciproquement 
semblables à chaque couleur , provient de 
la plus grande facilité que l'œil éprouve à 
les apercevoir distinctement , et il est proba- 
ble que dans Porgane de Pouïe, une circon* 
stance semblable peut être la cause du plai- 
sir que nous procure la mélodie. Sir Isaàc 
NevFton observe que Tor et Tindigo' sont 
agréables à voir ensemble , et il croit qu'il 
peut y avoir quelqu'analogie entre la sensa* 
tion de la . lumière et celle des sons. ( Opti- 
que , qu. 14. ) 
Quand on regarde le spectre d'objets bril* 



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443 toes spectres oculaires. Sect. XL. x. 5> 

lans ^ tel que celui d^une aire de soid 
rouge d'un demi-pouce de diamètre sur du 
papier blanc , il est aisé de le grossir jusqu aa 
décuple de son Tolume naturel : car, si lors- 
que le spectre est formé ^ on continue à tenir 
les yeux fixés sur la soie , et qu ou Téloigne 
ensuite de quelques pouces « on verra un cer- 
cle vert autour de la soie rouge^ parce que 
Tangle maintenant soustendu par la^ soie 
est plus petit que lorsque le spectre a 
été formée mais celui du spectre reste le 
même ^ et Timagination place Pun et l'au- 
tre à la même distance. Ain^i quand on re-. 
garde un spectre sur une feuille de papier 
blanc , si on approche l'œil du papier , on 
peut le réduire à un point ; et si on éloigne 
le papier de Fœil , le spectre paraîtra aggrandi 
en proportion dfe îa distance. 

Je fus agréablement surpris et amusé pai*^ 
Texpérience suivante. Je color&i en jaune ua 
morceau de papier de quatre pouces environ 
en carré, et avec de l'encre bleue j'écrivis 
au milieu le mot BAInKS en majuscules , 
comme dans la fig. 5. , et tournant le dos au 
soleil je fixai mes yeux pendant une minute sur 
le centre de la lettre N , placée dans le milieu 
du mot; fermant ensuite les yeux et les cou* 
vrant un peu de la main^ je vis distincte- 
ment le mot écrit eii lettres jaunes sur un 
fo^id bleu; puis ouvrant les yeux et regar- 



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Tom IL p. 44t. 




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Sëct. XL- X. 5. Des spectres oculaires, 44^ 

daht une muraille de. couleur jaunâtre à vingt 
pieds de distance , le mot BAKKlS a§grandi 
me parut écrit sur le mur en caractères 
d'or. 

6. Conclusion. 

Le savant Mr de Sauvages , a observé 
(Nosol. method. cl. viii. ord. i.) que Fou 
pourrait voir les pulsations de Fartère opti- 
que en regardant attentivement une muraille 
blanche bien éclairée. On voit en effet une es- 
pèce de réseau plus obscur que le reste de la 
muraille, qui parait et disparaît alternative- 
^tnentà chaque pulsation. II. attribue avec rai- 
son ce changement de couleur de la muraille à 
la compression de la rétine par la diastole de 
Tartère. Les diverses couleurs produites dans 
l'œil par sa compression avec le doigt , ou 
par un coup sur cet organe , ainsi que l'a 
observé Sir Isaac Newton , paraissent provenir 
aussi de la pression inégale sur différentes 
partie de la rétine. Or, puisque ce savant 
physicien a démontré , que toutes les diffé- 
rentes couleurs sont réfléchies ou transmi- 
ses par les lames d'une bulle de savon ou 
d'air ^ selon le degré de leur épaisseur ou de 
leur ténuité , n'est -il pas probable que Teffet 
de l'activité de la rétine peut être d'opérer 
des changemens dans son épaisseur ou sa 
ténuité y de manière à la rendre plus propre 



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444 ^^^ speùtfTS oeutaùres. Sect* XL. x. 5* 
à refléter ou transmettre les couleurs qui là 
stimulent et la mettent en action? Ne peut« 
il point eiister pour cet effet dans la rétine 
des fibres musculaires moins déliées que 
celles des muscles loco-moteurs des animal- 
cules microscopiques ? Ces actions muscu- 
laires de la rétine ne peuvent-elles pas con^ 
Stituer la sensation de la lumière et des 
couleurs ^ et leurs répétitions Yolontâires 
pendant Tabsence de Pobjet ne constituent- 
elles pas la faculté de nous les rappeler ? 
Enfin « les lois de la sensation de la lumière, 
que nous Tenons de considérer, ne seraient' 
elles pas applicables à tous nos autres sens, 
et ne pourraient*elles pas contribuer beau* 
coup à éclaircir plusieurs phénomènes des 
corps animaux dans Pétat de santé et dans 
celui de maladie ; et rendre ainsi ces rc 
cherches dignes de l'attention du médecin, 
du métaphysicien, et du physicien? 

1' Novembre lySS. 

Dam y Liber! Astra petis voliuns trepidanubus aliâ^ 
Irruis immemori , par?ala guua^ mari. 

Me quoque^ me corrente rotâ revolubilis aecas 
Yolverii in teaebras » * i > Liber, ipse sequor« 



Fin de la première partie. 



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INDEX 

Des Sections de la première partie. 



A. 



A. 



^BSORBANS» voyez sect. xxii. a. xxix. i. 

- Ils communiquent avec la verne-porte, XXVII.' d. 

Ils regorgent leurs fluides, xxix. 2. 

leur valvules, xxix. 2. 

Absorption des solide», xxxiii. 3 i. xxxviit. 

- - - - des fluides dans Tanasarque., xxxv. 1. 3. 
.... dans le bain chaud, xxix. 1. 3. 

Accès de fièvre, xxii. 7. i. xxxit. 3. 4. xxxii. 9. ^ 

leurs périodes comment elles sont produites, 

xii. 2. 3. xxxii. 3. 4. 

'leur traitement par le kina , xxii. 3, 4. 

Accès de froid (P) produit la fièvre , xxxii. 3. 2. 

de la fièvre, xxxii. 4. xXxii. 9. XVII..3. 3. 

Accès de chaud (une conséquence de 1') xxxii. 9. 3, 

Accumulation de puissance sensoriale, iv. 2. xii. 5. a. 

Actions de Tinsiincc (définition des) xvi. i. 

Action d'avaler, xxv. i. xxvi. 4. 

Activité trop^ grande du système ( traitement de V ) xii. 6. 

- - - trop petite (traitement de T) xii. 7. 
Air; sentiment de Tair frais, xiv. 8. 

- «• il empire les ulcères, xxviii. 2. 

- - injecté dans les veine??, xxxii. 5. 

Air froid (utilité de T) dans les fièvres, xxxii. 3. 3. 

Alcool; ses effets délétères , xxx. 3. 

Alaitement des enfans ( sensation produire par !*) xtv. 8. 

Alimen? (dégoût pour les) tirés du rèçne animal, xxxvill. X» 

Allitérations; pourquoi elles sont agréables, xxii. 2. 

Aloès en petites do^es, xiî. 3. i. 

Américains, (les naturels ) fiont indotens, xxxi. 2. 

ils ont le> épaules étroites, xxxi. l. 

Amour animal , xiv. 8. x^i. 5. 

- - - sentimental, son origine, xvi. 6, 
Analogie intui^ve, xvn. 3. 7. 

Tome IL' 59 



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44^ IndeXé 

AniroalcQies, ou animaux microscopiques, xxxvn. 2. ^» 
Animaux» ils éonc moins sujets à la manie, xxxiii. i. 

- • • - ils sont moins sujets à la contagion, xxxiii. i. 
.... ils soùt plus faciles à conserver qu'à reproduire, XXXVIII. 4. 
. - - - comment on les enseigne, xxii. 3. 2- 

.... leur ressemblance les uns aux autres , xxxix. 4. 8. 
^ - - • les changemens qu*ils subissent après leur naissance , 
xxxiXf 4. 8. 

• • - - lescbang(m.qu*ilssubissentavantlanaissance,xxxix.4.8. 

. . « . pourquoi ils sont moins sajea aux maladies conta- 
gieuses, XXXIII. I. 5. 

- - • • pourquoi ils sont moins sujeu an délire et à la ma* 

nie, XXXIII. i. 5. 
Antipathie x. a. a. dormeurs, xxi. 2. 2« 
Aphtes, xxviii. 
Apoplexie, xxxiv. i. 7. 
Appétence animale, xxxix. 4. 7. 
Appétits, XI. 2. 2. XIV. 8. 
Architecture, xii. 3. 3. xvi. 10. 
Asperges, leur odeur dans Torine, xxix. 
Association, (définition de T). 11. 2. 11. iv. 7. v. 2. 

• - - • Ç\ts mouvemens par) sont plus forts que ceux par 

irritation, xxiv. 2. 8. 

• - - - des mouvemens , elle est formée avant la naissance , XI. 3. 

• • • • des mouvemens avec des monvem^ns irritatifs , xxiv. 8. 

• - • • des mouvemens avec des mouvemens rétrogrades, 

XX V. 7. XXV. 10. XXV. 15. 

- . - > des mouvemens ( maladies produites par 1*) xxxv. 
Asthme, XVIII. 15. 

Atrophie, xxviii. i« 
Attention, (langa(te de 1*) xvl. 8. 6. 
Aversion, (origine de T) xi> 2. 3. 
Avçrtement par la peur, xxxix. 6. 5. 

B. 

Bain chaud, xxix. 4. 5. 

- - - froid, pourquoi il fortifie, xxxii. 3. 2. 
dans les hémorraghies pulmonaires, xxvii. 

. . ^ - • (difficulté de respirer dans le) xxxii. 3. 2. 
Balançoire, pourquoi elle est agréable, xxi. 3. 
Bandage (le) favorise Tabsorption, xxxiii. 3. ta. 



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Index. , 44l 

Baccemeiic du son des cloches > xx. 7. 
Beauté (sencimeoc de It ) commem produit, xvi. 6. xxii. s* 
Beaux arts, xxii. s. 

Bégayement, sa définition, xvii. i. 10 xvii. 3. 10. 
Bile (regorgement de la) dans le sang, xxiv. 2. 7. 
. - ( vomissement de ) xxx. 3. 
Brutes, elles diffèrent de l'homme; en quoi, xi* 9* 3* xvi. !/• 

- . - voyez animaux. 

Bttxton (bain de) xii. s. i. xxxii. 3. 3. 

c. 

Calculs biliaires, xix. 3. xxv. 17. 

Canaux biliaires, xxx. 

Capillaires (les vaisseaux^ sont des glandes, xxvi. i. 

Catalepsie, xxxiv. i. 5. 

Caténation des monvemens, (définition de la) 11. a. iv. 7, 

.... (cause de la) xvii. 1. 3. 

.... décrite , xvii. 

- - - - ellecontinuequelque temps après sa production* XVII. t. 3^. 

- - - - volontaire désunie pendant le sommeil, xvii. i. a. 

xvn. 3, 13. 
Catarrhe par le froid de ^ peau, xxxv. 1. 3. xxxv. a. 3. 

- - - causé par un bonnet de nuit trop léger, xviu, 15, 
Caihartiques externes , Jeur opération, xxix. 7. 6. 
Causation animale, définition, 11. a. iv. 7. 

Cause des causes, xxxrx. 4. 8. 

- - - inertes et efficientes , xxxix. la. a. 

• - - active et passive, xxxix. la. 3. 

- - - prochaine et éloignée, xxxix. la. 4. 
Cellules aériennes des jpoumons , xxviii. a. 
Céphalalgie, xxxv. a^ i. 

Cercle diurne des actions, xxv. 4. 

Chaleur, (sentiment de la ) xiv. 6. xxxii. 3. t. 

----- produite par les glandes , xxxn. 3. 

• - - - interne et externe, xxxn. 3. 1. 

- - - - répandue dans l'atmosphère, xxxii. 3. l. . 

' - - - elle augmente pendant le sommeil , xviii. 15. 
Chambre obscure, pourquoi nous y voyons bien, xii. a. i. 
Charlatans leurs annonces causent beaucoup de mal. Préface. 
Chatouiller, (pourquoi les enfans eux-mêmes ne peuvent pas se) 
xvii. 3. 5* 



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Gôogk 



'448 Index. ' 

Chacouillement , kiv. 9. 
Cheveux ec ongles, xxxix. 3. 2. 

- - - - (couleur des) xxxix 5. i, 
Ch>cn euragé. (morsure d*un) xxiî. 3. 3. 
Choléra niorbu^, (description d'un cas de) xxv. 13. 
Ch^le, xxxix> a. 

Circulation visible dans Toeil » XL. 10. 4. 

CoDcupî>cence, xiv. 8. xvi. 5, 

Contagion, xii. 3. 6. xix. 9. xxxiiî. a. 6. et 8.' xxii. 3. 3. 

- - • - (1» ) n'entre point dans le sang » xxxi|i. a. 10. xxii. 3. 3. 
Contraction et arrractitn , iv. 5. 

- - * - (la) produit la sensation, iv. 5. Xli. I. 6. 

- - - - elle continue pendant quelque temps, xii. i. 5- 

- . . . elle a lieu alternativement avec le relicbement , xii. i . 3. 
Conviction intime (consciousness ) xv. 3. 4. 
------- dans les rêves, xviii. 13. 

Convulsions, xvii. i. 8. xxxiv. i. i. et 4. m. 5. 8. ^ 
..... de quelques muscles particuliers, xvii. i. 8. 

---.-( périodes de la ) xxxvi. 3.9. 

Coryza. Voyez Catarrhe, 

Coucou, xvi. 13-5. 

Couleurs des animanx, (la cause efficiente de$ ) xxxix. 5. i. 

.... de leurs œufs par Timagination de la femelle , xxxix. 5. i. 

- - • - de la cboroïde de Toeil, xxxix.*5. i. 

- - - - des nids des oiseaux, xvi. 13. 
Crampe, xviii. 15. xxiv. 1. 7. 

Cïh Çles) dans la douleur, xxxiv. i. a. 

Critiques (jours) produits par la lunaison, xxxvi. 4. 

D. 

DÊBiLiTé de puissance sensoriate et de stimulus, xii. a. i. 

directe et indirecte du DrBrown, xn. a. i. 

xxxii 3. 2 

( îéfiniiibn de la ) xii. i. 3. xii. a. i. xxxii. 3. a. 

•. ^. . - - (cure de la) xii 7. 8. v 

. - - - produite par des boissons spiritueuses , (cure de la) 
xu. 7. 8. 

dans les fièvres, (cure de la) xxi. 7. 8. 

D<5fiit1ance , ^11 7. I. 

Définition d) puissances sensoriales , v. ^. 

pégoûc de nourriture animale » xxviii. I» 



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Index. 449 

DéUbéntioa ( qQ*est* ce que c^est que la ) xxxiv. t. 
Délire (deux espèces de) xxxiii. i. 4» xxxiv. a. 2. 

- - - (cas de) m. 5. 8. 

- * - empêché ptr les rêves» xviii. ft. 
Démangeaison, xiv. 9. 

Dents gâtées, elles causent des maax de tête, xxxv. d. f. 
Désir, (origine du) xi. 2. 3. 
Diabètes expliqué, xxix. 4. 

- - • avec urine sanguinolente, xxvii. a, 

- - - pendant la nuit, xviii. 15. 
Diarrhée, xxix. 4. 

Difficulté de parler, xvii. l. 10. xvii. 2. 10. 
Digestion, xxxiii. i. xxxvii. 

• - - • fonifiée par Témétique, xxxv. i. 3. 

• - • - elle se fait mieux aux heures régulières (pourquoi) 

XXXVI. a. I. 
Digitale, son utilité dans Thydropisie, xxix. 5. a* 

- - - prise en trop grande dose, xxv. 17. 
Distention, elle agit comme un stimulant, xxxii. 4. 

- - - - Voyez extension, ^ 
Distinguer, (Pactionde) xv. 3. 

Douleur par excès ou défaut de mouvement, ly. 5. xii. 5. j. 

xxxiv. I. x^xv. 2. I. 
. .' - (la) n'est point sentie pendant Texertion, xxxiv. i. 2. 

- - • produite par une grande contraction des fibres, xii. 1. d« 

* paraccumulationdepuissancesensortale,xii«5.3« 

XXIII. 3- I* 

• - - - . - par la lumière, la pression, la chaleur, les caos* 

tiques, xiv. 9. 

- - - dans Tépilepsie, xxxv. 2. i. 

- - - éloignée de sa cause , xxiv. 8. 

- - - causée par une pierre diins la veasie , xxxv. 2. |« 

- • - de tête, xxxv. 2. 1. 

- - - dans la tête et dans le dos par défaut de chaleur, xxxii. 3* 

- - - par une pierre dans la vésicule du fiel, xxxv. 2. i.xxv. 17 • 

• - - de Testomac dans la goutte, xxv. 17. 

- - ' de Tépaule dans Thépatite, xxxv. 2. 4. 

• - - elle produit la volition, iv. 6. 
Doute , XV. 3. 

Pyspna:a dans le biûn froid ^^ p^M* 3* ^. 



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iSo 2ndex. 

E. 

Electricité» xii. i. xiv. 9. 

(jauoisse guérie pitr) »x. a. 

• mimale, xiv. 5. 

Embryên produit par le mâle, xxxix. a. 

. - • - il consiste en une fibre vivante , xxxix. 4. 

' - - - Il absorbe la nourriture et reçoit l'oxygène, xxxix. i. 

- - - - ses actions et sensations» xvi. a, 
Eniétique, voyez Fomissemcnt, 
Emotions» xi. 2. 2. 

Enfant chevauchant sur un bâton, xxxiv. a. 6. 

- - - jette avant de naître» xvi. 4. 

Ennui ou lœdium vit*, xxxiv. a. 3. xxxin. i. i. xxxu. é. 
Epsules larges» xxxi. i. xxxix. 7. 6. 
Epilepsie expliquée» xxxiv. i. 4. xxvii. t. 

• - - - pendant le sommeil Ccaused'accèider)xviii.i4.eti5. 

Equinoxe, (lunaison de) xxxu. 6. 

Espace , xiv. 2. 2. 

Esprit d'animation » voyez Puissance sensoriaU, 

il cause la contraction fibreuse» iv. 2. 2. f. 

XIT. t. 4. 

possède la solîdité » la figure et autres proprié- 
tés de la matière, xiv. 2. 3. 

Esprits et anges ou êtres immatériels, xiv. i. xiv. 2. 4. 

Estomac et intestins , xxv. 

ilîsonr intervertis par un grand stimulus, xxv. tf; 

leurs actions sont diminuées dans le vomis* 

sèment» xxxv. i. 3. 

Estomac (un coup porté sur 1') cause la mort » xxv. 17. 
Etonnement» xix. i. xxxiv. 3. 

(1') est une maladie épileptique, xix. 9. 

Etres immatériels, xiv. i. xiv. 2. 4. 
Exci|>bilité , elle varie constamment, xii, i. 7. 

«ï>« est synonyme à la quantité de puissance senso» 

riale, xii. i. 7. 
Exercice, son utilité, xxxu. 5. 3. 

Exenion de la puissance sensoriale (définition de V) Xll. ». |« 
Existence dans Tespice, xiv. 2. 5. 
Extension, (seniimcmdt 1') xiv. 7. 



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Index. , 4^1 

F. 

Face (îo^gcn' ^^ ^*) ■P''*' ^^ repas, xxxv. i. i. 

- . . pourquoi elle e&td*abordafiectée de la petite-vérole, XXXV. II. ' 

- - - ( robgeur à la ) par inflammatioo du foie , xxxv. 2. &. ^ 
Faiblesse, xxxii. 3* 2* 

. - - - (définition de la) xii. i. 3. xii. a. i. xxxii. 3. 2. 

... - (cure deJa) xii. 7. 8. 

• - - - directe et indirecte du Dr Brown, xii. 3. i. 

• - . • de puissance sensoriale et de stimulus, xii. a. !• 

- . * - ( cure de la ) produite par des boissons alcoolisées, 

XII. 7. 8. 
.... sa cure dans les fièvres, xii. 7. 8. 
«... ou défiaillanee , xii. 5. i. xii. 7. l. 
Faim (sentiment de la) xiv. 8. 
Fibres , voyez Muscles. 

- - • leur mobilité» xii. l. 7. x^l. i. l. 

- . - (contraction des) vi. xii. f. i. 

- - - division de leurs mouremens en quatre classes, vi. 

- - - leurs mou vemens distingués des mou vemens&en5oriaux,v. 3^ ^ 
Fièvre (accès de) xii. 7. i. xxxii. 3. 4. xxxii. 9. 

•« - - son traitement par le kina, xxxii. 3. 4. xii. 3. 4. 

- - - irritative, xxxii. i. 

• ' ' intermittente, xxxii. i. xxxii. 3. 

. - - sensitive, XXX III. I. elle est de deux espèces, XXXI II. 1.3. 
Fièvres, elles ne sont pas un effort de la nature pour se soula- 
ger, XXXII. 10. 

• - - (paroxysme des) xii. 7. i. xit. 2. 3* xn. 3. 5. 

. - - pourquoi Tune n*est pas intermittente comme Tantre» . 

XXXVI.^1. 

• ^- - leur accès de froid, xxxii. 4. xxxii. 9. xvii. 3. 3. 
. - - leurs périodes, xxxvi, 3. 

- - - elles observent des périodes solaires ou lunaires, XXX II. (S. 

- - - (source des symptômes des) xxxii. i. 

- - • (prostration des forces dans les)xii. 4. i. xxxii. 3. 3. 

- - - leur cure, xii. i. i. ' 

- - - guérie par Taugmentation de la volition, xii. 2. 4. 

• - - (quantité nécessaire de stimulus dans les) xii. 7. 8. 
Figure, xiv. 2. 2. m. i. 

Fluides (absorption des) dans Tanasarque, xxxv. i. 3* 



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45^ Indexa 

Foetus^ voyez Embryon^ xvi. a. zxxix. f* 
Foie, (paralysie da) xxxiv. a. 6. 

- - - (grand) d'oies , xxx. i. 6. 
Folie agréable, xxxiv. 2. 6. 

•. - - XXXIV. 2. 1. XI] 2, I. 

Foux, (forces prodigieuse des) xii. a. l, 
Frissonnement, causé par le froid, xxxiv. i. i. et s. 
Frissons après le repas, xxi. 3. xxxv. i. i. 
Froid à la tête, xii. 7. 5. 

- - - il est sensible aux dents, xxxii. 3. i. xiv. 6. 

- • - aux pieds , il produit le coryza, xxxv. a. 3. xxxv. i« 
^ - - (le) n*est pas uo stimulant, xxxiuio. 



Catbaux à fièvres, xxxii. 7. xxxii. ^. 
Génération, xxxiii. 1. xxxix. 
Glandes, xii. i. Conglobées, xxii. a. 

- - • - elles ont leur snmulus particulier, xi. i. 

- - - - elles ont leurs sentiment, xiv. 9. xzxix. 6. 

• - - - elles intervertissent leurs mouvemens , xxv. 7. 

• - - - elles augmentent leur mouvemens , xxv. 7. 

Goutte par inflammation du foie, xxxv. a. a. xviii. 15. xxiv. a. S» 

- • - dans re»tomac, xxiv. 3. 8. xxv. 17. 

- - - pourquoi elle revient après les évacuations, xxxii. 4. 

• - - causée par les boissons spiritueuses seules, xxi. lo. 

- - • (périodes de la) xxxvi. 3. 6. 
Goût, (sens du) xiv 5. 

Grincement des dents dans la douleur, xxxiv. i. 3. 
Gyration sur un pied, xx. 5. et 6. 

H. 

Habitude, ( définition de T ) 11. a. iv. 7. 
Harmonie, xxii. a. 
Hépatite, (cause de T) xxxv. a. 3. 
Hémorrhagie, (périodes de T,) xxxvi 3. a. 

- • - - - par paralysie des veines, xxvil» i. et a. 
Hermaphrodites (in«eetes) xxxix. 5. 

Herpès, xxviii. 

- - - par inflammation des reins, xxxv. 2. a. i 
Hilarité produite par une fièvre diurne, xxxvi. 3* <• 



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lndex\ / 45J 

Homme, commeoc 11 est cUsdngné desl>rotes, zu n. 3. xvi. 17- 
Huile appliquée extérieuremeot daos le diab^(^« xxix. 4. 
Hydropisies expliquées^ xxix. 5. i. 
guéries par la folie, z^ziv. ft. 7. 

- - . - -.(traitemem des J x^i;;. 5. a, 
Hydropbobie, xxii. 3. 3. 
tiypocondracismei zxxiii. i. i. xxxiv» ft. 3. 

I. 

toÉALB (préfence) xv. i. 7. . 
Idées de comparaison , xv. 3. 

- - - ( définition des ) 11. vi. a. 7. 

- - - elles sont des moovemens des organes du s«ndmeqc, tti. 4. 

xvin. 5, 10 et 6. , 

- - . elles sont analogues aux mouvemens mifsculaires; ni. 5» 

- • - elles continuent quelque temps i» xx« 6. 

- - - (on ne peut pas inventer de nouvelles) m. 6. u ^^ . 

* - - abstraites , xu. 6. 4. xv. 5. 

- - - ( séries Vç.ph^rçntcs d') xviii. i6é 

* - - elles périssent «vec les organes ilu ^entlpieiit , ^11. 4. 4* 

* - - elles deviennent douloureuse^ par rinflammation de 

Torgane, yi. 5. $ 

- - - irritatives, vir 1. 4. et 3 4. xy. f>.,ji[x. 7. 

*- - de ressemblance, de contiguité,jde^3a»^»tjoo.,vui. 3- a-x.^. 3. 

- . - elles resscmbleai k la figure ,et aux autres propriétés^ des 

corps, -^iv. 2. a. . . 

* - • reçues en familles, xv. i. 

* - - (les) du même sens se combinent plus facilement, xv. i. i. 
de réflexion, XV. I, 6. il. la, ;^ ^; , . r 

- - - sensitives, xv. a. a. . , .. 

- - - volontaires, xv. a. 3, - . .. ,. i 

- - - volonuires, manière de les reconnaître, xf. a. 3. ipuuv. i^ 
Identité, xv. 3. 5. xviu. 13. 

Imagination, vui. i. a. xv. i.- 7. xv. a a. 

- - -,- - (T) du mâle forme le sexe, flc^ix. .6. 
Imitation, ( origine de P; xii. 3. 3. xxxix. s- »«"• 3« xvi. 7. 
Infection, voyez Contagion, 

Inflammation , xn. % 3. xxxiii. a. a. 

* • - - - ( il y a upe grande exertion vasc|i1i(|re dans V ) xii. a. u 

* - - - • non par douleur, mais par 4^fau( de stimulus^ 

zxxiii. a. s. 
Tome IL ^ 3o ~ 



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454 IhdeA^ 

nflimmtdofki dM ptnles qai éHitem insensibles, xit. S. f. 

- - • - elle est souvent éloignée de sa canse, xziv. ff. 
. - - • elle observe des jours solaires, xxxii. 6. 
.... de rœil, XXXIII. j. i. 

- n • • (T) des intestins esc prévenue pac^lenr action conti* 

nuelle pendant le sommeil, 3tviH. d. 
noculation par le moyen du sang, xxxiii. a. lo. 
nsectes, leur intelligence, xvi. 15. et 16. 

- - • trouvés dans la réte des veaux, xxxix. 1. 

- - - (classes d') xxxix. 4. Ô. 

- - -hermaphrodites, xxxix. 5^ 
ntelligence des animaux, xiv. 'i. 
Intestins, 3txv. ^. ' 
Atuitive, (analogie) xvii. 3. 7. 
nve'ncloa, xv. 3. 3- * 

rritabilité, augmenta pendant îé sommeil, xviïi. l^. 
Vresse, xxfi. 

- soulagée par la douleur; pourquoi, iitt. 3. 

- produite par des alimens, après la fatigue, xxt. fl. ' 
• (la conrention de fesprit diminue T) :txi. 9. 

' « (maladies pfeiduitea par 1') xxi. 10. 
vrogne » il ne revient à lui que vefs la même heure da )our 
suivant, xwî. i. 1;^. ^ ' . 

^ : — il délire et chancelle , xii. 4. r. 

- - - il voit les objets doubles ; t>oif rquoi , xxr. 7. 

- - - il devient délirant endormi et stupide , xxi, 5* 

..••'. • ■. J- • 

AUNissB par paralysie du foie, xirt. a. 
.... guérie par Télectricité , xxx. 2. 
Jours critiques produits par la lunaison, xxxvi. 4. 
Jugement, xv. 3. ^ ' 

L. 

Lacrymal, ^ sac) XVI. 8. XXIV. s. 7. • 

Lactés, (paralysie des vaisseaux) xxviii. Kfoyez dbiorbans. 

Langage naturel, son origine, xv!. 7. et 8. 

. . . . ( description des diverses passions du ) xvi. 8. 

- - - - artificiel de* diflférens animaux, xvi. 9. 

. - - • (théorie du) xxxix. 8. 3. 

Laper ( action de ) dans les jeunes chiena , tyi. 4* 



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Jndem^ 455 

• - • par la douleur, xvi. 8. 2. 

• - • par le plaisir, zvi. 8« 5* 

• - - par le stimulas du conduit natal» xvi« 8. xxiv. 4. 
- - - par la volitioat X>iv. 6. 

Libre arbitre , xv. 3. 7. 

Liqueur de ranmios, xvi. s. xxxviii. 3. xxxix. i. i, 

- - - elle est nourrissatîte, xxxviii. 3. 

----*.-- gél^c, xxxviii. 3. 

Lumière, elle ii*a pas de force impulsive, m. i« 

Lunaires, CP^"odc«) elles influeoçent les maladies , xxxil. 6. 

Lune, XXXII. 6. 

Lymphatiques (paralysie des.vaiaaeaqt), xxviii. 

■ M. ■ 

MaGNÉTISMB, XII. I. I. 

Mal de mer, xx. 4. 

est arrêté par rattentioo , xx. 5. 

Maladies héréditaires, xxxix. 7. 6. 

Mâles (les animaux) ont des mamelles, xxxix. 4, 8« 

Mamelles, dans les hommes, xiv. 8, 

Manie, xxxiv. ft. i. xii. a. i. 

Marcher , ( comment on apprend ï ) xvi. 3. 

Matériel, (monde) xiv. i. 2. 5. xviii, 7. 

Matière , ( pénétrabilité 4^ la ) xiv. ft. 5. 

Membranes , xxvi. fiu 

Mémoire, (définition de la) 11. a. 10. xv. i. 7. xv. 3. 

Menstruation ( la ) suit les périodes lunaires , x^ii/ 6. 

Migraine, xxxv. a. i. 

Monde, (gfnéradon du) xxix. 4. 8. 

Monstres , xxxiv. 4. 4. et 5. a. 



acéphales, xxxviii. 3u 
oulei 



Mordre (action de) dans la douleur, xxxiv. 4. 3. 
Morsure des animaux enragés, xxxiv. i. 3. 
Mortification, xxxiii. 3- 3* 
Mots , sont de trois espèces , xv* 3. 4. 
Mouvement ( le ) est cause ou effet , i. xiv. 2, ^. 

primaire çt secondaire, i. 

» . . . . animal, i. 3. i. 

volontaire, ix. xxxiv. l. 

T - • ' ' (ppnclMinç au) »«• u 



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ÎÇ56. Index. * 

BAoovement, comment il continue encore qoeH^be temps après st 

production, zvii. i. 3. 
V . - . • (définition du } comme éttnt nne variKion de 

fiiniîe,' ifi. I.' xir. i. d. xxjtix. 7. 
Monvemens sensitifs, viii. xzxiii. 2. xxxir. r. 
. . . ^ • associés t X. 
... - * vibratoires , éprouvés aprèa avoir navfgné , xx. 5. xx. 10. 

• . - - • rétrogrades» XI r. 55 xxv. 6. xxix. n. 
..... rétrogrades de l*eitomtc, xxv. 6. 
..... rétrogrades de la peau, xxv. 9. 

- . . . - rétrogrades des fluides 9 (les) comdient se distinguent, 

XXIX. 8. 
..... rétrogrades , ( les ) comment sont causés , xxix. a. 5. 

* - - • • sensoriaux, distingués des mouvemens fibreux, v. 3. 

* . . . - sensuels, distingués des mouvemens musculaires, II. 7. 
Mucus, (expérience sur le) xxvi. i. 

• • - ( sécrétion du ) xxvl a. 
Mulets, XXXIX. 4. 5. et 6- xxxix. 5. a. 
Mu^cs vohtantes, XL a. 

Muscles (les) constituent un organe du sentiment, xtv. 7. 11. s* 
.... sont stimulés par Textenston, xi. 1. xiv. 7. 

- - - - se contractent par Tesprit d'animation, xii. i. i. et 3. 
Musical (temps) pourquoi il est agréable, xii» 3. 3. 
Musique, xvi. IQ. xxii. a. 

N. 

Nausées, xxv. <^. 
Nerfs du cerveau, lu a. 3* 

- - - ( le« extrémités des) forment le système entier, xxxvn. 3. 

- - - (les) ne changent point avec Page, xxxvii. 4. 
Nerveuses, (définition des douleurs) xxxiv. I. i. 
Ni48 d'oiseaux , XVI. 13.' 

Nombres , ( définition des ) xxv. a. a. 
Nourriture pour Tembryon, xxxix. 5. a. 
Nutrition due au stimulus, xxxvii. 3. 

- - - • par élection animale, xxxvii. 3. 
.... quand les fibres sont allongées, xxxvn. 3. 

- - - - elle ressemble à l'inflammation, xxxvii. 3. 

o. 

Objets, nouvelle méthode de les grossir , xl. 10^ ^. 

c r * - (les)regard4speiulaationg-temps8*ifiaiblissent,iii.3.a. 



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Indes* 4^7 

Odoocalgie, xvi. lo. m. 4. 3. xxii. 3. 3. 
Ocforat, XIV. 5. xxi. 5» 

Œah des grenomlles, des poissofis, de» oisetax* xxxix. s* 
... d*^eaux , pourquoi ils ont dés caches • xxxix. 5. 

- - - avec deux jaunes, xxxix. 4« 4* 
Oiseaux de pas5ige^ xvi. la. 

- - - leurs nid», xvi. 13. 

- - - la couleur de leurs œufs, xxxix. 5. i. 
Ongles et cheveux, xxxix. 3. 3. 

Opium (l*) est un stimufant, xxxii. s. 2. 

- * ' ( r ) 4ûnné après les évacuations favorise Tabsorptlon • 

XXXIII. ft. 10. 

- - - (T) administré en doses augmentées, xii. 3. !• 
OreiUe , ( une bonne ) xvi 10. 

- • - (battemens dtns V) xx. 7» 
Orgaiies du sentiment, 11. a. 5. 

- - - (les) détruits cessent de produire des idées, m. 4. 4. 
Organiques r particules) de Bufibn, xxxvir. 3. xxxix. 3. 3. 
Onk , ( de r ) xiv. 4. 

poïess des poissons, xxxviii. a. « 

Oxygénation du sang, xxxviii. 

P. 

Palbur, dans Taccès de froid de k fièvre, xxxii. 3. &• 
Paralysie, causée par une grande exertion , xii. 4. 6. 

- - • - causée par défaut d*excrtion« xii. 5. 6» 
.... des vaisseanx lactés, xxviti. 

• . . . dn foie, XXX. 4. 

.... du bras droite pourquoi, xxxiv. i. 7." 

• • - - des veines; xxvii. a* 
Paralysies expliquées, xxxiv. 1. 7. 

Paralyciqfues ( les membres) s*étendent par irritation, vu* l. 3. 
.... - (les) remuentbeancouple membre non affecté, XI 1.5. 1. 
Particules ( les ) de matière ne sont point en contact , xii. i. i. 

- - • - organiqdes de BttâRni, xxxvii. 3. xxxix. 3. 3. 
Passion iliaque , xxv. 15. ^ 

Passions, xi. n. a. xvi. i. 

Perception, sa définition, xv. 3. i. 11. n. 8. 

Pêtukn (croûtes sur la) xxvi. i. 

- - - (couleur de la) ses causes, xxxvi. m. 

Périodes des fièvres» ( comment se forment. les) xxxii. 3. 4. 



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458 lnde3f. 

Périodes des maladies, xxzvi. 

.... des actions animales naturenes et des acdooi aoimilet 
morbides, xjcxvi. m. 

- - ^ - des accès de fiè\rre, tommenc elles sont produits, 

XII. 3. 3. XXXII. 3. 4. 

Perpendicularicé 9 déterminée par la vision, xXt i* 
Peur, elle cause la fièvre, xxxil. 8. 

• - - ( langage de la ) xvi. 8 i. 

- - - (cause de la) xvii. 3. 7. 

- - • elle cause Tavortemenc, xxxix. 6. 5. 
Pétéchies, xxvii. 2. 

Pbthi&ie, ( tempérament qui favorise la) zxxf. i. a. 

- - - - chez ceux qui ont les yeux foncés, xxv. a. i. 

- • - - chez ceux qui ont les yeux bleus, xxviii. s. 

- - • - elle est conta.eieu8e , xxxiii. 2, 7. 

Pigeons Aiâles , ils sécrètent du laie dans leur estomac, xxxiz. 4« 8. 
Placenta, c'est un organe pulmonaire, xxxviii. a. 
Plaisir de la vie xxxiii. i. xxxix. 5. 

- - - - causé par de grandes contractions des fibres, xii. i. 6^ 
.... de quelle sorte est^celui qui provoque le rire,xxxiv. It4* 
.... de quelle sorte est celui qui provoque le sommeil, xxxi v. i . 4» 
Plantes hybrides, xxxix. 3. 

Pleurésie, ses périodes, xxxvi. 3. 7. 

- - - - sa cause , xxxv. a. 3. 
Poils, (coulçur des) xxxix. 5. i. 
Poissons, (intelligence çies) xvi. 14. 

Poulet, dans Tœuf, (oxygénation du) xzxviii. a. 

Pouls, fréquent dans les fièvres par débilité, xii. i. 4. xii. 5.4. 

XXXII. 3. 

• - • (dans les fièvres avec force du) xxxii. s. 

- - - par défaut de sang, xxxii. 3. 3. xii. i. 4. 

• - • faille après Tadministration des émétiques, xxv. 17. 
Présence idéale, xv. i. 7. 

Proméchée, (bistoire de) xxx. 3. 

ProstratiQn de forces dans les fièvres, xii. 4. i. 

Puissance sensoriale, voyez Esprit d^ animât ion, 

( grande dépense de la ) dans les mouvemens vitaux , 

xxxii. 3, 3. 

• - - • elle est de deux espèces dans les fièvres 6ensitives,xxxx II* 

1.3. 

- • . - sa définition, v. i. 

t > . . (définition de Texertion de la) m, •» i% 



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Index. 45$ 

I>oissaiice sensoilftle 4 9^8 noovemtnt distingués des ttioavemcin 
fibreux, v. 3. 
. - -son accamulatioD , iv. 2. xit. 5. a. 

- • - elle n*esc pas fort acCumiiléc pendant le sommeil» 
XVI II. a. 

- • - sensoriale C accumulation de la) xii. 5. i. 
« - - (épuiseolent de la) xii. 4. t. 

- - - (épuisée) outre nature dan» les accès de chaleor des 
fièvres, xxxii. ^ 3. 

* • - ( une moindre exenion de la) produit la douleur, xi 1 .5.3^» 

• - - (moindre quantité de) XXII. 5.4. 
Pupilles , ( des yeux ) xxxi. i. • 

Q- 

Quadrupèdes (lès) n*6nt point des lochieè sanguinolentes, xxxviii. 2. 

(les).n*ont rien qui ressemble au jaune de Tœuf, 

ixxix. I. 

R. 

Raison, IX. I. S. XV. 3. 

Raisoutiement, J^s^.a* 

kaphania , (périodes de la ) xxxvi. 3. 9. 

RécollectioiK, II.. 10^ îX-.V ». xv. a. 3. 

Règle sûre pour administrer le vin, xii. 7. 8* 

. . . . pour abandonner le xân» xii. 7. 8. 

Relâchement et tension , xxxii., 3. 2. 

Répétition pourquoi elle est agréable ^ xil. 3* 3* xxii. a. 

Respiration [| la] est affectée par V^tcentiofi» xxxvi. a. i. 

- - - - comment elle s'apprend , xv. 4. 
Rétine [la] est fibreuse. III^ a. xl. 1. . 

eat active dans la vision, lH. 3. xi. l. 

est excitée à des mouvemens spasmadiques, xl. 7. 

est sensible pendant le sommeil, xviu. 5. xix. 8« 

Rêverie, x.ix. i. xxxiv. 3« 

- - - - cas de somnambulisme, xix. a. 

- - - - (la) est une maladie épileptique, xix. 9. 
Rêves» viii. i. a. xiv. a. 5. 

- - - - [incohérence des] xviii. 17. 

. - . . [absence de la «urpriseSdans les] xviii. 17. 

- - - - [nouveauté des combinaisons dans les] xviii. 
Rimes en poésie, pourquoi elles soqt agréables, xxti. fi. 
Rire [le] expliqué , xxxiv. i. 4. 

« • - par chatouillement, xvit. 3. 5« xxxiv. i. 4* 



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46o Index. 

Rire par des idées frivoles, xxxiv^.i. 4». %vm,. ta. 

Rhumatisme [le] il y en a de trois espèces^ pucvi, 3. 
Rougeole, XXXI II. a. 3^ . 
Ruminaos. [aoimaux] xxv* u 

s. 

Saicnée, dans les douleurs nerveuses « xxxii* 5. 4. 
Salive [la] prodmce par le mercure., zxiii. 

par les alimens, xxiii..i. 

* par les idées ^ xxiil. o; 5* 

» - • par la volitioo dérangée « xxill. 7. 

Sang [transfusion du] dans les fièvres neryeuKs» xxxii.4. 

• - - [défaut de] xxxii. 2. et 4. 

- - . il passe de la veine -porte dans les inceftias^ xxvil. d. 

- - - [force irapulsjve^u] xxxii. 5. a. 

- - - [force impulsiveda]augrtientéeparlaphïébotoniie,xxxii, 5.4. 
. - - [évacuation du] dans les doMléurs lierveusés, ttxii.s- 4* 

• - • [oxygénation du] xxxviir* 

Scorbut des poumons, xxvii. a. ^. . : . 

Scrofule, [le] son tempérament, xxxi. t. xxviiï. s. xxxix.4 j. 

Sécrétion, xxxiii. i. xxxvii. 

- - - - augmentée pendant le somn^eil, xvtij. 16/ 
Selles noires, xxvii. 2. 

Semences, elles ont besoin d^oxygénatfon , xitxviii. ar. 
Sensation, sa définition, II. a/p.vC-a. xxxi3t. 8. 4. 

- - - - [maladies de la] xxxiii/ * 

- * - - produite par des contractions fibrettsés, iv. 5. xii. 1.6. 

- . • - dans un membre après son am|:futation , III- 7. 3. 

- • • - (laO affebte tont le sensorium , xi. a. 
■* - • - ( la ) produit la volitlon , iv. 6. 

Sens (les; se cwrigeni réciproquement, xviii. 7, 

• -\ - - sont disHngués des appétits, xxxtv. ï. f. 
Sensibilité [la] augmente dans le sommeil, xvih. 15. 
Sensorium, «a définition, II. a. i. 

Sensuels [ mouvemens ] distingués des rooovemens musculaires, n. 7. 

Séries, de mouvemens intervertis, xii. 5. 5. 

Sexe [le] est dû à Timagination du père, xxxiv. 5. xxxix. 7.6. 

, xxxix. 6. 3. xxxix. 6. 7. 

Skitrheuses [tumeurs] elles se reproduisent, xil. a. 2. 
Soleil et lune, leur influence, xxxii. 6. 
Solides, [absorption des] xxxtii. 3. i. xxxvii. 



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Inde Xi ^6i 

i^olidlté, XIV. 2. I. 
Soif [sentimenc de la] xiv. 8. 

- - - pourquoi elle a lieu dans ITiydropisie, xxxix. ^. 
Sommeil [le] suspend la volicion, xvin. i. 

- - - * sa définition, xviii. 21. 

- • - - ses causes éloignées, xviii. ao. 

- - - - (la sensation continue pendant le) xrm. a. 
. - - - causé par les alimens; xxi. i.« 

P" le bercement et par l'uniformité des sons, XXI. I, 

par le vin et par l'opium , xxi. 3. 

• * - - pourquoi il donne de la vigueur au corps, xii. 5. i. 

- • - - (le pouls est plus lent et plus plein pendant le) xxxii. 2. 2, 

- - - - interrompu, xxvii. 2. 

... - produit lorsqu'on respire moins d'oxygène, xviii. 20 
-..».-. lorsqu'on tourne circulairemenc sur une meule 
de moulin, xxiii. oo. 

- ••- - --par l'application du froid, xvni. 20. 

par une régularité dans les heures, xxxyi. ;î. 2. 

Somnambulisme, voyez Rêverie^ xix. i. 

Soupçon (le) est compagnon de la folie, xxxiv, a. 4. 
Sourire, (origine du) xvu. 8. 4. 
Spasme, (doctrine du) xxxii. 10. 
Spectres oculaires, xi. 

- par erreur , xi. s. 

"ils varient si on les regarde long-temps» III. 3. s. 

Stimulus, sa définition, II. 2. 13. iv. 4. xii. 2. i. 

- - - - il est de diverses espèces, xi. i. 

* • • - avec diminution d*effet , xii* 3. i. 

- - - - avec aûgmenution d'effet, xii, 3. 3. 

- - - - il cesse de produire la sensation, xii. 3. 3. 
Strangorie, xxxv. 2. i. • 

Sueur, froide , xxv. 9. xxix. 6. 

dans 4'accès de chaud de la 6èvre, xxxil. f. 

le matin; et pourquoi, xviii. 15. 

Sueur, des mains', guérie par la chaux, xxix. 4. 9. 

Suggestion, sa définition, II. 10. xv. 2. 4. 

Surprise , xvii. 3. 7. xviii. 17. 

Sympathie, xxxv. i. 

Syncope, xii. 7. i* xxxiv. i. 6. 

Tome IL 5k 

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46a indeif, 

T. 

Tachbs noires (les) sur les dos paraissent roagei« XL. 3. 4. 
Taedium vit», xxxiv. % 3. xxxiii. i. i. xxxi. 6. 
Tempéramens 9 xxxi. 
Temps» XIV. 2. a. xviii. ift. 

- - - (laps de) XV. 3. 6. 

- - - poétique et musleal; pourquoi ils sont agréables, XXII. a* 

• - • dramatique, xviii. la. 
Tétanos, xxxiv. 1. 5. 

Tettons , ( les animaux mâles ont des ) xxxix. 4. 8* 
Théorie de la médecine ( nécessité d*une ). Préface, 
Toucher, (sentiment du) xiv. a. i, 

• - - - sujet au vertige, xxi. 9. 

• - - - dans les divers animaux, xvi. 6, 
Toux nerveuse, (périodes de la) xxxyi. 3. 9. 
Transfusion du sang dans les fièvres nerveuses, xxxh. 4. 
Transport de matière, xxxix. 7. 

Tuyaux d*orgue, xx. 7, 

Typhus, (la meilleure quantité de stimulus dans le) xii. 7. 8. 

. - . -ses périodes observent des jours lunaires i xxxii. 6. 

u. 

Ulcères, la manière de les traiter, xxxii. 3. a. 

des poumons; pourquoi ils sont difficiles à guérir » 

xxvni. a. 
Unirormité dans les beaux arts; pourquoi elle est agréable, xxir. a. 
Urine, elle est pâle dans Tivresse, xxi. 6. 

• - - en petite quantité dans l'anasarque; pourquoi, xxix. $• 

- - - son passage des intestins à la vessie , xxix. 3. 1 

- - ^ abondante pendant fe sommeil, xviii. 15. 

V. 

Vaisseaux capillaires (les) sont des glandes ,, xxvi. i. 

absorbans, xxii. a. xxix. i. 

ils regorgent leurs fluides, xxix. s. 

(valvules des) xxix. a. 

- communiquentaveclaveine-pQr(e,xxvii.a* 

Variation perpétuelle d'irritabilité, xii. a. i. 
Végétaux microscopiques, xxxix. a. !• 



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Index. 4^3 

Végétaux ( les boutons dei ) sonc dei laiimiax 4*0B ordie 
inférieur, liin. i. 

- - - - Ils ressemblent exacten>enc à leurs pnreiis, icxxix. 
.... ils sont doués de seostnon et de voUden, xhl a. 

- - • - ils ont des mouvemens associés et rétrograde», xiii. 4» 

XXIX. $K 

• - - • leurs anthères et leurs stygmates sonc vivans, xiii. 5. 

• - • • ils ont des organes, -des sens et des idées, xiii. s* 

- • - • Ils se disputent Tair et la lumière, xxxix. 4. 8. 

- - - • réduplication de lenn fleurs , xxxix. 4. 4« 
Veille, comment elle a lieu, xviii. 14- 

Veines, elles sont des absorbans, xxvii. l. 

• - - (paralysie des) xxvn. i. 

Vénérien (orgasn^) dans les brutes, xxxii. 6. 

Ver solitaire, xxxix. a. 3. 

Vérole, (petite) xxxiii. a. 6. xxxiv. 6. i. 

elle fait son éruption c[*abord au visage : pourquoi, 

XXXV. I. I. xxxiii. a. 10. ' 

- ne se communique point par le sang du ma- 
lade , XXXIII. p. 10. 

• --•-- ses périodes suivent les lunaisons , xxxvi. 4. 
Vers (en poësie) leur mesure, xxii. 2. 

Vertige, xx. Sa définition, xx. s. 

- - - - produit en regardant du haut d*une tour, xx. i» 
.... produit dans un vaisseau de mer, xx. 4. 

• . . «de tous les sens, xxi. 9. 

- - - - par ivresse, xxxv. i. a. 

Vessie (communication de là) avec les intestins t^xxix. 3. 

- - - des poisspns, xxiv. i. 4. 
Vie, (art de la prolonger) xxxvii. 
Vieillesse, xii. 3. i. xxxvii. 4. 
.... par inirritabilité, xxxvii. 4. 
Vinaigre, rend les lèvres pâles, xxvii^ i. 
Vis médicatrix de la nature, xxxix. 4* 7. 
Visage , voyez Face» 

Vision, (sentiment de la) xiv. 3. 
Volition, (définition de la) v. A. xxxiv. i. 

- - - - elle affecte tout le sensorium, xi. 2. 

- - • • ( maladies de la ) xxxiv. 
Vomissement par venige , xx. 8. 
par ivresse » xx. 8. xxi. 6. 



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464 Indexa 

Vomissement par intervalles, xxv. 8* 

par des efibns volontaires» xxv. 6' 

dans Taccès de froid de la fièvre» xxxfi. p. !• 

arrêté par le vif- argent « xxv. i6. 

•^ - • - - il affaiblit le pouls, xxv. 17. 
il est de deux espèces» xxxv. i. 3^ 

Y. 

Ycox, ils deviennent noirs dans quelques cas d^épilepsiey.xxvii. 



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ZOONOMIE, 

OU LOIS DE LA VIE ORGANIQUE. 

TROISIÂMS PARTIE, , 

Contenant les articles 
DE LA MATIÈRE MÉDICALE, 

Avec des considérations sur 
L'OPÉRATION DES MÉDICAMENS. 



m vivxrif coEPus 
Agukt medicamsnta* 



Tome IL 5a 

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PRÉFACE. 

^A MATIERE MÉoicALB Comprend toutes les 
substances qui peui^ent concourir au rétablisse^ 
merU de la santé. On peut les dit^iser comrtîo^ 
dément eh sept articles, relatluernent à la dU^er* 
site de leurs opérations. 

1. NuTRiENTiA, sont les substances ou ma-* 
tiêres qui consentent dans leur état naturel 
les excitions com^enables de tous les moUt^^mens 
irritatifs. 

2. InciTàntiA, lés substances ou matières 
qui augmentent les exertions de tous les mou^ 
pemens irritât ifs. 

5. Secernentia , les substances cm ma-- 
tiêres propres à augmenter les moupemeris irri- 
tatifs qui constituent la sécrétiùm 

4. SoRBBNTiA, les substances ou matières 
propres à augmenter les mouuemens irritatifs 
qui constituent Vabsorption. 

5. Invertentia , les substances ou ma- 
tiêres qui intervertissent l'ordre naturel des 
moui^emens irritatifs successifs. 

6. Revertentia , les substances ou ma^ 
tiêres qui rétablissent Vordre naturel des 
mowemens irritâtes intervertis. 



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^68 Préface. 

7* ToRPENTiA , les substances ou matières 
qui diminuent les exertions de tous les moU' 
pemens irritatifs. 

Il est' Utile de préuenir le lecteur que dans 
les considérations suit/antes sur les vertus des 
médicamens^ on suppose toujours qu'ils son$ 
administrés en doses conuenahles ^ et que le 
malade est exposé à une température à laquelle 
il est habitué , ( lorsqu'il n'est pas fait men* 
tion du contraire)^ parce que toute variation 
dans l'une ou l'autre de ces circonstances^ fait 
varier leurs effets. 



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Art. I. 1. 3. Nutrientîa. 4^ 



ARTICLES DE LA MATIÈRE MÉDICALE. 



. ARTICLE I. 

NUTRIENTIA. 

1. 1. \ ^ES substances ou matières qui con- 
servent dans leur état naturel , les exertions 
convenables des mouvemens irritatifs , sont 
nommées nutrientia; elles produisent l'accrois- 
sement du système, et en réparent les pertes. 
Elles consistent en diverses substances ani** 
maies et végétales, ainsi que dans Peau et 
Taîr- 

3. Lorsqu*on a fait un long usage de forts 
stimulans , ces substances sont nécessaires 
pour en tenir lieu : telles sont la moutarde , 
les épices ^ le sel , la bière ^ le vinaigre « 
Palcool et Topium; cependant comme ce sont 
des stimulans non naturels , et difficiles à 
diriger relativement aux quantités^ ils sont 
susceptibles d'abréger le fil de la vie^ et ren- 
dent plutôt le système incapable d'être sti- 
mulé et mis en action par les nutrientia. 
Voyez sect. XXXVII. iv. C'est par cette rai- 
son que les hommes vivent moins long-temps 
dans les pays chauds que dans les climats 
plus tempérés. 



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'^^ Nutrienth. Art. I. a. i. i> 

II. Observations sur leç Nutrientia. 

T. i. lia chair des animaux contient plus 
de nourriture , et stimule les vaisseaux absor- 
bans et exhalans , plus énergiquement que 
les végétaux quon emploie comme, alimens ; 
ca^ les animaux carnivores peuvent jeûner 
sans inconvénient plus longr temps que les 
herbivores, et on se spnt plus fort et plus 
échaufïe après un repas de viande qu'après 
avoir mangé des végétaux. Ainsi dans les 
malacUes accompagnéps de froid des extré- 
mités et de débilité générale , cette dernière 
(espèce de régime e$t à préférer, comme dans 
le rachitisj, Phydropisie , le scrophule ^ les 
affections hystériques et hypochondriaques « 
de même que pour empêcher le retour des 
fièvres intermittentes. De la viande réduite 
à l-état de pulpe et donnée en petite quan- 
tité , ne conviendrait- elle pas mieux dans 
les fièvres avec débilité que la diète végé-: 
taie ? 

La viande dont la couleur e$t fi)ncée ^ 
contient en^ général plus de parties nu- 
tritives et stimule les vaisseaux plus puisr 
samment que les viandes blanches. La chair 
des animaux carnivores et ichtyophages est 
tellement stimulante que les nations Euror 
péennes en font rarement usage, excepté du 
cochon^ de Foi^ de Soland (pelicanus bas? 



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Aht. I. ;i. I. 3. Nutrientîa» fyjt 

sanus ) , et autrefois du cigne. Mais on a 
soin de . nourrir le cocbon et le oigne de 
Tégétaux , et on ne mange Foie de Soland 
qu en petite quantité , et seulement pour 
aiguiser Tappétit. Après eux Tiennent les 
oiseaux qui se nourrissent d^insectes , et qui 
sont peut-être Faliment le plus stimulant et 
le plus nutritif de tous ceux dont nous fai- 
sons un usage habituel* 

On dit qu on peut extraire une plus grande 
quantité d^alkali Tolatil de cette espace de 
viande t et c*est à quoi Ton a attribué sa 
qualité stimulante ; mais il est plus proba- 
ble , que la viande fraîche coi^tient seule- 
ment les élémens de cette matière alkaline. 

3. Après les animaux à chair noire , les 
diverses tribus de testacés paraissent réela^ 
mer leur place, ainsi que les bonnes espè- 
ces de champignons , qu'il faut considérer 
comme nourriture animale ^ par leur ten- 
dance à Talcalescence , leur propriété sti- 
mulante , et la quantité de noufriture qu'ils 
fournissent ; parmi les premiers nous com* 
prendrons les huîtres , les homards , les 
crabes et les chevrettes ; auxquels nous pour* 
rions peut-être ajouter quelques poissons 
sans écailles; tels que Panguille, le barbeau, 
la tanche, Tépef^lan^* le turbot et la tortue. 

La chair de plusieurs espèces de poissons 
lorsqu elle a subi ^ dit-on^ un commencement 



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'Hji Nutrientia* Art. I. 2. i. 4. 

de putréfaction^ deyient lumineuse dans Fobs- 
curité. Gela semble indiquer une tendance 
du pl^osphore à s échapper, et à se combiner 
ayec Toxygène de Tatmosphèré , ce qui prou- 
verait alors que cette espèce de chair n est 
pas aussi paprfaitement animalisée que celles 
dont on vient de parler. Comme cette phos- 
phorescence se voit souvent sur le bois pourri, 
et quelquefois sur la viande de veau qui est 
gardée trop long*temps, on croit commune- 
xnent qu elle est due à la putréfaction ; mais 
il est plus probable que son origine est due 
au phosphore , comme la phosphorescence 
que Ton voit dans Tobscurité^ sur les écailles 
d^huttres calcinées et exposées aux rayons du 
soleil , et comme celle que produit la pierre 
de Bologne. Voyez Jardin botan. c. i. vers 183, 
et la note additionnelle marquée X. 

5. La chair des jeunes animaux, telle que 
celle d^agneau , de veau et de cochon de 
lait , nous fournit un aliment encore moins 
Stimulant. Le bouillon qui s en fait s acidifie^ 
et reste en cet état long-temps avant de se 
putréfier , ce qui prouve que leur chair tient 
beaucoup des propriétés chimiques du lait 
dont ces animaux sont nourris. 

4. Les viandes blanches , telles que celles 
de dindon^ de perdrik, de faisan^ de vo- 
laille et leurs œufs semblent y succéder 
pour la douceur ; ce sont aussi les premiers 



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Art. I. a. a. 3. Niarierdia. 475 

alimens dont on permet ordinaîremejit Tusage 
aux conyalescens qui ont éprouré des mala- 
dies inflammatoires. 

5. Après ces alimens, suivent les poissons 
Uancs de rivière qui ont des écailles , tels 
•que les perches, les gouons et les brochets. 

II. I. Le lait offre la réunion des élémens 
des nourritures animales et végétales, parce 
quUl tient des propriétés des unes et des 
autres : A contient du sucre et par consé- 
quent il est susceptible de fermenter et de 
produire une espèce de liqueur vineuse ou 
alcoolique , qui est d^un usage commun en 
Sibérie ; ou il peut . devenir acide par la 
simple agitation , comme quand on bat le 
lait pour faire de la crème; et enfin il con- 
tient de la lymphe coagulable qui peut subir 
les procédés de la putréfaction comme les 
autres substances animales , ainsi qu on peut 
le remarquer dans le vieux fromage. 

2. Par le repos ou Pagitation , on peut 
séparer du lait, la crème, le beurre, le lait- 
battu, le petit-lait et le caillé. La crème 
est plus facile à digérer pour les adultes , 
parce quelle contient moins de matière ca- 
séeuse ^ et est aussi plus nourrissante. Le 
beurre , formé d'une huile qui tient dé la 
nature animale et végétale^ contietit encore 
plus de particules nutritives , et dans son 
état récent il n est pas de difficile digestion j 



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474 Nutrimtiaf ART. ï. 3. a. 5. 

•î on Je prend en quantité modérée. Voyez 
article I. d* 5. a. Quand le lait-baltu n est pas 
amer , c est une substance nourrissante et 
agréable ; mais s^il est amer, cest qu^il con- 
tient quelques parties putrides de la crème 
qui aura été gardée trop long*temps; peut- 
être n'en est-il pas moins sain pour être aigri 
à un certain point e car le peuple en Ecosse 
préfère le lait aigre au lait écrémé et doux. 
lie petit- lait est le moins nourrissant et te 
plus facile à digérer; et lorsqnau printemps 
les vaches paissent Therbe nouvelle , il con^ 
titent tant de propriétés végétales qu^il devient 
une boisson salutaire , à la dose d^une pinte 
tous les matins, pour ceux qui pendant Thiver 
n ont point pris asse^ de nourriture végétale^ 
et par cette raison sont sujets aux concré- 
tions bilieuses. 

?. Le fromage est de diverses sortes , selon 
la plus ou moins grande quantité de crème 
qu^il contient, et aussi à raison de son âge. 
Ceux qui se laissent broyer le plus facilement 
dans la bouche , sont en général les plus 
flisés à digérer et contiennent le plus de par«f 
ties nutritives. Il y a des fromages qui^ 
quoique d'une digestion tardive^ sont néan« 
moins lents à subir des changemens chimi*^ 
ques dani' Festomac , et par conséquent ils 
conviennent souvent à ceux dont Festomac 
(^st faible; car fai vu rendre par la bouche 



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Art. l. 9. 3. i» Nutrientia. 4^5 

4u fromage grillé, .un jour après qu*on Tavait 
inangé , sans qu'il eût subi aucun changement 
apparent, ni causé d'incommodité dans Pes-f 
tomac. Il est probable quun peu de sucre « 
pu de graisse animale , ou de )usr de yiande 
bouillie ou rôtie , ajoutés au fromage quand 
on le fait, pourrait ajouter à sa qualité agréai 
ble et nutritive. 

4» Il n'est pas facile de comprendre pour^ 
quoi le lait de^ l'automne est plus épais et plus 
coaguîable que celui du printemps ; mais 
comme le lait nouveau est sous beaucoup de 
rapports semblable au chyle , on peut le con^ 
sidérer comme un aliment déjà en partie digéré 
par l'animal qui Ta fourni i et il doit procurer 
ponséquemment une nourriture facile et légè* 
re : cependant , comme il est caillé dans l'es- 
tomac par le suc gastrique avant de pouvoir 
entrer dans les vaisseaux lactés, ainsi quon le 
remarque dans l'estomac des veaux, il parait 
mieux convenir aux enfans^ dont l'estomac 
contient plus d'acidité^ qu'aux adultes ; mais 
il fournit néanmoins une nourriture saine à un 
grand nombre de ces derniers , et sur-tout à 
fceux qui font usage de végétaux 3 et dont l'es- 
tomac n*est pas habitué aux stimulans non- 
naturels des épices, du sel et des liqueurs 
alcoolisées. Voyez classe I. i. 2. 5. 

III. I. Les semences, les racines, les 
feuilles et 1^ s fruits des végétaux , constituent 



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47^ NutrieîiHa. ART. I. s. 5. i. 

la principale partie de la nanrriture des hom- 
mes ; les qtlantités respectives de parties nu- 
tritives qu^ils contiennent, pourraient, peut- 
être , s'estimer par celle de fécule ou de sucre 
qu on peut en retirer : dans les semences 
farineuses , il parait que le mucilage se con- 
Tcrtit graduellement en fécule^ tandis qu*elles 
sont déposées dans nos greniers ; et la fécule 
se convertit en sucre par la germination des 
jeunes plantes, comme quand on ftiit la dré- 
che avec l'orge , ou par la digestion animale. 
Ainsi le vieux froment et les vieilles fèves 
contiennent plus de fécule que quand ils 
sont nouveaux ; et dans nos estomacs , d^au- 
tres matières animales et végétales sont con- 
verties en sucre , lequel constitue une partie 
du chyle dans tous les animaux. 

De-là il me parait probable que le sucre 
est la partie la plus nutritive des* végétaux ; 
et ceux-ci sont d'autant plus nourrissants y 
que les puissances digestives peuvent en con- 
vertir une plus grande quantité en sucre» 
comme il est prouvé d'après le sucre que 
Ton trouve dans le chyle de tous les animaux, 
et la grande quantité qui en existe dans 
Purine des diabétiques, dont j ai cité un exem- 
ple curieux, sect. XXIX. iv. , dans lequel 
le malade qui en était attaqué , buvait et 
mangeait énormément et rendait quelquefois 
en un jour seize pintes d'urine dont chacune 
contenait une once de sucre. 



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Art. I. à. 5. n. Nutrientia. 477 

La qualité nutritive du sucre esf prouvée 
non seulement par les nègres de la Jamaïque 
et les animaux qui deviennent plus gros dans 
le temps de la récolte des cannes à sucre , 
quoiqu alors ils soient forcés à un plus rude 
travail , mais encore par les exemples nom- 
breux d^où il résulte que le sucre a nourri pen- 
dant des années entières des personnes très- 
âgées, qui ne pouvaient presque plus prendre 
d^autre nourriture. Le Dr Mosely , dans son 
traité sur le sucre , en cite plusieurs exemples , 
et moi-même fen ai eu trois sous les yeux. 

Gela Y d^ailleurs , n est pas surprenant « 
puisque le sucre constitue une partie du chyle 
des animaux et des yégétaux , qui ne diffè^ 
rent entr eux qu en ce que celui des Tégé- 
taux consiste principalement en sucre et en 
mucilage dissous dans Teau ^ comme le jus 
qu on retire de Térable et du bouleau au 
printemps, et qui est par conséquent trans- 
parent et sans couleur, au lieu que le chyle 
des animaux contient en outre de Phuile 
mêlée avec le sucre, le mucilage et Teau ,, 
ce qui lui donne une apparence laiteuse ,- 
due à rimperfection de la dissolution du, 
sucre. 

2. L^huile mêlée avec le mucilage ou arec 
la lymphe coagulahle^ comme dans la crème 
ou le lait nouveau, est facile à digérer, et 
constitue probablement la partie la pins nu- 



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478 ffùtrUmia. Art. t. 2. 3. 5* 

Iritite iie*la diète animale , parce que Thuile 
compose dans tous les animaux une partie! 
de leur chyle. Comme le sucré et lé beurre 
contiennent beaucoup de nourriture sous uil 
petit Tolumé , et qu^ils subissent aisément 
quelque changement chimique qui les rend 
acides ou rances , ils sont susceptibles dé 
déranger les estomacs faibles lorsqu'on les 
prend en grandes quantités ^ plutôt que les 
-alimens qui contiennent moins 4e parties 
nutritives, et sont moins susceptibles de subir 
des changemens chimiques; parce que le chyle 
se forme plus yite que les vaisseaux lactés 
engourdis né peuvent l'absorber , et qu'en 
conséquence il subit un procédé chimique 
tdtérieur. Ainsi donc le sucre et le beurre 
ne sont pas aussi faciles à digérer, quand on 
les prend en grandes quantités^ que les sub- 
stances qui contiennent moins de parties nu- 
tritives; c'est par cette raison que lorsque 
Testomac est faible , on doit en faire usage 
avec modération. Mais Thabitude où sont 
quelques personnes de n'en jamais donner à 
leurs enfans , leur fait souffrir la privation 
d'une partie très-saine, très-agréable et très- 
substantielle de leur nourriture. Le Aiiel, 
la manne et la sève sont diverses espèces 
de sucre moins pur. 

5. Tous les végétaux propres à nourrir, 
contiennent ou une huile douce, ou un mu- 



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Art. I. a. 5t 4* NutrienUa. 479 

cilage j ou de la fécule , ou du sucre ^ ou uit 
acide; et comme leur stimulus est modéré^ 
ou peut les donner seuls comme aliment dans 
les maladies inflammatoires ; et « mêlés au 
lait^ ils forment la no^rriture d'un ti^ès-grand 
nombre d^individus : d^autres végétaux possè» 
dent divers degrés et divers genres de sti« 
mtdus ; et nous devons la plus grande partie 
de notre matière médicale à ceux qui pro« 
duisent les nausées , le vomissement , le àé* 
voyement, l'ivresse^ Pinflammation et même 
la mort, si on les administre sans discerne* 
ment. 

Les sucs acres ou enivrans et les autrest 
espèces de sucs des végétaux , qui causent 
des nausées ou évacuent les intestins ^ ouL 
même ceux qui ne sont que désagréables au 
goût, paraissent' être en partie les armes 
défensives des végétaux qui les possèdent, 
contre les attaques des insectes ou des ani- 
maux, y oyez le Jardin botanique , a* partie, 
chant I , vers 161 • note. G est ce qui paraîtra 
constant à ceux qui liront les relations de 
plusieurs voyageurs qui ont essuyé des nau- 
frages sur des côtes incultes, et qui n^ont 
trouvé que difficilement de quoi se nourrir, 
quoique dans des pays où lliospitalité n était 
point inconnue. 

4* Comme ces sucs Acres et narcotiques 
résideAt en général dans le mucilage^ et non 



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48o Nutrienttd. Art. t. ii. S* 4* 

dans la fécule de plusieurs racines et 'semen-» 
ces, selon ce qua obserté Mr Parmentier^ 
on peut^ conséquemment , séparer les par-* 
ties nutritives des végétaux de leurs partiel 
médicamenteuses ; ainsi , lorsqu^on râpe la 
racine de brione blanche dans de Peau froide 
au moyen d'une râpe de fer blanc 4 et qu'on 
Ij agite ^ le suc acre de la racine sera dis-* 
sous avec le. mucilage , ou nagera dans 
Teau^ tandis qu'une fécule très-saine et très- 
nutritive se précipitera , et pourra servir 
d'aliment dans un temps de disette. 

Mr Parmentier observe en outre que les 
pommes de terre contiennent trop de muci- 
lage en proportion de la fécule , ce qui 
empêche qu'on ne puisse en faire de bon 
pain ; mais que si on retire la fécule de dix 
livres de pommes de terre crues ^ en les 
râpant dans l'eau froide et en les agitant « 
qu'ensuite, on mêle la fécule ainsi obtenue 
avec dix autres livres de pommes de terre 
bouillies , et qu'on les fasse fermenter^ con- 
venablement comme la fleur de farine V on 
en obtiendra un pain aussi bon que celui qui 
est fait du . pli^s pur froment. . ^ 

Qn peut encore obtenir de bon j^ain en 
mêlant de la fleur de farine avec de$ pom- 
mes de terre bouillies. On calcule que dix-, 
huit livres de fleur de farine donnent vingt- 
deux livres et demie de pain. Dix-huit livres 



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Art, I. 2. 5. 5 Nutrientîa, 48i 

de cette fleur mêlées à neuf livres Je pom- 
mes de terre bouillies, produisent, dit-on, 
TÎngt-neuf livres et demie de pain. Cette 
différence dans les poids doit provenir de 
"^celle de la sécheresse préalable des deux 
matières. On. pourrait, vraisemblablement, 
retirer des pommes de terre une farine plus 
belle si on les faisait bouillir dans u2 vais- 
seau fermé à la vapeur de Teau , et rendu 
de quelques degrés ■ plus chaud que Peau 
commune en ébuUition. 

.On petit dépouiller d'autres matières végé- 
tales de leur trop grande' acrimonie en les 
faisant bouillir dans Peau : tels sont les choux 
de toute espèce, les jeunes pousses de la 
brione blanche, le cresson d'eau, Fasperge, 
une quantité innombrable de racines, et quel- 
ques fruits. D'autres plantes perdent en par- 
tie leur àcreté ou leur amertume, lorsqu'on 
les met à l'abri de la lumière, en les faisant 
blanchir comme on le pratique pour les tiges 
du céleri et de Tendive. La première mé- 
thode extrait ou décompose les particules 
caustiques^ et la seconde empêche qu'elles 
ne se forment. Voyez Jardin botanique , 
vol. I. note additionnelle XXXIV^ sur l'étib- 
lement des végétaux. 

5- L'art de la cuisine , en soumettant les 
substances animales et végétales à l'action 
du calorique , a contribué à augmenter U 
Tome IL 33 



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482 Nutrîentia. Art. 1. 2. 5/5. 

quantité de la nourriture des hommes paV 
d^autres moyens encore que celui de détruire 
. leur âcreté. L un de ces moyens est de con- 
vertir en sucre les sucs acerbes d,e certains 
fruits ^ comme quand on fait cuire au four 
des poires non mûres , ou qu'on exprime le 
)us des pommes certes , pour en faire du 
cidre. Dans Tun et l'autre procédé on détruit 
la yie du Tégétal , et la couTCrsion ^u suc 
acerbe en suc doux doit se. faire par un pro- 
cédé chimique > et non par un procédé sim- 
plement -végétal, ainsi qu'on Ta supposé gé- 
tiéralement de Faction de faire germer Torge 
, pour produire le malt. 

Certaines circonstances qui semblent por- 
ter atteinte à la yie de plusieurs fruits^ pa- 
raissent accélérer la fermentation saccharine 
4e leurs sucs. G*est ainsi que ^ si on cueille 
certaines espèces de poires huit jours arant 
leur maturité , et si on les met en tas et qu'on 
les couTre, le suc derient doux plusieurs 
jpurs plutôt. Si on enlève une portion cir- 
culaire de Técorce d'une branche de poirier, 
le fruit de cette branche mûrit quinze jours 
plus vite, ainsi que je Tai observé moi-même 
plusieurs fois : les blessures que les insec- 
tes font aux pommes avancent leur maturité. 
La caprification ou le trou fait aux figues 
dans risle de Malthe, les dispose, à ce qu'on 
assure , à mûrir plutôt^ £)nfin je sais de 



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ARTi I. 2. 5. 5. Nutrieniia. 485 

bonne source que quand les grappes de rai- 
sin , dans et pays , ont acquis le volume 
qu'elles doivent avoir, on peut accélérer leur 
maturité en coupant à moitié la tige de 
chaque grappe. 

LWge qui gei^me pour faire le malt , n'ac- 
quiert, je crois, que peu de douceur jusqua 
ce que la vie du grain soit éteinte , et que 
la fermentation saccharine soit ensuite con- 
tinuée par la chaleur qu'on employé pour le 
sécher. Ainsi dans la digestion animale, le 
sucre produit dans l'estomac est absorbé par 
les vaisseaux lactés à mesure qu^il se forme , 
autrement il fermente et produit des flatuo- 
sités ; de même dans la germination de Forge , 
dans les cuves , • tant que la nouvelle plante 
vit i le sucre , je pense , est absorbé à fur et 
à mesure qu'il se forme ; mais dans celui 
dont on fait la bière , le sucre est produit 
par un pi'océdé chimique après la mort de 
la jeune plante , ou il se fait plus vite que 
la plante ne peut l'absorber. 

C'est probablement cette fermentation sac- 
charine, qui se fait trop promptement dans 
les meules de foin , et qui entrant bientôt 
en fermentation produit une chaleur capable 
d'y mettre le feu, La plus grande partie des 
graines , des semences ou des racines dont on 
fait usage dans les distilleries , tels que le 
froment , le miUet et les pomme3 de terre , 



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484 Nutrientia. Art. I. 2. 5. 5. 

si je ne me trompe , ne sont point assujettis 
à la germination , mais sont en partie con- 
vertis en sucre par un procédé chimique , et 
soumis immédiatement à la fermentation vi- 
neuse ; et il est probable qu'un jour on dé- 
couvrira un procédé pour retirer du su- 
cre de Taraidon ou de la farine ; et l'en 
séparer pour les usages «lomestiquea par 
Talcool qui, comme on sait, dissout le sucre 
et non le mucilage; ou qu'on y parviendra 
de quelqu'autre manière. 

Un autre moyen d^augmenter la nourriture 
de rhomme^4)ar Tart de la cuisine^ c'est de 
dissoudre les cartilages, les os, les tendons, 
et probablement plusieurs végétaux^ dans la 
vapeur de Feau. portée beaucoup au-delà de 
la chaleur de FébuUition. Cela se fait dans 
un vaisseau clos que Ton nomme digesteur 
de Papin ^ dans lequel on dit que Peau peut 
être mise en ébullition jusqu'à rougir et 
qu'alors elle dissoudra les substances anima- 
les ; on peut de cette manière ajouter à la 
quantité des alimens dans les temps de dr- 
sette. Ce vase doit être en fer et avoir une 
ouverture ovale au sommet, avec un couvercle 
ovale aussi de fer plus grand que l'ouverture. 
Le couvercle doit être glissé sur l'ouverture 
quand le vaisseau est plein ; ensuite on le 
retourne , et par le moyen d'un écrou , fixé 
au-dessus de ce couvercle, on le met en 



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Art. I. 3. 3. 5. Nutrientia. 4^5 

contact avec les bords inférieurs de Pouver- 
ture. Il faut avoir soin aussi d'y pratiquer un 
tube ayant une valvule chargée d'un poids 
pour éviter le danger d'une explosion du 
digesteur. 

Quand les puissances digestives sont affai- 
blies , les bouillons faits avec des substances 
animales et végétales dans Peau fournissent 
une nourriture ; quoique moins substantielle « 
]e crois, que celle qui est fournie par la viande 
et les végétaux en substance, et mêlée avec 
la salive dans la mastication. L'aliment pré- 
paré de cette manière ne doit bouillir que 
peu de temps , et il ne faut point le laisser 
séjourner ensuite dans les ustenciles de cui- 
sine , parce qu'il sont doublés d'un mélange 
moitié plomb et moitié étain , et sont par 
conséquent malsains , quoique le cuivre 
soit parfaitement recouvert. Les soupes dans 
lesquelles on a fait bouillir un acide quel- 
conque ou du vin 5 sont réellement vénéneu- 
ses , si on ne les prépare pas dans des vases 
d'argent, de porcelaine ou de poterie non 
vernissée avec des préparations de plomb ; 
car l'acide , soit du citron , soit du vinaigre , 
lorsqu'il est chauffé , ronge et dissout le 
plomb et l'étain qui doublent les vaisseau^ 
de cuivre y et le vernis de plomb des pots de 
terre. Ainsi quand on ne peut pas se pro- 
C5urçr des vases d'argent, ceux de fer sont 



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'486 Nutrientia. Art. l. 2. 3. 6, 

préférables aux vaisseaux de cuivre étamés; 
on peut encore se servir de ceux de fer 
plaqué qui , à ce qu'on assure , ne sont dou«- 
blés que d'étain pur. 

6. Une autre circonstance qui facilite les 
moyens de nourriture des hommes ^ c'est 
Tart de moudre les graines farineuses entre 
des meules , qu on peut nommer les dents 
artificielles de la société. Il est probable 
que certaines espèces de bois tendres , sur- 
tout quand ils ont subi une espèce de fer- 
xnentation^ et que leur texture est relâchée, 
pourraient servir de nourriture dans un 
temps de famine. 

Il n est pas invraisemblable que le foin qui 
a été mis en tas jusqu'à subir une fermenta- 
tion saccharine , puisse être préparé par la 
mouture et la fermentation avec de la levure 
comme le pain , et ainsi servir en partie à 
la subsistance de rhorome dans les temps de 
grande disette. Le Dr Priestley donna à une 
vache pendant quelque temps une forte infu- 
sion de foin pour sa boisson, et pendant ce 
traitement elle donna plus du double de lait. 
Il résulte de ce fait que si on ne pouvait 
pas faire du pain avec du foin haché 5 il y 
a tout lieu de croire qu'on pourrait en pré- 
parer un breuvage nourrissant, soit dans son 
état sacchariu;^ ou fermenté en une espècç 
de biè^e. 



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Art. I. 2. 3. 7. Nutriéntia. éfif 

Dans les temps de grande didiette, ^lusîeur^ 
autres végétaux qui ne sont point d'un usage 
familier, fourniraient probablement une nour- 
riture saine 5 soit en les faisant bouillir, ou 
sécber et moudre , ou par ces deux pro- 
cédés successivement. De ce nombre sont« 
peut-être, les sontmités et les écorces de tous 
les végétaux qui sont armés d^épines ou de 
piquans , tels que les groseillers , le houx , 
le genêt, et peut-être Taubépine. L'écorce 
intérieure de Forme fait une espèce de 
gruau. Les racines de fougère, et probable- 
ment plusieurs autres racines , telles que 
celles du gramen et du trèfle arrachées eu 
hiver , pourraient fournir une nourriture , 
soit par FébuUition , soit par la cuisson au 
four, et en séparant les fibres de la pulpe 
par le battage ; ou en retirant la fécule seule 
de celles qui, comme la brione blanche, con- 
tiennent un mucilage acre. L'aubier de pres- 
<jue tous les arbres, et sur-tout de ceux qui 
pleurent au printemps , pourrait fournir une 
liqueur saccharine et mucilagineuse en le 
faisant bouillir dans l'hiver ou au printemps. 

7. Quoique les arts de la cuisine et de la 
mouture puissent contribuer à faciliter les 
moyens de subsistance de Tespèce humaine, 
leur grande source est dans Tàgricultifre. Le 
Dr Franklin ma dit que dans Pétat sautage 
où les hommes vivent isolément du produit 



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488 Nutrientia. Art. I. 2. 5, 7, 

dp leur («liasse^ il existe rarement plus d'une 
famille dans une étendue /de deux lieues de 
diamètre , qui mise en pâturages pourrait 
faire vivre plusieurs centaines d'individus , 
et suivrait ^our plusieurs milliers dans uu 
état d'sigriculture. L'art de nourrir les hom- 
mes avec une semence aussi petite que le 
froment, art qui parait avoir été découvert 
en Egypte d'après le nom immortel de Cérès, 
prouve beaucoup plus d'industrie qu^ celui 
de les nourrir avec les grosse; rs^cines comme 
les [)Ommes de terre, qui paraît avoir été une 
découverte des malheureux l\iexicains* 

Cette production de nourriture plus consir 
dérablé par l'agriculture que par les pâturages, 
prouve qu une nation qui ne se nourrit que 
de substances ^nimaleé doit être moins nom- 
breuse que si elle se nourrissait de végétaux» 
et par conséquent , ci ces peuples sont en 
guferre , le premier sera exposé à subir le joug 
du dernier^ comme Abel fut tué par Caiin. Ceci 
est peut-être le seul argument solide contre 
la clôture des terres labourables. La pro- 
duction abondante de nourriture par l'agri- 
culture et les pâturages j, démontre les avan- 
tages de la civilisation sur l'état sauvage ; 
car la population se multiplie dans la pro- 
portion de mille k un au moyen de ces deux 
arts; et le bonheur des hommes, sous un 
bon Gouvernement, çst probablemejit i^ug- 



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AUT. !• 3. 4* <• Nutrientia. 4^9 

^menté en proportion égale , de ce qu'ils sont 
exempts de la' crainte continuelle des ani- 
maux carnassiers^ de la famine et des incur- 
sions fréquentes de leurs féroces voisins. 

Mais les pâturages ne peuvent exister sans 
un droit de propriété , tant du sol que des 
troupteaux qu'il nourrit ; et pour Tinvcfntion 
des arts , et la fabrication des instrumens 
aratoires , les uns doivent penser , et les 
autres travailler ; et comme quelques indi- 
vidus obtiendront par leurs efforts plus 
de succès que d'autres ^ il s'établira néces- 
sairement une inégalité de rangs dans la so- 
ciété ; mais cette inégalité parmi les hommes 
dans l'état actuel du monde , est trop forte 
pour faire produire la plus grande quantité 
possible de subsistances pour la nourriture 
de rhomme , et la plus grande somme de 
bonheur pour l'espèce humaine. 11 faudrait^ 
que l'esclavage ne fàt point à une extrémité 
de la chaîne sociale > et le despotisme à 
l'autre extrémité. — Au moyen des perfec- 
.tionnemens futurs de la raison humaine^ on 
verra peut-être un jour des Gouvernemens 
qui porteront au centuple la population des 
hommes et augmenteront leur bonheur dans 
une proportion dix fois plus grande. 

lY. I. L'eau doit être considérée comme 
une partie de notre nourriture , parce qu'il 
^n entre une grande quantité dans la com- 



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490 Nuirientia. Arï. !• 3. 4- 2. 

position de bos solides ainsi que dans celle 
de nos fluides ; et parce que , selon Topinioa 
aujourd'hui reçue , les végétaux tirent de 
cette source la presque totalité de leur nour- 
riture. Comme ils la décomposent et qu^ils 
la pompent pendant que le soleil luit ^ le 
gaz oïLjgène augmente la quantité et la pu* 
reté de Tatmosphère qui les ayoisine^ et il 
parait que Thydrogène y est retenu et forme 
les sucs nourriciers ^ et les sécrétions ulté- 
rieures de résine ^ de gomme , de cire , de 
miel^ d^huile et d'autres productions végé- 
tales. Voyez Jardin botanique , i'* partie , 
chant IV. vers 26. note. L'eau a cependant 
d'autres usages dans l'économie animale , in- 
dépendamment .de sa propriété ûutritive : 
elle délaye les fluides et lubréfie les solides ; 
et par ces raisons nous en avons un besoin 
fournalier. 

a. L'eau de rivière est en général plus 
pure que celle de source, parce que les sels 
neutres extraits de .la terre , se décomposent 
les uns les autres, excepté, peut-être^ le sel . 
marin ; et les terres où l'eau de source 
abonde fréquemment , sont précipitées ; cepen- 
dant il est probable que la terre calcaire 
dissoute dans l'eau de certaines sources peut 
contribuer à notre nourriture , comme l'eau 
de source/ qui contient de la terre passe 
pour rendre fertiles les terres quelles inon- 
dent , plus eiEcacement que l'eau de rivière. 



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Art. I. 2. 4» 5. Nutrientia. * 49* 

Sir G. Staunton dit que les Chinois purifient 
Teau de quelques rivières ou canaux bour- 
beux ^ en Tagit^nt avec un roseau creux rem^ 
pli de petits trous, et dans le tube duquel 
ils rei^ferment quelques morceaux d^alun* 
Les boulangers de Londres assurent qu*un 
des usajges de Talun est de clarifier Teau de 
la rivière nouvelle , et de donner ainsi plus de 
blancheur à leur pain. Quand Peau contient 
de Falcali volatil i ainsi que cela arrive sou« 
vent par le fumier des écuries et les autres 
immondices des grandes villes , iL peut être 
converti en sulfate d'ammoniaque par une 
solution d'alun ; et les tenes calcaires peu- 
vent être converties en gypses et se préci- 
piter avec les terres alumineuses. Voyez 
classe IL i. 6. i6. 

3. Plusieurs argumens semblent établir que 
les terres calcaires contribuent à la nourri- 
ture des animaux et des végétaux ; premiè-* 
rement , parce que cette terre entre en grande 
partie dans la composition de leur être , et 
doit par conséquent y être reçue du dehors , 
ou être formés par elle , ou les deux causes 
agissent simultanément; de même que le lait 
qui, pris comme aliment par une femme qui 
alaite, est décomposé par le procédé de la 
digestion , et est ensuite reconverti en lait 
par les glandes pectorales ; secondement , 
parce que dVprès Tanalogie de tous les corps 



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49^» * Nutrientia. Art. 1. 2. 4. 5. 

organisés y tout ce qui a composé une partie 
d^un végétal ou d^un animal^ peut, de nou* 
Teau y après sa dissolution chimique , deve- 
nir une partie d'un autre animal ou végétal, 
par PeflFet de la transmigration générale de 
la matière : et enfin , parce que l'emploi 
constant qu'on fait de la chaux dans Pagri- 
culture, sur presque toutes les espèces de 
6ols et dans toutes les situations , ne sau- 
i*ait s'expliquer assez clairement par ses 
seules propriétés chimiques , qui cependant 
peuvent avoir des résultats considérables par 
rapport à quelques espèces de terres et dans 
certaines circonstances. 

Les avantages chimiques de la cha^x dans 
Tagriculture , peuvent être, i** quelle détruit 
en peu de temps la cohésion des fibres 
végétales mortes, et les réduit ainsi en terre, 
ce qui autrement ne se fait que par un pro- 
cédé lent , soit par la consommation qu en 
font les insectes , soit par une putréfaction 
graduelle. Ainsi, à ce qu'on m'a assuré , un 
mélange de chaux et d'écorce de chêne de 
laquelle le tanneur a retiré tout ce qui est 
dissoluble dans Teau , peut se changer au 
bout de deux ou trois mois en un bon ter- 
reau noir ; et si cette écorce n'était que mise 
en tas, il faudrait des années pour lui faire 
subir ce changement par la fermentation 
^pontanée ou par I4 putréfaction. Cet effet 



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Art. I. a. 4- 5. Nutrientîa. 49^ 

de la chaux doit être sur-tout avantageux 
dans les terraîus nouvellement défrichés. 

a** La chaux continue pendant plusieurs 
mois à attirer Thumidité de Tair ou de la 
terre dont }e crois qu'elle absorbe Facide 
carbonique 5. puis le laisse s'exhaler de nou- 
veau , comme on le voit sur les murs, de plâ- 
tres des maisons neuves. Sous ce rapport 
elle doit être avantageuse quand on la mêle 
à un sol sec ou sabloneux , parce qu elle 
attire Thumidité de Tair qui est au-dessus 
et celle 'de la terre qui est au-dessous; et 
cette humidité est ensuite absorbée par les 
vaisseaux lymphatiques des racines des vé- 
gétaux. 

5** On croit généralement qu'en mêlant la 
chaux avec de l'argile, cet alliage rend, le 
sol moins compact ^ et qu'il se laisse pénétrer 
par les fibres végétales. Ce mélange détruit 
la trop grande abondance d'acide s'il en existe, 
et en s'unissant avec lui forme du gypse ou 
de l'albâtre. Enfin la chaux vive détruit les 
vers, les limaçons, et les autres insectes avec 
lesquels elle est en contact. 

Cependant toutes ces propriétés chimiques 
ne rendent pas raison de la grande utilité 
de la chaux dans presque tous les terreins 
et dans toutes les situations ; car elle con- 
tribue autant à l'abond)ance des récoltes ^ 
qu'à l'augmentation de leurs -produits» Les 



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4^)4 Nutrientia. Art. I. 2. 4* ^^ 

cultivateurs, les meuniers et les boulangers 
croient généralement que le froment, pro- 
duit par un terrain bien mêlé de chaux , à 
la pellicule plus mince , et qu'il donne plus 
de farine et d'une meilleure qualité ; ce qui 
Tient y je pense ^ de ce qu'il contient plus de 
fécule et moins de mucilage. Quant aux 
pâturages , on m'a dit que si on jette une 
pelletée de chaux sur un gazon que les bes- 
tiaux auront depuis plusieurs années refusé 
de toucher , ils en brouteront Therbe jusqu'au 
niveau du sol pendant plusieurs saisons de 
suite. 

La chaux a une autre propriété que Ton 
ne connaît peut-être pas encore bien : je veux 
dire celle de produire une extrême chaleur , 
quand elle est mêlée avec de Peau ; ce qui 
peut venir de ce que le calorique est ren- 
fermé dans la chaux vive. Quand on jette 
de Teau sur la chaux , si on a soin de n'en 
pas jeter trop ou de trop froide , la vapeur 
occasionnée par cette chaleur brise la chaux 
en poudre tellement fine quelle devient 
presque liquide , ce qu'aucun autre moyen 
ne serait capable d'effectuer, et je crois que 
cela su(Bt pour accorder à la chaux dans 
IV.griculture , et aux dissolutions de terre 
calcaire dans Peau , la préférence sur la 
craie ou sur la même substance pulvérisée 
et étendue sur les champs. 



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Art. I. 2. 5. î. Nutrientia. 49^ 

4. On croyait naguères que les eaux qui 
contiennent des terres calcaires ^ telles que 
celles qui incrustent les parois des bouil* 
loîres , ou qui font pétrifier les mousses ^ 
étaient susceptibles de produire ou d'aug- 
menter la pierre dans la vessie. Cette erreur 
a été détruite par la chimie moderne , les 
calculs analysés par Scheele et Bergman 
n ayant offert que peu ou point de terre cal- 
caire. Les eaux de Matlock et de Carlsbad , 
qui couvrent la mousse à travers laquelle 
elles passent d'une incrustation calcaire , sont 
lellement éloignées d'augmenter la pierre 
dans la vessie ou dans les reins ^ que celles 
de Carlsbad sont renommées par le soula- 
gement qu'elles procurent aux personnes 
atteintes de cette maladie* (Transactions phi- 
losophiques.) On boit celles de Matlock en 
grande quantité et sans inconvénient; et je 
connais un individu qui pendant plus de dix 
ans a bu environ deux pintes par jour d'eau 
froide de source , qui incruste fortement de 
terre calcaire les vases dans laquelle on la 
fait bouillir^ et donne ijn précipité calcaire 
abondant^ par une dissolution d'acidulé tar- 
tareux ;' cette personne jouit de la meilleure 
santé. 

V. I. Comme les corps animaux contien- 
nent une grande partie d'oxygène et d'azote 
qui composent l'air atmosphérique , ces deux 



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49^ Nutrientia. Art. I. â. 5. ié 

gaz doirent être comptés au nombre des sub- 
stances nutritives ; d'ailleurs il résulte des 
expériences du Dr Priestley -que Toxygène 
pénètre dans le sang à travers les membra- 
nes humides des cellules' aériennes ; et il 
parait être beaucoup plus important à la con- 
servation de la vie f|ue les autres espèces de 
nourriture dont je viens de parler. 

Comme la base de 'Pair fixe, ou gaz acide 
carbonique , est le carbone , qui constituef 
aussi une grande partie des corps animaux 
et végétaux ; ce gaz doit également être rangé 
parmi les substances nutritives. Ajoutez à 
cela que quand on avale de ce gaz acide 
carbonique en buvant de la bière ou du cidre ^ 
ou quand on boit de Teau qui en est char- 
gée , étant précipitée de la pierre à chaux 
par Facide vitriolique, cela procure une sen- 
sation agréable au palais et à Testomac; par 
conséquent ce gaz est probablement nutritif. 

L'^immense quantité de carbone et d'oxi- 
gène qui constituent une si grande partie des 
pays à terres calcaire» , est presque incon- 
cevable , et comme. elle a été produite par 
les animaux-, ,ces principes peuvent bien 
rentrer dans leurs combinaisons , ainsi que 
la matière calcaire à laquelle il sont unis. 
De-là on peut comprendre pourquoi les eaux 
qui tiennent beaucoup de pierre à chaux en 
dissolution , peuvent fournir de la nour,riturç 



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Aftt. 1. 2. 6. t* NutiUntid. .4§^ 

bux Inimaux et aux yégétaut ^ Coiùine je 
Tai dit ci-desSus. 

YI. ik La manière dont les particules HU'- 
tritives remplacent celles qui susent méca'- 
niquement oU qUi se décomposent ehimiqûe^' 
ment, ou celles qui sont consommées par 
l'absprptioti animale , tient vraisemblablement 
à une appétence animale , comme je Tai 
expliqué dans la sect. XX^YII. lii. et est 
probablement analogue aii procédé de Tin- 
flammation^ qui produit de nouTCaux vais- 
seaux et de nouveaux fluides , ou à celui 
qu^ constitue Taccroissement du corps jus- 
qu*à la maturité. * Ainsi les gi^anûlations 
charnues qui servent à réparer le$ peintes 
de substance dans les plaies, sont yisibles 
à Fceil , de même que le càl qui réunit les 
ot fracturés; la matièt*e calcaire qui rétablit 
les coquilles endommagées des limAçonst 6t 
lès fils formés par les vers à soie et les 
araignées; toutes ces substances sont sécré- 
tées dans un état presque fluide ^ et se dur- 
cissent, soit par la dessiccation^ soit par le 
contact de Tair, ou par Tabsorption de leurs 
parties lèls plus fluides. 

C'est une question digne de nos recher- 
ches , si les matières qui réparent ainsi les 
pertes du système , peuvent être introduites 
autrement que par l'estomac , de manière à 
conserver le corps pendant un certain espace 

Tome IL 54 



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4^8 Nutrientid. Aht. 1. tt. 6. û. 

4e tempg ; car il arrive quelquefois que 
rien ne peut pénétrer dans ce yiscère i 
comme dans les obstructions de Poesophage , 
les inflammations de la gorge et Thydropho- 
bie^ et il nest pas rare de rencontrer des 
maladies dans lesquelles les puissances diges- 
tives sont totalement ou en partie détruites ; 
telles sont l'anorexie épileptique , et plu-* 
sièur^ espèces, de fièvres. 

Bans le premier cas, la nourriture liquide 
peut quelquefois passj^r dans Festomac il 
travers une sonde flelible ^ ainsi qu^il est 
expliqué classe III. !• i. i5 ; dans l'autre 
cas , des alimens légers tels que le lait ou le 
bouillon , peuvent être pris en lavement avec 
de petites quantités d'opium, par exemple 
dix gouttes de teinture trois ou quatre fois 
le jour ; on pourrait aussi y ajouter avec 
avantage de très^etitea quantités d'alcool ; 
mais j'ai observé que ces moyens ne sont 
pas capables de soutenir long -temps un 
malade qui ne peut rien avaler. 

2. Un autre- mojen d'administrer des flui- 
des nutritifs serait celui de l'application des 
fomentations très - étendues , ou de plonger 
tout le corps dans \in bain de bouillon ou 
de lait tiède , qu'il serait aisé de faire cailler 
en n^ème temps par le moyen ^d'un peu de 
pressure *, de cette manière il est probable 
que Ton pourrait intioduire du bouillon ou 



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Akx. I. "2. 7. Nutrièntià. 499 

}>etit lait 9 au moins en partie, dans la cir- 
culation^ puisqu'on assure qu^une solution 
de nitrate de potasse a été absorbée dans 
un pédiluve , ce dont on s est assuré en 
trempant fréquemment dans Turine du ma- 
lade , dit papier qu^ou laissait ensuite sécher 
et qui pétillait alors en brûlant. Ceux qui 
prennent un bain chaud après un violent 
exercice et une abstinence de boissons^ ab- 
sorbent, comme on sait^ une grande quantité 
d^eau* On dit que Cléopâtre^ lorsqu'elle voya- 
geait, avait à sa suite quatre mille ànesses, 
et que \ts matins elle prenait un bain de 
leur lait , qui lui servait plutôt comme cos'^ 
métique que comme nourriture. 

5. La transfusion du sang d^un animal dans 
les veines d^un autre qui serait hors d^état 
de rien avaler ou de digérer , pourrait le 
soutenir long-temps; et peut-être y aurait-il 
moyen d^introduire de cette manière dans 
Téconomie animale d^autres substances nu- 
tritives , telles que le lait ou le mucilage ; 
mais jusqu à présent on n a pas fait d^expé- 
riences suffisantes à ce sujet. Voyez sec- 
tion XXXII. IV. et classe I. 2. 3. ^5.^ et sup- 
plém. I. i4» 3. 

VII. Différentes espèces de condimens ou 
sauces se prennent avec la nourriture ani- 
male et végétale, et il y en a qui croyent 
qu^ils aidaient à la digestion, et par consé* 



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5oo Nutrientia. Art. I, 5. 3* 

quent à la nutrition ; dans ce nombre le yiu 
et les autres liqueurs fermentées^ le vinai- 
" gre , le sel , les épiées , et la moutarde ont 
été le plus en usage ^ et ont nui , selon moi » 
à des milliers de personnes. Par leur stimu- 
lus violent, Testomac perd à la longue son 
degré naturel d'irritabilité , et il en résulte 
des indigestions, qui produisent des flatuo- 
sites et rémaciation. LorsquW s*est fait une 
liabîtude de Tubage de ces choses , il faut 
le continuer sans augmenter la quantité , ou 
la diminuer graduellement et lentement , 
avant que d^y renoncer tout-à-fait, ainsi qu^il 
est prescrit dans la sect. XIL vu. 8. 

III. Liste, des substances nommjêes 
Nutrientia. 

1. I. La venaison , le bœuf, le mouton, 
lé lièvre , les oies , les canards , les bécas- 
ses, les bécassines^ et \é gibier de marais. 

2. Les buitres , les homards , les crabes , 
les crevettes , les champignons , les anguil- 
les , les tanches , le barbeau , les éperlans , 
les turbots , les soles et les tortues. 

3. L^agneau , le veau^ et le cochon de lait. 

4. Le dindon , la perdrix , le faisan , les 
volailles et les œufs. 

5. Le brochet, la perche, le goujon , la 
truite et Tombre. 

II. Le lait, la crème, le beurre, le lait- 
battu , le petit-lait et le fromage. 



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Art. 1. 5. 7. Nutrientia. 5oi 

III. Le froment, l'orge, Favoîne, les pois» 
les pommes de terre , les navets , les ca- 
rottes ^ les choux, les asperges , les arti- 
chauts , les épinards , les betteraves , les 
pommes , les poires , les prunes , les abri- 
cots^ les brugnons, les pèches^ leê fraises^. 
les raisins , les oranges , les melons , les 
concombres , les figues sèches „ les . raisins 
secs, le sucre et le miel^ ainsi quun grand 
nombre déracines, de semences, de feuilles, 
et de fruits. • 

iV. L^eau^, Feau de rivière , l'eau de 
source et la terre calcaire. 

V. L'air , l'oxygène , l'azote et le gaz acide 
carbonique. 

Yl. Les bains et les lavemens nourri$san$> 
la transfusion du ,sang. 

VU. Les condimens. 



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Bo% Inc^aniHa. A^r^ II. :». x, 14 



1. 1. JL/] 



Article II. 
INCITANTIA. 



^E$ substances qui augmentent les 
«xertions de tous les 'môUTemens irritatifs, 
Sont hOmmées incitantia. Telles sont Palcool^i 
ou la partie spiritueuse des liqueurs fer- 
xnentées , l'opium; et plusieurs substances 
que Ton regarde encore comme des poison s j, 
parce que leurs doses convenables ne sont 
pas bien connues. A celles-ci il convient 
d^a^outer les passions qui réjouissent Fâme, 
telles que la joie et Tamour ; et à l'extérieur 
Inapplication de la chaleur , Télectricité , 
l'éther , les huiles essentielles , les frictions 
et l'exercice. 

3. Ces moyen^ provoquent les sécrétions 
et l'absorption , augmentent Is^ chalf^ur natu- 
relle , et écartent les douleurs causées par le 
défaut des niouvemens irritatifs , et que Ton 
nomme affections nerveuses , et préviennent 
les convulsions qui en sont la suite. Pris inté- 
rieurement^ ils produisent la constipation, don- 
nent une couleur foncée à l'urine ^ et à plus 
grandes doses, i]is causent Tivresjse et ses suites. 

IL Observations sur les Incitantia. 
I. I. L^opium et Fal^ïool augmentent tou* 
tes les sécrétions et les ^absorptions. Laug? 



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Art. il ù. i.% JnckamUA 5o!| 

mentatîon de la sécrétion de la puissance 
sensotiale se manifeste dans les exertions yïo^ 
lentes des personnes ivres; celle des sueurs 
est plus sûrement excitée par Topium ou la 
vin que par aucun autre médicament ; et 
laugmentatioB de chaleur générale que cet 
substances produisent est une preuve de la 
propriété quelles ont de provoquer toutes 
les sécrétions ^ puisqu'une augmentation de 
sécrétion est toujours acconipa^ée .dun 
dégagement de chaleur dans la partie^ comme 
dans les inflammations du foie et autres. 

a. Mais comme elles provoquent en ii^éme 
temps Tabsorption , les fluides qui sont àé* 
posés dans des réservoirs ^ tels que lurine ^ 
la bile ^ le mucus pulmonaire et intestin 
nal , ont encore leurs parties les plus flui^» 
des absorbées, et ainsi ^ quoique la quantité 
de fluide sécrété soit augmentée et que 
Tabsorption le soit aussi , Vexcrétion jpar ces 
réservoirs est diminuée, en même temps que 
les fluides sont plus épais et plus colorés i 
comme l'urine ^ les excrémens et le mucus 
pulmonaire. Tandis que la transpiration 
étant sécrétée à la surface du corps ^ On voit 
que sa quantité est auginentée , avant de 
pouvoir être réabsorbée ; de-là vient lopinton 
erronée oii Ion est que lopium augmente 
la sécrétion cutanée et diminue toutes les 
autres. 



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Bb4 InckanHa^ Art. H. à. i.Si 

5. 11 faut remarquer néanmoins , qu*aprè& 
les évacuations j lopium paraît provoquer les 
absorptions plus que les sécrétions , si l'on en 
excepte celle de la puissance sensoriale dans 
le cerveau^ et qui probablement ne souffre 
point d absorption. De -là son efficacité k 
arrêter les hémorrhagies^ après que les vais- 
seaux sont vidés ^ en provoquant labsorption 
veineuse. 

4«. La matière des ulcères s épaissit par 
Tusage de lopium , par Pabsorption augmen- 
tée de ses parties les plus fluides ; mais il 
est probable que toute la sécrétion ^ en y 
comprenant la portion qui s'en absorbe^ est 
augmentée ; il s'ensuit que de nouvelles 
fibres sont sécrétées avec le pus , et lulcère 
se remplit de nouvelles granulations cbar- 
nues. Mais comme un ulcère ne peut se 
cicatriser avant qu'il nait cessé de suppurer;' 
c est-à-^ii*^ lorsque l'absorption devient aussi 
grande que lexcrétion^ les médicamens qui 
ne provoquent que labsorption , sont plus 
avantageux pour la guérison d'tin ulcère qui 
est rempli de nouvelle chair ; tels sont le 
Lina & rintérieur , et les bandages et les 
préparations de plomb à l'extérieur. 

5. Plusieurs douleurs ont leur source dans 
tm manque de mouvement convenable de la 
partie , par exemple celles qui sont occasion-* 
liées par le froid et celles qui 9ont accom* 



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Art. II* !i. 1. 5. Incitantta. 5o5 

pagnëes de froid aux extrémitës et que Ton 
nommé en général nerveuses. On les appaise 
par tous les moyens qui eîtcitent la partie à 
produire les actions qui lui sont propres, et 
par conséquent à Faide de Topium et de 
Talcool, qui sont les stimulans les plus uni- 
Tersels que Ion connaisse ; dans ces cas , 
reflet de lopium a lieu aussitôt que le corps 
devient généralement chaud ; et un certain 
degré d'ivresse ou de sçmmeil succède à la 
cessation de la douleur. 

Celles que Ton nomme nerveuses , revien- 
nent souvent à des périodes fixes et sont 
aussi assez communément suivies de convul- 
sions ; dans ces cas , si Topium» calme les 
douleurs , les convulsions nont pas lieu; 
pour cet effet , il faut le donner graduelle- 
ment Y par exemple un grain toutes les heu* 
res ou. toutes les demi -heures jusquà ce 
qu'il enivre-: il* faut ohserver ici que pour 
prévenir les périodes de ces douleurs froi- 
des, il en faut une dose beaucoup moindre 
que celle qui est nécessaire pour calmer les 
douleurs après laccès, de même quun grain 
et demi dopium pris une heure avant le 
paroxysme, empêche laccès de froid dune 
fièvre intermittente , mais ne suffit pas pour 
le faire cesser promptement lorsqu'il est 
conàjDiencé ; car dans le premier cas , les 
associations ou caténations habituelles ou 



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5o6 TntUémiia. Art. II. a. i. 5. 

saîixes de monyëment fayorisent les effets du 
remède ; et dans le second cas , ces associa- 
tions ou caténations êtont dérangées ou inter- 
rompues , et il s'en forme dautres , qui con- 
trarient Teffet du médicament. 

Lorsqu'il est nécessaire de donner lopium 
à grandes doses pour mitiger ou prévenir les 
convulsions, quelques-uns conseillent de 
s abstenir de lusage du yin^ parce qu alors 
on peut administrer une plus grande quantité 
d^opium; et comme il parait que ce dernier 
augmente plus labsorption et moins la sécré- 
tion que Falcool, il peut quelquefois être utile 
de substituer lun à l'autre^ par exemple 
dans les maladies où les évacuations sont 
trop fortes , telles que la diarrhée et la 
dyssenterie, Topium peut être préférable; au 
lieu que dans le tétanos^ ou Tinflammation 
du système serait utile, le vin peut être pré- 
férable k lopium. Voyez cla^sse 111. i. i. i3. 
JPai observé généralement quun mélange 
dVlcôol et d'eau tiède ^ donné alternative-, 
ment avec les doses d'opium, a produit le 
plutôt et le plus sûrement le degré d'ivresse 
qui était nécessaire pour soulager le malade 
dans VepUepsia dôlorifica. 

L'application extérieure de l'opium peut 
aussi être employée avec avantage, sur-tout 
lorsqu'il répugne à l'estomac ; à cette fin , 
)'ai fisLit fomenter tout le trajet de la colonne 



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[Art* II. a. !• 6#r InoUantiar. 607 

Tertébrale avec de la teinture d'opium » dans 
les convulsions épileptiques , et urne forte 
friction faite avec un linement consistant en 
six grains d*opium, bien triturés dans une 
once d'axonge de porc^ a été dernièrement 
mise en usage avec succès par le Dr L. 
]Frank de Florjençe pour procurer le som» 
meil dans des cas de ^i^nie. 

Des injections dune. -solution ou d*nne 
teinture d'opium dans le rectum , agissent 
isur toute l'économie animale , mais il en 
faut une quantité à-peu*près double de celle 
que l'on prend ordinairement dans Testomac. 
Une solution d opium injectée dans lurèthre 
peut être utile pour soulager les douleurs^ 
ou pour faire absorber les nouveaux vais- 
seaux^ produits par rinflammation , après des 
évacuations suffisantes ^ comme on le voit 
quand on lapplique à un œil enflammé. 
Enfin, lopium est utile pour calmer les dou- 
leurs que causent à^s sécrétions trop acres, 
en augmentant leur absorption , ou pour 
calmer par son application à l'extérieur celr- 
les que cause la torpeur d une partie ^ 
comme dans certaines odontalgies. 

6. L'opium procure encore du soulagement 
dans les douleurs inflammatoires , ou dan& 
celles par excès de mouvement dans la 
partie affectée ; mais avec cette Slifférence 
que ce fioul^gement et }e sommeil qu'il 



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5o8 Tncitantia. ArT. II. 2. i. 6. 

procure , n'ont lieu que quelques heures 
après qu'il a été administré. Ceci demande 
une explication : quand le stimulus de lopium 
OQ de Talcool a cessé , comme après Tivresse 
ordinaire , il survient un engourdissement ; 
et toute FécOnomie animale derient moins 
irritable par les stimulans ordinaires, De-là, 
la céphalalgie ^ les riihisées et la langueur le 
lendemain de Tivress^T arec froid à la peau 
et débilité générale. Or ^ dans les douleurs 
par excès de mouvement ^ et que Ton nomme 
^ouleur^ inflammatoires , Topium ne soulage 
pas jusqu'à ce que la débilité survienne après 
que le stimulus a cessé dagir; car alors le 
plus grand stimulus de lopium a épuisé la"^ 
puissance sensorîale , 'et le stimulus moindre 
quî^ auparavant^ occasionnait la douleur, 
A excite plus alors les parties à une action 
f îolente. 

Dans ces cas le stimulus de Topuim com- 
mence par augmenter la douleur ^ et il arrive 
quelquefois qu'il survient une telle torpeur, 
quVlIe cause la mort ou la morti%ation de 
kl partie affectée ; de-là le danger de donner 
lopium dans les maladies inflammatoires^ 
et sur-tout dans Finflammation des fntestins; 
mais en général la douleur revient avec sa 
première violence , aussitôt que la torpeur 
cesse. Ainsi les douleurs accompagnées 
^Inflammation sont plutôt soulagées par des 



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'Art. II. 2. I. 8. IncUantias So^ 

saignées copieuses, par d'ajatres évacuations, 
et par la classe des médicamens nommés 
torperUia, 

7. Les douleurs par excès de mouvemeiit 
sont accompagnées d augmentation de la cha- 
leur de tout le système ou de la partie aJSec* 
tée^ et d^un pouls fort et fréquent; celles par 
défaut de mouvement sont accompagnées de 
froid des extrémités , et de faiblesse du 
pouls j €{01 y à quelques exceptions près y est en. 
général plus fréquent que dans Tétat naturel. 

8. Uopium et Talcool sont les deux seules 
substances enivrantes que nous connaissions 
bien ; et cette propriété fait quon les dis- 
tingue aisément des secerncntia et des sor- 
bentia. Le camphre , la ciguë et le tabac 
produisent, dit-on, une espèce dUvresse ; et 
il y a un grand nombre d'autres médicamens 
de cette .classe , dont les effets sont moins 
connus , on dont les dosies pe sont pas déter- 
minées; tels .ontlatropa belladonna, Fhyos- 
cyamus , le stramonium , le prunus lauroce- 
rasus , le menispermum , le cynoglossum , 
quelques champignons, et Teau distillée des 
noyaux de cerises noires ; on faisait autre- 
fois un usage fréquent de ce dernier mé- 
dicament dans les convulsions des enfans , 
avec succès j à ce quon assure, mais main- 
tenant il est banni inconsidérémebt de nos 
pharmacopées. Jai vu une dame faible et 



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5io încttafUià. ÀRt. it. 2. i; ^. 

hystérique t)reDdre tous les 'matins en guisé 
de thé^ pendant une semaine, une feuille dé 
lauro-^cerasus hachée ^ et cela sans aucune 
conséquence fâcheuse, mais plutôt 4 peut-être, 
avec avantage i 

Il est probable que d'autres noyaut amers 
tels que ceux des châtaignes sauvages, des 
glands, ceux de Tsesculus hippocastanum et 
du quercus robur, peuvent avoir un certain 
degré de propriétés enivrantes ; et par ce 
genre de stimulus, ainsi que par leur prin- 
cipe amer, on pounait en faire usage pour 
prévenir le paroxysme dune fièvre inter^ 
mittente, en l'administrant une heure avant 
Taccès , comme la dernièrement affirmé le 
Dr Fuchs de Jena; il dit quun extrait pré- 
paré avec les noyaux mûrs du maronier 
sauvage agit comme un extrait de quinquina, 
et il ajoute que Técorce de cet arbre peut 
remplacer avec succès celle du Pérou, 

g. Les effets pernicieux de Tusage conti- 
nué de beaucoup de liqueurs spiritueuses , se 
voient tous les jours et sont déplorés par les 
médecins ; cette intempérance n*amène pas 
seulement la débilité et une vieillesse préma- 
turée,' mais encore elle donne lieu à des ma- 
ladies dont la liste seule est effrayante, telles 
que rhydropisie , la goutte , la lèpre , Fépi- 
lepsie, et l'aliénation mentale. Voyez Jardin 
botaniq. part. 11. chant III. ligue SSy. Plus 



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Art. Il.2« I. to. IncUantidi Sti 

l'alcool est fort et plu6 il tue promptement, 
comme on le voit dans ceux qui en boivent 
habituellement; mais ses effets nuisibles sont 
encore plus prompts lorsqu'on j fait infuser 
des noyaux d abricots , d^amandes amères , 
ou des feuilles dci laurier , pour faire ce 
qu on nommel des , ratafias , parce qu alors 
on avale deux poisons à la fois. Comme 
le vinaigre contient beaucoup d alcool, il 
est probablement une partie mal saine de 
notre régime. Le vinaigre distillé que Ton 
Tend dans les pharmacies est vraiment vé- 
néneux , car il est distillé dans des alambics 
et des retortes d'étain ou de plomb ^ et con- 
tient beaucoup de ce dernier métal , qu ou 
peut aisément découvrir en j mêlant un 
hydro^sulfure. L opiuI^ pris par luxe et non 
comme médicament est aussi pernicieux que 
lalcool , d après ce que rapporte le Baron 
de Tott dans sa relation sur les mâcheurs 
d opium , en Turquie. 

lo. Il est à propos d'observer quun usage 
fréquent des remèdes de cette classe, habi- 
tue tellement 1 économie animale à leur sti- 
mulus, quon peut en augmenter graduelle- 
ment les doses à un point étonnant^ et qui 
autrement tueraient sur le champ ; ainsi 
qu'on le voit fréquemment chez ceux qui 
s'habituent à lusage journalier de lalcool 
ou de Topium; et il semiblerait que ces 



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5i!2 Incitaniia. ArT. II. 3. !}. tt 

malheureux devieunent malades dès quiU 
se privent de leur dose naturelle'; et que là 
goutte^ rhydropisie , la paralysie et les* i>ou- 
tons au visage proyieunent de la débilité 
-occasionnée par- le manque de stimulus ha^- 
bituel ou de quelques changemens dans les 
fibres contractiles y qui exigent que ce sti*- 
mulus soit continué ou augmenté. De- là 
les. précautions nécessaires à prendre^ et que 
j'ai indiquées dans la sect: XII. vu* 8. 

1 1 . Quelques-uns des articles de la liste 
ci-après^ ne produisent probablement point 
d'ivresse , quoiqu'on les ait considérés comme 
enivrans; tels sont le tabac ^ la ciguë, la 
noix vomique , le staphisaigre ; et sous ce 
rapport on devrait les classer ailleurs , soit 
dans les seccrncntia , les sorbentia ou les 
invertentia. 

IT, I . A l'extérieur , lapplication de la 
chaleur , comme celle du bain chaud , par 
le stimulus qu elle porte à la peau , excite à 
un plus grand degré d'action les canaux 
excréteurs des glandes perspiratoires et les 
orifices des vaisseaux lymphatiques qui s'ou- 
vrent à sa surface ^ et par conséqueut pro« 
duit beaucoup d'autres mouvement irritatifs 
qui sont associés avec e\x\. A cette augmen-* 
tation d'action se joint une sensation agréa- 
blé , qui ajoute encore à l'activité du sys- 
tème^ et ainsi on peut calmer pluaieurs 



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Art. 11. 2. 2. I. Incitantia. 5i5 

genres de douleurs par cette atmosphère de 
chaleur additiounelle. 

L'expérience m'a démontré que Tusage 
d'un hain chaud d'environ 96 à 98 degrés au 
thermomètre de Fahrenheit, pendant une 
demi-heure chaque jour et continué pendant 
trois ou quatre mois , est très -avantageux 
aux personnes faibles, et de tous les stimu- 
lans non naturels, c'est peut-être le plus 
bénin; cependant, comme tout autre grand 
excitant, on peut le porter à l'excès , et c'est 
dont se plaignaient les anciens. L'applica- 
tion insignifiante des termes de relâchant 
et de fortifiant que l'on a faite aux bains 
chauds et froids, a beaucoup fait négliger 
l'usage de ce stimulant agréable; et Fabus 
du nom de bain chaud donné à des bains 
d'une température plus froide que celle du 
corps, con[une à ceux des eaux de Buxton 
et de Matlock , et aux bains domestiques 
au-dessous de 90 degrés de clialenr, et que 
Ton devrait nommer bains froids , a contri- 
bué à égarer dans le mode de leur applica- 
tion les personnes irréfléchies. 

Le stimulus du vin , des épices ou du 
sel , augmente la chaleur du corps en aug- 
mentant les sécrétions ou quelques-unes 
d'elles ; de-là il arrive que les forces sont 
ensuite diminuées tant par la perte des 
fluides que par l'augmentation d'action dans 

Tome ÏI. 35 



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5i4 Inàitantia. Art. II. ù. !i. 14 

les fibres. Mais le stimulus du baia chaud 
entretient la chaleur plutôt qu'il ne la pro- 
duit, et il remplit le système yasculaire par 
laugmentation de labsorption , plutôt qu'il 
ne le désemplit par l'augmentation de la 
sécrétiop; on peut donc en faire usage dans 
presque tous les cas de débilité accompa- 
gnée de froid des extrémités, et peut-être 
même dans l'anasarque, et aux approches de 
la mort dans les fièvres. Dans ces cas , le 
bain beaucoup au-dessous de 98 degrés, tel 
que de 80 ou 85 degrés pourrait être nui- 
sible , parce qu'il serait froid , si on le com-^ 
pare à la température du corps, quoique en 
général un bain de cette nature soit cou" 
sidéré comme chaudr 

L'activité du système ainsi produite par 
un bain de 98 degrés de chaleur et au* 
dessus, ne parait pas rendre le malade sus-' 
ceptible de s'enrhumer lorsqu'il en sort, car 
le système est moins disposé à la torpeur 
qu'auparavant, puisque la chaleur acquise 
ainsi par une communication plutôt que par 
une augmentation d'action, dure long-temps 
sans qu'on éprouve un frisson considérable, 
ce qui s'accorde avec l'observation du Dr For- 
dyce rapportée dans le supplément J. 5. i., 
où il dit que ceux qui sont enfermés pen- 
dant un certain temps dans une atmosphère 
de 120 à i3o degrés de chaleur, n'éprouvent 



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AHf. II* 3. 2. I. Ihcitantiâ* 5i5 

pas de froid et ne pâlissent même pas en 
passant à une température de 5o à 4^ de- 
grés , qui refroidirait beaucoup ceux qui 
nauraient éprouvé qu'une chaleur de 86 ou 
90 degrés.- Dissertation sur la fièvre simple^ 
pag. 168. ^ 

Ainsi lorsqti'on peut fixer la chaleur et 
rhumidité ^sur une partie dans l'état de tor-* 
peur, par exemple sur une tumeur scro- 
fuleuse , on provoqué la suppuration ou la 
résolution. On y parvient en appliquant un 
cataplasme chaud , qu'il faut renouveler 
souvent, ou bien un emplâtre de résine, de 
cire ou de graisse, ou en couvrant la partie 
de tafi'étas huilé; ces deux derniers moyens 
empêchent la matière de la transpiration 
et la chaleur de la partie de • s'exhaler , 
parce qu'ils répercutent l'humidité et sont 
mauvais conducteurs du calorique. Un autre 
usage avantageux du stimulus de la cha- 
leur^ c'est son application sur des ulcères 
atoniques , qu'en général on nomme sci*ofu- 
leux ou scorbutiques , et qui ont bien plus 
de disposition à se guérir quand ils sont 
recouverts de compresses de flanelle. 

Mr * * * était attaqué depuis plusieurs mois 
d'un ulcère au périné , qui avait une com- 
ijiunication avec l'urèthre, et par lequel il 
rendait une grande partie de ses urines atec 
beaucoup de douleurs ; il était réduit à un 



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Si6 Incitantia. Art. II. a. 5. i* 

état de débilité extrême. Il fit usage durant 
Tespace de six mois dHm bain de 96 à 98 
degrés, pendant une demi -heure tous les 
jours. Par ce stimulus agréable ainsi répété 
k des époques fixes, non seulement Fulcère 
se cicatrisa , contre l'attente des amis du 
ipalade , mai& il acquit plus de santé et de 
forces qu^il n*en avait jamais eu depuis plu-' 
sieurs années. 

Mad. *** fut attaquée de douleurs vagues 
que Ton nomma spasmes nerveux , et d^uue 
grande frayeur de maladies quelle n'avait 
pas; les extrémités étaient froides et la dé- 
bilité était générale. Elle fit usage pendant 
quatre mois d^un bain chaud à 96 degrés 
tous les deux jours ^ et sa santé se rétablit 
parfaitement. Elle eut même par la suite plus 
de force et de courage qu elle n'en avait eu 
depuis plusieurs ihois. 

Mr *** âgé d'environ soixante-cinq ans y 
avait été assez intempérant, sur Particle du 
vin , et depuis plusieurs années il avait an- 
nuellement des accès de goutte qui étaient 
devenus irréguliers ; il paraissait perdre ses 
forces et commencer à ressentir les effets 
de Fâge. 11 fit usage deux fois la semaine 
pendant dix-huit mois d^un bain assez chaud 
pour être d'une sensation agréable ^ et il 
recouvra en grande partie sa santé et ses 
forces \ sa goutte revint moins fréquemment ^ 



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Art. 11. 2. a. I. Incitantia. Sit 

et les accès en furent moins violents ; 
aujourd'hui il est âgé de près de quatre- 
vingts ans. 

Lorsque le Dr Franklin , le philosophe amé- 
ricain , était en Angleterre , il y a quelques 
années , je lui recommandai Pusage du bain 
chaud deux fois la semaine^ pour retarder 
Tarrivée trop subite de la vieillesse dont il 
croiait ressentir les approches , et j'ai appris 
depuis qu'il en avait continué Fusage jusqu'à 
la fin de sa vie qui fut fort longue. 

Je conseillai aux malades dont je viens de 
parler, de ne point se vêtir plus qu'à Kordi- 
naire en sortant du bain, soit qu'ils se mis- 
sent au lit ou soit qu'ils restassent levés , 
parce que mon intention n'était pas de pro- 
voquer la transpiration qui affaiblit toutes les 
constitutions , et est rarement utile. Ainsi 
une chemise de flanelle , sur-tout si on la 
porte dans les temps chauds , cause la fai- 
blesse en stimulant la peau quelle met en 
action trop forte par les pointes de la laine, 
c'est ce qui détermine la chaleur , et occa- 
sionne Fémaciation en augmentant la trans- 
piration ; sous ces deux rapports, elle diffère 
beaucoup du bain chaud qui communique 
de la chaleur à tout le système , en même 
temps qu'il le stimule et produit plutôt 
l'absorption que l'exhalaison. 

Les personnes qui restent une demi-heur# 



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6i8 Incitantia. Art. IL a. 2. i. 

dans un bain chaud , après avoir été épui- 
sées par l'exercice ou rabstinence des nour- 
ritures solides et liquides, absorbent de l'eau 
au point que leur poids augmente considé- 
rablement. Le Dr Jurin s'est trouvé peser 
dix-huit onces de plus , après avoir dormi 
dans une chambre froide à la suite d'exer- 
cice et d'abstinence pendant tout un jour , 
tant fut grande l'absorption qu'il fit dans cet 
état, de l'air atmosphérique; mais les Drs 
RoUo et Curriç ont observé dernièrement 
que quelques malades ne pesaient pas davan- 
tage «^n sortant du bain et étant bien essuyés. 
Nous pouvops donc ôonclure de-là que ces 
jnalades n'étaient point' auparavant dans un 
état d'inanition , ou qu'ils étaient restés au 
bain assez ' long-temps pour perdre quelque 
chose par la digestion , la circulation et les 
décrétions *qui font éprouver au système une 
.dépense perpétuelle. Or, il est certain que 
comme le bain chaud n'occasionne aucune 
perte , il est le plus innocent et par consé- 
quent le plus salutaire de tous les stimu- 
lants. Voyez classe L i. 3. ?• 

2. Indépendamment des dernières expé- 
riences de Galvani et de Volta sur les gre- 
nouilles , rétincelle électrique qui passe au 
travers dun membre paralysé et y produit 
la contraction , doit être classée parmi les 
çtimulan^ universcils. Les commotions élfc- 



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Art. II. !i. a. 2. Inckantia. 619 

triques répétées fréquemment tous les jours 
pendant une semaine ou deux , éloignent 
les douleurs chroniques, telles que la pleu- 
rodyne chronica , classe I. 2. 4- *4* 1 ^* 
autres douleurs chroniques, que Ton nomme 
rhumatismales , ce qui a probablement lieu 
en provoquant l'absorption de quelque ma- 
tière extrarasée. Les tumeurs scrofuleused 
sont quelquefois absorbées et quelquefois 
amenées à la suppuration^ en les faisant pé-- 
nét'rer par la commotion électrique , journelle- 
ment, pendant quinze jours ou trois semaines. 
Une jeune demoiselle âgée d'environ huit 
ans, avait au cou une tumeur de la grosseur 
d'un œuf de pigeon , un pe|i au-dessous de 
Foreille : cette tumeur était indolente depuis 
long-temps. On y fit passer trente à quarante 
commotions -électriques deux fois par jour 
pendant près de trois semaines , et au bout 
de ce temps , la \umeur suppura et se gué- 
rit sans difficulté. Pour faire cette opération, 
la bouteille de Leyde de la machine avait à 
son sommet un électromètre qui mesurait 
les secousses au moyen de Fapproche d'une 
boule de cuivre, qui communiquait par le 
revêtement extérieur à une' autre boule qui 
communiquait aussi avec l'intérieure ; et lés 
distances étaient maintenues par une vis , de 
sorte que les secousses étaient assez légères 
pour ne pas allarmer l'enfant ; et l'électricité 



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6^0 IficitarUia. Art. II. 2. s.ât 

accumulée se déchargeait fréquemment, à 
mesure que la roiie continuait de tourner. 
La tumeur était comprise entre deux autres 
boules de cuivre fixées sur des fils -de -fer 
qui passaient dans des tubes de verre : ces 
tubes étaient attachés dans deux goutières 
pratiquées dans une planchette , de sorte 
qulà Tune des extrémités ils étaient plus rap»- 
proches enlr eux qu'à Fautre . extrémité , et 
quon pouvait faire avancer les boules de 
n^nière à, renfermer exactement la tumeur,, 
pomhie le démontre la figure ci-jointe , où 
. ï*appareU est .ixîdait à-péu-près à la moitié 
du volume de Toriginal. ; 

* ; li^inflammation des yeux «ans fièvre se 
guérit souvent en les exposant à un courant 
-cle très-faibles étincelles électriques , ou en 
donnant aux yeux les secousses électriques 
tme ou deux fois par jour pendant une 
semaine ou 'deux : c'est-à-dire que le» nou- 
veaux vaisseaux qui constituent Finflamma- 
tion dans les constitutions, non irritables , 
6ont absorbés par Tactivité des vaisseaux 
absorbans , laquelle est due au stimulus de 
Pélectricité. Pour faire cette opération , la 
meilleure manièi^e est de fixer un fil-de-fer 
pointu sjur Un bâton de cire à cacheter, ou 
au bout d'un isolateur de verre; un bout de 
ce fil -de -fer communique avec le premier 
conducteur, et on approche la pointe vers 
Vœil enflammé, dans toutes les directions. 



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TOAf. J2 H dT^C 



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Art. II. 2i 5. Incitantia. , 52i 

m. ^application extérieure de Féther et 
des huiles essentielles ^ telles que celles 
de girofle ou de canelle , parait aroir un 
effet stimulant général ^ parce qu elle sou- 
lage tout-à-coup le mal de dents, et le 
hoquet , lorsque ces affections ne sont pas 
portées à un trop grand degré ; on dit que 
le camphre à grande dose produit Hyresse, 
cependant je ne lui ai jamais vu produire 
cet effet dont je doute beaucoup. 

Quelques gouttes dether introduites dans 
les oreilles de ceux qui ont l'ouïe dure , pa- 
raissent avoir un double effet , savoir de 
dissoudre le cérumen durci ^ et de stimuler 
l'organe engourdi ; mais cette substance peut 
causer quelque douleur^ à moins quelle ne* 
soit dégagée de son acide sulfurique dont 
une partie monte avec la liqueur dans la 
distillation; pour purifier Téther de cet acide, 
il faut le rectifier sur du manganèse. Voyez 
classe 1. 3. 5. 6. De la chaux ajoutée à Téther 
non purifié 5 peut aussi s'unir avec Tacide 
sulfurique , s'il y en existe , former un sul- 
fate de chaux et se précipiter. 

La manière dont Téther et les huiles essen- 
tielles opèrent sur le système étant appliqués 
à l'extérieur, est une question intéressante, 
car ils calment les douleurs si promptement, 
qu'il semble qu'ils pénètrent par leur grande 
fluidité ou par la faculté d'expansion de 



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5m Iricitantia. Art. II. 2. 4. 

quelques-unes de leurs parties , telle que 
Texhalaison odorante ou Tapeur et qu'ils 
stimulent ainsi la partie engourdie^ et non 
parce qu^ils sont enlevés par lefe vaisseaux 
absorhans , et transportés la par le long trajet 
de la circulation ; il n est pas probable non 
plus que ces douleurs soient calmées par la 
sympathie de la membrane engourdie avec 
la peau extérieure, qui est ainsi stimulée et 
mise en action ; car ces substances ne réus- 
sissent pas si on ne les applique sur la partie 
douloureuse. Ainsi donc il parait qu'il y a trois 
moyens par lesquels on peut introduire des 
corps étrangers dans l'économie animale , 
indépendamment de l'absorption, i" Par la 
transition éthérée , comme la chaleur et 
Télectricité. 2** Par l'attraction chimique , 
comme Toxygène. Et 5** par la vapeur ex- 
pansive , telle que 1 ether et les^ huiles 
essentielles. 

IV. La nécessité continuelle du mélange 
de Toxygène avec le sang dans les poumons, 
prouve que ce principe doit agir comme 
stimulant sur le système sanguin, puisque les 
mouvemens du cœur et des artères cessent 
bientôt quand Tanimal est plongé dans un 
air dépourvu d'oxygène. 11 peut encore rem^ 
plir un autre but important^ car il est pro- 
bable qu il procure les matériaux nécessaires 
à la production de la puissance sensoriale 



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Art. 11. 2. 4* Incitanda. 525 

qu on croit être sécrétée dans le cerveau ou 
dans la partie médullaire des nerfs ; et que 
le .besoin continuel de ce fluide dans la 
respiration, est occasionné par la puissance 
sensoriale qu'on suppose provenir de lui; 
étant trop subtile pour pouvoir rester long- 
temps renfermée dans une partie quelconque 
du système. 

Une autre preuve de la propriété stimulante 
de Toxygène, résulte de l'augmentation d'acri-- 
monie dont est douée la matière d'un abcès 
ordinaire , après qu'il a été exposé à lair , 
mais non auparavant; et il est probable que 
toutes les autres ' matières contagieuses doi- 
vent leur propriété fébrile à ce qu elles . 
sont acidifiées par leur union avec Foxygène. 
Voyez classe II. i. 8. 

Comme l'oxygène traverse les membranes 
minces et humides des vaisseaux aériens des 
poumons, et qu'il s unit au sang par une 
attraction chimique , ainsi quon le voit 
quand on reçoit du sang dans un bassin , la 
surface inférieure du caillot est d'un rouge 
très-obscur, tant qu'il est séparé de l'air pdr 
la couche supérieure , mais dès qu'il est 
exposé à l'air atmosphérique, il devient d'un 
rouge vermeil; il parait probable que ce nest 
point par absorption animale que l'oxygène 
pénètre dans le système, mais que c est par 
attraction chimique ^^ en quoi il diffère des 



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53i4 Incitantia. Art. II. 3. 4* 

fluides dont fai parlé plus haut, qui sont la 
chaleur y rélectricité , Téther et les huiles 
essentielles. 

Comme Toxygètie a la propriété de péné- 
trer à travers les membranes humides, ainsi 
que Fa découvert le célèbre Dr Priestley , 
il est probable qu'il pourrait être utile dans 
les pétéchies avec fièvre et les ecchymoses, 
cil humectant la peau de ces parties avec 
de Teau tiède , et les couvrant de gaz oxy^ 
gène au moyen d'un tube de verre renversé, 
ou en exposant simplement les parties ainsi 
humectées à l'air atmosphérique , parce que 
de cette manière le sang <:;xtravasé et foncé 
en couleur pourrait devenir vermeil, et être 
réabsorbé plus facilement par Taugmentation 
dti stimulus. 

Deux malades faibles à qui je fis prendre 
le gaz oxygène, dans un état aussi pur qu'il 
est possible de se le procurer de Toxyde 
de manganèse d'Exeter , et à la quantité 
d'environ seize pintes par jour , parurent 
se sentir rafraîchis et plus forts , et se 
itiieux porter après l'avoir respiré , et ils 
regagnèrent des forces en peu de temps. 
Deux autres dont un avait un hydrothorax 
confirmé et l'autre une difficulté de respi- 
rer permanente et uniforme , ne furent 
point rafraîchis et neprouvérènt aucun sou- 
lagement du gaz oxygène , quoiqu'ils en 



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Art. II. t. 4« Incitantia. 52$ 

eussent respiré la même quantité de seize 
pintes par jour^ ce que j^attribuai au défaut 
dUrritabilité des poumons malades. Pour con- 
naître d^autres cas > le lecteur peut consul- 
ter » Touvrage du Dr Beddoes , intitulé : Con- 
sidérations sur Vusage des airs factices* 

Ses e0ets auraient été probablement plus 
grands relativement à la quantité respirée , 
s^il avait été. mêlé avec dix ou vingt fois sa 
quantité dWr atmosphérique ^ -car autremeni 
on en expire beaucoup qui n'a subi aucun 
changement » ainsi qu on peut le voir en fai^ 
sant une expiration sur la flamme d'une 
chandelle , qui devient plus vive. Voyez 
louvrage du Dr Beddoes, cité plus haut. 

Mr Scot dit dahs ses lettres insérées dans 
le Courier de Bombay , qu'il a donné Toxida 
noir de manganèse ^ à la dose de plusieurs 
drachmes par jour sans aucun inconvénient 
à un vénérien , dans lespoir que Toxygène 
qu'il contient^ aurait été avantageux à ce ma- 
lade. J'ai autrefois fait prendre la pierre ca- 
laminaire à la dose de vingt grains, deux fois 
par jour^ dans la consomption^ sans quUl eu 
soit résulté d'inconvénient ; et je crois que 
cet oxyde de zinc , ainsi que celui du fer , 
est une union de ces métaux avec Toxy- 
gène^ et quon peut les administrer inté- 
rieurement avec plus de sécurité que les 
oxydes de plomb ^ qui jadis étaient renoms 



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526 Incitantidé . Art. II. à.^j 

niés contre la phthisie. Voyez classe II. lé 
5» 2. et l'article IV. a. 7* i. 

V. Les passions qui sont accohipagnées de 
sensation agréable ^ excitent une augmenta- 
tion d'action dans le système en conséquence 
de cette-^ sensation ; telles sont la joie et 
l'amour^ comme on le reconnait à la rou- 
geur de la peau. Les passions qui sont 
accompagnées d'une sensation désagréable^ 
produisent la torpeur générale par la con- 
sommation de puissance sensoriale occa- 
sionnée par la douleur inactive , à moins 
que la yolition ne soit excitée à la suite 
de la sensation douloureuse ; et dans ce 
cas il survient une augmentation d'acti- 
vité du système: ainsi la pâleur et le froid 
sont les conséquences, de la peur , mais la 
cbaleur et la rougeur sont le résultat de la 
colère. 

VI. Outre les exertions du système occa-» 
sionnées par une augmentation des stimulans, 
par l'irritation qui en est la suite , et par 
les passions de l'âme dont je viens de par- 
ler ^ les actions augmentées occasionnées 
par l'exercice , appartiennent à cet article. 
On peut les diviser en actions du corps, 
1® en celles produites par la volition , qu on 
nonime en général travail; 2* celles causées 
par la sensation agréable et qu'on nomme 
jeu ou divertissement; 3"* celles déterminées 



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Art. II. 3. 6. Incitantîa. 527 

par Fagitation, comme quand on ra en voi- 
ture ou à - cheval ; 4^ celles produites par 
friction , comme les actions que Ton excite 
par une brosse ou par la main et qui sont si 
fort en usage dans les bains en Turquie ; 
et 5** enfin Texercice de Fescarpolette. 

Le premier de ces modes d'exercice est 
fiouTCnt porté à un excès considérable, 
sur-tout parmi nos ouvriers , et encore plus 
sous la verge du despotisme ; de sorte qne 
le corps dépérit et succombe, soit sous les 
travaux actuels , soit par une vieillesse pré- 
maturée. Le second mode d'exercice se voit 
dans les jeux de tous les jeunes animaux , 
tels que les jeunes chats, les jeunes chiens 
et même les enfans^ il est' tellement néces- 
saire à leur santé aussi bien qu'à leurs plai- 
sirs, que les enfans qui en sont trop privés, 
non seulement deviennent pâles et bouffis , 
ayant le ventre tuméfié et des vers, mais 
sont même susceptibles de contracter des 
habitudes d'actions non-naturelles, telles que 
des distorsionSir dans les membres , oli dans 
la figure ; et souvent ils deviennent maussa- 
des et de mauvais caractère. 

L'agitation dans un carosse ou à cheval, 
demande quelques efforts volontaires pour 
se tenir en équilibre, mais beaucoup moins 
cependant que pour marchei^, et est pour cette 
raison plus convenable aux personnes valé- 



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BaS Incitantia. Art. II. 2. 6. 

tudinaires , qui par ce moyen font de Texer- 
cice , aux dépens du cheval , et n épuisent 
pas trop leur puissance Siensoriale. L'usagef 
des frictions avec la brosse ou avec la 
main , pehdant une demi- heure ou plus , 
matin et soir , est encore plus convenable 
à ceux qui sont réduits à une extrême 
débilité ; de cette manière ils ne consom-» 
ment rien de leur puissance sensoriale; et 
de même que le bain chaud y cette mé' 
thode procure de l'activité sans exertion 
volontaire ; on en fait us^ge par sensualité 
après le bain chaud dans plusieurs parties 
de TAsie. 

Un autre genre d'exercice est celui de 
Fescarpolette , qui demande quelque exer- 
tion pour tenir le corps droit , ou pour viser 
au centre de la balançoire , mais il est en 
même temps accompagné d'un certain degré 
de vertige ; comme on le verra dans la 
classe 11. I. 6. 7. classe IV. 3. 1. 10. sup- 
plément 1. 5. et i5. 

Les médecins ont insisté sur la nécessité 
de beaucoup d'exercice , peut-être plus que 
la nature ne parait Texiger. Peu d'animaux 
s'exercent volontairement au point de suer 
visiblement^ à moins qu'ils ny soient forcés 
par rhomme , par la peur ou par la faim ; 
et un grand nombre de personnes dans les 
petites villes et de dames siir-tout dune 



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AiiT.n*^*!» tncitantid, Sag 

fortune médiocre , -vivent en sapté jusqu à un 
âge arancé^ sans faire aucun exercice corpo* 
rel » et sans beaucoup d'activité, d'esprit# 

Les {gens faibles ne doivent pas rester trop 
long- temps à Tair dans 1 été ^ s'ils ne peu-* 
vent le faire sans se fatiguer; et dans Tbiver 
ils devraiept sortie plusieurs fois par jour 
pendant quelques minutes ; lair leur sert 
alors comme d'un bain froid et leur donne 
de la vigueur et de Tagilité. 

m. Liste des substances kommées 
Incitantia. 

I. Les pavots; Topium, papavcr somnjferum. 

L'alcool, le vin^ la bière, le cidre. 

L'eau distillée des feuilles de laurier; 
prunus laurO'Cerasus. 

L'eau distillée des noyaux de cerises noi- 
res ; prunus cerasus* 

Le tabac , l'huile essentielle , et la décoction 
des feuilles de tabac ; nicotiana tabacum* 

Les fruits de la belle de nuit ; atropa 
beUadonna. 

Le ?ruit de la pomme épineuse ; datura 
stramoneum , bouilli dans du lait. 

Les semences et les feuilles de jusquiame ; 
hyoscyamus reticulalus. 

La langue du chien ; cynoglossum. 

Le menispermum cocculus. Baie des Indes. 

Les amandes amères ; amjygdalus amarus» 

Tome II. 36 



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55o Incitantia. Aux. 11. 3. 6* 

La ciguë; conium maculatumé 

La noix Tomique ; strychnos , nux vomica* 

Le staphisaigre ; delphinium stat^isagria. 

II. A Textérieur , la chaleur , rélectrîcité. 

m. L'éther* Les huiles essentielles. 

IV. Le gaz oxygène. 

y. Les passions de Tamour^ de la joie ^ 
de la colère. 

VI. Le travail^ le divertissement, Tagi ta- 
lion et les frictions* 



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Art. 111. 1. 4. Secernentidé 53t 

Article 111* 
SECERNENTIA. 



,L 



ES substances qui augmentent les 
mouTemens irritatifs constituant la sécrétion^ 
sont faommées secernentia ; elles sont aussi 
nombreuses que les diverses glandes dont 
elles stimulent Faction. 

1. Les diaphorétiques , tels que les végé- 
taux aroùiatiques , les huiles essentielles ^ 
l'éther , Tàmmoniaque , les sels neutres , les 
préparations antimonialcs , la chaleur ex- 
terne, Texercice, les frictions, l'eau froide 
pendant un certain temps et suivie de cha- 
leur , les vésicatoires , le fluide électrique. 

2. Les sialagogues^ tels que le mercure à 
l'intérieur, et la pyréthre à l'extérieur. 

5. Les expectorans , comme la scille ^ 
les oignons , la ^omme ammoniaque , la ra- 
cine de Poligala-Seneka , le mucilage; quel- 
ques-unes de ces' substances augmentent la 
transpiration pulmonaire , et peut-être aussi * 
le mucus de la poitrine. 

4. Les diurétiques , tefs que les sels à 
bases terreuses ou alcalines , Falcali fixe , 
les baumes, les résines^ lasperge, les can« 
tharides. 



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Bin Sècementia. Art. III. i. ii. 

5. Les cathartiques doux^ tels 'que le séné, 
le jalap , les sels neutres , la manne ont la 
faculté d augmenter les sécrétions de la bile, 
du suc pancréatique, et de la mucosité in^ 
testinale. 

6. Le mucus de la vessie est augmenté 
par les cantharides^ et peut«être par Thuile 
de thérébentine. 

7. Celui du rectum, par Taloès pris inté- 
rieurement , ainsi que par les lavemens et 
les suppositoires. 

8. Celui du tissu cellulaire est augmenté 
par les vésicatoires et les sinapismea. 

9. Le mucus des narines est augmenté par 
des errhines doux « tels que le marum^ le 
tabac en poudre. 

10. La sécrétion des larmes est augmentée 
par les sels volatils ^ par la vapeur des 
oignons , par le chagrin et par la Joie. 

11. Tous ces médicamens augmentent la 
cbaleur du corps , et calment les douleurs qui 
proviennent d'un défaut de mouvemens dans 
les vaisseaux qui servent aux diverses sécré 
tions ; ainsi le poivre produit une chaleur à 
la peau^ et le baume du Pérou calme, à ce 
qu'on assure , la colique venteuse. Mais ils 
diffèrent de ceux 4e la classe précédente en 
ce qu'ils ne produisent ni constipation ni colo- 
ration de l'urine , pris en doses ordinaires , 
et que les plus fortes doses ne causent point 
d'ivresse. 



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Art. m. 2. t. T. Secementia. 555 

12. Cependant si Ton fait usage de Fun ou 
l'autre de ces médicamens , sans nécessité ^ 
il est clair que comme les incitantia , ils 
doivent contribuer à abréger la yie en ren- 
dant de bonne beure certaines parties de 
Téconomie animale insensibles à leurs çtimu- 
lans naturels accoutumés. 

Parmi ceux qui sont d'un usage journalier, 
le sel commun ^ muriate de soude , pris par 
excès , est probablement le plus pernicieux ^ 
parce qu'il entre dans tous nos alimens, et 
peut-être est-il une des causes du scrofule 
et du scorbut de mer, quand il est joint à 
d'autres causes, de débilité. Voyez Jardin bo- 
tanique ^ 2« partie^ chant IV. vers aai. Les 
épices prises avec excès, en stimulant Testo- 
mac et les vaisseaux cutanés par association, 
et en les déterminant à des actions non néces- 
saires , contribuent à afi^iblir ces parties du 
système , mais elles sont sans doute moins 
nuisibles que l'uçage général d'une grande 
quantité de sel. 

II. Observations sur les secernentia. 

I. I. Quelques-uns des médicamens de 
cette classe provoquent l'absorption jusqu'à 
un certain point, quoique leur eflFet princi- 
pal s'exerce sur les parties sécrétoires du 
système. Nous aurons occasion d'observer 
une circonstance semblable dans la classe 
suivante des médicamens nommés sorbentiai 



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554 Sàcementia. Art. 111. a. i. n 

parce quHl y a quelques-unes de ces sub- 
stances qui déployent leur puissance plus 
faiblement sur les organes sécréteurs. Ceci 
ne doit nullement étonner ceux qui ont ob- 
servé que tous les corps naturels se présen- 
tent à nous dans un état de combinaison; et 
que d'après cela les matières qui produisent 
ces effets différens, se trouvent souvent mêlées 
dans un même végétal. Ainsi les aromatiques 
purs augmentent Taction des vaisseaux , qui 
séparent la matière de la transpiration ; et 
les astringens purs augmentent Faction des 
Taisseaux qui absorbent le mucus des pou- 
mons^ et des autres cavités du corps; de-là 
il est présumable que la noix muscade qui 
possède ces deux qualités doit avoir le dou- 
ble effet dont j'ai fait mention. 

D'autres substances ont cet effet double , 
et appartiennent soit à la classe des secer- 
nentiay soit à celle des sorbentia , selon Id 
dose> à laquelle on les donne. Ainsi une 
petite dose dalun augmente labsorption et 
produit la constipation ; et le même remède 
donné à grandes doses augmente les sécré- 
tions du canal intestinal et devient catbar- 
tique. Ceci rend raison de la constipation 
du ventre qui survient quand l'effet purgatif 
de la rbubarbe cesse ^ car prise en petites 
doses elle augmente labsorption , et prise en 
grandes doses elle détermine les sécrétions. 
Ainsi quand une partie de la grande dose est 



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^RT. III. a. ï. 5. Secementia. 555 

évacuée par les selles , la petite quantité qui 
reste 3 produit la constipation. Donc la rhu- 
barbe prise à petites doses ^ telles que de 
deux ou trois grains par jour, fortifie le sys- 
tème^ en augmentant Faction des yaisseaux 
absorbans et du canal intestinal. 

2. Les diaphorétiques. La transpiration est 
une sécrétion tirée du saug à son passage 
dans les vaisseaux capillaires , de même les 
autres sécrétions se font aux terminaisons 
des artères dans les diverses glandes. Quand 
cette sécrétion est faite , le sang perd sa 
couleur vermeille , qu il reprend à son pas- 
sage dans les poumons ; ce qui prouve que 
la peau sécrète quelque chose de plus que 
de Peau. 

Aucune expérience de statique n'a encore 
pu fixer la quantité exacte de la transpira- 
tion ; parce qu'il se fait en même temps une 
absorption de Thumidité atmosphérique par 
les vaisseaux lymphatiques cutanés et pul- 
monaires. 

3. Toute glande est susceptible d'éproiï- 
ver une action plus forte par leffet dun 
stimulus convenable qui y est appliqué , 
soit par son mélange avec le sang ^ immé- 
diatement sur le vaisseau sécréteur» ou ap- 
pliqué extérieurement à son canal excréteur. 
A^nsi le mercure pris intérieurement provo- 
que la salivation j et la pyrèthte, appliquée 



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536 Secementia* Art. III. a. i. 4* 

extérieurement aux canaux excréteurs de 
glandes salivaires ^ produit le même effet. 
L*aloès stimule le rectum « étant pris à Tin- 
térieur et mêlé avec le sang en circulation; 
îe sel marin pris extérieurement par injec- 
tion a la même vertu. Or , comme les vais- 
seaux capillaires ^ qui sécrètent la matière 
de la transpiration , sont situés près de la 
'surface du corps ^ l'application externe de 
la chaleur agit immédiatement sur leurs vais- 
seaux excréteurs , et provoque la transpira- 
tion; à l'extérieur , les substances qui con* 
tiennent une huile essentielle aromatique , 
ou esprit recteur, produisent ce même effet; 
tels sont les végétaux aromatiques dont le' 
nombre est fort grand. 

4. 11 faut observer qu'on doit administrer 
en même temps une certaine quantité d'un 
véhicule aqueux pou± aider à cette évacua- 
tion; autrement il en résulterait une chaleur 
brûlante sans beaucoup de sueur visible. 
Lorsque la peau acquiert un degré de cha- 
leur beaucoup au-delà de 108 degrés , d'après 
les expériences du Dr Alexander, il n'y a 
point de sueur manifeste^ ce qui doit être 
attribué à ce que la grande chaleur de 
la peau la fait évaporer aussi promptement 
qu'elle est produite; et quand la transpira- 
tion est abondante , son évaporation ne peut 
pas enlever la chaleur superflue, comme la 



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Art. III. a. i. 5. Secernentta. BZy 

vapeur de Feau bouillante , pafce qu'une 
grande partie est essuyée ou absorbée par les 
draps de lit ; ou bien lair dans lequel est Iç 
malade n'est pas renouvelé , à mesure qu'il 
se sature de matière transpirée. De-là il est 
probable, que Tévacuation de la matière de 
la. transpiration est aussi grande ou même plus 
grande quand la peau est chaude et sécbe, 
que quand la sueur se condense en gouttes 
sur la peau ; ainsi qu*il conste par la soif 
inextinguible que Ion éprouve alors. 

C'est ainsi que le Dr Alexander a trouvé 
que quand la chaleur du corps était au-delà 
de io8 degrés^ rien ne pouvait produire 
des sueurs sinon des potions réitérées d'eau 
froide; et que les sueurs étaient provoquées 
par des fluides chauds , quand la chaleur 
était beaucoup au-dessous de ce degré. Il 
trouva encore que Peau froide qui produi- 
rait sur le champ des sueurs quand la cha- 
leur était au-delà de io8 degrés, les arrêtait 
infailliblement quand la chaleur était au- 
dessous de ce degré , et que des morceaux 
de flanelle trempés dans Feau chaude et bien 
exprimées^ lorsqu'on en enveloppait les cuis- 
ses et les jambes , produisaient alors plus 
sûrement des sueurs abondantes. 

5. On dit que tous leê diaphorétiques réus- 
sissent beaucoup mieux, quand on les prend 
le matin , environ une heure avant le lever 



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558 Secementlaé Art. ïll. 3. x • 6, 

du soleil 9 qu'en aucun autre temps , ce qui 
Tient de la grande excitabilité de toutes les 
parties de Téconomie animale^ après que la 
puissance sensoriale s'est accumulée pendant 
le sommeil. Chez ceux qui ont la fièvre hec- 
tique ou la fièvre nocturne par débilité, les 
sueurs matinales sont dues au déclin de 
Faccès de fièvre, comme je Tai expliqué dans 
la sect, XXXIl. 9. Chez plusieurs de ces 
malades, la sueur ne parait que quand ils 
s'éveillent; à raison de ce que le système est 
alors plus irritable que pendant le sommeil, 
et parce que Tassistance de la puissance 
volontaire pour la respiration facilite la cir- 
culation générale. Voyez classe I. 2. i. 3. 

6. 11 faut observer que la peau est trèsr 
sèche et rude au toucher, quand les absor- 
bans qui s'ouvrent à sa surface n agissent pas; 
comme dans certaines hydropisies et autres 
maladies où la soif est grande. Cette séche- 
resse, cette rudesse et cette apparence ridée 
de la peau sont dues à ce que les orifices 
des vaisseaux absorbans sont privés de leur 
fluide accoutumé; on distingue cet état, de la 
sécheresse de la peau dans Paccès de cha- 
leur d'une . fièvre , dont j'ai parlé plus haut , 
en ce quil n'est point accompagné d'une 
augmentation de calorique. 

Comme la chaleur de la peau dans la tem- 
pérature ordinaire de Tatmosphère, annonce 



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^Art. III. 2. I. 7. SecementuZé 53^ 

toujours une augmentation de trànsplratioii 
visible ou non, et la chaleur se développant en 
même temps que l'augmentation de sécrétion; 
il s'ensuit, qu'un défaut de transpiration ne 
peut avoir lieu que quand la peau est froide. 

7. L'alcali volatil (ammoniaque) est un 
diaphorétique très -puissant, sur- tout quand 
on le prend dans du petit-lait vineux ; vingt 
gouttes d'esprit de corne de cerf, dans une 
demi-pinte de petit-lait vineux , prises toutes 
les demi-heures , le malade se tenant dans 
un lit médiocrement chaud , produisent en 
peu -d'heures des sueurs les plus abondantes. 

Les sels neutres provoquent la transpira- 
tion insensible, quand la peau n'est pas trop 
échauffée extérieurement, comme le prouve 
la grande soif , qui survient après qu'on 
a mangé des alimens salés, tels que des 
harangs-saurs : lorsque ces sels sont suffisam- 
ment délayés dans l'eau, et que la peau est 
tenue chaude , il en résulte des sueurs co- 
pieuses sans échauffement. Une demi-once 
de vinaigre saturé d'alcali volatil ,. et prise 
toutes les heures ou deux heures, produit très- 
bien cet effet, et est peut-être en général 
préférable à tout autre moyen , lorsqu'il est 
avantageT:x de faire suer le malade^ Boerhaave 
fait mention d'un individu qui fut guéri d'une 
fièvre en mangeant des harangs-saurs et des 
anchois, qui lui firent boire beaucoup d'eau 



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54Ô Secementîd. Art. III. a. i. 9. 

tiède ou de thé^ et , je suppose , produisis 
rent une transpiration abondante. 

Les préparations antimoniales ont, depuis 
peu, été employées avec «uccès comme dia- 
phorétiques. Je renvoyé le lecteur aux ou- 
vrages récens sur la matière médicale , pour 
l'histoire et les usages de ces préparations; 
je remarquerai seulement que Pestomac s'ha- 
bitue bientôt tellement , à leur stimulus « 
qu'on peut augmenter beaucoup la seconde 
dose , quand la première n a pas opéré. 

Lorsqu'il y a indication de provoquer une 
sueur abondante^ les émétiques tels que-i'hi- 
pécacuanha, joint à Fopium, comme dans la 
poudre de Dover , produit cet effet avec 
encore plus de certitude que les remèdes 
précédens. 

8. 3e ne quitterai pas ce sujet sans faire 
observer que la transpiration est destinée à 
entretenir la peau souple , comme les larmes 
le sont à lubréfier et nettoyer Toeil; et que 
ni l'un ni l'autre de ces fluides ne doit être 
considéra comme excrémentitiel dans son état 
naturel, mais comme une sécrétion. Voyez 
classe I. I. 2. 3. Et qu'ainsi le principal usage 
des remèdes diaphorétiques est dechauffer 
la peau , et de produire en conséquence le 
degré naturel de transpiration insensible dans 
les individus languissans. 

9. Quand la peau des extrémités est froide* 



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Art. III. a. i. lo* Secementia. 54*^ 

ce qui est toyjours un signe de débilité ac- 
tuelle , la digestion est fréquemment déran- 
gée par association^ et il survient des car- 
dialgies par une fermentation vineuse ou 
acéteuse des alime^s. Bans cette maladie ^ 
les diaphorétiques que Ton a nommés cor^ 
diaux , à cause de leur action sur lestomac^ 
lui rendent son énergie, ainsi qu aux Taisseans 
capillaires cutanés , pair suite de leur asso- 
ciation avec ce viscère , alors la peau se 
réchauffe et la digestion se fait mieux. 

lo. Mais le vésicatoire a un effet plus cer- 
tain et plus permanent , en stimulant une 
partie de la peau , et en laffectant par-là 
toute entière , et Festomac par association ; 
il calme les cardialgies et les vomissemens 
les plus obstinés. On comprendra d après 
cela que leffet principal des vésicatoires 
consiste à rendre l'énergie aux exertions des 
vaisseaux artériels et lymphatiques de la 
peau, en produisant une augmentation de 
transpiration insensible et d'absorption cuta- 
née ; à augmenter Faction de lestomac et 
par conséquent la puissance digestive ; et 
à exciter sjmpathiquement tous les autres 
mouvemens irritatifs ; ainsi ils appaisent les 
douleurs nemmées froides , qui proviennent 
dun défaut de mouvement, non en produi- 
sant une douleur plus grande comme quel- 
ques-uns Font imaginé ^ mais en stimulant 



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544 Sccernentia. Art.. 111. 3. 5. 5. 

médicament que Ton range ordinairement 
dans celte classe; les yésicatoîres, en stimu-* 
lant Faction des vaisseaux de la peau, pro*^ 
duisent par association une plus grande 
actirité de ceux de la membrane muqueuse, 
qui tapisse les ramifications de la trachée* 
artère et les cellules aériennes des poumons; 
et ainsi après l'évacuation , ils provoquent 
labsorption du mucus , et guérissent par con- 
séquent l'inflammation de la membrane , tan- 
dis que les liquides diluans empêcbent que 
le mucus ne devienne trop visqueux , ou 
facilitent son expectoration. 

Les vésicatoires appliqués un à la fois sur 
le côté, sur le dos ou sur le sternum, sont 
encore utiles vers la fin des péripneumonies 
en prévenant lacâès nocturne du froid ^ et en 
empêchant ainsi Taccès de chaleur par leur 
stimulus sur la peau ; de la même manière 
que cinq gouttes de laudanum agissent par 
leur stimulus sur Testomac ; car Taugmen- 
talion d^action des vaisseaux de la peau ou 
de Testomac, excite une plus grande quan* 
tité de puissance sensoriale de lassociation ^ 
et empêche ainsi la torpeur des autres par- 
ties de 1 économie animale , qui , quand le 
malade est affaibli , est très-susceptible de 
revenir le soir. 

3. Le bain chaud est très-utile vers la fin 
de la péripneumdnie ^ pour provoquer Tex- 



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Gqogk 



Art. ill. 2. 4* !• Secementia. 645 

pectoration , sur-tout chez les enfans qui ne 
prennent pas assez de boissons aqueuses ^ 
parce quil augmente doucement Faction des 
Taisseaux capillaires des poumons par leur 
sympathie avec les capillaires, de la peau , 
et fournit à Téconomie animale un fluide 
aqueux , qui délaye le mucus sécrété. 

Quelques médecins ont recommandé l'ap- 
plication de rhuile sur la poitrine , ainsi que 
son usage en boisson , pour prdToquer Tex- 
pectoration^ et sur le nez quand sa mem^ 
brane muqueuse est enflammée, comme dans 
le catarrhe ordinaire. 

lY • I • Les diurétiques* Si la peau est tenue 
chaudement 3 la plupart de ces médicamens 
provoquent la sueur au lieu de provoquer 
les urines ; et si on en augmente les doses ^ 
plusieiirs d'entreux deviennent cathartiques. 
Aussi les sels neutres sont-ils généralement 
employés pour remplir ces difierentes indi* 
cations. 11 est vrai que ceux où il entre un 
acide végétal , sont plus ordinairement mis 
en usage comme sudorifîques ; ceux oii entre 
Tacide nitrique^ comme diurétiques et ceux 
qui sont composés avec lacide sulfurique 
comme cathartiques y tandis que ceux qui 
sont combinés avec Tacide muriatique entrent 
dans nos alimens , comme étant plus géné- 
ralement stimulans. Tous ces sels augmen- 
tent Facrimonie de Furine, ce.qui fait quelle 

Tome IL 67 



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546 Secernentia. Art. III. 2. 4* ^* 

reste moins long- temps dans la vessie , et 
par conséquent il uy en a pas autant Je 
réintroduit da,ns le système par Pabsorption; 
la quantité en est augmentée en apparence , 
parce que 1 eyacuatîon est plus abondante ; 
mais cela ne prouve pas que les reins en 
sécrètent davantage. Ainsi c'est à tort quon 
donuQ le nitrate de potasse, (nitre) et d'autres 
sels neutres danslagonorrhée; car ils augmen* 
tent les douleurs que l'on éprouve en uri- 
nant, par leur stimulus sur la n^mbran^ de 
Turèlbre qui est excoriée ou enflammée. C'est 
encore par erreur qu'on les donne dans les 
catarrhes ou dans les rhumes , lorsque Tex- 
pectoration est sans consistance et a un goût 
salé , parce qu'ils augmentent la fréquence 
de la toux. 

2. On croit que le baume de copahu pro- 
voque les urines plus qu'aucun autre des 
baumes naturels ; et on dit que la résine 
ordinaire agit sur les chevaux comme un 
puissant diurétique. On les recommande aussi 
beaucoup dans la gonorrhée et les fleurs 
blanches , et peut-être plus qu'ils ne méri- 
tent ; ils donnent à IWine une odeur de 
violette; et il est probable d'après cela qu'ils 
en augmentent la sécrétion. 

On dit que les écailles d'oeufs calcinées 
provoquent la sécrétion des urines , ce qui 
serait probablement dû à l'acide phosphori- 
que quelles contiennent. 



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Art* III. a. 5. Secernentia. 54/ 

5. L'air froid et l'eau froide augmentent la 
quantité de l'urine , eu diminuant l'absorption, 
dans la- messie ; et les sels neutres et alca- 
lins^ et les cântharides , en stimulant le col 
de la vessie , déterminent à évacuer l'urine 
aussitôt qu elle est formée ; l'alcool , le geniè- 
vre et le rhum font rendre beaucoup d'urine 
au commencement de l'ivresse , si le corps 
n'est pas tenu trop chaudement, parce qu'ils 
occasionnent un mouvement rétrograde des 
vaisseaux lymphatiques urinaîres , doii résulte, 
un épanchement de fluides dans la vessie qui 
uont jamais passé par les reins. Cependant 
il est probable que les remèdes qui donnent 
une odeur à l'urine, comme les bannies et les 
résines, et sur-tout l'asperge et l'ail ^ sont les 
seules substances qui augmentent réellement 
la sécrétion des reins» Néanmoins l'alcool » 
pris comme je l'ai dit ci-dessus, et peut-être 
de grandes doses de teinture de cantharides^ 
peuvent être considérés comme des diurétiques 
drastiques, parce qu'ils versent un fluide dans 
la vessie par l'action rétrograde des vaisseaux 
lymphatiques qui sont en grand nombre au- 
tour de son col. Voyez sect. XXIX. 3. 

V. Les cathartiques doux. Les anciens 
croyaient que certaine purgatifs évacuaient la 
bile , et pour cette raison les nommaient cho^ 
lagogues; que d'autres évacuaient la lymphe, 
d'où on les nommait hjdragogues ^ et enfin 



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548 Secernenliai. Art. III. 2. 6. 

que chaque cathartique particulier choisissait 
xme humeur particulière à laquelle il don- 
nait issue. Les modernes ont rejeté trop 
précipitamment ce système; le sujet mérite 
d'être observé de nouveau. 

Le muriate de mercure doux ^ ( calomel ) 
donné à la dose de dix à vingt grains , et 
de manière à purger sans l'aide d autres rc- 
mièdes^ me parait augmenter particulièrement 
la sécrétion de la bile , et 1 évacuer ; laloès 
semble augmenter celle du mucus intestinal; 
et il est probable que le pancréas et la rate 
peuvent être particulièrement stimulés par 
quelqu autre remède de cette classe ; tandis 
que d autres pourraient bien ne stimuler que 
le canal intestinal pour évacuer son contenu, 
de même que la bile des animaux. Il faut 
remarquer que je suppose que tous ces mé- 
dicamens cathartiques . sont donnés à des 
doses convenables, autrement ils deviennent 
des purgatifs drastiques ^ dont nous parle- 
rons dans la classe des invertentia. 

VI. On remarque que Turine est chargée du 
mucus de la vessie quand on fait usage des 
cantharides, soit àTintérieur soit à Textérieur, 
au point de produire ta strangurie. On dit 
que Tessence de thérébentine a la même 
vertu : j'en ai donné plus d une drachme deux 
fois par jour, étendue dans un verre d'eau , 
pour un lombago chronique , sans remarquer 



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^Art. 111. 3. 8. Secernentia. '549 

cet effet, et le malade guérit graduellement. 
11 est* possible que le phosphore affecte les 
glandes muqueuses de Furèthre de la même 
manière que les cantharides. Voyez impotentia 
classe IL n. a. 5. 

VII. Laloèspris intérieurement, parait agir 
principalement sur le rectum et le sphinc*- 
ter de lanus, et produire le ténesme et les 
hémorrhoïdes^ Le sel de cuisine à l'extérieur 
en lavemens ou en suppositoires , semble 
affecter cet intestin plus efficacement ; ihais 
quand il y a des ascarides , on les fait sou- 
Tcnt périr par une décoction de soixante ou 
cent grains daloès dans une pinte d'eau 
d'orge^ dont on fait donner un lavement deux 
fois par semaine pendant trois mois de suite. 
Les poils de la siliqua hirsuta ne pourraient- 
ils pas être employés en injection pour le 
même but? voyez classe. 1. i. 4* i4* 

VIII. L'application extérieure des cantha- 
rides , en stimulant les canaux excréteurs 
des glandes capillaires^ produit une grande 
sécrétion de mucus sous-cutané avec douleur 
et inflammation; ce fluide muqueux ne pou- 
vant pas percer au travers de Tépiderme, le 
soulève; une sécrétion et une élévlation sem* 
blable de l'épiderme sont produites par le 
cautère actuel , ainsi que par les caustiques , 
tels que Papplication du suc de la racine 
de brione blanche , et de 1^ semepce dçmou<f 



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S5o Secementia. Art, III. 2. lô. 

tarde ëcrasée. Nous manquons d^expériences 
sur quelques substances acrimonieuses à sub- 
stituer aux cantharides ^ et qui ne produi- 
sent pas la strangurie. 

La semence de moutarde seule est trop 
forte, car si on la laisse séjourner sur la 
peau pendant quelques minutes , elle est 
susceptible d'y produire une escharre suivie 
d'ulcère ; il convient de la mêler avec de la 
farine quand on l'applique aux extrémités 
refroidies ; Talcali volatil assez délayé pour- 
rait stimuler la peau sans occasionner de 
strangurie. 

IX. Les doux sternutatoires sont ceux qui 
stimulent modérément la membrane des na- 
rines, au point d'augmenter la sécrétion du 
inucus nasal ; comme on le remarque cbez 
ceux qui sont habitués à prendre du tabac. 
L'article V. 2. 3. fait mention de sternutatoires 
plus énergiques. 

X. La sécrétion des larmes est augmentée ^ 
Boit par l'application des substances acres 
sur l'œil , ou des vapeurs de même nature 
qui stimulent le canal excréteur de la glande 
lacvy maie , ou par l'application 'de ces mêmes 
substances aux narines^ et en stimulant le 
canal excréteur du sac lacrymal ; ainsi que 
Je l'ai dit dans la section sur l'instinct. 

Cette sécrétion des larmes peut encore être 
provoquée par l'association des xuouvçmens 



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Art. 111. 5. ï. I. Secementia. 55i 

du sac lacryrtial avec des idées de volupté 
ou de douleur amère , comme je Tai expliqué 
dans la section XVI. vîii. a. et 5. 

XI. La sécrétion de la puissance sensoriale 
dans le cerveau est probablement augmentée 
par l'opium ou le vin , parce que quand on 
prend ces substances en certaines quantités, 
on éprouTC immédiatement , et pour quelque 
temps , un surcroît de force et d'activité , qui 
est suivi de débilité si la quantité quon a 
prise est portée jusquà produire le moindre 
degré d'ivresse, La nécesssité de respirer con- 
tinuellement, prouve que l'oxygène de l'atmos- 
phère entretient la source de l'esprit d'ani- 
mation ^ qui est constamment épuisé , et est 
probablement trop subtil pour se conserver 
long-temps dans les nerfs après sa production 
dans le cerveau. Il est donc probable que la 
respiration du gaz oxygène mêlé avec Tair 
commun , peut augmenter la sécrétion de la 
puissance sensoriale ; ainsi que semblerait 
l'indiquer lespèce d'hilarité qu'il produit chez 
la plupart des malades. 

III. Liste des substances nommées 

SECERNENTIA. 

1. Les diaphorétiques. 

I . Le gingembre , amomum zinziber. Le clou 
de gérofle^ cahyopkyllus aromaticus. Le poivre, 
piper Jndicum. Capsicum. Cardamomum. Le 



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55i Secerneniia. Art. III. 5. 5. i. 

piment, myrtus pipierUa; Iji canelle blanche; 
la serpentaire de Virginie , aristolochia ser- 
j>entaria. Le guaiac ; le sassafras ; Popium ; 
le vin. 

^. Les huiles essentielles de canelle ; la 
jnuscade , myrisjfica moschafa ; le gérofle ; la 
menthe ; le camphre ; Téther. 

5. Les sels volatils^ tels que ceux d*ammo- 
Biaque et de corne de cerf, sal cornu ceri^i. 

4« ï-^s sels neutres , tels que ceux qui con- 
tiennent un acide végétal , cçux ^yec lacide 
muriatique , comme le muriat^ de soude. Le 
Jialex^ les harengs-saurs , les anchois. 

5. Lçs préparations antimoniales ^ telles que 
le tartre émétîque, tartrite dépotasse antimo- 
nié. Le vin d antimoine. La poudre de James. 

6. Les applications externes. Les vésicatoi- 
res. Les bains chauds. L air chaud. L'exercice. 
Les frictions. 

7. L'eau froide avec chaleur subséquente. 

II. Les sialagogues. Les préparations mer- 
çurielles.-Hy^/rar^rM^. La racine de pyrèthre» 
anthémis pjrethrum. Le tabac ; les doux de 
gérofle ; le poivre ; le stizplobium siliqua hir- 

^ ^uta / le mastic ^ pistacia lentiscus. 

III. Les expectorans. 

I . La scille , scilla maritima ; Fail ; les 
poireaux; les oignons; lassa-Ssetida , forula 
nssqfœtida^ la gomme ammoniaque; le benjoin ; 
le goudron, pix liquida} le baume de Tolu. 



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'Art. IIÏ. 5. 5. 2. Secerncntia^ 555 

2. La racine de Seneka; poljgala Seneka. 
Enula hdenium. 

3. La mauTe , Yalthœa ; le pas-d'àne , le 
tussilage , tussilago^arfara ; la gompae arabi- 
que , mimosa nilotica ; la gommé adraganthe ^ 
astragalus tragacaniha j la décoction d'orge, 
hordeum disiichon^ les huiles par expression; 
le blanc de baleine ; le savon ; l'extrait dc^ 
réglisse ; gljcyrrhiza glabra ,• le sucre ; le mieL 

4. 'A l'extérieur les yésicatoir^s ; l'huilç; le 
bain chaud. 

ly. Les diurétiques douT[. 

I. Le nitrate de potasse « nit|:e , r£^cétate 
de potasse; et d'autres sels neutres. 

3. L'alcali fixe ; le savon ; les, coquilles 
d^œufs calcinées. 

5. La thérébentine ; le baume de copahuj 
la résine; Toliban. 

4* L'asperge ; Taîl ; la carotte sauvage , 
le persil , apium ; le fenouil ^ Jœniculum. ; la 
pareira hraça; cissampelos, 

5. A l'extérieur; l'air froid; Teau froide. 

6. L'alcool ; la teinture dé cantharides ; 
Fopium. 

y. Les cathartiques doux. 

I . Les fruits doux un peu acides ; les pru- 
ii€;s; 1^ casse, cassia Jîstula ^ les tamarins; 
le sel de Glauber , sulfate de potasse ^ le 
sucre non raffiné ; la manne ; le miel. . 

:3. Le pçtit-lait; la bile des animaux. 



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554 Secerntntia. Art. lit. S. lo. 

5. Les sels neatres, tels que le sulfate 
de potasse ; Peau de mer ; le carbonate de 
magnésie ^ magnesia alba } le savon. 

4. La gomme de guaiac ; le baume du Pé- 
rou; rhuile de Palma-Cbristi ; Fbuile de Cas^ 
tor; celle d^amandes, celle d'olives; le soufre. 

5. Le séné^ cassia senna; le jalap; Taloès; 
la rhubarbe ; rheum palmatum. 

6. Le muriate de mercure doux , calomel ; 
le tartrite antimoijiié de potasse , tartre émé^ 
tique. 

YI. La sécrétionr du mucus de la vessie est 
augmentée par les cantharides, par Tessence 
de tbérébentîne , par le phosphore. 

VIL La sécrétion du mucus du rectum est 
augmentée par Taloès pris intérieurement, 
et à Pextérieur par les divers clystères et 
suppositoires. 

VIII. La sécrétion du mucus sous-cutané 
est augmentée par les vésicatoires , composés 
de cantharides , par Tapplication dune tran- 
che mince de racine fraîche de brione blan- 
che ; par des sinapismes ; par la racine de 
raifort sauvage , cochlearia armoracia ; par 
lammoniaque ; alcali volatil. 

IX. .Les doux sternutatoires; la marjolaine; 
Voriganum} le marum i le tabac. 

X» La sécrétion des larmes est au^entée 
par la vapeur des oignons crus coupés par 



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Art. IIÏ. 5. II. Secementia. 555 

tranches, par celle de Talcali volatil, par la 
pitié ou les idées dan grand malheur. 

XI. La sécrétion de la puissance sensoriale 
dans le cerveau est probablement augmentée 
par l'opium , par le vin » et peut-être par le 
gaz-oxygène ajouté à l'air atmosphérique dans 
lacté de la respiration. 



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556 Sorhentia. ART. IV. . i . 3* 

Article IV. 
SORBENTIA. 



,L 



E S substances propres à augmenter les 
mouremens irritatifs \ qui constituent l'ab- 
sorption , portent le nom de sorbentiai et sont 
aussi Tariées que les vaisseaux absorbans 
quelles mettent en action eà les stimulant. 

1. L absorption cutanée est augmentée par 
des acides austères y tels que le sulfurique ; 
fî'est ce qui fait croire quils arrêtent les 
sueurs coUiquatives , qu'ils répriment l'érup- 
tion de la petite-vérole , et qu'ils contribuent 
à la guérison de la gale et de la teigne; il$ 
épaississent la salive dans la bouche ; tels 
sont le jus de citron , celui de pommes 

' sauvages et de prunelles de haie. 

2. L'absorption de la membrane muqueuse 
est augmentée par l'opium et le quïnquina 
à ^inlérie^r ; et par le sulfate de cuivre y 
vitriol bleu^ à l'extérieur. Ces substances font 
que la matière expectorée dans les rhumes , 
et l'écoulement muqueux de l'urèthre, sont 
épaissis et diminués. 

3. L'absorption du tissu cellulaire est pror 
voquée par des végétaux amers , et par les 
émétîque$ et leS calhartiqucs. C'est ainsi que 



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Art* IV. I. 8. Sorbentia. SSf 

les matières des ulcères sont épaissies et di- 
minuées^ par lopium et le quinquina ; et 
que le sérum est absorbé dans lanasarque par 
lopération des émétiques et des cathartiques. 

4. L'absorption veineuse est augmentée par 
des végétaux acres , tels que 1» cresson d*eau ^ 
lé céleri , le raifort sauvage , la moutarde. 
De-là leur usage dans le scorbut de mer ♦ 
dont les taches sont dues à un défaut dap- 
sorption veineuse ; la même absorption est 
produite par des stimulans externes ^ tels que 
le vinaigre et l'électricité , et peut-être par 
l'oxygènçi 

5* L'absorption intestinale est augmentée 
par les végétaux astringens^ tels que la rhu- 
barbe , la noiiL de galle ; et par les sels à 
base terreuse , comme l'alun ; et par les 
terres argîUeuses et calcaires. 

6. L'absorption hépatique est augmentée par 
les sels métalliques , d'où résulte l'efficacité 
du calomel, et du sel de mars dans Pictèr^, 
les maladies vermineuses , la chlorose et 
rhydropisie. 

7. Le virus vénérien des ulcères est ab- 
sorbé par le stimulus du mercure ; dcrlà 
leur guérison par lusage de ce remède. 

8. La saignée , la faim , la soif et les éva* 
• cuatious violentes , augmentent toutes les 

absorptions ; c'est ainsi que les sueurs pro- 
duisent la constipation. 



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558 Sorhentia. Art. IV. i. lo. 

9* A lextérieur , les Tégétaux amers astrin- 
gens 9 les sels terreax et métalliques et les 
bandages « provoquent labsorplîon dans la 
partie sur laquelle on les applique. 

io« Tous ces remèdes employés à leurs 
doses ordinaires naugmentent point la cha- 
leur naturelle ; mais ils produisent la consti- 
pation , et une urine foncée avec un sédi* 
ment terreux. 

A plus grandes doses ils intervertissent les 
moiivemens d'e Testomac et des vaisseaux 
lactés , et font évacuer par haut ou par bas ; 
tels sont le chardon bénit , et la rhubarbe t 
ils provoquent les sueurs ^ si la peau est 
tenue chaudement ; c'est ainsi que le thé 
de camomille , et les poqdres testacées ont 
été employés comme sudorifiqnes. 

Les préparations antimoniales proroquent 
le vomissement, les déjections ou la sueur^ 
selon la quantité qu on en prend , ou selon 
qa une partie de ce qu on en a pris est rejeté. 
Ainsi un quart de grain de tartre émétique, 
s'il est bien préparé, produit une diapho- 
rèse si la peau est tenue chaudement ; un 
demi-grain procurera une ou deux selles 
dabord , puis des sueurs ; et un grain fait 
ordinairement vomir, ensuite purger et finit 
par faire suer le malade. 11 est probable 
qu'en moindre quantité ce médicament agit 
comme les autres sels métalliques , tels que 



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Art. IV, 3. I. I. Sorbentia. 569 

l'acier, le zinc, ou le cuiyre à petites doses, 
c'est-à-dire qu'il fortifie le système par soa 
stimulus. De même que , selon les doses , 
la camomille et la rhubarbe font vomir ou 
purger^ ou agissent comme stimulans de ma- 
nière à donner plus d'énergie au corps. 

Quelques-uns des remèdes de cette classe 
ont été nommés toniques par quelques au- 
teurs , parce qu'ils donnent du ton à la fibre 
animale ; mais il est à remarquer que ton est 
un terme mécanique y qui n est applicable 
qu a des cordes d'instrumens de musique , et 
ainsi que les mots fortifier et relâcher , ne 
peuvent s'appliquer à la vie animale que mé- 
taphoriquement. jOn peut dire la même chose 
du mot réaction y dont plusieurs auteurs mo- 
dernes font usage , et qui dans sa signification 
propre est*un terme mécanique qui nest 
applicable que par métaphore aux lois de la vie. 

II. Observations sur les Sorj^entia. 

1. I. Comme il y a une grande différence 
dans Ja structure apparente des diverses glan- 
des , et dans les fluides qu elles tirent du 
sang , ces glandes doivent être douées de 
différentes espèces d'irritabilité , et par con- 
séquent portées à des actions plus fortes ou 
non naturelles par différentes substances de 
la matière médicale , comme on l'a vu dans la 
classe de secernentia. Or, comme les v^is- 



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56o Sorbentia. Art. IV. 2.1.1. 

seaux absûrbaii9 sont aussi des glandes, et 
qu'ils pompent ou choisissent différens fluides 
tels que le chyle ^ Teau , le mucus , ainsi 
quune partie de toutes lés diverses sécré- 
tions f par exemple , une partie de la bile ^ 
de la salive ou de Turine, etc. ; il parait que 
ces vaisseaux absorbans doivent posséder 
également différentes espèces d'irritabilité , 
et en conséquence ils doivent avoir besoin 
de différentes substances de la matière mé- 
dicale pour être mis en action extraordinaire. 
Cette partie du sujet a été tellement négli- 
gée par les auteurs , que le lecteur impartial 
aura à exercer ici son indulgence. 

Nous avons observé que quelques substan- 
ces des secernentia augmentaient labsorptioû 
à un moindre degi^é, d après la combinaison 
de propriétés différentes dans un même végé- 
tal ; par la même raison quelques sorben- 
tia provoquent les sécrétions à un moindre 
degré, ccrinme sont les amers dans la com- 
position desquels il entre un arôme; on les 
reconnaît à ce qu'ils augmentent la chaleur 
du système au-delà de son degré naturel. 

11 est bon d'observer en outre, que les 
actions de chaque partie du système absor- 
bant sont tellement associées entr elles, que 
les substances qui stimulent une seule bran- 
che augmentent Faction du tout; et que la 
torpeur ou le repos d'une branche affaiblit 



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Art. IV. 3. 1.3. Sorbentia. 56t 

les exertions du tout, ou que lorsque la^^tion 
d une branche est augmentée , quelqu autre 
branche a ses actions affaiblies ou interver-* 
ties. Cependant quoique quelques branches 
particulières- du système absorbant soient 
stimulées et mises en action par des sub- 
stances particulières, il existe d'autres si\J)- 
stances qui paraissent stimuler tout le sys« 
téme , sans augmenter immédiatement aucune 
des sécrétions ; tels sont les amers qui n ont 
point d'odeur aromatique , et à la tête des- 
quels se trouve la célèbre écorce péruyienne 
ou le quinquina. 

3. L^ absorption cutanée. J'ai entendu parler 
d'expériences qui portaient à faire croire que 
le corps étant froid absorbait plus d'humi- 
dité atmosphérique que dans aucune autre 
circonstance : néanmoins ce fait ne peut pas 
être déterminé par des expériences de stati* 
que 4 parce que les vaisseaux capillaires qui 
sécrètent la matière de la transpiration ^ 
doivent en ce moment avoir été engourdis 
par le froid ; et par leur inaction , la déper- 
dition ordinaire du poids du corps n'a pu 
avoir lieu par la transpiration ; et comme 
toutes les autres fonctions musculaires se 
font mieux quand le corps possède son degré 
de chaleur naturelle , il faut en conclure 
que le système absorbant doit également 

Tome IL 38 



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562 Sorbentia. ARt. IV. 2. i. ^. 

remplir le mieux ses fonctions , lorsqu'il n'est 
pas engourdi par le froid extérieur^ 

Les acides concentrés , tels que le suUu^ 
rique , le suc d^ citron , et celui des pru- 
nelles et des pommes sauvages, fortifient la 
digestion et préviennent cette disposition k 
transpirer qui est si ordinaire aux convales- 
cens faibles; et ils diminuent les sueurs col- 
liquatives dans la fièvre hectique ; tous ces 
effets sont dus à ce que ces acides augmen- 
^ tent Pabsorption cutanée , tant interne qu'ex- 
terne; on administre l'acide sulfurique dans la 
petite-vérole , pour empêcher que Féruption 
ne soit trop hâtive ou trop abondante 3 ce 
qu il effectue en augmentant l'absorption cu- 
tanée. Le tinaigre produit un effet contraire 
à cause de la quantité d'alcool qu'il contient, 
et pour cette raison il appartient aux incitant 
tia ; une once de cet acide provoque la 
sueur et la rougeur de la peau ; tandis qu'à 
Textérieur la même quantité agit comme un 
absorbant veineux, puisque les lèvres deviens 
nent pâles quand on les humecte avec du 
vinaigre. On assure que pris à l'intérieur en 
grandes quantités et long -temps de suite , 
il fait pâlir la peau, et amollit les os. 

Les acides végétaux doux^ tels que ceux 
de différens fruits mûrs , sont rangés dans 
la classe des iorpentia , parce qu'ils sont 
moins stimulans que la généralité des alimens 



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Art* IV. a. I. 5. Sorhentîa. 565 

de ce climat , et c'est pour cette raison 
qu*on en fait usag^ dans les maladies inflam* 
matoires. 

Lorsque la quantité des fluides de Tëco* 
Bomie animale est beaucoup diminuée , comme 
dans la fièvre hectique qui a duré long* 
temps , ou dans la fausse péripncumonie , un 
grain d'opium pris le soir peut quelquefois 
empêcher les sueurs; parce que le stimulus 
de Fopium augmente Tactidn des absorbans 
cutanés, plus que celle des vaisseaux sécrê* 
teurs de la peau; d'où il ne résulte pas une 
diminution de la matière de la transpiration > 
mais seulement quelle ne se manifeste pas 
à la peau, parce quelle est plus facilement 
absorbée. 

5. 11 y a une espèce de gale qui se mon« 
tre rarement entre les doigts , qui 'est très* 
peu contagieuse et fort difficile à guérir; mais 
dont la guérison est très-favorisée par Fusage 
intérieur de Pacide sulfurique. Celte maladie 
consiste en petits ulcères à la peau quon 
guérit par tous les moyens qui augmentent 
Tabsorption cutanée. L'application externe du 
soufre y du mercure ou des végétaux àores , 
agit de la même manière ; les animalcules 
que Ton voit dans ces pustules sont l'effet 
et non la cause de la maladie , puisque tous 
les autres fluides stagnàns des animaux , et 
la semence elle-même, abondent en animal- 



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Ô64 Sorbentia. Art. IV. 3. 2* 

cules microscopiques semblables. Voyez classe 
11. I. 3. 18. de la dyssenterie* 

4* Les jeunes enfans ont souvent une érup- 
tion à la tête, nommée teigne^ qui fournit un 
ichor acrimonieux , lequel cause . Finflamma-' 
tion des parties sur lesquelles il tombe. J^ai 
vu cette éruption céder à Pusage intei'ne de 
racid.e sulfurique , tandis qu à Fextérieur on 
ne faisait que saupoudrer la tête avec de ]a 
fleur de froment. On guérit encore souvent 
cette éruption au moyen des poudres testa- 
cées ; ces deux substances diffèrent cependant 
beaucoup par leurs propriétés chimiques ^ 
mais elles ont en commun celle de provo- 
quer labsorptiou cutanée. 

11. On augmente labsorption de la mem-> 
brane muqueuse par lapplication à sa surface ^ 
des acides concentrés, tels que Tacide sulfu-^ 
rique, le suc de citron, et celui de pommes 
et de prunelles sauvages. Lorsqu'on les prend 
dans^la bouche , ils épaississent sur le champ, 
et en même temps diminuent la quantité de 
la salive ; cette dernière circonstance ne peut 
s'attribuer à ce que ces acides coagulent la 
salive , mais à ce qu ils augmentent labsorp- 
tion de ses parties les plus fluides. Ainsi 
l'alun appliqué sur le bout de la langue , ne 
borne pas là son action^ mais indépendam- 
ment de sa diffusion , il produit une cohé- 
sion et des rides dans toute la bouche. (Ma- 



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Art. IV. 3. a. Sorbentîa. 565 

tière médicale de CuUen , art. des astringens^) 
ce qui est dû à Tassociation réciproque des 
mouvemens des parties ou branches des vais- 
seaux absorbans. 

L'opium , pris intérieurement à petites 
doses , augmente mieux que tout autre mé- 
dicament l'absorption de la membrane mu 
-queuse , comme on peut le remarquer par 
Tépaîssissement quUl produit de la matière de 
Texpectoration dans la toux , et d^ Técouleme^nt 
du mucus nasal dans les rhumes , et peut- 
être de celui de la mucosité de Turèthre dans 
la gonorrhée. Le quinquina paraît, après 
Topium^ produire le mieux les mêmes effets. 

A Fextérieur, de légères solution? de sul- 
fate de cuivre , (vitriol bleu ,) par exemple de 
deux ou trois grains dans une once d'eau, 
appliquées aux ulcères de la bouche, ou aux 
chancres de la verge, les font disparaître beau- 
coup plus sûrement qu aucun autre remède. 

Quand les poumons ou l'urèthre sont 
enflammés à un degré considérable, et que 
l'absorption est si grande que le muous est 
déjà trop épais et adhère à la membrane par 
sa viscosité , Topium , les végétaux amers et 
les acides concentrés ne conviennent point; 
il faut alors , au lieu de ces moyens , em- 
ployer les délayans mucilagineux avec la 
saignée et les reiaèdes de la classe de^ 
iorpentia. 



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666 SarberUîa. Art. IV. 2. 3. 2. 

111. I. L^absorption du tissu-cellulaire, et 
de toutes les autres cavités du corps , se feit 
trop lentement dans certaines constitutions ; 
de-là les complexions pâles et bouffies ; et 
quand cet état est porté à son plus b^ut degré , 
il en résulte une hydropisie universelle. Ces 
constitutions sont sujettes aux fièvres înter^ 
snittentes , aux paroxysmes bystériques , au 
froid des efxtrémités y aux indigestions ^ et 
aux autres symptômes de débilité. 

Le système absorbant est plus sujet à 
Fengourdissem^nt que le système exhalant, 
ce qui provient dû peu de cbaleur des flui- 
des qui y sont appliqués , tels que Fhumidité 
de Fatiftosphère , et la froideur de nos bpis- 
•sons ordinaires ; cela provient encore de ce 
qu'ail n'est stimulé que par intervalles, comme 
lorsque nous prenons de la nourriture ; tandis 
que le système exbalant est mis continuelle- 
xnent en action par la cbaleur du sang en 
circulatiom, ainsi que je Fai expliqué dans la 
eect. XXXll. 

n. Le quinquina , Ic^s fleurs de camomille 
et les autres amers , en stimulant cette par- 
tie cellulaire du système absorbant, Pempé 
cbent de tomber dans Tinertie ; c'est ainsi que 
sont prévenus les accès de froid des fièvres 
qui résultent de l'engourdissement des lym- 
phatiques cellulaires , et que par la mêm^ 
raison les accès de cbaleur sont également 



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Art. IV. 2. 5. «• tSorbentia. 56f 

éloignés ; le malade conserve en ce cas sa 
chaleur naturelle , et récouvre ses couleurs 
et sa. force primitives. 

Quand le paroxysme de froid dans la fiè- 
vre a sa. cause dans les absorbans du foie » 
' de la raie ou des autres yiscères , Tadditiou 
des martiaux aux amers végétaux^ et sur-tout 
après Tusage d'^ne dose de calomel , aide 
beaucoup à la guérison. 

Lorsque le paroxysme a sa source dans 
une partie quelconque du système excréteur ^ 
* comme il est probable que cela a. lieu daps 
quelques fièvres intermittentes , lopiuni , à 
la dose d'un grain et demi, pris environ une 
heure avant le moment de Taccès , ou mêlé 
aux martiaux et aux amers , complète la 
guérison. On peut atteindre le même but 
en donnant du vin au lieu dopium avant 1^ 
paroxysme , et en quantité suffisante pour 
produire un commencement d'ivresse. 

On distingue aux signes suivans ces trois 
espèces de fièvres ; la première n'est accom- 
pagnée d^aucune induration ni tuméfaction 
des viscères , que le peuple appelé gâteau 
h fièvre , ague cake , et qui est sensible au 
toucher; la seconde est accompagnée de tumé<» 
faction d'iin viscère ; et la dernière a , je crois , 
généralement le type de quarte et n est jamais 
sans un certain degré de débilité artérielle. 

Ifj^corcç du saule k larges feuilles » ^c^Iko 



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^68 Sorbentia. Art. IV. !x. 5. 5* 

caprea deLinnée, est fort vantée par leDrWhite, 
de Bath, comme un fébrifuge aussi puissant 
que le quinquina, donné en quantité égale 
ou plus grande. (Observ. and euper. on broad- 
leafed wîUow. ) En Allemagne le Dr Gunz 
recommande aussi comme propres à rempla- 
cer le quinquina, Pécorce de six espèces de 
saules , le salix alba , pentandra , fragilis , 
caprea , vitellina et amygdalina. Le Dr Gunz 
croit que plusieurs de ces écorces sont plus 
efficaces que celle du Pérou ; et comme on 
peut se procurer quelques-unes de ces écorces 
en grandes quantités , puisqu'on en dépouille 
les branches d'osiçr quemployent les bois- 
seliers en plusieurs de nos Provinces dans 
les mois du printemps , cet article parait 
mériter qu'on y fasse attention. 

La racine du geum urbanum , est recom- 
mandée par le Dr Vogel pour remplacer le 
quinquina ; il assure qu elle guérit la fièvre 
quarte , à la dose d'une demi-drachme, prise 
d'heure en heure pendant la journée : on 
dit que la datisca carmabina de Linnëe 
égale aussi le kina par ses propriétés fébri- 
fuges, (.IVIedical and physical journal , vol. 
I. p. 191.) i 

5. Cette classe de médtcamens absorbans 
diminue , à ce qu'on assure , l'irritabilité : 
quand une partie quelconque du système a été 
engourdie, quelle que soit la cause qui ait 



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'Art. IV. a. 5. 6. Sorbentia. 56g 

produit cette torpeur, elle est ensuite sus- 
ceptible d'être plus fortement excitée par un 
léger stimulus ; c'est ainsi que Faccès de cha- 
leur de la fièvre succède à celui du froid. 
Comme ces remèdes empêchent la torpeur de 
quelques parties du système , ainsi qu on le 
remarque "au froid des extrémités qui a tou- 
jours lieu chez les personnes faibles , ces 
mêmes remèdes préviennent aussi Faugmen- 
tation subséquente de l'irritabilité. 

4. Ces remèdes absorbans , en y comprenant 
les amers, les sels métalliques et les opiates, 
sont d'un grand usage dans Fhydropisie, par 
leur vertu de provoquer une absorption uni- 
verselle ; mais dans ce cas il faut aussi pro- 
duire des évacuations , comme nous Fexpli- 
querons en parlant des im>ertentia. 

5. La matière des ulcères s épaissit, et de- 
vient conséquemment moins corrosive , quand 
ses parties salines sont réabsorbées par Tusage 
des amers; c'est ce qui démontre Futilité du 
quinquina dans le traitement des ulcères. 

6. Les amers fortifient la digestion en favo- 
risant FabsQrption du chyle ; c'est ce qui a 
donné lieu à employer le houblon dans les 
boissons dout on fait usage à table , ce qui 
peut être avantageux comme médicament ; 
mais , de même que les autres stimulans inu- 
tiles , il doit être nuisible en tant qu'ingré- 
dient de notre nourriture journalière. 



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570 Sorhentia. Art. IV, 2. 5. 7, 

II est possible que le houbloa contribue 
> en quelque sorte à la production de la gra- 
Telle dans les reins ; car les grands buteurs 
dé Tin sont plus sujets à la goutte^ et les 
buveurs de bière le sont plus à la gravelle ; il 
n*}r a pas de doute que dans la production 
de ces deux maladies , Falcool* ne soit le 
principal et peut-être le seul agent. 

7* Ijes Tomitifs augmentent considérable- 
ment l'absorption du tissu cellulaire ; tels 
sont la scille et la digitale. Il faut donner 
la première à la dose d'un grain de la racine 
séchée, toutes les heures, jusqu'à ce quelle 
opère par haut et par bas : à l'égard de la 
digitale , on doit . prendre quatre onces de 
feuilles fraîches cueillies, les faire bouillir 
dans deux livres d'eau réduites à une, et 
prendre* une demi-once de cette décoction 
toutes les deux heures, et ainsi de suite quatre 
autres doses ou plus. Ce médicament ^ en 
déterminant Faction réti*ograde des yai^seaux 
absorbant de l'estomac y augmente Faction 
directe des lymphatiques du tissu cellulaire. 

Une autre manière plus commode de bien 
déterminer la dose de la digitale , c est ^d'en 
faire une teinture saturée dans Falcool rec- 
tifié ; elle a l'avantage de pouvoir se con- 
server long -temps sans rien perdre de se$ 
vertus. Prenez deux onces de feuilles de digi- 
tale pourpré^^ bien sècheç et g^ossièremçnt 



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Art. IV. 2. S. 7. Sorbentia, Syt 

piilvérisées^ mettez-les dans an mélange de 
quatre onces d^esprit devin rectifié avec quan- 
tité égale d^eau ; mettez ce mélange près da 
feu pendant ^4 heures^ et agitez souvent le 
vase; vous obtiendrez ainsi une teinture sa<- 
turée de digitale, qu'il faut ensuite soutirer 
de dessus le sédiment^ ou filtrer  travers 
un papier brouillard. 

Un médecin vient de désapprouver récem- 
ment la quantité de feuilles -de digitale dont 
on fait usage dans la confection de cetta 
teinture^ comme étant une dépense inutile; 
il ignore apparemment que cette plante croît 
spontanément et en abondance dans tous les 
teiTcin^ sablonneux/etn a pas faitattention qu'il 
est important que tous les pharmaciens soient 
toujours pourvus de ce remède dans, tous 
les temps de Tannée , et qu on puisse le trou- 
ver chez eux dans un état toujours uniforme. 

La grandeur dé l'embouchure de la phiole 
pouvant faire varier plus ou moins la gros- 
seur de la goutte qui en sort , je conseille 
de mettre une partie de cette teinture dans 
une phiole de deux onces, afin d'en tirer 
toujours des gouttes égales en volume. 
On mettra trente gouttes de cette teinture 
dans une once d'eau de menthe pow* une 
potion à prencbe àeoX eu trois fois par jour, 
jusqu'à ce quelle diminue l'anasarque des 
pxtrémités, ou dissipe la diificultéi de respi^ 



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Sya Sorlentia. Art. IV. 2. 5. 7- 

rer dans ITiydrothorax , ou enfin jusqu'à ce 
qu'elle produise des nausées. Et ^i ces phé- 
nomènes ne se présentent point au bout de 
deux ou trois jours , il faut augmenter gra- 
duellement les doses jusqu'à quarante on 
soixante gouttes et plus. 

Une dame âgée de 92 ans , ftit attaquée 
subitement de bonne heure dans la matinée, 
d'une grande difficulté de respirer , qui du- 
rait depuis deux ou trois semaines , dans 
un degré plus ou moins intense^ nonobstant 
Pusage de plusieurs médicamens. A cette 
époque ses jambes devinrent œdémateuses et 
elle ne pouvait se coucher horizontalement. 
Trente gouttes de la teinture saturée de 
digitale prises d'une phiole de deux onces, 
deux fois par jour, dissipèrent l'embarras de 
sa respiration , Fenflure des jambes diminua 
au bout de deux ou trois jours : elle conti- 
nua l'usage de ce remède environ une fois 
par mois pendant plus d'un an^ et par inter- 
Talles la teinture de kina , avec un grain 
d'opium le soir ; et l'état de sa santé est 
passablement bon ds^ns ce moment. 

Le grand stimulus que produit ce roédica-» 
ment, cause une torpeur de l'estomac suiTÎe 
de nausées qui continuent pendant plusieurs 
heures et même des jours entiers , ce qui 
est dû au grand épuisement de la puissance 
sensoriale de l'irritation de ce Tiscère \ 



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Art. IV. a. 5. 8. Sorbentia. 5yS 

Taction du cœur et des artères s'affaiblit par 
le défaut d^excitement de la puissance senso^ 
riale d'association; et enfin par raccumulation 
de cette puissance sensoriale d'association 
dans le cœur et les artères engourdis , Fac- 
tion des absorbans de la membrane cellulaire 
est sensiblement augmentée , comme il est 
expliqué dans le supplément I. i!i. 

Nous remarquons un effet analogue chez 
quelques individus qui fument du tabac pour 
la première fois. Us éprouvent bientôt des 
nausées , et les pulsations du cœur et des 
artères s'affaiblissent momentanément comme 
à l'approche d^un évanouissement ; ce qui 
provient de la sympathie directe qui existe 
€ntreux et Testomac, c'est-à-dire par défaut 
d*excitement de la puissance sensoriale d as- 
sociation. Ensuite il survient un fourmille- 
ment et une chaleur et quelquefois dés sueurs, 
symptômes qui sont dus à 1 augmentation 
d'action des vaisseaux capillaires , ou des 
glandes perspiratoires muqueuses; ce qui est 
à son tour occasionné par laccumufation de 
la puissance sensoriale d'association , par suite 
de l'action diminuée du cœur et des artères , 
accumulation qui augmente alors Faction des 
vaisseaux capillaires. 

8. Un autre moyen de provoquer Fabsorp- 
tîon dans le tissu cellulaire , est l'air chaud 
ou la vapeur de l'eau chaude. 3i on enferme 



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$74 Sorbentia. Art. IV. 2. 5. 8* 

les jambes gonflées d un hydropique y dans 
une boite dont Tair soit échauffé par une 
lampe où deux , il en résulte bientôt des 
sueurs copieuses , produites par l'augmenta- 
tion d action des glandes capillaires : cette 
sueur reste sur la peau^ parce qu elle ne peut 
pas s'évaporer dans une si petite quantité dair 
qui n'est renouvelée qu'autant quil est néceS' 
saire pour que les lampes ne s'éteignent pas. 
En même temps les lymphatiques du tissu 
cellulaire sont stimulés et portés à une plus 
grande action par la cBaleur , ainsi que le 
démontre la prompte résolution de la tumé*^ 
faction des jambes. 

Il serait bien nécessaire dessayer cette 
expérience sur une personne qui aurait une 
anasarque universelle ^ en la plaçant dans 
une chambre remplie d'un air échauffé à i!K> 
ou i3o degrés; il est probable que cela pro- 
duirait une transpiration abondante y ainsi 
quune absorption cellulaire universelle des 
poumons et de toute autre partie. Les expé- 
riences "faites dans des chambres échauffées 
par le Dr Fordyce €t autres , prouvent qu'on 
peut supporter un tel degré de chaleur pen- 
dant plusieurs minutes sans un grand incon- 
vénient. Transactions philosophiques. 

On pourrait encore essayer l'effet de la 
chaleur dans Tanasarque et dans d'autres 
maladies, par l'immersion du malade dans un 



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Art. IV. 2. 3. 8. Sorbentia. SyS 

air chaud ou une yapeur chaude reçus dans 
un sac imperméahle de taffetas gommé ^ ou 
dans une baignoire de fer blanc ^ disposée de 
manière que le courant d air ou de la Tapeur 
puisse circuler autour et recouvrir le corps, 
excepté la tête, qtii ne pourrait pas y être 
exposée; de* cette manière les absorbans des 
poumons pourraient être forcés dagir plus 
énergiquement par sjrmpathie avec la peau 
et non par le stimulus de la chaleur. Voyez 
sur les usages du bain chaud, lart. II. 2. 2. i. 

Un pédiluve salin et chaud est souvent 
mis en usage avec succès pour dissiper les 
gonflemens des jambes par défaut dactioÀ 
des absorbans des extrémités inférieures ; la 
quantité de muriate de soude doit être d'en- 
viron une partie sur trente . d*eau , ce qui 
avec un quatre-vingtième de sulfate de ma- 
gnésie ou sel cathartique £(mer , constitue la 
force moyenne de Feau de la mer qui entoure 
notre isle , d'après les expériences de Mr 
Brownrig: il faut tremper les jambes dans ce 
bain pendant une demi-heure tous les soirs, 
pendant quinze jours , et porter la chaleur 
de 96 à g8 degrés. 

Le Dr Reid, dans un traité sur les bains 
de mer, recommande un bain chaud général 
deau de mer, dans les gonflemens œdéma- 
teux, et probablement qu'on en oblieddrait du 
succès; il conseille judicieusement de faire de 



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576 Sorbentîa. Art. IV. 2. 4* r« 

bonnes frictions dans le bain sur les mem- 
bres enflés^, en les frottant toujours des eilré- 
mités vers le tronc et non dans un sens con- 
traire ; ce qui doit faciliter récoulement des 
fluides dans le système absorbant , nonobstant 
que ces vaisseaux soient pourvus de valvules 
pour en empêcher le retour. Dans ces bains, 
le stimulus du sel . est combiné avec celui 
de la chaleur. Voyez article II. 2. 2. i. 

9. Un autre moyen d^augmenter Tabsorp- 
tion dans le tissu cellulaire , et dont on a 
fait un grand usage dans les hydropisies, 
c'est Tabstinence presqu'entière ou totale de 
liquides. Les sujets trop corpulens pourraient 
peut-être pratiquer cette abstinence avec avan- 
tage jusqu'à un certain point; mais si on la 
porte à Texcès , elle peut produire des fièvres , 
et des maux plus grands que ceux que Ton 
voudrait éviter, abstraction faite d'une soif 
continuelle et douloureuse. Dans la plupart des 
bydropisies, la soif actuelle prouve qu'il y a 
dans la circulation trop peu de fluides diluans, 
et non quMls y sont en trop grande activité. 

IV. I . absorption veineuse. Le céleri , le 
cresson d'eau ^ les choux et beaucoup d'au- 
tres végétaux de la classe de la tetradyna- 
mie, n'augmentent pas la, chaleur du corps 
(excepté ceux dont Tacrimonie approche de 
la causticité,) et il parait d'après cela qu'ils 
sont les seuls ou les principaux qui agissent 



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Art. IV. ik. 4. 5* Sorhentia. 577 

sur le système Teineux , dont les extrémîtës 
absorbent le sang vermeil 5 après qu^il a passé 
dans les glandes capillaires , comme je Tai 
démontré. 

3. Cette action absorbante dans les veines 
est en défaut dans le scorbut de mer et dans 
la fièvre pétéchiale ; de -là la formation des 
taches, occasionnées par la stagnation du sang 
aux extrémités veineuses, ou son extravasa- 
tion dans le tissu cellulaire. Ces végétaux en 
stimulant les veines pour leur faire reprendre 
leurs fonctions absorbantes , sans augmenter 
l'énergie de Faction artérielle^ empêchent 1^ 
formation d^autres pétéchies , et peuvent aider 
à Fabsorption du sang qui est stagnant, dès 
que ses changemens chimiques le rendent 
propre à subir cette opération. . 

3. Les fluides qui sont extravasés et dépo- 
sés dans le tissu cellulaire , semblent y res- 
ter pendant plusieurs jours , afin d^ subir 
quelques changemens chimiques , puis ils 
sont repompés par les orifices des absorbans 
cellulaires. Mais comme les nouveaux vais- 
seaux qui se forment dans les parties enflam- 
mées y communyjuent avec les veines , ils 
sont probablement absorbés à leur tour par 
les veines en même temps que le sang qu'ils 
contiennent dans leurs cavités. Ainsi le sang 
qui est extravasé dans les ecchymoses et les 
pétéchies , met plusieui*s jours à disparaître ^ 

Tome IL Sg 



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578 Sorhentut. ARt. IV. a. 5- !♦ 

mais si dans Tophlbalmie ^ après les éyacua'* 
lions nécessaires , on applique nne fomenta-^ 
tion stimulante sur Toeil^ l'inflammation àe% 
Taisseaux de la conjonctive se dissipe en 
peu d^heures. 

Il faut donc ajouter aux remèdes absorbans 
qui affectent les veines, les applications exter< 
nés des matières stimulantes « telles que le 
▼inaigre , qui rend les lèvres pâles par son 
contact, les frictions et rélectricité. 

4. Les bémorrbagies sont de deux espèces^ 
soit artérielles qui sont accompagnées dUn- 
flammation , soit veineuses ^ par défaut de la 
puissance absorbante dans cet ordre de ▼ais-< 
seaux. Dans le premier cas les torpentia sont 
efficaces ; et dans le second , les martiaux , 
Fopium^ lalun et toute la classe des sorben- 
tia^ sont mis en usage avec succès. 

5. Sydenfaam recommande les végétaux de 
la tetradynamia dans les douleurs rbumatis^ 
maies qui succèdent aux fièvres intermitten- 
tes. Ces douleurs sont probablement analogues 
à celles du scorbut de mer , et paraissent 
résulter d^un défaut dVbsorption dans la 
partie affectée , et par conséquent on les 
soulage par les mêmes remèdes* 

V. I. Absorption intestinale. -Quelques vé- 
gétaux astringens , tels que la rhubarbe, 
peuvent être donnés en doses assez fortes 
pour agir comme cathartiques ; et après 



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Art; IV. ^. 5. 5. Sorbentia^ Syg 

qu une partie en est éyacuée , celle qui reste 
augmente Tabsorption dans les intestins ; et 
agit comme si une dose semblable eut été 
douAée après Popération d^un purgatif quel'^ 
conque. Ainsi quatre grains de rhubarbe 
fortifient les intestins et trente grains les 
éTacuent avant d^agtr comme tonique. 

a. Les §els à base terreuse comme Talun^ 
augmentent Fab^orption intestinale^ et par 
conséquent produisent la constipation, pri& à 
la dose ordinaire ; on dit que Palun guérit 
quelquefois la fièvre intermittente lorsque 
d'autres remèdes ont échoué : peut-être est*Ge 
quand son siège est dans les intestins. L'aluu 
est utile dans le diabètes , en excitant Fac- 
tion naturelle des vaisseaux absorbaos de la 
vessie ; et combiné avec la résine on le 
recommande dans les fleurs blanche» et dans 
la gonorrhée habituelle r La chaux et proba- 
blement aussi le gypse y possèdent des pro* 
priétés en quelque sorte analogues, et aug- 
mentent labsorption dans les intestins; cest 
ainsi quune certaine dose de ces substances 
arrête la diarrhée ^ mais lalun donné à une 
quantité plus forte agira probablement comme 
cathartique. Une dose de cinq à dix grains 
produit la constipation, et une de vingt ou 
trente grains est un émétique ou cathartique. 

3. L alumine, la terre de pipe, la marne, 
le bol d'Arménie , la chaux, les yeux décre"* 



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58o Sorbeiitid. AKt. IV. 2. 6. i. 

visses » et la corne de cerf calcinée , ou les 
cendres d os arrêtent les pertes ; soit méca- 
niquement en fournissant quelque chose de 
mucilagineux ou huileux , comme des corps 
cylindriques pour adoucir les frottemens des 
aîimens sur les mentbranes enflammées; soit 
en augmentant leur absorption. Les deux 
dernières substances consistent en terre cal- 
caire unie à lacide phospborîque , et le bol 
d* Arménie et la marne peuvent contenir du 
fer. Par la sympathie qui règne entre les 
intestins et la peau , vingt grains de bol 
d'Arménie donnés au malade de la fièvre 
hectique avant de se coucher^ pré?iendront 
fréquemment la tendance aux sueurs et aux 
dévoiemens , et cet effet sera encore plus 
certain si on y ajoute un grain d'opium. 

VI. I. Absorption par le Joie , Vestomac 
et les autres viscères. Quand Finflammation 
du foie est mitigée jusquà un certain point 
par la saignée , le calomel et autres pur- 
gatifs doux , de sorte que Fénergie artérielle 
est affaiblie , quatre ou huit grains de 
limaille de fer , ou de sel de mars ^ joints 
à Fécorce du Pérou , ont un effet surpre- 
nant pour guérir la toux , et rendre le 
foie à son état et à son volume naturel; 
1 paraît que ce phénomène est dû à laug- 
mentation d^absorjption dans ce viscère. Je 
crois que la même chose arrive relativement 



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Art. IV. 3. 6. 5. Sorbentia. 58i 

aux tumeurs des autres viscères , tels que 
la rate et le pancréas , dont quelques-uns 
sont fréquemment engorgés dans les fièTres 
intermittentes. 

2. Les hémorrhagies du nez^ du rectum^ 
des reins , de la matrice et d'autres parties^ 
accompagnent souvent les. maladies du foie , 
la circulation du sang étant obstruée dans 
la veine-porte, tant par la diminution de la 
puissance absorbante que par Faugmentation 
de volume de ce viscère. Après la saignée 
et les purgatifs -mercuriauxi on arrête ces 
hémorrhagies le 'plus sûrement par les mar* 
tiaux seuls , ou joints à Popium : ils augmen- 
tent Fabsorption et diminuent le volume du 
foie. 

Les martiaux peuvent encore arrêter ces 
hémorrhagies en provoquant l'absorption vei- 
neuse , quoiqu ils exercent leur principal 
efiet sur le foie. On peut les combiner avanta- 
geusement avec Topium^ les amers et l'acide 
sulfurique. Ajoutons à cela que quelques hé- 
morrhagies reviennent périodiquement, comme 
les paroxysmes des fièvres intermittentes et 
se guérissent conséquemment par le même 
traitement. 

5. L'ictère est fréquemment causé par l'in- 
sipidité de la bile , qui ne stimule pas et 
n'entretient pas assez Faction naturelle de la 
f ésicule du fiel et des canaux biliaires , d^où 



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Ç6a Sorhetaîa, ArT. IV. a. €. 4. 

résulte sa stagnation dans cette Yésicule et 
une espèce de cristallisation ^ qui étant 4;rop 
grosse pour passer dans les intestins, bouche 
le canal cholédoque et occasipnne une ma- 
ladie longue et douloureuse. La paralysie de 
ce canal produit un ictère semblable ^ mais 
sans douleur. 

4* Les vers des moutons sont dus à la lim- 
pidité de leur bile ; ils se forment dans les 
intestins et passent de*là dans les canaux 
biliaires 3 et en détruisant le foie ils causent 
(les ulcères , la toux ' et la fièvre hectique 
nommée claTcau. Dans le corps humain il 
est probable que Tétat dUnertie de la bile est 
une des causes de la production des vers ; cet 
état d^insipidité de la bile provient du défaut 
d^absorption de ses parties les plus tenues; 
c'est ainsi que la figure bouffie et le gonflement 
de la lèvre supérieure des f^nfans qui ont des 
Ters f doivent être attribués à un défaut con« 
concomittant d^absorption dans le tissu cel? 
lulaire. Le sel de mars « ou Toxyde de fer, 
ou la limaille de ce métal, combiné avec des 
amers, augmentent Tacrimonie de la bile en 
provoquant Tabsorptiop de sa partie aqueuse; 
et détruisent ainsi les vers ^ tant par leur 
action immédiate sur les intestin^ que par 
celles qu'ils exercent sur les vers mêmes. 
Tous ces effets s'obtiennent pl^s facilement 
en faisant précéder ce' traitement par un 
purgatif de calomeL Yoyez classe L 2. 3, 9. 



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Ar*. IT. A. 6- 5. SarhenHa. 5Ô5 

5. Lft chlorose est une autre malftâîe due 
nu défaut d^action des absorbans hépatiques ^ 
et peut-être )us(fu*à un certain point à celui 
des yaisseaux sécréteurs^ ou des glandes qui 
composent ce yiscére, La suppi'essîon des 
menstrues que Ton croit généralement être 
la cause de cette maladie nen est quuit 
tymptôme. Dans cette affection il y a probiu» 
blement un défaut de quantité de la bile^ 
mais toujours un défaut d^acrimonie de ce 
fluide , puisque ses parties les plus tenued 
ne sont point absorbées. Or ^ comme la bile 
est sans doute d^une grande importance dans 
la sanguification y c'est par cette cause que 
le sang éprouve une si grande disette de glo« 
bules rouges ^ ce qui est manifeste par la 
grande pâleur de ces malades. Comme ce 
sang séreux doit moins stimuler le cœur et 
les artères^ le pouls devient nécessairement 
accéléré' et faible ; ainsi qi^e je l'ai expliqué 
dans la sect. XII. i, 4« 

La fréquence du pouls , est souvent si 
considérable et si permanente qtie, s'il sur-» 
vient accidentellement une toux , on peut 
prendre la maladie pour une fièvre hectique; 
cependant ott la guérit par les martiaux et 
les amers administrés deux fois par jour, et 
un grain dopium et d'aloès tous les soirs; 
alors les menstrues supprimées reparaissent 
par le rétablissement de la quantité néces^ 



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584 Sarbentia. Art. IY. 2. 6. â. 

eaîre de sang rouge. Cette maladie et les 
deux précédentes ressemblent beaucoup k 
celles quon nomme paralysie du foie. Yoyes 
5ect. XXX. 4* 

6. II parait paradoxal que le traitement 
par les martiaux, les amers , les opiates, et qui 
provoque les menstrues des femmes affectées 
de la chlorose , puisse reprimer la trop grande 
abondance ou la permanence des menstrues 
qui ont lieu dans les constitutions faibles , vers 
lépoque de la cessation de cet écoulement 
naturel. Cette maladie est une hémorrhagie 
due à la débilité de la puissance absorbante 
des veines et appartient au paragraphe de 
labsorption veineuse que nous avons traitée 
plus haut ; on peut en conséquence la guérir 
par les martiaux^ lalun, les amers , et sur-tout 
par Tadministration d un grain d opium n^i^léa 
avec cinq grains de rhubarbe tous les soir8« 

Comime le fer est soluble dans lacide gas- 
trique , peut-être la meilleure manière de 
ladmiuistrer^ serait- elle de le prendre en 
limaille fine y ou en poudre ferrugineuse pré* 
parée de la manière suivante : on fait dis- 
soudre du sulfate de fer dans de leau ; on 
ajoute à la solution quelques worceaux de 
fer , pour précipiter le cuivre qui . pourrait 
s'y trouver ; on précipite cette solution par 
le sel de tartre , soude cristallisée i on ajoute 
au précipité deux ou trois fois sa quantité 



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IArT. IV. 3. 6. 8. SàrhenHa. 585 

de poudre de charbon : on mêle et on met 
le tout dans un creuset recouvert dune 
tuile , et on le fait chauffer jusqu'à rougir 
pendant une heure; il en résulte une pou- 
dre ferrugineuse impalpable y qui doit' être 
entièrement magnétisable. 

.7. Les sels métalliques, fournissent des 
remèdes puissans pour provoquer labsorption 
dans les hydropisies , qui sont souvent cau- 
sées par Tengorgement du foie. Dabord on 
peut les donner en telles quantités qu ils 
deviennent fortement cathartiques : nous en 
parlerons plus amplement dans larticle des 
ini^ertentia ; puis quand leur effet purgatif 
cesse^ comme celui de larhubarbe^ leur quan-i 
tité absorbante continue dagir. Les sels mer» 
curiels « ceux d argent y de cuivre , de fer , de 
zinc et d antimoine 5 ont tous été mis en 
usage dans Thydropisie, soit seuls pour rem* 
plir la première indication ^ soit unis aux 
amers et de temps en temps aux opiates 
faibles et souvent répétés pour la seconde , 
qui est labsorption. 

8. On dit qu^une dose depuis un quart de 
grain jusqu à un demi grain de sulfate de 
cuivre , (vitriol bleu) donné toutes les quatre 
ou six heures est très-efEcace dans les fièvres 
intermittentes obstinées y qui souvent aussi 
proviennent de Fei^gorgement dun viscère , 
tels que le foiç ou la rate« et qui par cout 



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586 Sàrhefdia, ART» IV. ft. 6. 8. 

Séqtient sont dues à an défaut d*absoq»tion des 
Tatsseattx lymphatiques du viscàre affecté. Un 
^piart de grain d oxyde blanc d'arsenic^ peut 
guérir efficacement une fièvre quarte , d après 
ce que in*a assuré un chirurgien de Tarmée, 
si on le donne une heure avant le paroxysme 
de laccès; il me dit que cette dose était 
convenable à un homme robuste; peut«*étr6 
quun hutième de grain pourrait être admi<» 
nistré et répété avec plus de sûreté et autant 
d^efficacité. 

Le Dr Fowler fait mention d'un grand 
nombre de cas heureux dans son traité sur 
ce sujet. Il prépare le remède en faisant 
bouillir soixante-quatre grains doxyde blanc 
d arsenic , dans un flacon de Florence , aTCC 
la même quantité dalcali fixe végétal pur^ 
dans une pinte deau distillée jusqu'à disse* 
lotion du tout y puis il ajoute autant d eau 
distillée quil en faut pour faire exacte- 
ment seize onces. Ainsi il y a quatre grains 
darsenic dans chaque once de la solution* 
11 faut la mettre dans une phiole dont le col 
soit assez large pour que soixante gouttes 
pèsent une drachme , qui doit contenir un 
demi grain d*arsenic. II donne aux enfans 
de TAge de deux à quatre ans, de deux il 
cinq gouttes, trois ou quatre fois par jour; à 
ceux de cinq à sept ans ^ sept ou huit goût-» 
tes; à ceux de huit à douce ans, sept k di^ 



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^ART. IV. a. 6. 9» Sprbentîd^ S8f 

gouttes ; à ceixx de treize à dii^-htiit , dix à 
douze gouttes; à ceux de dix-huit et au-dessus^ 
douze gouttes. Il est toujours prudent de 
commencer ladministiriitiou d un remède aus^i 
puissant , par de petites doses et de les 
augmenter graduellement. 

Je crois quune solution saturée d*arsenic 
dans leau , est préférable à cette pénible pré-» 
paration chimique, car on nest ^oint sujet 
à errer en pesant les ingrédiens ^ et elle 
possède en conséquence plus certainement 
une force uniforme. Mettez dans Teau de 
Tai^sénic blanc jusqu^à ce quelle en soit sa- 
turée. Laissez bouillir cette eau ' dans un 
flacon de Florence, ou dans une casserole 
de fer blanc , pendant une demi-heure^ Laissez 
reposer ensuite cette éau pour quelle se 
précipite , et filtrez-la à traTcrs un papier/ 
Mon ami Mr Greene , chirurgien à Breewood^ 
ma assuré quHl ayàit guéri dans une saison^ 
des fièvres intermittentes sans nombre , par 
le moyen de cette solution saturée ; il a 
trouvé que dix gouttes tinées d^une phiolé 
de deux onces , et données ti'ois fois par 
jour , étaient une dose suffisante pour un 
adulte ; mais en général il commençaùt par 
nen donner que cinq gouttes. 

g. Ce ne peut être par son stimidus ^é* 
néral que Farsenic agit dans la guërison des 
fièvres intermittefntes « parce que son usage 



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588 Sarbenth^ Art. IV. a. 6. 9, 

ii*e&t suivi ni d'ivresse ni de chàlenr; ce ne 
peut être non plus par son stimulus particu- 
lier sur une partie du système excréteur , 
puisque pris à petites doses il ne produit ni 
augmentaticm d^évacuation ni chaleur ; il faut 
donc qu'il exerce • son pouvoir comme les 
autres articles des sorbentia^ sur le système 
absorbant. Il est difficile de comprendre de 
quelle manière il détruit la vie si prompte- 
ment, parce qu'il n'enivre pas comme un 
grand/' nombre de poisons végétaux, et qu'il 
ne cause pas de fièvre comme la matière 
contagieuse. Appliqué à l'extérieur, il parait 
détruire chimiquement les parties en agissant 
comme les autres caustiques. Détruit-il chi- 
miq^iem^nt l'estomac et par suite la vie? Ou 
détruit-il l'action de' l'estomac par son grand 
stimulus , et la vie eu conséquence de lsi 
sympathie qui existe entre l'estomac et le 
cœur? Ce dernier mode d'opération me parait 
le plus probable. 

Le succès de l'arsenic dans les fièvres 
intermittentes dépend, à ce que je crois, de 
ce qu'il stimule Faction de l'estomac , et 
quainsi par l'association de ce viscère avec 
le cœur et les artères , il prévient la torpeur 
de toutes les parties du système sanguin. 
Cette, conclusion ma été suggérée par les 
considérations suivantes. 
Pl^emièrement » les effets de l'arsenic donuQ 



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Aiit. IV. i. 6. 9. Sorhentia. 58^ 

intérieurement pendant long-temps en petites 
dosés > ou employé en plus grandes doses à 
^extérieur, paraissent être analogues à ceux 
de tous les autres forts stimulans , tels que 
le vin et Talcool. Ces effets sont la bouffissure 
du Yisage , l'enflure des jambes , les tumeurs 
hépatiques 3 et Phydropisie , et quelquefois 
des éruptions cutanées. J^ai yu le premier 
de ces sympj;ômes surTenir après avoir fait 
usage d^arsenic à Pei^térieur pour guérir la 
gale ; et le dernier a été bien évident dans 
le procès criminel de miss Blandy à Chelms- 
ibrd^ il y <^ environ 40 ^ns. 

Secondement, j'ai vu une fièvre intermit- 
tente guérie par Farsenic chez un enfant qui 
avait déjà pris envain de très-grandes doses 
de kiua avec beaucoup de régularité. Un 
autre cas est celui d^un jeune officier qui 
avait vécu dans Fintempérance , et qui était 
attaqué d'une lièvre intermittente : il avait 
pris le quinquina à plusieurs reprises^ en 
grandes quantités avec un grain d'opium tous 
les soirs, et quoique les paroxysmes eussent 
été arrêtés trois fois , pour quelque temps , 
ils revenaient au bout d'environ huit jours. 
Ayant pris cinq gouttes de la solution satu* 
rée d'arsenic trois fois par jour 3 les paroxys-» 
mes cessèrent entièrement , et son appétit 
revint en même temps. 

Troisièmement, un gentilhomme d'environ 



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Bgo Sorbentia. Art. IV» a. 6. g. 

aoixante-cioq ans, était sujet depuis enviroa 
dix ans à une intermittence du pouls et à de 
fréquentes palpitations du cœur. Dernière* 
ment les palpitations paraissaient prendre un 
cours irrégulier, mais Fintermission de cha<* 
que troisième ou quatrième pulsation était 
presque continuelle. Quatre gouttes d^une 
solution saturée d^arsenic prises d'une phiole 
de deux onces , presque toutes les quatre 
heures pendant un seul jour^ firent non seu* 
lement cesser les palpitations « mais aussi les 
intermissions , qui ne revinrent plus tant qu'il 
continua Fusage du remède, qu^il prit pendant 
trois ou quatre jours. 

Or, comme le pouls détient intermittent, 
quand l'action de Festomac est fort affaiblie 
par une trop forte dose de digtale , il est 
prouvé qu'il existe une sympathie directe 
entre ces parties du système ; et comme j'ai 
"observé souvent que, lorsque le pouls com- 
mence à devenir intermittent chez les per« 
sonnes âgées , une éructation de Festomac 
produite volontairement , peut empêcher ce 
repos du cœur, je suis porté à croire,. que 
Fétat de torpeur de Festomac , au moment 
du dégagement de Fair, occasionné par son 
action trop faible , causait Fintermission du 
pouls ; et que l'arsenic dans ce cas ainsi que 
dans ceux des fièvres intermittentes , dont 
)€ viens de parler , produisait ses effets en 



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ÀRTé IV. 2» 6. 10* Sorbentia* 691 

stimulant fortement Pestomac ; et que la ré^ 
gularité des mouvemens du cceur était ainsi 
rétablie en augmentant Texcitement de I4 
puissance sensoriale d'association* Voyez sect* 
XXV. 17- classe IV. !l. 1. i8é 

Mr Simmons^ chirurgien à Manchester, a 
dernièrement recommandé Farsenic dans la 
quinte-toux , tussis conpulswa , il assure qu^il 
en a obtenu les elSets les plus heureux , qu il 
mitigé la maladie en peu de jours , et la 
guérit généralement dans Tespace d une quin-^ 
zaine^ 11 la donné à^ des enfems d un an avec 
sécurité , et dans les proportions recomman* 
dées par le Dr Fowler , dont il em|)}oya la solu- 
tion ; mais ijl parait qu il fit usage de temps 
en temps de la saignée et des éniétiques : il 
recommande de reprendre Tusage de la solu^r 
tion au bout d une semaine , pour prévenir 
une rechute. Annals of médecine ijgj» 

i6. Quand Farsenic a été donné comme 
poison 3 on peut en découvrir la présence 
dans le contenu de lestomac^ i"^ par sou 
odeur alliacée , lorsqu'on en jette quelques 
grains sur un fer rouge ; ^i"* si on en place 
quelques grains entre deux lames de cuivre « 
et quon les fasse rougir, le cuivre blanchit; 
Z° faites dissoudre de Farsenic dans Feau au 
moyen d^un alcali végétal , ajoutez * y une 
solution aqueuse de sulfate de cuivre , 1» 
mélange devient d'un beau vert, qui se pré* 



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59^ Sorbentîa. Art. IV* 2. 7* !• 

cipite graduellement , selon la découTerte de 
Bergman ; 4^ quand la quantité est assez 
grande , on peut tremper du grain dans la 
solution , et le donner ensuite à des moineaux 
et à des poulets qui en mourront sur le 
champ. 

y 11. I. Absorption de la matière des ulcères 
pénériens. Aucun ulcère ne peut se guérir si 
labsorption n*est pas égale à la quantité de 
matière qui y est déposée.^ Les préparations ou 
oxydes de mercure , dans le traitement de 
la maladie Ténérienne , paraissent agir en aug- 
mentant labsorption dans les ulcères qu'elle 
occasionne ; et cela , soit en les introduisant 
dans Testomac^ ou en les appliquant sur la 
peau , ou à la sur&ce des ulcères. Ces moyens 
agissent ici de la même manière que Tacé- 
tate de plomb, sucre de satume^ ou d autres 
oxydes métalliques qui procurent rapidement 
la cicatrisation des autres ulcères sur les- 
quels on lies applique ; et probablement 
aussi quand on les prend à Tintérieur , 
comme l'oxyde de fer que Ion donne aux 
enfans affectés d'ulcères scrofuleux et qui 
contribue à les guérir. Les solutions de 
plomb étaient autrefois célèbres dans la 
pbthisie. 

La nlatière déposée dans les grands abcès 
n'occasionne pas de fièvre hectique , tant 
qu*elle*na point été oxygénée par son expQ- 



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Art. IV* à. 7. 2. Sorhentid. 59$ 

sition à Tair libre ou par le contact de laîr 
à trayers une nkembrane humide ; la même 
chose semble arriver aux autres espèces de 
matières qui produisent la fiètre ^ ou qui 
occasionnent des ulcères phagédéniques , ce 
qui les a fait nommer contagieuses^ Yoyés 
classe II. I. 3. IL i. 5. II. i. 6. 6. Il est 
possible que* cela prorienne de ce que ces 
matières ne sont absorbées , généralement > 
qu après avoir été oxygénées; et que ce soit 
le stimulus de Facide ainsi formé par leur 
union avec l'oxygène, qui occasionne leur 
transport dans la circulation et la fièvre 
qu'elles produisent alorsr, car quoique les 
amas de matière , de lait et de muctis^ soient 
quelquefois absorbées subitement pendant 
Taction des émétiques ou dans le mal de 
mer, il est probable qu'elles sont éliminé^es 
du corps sans entrer dans la circulation ; 
-c est-à-dire quelles sont absorbées par laug- 
mentation daction dune branche des lym« 
phatiques^ et évacuées par l'action rétrograde 
de quelqu autre branche lymphatique , et 
sortent ainsi avec les selles ou les urines. 

3. Mais comme en général la matière àe9 
grands abcès n'est absorbée qu*après avoir 
été exposée à lair de quelque manière que 
ce soit, il y a tout lieu de conclure que le 
stimulus de cette nouvelle combinaison de 
la matière avec l'oxygène, occasionne «on 

Tome II. . 40 



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694 Sorhehlid. Art. IV. i. 7. i. 

absorption ; et qù ainsi ceUe de la matière 
des ulpères de toutes lès sortes, s effectue 
encore plus puissamment par lapplication 
extérieure ou Tusage interne des oxydes 
métalliques , qui sont aussi des acides résul-^ 
tans de l'union ders métaux avec Foxygène) 
et enfin, parce que les ulcères vénériens et 
ceux de la gale et de la teigne, ne peuvent 
se guérir sans une application stimulante , 
c est- à- dire que la sécrétion de la niatière 
continue à y être plus grande que Fabsorption; 
et que les ulcères continuent à s'étendre , par 
la contagion qui affecte leurs bords; on que 
le stimulus de la matière oxygénée stimule 
les vaisseaux capillaires qui sont à son voi« 
sinage^ à des actions analogues à celle de 
Fulcère qui le produit. 

Cet effet des oxydes de mercure a lieu^ soit 
qu^il y ait salivation ou non. On la provoque 
aisément par la chaleur externe^ quand on 
donne le mercure pour procurer cette sécré-» 
tion ; mais comme la guérison des maladies 
vénériennes dépend de sa qualité absorbante, 
la salivation nest ni nécessaire . ni utile. Un 
quart de grain de bon muriate de mercure 
sur-oxygéné pris deux fois par jour, manque 
rarement de guérir la vérole la mieux con- 
firmée : il fait aussi rarement saliver si le 
malade se tient fraicbement : je croie quun 
quart de grain pris trois fois par jour ^t un 



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Art- IV. 4. 8. t. Sorhentia. SgS 

remède infaillible , si le sublimé est bien 
préparé* 

Le mercure crud pris à Pintérieur n a d'effet 
que sur les intestins ; ses préparations actives 
sont les sels formés par son union avec les 
diyers acides , et dont il est fait mention dans 
la liste ci'-après. Son union avec un . acide 
régétal trituré ayec la manne , constitue ^ 
dit-on , les pillules de Keyser* Plenck la 
recommande beaucoup ,. éteint dans la gomme 
arabique ; broyé ayec du sucre et ' un peu 
dliuile essentielle , daprès les directions 
d'une ancienne pharmacopée d'Edimbourg t' 
il forme probablement quelques^^uns des sirops 
que Ton vend comme des spécifiques. 

Uni au soufre , il entre rarement dans la 
circulation, comme quiand on prend le cina^ 
l>re ou réthiops minéral à l'intérieur ", mais 
uni à la graisse et frotté sur la peau, il est 
bientôt absorbé. Je ne sais pas s'il peut s unir 
au charbon , ni si on a jamais essayé de le 
donner à l'intérieur combiné ayec une graisse 
animale ; si on mêle seulement six grains de 
soufre à deux onces d'axonge de porc et six 
drachmes de mercure, le mélange se fait avec 
moins de difficulté, à ce qu'on assure, quaveo 
le mercure et l'axonge seuls. 

YIll. I. Les absorptions en général sont 
augmentées par l'inanition; de-là l'usage des 
éracuans dans le traitement des ulcères. Le 



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Sqô Sorbentia. Art. IV. ^. 8. d. 

Dr Jurin a absorbé en une nuit après un jour 
d*abstincnce et d'exercice , dix-huit onces 
d^air atmosphérique de sa chambre, et cha- 
cun peut avoir observé combien ses draps 
ont séché promptement après avoir été mouil« 
léli par la sueur, lorsqu^il a 6té ses couver^ 
tures de lit pour se rafraîchir; ce qui est 
dû à Taugmentation de Tabsorption cutanée 
après une évacuation par les sueurs « 

2. Or , cowme lopium est un stimulant 
universel ^ ainsi que je l'ai expliqué dans 
Tarticle des incitaniia « il doit stimuler et 
augmenter Faction des systèmes sécrétoire et 
absorbant ; mais après Févacuation par les 
saignées et pat l'usage des cathartiques ^ le 
système absorbant est déjà disposé à agir pins 
puissamment ; parce que les vaissieaux san-« 
guins ^tant moins distendus , les fluides ab« 
sorbes s y portent avec moins de résistance^ 
Après les évacuations , Topium donné en 
petites doses ^ provoque Tabsorption 5 beau-^ 
coup plus qu'ail ne provoque lès sécrétions y 
^et il est ainsi d^un très^grand service à la fin 
des inflammations t comme dans la pleurésie 
ou la péripneumonie , à la dose de quatre ou 
cinq gouttes de la teinture , prises avant 
rinvasion du paroxysme du soir; j^ai vu ce 
moyen réussir, lors même qu'il existait un 
rire sardonique. Certaines convulsions peu« 
vent provenir d^un défaut d^absorption de 



C 



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AaT, IV. 2. 9. h. Sorhentîa. Z^y 

quelque sécrétion acrimonieuse qui cause 
de la douleur ; de4à l'utilité de Popium danis 
ces maladies^ après la saignée et les autres 
évacuations. 

IX. I. L'absorption est augmentée par les 
oxydes ou solutions de mercure , de plomb , 
de zinc , de cuivre et- de fer appliqués ^ 
l'extérieur » de même que par l'arsenic^ pat 
le soufi^e et par ^application des végétaux 
amers en poudre fine. Ainsi le frottement de 
la peau avec un onguent composé de mer- 
cure et d'axonge de porc , guérit les ulcères 
vénériens ; et plusieurs espèces de dartres se 
guérissent au moyen d'un onguent fait avec 
soixante grains de précipité blanc de mer- 
cure et une once d^axonge de porc. 

a. Les tumeurs qui viennent au cou des 
jeunes gens sont souvent produiles par l'ab* 
sorption d'une matière acrimonieuse ou sa* 
line, qui est déposée par les éruptions 
derrière les oreilles, provenant d'un défaut 
d'absorption dans la surface de l'ulcère j 
matière qui , en coulant sur la peau est 
absorbée et gonfle les glandes lymphatiques 
du cou, de la même mai^ière que la matière 
variolique insérée dans le bras , gonfle la 
glande de l'aisselle. Quelquefois la matière 
de la transpiration qui triansude àévrï^fe les 
oreilles devient putride faute de ^oin de 10S 
i|»ver tous les jours , et son absorption peut 



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BgS Soj^entta. Art. IV. !i. 9. S. 

aussi produire les tumeurs des glaudes lym* 
pha tiques du cou. Dans le premier cas^ un 
cérat fait arec la pierre culaminaire , ( oxyde 
de zinc) ou la céruse^ (carbonate de plomb} 
en poudre sècbe^ ou des linges trempés dans 
une solution de sel de saturne, (acétate de 
plomb) ^ augmente Tabsorption dans les ulcè- 
res et empêche Teffusion de la partie saline 
de la matière sécrétée. On prévient Fautre 
par la propreté. 

Après que les éruptions ou' ulcères sont 
guéris ^ une solution de sublimé corrosif, 
(^ muriate sur-oxygéné de mercure ) d^un grain 
8ur une once d^eau ^ appliquée pendant quel- 
ques semaines derrière Toreille et sur les 
racines des cheveux d!un côté de la tête, 
où. s'ouvrent les orifices des vaisseaux lym- 
phatiques du cou , fait souvent disparaître 
ces tumeurs* 

5. Des morceaux de linge humectés avec 
une solution d'une demi-once de sucre de 
Saturne (acétite de plomb) dans une pinte 
deau, appliqués sur les érysipèles des jam« 
bes attaquées d^anasarque , qui ont une ten- 
dance à la mortification 3 sont plus efficaces 
qu'aucun autre topique. Six grains de vitriol 
blanc , (sulfate de zinc) ^ dissous dans une once 
d eau de roses ^ font disparaître l'inflammation 
des yeux plus sûrement que les préparations 
de plomb. Deux ou trois grains de vitriol 



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Aht. IV. 9. 9. 9* Sorhentia. Sg^ 

bleu , (sulfate de cuivFe), dissous dans une 
once d'eau y guérissent les ulcères de la 
bouche et des autres membranes muqueuses « 
et une solution darsenic appliquée à Fexté*- 
rieur guérit la gale, mais demande de gran« 
des précautions dans son usage. Voyez classe 
II. I. 5. 6. 

Un yieillard &ible ayant les jambes œdé* 
matiées^ les arait toutes deux attaquées d^un. 
ërysipéle: sur Tune on appliqua à sec une 
poudre très-fine de quinquina qui fut renou- 
Telée deux fois par jour ; on appliqua sur 
Fautre des morceaux de linge trempés dans 
une solution de sel de saturne , qu'on 
xenouyela aussi deux fois le jour. Cette derr 
nière guérit beaucoup plutôt que lautre. 

Gomme l'application extérieure de loxyde 
de plomb stimule yiolemment les parties 
enflammées , si on en fait usage trop tôt et 
avant que les vaisseaux ne soient dégorgés 
par des évacuations^ ou par la prolongation 
de la maladie , elle est susceptible d augmen-<- 
ter rinflammation ou de produire la mortifia 
cation , comme dans 1 opbtHalmie. On m'a 
raconté Fkistoire d*un homme qui s'étant 
piqué les jambes dans du genêt, appliqua 
dessus la solution de plomb de Goulard , ce 
qui y occasionna la mortification çiveo de 
grandes escharres ; mais quand on a préala- 
]^)emçnt vidé Jes yaisseauiç , il ^ a moins do 



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6oo Sorbentia^ Art-. I¥^ ^ io. x^ 

résisljftii^e au cours des fluides absorbés, et 
le sJtimulus du plomb augmente alors Tactioa 
du système absorbaiM^ , plus que celle da 
système excréteur , et 1 mflammation disparaît 
l>ientôt; 

4* Les végétaux amers, tels que le quia* 
^uina, cousus entre deux chemises ou mis 
dans le ht des en&ns , guérissent quelquefois 
la fièvre intermittente. Une solution ferrugi- 
piei^se^ et quejqu extrait amer, sous la forme 
4^une espèce d'encre , ont la propriété de 
. guérir certaines dartres , et j ai vu employer 
avec beaucoup de succès , en les renouvelant 
chaque jour, sept parties de quinquina en 
poudre fine mêlées avec une partie de céruse 
ou blanc de plomb pulvérisé, et appliquées 
«èches sur des ulcères scrofuleux. 

5. A ces moyens on doit ajouter les étin- 
celles et les commotions électriques , qui 
provoquent l'absorption des vabseaux dans 
les yeux enflammés des enfans scrofuleux , 
fit dissolvent ou amènent à suppuration les 
tumeurs scrofuleuses autour du coL Pour 
obf^enir. ce dernier fcflet, il faut faire passer 
4e petites commotions dans les tumeurs seu- 
lement, en les introduisant entre deux bon* 
les de cuivre qui communiquent avec le revê- 
tement intérieur et extérieur d'une bouteille 
de.Leyde. Voyez article II., a. a. 5. 

X. i. Les bandages augmentent l'absorption, 



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Art. IV^ ÎÏ0 nora. ,9orberaia. <Jdx 

«ils sont I^iea adaptés à la partie ^ c*e6( pouiv 
quoî il est lu^cessaire d*é tendre un peu 
d'emplâtre agglutinatif sur le bandage et de 
le couper en lanières ou bandelettes de deux 
pouces de largeur ; on croise les bouts Tun sur 
Tautre, et on applique le bandage le matin 
^Tant que le malade -ne soit levé et lorsque 
le membre est moins gonflé , si c'est aux 
^extrémités inférieures. L'emplâtre de minium 
appliqué de manière à recouvrir toute la 
jambe tuméfiée , soit qu elle soit dure comme 
dans le scorbut, soit quelle puisse être com- 
primée plus facilement, comme dans Fanasar- 
que , réduit le membre à son état naturel 
en deux ou trois jours ; au lieu d'emplâtre' 
résineux , j'ai quelquefois fait usage à cet 
effet de la colle de menuisier , mêlée a une 
yingtième partie de miel ^ pour empêcher 
qu elle ne durcisse trop ; mais en général 
Templâtre de minium des pharmacies est 
préférable. Rien ne facilite autant la guérison 
des ulcères des jambes, que de couvrir tout 
le membre depuis les orteils jusquau genou 
avec un tel bandage emplastique, qui aug- 
mente la puissance d'absorplâon à la surface 
de Pulçère. 

2. La lymphe circule dans les vaisseaux 
absorbans , remplis de valvules :, au moyen 
de la pression intermittente des artères qui 
5ont à leur voisinage. Or , si la peau exté- 
rieure du membrç est relâchée , elle selève 



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Soa Sorhentià. ART. lY. 3. 10. %^ 

et cëde à la pression des artères à chaque 
pulsation; et ainsi les Taisseaux lymphatiques 
ne reçoivent qu'à moitié la pression de la 
force artérielle. Mais quand la peau exté- 
rieure est resserrée par le bandage environnant 
et qu'elle ne peut pas être soulevée par la 
diastole artérielle, la totalité de cette force 
s'employe à comprimer les vaisseaux lympha- 
tiques, et à faire circuler la lymphe déjà 
absorbée ; et la puissance absorbante est ainsi 
augnientée prodigieusement par un bandage 
bien appliqué. Il reste quelquefois des doub- 
leurs dans les parties charnues des cuisses 
ou des bras , après que l'inflammation a cessé 
dans le rhumatisme aigu , ou quand le ma- 
lade est trop faible pour supporter d'autres 
évacuations ; dans ce cas^ lorsqu'on avait fait 
envain usage des absorbans intérieurs , tels 
que le kina et Fopium , j'ai employé avec 
succès le bandage emplastique, lequel com- 
primait la partie enflammée. 

Depuis qtie j'ai écrit cet article, Mr Bayn- 
ton y habile chirurgien à Bristol , a public 
un ouvrage intitulé : Méthode à suivre dan$ 
le traitement des ulcères des jambes ; il y 
recommande de rapprocher les lèvres des 
ulcères autant que possible, au moyen de 
bandelettes agglutinatives , comme je l'ai dit; 
et il parait qu'il a obtenu beaucoup de suc- 
cès j^ sans que ses malades ayent été obligés 
de garder la chambre. Voyez sect. XXXllL 3. a. 



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y*Googk 



îArT.IV. 3* II. I. Sorlentia. 6o5 

Mais quand on pose des bandelettes agglu- 
tinatiyes sur une blessure au point d*en rap- 
procher les lèvres , ou de les mettre ' entiè- 
rement en contact, la partie se trouve cou- 
verte par ces bandelettes et le chirurgien n y 
peut plus rien voir. J*ai donc imaginé d^at- 
tacher deux lames de ferblanc un peu plus 
longues que la plaie , et d'environ un demi- 
pouce de largeur , aux bouts des bandelet- 
tes y et d^en appliquer une à chaque lèvre 
de la plaie ou de l'ulcère ; et alors , au moyen 
d^étroites bandelettes appliquées à chaque 
bout de ces plaques^ il est facile de les 
rapprocher , et le chirurgien peut en tout 
temps voir les lèvres de la plaie , dans toute 
leur longueur : on peut ensuite appliquer 
une compresse de plomb mince ou de linge ^ 
contenue par d^autres bandelettes ^ et ainsi 
guérir les plaies récentes et même les ulcè- 
res^ sans qu^il paraisse à peine aucune iné- 
galité ou cicatrice. 

XI. t. Nous conclurons en fï^isant obser- 
ver que les sorbentia fortifient tout le système , 
en empêchant que la partie la plus fluide 
des sécrétions ne -soit évacuée , avant qu*elle 
lirait fourni toute la nourriture dont elle est 
capable y . comme sont les parties fluides des 
décrétions de Purine ^ de la sueur , de la 
salive et autreb^ qui sont déposées dans des 
réceptables. De-là l'opinion qu-ils fortifient, 



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€o4 Serbentia^ A^T. IT. 2. ii« s^ 

et le nom de toniques <m on leur à donné. 
Ces mots de fortifions et de toniques^ sont 
des termes mécaniques qui ne sont point 
applicables aux corps animaux yi^an s, comme 
|e Tai dit dans la sect. XXXII. 5. 3» 

3^ On croit que Tusage continué pendant 
plusieurs années des remèdes amers ^ tels 
que la poudre de Portland^ ou le quinquina, 
produit Tapoplexie ou dautres maladies fata- 
les. Ten ai tu deux exemples ; les sujets 
étaient assez intempérans sur Fusage des 
boissons spiritueuses , et Pun des deux avait 
'été, sujet à la goutte. Comme^ à mon avis, la 
goutteproYientengénérald un engourdissement 
du foie, qui , au lieu d'être suivi d'une inflam- 
mation de ce viscère^ Test d'une inflanuxui- 
tion de quelqu'une des articulations ou de 
boutons au visage , ce qui est un autre motle 
de terminaison de cette maladie du foie : 
\e pense que Tusage journalier des amers chez 
ces malades empêcha la transmission de 
, Finflammati^n arthritique du foie aux mem^ 
branes articulaires des extrémités , ou à la 
peau du visage , en sopposant à la torpeur 
nécessaire de ces parties «avant leur inflamr 
mation^ de la 'même manière que Fctccès de 
froid de la fièvre est prévenu par les mêmes 
remèdes , et j estime que ces moyens ont 
quelquefois retardé le retour des accès d9 
goutte pendant deux ou trois an^s^ 



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Art, IV. 5. 5. I. Sorbentia. 6e5 

Un de ces malades laummt d'apoplexie en 
pea d^eures i et l'autre mourut d^une înflam^ 
luaticw du foie , que Ion nomma, je crois, la 
goutte y et qui ^ en conséquence , ne fut point 
trail>ée par la saignée et les autres évacua*' 
tions. De-lÀ il parait que lusage journalier 
du houblon dans notfe bière ^ doit ajoutei^ 
aux qualités malCaisantes de l'alcool quelle 
contient 5 lorsqu'on en prend à l'excès et 
quil contribue à la formation de l'apoplexie ^ 
ou k Tin(laminatidn du foie« 

IIL Liste des substances nommées 

SORBENTIA. 

I. Sorhenda qui affectent la peau. 

I • L^huile de YÎtriol » (acide sulfurique) , l'es- 
prit de sel ^ (acide nuiria tique) , le suc de ci^ 
trous f (acide citrique), de prunelle, ànprtmus 
spinosa^ prunier sauvage^ des pommes sau- 
vages, du pyrus ^ du coings PJ^^^ cydonia^ 
Topium. 

a. ATextérieur, l'oxyde de zinc, de plomb 
ou de mercure. 

II. Sorbentia qui affectent les membranes 
muqueuses. 

1. Le suc des pommes et des prunelles 
sauvages ^ le quinquina ^ Topium. 

2. ATextérieur, le vitriol bleu, (sulfate de 
cuivre.) 

III. Sorbentia qui affectent Iç tissu cellulaire* 
X. Le kina, Tabsinthe^ artemisia maritima^ 



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6o6 S^behHa. Art, IV. 5- 5. a. 

artemisia absynthmm^ semen contra^ artemisia 
santonicum^ la camomille, Vanihemis nobilis^ 
la tanaisie , la fève de marais 4 mcnyanthcs 
trifoliatay la centaurée ,. la gentiane ^ gentiana 
centaurium^ gentiana lutea^ les feuilles dar^ 
tichaut , cynara scolymus , le houblon , humu^ 
Jus lupulus ^ le saule à larges feuilles ^ salix 
caprea^ le geum urbanum^ le datisça cannabma. 

a. Les écorces doranges ^ la canelle , la 
noix muscade et le macis. 

5. Les vomitifs, la écillë , la digitale, le 
tabac. 

4* Le bain d^air chaud ^ ou de vapeur. 

lY. SorberUia qui affectent les veines. 

1 . Le cresson d eau , sisymbrmm nastur* 
titan aquaticum , la moutarde , sinapi , le 
cochlearia hor tenais \ le raifort sauvage^ coch* 
learia armoracia^ la cardamome^ le chiendent j 
leontodon , le taraxacon , le céleri , opium , 
les choux , brassica. 

2. Les martiaux, les amers et lopium après 
les évacuations convenables. 

3. A l'extérieur , le vinaigre , les frictions, 
l'électricité, 

V. Sorbentia qui affectent les intestins. 

I . La rhubarbe , rheum palmatum , la noix 
de galle ^ gallœ quercinœ ^ la tormentille ^ 
tormentiUa erecta ,' la quinte feuille , la poten- 
iilla , les roses de provins , le raisin d'ours 1 
uva ursi , le sijnarouba. 

:2. Le bois de campêche , hœmatoxyban 



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Art. IV, 5. 7. 7. Sôrheritia. 607 

campeehianum y le suc d acacia^ le sang dra- 
gon , la terre du Japon , le mimosa catechu. 
3. L^alun , (sulfate acidulé d alumine et A% 
potasse) y lalumine , le bol d*Àrménie, la chaux , 
la craie^ (carbonate de chaux)^ les pattes d'écre* 
tisse > chelœ cancrorum\ Targile blanche , le cimo* 
lia^ la corne de cerf calcinée « les cendres d os«. 

VI, Sorbentia qui affectent le foie , Festo- 
tomac et les autres yiscères; 

L oxyde de fer , la limaille de fer , le sel de 
mars i (mur iate de fer) , les sulfates de cuivre et 
de zinc ^ le calomel , le tartre émétique , ( tar^ 
trite antimohié dé potasse) , le sucre de satume ^ 
(acétite de plomb) , l'oxyde blanc dWsenic. 

VII. Sorbentia qui affectent les ulcères 
yénériens ; le mercure dissous ou corrodé par 
les acides suiyans : 

1 • Dissous dans lacide sulfurique ^ on le 
nomme sulfate de mercure jaune ou turbith 
minérale 

3. Dissous dans lacide nitrique ^ nitrate 
de mercure, hydrargyrus nitratus ruber. 

5. Dissous dans lacide muriatique, muriate 
sur-oxygéné de mercure. 
4» Corrodé par le muriate de mercure, cafo7?ie/. 

5. Précipité par lacide muriatique, oxyde 
blanc de mercure , calx hydrargyri alba. 

6.' Corrodé par lacide carbonique , il pro- 
duit la poudre noire quon ramasse sur le 
mercure crud. 

7. L oxyde de mercure ouïe mercuie calciné. 



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6o8 Sorbentia. Art. IV. 5. ii. 

&. Uni à une graisse animale , onguent 
mercurieL 

g* Uniausoufre, sulfure de mercure, cmna£re« 

10. Combiné en partie avec le soufre , Thydro- 
aulfure de mercure oxidé ^ eihiops mméraL 

11. Divisé par la terre calcaire, hydrargy* 
rus cum creta. 

' 13. Divisé par un mucilage végétal^ par 
le sucre , par des baumes. 

y m. Sorber^ia qui affectent tout le sys- 
tème: les évacuations par la saignée et les 
cathartiques , puis lopium. 

IX. Sorbentia externes. 

1. Les / dissolutions de mercure , de plomb « 
de zinc , de cuivre , de fer , d arsenic , ou 
les oxydes métalliques appliqués en poudres 
sèches, comme l'oxyde carbonate de plomb 
par lacide acéteux , téruse , ' et la pierre 
calaminaire. 

2. Les végétani^ amers en décoctions et en 
poudres sèches^ appliqués à Textérieur, tels 
que le kina^ lecorce de chêne, les feuilles 
d absinthe, de tanaisie^ et les fleurs ou les 
feuilles de camomille. 

3. Les secousses ou les étincelles électriques* 
. X. Des bandages recouverts d'emplâtre de 

minium^ ou de colle de Flandre mêlée avec 
un vingtième de miel. 

XI. La poudre de Portland: son usage long- 
temps continué est dangereux , ainsi que celui 
du houblon dans la bière. 



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Art. V. !• 5. Invertentia. ' 609 

, 1 * I ■■■ 1 , 1 

Article V. 
INVERTENTI^, 

I, I -J E S substances qui întervertîssent 1*qp« 
dre naturel des naouvemenfii irritatif^ succes-r 
sifs^ sont nommées invertentia. 

1. Les émétiques înt^ervertissent les mou*r 
vemens du duodénum» d^ TestomaCji et 
de Toesophage. 

2. Les cathartiques Tiolens intervertissent 
les mouvemens des vaisseaux lactés et des 
lymphatiques intestinaux. 

5. Les errhines ^violentes intervertissent les 
mouvemens des lymphatiques des fosses 
nasales , et des sinus frontaux et nic^xil-^ 
laires ; et les remèdes qui procurent des 
nausées intervertissent ceux des lymphatiques 
de Par ri ère-bouche. 

4* Les médicamens qui produisent une 
urine pâle et abondante , comme une certaine 
dose d'alcool , intervertissent les mouvemens 
de§ lymphatiques vésicaux; si la dose d'alcool 
est plus grande , elle intervertit ceux- de 
l'estomac , et produit les nausées de Tivresse, 

5. Les substances qui produisent des sueurs 
froides, des palpitations du cœur, etle^/p-r 
Jbus hystericusi tels que les évacuatio^s vio« 

Tome IL 41 



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6io Itivertentiaé Art. V. 31 i* i. 

lentes, quelques poisons , la peur, les aniiié- 
të8> agissent en intervertissant l'ordre natu- 
rel des mouvemens vasculaires. 

11. Obseryations sur les Invertentia. 

I. I . Uaction de vomîr parait être originai- 
rement produite par une sensation désagréa-' 
Èle causée par la distension ou racrimonie 
des aliméns; de même que quand on intro- 
duit dans la bouche une substance qui cause 
du dégoût , telle qu une drogue amère elle 
est rejetée par les mouvemens rétrogrades 
de la langue et des lèvres ; comme je Tex- 
pliquerai dans la classe IV. i. 1. 2. et comme 
il a été dit dans la sect. XXXV. i. 5. Ou 
bien la sensation désagréable peut exciter la 
puissance de la volition , qui contribue au^i 
à Faction rétrograde de Pestomac et de Toeso- 
phage^ comme quand les animaux ruminans 
ramènent leurs alimens dans la bouche pour 
les remâcher. C'est à Fun ou à l'autre de 
ces causes qu'il faut attribuer l'action des 
émétiq^es doux , qui cessent bientôt d'opé- 
rer , et rendent l'estomac plus fort et plus 
irritable après leur opération ; par une suite 
de l'accumulation de la puissance sensoriale 
de l'irritation pendant son état de torpeur 
ou de mouvement rétrograde. Telle paraît 
être la manière d'opérer de Tipécacuanha , 
et du tartrite de potasse antimonié , pris à 
petite dose. 



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Art. V. 3. 1. 2. Invertentia. 6it 

3. 11 y a cependant lieu de croire, que 
les éméhques plus forts, tels que la digitale 
commencent d'abord par stimuler les vais- 
seaux, absorbans de Festomac , et que les 
mouTcmens rétrogrades de ces vaisseaux ont 
lieu ensuite , et versent dans , Testomac la 
lym'phe qui vient d'être absorbée ou obtenu 
par les autres vaisseaux lymphatiques : ' la 
quantité de ce fluide est inconcevable dans 
certaines maladies et, sur-tout dans le choiera-^ 
morbus. Ce mouvement interverti , des ab- 
sorbans de Testomac d'abord, et dé Testomac 
lui-même ensuite, parait provenir de l'épui- 
sement' ou de la débiMté qui suit l'actioa 
trop forte qu'ils avaient subi. Un manque 
extraordinaire de stimulus , éomme celui 
causé par une nourriture privée d'épices ou 
de vin dans l'estomac de ceux qui y sont 
habitués , produit des nausées et des vomis- 
semens ; dans ce cas le défaut d'énergie de 
restomacest dû à labsence du stimulus accou- 
tumé , tandis que le vomissement produit 
par la digitale est dû à un défaut de puis- 
sance sensoriale , qui a été épuisée préalable- 
ment par lexcès de stimulus. Voyez sect. 
XXXV. I. 5. et classe IV. i. i. 2. 

Car , premièrement , ce vomissement ne 
produit pas d'augmentation de chaleur, ce 
qui a .toujours lieu quand le système sécré- 
teur est stimulé et» mis en action. Seconde- 



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6is Invertentia. Art. V. a. i. 2. 

ment, les mouyemens des yaisseauit absorbans 
sont aussi susceptibles d^être intervertis que 
Test restomac lui-même ; et ce dernier avec 
l'œsophage peut être considéré comme la bou- 
che absorbante et le ventre de la grande glande 
que constitué le canal intestinal. Troisième- 
ment^ la classe des sorbentia^ltls que les amers 
et les sels métalliques pris & grandes doses ^ 
deviennent invertentia et font vomir ou pur-: 
ger; et enfin ^ les nausées et le vomissement 
produits par de grandes quantités de vin ou 
d^opium, nont lieu chez certaines personnes, 
que le lendemain de la prise de ces sub- 
stances , et chez aucunes ils ne se manifes- 
tent que quelque temps après Pivresse. La 
teinture de digitale à la dose de trente ou 
soii^ante gouttes, même étendues d^eau, est 
un temps considérable avant de produire son 
effet , quoiqu'une idée nauséabonde ou un 
mauvais goût dans la bouche cause des vo- 
mi ssemens sur le champ. 11 parait en inême 
temps quil y a des substances qui peuvent 
stimuler immédiatement Pestomac , et lui don- 
ner une action tellement forte , que la para- 
lysie en est le résultat , ainsi qu'une fièvre 
continue ou une mort subite; ce qui- se 
fait sans produire une sensation ^ c'est-à- 
dire , sans qu on s'en aperçoive. Du nombre 
de ces substances sont les particules conta- 
gieuses de certaines fièvres « avalées avec la 



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Art. V. a. ï. 5. Invertentia* 6i5 

salive , et probablement aussi quelques grains 
d^oxyde blanc d^arsenic pris en solution.' 
Voyez le supplément I. 8. 8. art. IV. a. 6. g. 

5. Quelques branches du système lympha- 
tique prennent un mouyement rétrograde par 
leur sympathie avec d'autres branches, qui sont 
seulement stimulées et portçes à une action 
absorbante trop violente. Ainsi quand l'esto- 
mac et le duodénum sont fortement stimulés 
par Talcool , par le sel de nitre ( nitrate de 
potasse) ou par des vers^ les lymphatiques 
urinaires prennent dans quelques personnes 
un mouvement rétrograde et versent dans la 
vessie les matières qu'ils ont absorbées dans les 
intestins. Dé-là la production du diabètes par 
ivresse^ et de-là encore le chyle quon aper- 
çoit dans Turine de ceux qui ont des vers. 

Lorsquau contraire quelques branches du 
système absorbant ont leurs mouvemens inter- 
vertis, en conséquence d'un épuisement préa- 
lable de leur puissance sensoriale par un 
stimulus violent^ d'autres branches de ce 
système ont leur action fortement augmen- 
tée* C'est ainsi que les vomissemens conti-» 
nuels et les violens cathartiques , produisent 
une grande absorption dans le tissu ccUu* 
laire des hydropiques ; et que les fluides 
ainsi absorbés sont versés dans l'estomac et 
les intestins par le mouvement rétrograde 
des vaisseaux lactés et lymphatiques. Voyez 
eeçt. XXIX. 4* ^^ ^* 



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6r4 Jnvertentia. ART. V# 3* 1.4* 

4» La quantité de la dose d^un émétîque 
p'est pas d'upe aussi grande conséquence que 
celle des autres remèdes , parce que la plus 
grande partie en est rejetée par les premiers 
eUbris du Tomissement. On croit que tous 
les émétiques agissent mieux quand on lea 
donne le matin , après avoir donné de Topium 
la veille au soir. Parce que la puissance sett* 
Boriale de Firritation de Festomac a été en 
quelque sorte épuisée de cette inanière par 
le stimulus de Topium^ ce qui facilite alors 
Faction de Fcmétique ; et ^quand la dose 
d%>pium a été forte, il en résulte souvent le 
lendemain des nausées et des vomissement 
spontanés , comme après l'ivreSse* 

L^ipécacuanha agit avec le plus de sûreté 
à la dose de . cinq à trente grains ; le sulfate 
de zinc (vitriol blanc) est plus expéditif dans 
ses effets , on le donne depuis vingt jusqu'à 
trente grains dissous dans Feau tiède; mais le 
tartrite de potasse antimonié (tartre émétique) 
agit de la même manière depuis un grain jus* 
qu a quatre chez les gens. sains d'esprit: chez les 
insensés, il est quelquefois nécessaire de porter 
cette dose jusqu à vingt grains pour en oî>tenir 
de Feffet et alors il répond parfaitement bien 
à Fintention ; mais rien n égale la digitale 
pourprée, pour absorber la sérosité, du tissu 
cellulaire dans Fanasarque des poumons ^ ou 
rhydropisie de poitrine. Voyez art* IL 3# 7. 



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Art. V. 2. 3. 2. Invertentia. 6i5 

11. I. Cathartiques violens. Quand les ca- 
thartiqiies violens sont indiqués, comme dans 
rhydropisie, la scille séchée, réduite en pou- 
dre, et ensuite convertie en pillules d'un grain 
ou d'un grain et demi , dont on prend une 
pillule toutes les heures jusquà ce qu'elle 
opère vivement , est très-efficace, ; on peut 
aussi donner dans la même intention ua 
demi-grain de tartrite de potasse antimonié 
dissous dans une once d'eau de menthe poi- 
vrée , et faire prendre cette dose toutes les 
heures tant quelle opère. La scammonée et 
les autres forts purgatifs , sont susseptibles de 
produire des superpurgations s'ils ne sont pas 
soigneusement préparés et pesés , de sorte 
qu'ils sont dangereux dans la pratique ordi- 
naire. La gomme gutte est incertaine dans ses 
effets, mais elle a l'avantage d*être insipide; 
ce qui rend l'usage de quelques préparations 
de cette gomme utile pour les enfans ^ et 
par-là ses doses pourraient être réglées et 
ses effets rendus plus uniformes. 

2. Dans l'inflammation des intestins avec 
constipation , le calomel donné à la dose de 
dix à vingt grains , après une saignée , est 
très-efficace ; et si on en fait de petites pil- 
lules il nest pas si facilement rejeté par le 
vomissement, qui en général accompagne ce? 
maladies. Quand ce remède échoue, un grain, 
d'aloès donné toutes les heures passe sou- 



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Bi6 Tnpertentiéf. ArT* V. a. 5, î. 

vent si les intestins ne sont point gangrenés; 
et quelquefois même ce remède peut faire sou 
effet si la mortification n est pas fort étendue» 
Si le vomissement continue après que les dou- 
leurs ont cessé , et sur-tout si les intestins 
6e gonflent dair, et que le ventre rende un 
son quand on le frappe , il est rare que le 
malade en guérisse. Je croîs , que Fopium 
joint aux caihartiques est souvent nuisible 
dans rinflammation des intestins quoiqu'il 
soit avantageux dans la colique deo peintres; 
la douleur et la constipation, sont dues, dans 
cette dernière maladie , à la torpeur ou à 
l'inaction , et non à la trop grande activité. 
Voyez classe I. 2. 4- ^* 

111. I. Errhines et Sialagogues ytolens. Le 
sulfate de mercure jaune (turbith minéral) à la 
dose d'un grain mêlé avec dix grains de sucre 
remplit tout ce qu'on a droit d'attendre des 
errhines. Leur opération consiste à intervertir 
les numyemens des vaisseaux lymphatiques de 
la membrane qui tapisse les narines , et les 
sinus frontaux et maxillaires^ et par consé- 
quent leur u^age peut être ayantageux dans 
l'hydrocéphale interne. 

D'autres errhines violentes , telles que la 
poudre d'hellébore blanc , ou de poivre de 
cayenne étendeie dans une poudre moins acre, 
guérissent , dit-on , les maux de tête froids ou 
nerveux ; ce qui peut se faire par la pro* 



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Art. V. a, 4« '• Invertentîa. 617 

duction d'une inflammation dans les narines» 
qui y détermine la puissance sensoriale de 
la sensation , et y augmente celle de l'irrita- 
tîon ; cette action violente de la membrane 
des narines et des sinus frontaux et maxil- 
laires , ainsi excitée, peut^ par association 
déterminer Faction des membranes engour- 
dies qui occasionnent la céphalalgie. On peut 
sous ce même rapport en faire usage dans la 
goutte sereine et la surdité. 

2. Une salivation abondante sans aucune 
augmentation de chaleur , accompagne sou-^ 
vent les maladies hystériques , et les fièvres 
avec débilité , ce qui est dû à un mouvement 
interverti des vaisseaux lymphatiques de la 
bouche , voyez classe I. i. 3. 6. La même 
chose à lieu dans les nausées qui précédent 
les vomissement; et celte salivation peut être 
produite aussi par un goût désagréable , par 
la scille, une mauvaise odeur, ou des idées 
nauséabondes. Ce flux de salive est fort ana* 
logue à Técoulement périodique dun fluide 
limpide des narines de certaines personnes ^ 
et qui diffère du défaut d'absorption. 

IV. I. Diurétiques violens. Si on fait prendre 
du nitrate de potasse (nitre) à la dose d'une 
drachme jusqu'à une demie^once le matin et 
^n plusieurs fois , il en résulte du mal-aise 
et la vessie se remplit d'urine pâle à cause 
du n^ojiivemei^t rétrograda des lymphatiques 



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6i& Invertentia. Art. V. 2. 4- 4* 

de cet organe. C'est ainsi que Fabsorption 
est augmentée dans les ulcères et que la 
cure en est accélérée par Pusage du nitre^ 
selon les observations du Dr Rowley. 

a. Les cantharides prises intérieurement 
stimulent tellement le col de la vessie qu elles 
augmentent la quantité de mucosité quW 
remarque dans les urines. Un jour j'ai vu 
prendre par mégarde près d'une once dé la 
teinture de cantharides , ce qui occasionna , 
je crois» , un violent mouvement' rétrograde 
des vaisseaux lymphatiques de la vessie ; 
rar le malade but à différentes reprises près 
ie huit pintes d*eau tiède en peu d'heures; 
et pendant tout ce temps il ne fut pas deux 
jofiinutes de suite sans uriner. Le lendemain 
on remarqua un peu de sang dans ses uri- 
nes , et le jour suivant il eut une cuisson 
sans autre inconvénient. 

5. La décoction de digitale doit aussi trou* 
Ter sa place ici , parce que son usage est 
souvent suivi dun flux copieux durine. 
Voyez art. IV. 3. 3. 7. N'oublions pas non 
plus rinfusion ou la teinture de tabac « re- 
commandée par le Dr Fowler d'York. 

4. L'alcool et-Topium, pris au point de 
produire une légère ivresse , lorsque le corps 
est tenu froid et qu'on boit en même temps 
beaucoup de liqueurs diluentes , ont un ^e( 



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Art. V. 2. 5. ïnvertentîa. 619 

analogue en produisant momentanément un 
flux d*urine considérable , comme la plupart 
des ivrognes ont pu Tobsenrer. Cette circon- 
stance parait malheureusement avoir intro- 
duit I usage du genièvre , et des autres spiri- 
tueux « comme diurétiques dans la gravelle, 
parmi le peuple ignorant ; tandis que cette 
maladie est souvent occasionnée par les 
liqueurs fermentées ou spiritueuses elles« 
mêmes et en est toujours aggravée. 

5. On sait que la peur et lanxiété produi* 
sent une envie fréquente d'uriner. Un homme 
qui croyait avoir fait une mauvaise affaire 
dans Tachât d un bien , me dit qu'il avait 
lâché cinq ou six pintes durine pendant la 
nuit qui suivit son marché ; et il est assez 
ordinaire aux jeunes gens qu'on fait attendre 
dans une antichambre pour aller à l'examen » 
d'avoir souvent besoin dWiner. 

Y. Les sueurs froides à la tête , au cou et 
aux bras^ ont souvent lieu chez ceux dont 
les poumons sont oppressés , tels |que les 
bydropiques et les asthmatiques. Une sueur 
froide est encore souvent Tavant-coureur de 
la mort. Ces sueurs sont dues aux mouve- 
Tnens rétrogrades des vaisseaux lymphatique^ 
cutanés de ces parties. 



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6ac>. InverterUla. Art. T. 5. 5. 

III* Liste des substances nommées 
Invertentia. 

I. Emétiques. L*ipécacaanha, le tarlre émë- 
tique » ( tartrite de potasse antimonié) , la 
scille marine, le chardon bénit, Yenicus acarna , 
la camomille , Y anthémis nobilis , le TÎtriol 
Bleu ( sulfate de cuivre ) , la digitale pour« 
prée, les lavemens de tabac. 

II. Cathartiques violens. Le tartrite de 
potasse antimonié , la scille , le nerprun , 
rhamnus catharticus , la scammonée , la gomme- 
gutte , Velaterium y la coloquinthe , le cucu^ 
mis f)olocynthis y le veratrum. 

m. Errhines et sialagogue$ violens. Le 
turbith minéral (sulfate de mçrcure jaune )» 
Vasaruni europœum , Feuphorbe , le capsi- 
cum , le veratrum ^ les odeurs , et les idées 
nauséabondes. 

IV. Diurétiques violens. Le nitre (nitrate 
de potasse), la scille, la racine de seneka^ 
les cantharides, Talcool^ la digitale, le tabac 
et Tanxiété. 

V. Sudorifiqùes froids. Les poisons , I4 
peur, rapproche de la mort. 



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Art. VI. 3. 1. !.. Revertentia. 6ixi 

Article VI. 
REVERTENTIA. 



iL 



ES substances qui rétablissent l'ordre 
naturel des mouvemens irritatifs intervertis 
sont nommés revertentia. 

1. Telles sont le musc, le castoréum » 
Tassa-fétida , la valériane , les huiles essen- 
tielles. 

2. A l'extérieur la fumée des plumes brû- 
lées ) la vapeur des sels ou des huiles vola- 
tils , les vésicatoires , les sinapismes. 

Ces remèdeswï*établissent les mouvemens 
intervertis sans augmenter la chaleur du corps 
au-delà de état naturel , si on les prend eu 
doses convenables ; comme on peut Pobser- 
ver dans le globe hystérique et les palpita- 
tions du cœur. 

Les incitanti'a rétablissent plus sûrement 
ces actions maladives , que Topium et Tal- 
cool : et ils rétablissent aussi beaucoup mieux 
la chaleur naturelle ; mais sUls produisent 
le moindre degré d'ivresse , ils sont* suivis 
de débilité aussitôt que leur stimulus cesse. 

II. Observations sur les Revertentia. 

I. I. L'aflFection hystérique est accompa- 
gnée dW faible mouvement rétrograde de 



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Çaa Bepertentia. Art. VI. 3. i. i. 

l'œsophage , du canal intestinal et des yais- 
seaux lymphatiques de la vessie , de-Ià les 
burborigraes qui proviennent de ce que les 
fluides que contiennent les intestins descen- 
dent tandis que les gaz remontent. Le globe 
hystérique consiste dans le mouvement rétro- 
grade de Foesophage ; et le flux immodéré 
des urines, de celui des vaisseaux lymphati- 
ques qui sont répandus sur le col de la 
Tessie ; souvent il survient une salivation 
abondante à ces malades par l'inversion des 
mouvemens des lymphatiques de la bouche; 
tes palpitations du cœur proviennent de la 
faiblesse ou du commencement d^inversion 
de son mouvement, et porté à l'excès il en 
résulte la syncope. 

Ces afiections hystériques ne sont pas né- 
cessairement accompagnées de douleurs , 
quoiqu'il arrive quelquefois que les douleurs 
qui proviennent d'engourdissement accablent 
ces malades, comme l'hémicranie, que l'on a 
crroneusement nommée clapus hystericus ^ 
clou hystérique ; mais qui n'est causée que 
par l'inaction des membranes de cette par- 
tie , comme les douleurs qui accompagnent 
les accès de froid des fièvres intermittentes, 
et qui y comme elles , reviennent fréquenomient 
à des périodes très-régulières. 

La plupart de ces symptômes sont appaisés 
par le musc, 1^ castoréum, les gommes féti- 



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Art. VL a. 2* Revertentia. 62* 

des, la Talériane , Thuile animale, celle de 
succin , qui en doses ordinaires agissent tous 
sans échaufTer le corps. Les douleurs qui 
accompagnent quelquefois ces afiFections , sont 
calmées par les seccmentia^ comme les huiles 
essentielles dans Podontajgie ordinaire, et le 
baume du Pérou dans la colique flatulente« 
Mais les incitaniia tels que Fopium ou Falcool 
rétablissent ces mouvemens rétrogrades biea 
plus efficacement que les gommes fétides , 
et calment les douleurs de ces affections 
beaucoup mieux que les secernentia^ mais si 
on les prend en grandes doses il en résulte 
une débilité et un retour des symptômes 
hystériques^ quand TefTet de Fopium ou de 
Talcool a cessé. Les opiates et les gommes 
fétides réunis paraissent convenir . très-bien, 
pour alléger les symptômes présens ; et les 
sorbentid en stimulant et déterminant Factiou 
continue des vaisseaux lymphatiques et lac- 
tés, empêchent le retour de leur inversion, 
tels sont le kina et Foxyde de fer. Voyeat 
classe L 5. I. lo. 

II. Le vomissement consiste dans Tordre 
interverti des mouvemens de Testomac et de 
Foesophage, ainsi que dans le mouvement ré- 
trograde d'une partie du duodénum au mo- 
ment que la bile est rejetée ; quand le vomis- 
sement est accompagné de nausées il y a 
aussi mouvement rétrogra4e des vaisseaux 
lymphatiques de Testomac et du gosier, et 



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624 Revertehlia. Art. VI. 3. 3. 

même une évacuation considérable de matières 
aqueuses. Le vomissement permanent cesse 
pour un temps au moyen des incitantia , 
tels que Topium et l'alcool ; mais il revient 
quand leur action cesse. On arrête plus effi- 
cacement le vomissement par Inapplication d*un 
Yésicatoirc Sur le dos ou sur la .région de Tes- 
tomac, parce qu^il stimule Faction de la pean 
extérieure , et par sympathie affecte les mem- 
branes de Testomac. Dans quelques fièvres 
accompagnées de vomissemens continuels « 
Sydenham conseillait au malade de se mettre 
la tête sous ses couvertures jusqu'à ce qu'il 
suât , comme nous lexpliquerons dans la 
classe IV. i. 1. S. 

Dans les Yomissemens chroniques j'ai ob- 
servé que le mercure crud était d'un bon 
effet à la dose d'une demi-once deux fois 
par jour. Les vomissemens ou les Tains efforts 
pour vomir qui accompagnent souvent les 
accès d'hystérie ou d'épilepsie , sont quelque- 
fois mitigés pour quelque temps par lappli- 
cation d'un synapisme de farine de moutarde 
à la partie inférieure des jambes , et qu on ôte 
dès que la douleur devient considérable. Si on 
laisse les sinapismes trop long-temps, particu- 
lièrement dans les cas de paralysie^ ils sont 
capables d'occasionner des ulcères incommo- 
des. Un emplâtre ou un cataplasme combiné 
avec l'opium et Je camphre et appliqué çur 



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Art. VI. 2. 4» Rsvertentia. ÇaS 

la ré^on de Festomac^ rétablit quelquefois 
ses mouvemens rétrogrades. 

IIL Les purgations yiolentes , comme dans 
la diarrhée ou la dyssenterie, sont accom- 
pagnées d'^un mouvement rétrograde des yais- 
seaux lymphatiques des intestins, et sont en 
général dues à quelque matière stimulante* 
On rétablit ce mouvement par des liquides 
mucilagineux en grandes quantités , tels que 
la solution de gomme arabique ou le bouillon 
de poulet , afin de. chasser ou diluer la ma- 
tière stimulante qui cause la maladie , ensuite 
'par Fusage des sorbentia intestinaux , art. 
lY. 2. 5. , tels que la rhubarbe , la décoction 
de bois de Surinam^ la corne de cerf cal- 
cinée « le bol d^ Arménie ^ et enfin par les 
incitantia , tels que Topium. 

IV. Le diabètes consiste dans le mouve- 
ment rétrograde des vaisseaux lymphatiques 
de la vessie , qui en général est dû à la trop 
grande action de quelque autre branche du 
système absorbant. La branche urinaire doit 
être stimulée par les cantharides , par la 
thétébentine , par la ^ résine , ( qui à trop 
grande dose pourrait exciter un mouvement 
rétrograde ). par les sorbentia et Topium. Les 
lymphatiques intestinaux doivent être rendus 
moins actifs par les iorpentia , tels que la 
terre calcaire et Talumine ; et ceux de la 
peau par des embrocations huileuses sur 

Tome II. 43 



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6a6 Rci^^ientia. Art* VI. 2. 5. 

toute rhabitude du corps , et par le bain 
chaud à quatre^rvin^t-seize ou quatre-TÎngt* 
dix*huit degrés, et dans lequel il faut que 
le malade reste tous les jours pendant une 
demi-heure. 

y. Les mouTeméns rétrogrades d^u canal 
intestinal et de tous les lymphatiques qui 
c'y ouvrent , constituent la passion iliaque , 
dans laquelle il arrive quelquefois que les 
laveniens reviennent par la bouche. Après 
avoir fait une saignée^ il faut donner de dix 
à vingt grains de calomel en très-petites 
pillules ; si on les rejette , un grain d^aloès 
toutes les heures convient , ainsi qu*un vési- 
catoire ; le mercure crud ;' le bain chaud ; 
peut*op donner dans ce cas un lavement d*eau 
à la glace ? 

Beaucoup d^autr^s mouvemens rétrogrades 
de différentea parties du système v seront 
décrits dans la classe I. 5. '; on en traitera 
d^une manière analogue à ceux ci -dessus. 
Il est convenable' d'observer que les médi- 
camens insérés au N* i , dans la liste des 
revertentia ^ sont les ""véritable? articles qui 
appartiennent à cette classe. Ceux énumérés 
dans les quatre autres divisions , tendent 
prineipalement à éloigner les causes stimu- 
lantes qui ont produit Tinversion des mou- 
vemens de la partie, tels que les matières 
acrimonieuses^ ou Tinflammation des intes- 



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Art.VI. 5.!i. ReverterUia. 637 

tins dans la diarrhée , dans le diabètes ou la 
passion iliaque. Mais il est probable qu« 
quand ces causes éloignées sont détruites , 
les gommes fétides , le musc , le castoréum 
et les baumes \ pourraient être donnés ayeo 
uvantage dans toutes ce$ affections. 

lllr LlST£ DES SUBSTANCES NOMMEES 
RsVfilRTBNTIA. 

I. Les mouTcmens rétrogrades qui ont lieu 
dans les maladies hystériques , sont rétablis 
1 . par le musc , le castoréum ; 2. par VassO' 

fétida , le galbanum , le sagapenum , la gomme 
ammoniaque , la valériane ; 5. par les huiles 
essentielles de canelle, de muscade, de gi- 
rofle, par rinfusion de pouillot, mentha pule- 
giwn , de menthe poivrée , par 1 ether et le 
camphre ; 4* par lesprît de corne de cerf» 
rhuile animale, la cendre d'épongé ^rùlée^ 
les mouchures de chandelles^ qui consisteùt 
principalement en un charbon animal', la 
suie de bois et Thuile de succin ; 5. les 
incitantia ^ tels que Topium^ lalcool , le vî- 

» naigre ; 6. à lextérieur la fumée des «plumes 
brûlées , Thuile de succin , le sel volatil 
appliqué aux narines , les yésicatoires et les 
sinapismes. 

11. Les mouvemens rétrogrades de l'esto* 
mac sont rétablis par Fopium , Talcool y le 
mercure crud, %t extérieurement par les sina- 



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628 Rcpertentia. Art. VI. 5. B. 

pismes, les vësicatoires v le camphre^ Popium, 
et çles lavement d^assa-féttda. 

III. Les mouvemens rétrogrades des lym- 
phatiques des intestins ^ se rétablissent au 
moyen des dilnans mucilagineux ^ et des 
sorbentia intestinaux^ tels que la rhubarbe, 
Je bois de campéche , la corne de cerf cal- 
tinée , le bol d'Arménie ; et enfin par lei 
incitantia^ tels que Topium. 

IV* Les moUTCmens rétrogrades de^ lyî»- 
phatiques de la vessie^ sont réta{>lis par les 
cantharides 5> la thérébentine , la résine, les 
sorberUia , Topium et Palumine , et à Texte- 
rieur par Fhuile et le bain chaud. 

V. On rétablit Tordre naturel des mouve- 
mens du canal intestinal par Taloès , le ea- 
lomel^ le mercure crud^ les yësicatoires , le 
bain chaud , les laveme&s d^assa-fétida , les 
.laTcmens d^eau à la glace , pu d^eau de source 
refroidie par une dissolution de sel. Quand 
il y a une introsuseeption des intestins dans 
les enfans, pourrait-on suspendre le malade 
pendant un certain temps par les pieds avec 
la tète, en bas, ou le coucher sur. un plan ^ 
incliné et lui donner un lavement de mer- 
cure crud de la dose de deux ou trois livres? 



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Art. yil. I. a. Torpenûa. 62g 



Article VU. 
TORPENTIA. 



\. JLi 



^Es sabstanccs qui dimmuent Fexertioit 
des mouvemens irritatifs , sont nommées tor- 
pentia. 

I . Telles sont le mucus , le mucilage , 
Teau, les huiles douces et tout ce qui pos^ 
sède moins de stimulus que les alimens ordi« 
naires ; la diminution de chaleur^ de lumière^ 
des sons , d^oxygène et de tous les autres 
stimulans^ la saignée , les nausées et Panxiété* 

a. Les choses qui détruisent chimiquement 
lacrimonie , telles que la terre calcaire , le 
saTon, rétain 9 les alcalis dans la cardialgie; 
ou qui empêchent lacrimonie chimique^ 
comme Facide sulfurique qui prévient la fer^ 
mentation des alimens dans Festomac et les 
acidités qui en résultent. Secondement, celles 
qui détruisent les vers, telles que le calomel^ 
l'oxyde ou la lin^aillç d^ fer , pour les yers 
lombrics ; ou Tamalgame de mercure et d'étain^ 
ou Fétain seul à très-grandes doses pour le 
ténia. L'éther en layemens peut-il détruire 
les vers ascarides ? Troisièmement , celles 
qui détruisent chimiquement lés corps étran^ 
^erS| tçUes <|ue Falcàli ci^ustifjue^ \% çhauiç, 



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63o Torperitia. ARt. VU. 3. *• 

les alcalis doux contre la pierre. Quatrième- 
jnent , les substances qui lubrifient les Tais- 
seaux et qui faV.orisent le passage des corps 
étrangers^ comme l'huile pour un calcul dans 
\ Turèthre , et d^aûtres <|iiî faôilîtènt Texpecto- 
ration du mucus durci ; ou celles qui dimi- 
nuant le frottement des matièr^ès contenues 
^ans le canal intestinal, durant la djssente- 
tie ou Texistence des aphtes^ comme la 
corne de cerf calcinée, Targile, le bol d'Ar- 
ménie^ la chaux, les ceiJdres d^os. Cinquiè- 
xhement, les choses qui amolissént on aident 
ji distendre Fépiderme sur les tumeurs on 
les phlegmons, telles que l'eau chaude ^ les 
liataplasmes , les fomentations , ou celles qui 
renferment la matière de la transpiration 
dans la partie , comme lapplication dea 
feuilles de chou , de llxuilé , de la graisse , 
de la cire rierge , deà emplâtres , de la 
«oie huilée. 

Ces substances diminuent la chaleur natu- 
relle et calment les douleurs occasionnées 
par excès des moUTCmej^ irritatifs. 

II. Observations sur les Torpentia. 

I. Comme les torpentia consistent en sub- 
etances qui sont moins stimulantes que nos 
alimens ordinaires, il est évident que quand 
on fait usage de cette classe de médicamèns, 
il faut avoir égard à la xliatiière ordinaire de 



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. ARt . Vn. a.tu' i. Tôrpentia. 65t 

irirre da malade quant à la quantité et à la 
qualité dés alimens. Ainsi les blessures de 
ceux qui sont habitués à boire beaucoup dé 
rin, sont trè&-susceptibles de se mortifier^ à 
moins qu on ne permette au blessé de boîr^ 
à son ordinaire. «Tai yu de ces personnes 
guérir par le Tin et presque sur le champ 
d un délire qui accompagnait la fièyre et était 
occasionné par un régime trop sévère. Dan» 
une inflammation, au contraire, la diminu* 
Uon des alimens et des boissons spiritueuses 
contribue beaucoup, à la guérison de la mar 
ladie, parce que par ces moyens le stimulus 
produit par la distension des vaisseaux ^ 
ainsi que celui résultant de Facrimoâii^ des 
fluides 5 sont diminués ; mais dans Tun et 
Tautre cas t il ^^lut toujours ayoir égard afi 
régime antérieur du malade. Si donc Ofi 
fait le thé plus fort que le malade n est ha- 
bitué k en boire, il entre dans la classe des 
sorbentia, et s'il est plus faiblit il appartient 
aux torpentia. 

, II. I . LVau prise en plus grapde quantité 
que de coutume, diminue Taction du systâ- 
me, non seulement en délayant nos fluides 
et en diminuant en conséqaence leur stimu- 
lus^ mais encore en lubrifiant les solides; car 
par ces moyens non aeulen^ent les parties 
solides glissent plus aisément les unes sur 
les autres par ribterposilion des partioulos 



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635 torpentia. Aar. TH. s. 5. f « 

aqneuseg; mais les particules des solutions 
mucilagineuses ou saccharines^ par leur mé- 
lange arec une plus grande quantité de par- 
ties aqueuses , glissent aussi plus facilement 
et par conséquent stimulent moins les Tais* 
seaux. 

11 faut encore obserrer, que les particules 
d'eau elles-mêmes et celles du gluten ani- 
mal dissous dans l-eau, comme la colle-forte 
des charpentiers, glissent les unes sur les 
autres plus facilement au inojeii d'une addi- 
^on de calorique- 
Ces deux fluides , le calorique et T-eau « 
peuvent être considérés comme les dissoWans 
ou lubrifians universels , relativement aux 
corps animaux ^ et facilitent ainsi la circu- 
lation et la sécrétion des diverses glandes. 
En même temps il est possible que ces 
deux fluides prennent quelquefois une forme 
gazeuse 5 comme dans la cavité de la poi- 
trine ^ et qu^en ^comprimant les poumons , 
ils «produisent une espèce d asthme , que 
Ton guérit eq respirant un air plus froid. 
L'augmentation de chaleur, qui ajoute au sti- 
mulus de toutes les parties du système , 
appartient à la classe des incitantia» 

m. I. L'application du froid à la peau qui 
n'est quune autre expression pour significjr 
la diminution du degré de chaleur à laquelle 
no^s SQœmes accoutumés , engourdit les 



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Art. vu. a.5f t. Torptntia. 655 

absorbans cutanés jusqu'à rinaction ^ et par 
ay^mpatliie les absorbans de la vessie et des 
intestins s'engourdissent aussi. Les vaisseaux 
sécréteurs continuent leur action un peu plus 
long-temps à raison de la cbaleur du sang* 
Cest ainsi que les sécrétions ordinaires suât 
versées dans la vessie et les intestins, et 
qu'il ne s'en fait point de réabsorption. Dcr 
là les ablutions d'eau froide sur la peau 
augmentent la quantité de Turine qui est^ 
pâle , et dés selles qui sont fluides ; ceê 
effets ont été attribués par erreur à une aug- 
mentation de sécrétion 5 ou à une transpira* 
tion supprimée. * 

Lecoulement limpide par les narines dans 

les temps froids , est dû à Tétat de torpeur 

des vaisseaux absorbans de la membrane de 

.Schneider , qui sont plutôt engourdis que 

ceux qui sécrètent le mucus. 

Les essoufflemens et les palpitations du 
cœur de ceux qui sont plongés dans leau 
froide , tient à l'engourdissement des vais* 
seaux absorbans et capillaires de la peau* 
Par suite de cette torpeur , la circulation 
cutanée se ralentit^ et par association il sur- 
vient une torpeur universelle du système* 
De*là il résulte que le cœur devient incapa- 
ble de pousser le sang à travers tous lés 
vaisseaux capillaires et glandes inactifs , et 
5:omm« les extrémités des vaisseaux artériels 



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654 T&rpentia. Ar*. Vil. 2. 5. if, 

des poumons éprouvent une semblable inac^ 
tion par association , le sang passe difficile^ 
ment par les poumons. 

Quelques-uns se sont imagine quil se fiii- 
Bait une constriotion spasmodîque des petits 
▼aisseaux ^ et ont ainsi expliqué leur résis* 
tance à la force du cœur. Mais il ne parait 
pas nécessaire d'admettre ce spasme imagi- 
naire y puisque ceux à qui les injections 
anatomiques sont familières, ont besoin de 
mettre dabord les porps dans Teau tiède 
pour faire disparaître la roidettr des vaisseaux 
froids et morts , qui dans cet état sont inflexi^ 
Lies comme les autres muscles des animaux 
privés de la vif , et empêchent le passage du 
fluide injecté. 

Avant le perfectionnement de la chimie 
moderne t de la physique, et des lois de la 
vie organique, quelques écrivains ont regardé 
le froid comme un stimulant y fiu lieu de le 
considérer comme un négatif du stimulus de 
la -chaleui* ; la conséquence immédiate du 
stimulus est Texertion des fibres stimulées ; 
or, une augmentation de chaleur est suivie 
dune augmentation daction des fibres qui 
j sont exposées y mais lapplication du froid est 
au contraire survie duiie diminution daction 
de ces mêmes fibres; ainsi qu*on le voit par 
la rougeur qui survient aux mains en les 
chaufiknt au feu , et par la pàleui!! <{a on y 



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Art. VII. a. 5^ t. Torpentia. , 655 

remarque quand elles ont été quoique teniflt 
couvertes de neige. 

Une sensation douloureuse succède au d^ 
faut aussi bien qu a lexcès du stimulus de la 
chaleur , comme il a été dit tpm. I. sect. lY • 5. ^ 
et les exertions yolontaires des muscles sous- 
cutanés que Ton nomme frissons , sont exci- 
tées pour soulager la douleur occasionnée 
par la torpeur des fibres qui sont exposées 
AU froid ; les exertions des muscles qui 
servent à la respiration, sont excitées volon- 
tairement dans lés cris qu on jette pour sou« 
lager la douleur occasionnée par la chaleur, 
ce qui peut avoir donné lieu à Terreur ci- 
dessus indiquée* 

D'autres ont parlé de la qualité sédative 
du froid ^ ce qui certainement est une expres- 
sion peu philosophique ; car si le mot puis- 
sance sédative a un sens distinct, il devrait 
exprimer la faculté de diminuer tout mou- 
vement non naturel ou excessif du système ; 
or lapplication du froid diminue Tactivité 
des fibres en général, activité qui préalable- 
ment a pu être plus forte ou moins forte que 
dans Tétat naturel. 

Tous les mêmes symptômes ont lieu dans 
les accès de froid des fièvres intermittentes ; 
dans ces cas le froid et la pâleur de la j^eau 
accompagnés de soif, ptouvent la diminu* 
lion de labsorptiou cutanée ^ et la sécheresse 



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656 Torpentia. Art. TH. 2. 5. s. 

de$ ulcères^ et la rareté des urines, démon- 
trent la torpeur du système sécréteur; les 
-essoufflemens et la froideur de Thaleine, sont 
un signe que les terminaisons de lartère pul« 
snonaire sontr également affectées de torpeur. 

Après que les Taisseaux de toute la sur- 
§Btce du corps , tant absorbans que sécréteurs , 
ont été engourdis pendant un certain temps 
par lapplication de leau froide ; et que tous 
les Taisseaux intérieurs absorbans et sécré- 
teurs ont été engourdis par leur association 
arec ceux de Textérieur ; aussitôt qu'ils 
reçoivent leur stimulus ordinaire de chaleur, 
leur action devient plus énergique qu^à For- 
dinaire; puisque les mains deviennent chau- 
des et douloureuses quand on les approche 
-du feu après les avoir tenu quelque temps 
dans la neige. Cest par la même cause que 
le visage devient rouge dans un temps froid 
lorsqu'on se tourne contre le vent , et que 
la transpiration insensible est augmentée en 
s'exposant plusieurs fois à lair froid, pourvu 
qu on n j reste pas trop long-temps de suite. 

s. Quand par la température trop chaude 
d*une chambre ou des vétemens^ la sécré- 
tion de la transpiration est fort augmentée, 
les forces du malade s*épuisent considérai- 
bleVnent par cette exertion inutile du système 
capillaire , et en conséquence , de tout le 
système sécréteur* et artériel par associs^tion, 



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Art. VII. il.. S. û. Torpentia. 6Z7 

La diminution de la chaleur externe^ par la 
torpeur ou Fengourdissement immédiat qu'elle 
occasionne, empêche ces eiiertions inutiles, et 
le malade se sent à Tinstaiit fortifié et ranimé; 
la puissance animale qui était ainsi épuisée 
en Tain, est alors employée à des oh^çts plus 
utiles. Ainsi quand les membres d^un câté 
sont atteints de paralysie, ceux de l'autre côté 
sont continuellement en mouvement. O'esi 
pour cela qu^on supporte beaucoup mieux 
Téquitatioii et les autres exercices par uu 
temps froid. 

Les fiévreux dont la peau est chaude^ ^sont 
fortifiés sur le champ par Pair froid ^ par 
conséquent cet air est d^un grand avantage 
dans les fièvres avec débilité et chaleur; mais 
il pourrait être momentanément nuisible^ si 
on rappliquait trop précipitamment datis cer- 
taines fièvres accompagnées d^inflammatiou 
locale intérieure , comnfe dans la pérîpneu- 
monie ou la pleurésie , où la force artérielle^ 
est déjà trop grande , et où l'action augmen^ 
•tée des capillaires externes étant détruite 
par le froid , Faction de la partie interne 
enflammée peut être augmentée subitement^ 
à moins qu'on ne fasse usage en même temps 
de la saignée et d'autres évacuans. Cepen- 
dant dans la plupart des cas Tapplication du 
froid est salutaire , parce qu en diminuant 
la chaleur des particules du sang dans les 



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658 Torpentia. Art. VII. a. 5. 3. 

▼aisseaux cutanés , leur stimulus et la dis* 
tension des vaisseaux diminuent considéra- 
Llement. Dans les inflammations externes , 
telles que la petite-vérole , et peut-être la 
goutte et le rhumatisme^ rapplication de Pair 
froid doit être fort avantageuse en diminuant 
Taction de la peau enflammée , quoiqu'on 
£eisse trop souvent le contraire dans la prati- 
i^ue à l'égard de ces maladies. 11 est à remar- 
quer que pour remplir toutes ces indications/ 
Inapplication du froid doit être long -temps 
continuée ^ autrement une augmentation 
d'exeHion succède à la torpeur momentanée 
avant que la maladie ne soit maîtrisée. 

L^application locale du froid pour soulager 
les douleurs inflammatoires ^ ou pour détruire 
le trop d'action des vaisseaux , peut être 
mise en usage avec un grand succès. Dans 
les inflammations locales, par exemple dans 
la pleurésie , ou Tc^tithaloiie , ou dans les 
douleurs locales causées par le stimulus d^un 
corps étranger, comme quand un calcul des- 
cend par un uretère , Papplication du froid 
sur la partie affectée ou aux environs peut 
avoir des effets salutaires ; on peut remplir 
cette intention en plaçant sur cette même 
partie une vessie pleine d^eau froide dans 
laquelle on tient du sel en dissolution, ou en 
y faisant évaporer de Péther ; ces moyens 
.peuvent engourdir les vaisseaux et les rendre 



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Art. Vil. 2* 5* a. Ti^entia. 659 

inactifs, mais Tapplication du froid sur toute 
la peau pourrait, augmenter Faction des vais* 
seaux enflammes, en diminuant celle de la 
peau et des poumons^ et en accumulant ainsi 
une plus grande quantité de puissance sen- 
«oriale ; sur- tout si ' cette application était 
faite avant les évacuations par la saignée ou 
par les cathartiques. 

J'ai été informé quun chirurgien instruit 
«t distingué dans son art, souffrant fortement 
et depuis long-temps de la présence de gra- 
viers dans les uretères, se procurait un sou- 
lagement subit plusieurs fois dans la journée^ 
en appliquant sur la partie douloureuse uu 
sac rempli de neige ou de glace pilée , et Vj 
laissant fondre. Dans les mémoires de la. 
société de Londres, tom. Y. Mr Parkinson dq 
Leicester , fait mention de Tapplication du 
froid sur les brûlures et les inflammations 
des yeux , en recouvrant la partie d^une vessie 
extrêmement fine , que Pou entretient con- 
stamment humide pendant vingt- quatre ou 
trente-six heures avec de Palcool. Dans Poph- 
thalmie il couvrit ainsi les paupières d^une 
vessie mince , et il appliqua de Talcool à Paide 
d^une éponge sur la vessie ; ce moyen lui 
réussit, après quW eut employé sans succès 
les lotions saturnines; à peine eut-il consommé 
deux onces d'alcool que Pinflamraation dispa- 
rut« Peut-être que Péther étant plus évaporable. 



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64o Torpentià. Ant. Vil. 2. 5. 5. 

aurait un effet plus prompt , ou bien de la 
neige ou de la glace qu'on ferait dégeler plus 
TÎte par l'addition de l'acide nitrique. 

3. Après une immersion dans Feau froide 
ou Fair froid , tout le système devient plus 
excitable par le stimulus naturel, comme le 
prouve la rougeur qui survient à la peau 
des personnes qui sont naturellement pâles. 
Le système peut même être excité par un 
degré de stimulus moindre que le naturel , 
ainsi qu^il résulte de là chaleur que ces mêmes 
personnes éprouvent en restant dans un bain 
dVnviron quatre -vingt degrés , tel que les 
bains de Buxton. Voyez sect. Xll^r n. i. 
XXXII. III. 5. 

Cette exertion augmentée a lieu plus par- 
ticulièrement dans les vaisseaux absorbans, 
parce quMls sont les premiers et les plus 
affectés par ces diminutions momentanées de 
chaleur; et ainsi, semblable aux médicamens 
qui provoquent Fabsorption , le bain froid 
contribue à fortifier la constitution , c'est-à- 
dire à augmenter son irritabilité ; car nous 
avons démontré dans la sect. XXXII. 3. i., 
que les maladies accompagnées de faiblesse^ 
telles que les fièvres nerveuses et les mala- 
dies hystériques, proviennent d'un défaut et 
non d'un excès d'irritabilité. C'est par la même 
cause que la digestion est plus forte et la quan- 
tité de transpiration plus grande dans le temps 



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Art. Vil. 2. 3. 4. Torpentia. 641 

froids ; mais pour cet effet il ne faut pas que 
le froid soit appliqué trop long-temps , car 
quand ou yoyage à cheval par un mauvais 
temps , et que les pieds restent froids long- 
temps , la digestion est dérangée et on éprouve 
la cardialgie, 

4. Si la diminution de la chaleur exté- 
rieure est (rop grande , si elle est produite 
trop précipitamment ou continuée trop long- 
temps , la torpeur du système devient si 
grande que Tanimal cesse ^ de vivre, ou il 
survient une si grande énergie de mouvemens 
des vaisseaux, qu^il en résulte de la fièvre 
ou de rinflammation. Cela arrive le plus sou-* 
vent quand on s'est échauffé momentanément 
le corps par l'exercice , par des appartemens 
trop chauds , par la colère ou Tintempé- 
rance. C'est ainsi quon gagne des rhumes 
dans Pair froid lorsqu'on se repose après 
avoir travaillé , ou quand on boit de Peau 
frmde. Voyez classe 1. 2. 2. i. 

Les fréquentes immersions froides endur- 
cissent ou fortifient la copstitution^ en habi- 
tuant le corps à supporter une diminution 
de chaleur à sa surface sans éprouver une 
torpeur aussi considérable i parla sympathie 
des vaisseaux de la peau avec les systèmes 
pulmonaire et glandulaire ; comme réprou- 
vent ceux qui prennent souvent des bains 
froids. D'abord ils sont sujets à un grand 

Tome IL 43 



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64a Torpentiaé Art, VII. â. 5. 4» 

essoufflement et à des palpitations de cœur 
dès qu^ils entrent dans Teau froide; mais une 
habitude de quelques semaines les rend ca- 
pables de supporter cette diminution de cha- 
leur avec peu ou point dUnconvénient -, car 
la puissance de la volition a quelquinfluence 
sur les muscles qui servent & la respiration , 
et par ses contre efforts empêche par degrés 
raccélératioiji de la respiration et diminue les 
associations des vaisseaux pulmonaires avec 
les cutanés. Et ainsi quoique la même quan- 
tité de chaleur soit soustraite de la peau , il 
n*en résulte cependant point de torpeur pul-» 
monaire ni d'engoardissement des glandes 
internes. 11 s'ensuit que^ pendant quon est 
dans Teau froide , il s^accumule n^oins de 
puissance sensoriale, doù résulte une moin- 
dre exertion de cette puissance quand on 
sort du bain. En conséquence on regarde 
comme, vigoureux ceux qui soufirei;Lt sans 
inconvénient les variations ordinaires de la 
température atmosphérique. Ypyez section 
XXXll. III. 3. 

IV. Dans les cas de fièvres avec force arté- 
rielle, que Ton reconnait à la plénitude et 
à la dureté du pouls, la saignée peut à juste 
titre être rangée parmi les torpentia. Dans 
ces ca'S la saignée diminue la chaleur ainsi 
que les sécrétions trop abondantes, telles que 
, celles de la bile pu de la sueur ^ et il reste 



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Art. Vil. 3. 5. 5. Torptntia. 645 

de la place dans les Yaisseanx ponir Tabsorp^ 
tion de fluides plus doux. Cest ainsi que se 
fait l'absorption des nouveaux vaisseaux ou 
des Guides extravasés , résultats de Tinflammat- 
tion. La saignée peut donc être classée propre^ 
ment parmi les sorbentia^ parce que , comme 
les autres évacuations, elle provoque une ab- 
sorption générale , arrête les bémorrhagies j 
et calme les douleurs qui proviennent du trop 
d'action des vaisseaux sécréteurs , ou de la 
torpeur des absorbans. J ai plus d'une fois été 
témoin de céphalalgies nerveuses qui ont été 
guéries .subitement par la saignée , quoique 
le malade fût déjà épuisé^ pâle et faible; je 
lai vu réussir dans ces maladies qui sont la 
suite de douleurs nerveuses , telles que les 
convulsions et la folie ^ soit que le malade fût 
fort ou débile ; comme aussi dans les hémor- 
rbagies utérines débilitantes et long -temps 
continuées^ lorsqu'on avait essayé en vain tous 
les autres moyens. Bans les douleurs .et les 
bémorrhagies inflammatoires , on y a recours 
avec raison, comme au seul remède certain. 
V. Quand la circulation se fait trop vive- 
ment , comme dans les fièvres inflammatoires^ 
les remèdes qui intervertissent les mouve- 
mens de quelque partie du système , retar* 
dent ceux de certaines autres parties qui 
leur sont associées : ainsi de petites doses 
de tartre émétique et d'ipécacuanba » et de 



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644 Torpeniia. Art. Vil. 2. 5. 6* 

grandes doses de nitre , en produisant dés 
naiisées , débilitent et diminuent Ténergie de 
la circulation et sont par conséquent utiles 
dans les maladies inflammatoires. Il est à 
observer que si on prend le nitre en pou- 
dre , ou sitôt après quil est dissout, il con- 
tribue à dimiauer la circulation par le froid 
quil produit y comme l'eau glacée ou lappli- 
cation extérieure de Tair froid. 

Yl. La respiration d un air mêlé d une plus 
grande proportion dazote que nen contient 
Tatmosphère, ou dun air chargé d'hydrogène, 
ou de gaz acide carbonique^ de sorte que la 
quantité d oxygène soit moindre qu'à l'ordi- 
naire , pourrait probablement agir avec beau- 
coup davantage dans les inflammations. Dans 
la phthisie, on pourrait appliquer ce moyen 
avec grand succès, si le phthisique pouvait 
habiter jour et nuit dans une brasserie où 
une grande quantité de bière serait en fer- 
mentation continuelle dans des cuves ou des 
tonneaux ouverts , ou dans les endroits où 
Ion fait de grandes quantités de vin du raisin 
ou du sucre. 

, A Textérieur , l'application du gaz acide 
carbonique aux cancers et autres ulcères, au 
lieu de Pair atmosphérique, peut empêcher 
qu'ils ne s'étendent , en prévenant l'union 
de l'oxygène avec la matière, et en produi- 
sant ainsi un nouvel acide animal contagieux. 



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AB,r. Vil. 5. 9. Torpentia. 645 

III. Liste des substances nommées 
Torpentia. • 

1. La saignée , rartériotomîe. 

2. L'eau froide , l'air froid , la respiration 
de lair chargé de peu d'oxygéné, 

3. Les mucilages végétaux. 

a. Les semences: l'orge, l'avoine, le riz/ 
les jeunes pois^ le lin , les concombres , les 
melons , etc. 

b. Les gommes — arabise, adraganthe ^ du 
Sénégal , du cerisier. 

c. Les racines — de navet, de pommes de 
terre , d'astbea , d'orcbi > de perce-neige. 

d. Les herbes —-les épinards, Iç brocolis j 
la mercuriale. 

4. Les acides végétaux, de citrons, d'oran^ 
ges^ de raisias, de groseilles, de pommes. 

5. Le mucus animal^ la gelée de corne de 
cerf, le bouillon de veau, l'eau de poulet, 
rhuile , la graisse , la crème. 

6. Les acides minéraux , le sulfuricjue , le 
nitrique-, le muriatique. 

7. Le silence, lobscurité. 

8. Les invertentia à petites doses. Le nitre, 
le tartre émétique , Tipécacuanha , pris au 
point de produire des nausées. 

9. Les anti-acides , le savon ^ letain y les 
alcalis » les terres, 



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646 ToTpentia. Art. VÏI. 5. iSl 

10. Les mëdicamens qui empêchent la fer- 
meiïtatioti. L acide suHirriqne. 

1 1 . Les anthçlmintiquçs. L'œîHet dinde , 
Tétain , le fer , lamalgame , la fumée de tabac. 

la. Les lithontriptiques. La lessive savon- 
neuse , Teau de chaux , le gaz acide carboni- 
que , ( air fixe. ) 

i3. A Textérieur. Le bain chaud ^ et les 
cataplasmes^ Thuile, la graisse^ la cirq^ les 
emplâtres ^ la soiç huilée % le gaz acide 
carboniquQ sur les cancers et les autres 
ulcères. 



Fin t>v SECOND volume. 



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!A-« 



INDEX DES ARTICLES, 



A. 

^jLBSORPTIOIf, IV/a. I. 

entante» mnqnease» cellulaire, IV, 6. 9. 

par les veinos, IV, a, 4. 

" par les vaisaeaax «oflammés , IV* 9« 4* 3* 

par les iotettins et le foie, IV. a. 5. 

- par Ici ukiret vép^rient, IV. a. 7. 

(T) h'est pas nugmem^e par k ft;oid, IV. a. i* 

elle esc Migme^cée pac ropivm prit après nnù 

. évacuftiop, 11. a. i. 

provoquée par le bain siKnv IV. a. 3. 8. 

- - - parrabsMnepcedeliquidest LV. a*3*9- 

Acicii ♦ IV. 3. 5. a. 

Acécite de plomb, IV. a. 9. 

Acides concentrés, IV. a. i. a. IV. 3. i. 

Acide végétal doux , VII. 3. 4. IV. a. i. a. 

• - - minérsl, VIL 3. 6. 

- - - citrique, IV. a. i. a. IV. 3. l. 
Agriculture, I. a. 3. 7. 

Ail, III. 4. 4. 

Air (D nourrie, I. a. 5. 

- . (bain d') chaud, IV. a. 3. 8. 
Alcali, III. 4. a. 

Alcool r IL a. I. V. a. 4. 

Aloès, III. a. 5. IIL a. 7. III. 3. 5- 5- VL a. 5. 

Althaa, IIL 3. 3- 3- 

Alun, IIL a. i. IV. a. i. IV. a. 5. a. IV. a. 5' 3.* 

- - - il sert k purificr^Peau , L a. 4. a. 
Amandes amère», IL 3. i. 

Amalgame, son usage contre les vers, VIL a. a. 

Ambre, (huile d^) ;Vh 3. 4. 

Amidon, L a. 3. i. 

. - - • de racines, vénéneux, I. a. 3. 4» 

Amomum zinziber, III. 31. , 

Ammoniaque, (gomme) IIL 3. 3. VL 3. ir 

-• - - . (esprit de sel) IIL 3. 3. 

Anastrqae, (Tusage du bain chaud dans I*) IL a. a. IV* d» 3. !• 



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&Î8 •* Index des Articles. 

Anchois « HT. a. i. III. 3. i. 4* 

Anthédiis' nobilis ; IV. 3. 3. 

.... pyretbrum , III. 3. 2. . 

Aotimoine préparé, III. 3. i. 5. III. 2. i. IV. i. 10. 

Anxiété, V. 2. 4. / 

Apium petrostflinam , III. 3. 4. 4. 

Apoplexie, IV. a. 11. ' 

Argile, IV. 3 5* 3- 

Ariscolochia serpentarit* III. 3. |. 

Arménie, (bol d' ) VI. 2. 3. IV. 3- 5- S- 

Ar&enic dans les fièvre» interniirrenres, IV. 2. (S. 8. IV. $. 6* 

- . - (la solution satinée d*) IV. 2. 6. 8. 

- - - contre la gale, IV. 2. 9. 

• - - comment il agit, IV. 2. 6. 9. 

- - - CDTument on It- découvrira, IV. a. 6é lo» 
Artemi^ia iraricma, IV. 33. 

- - - - ab ynihium, IV 3 3^ 

• - • - sanronicum, IV. 3. 3. 
Artichaus, (feuilles d* ) IV. 3. 3. ' 
As^^a fœtida , II. 3. V!. 3. i. 
Asarum europeum , V. 3. 3. 
Ascarides, VU. 1. 2. III. 2. 9. 7. 
Asperges, III 3. 4. 4. 
A ragains rragacantha III. 3. 3. 3. 
Atropa belladona, II. 3. i. 
Azote, I. 2. 5. 

B. 

Bain chaud, II. 2. 2. i. III 3. i. 6. III. 3. 3. 4. III. 2. 3. %. 

• - salé, IV. 2. 3. 8. 

• - dans les diabètes, VI. 2. 4. 

- - froid, VII. 2-3. 

- . d'air chaud, IV. 2. 3. 8. 
». de vapeur, IV, 2. 3. 8. 

• • (le) est rtoiirriss'anr , I. 2. 6. 2. 
Bandages , ils favorisent l'absorprion , IV. 2. lo, 

I- - • - emplasctques , IV. 2. 10. 
Baumes diurétiques, III. 2. 4 2. 
1 Baume de copaiva, III. 3. 4. ^ 

! Benzoin, III. 3. 3. 

! Beurre , I. 2. 3. 2. ' 



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Index des jtrtlt^Sv €{9 

Bile cl*aiiifflaax« III. a.* 5. a. 
Bile, s9 limpidité, IV. 2. 6. 
Bois de campâcbe, IV. 3. 5. a. 
Bol d'Arménie , IV. 2. 5. $• 
Brione blancbe, lil. 3. 8* 

- - - elle agit comme vésicatoire» IIj[* a* 9^ 

c. 

Calcaire, C^crre) I. 2. 4. 3. 
Calculs biliaires , IV. 2. 6. 
Calomel, lII. 2. 5. VI. 2. 5. 

- - • - dans rinteritis, V. 2. 2. •• 
C:imphre, III. 3. i. 

Çanelle b'aoche, III. 3. i. 

Cantbarides, III. 2. 6, III. 2. 8. V. 2. 4. VI. 2. 4. 

Capillaires (TacCiOn des) tugmeotée par le tabac« iV. ft« 3. 7. 

Capsicum» III. 3. 1. 

Carbonate de chaux, IV. 5. 3. 

Carbonique (gnz acide),, VIL 2. ^« 

Cardamomum, III. 3. i. 

Carotte sauvage, III. 3. 4. 4. 

Casse tubnlée, III. 3. $.1. 

Cajsia senoa, III. 3. 5. 5, 

Castor, yi. 2. I. VI. 3. I. 

Cathartiques doux, III. 2. 5. 

violens , V. 2. 2. 

Cerifei» noires, II. a,, i. 8. 

Céruse, dans les ulcères, IV. 2. 9. IV. 2. 7, 

Cendres d'os , IV. 3. 5. 3. IV. 2. 6. 1. 

Chair des animaux^ I. 2. i. 

Chaleur, II. 2. 2 i. voyez Bain» 

- - - • ( la ) est un fondant universel , yil. 2. ik 
Champignons, I. 2. i 2. 

Chaux, IV. 3. 5. 3 I. 2. 4. s* 

Chiendent, IV. 3. 4. 

Chlorosia, IV. a. 6. 5. 

Choux (feuilles dcj) VII. 1. 0. 

Ciguë, II. 3- I- - - 

Citron, (suc de) IV. 2. i. IV. 2. ^ . . - 

Claveau des moutons, IV. ^» 6. 

Çocculus indictti, U. 3. i. 



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i0S<> Jndejù des ArficIeSf 

Cocblearîft armortda » III. 3. 8. IV. 3. 4. 

- - - - horceosis » IV. 3. 4. 
Coing» IV. 3. I. 

Colique de plomb» V. 2. ft. 2. 

Condimens, I. a. 7. 

CoDvolvuIas scammotieiicn-, V. 3. )• 

Convulsions, IV. a. 8. 

Cop*iv8, (banme de) III. 3. 4. 3. 

Corne de cerf» (esprit et sel de ) III. 3- 3* HI. 3« i. VX. 3. 4. 

- calciné , IV. a. 5. VI. t. 3. 

Craie . IV. 5 5- 

Crème, I. 2. 3. a. I. a. a. t. " 
Oesson d^eau, IV. 3. 4. 
Cucnmes colocynthes, V. 3. a. 
Cmsine, ( Tart de la) I. a. 3. 5. 
CyMQ'a sGOlymns, IV. 3. 3. 
Cynoglossom, II. 3. i. 

Datara stramoninm, II. 3. i. 
Delpbinium stavisagrit, II. 3. i. 
Diabètes, IV. a. 5. 

• - - - (bain cbaud dans le) VI. a. 4. 
Diaphorétiques , III. 3- <* IH- a. i. a. 

préférable dans la matinée, III. a. i. 5. 

Diarrhea, VI. a. 3. 

Digestion interrompue par le froid, IIL a. t. 

• - - - augmentée par le froid, VII. a. 3. 
Digitale, IV. a. 3. ?. V. a. i. V. a. 4. 

- - . - (teinture de) IV. à. 3. 7.' 
Douleurs de tête, (prise dans les) V. a. %, t. 
.... périodique^ guéries par Topiom , II. a. i» 
Disette, (temjps de) I. a. 3. 5. et 6. 

E. 

£an> I. a. 4. 

- - (!•) délaie et lubrifie, VII. a. a. 

- - - - froide produit des sueurs ,• III. a. t. 

- - - • à la glace dans la passion iliaque , VI.- a. 5. 

- • (cresson d') IV. 3. 4r " 

- - de mer , m. 3. 5. 3, 
Ekctticité, ^. a. a. s. IV. a. 9r 



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Jmfe^ des Artklef. S5r 

Emétiqneft» cMnment Ut agisMPnr, V» 2. i. 

Eoicas tcarna, V. 3* i* 

Epices • elles sont nuisibles » III. i. 12. 

Eponge brûlde, VI. 3. 4. 

Eirhtnes doux, III. a. 9 « 

- - > • dans rhydrocéphale entière, V. 2. 3. i. 
... - violens , V. 2. 3. 

• - - - dans la céphthlgie, V. 2. 3. i. 
Erysipèle, IV. 2. 9. 

Esprit de vin (alcool) il est malfaisant, II. 2. i. 

... de corne de cerf, eu d^annmopitc , étend* cfctu , III. 3» 3» 

m. 3. I V. 3. 4. 
Ether vitriolique ( sulfurique ) , II. 2. 3. III. 3. u VL s* i» 
' - • contre les ascarides, VII. 2. i. 

- - - manière de le purifier , IL. 2. 3* 
Euphorbium, V. 3. 3. 

Exercice, lil. 3. i. 6. II. 2. 6* 

F. 

Famine (temps de) I. s. 3. 5. et 5. 
Fénide, fœniculnm, III. 4. 4. 
Fer, IV. 2. 6. i. 

- - (rouille de) IV. 3. 6. 

- - il favorise et réprimt les mensaruès , IV. 2. 6b 6. 

- - (poudre de) IV. 2. 6. 6. 
Ferrugineux, IV. 3. 4. 2. IV. 3. 6, 6. 
Fève des marais, IV. 3. 3. 

Ferula assa-fœtida, III. 3. 3. 

Flanelle, (chemise de) II. 2. 2« t. 

Fièvres intermittentes, (trois espèces de^ IV. 2. 3. 2. IV. 2. 5. 

IV. 2. é. a. 
Foin, (infusion de ) I. 2. 3. 6. , 
Frictions, II. 2. 5. III. 3. i. 6. 
Froid, ( Tapplication continuelle do) VII. 2. 3* 

- - - interrompu, VII. 2. 3. III. 3' »• ?• 

- - • excessif, VII. 2. 3. 

- - - il aflfeae d'abord les lympbatiqnesr VII. 2. 3* 

- • 'il produit le catharre du nez, VII. 2. 3. 
...'... - promptementnne difficulté de respirer 9 VU. 0^3. 

* - - il augmente la digestion , Vil. fi. 3. 



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6^^ Inàdx des Arûcïea. 

Froid C racçèf de ) de la fièvre est plot «isémeic préveitt 

guéri, II. ft. I. 
Fromtge , JL 2. a. 3. 

0. 

Gaiac, III. 3. i. 

Galbtnom, VI. 3. i. 

Gale , IV. a. 1.3. 

Geadant ceDtaareum, IV. 3. 3. 

Gingembre, III. 3. i. IIL 3. 4. 

Girofle, (doux de) III. 3. i. III. 3. s. 

Glycyrrhiza gUBca, IIL 3. 3- 3- 

Gomme arabique, III. 3. 3. 3. 

- - - tragacanthe, III. 3. 3. 3. 

Gonorrhœa, IV. 2. a. III. 2. 4. 

GoodroD, III. 3 3. 

Goutte, IV. 2. II. 2. 

Gravelle, V. 2. 4. 4. 

H. 

Hareng aaur, III. 3. i. 4. 

Hsematoxylum campechianum , IV. 3. 5. 9. 

Helenium, III. 3. 3. 2. 

Hemorrbagies , IV. 2. 4. 4. ly. 2. 6. 2. 

Herpès, IV- 2. i. IV. 2. 9. 

Hordeum distichon, III. 3, 3. 3. 

Houblon, nuisible dans h bière, IV. 2. 3. 6. IV. ft. H. ^ 

Huile d*amandes, III. 3. 5. 4. 

• - - dans It crème, I. 2. 3. g. '^ 

• •,* d*tmbre, VI. 2. i. 

- - - par expression, à l'extérieur, IH. 2. 3. 

- - - essentielle, IL 2. 3. III. 3. 2. 

• - - animale, VI. 2. 1. III. 3. 2, 

• - - de ricin , HJ. 3. 5 4. 
Humulus lupulus, IV. 2. 3. IV. 2. 11. 
Hydrargyrus vitriolatus ( sulfate de mercure ) V. %. 3. 
Hydropisie, II. 2. 3. 4. IV. 2. 6. 7. IV. 2. 3. 7. 
Hystérie, VI. 2. i, 

Ifystériqiies I (douleurs) VI. 2. i. 
(convtl^ons) yi. 2. |. 



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Index des Articlesé 653 

I. 

lleus , 00 passion iliaque, VU. a. 5. ^ 

Incicanda , IL 

Inflammation du foie, IV. 2. 6. 

des intestins, V. a. a. a« 

Inulahekniuih, III. 3. 3. a. 
Ipécacnanha, V. a. i. 
Irritabilité prévenue « IV. a. 3. 3. 

J. 

Jalap, IIÏ. 3. 5. 5. ^ 

Jambes , ( ulcères aux ) IV. a. lo, 

. . - . ( gonflement des ) IV. a. 3, 8» 

Japon, (terre de) IV. 3. 5. a. 

Jaunisse , IV. a. d. 3. 

K. 

Kina, IV. a. a. 

... (un long osage du) est nuisible, IV. a. it. 

L. 

Lait, I. a. a. 

Lait battu, I. a. a. a. 

Larmes, III. a. 10. 

Laurus camphora, III.* 3. i. 

• - • cinnamomum, III. 3. i. 

• - - sassafras, III. 3. i.^ 
Leontodon taraxacum, IV. 3. 4. 
Lymphatiques, (mouvemens intervertis des) V. a. i. 

# M. 

Magnésie bl^che, II. a. 4. 

Malt, I. a. 3. 5. 

Manganèse, II. a. 4. 

Manna, III. 3. 5. 

Marjoraine, III. 3. 9. 

Marum, III. 3. 9. 

Maniale , ( poudre ) IV. a. 6. 6. 

Martiaux, IV. 3. 4. a. IV- 3. tf. 6, 

Mastic, III. 3. a. III. 3. 3. 

Maihre, III. 3* 5* 

Menianthes trifoliatat IV. 3. 3* 



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I 

654 Index des Ariicles^ 

Meoispermom cocculus, H. 3. i. 
Menstruation excitée, IV. a. 6. 6, 

réprimée I !▼• a. 6. (S. 

Menthe, VI. 3. 3» 
Mercure, III. 3. a. VI. ft. 2. 

- - - - ( préparations de) TV. 3. 7. IV. 2. 7. IV. a. 9. 

- - - - en lavement, VI. 3. 5. 
Métallique, (sel) IV. a. 6. 
Miel , III. 3. 3. 3. ni. 3. 5. I. 
Mimosa nilotica, III. 3. 3. 3. 

- - - catecbn , IV. 3. 5. 2. 
Mortification , IV. 2. 9. 
Mouchure des chandelles,. VI. 3. 4. 
Moutarde, IV. 3. 4. voyez SinapUmu^ 
Mouvemens intervertis, VI. a. i. 

- - - «ïans les maladies hystériques , VI. a. 1. 

--- de l'estomac, VI. 2. a. 

du canal intestinal, VI. a. 5. 

^ - des lymphatiques, VI. a. 3, 

Mucilage végéta! , VIL 3. 3. 
Mucus animai, VII. 3. 5. 
Musc, VI. a. I. VI. 3. I. 

N. 

Nausées dans les fièvres, VII. a. 5. 

Nicotiana tabacum, lil. 3. $. II. 3. l, 

Nitre, III. 3. 4. V. a. 4. 

Noix de galle, IV. 3. 5. 

Noix muscade, III. a. i. 

Nourriture animale, I. a. i. i. 

Nucrientia, I. « 

o. 

Œufs, I. a. I. 4. 

- - - leurs coquilles sont diurétiques, III. a. 4. 
Oignons, III. 3. 3. 

Opium, II. a. I. a. IV. i. a. 

• - - dans les douleurs nerveuses, II. 2. i. 5. 
inflammatoires, H. a. !• 6. 

* - -il augmente toute sécrétion et absorption, IL a. i. i. 



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index des Articles^ 6$5 

Opium, il augmente Tabsorptioa apxès l'évacuation, IV. i. i. ft» 

II. a. I. 3. 
- • • il arrête les sueurs « IV> 2. i;^ 3« 
• - - il enivre, II. a. i. i. 
Orchis , VIL 3. 3- 

Oreilles , ( éruption derrière les ) IV. a. 9. a. 
Oxygène, (gtt) II. a. 4. I. a. 5. HI. a. 11. IV. l. 4. 
il cause et guérie les ulcères» IV. a. f* 

P. • 

Papavcr somniferum. II. 3. i. IV. 3. a. vcyiz OpUm^ 

Papin , C machine de ) I. a. 3. 5. 

Pareira brava , III. 3. 4. 4. ^ 

Pas^iions, II. a. 5. 

Pâturages, I. a. 3. 7. 

Péripneumonie , IV. a. 8. a. 

Pérou , ( baume de ) III. 3. 5. 4. 

Persil, III. 3- 4- . 

Perspirauon du matin , III. a. r. 

elle n*est pas excrémen:itielle t m. 2. E* 

Pétéchies, IV. a. 4. a. 

Peur^ V. a. 4. 

Phosphate de chaux , IV. a. 5. 

Phosphore, III. a. tf. 

Piment, III. 3* <• 

Piper indicum, III. 3. l. 

Pissenlit, IV. 3. 4. 

Pistacia lentiscus , III. 3* 2* 

Pix liquida, III. 3- 2* 

Plaies guéries par le bandage, IV. a. 10. su 

Plantes acres, IV. a. 4. 

Pleurésip • IV. a. 8. a. 

Plomb, IV. 3. <5» 

- - - ( colique de ) V. a. a. a. 

• - - (sucre de) IV. a. 9. 

Plumes, (fumée de) VI. 3- ^• 

Poisson, I. a. I. a. I. 2. i. 5. 

... et viande salés augmentent la tranapiration » IIL a. i* 

Poivre, III. 3- »• 

Polygala seneka, III. 3* 3- ^' 

Pommes de terre, (pain ûq}1. a. 3* 4« 



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t 

656 Index des Articles. 

Portland» pourquoi «t poudre est oaisîble, IV. d. li. «• 

Potentilla, IV. 3. 5. 

Poudre ferrugineuse, IV. 2. 6. 6. 

- - - testacée, IV. a. 2. 

Pouls intermicient guéri par rarsenic, IV. 2. 6, 
Prunes, III. 3 5* i* 

- - - sauvages ou pnioelles , IV. a. a. 
Prunus spinosa, IV. 3. i. 

- - - laurocerasus» il. 3, i. 
Pulegium, VI. 3. 3. 
Pyretbrum, Ilh 3. d. 

Pyrus malus , VII. ' 

. - - cydonia» IV. 3. !• 



Quassit, IV. a. a. 
Quinque - folium , IV. 3. 






Réaction, IV. i. la 

Réglisse, III 3. 3. 3. 

Résine (la) est diurétique, III. a* 4. VI. a. 4. 

Rhamnus cathanicus, V. 3. 2. 

Rhubarbe, lU. a. i. IV. a 5. i. lll. s. 5- 5- 

. • - - pourquoi elle constipe, III- a. l. 

Rhumatisme, IV. a. 4. 5. IV. 2. 10. a. 

Ris , VII. 

Roses , IV. 3. 5. 

S. 
Sagapenum , VI. 3. 1. 
Sago, VII 3. 

Saignée , VII. a. 4. IV. a. 6. 
- - - - elle diminue les sécrétions, VII. a. 4. 
• ' - • elle augmente Tabsorption, VII. a. 4. 
Salivation, elle n*est pas nécessaire, IV. a. 7. 
. - - - hystérique, V. 2. 3. 
Sang -dragon, IV. 3. 5. 2. 
Sang, (transfusion du) I. a. 6. a. 
Sangsues, III. 3. 3. i. 
Sassafras, III 3. i. 
Saule, (écorce de) IV* a. 3. 2. 



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Index des Articles. 657 

Scammonée, V. 2. 9. 

Scilla maritima, V. s. 2. IV. 2. 3. III. 3. 3. V. a. 3. 

Scorbut aux jambes» IV. 2. lo. 

Scrofules, II. 2. 4. IV. 2. 9. 

^ecernentia, III. 

SécréûoQ par la vessie, IlL 2. 6. 

- - - - par le rectum, III. 2. f. 

- - - - par la peau , III. 2. 8. 

Sel de corne de cerf ^ammoniac concret) III. 3. 3. lU. 3» t. 

• - commun ( muriate de soude ) il est malsain , III. u 12. 

- ^ volatil (carbonate d*ammoniac) IV. 3. 6. 

- - muriatique, III. 3. i. 

. - ^ - . - mêlé aux lavcmens, III. 2. 7. 
Sels neutres pourquoi diurétiques, III. 2. 4. 

ils augmentent quelques toux , III. 2. 4. 

----- ils augmentent la chaleur de Turine, III. 2. 4, 

Seneka, III. 3. 3. 2. 

Séné, III. 3. 5- 5. 

Serpentaire de Virginie, III. 3* :• 

Sérum du lait, III. 5. 3* s* I* a. %. 

Sialagogues, III. 2. 2. V. 2. 3. 

Simarouba, IV. 3. 5. 

Sinapismes , VI. 2. 2. m. 2. 8. 

Sisymbrium , nasturtium aquaticum ^ IV. 3. 4é 

Société, I. 2. 3. 7. 

Soie huilée , VU. 3. 13* 

Sorbemia, plusieurs espèces, IV. s. i. 

Soufre , m. 3. 5.4. 

Spasmes (docuine des) réfutée, VII. 2. 3. 

Spermaceti, III. 3. 3. 3. 

Stizolobium siliqua hirsuta, III. 2. 7* VU. 3. 11. 

Strychnos nux vomica, II. 3. i. 

Sublimé corrosif (muriate sûroxygéné de mercure) IV. 2. 7. IV. 2. 9. 

Sucre, il est nourrissant, I. 2. 3. 1. et 5. III. 3. 3. 3. 

- «• - formé après la mort de la plante, I. 2. 3. 5. 

• - - il est apéritif, III. 3. 5. i. 

- - - de Saturne , IV. 2. 3. 
Sueurs du matin, III. 2. i. i. 

- - - causées par l'exercice, III. 2. i. i. 

• - - froides, V. 2. 5. 

- - - arrêtées par l'opium, IV. ft. i. a. 
Tome IL 44 



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658 Indem des ^rtich^ 

Soie, VI. 3- 4. 

Sulfate tcidule d*SlitiniDe et de potasse, III. 3. i. IV. 9. f« IV, 
a. 5. 2. IV. 3. 5. «3. 

T. 

Tabac, U. 3- i- "I 3- 9 IV. a. 3. 8. 

- - - il airèrc la digestion, III. 2. 9. 3. 
Txoia , voyez Fers, 

TamarindS, lîï. 3. 5. l. 

Tanacetum, IV. 3. 3. 

Tartre cristallisé X^rtri^e acidulé de porasse) ITI. 3. 5 1. 1. 9 31* 3. 

- - - vitriolé (sulfate de potasse) lit. 3. 5. 3.* 

• • - émécique (tanrue dé potasse antimouié) V. 9. i. V. 9. 9. 
Teinture de digitale, IV. a. 3. 7. 

Terre alumincuse, VI. 2. 4. 

• - - calcaire, IV. 2. 5. 3. VI. 2. 4. I. 2. 4. 3. 
Tetradynamie , (plantes de la) IV. 2. 4. 

Thé, VU. 2. I. 

Thérébentine , IV. 2. 4. 

t . - - - ( e.<tsence de ) III, a. 6. 

Tinea, herpès, IV. 2. i. 4, 

Tolu, (baume de) III. 3. 3. 

Tpniqucs, IV. I. 10. 

Tormentilla erecta, IV. 3. 5. 

Torpentia , VU. 

Tragacamhe, (gomme) III. 3. 3. 3. 

Transpiration, III. 2. 1. 

Turbith iqiuéral (oxyde mercuriel jaune par Tacide sulfariqoeD 

V. 2. 3. 
Tussilago farfara, III. 3. 3. 3. 

U- 

Ulcères guéris par le bandage, IV. 2. 10. 9. 

- - • scrofuleux , IV. 2. 9, 

• - - de la bouche, IV. 2. 2. 

• - • guéris par absorption , II. 9. 14. IV. 2. 3. 5. IV. 9. 7. 

- - - véuérie;is , IV. 2. 7. 
Uva ursi , IV. 3- 5- 

' . ■ y- 

Valériane, VI 3. 3. 

Vapeur, (bain dc^ IV. 2. 3- 8« 



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Index éks Articles^ 659 

Végétait, CncmiTimre) I. a. i. a. 

Végétaux, («cides) IV. â. l. 

Vésics^coires , comment Us agissent, VX, a. i. lOr 

* - - - • ils guérissent la cardialgic, III. a. l* 40» 

ils arrêtent le vomissement, VI. a* a. 

ils provoquent Texpcctoration , ni. a. 3. a. 

ils augmentent la transpiration, III. a. i.'il. 

Vers, VIL i. a. III. a. 7. IV. a. 6. 4. 

- - - des moutons , IV. a. 6. 4. 
VibJces, IV. a. 4. 3. 

Vie (la) est abrégée par les grands stimuUos, I. l. 

Vin, II. 3. I. 

Vinaigre, IV. a. I. 9. IV. 3- 4- 3«.n. a. i. 9. 

Vitriol bien, sulfate de cuivre, dans les fièvres intermittei|tes ^ 

IV. a. 6. 
dans les ulcères , IV. a. 9. 

- - -^ blanc, sulfate de zinc, IV. 3. 6. V. a. l. 
Volatil (sel) [carbonate d^ammoniac] VI. 3. 6. 
Vomiques, IV. a. 3. '7, 

Vomissement, V. a. a, 

------ arrêté par le mercure, VI. la. a. 

vésicatoire , VI. a. a. 

Y, 

Yeux enflammas, n. a. a. a. IV. a. 3. 

Z. 

?inc , (vitriol de ) V. 3. i. 



f*in de t Index. 



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ERRATA du second Tolomc. 



Page a4* ^'k* ^^ ^^ ^* tranfasion Usez transfusion. 

■ 32. V— dernière, ak lisez ayent. 

— — 34» — a8. concevoir. Si , Usez concevoir si. 

— — 74- "~ 4- ^^ celles Usez des catastrophes. 

— — a58. — dernière, évidemment Usez évident. 

■■ a^S. — &. je dirais que les petits animaux soni 
peut*ëtre non seulement Usez, je dirais que peut- 
être les petits animaux sont non seulement. 

■ a8o. — a. son Usez leur. 

■' ' 3o8. — a4. qu'ainsi Usez ainsi. 

■ 366. — II. et former //icz et d'où résulteraient 
idem. — a3. pour Usez à 

383. — a3 et 24- taùtà la nutiére inanimée qu'i 

celle organisée lisez à la matière tant inanimée 
qu'organisée. 

— '— 386. — a^. trouvé Usez trouvée. 

■ 388. -— dernière, ciiés U^ei çiié. 

■ 1^01. — 1. avoir Usez^ ayant, 
——idem.— 4» en » Usez que. 

— — 4i3. — 17. lumière //sei cbandelle» 
— — 59a. — 18. acétate Usez acétite. 



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